Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.
Nous l’avons vu, il existe un consensus international sur la solution du conflit israélo-palestinien et israélo-arabe : la création d’un État palestinien sur les territoires occupés par Israël en juin 1967 (Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est), des frontières sûres et reconnues pour Israël, et enfin la paix entre Israël et ses voisins arabes. Mais dès que l’on entre dans les détails, les controverses commencent. Le mouvement antimondialisation libérale n’est évidemment pas partie prenante de ces négociations, et il ne peut entrer dans le détail des positions des uns et des autres [1]. Il doit cependant se déterminer dans les débats en cours, à partir de deux principes :
le respect
du droit international, qui définit notamment la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est comme des territoires occupés ;
une vision
du monde et des rapports de force tels qu’ils sont, pas tels que nous les rêvons (je reviendrai sur ce point à propos des réfugiés)
Nous devons partir de l’acquis des négociations entre Palestiniens et Israéliens, qui se sont déroulées durant les mois qui ont suivi l’échec du sommet de Camp David (juillet 2000), ainsi que du plan de paix adopté par le sommet arabe de Beyrouth, en mars 2002. En ce qui concerne la paix israélopalestinienne, ces propositions se sont concrétisées dans deux documents, les critères formulés par le président américain Clinton en décembre 2000 et le relevé des conclusions des négociations israélo-palestiniennes de Taba en janvier 2001, relevé effectué par le représentant de l’Union européenne pour le Proche-Orient, Miguel Angel Moratinos. Ces textes montrent qu’un accord est possible, un accord réaliste et acceptable par les opinions publiques israélienne et palestinienne.
On peut ici en tracer les grandes lignes sur les trois dossiers les plus difficiles, celui des frontières, celui de Jérusalem et celui des réfugiés. D’autres ont été aussi abordés, mais offrent moins de difficultés (sécurité, sur lequel les deux parties avaient énormément avancé et l’eau).
Le document Clinton prévoyait de rendre aux Palestiniens entre 94 % et 96 % de la Cisjordanie (dont 1 % à 3 % seraient des territoires israéliens cédés en échange de territoires palestiniens) ; lors des négociations de Taba, la dernière proposition israélienne était de 94 % + 3 % en équivalent de territoires israéliens. Les Palestiniens, pour leur part, continuent de revendiquer l’équivalent de 100 % de la Cisjordanie, acceptant cependant des échanges de territoires, pour permettre à Israël de « récupérer » une partie importante des colons. La position palestinienne doit être soutenue : ce qu’ils revendiquent - 22 % de la Palestine historique - est un minimum. En deçà c’est la viabilité politique et économique du futur État palestinien qui serait en cause.
Les deux parties ont accepté les principes du président Clinton, les quartiers juifs de Jérusalem-Est seraient annexés par Israël, les quartiers arabes formeraient la capitale de l’État palestinien. Sur ce dossier aussi, ce sont les Palestiniens qui avaient fait les concessions nécessaires, puisque la légalité internationale considère l’ensemble de Jérusalem-Est comme territoire occupé. Pour les Lieux saints, question particulièrement sensible, des progrès avaient été réalisés, les Palestiniens acceptant que le quartier juif de la Vieille ville ainsi que le mur des Lamentations soient sous souveraineté israélienne, mais exigeant la souveraineté pour eux sur l’esplanade des Mosquées. Pour les Lieux saints, d’autres solutions ont été explorées, dont une tutelle internationale.
C’est le dossier le plus complexe, le plus sensible. Notons qu’il s’agit d’abord de savoir ce que deviendront près de quatre millions d’êtres humains - et non d’un pur problème politique (encore que leur avenir conditionne ce qui se passera au Liban, en Syrie et en Jordanie). Lors des négociations de Taba, de vraies avancées ont été accomplies. Le document israélien, rédigé par Yossi Beilin, le ministre de la justice, reconnaît que « le problème des réfugiés palestiniens est central dans les relations israélo-palestiniennes. Sa solution globale et juste est essentielle pour créer une paix durable et moralement irréprochable [...]. L’État d’Israël exprime solennellement sa tristesse pour la tragédie des réfugiés palestiniens, leur souffrance et leurs pertes, et sera un partenaire actif pour clore ce terrible chapitre ouvert il y a cinquante-trois ans [...]. » Pour la première fois, Israël acceptait de reconnaître une part de responsabilité dans la naissance du problème des réfugiés :
« Malgré son acceptation de la résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations unies de novembre 1947 [qui recommande le partage de la Palestine en deux États, l’un juif, l’autre arabe], l’État d’Israël naissant a été entraîné dans la guerre et l’effusion de sang de 1948-1949, qui ont fait des victimes et provoqué des souffrances des deux côtés, y compris le déplacement et l’expropriation de la population civile palestinienne qui est devenue réfugiée [...]. »
« Un règlement juste du problème des réfugiés palestiniens, en accord avec la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies, doit conduire à la mise en oeuvre de la résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations unies [...]. » Rappelons que cette résolution, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 11 décembre 1948 stipule : « Il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent le retour dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers et pour tout bien perdu ou endommagé... »
La délégation israélienne à Taba acceptait donc deux principes essentiels posés par les Palestiniens et refusés par Ehoud Barak lors du sommet de Camp David (juillet 2000) : reconnaissance de l’injustice faite aux Palestiniens en 1948-1950 ; la résolution 194 comme base de solution.
À partir de ces principes, des solutions concrètes ont été élaborées. Cinq possibilités seraient offertes aux réfugiés : le retour en Israël ; le retour dans des territoires israéliens cédés par Israël à la Palestine ; le retour dans l’État palestinien ; l’installation sur leur lieu de résidence (Jordanie, Syrie, etc.) ; le départ pour un autre pays (plusieurs États, dont le Canada, ont déjà fait savoir qu’ils étaient prêts à accepter d’importants contingents de Palestiniens). Tout en insistant sur le libre choix des réfugiés, les responsables palestiniens ont réitéré qu’ils ne voulaient pas mettre en cause le caractère juif de l’État d’Israël
caractère
qu’ils ont reconnu lors de la déclaration d’indépendance de la Palestine adoptée au Conseil national de 1988. Ainsi, à Taba, la partie palestinienne a admis que la décision finale pour le retour
de tout réfugié en Israël est dans les mains israéliennes. Israël a consenti au retour de quarante mille réfugiés sur cinq ans, mais les Palestiniens ont rétorqué qu’une offre inférieure à cent
mille ne permettait pas d’avancer. De nombreux Palestiniens rejettent cette proposition et réclament un droit inconditionnel au retour des réfugiés en Israël. On peut discuter longtemps de la
légalité ou non d’une telle position, de l’interprétation de la résolution 194. Mais il est évident que ni l’opinion israélienne, ni la communauté internationale telle qu’elle existe ne sont
prêtes à soutenir un tel choix. Certains misent sur des changements qui auront lieu d’ici cinquante ans, voire plus. Mais on peut aussi penser que d’ici là, il ne restera plus rien de la
Palestine. La solution esquissée globalement à Taba représente un compromis entre ce que dit le droit international, mais aussi la réalité des rapports de force - notamment la force de l’alliance
israélo-américaine. Raisonner en dehors de cette réalité, comme le font certains éléments nationalistes arabes ou certains groupes islamistes, qui pensent que seule la destruction de l’État
d’Israël - même si cela ne signifie pas de renvoyer les juifs « chez eux » - c’est se placer dans une vision messianique de l’histoire. D’autre part, il est important de souligner que
l’injustice faite aux Palestiniens ne peut être réparée par une autre injustice faite aux Israéliens.
Un certain nombre d’intellectuels prônent la création d’un État unique, d’un État de ses citoyens ou d’un État binational. Cette vision veut dépasser les clivages étroitement nationalistes et identitaires. Elle soulève des débats passionnants et nécessaires auxquels chacun, dans le mouvement antimondialisation libérale, peut et doit participer. Mais elle ne représente sûrement pas un programme d’action politique. De surcroît, alors que le fossé entre les deux peuples s’est élargi ces derniers mois, la perspective de voir les juifs et les Arabes coexister au sein du même État paraît, dans le court et moyen terme, totalement illusoire.
Depuis le déclenchement de la seconde Intifada, en septembre 2000, la solidarité avec les Palestiniens s’est étendue à toutes les régions du monde, et notamment en Europe. L’ampleur de ce mouvement a suscité une série d’attaques visant à mettre un signe d’égalité entre critique du gouvernement israélien et antisémitisme, comme entre antisionisme et antisémitisme. Ce chantage est évidemment inadmissible ; il est insultant pour ceux qui se mobilisent contre la politique d’Ariel Sharon, il est insultant pour tous les pacifistes israéliens qui, dans des conditions très difficiles, mènent un combat pour la reconnaissance des droits des Palestiniens. Cet amalgame vise à interdire tout débat, à exercer un inacceptable chantage sur les journalistes et sur les médias.
Ceci étant rappelé avec force, il faut aussi dénoncer le fait que certains se drapent derrière la solidarité avec le peuple palestinien pour développer des mots d’ordre et des analyses antisémites. Nous devons les dénoncer sans concession. À la fois pour des raisons de principe - la condamnation de toute forme de racisme, qui constitue un des principes mêmes du mouvement antimondialisation - et aussi parce que les antisémites sont les meilleurs alliés de la politique d’Ariel Sharon qui se sert d’eux pour « souder », autour du gouvernement israélien, les juifs du monde et une partie de l’opinion publique occidentale.
Deux courants sont porteurs de cet antisémitisme :
l’extrême
droite européenne. Celle-ci est divisée entre ceux qui sont plus antisémites qu’anti-arabes et ceux qui sont plus anti-arabes qu’antisémites. Mais il existe des tendances d’extrême droite qui
essaient de faire avancer leurs thèses - notamment la négation du génocide qui a exterminé les juifs européens durant la Seconde Guerre mondiale - à travers une prétendue solidarité avec les
Palestiniens ;
certains
courants musulmans ou arabes. Ce qui, au départ, était un « racisme de guerre » - le même qui marquait, par exemple, Français et Allemands dans la première moitié du XXe siècle, où l’on
attribuait à l’autre tous les défauts et tous les crimes - s’est transformé. Ces mouvements ont, d’un côté, développé des analyses judéophobes - fondées parfois sur une lecture orientée du Coran
- et, d’un autre, entériné les analyses de l’extrême droite européenne sur le rôle « démesuré » des juifs, sur le caractère fabriqué ou « exagéré » du génocide, etc.
Depuis le déclenchement de la seconde Intifada, les attaques se sont multipliées contre les lieux de culte juifs, contre des juifs portant des signes religieux (mais aussi, cela a été moins mis en avant, contre les mosquées et contre des musulmans - ou des musulmanes - portant des signes distinctifs). Ces agressions ont suscité des réactions de peur dans les différentes communautés juives. Elles doivent évidemment être vigoureusement condamnées. Ainsi, plusieurs dizaines d’intellectuels arabes ou d’origine arabe en France ont dénoncé ces agressions, qualifiant les attaques contre les synagogues et les commerces appartenant à des juifs, à la suite de Leïla Shahid, déléguée générale de la Palestine en France, de « crimes contre les Palestiniens ». « Nos partenaires et nos partisans les plus précieux, poursuivaient les signataires, sont les Israéliens et les juifs qui oeuvrent, aux côtés des Palestiniens, contre l’occupation, la répression, la colonisation et pour la coexistence de deux États souverains, palestinien et israélien. Un grand nombre d’entre eux ont une histoire familiale tragique, marquée par l’Holocauste. À nous de leur rendre hommage et de les rejoindre sur cette ligne de crête qui consiste à savoir quitter la tribu quand il s’agit de défendre des droits et des libertés universels » (Le Monde, 10 avril 2002).
Ces attaques ne reflètent néanmoins pas un climat antisémite similaire à celui qui sévissait en Europe dans les années 1930 : aucun grand parti politique ne s’en réclame ; les juifs peuvent accéder à tous les postes de responsabilité sociale, économique ou politique ; ils n’ont jamais été aussi intégrés dans la société française - et dans les sociétés européennes - dans laquelle les préjugés antijuifs paraissent très circonscrits. En revanche, ces agressions s’inscrivent dans un mouvement plus large, en Europe, de xénophobie et de racisme, qui vise en priorité les immigrés, les Arabes et les musulmans. Les ripostes doivent donc être « globales » et ne pas concerner une seule communauté. La lutte contre le racisme et l’antisémitisme nous concerne tous, elle n’est l’apanage d’aucune communauté. Or, en avril 2002, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a refusé les propositions de la Ligue des droits de l’Homme d’organiser une manifestation unitaire contre toutes les violences racistes, préférant mobiliser les juifs de France, et eux seuls, contre l’antisémitisme et... pour la solidarité avec le peuple d’Israël.
Les courants antisémites peuvent avancer ouvertement ou masqués. Ils peuvent tenter d’utiliser certains mots d’ordre, de faire de l’État d’Israël un État « intrinsèquement » pervers, voire diabolique. Donnons quelques exemples. Le mot d’ordre État d’Israël = État nazi est un mot d’ordre stupide et dangereux. Ce qui caractérise l’État nazi, par rapport à d’autres États dictatoriaux, c’est la mise en oeuvre de la « solution finale » de la question juive, c’est-à-dire la liquidation physique, programmée et industrielle des juifs d’Europe ; rien de tel ne peut être attribué à Israël concernant les Palestiniens. Il y a assez à dire sur la politique d’occupation et de colonisation menée par le gouvernement israélien pour ne pas s’aventurer dans des analogies absurdes qui discréditent ceux qui s’y livrent. Quitte à comparer, c’est plutôt à la politique coloniale de la France en Algérie que la stratégie israélienne en Palestine fait, par bien des aspects, penser.
La comparaison entre Israël et le régime d’apartheid de l’Afrique du Sud, soulève d’autres débats. D’abord parce que la démocratie israélienne est bien plus réelle pour les juifs israéliens qu’elle ne l’était pour les Blancs d’Afrique du Sud. Ensuite et surtout, parce qu’Israël, contrairement à l’Afrique du Sud, peut vivre sans ses « colonisés ». Il n’en demeure pas moins que le régime à double vitesse instauré dans les territoires occupés - entre les colons et les Palestiniens - ressemble, comme l’a souligné B’tselem, l’organisation israélienne de défense des droits de la personne, à un régime d’apartheid et que les Palestiniens citoyens d’Israël sont traités comme des citoyens de seconde zone.
La question
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Sionisme et peuple juif
La question du sionisme est débattue avec passion, souvent de manière simpliste. Elle est complexe et ne peut se réduire à des raccourcis du type sionisme = racisme. Le sionisme est un mouvement politique né à la fin du XIXe siècle, en Europe. Il s’inscrit dans le « réveil des nationalités » qui s’affirme alors sur le continent. Il veut donner un État au peuple juif, en premier lieu aux juifs d’Europe de l’Est et de Russie, opprimés par des pouvoirs autoritaires. Comme tous les nationalismes, le sionisme regroupe des courants très divers, de l’extrême droite à l’extrême gauche, et fait preuve d’un certain mépris à l’égard de l’Autre. Comme les autres nationalismes, il s’est créé une histoire mythique pour justifier ses choix et ses revendications. Deux questions distinctes se sont posées depuis la naissance du mouvement jusqu’en 1948 :
On peut noter que de nombreuses organisations juives ont refusé l’émigration en Palestine (notamment le Bund socialiste) et que le sionisme est resté très minoritaire parmi les juifs jusqu’à la création de l’État d’Israël. Chaque fois qu’ils ont pu décider librement, la majorité des juifs ont préféré émigrer aux États-Unis ou en Europe de l’Ouest plutôt qu’en Israël - c’est notamment le cas des juifs issus de l’ancienne Union soviétique jusqu’à ce que les portes des États-Unis se referment. Mais ce débat, certes intéressant, est largement dépassé. Même si l’on pense qu’il n’existe pas de « peuple juif », même si l’on croit que l’installation des juifs en Palestine s’inscrit dans le mouvement de colonisation, désormais Israël existe et il forme une société vivante et dynamique. Il est un État reconnu par la communauté internationale, par les Nations unies. On peut penser que l’entreprise sioniste fut une entreprise en large partie coloniale, et donc injuste - et même non légitime - et reconnaître les « faits accomplis ». D’autres exemples dans l’histoire, des États-Unis, au Canada ou en Australie en témoignent. L’installation des colons dans ces territoires a souvent abouti à des expulsions, voire des génocides, mais personne ne met en cause le droit à l’existence de ces États (en revanche, on peut, comme cela a été obtenu en Australie et au Canada, revendiquer une reconnaissance des torts faits aux autochtones). D’autre part, il faut reconnaître que l’immense majorité du peuple israélien se réclame du sionisme, quelle que soit la définition donnée de ce terme. La ligne de démarcation dans ce pays passe entre ceux qui acceptent un État palestinien indépendant et ceux qui refusent une telle éventualité. Dans les deux camps existent des sionistes. En résumé, je ne pense pas que le mouvement antimondialisation libérale doive prendre position sur ce débat sionisme-antisionisme. C’est un débat idéologique mais aussi un facteur de division, qui nuit à l’objectif essentiel : rassembler une majorité de l’opinion en faveur de la création d’un État palestinien indépendant, au côté de l’État d’Israël.
Résistance, terrorisme et lutte armée
Les attentats qui se sont multipliés depuis le déclenchement de la seconde Intifada, les attaques contre le World Trade Center et le Pentagone le 11 septembre 2001, ont alimenté un débat extrêmement confus et biaisé sur le terrorisme et la violence. Il est nécessaire de le clarifier. D’abord, et aussi étrange que cela puisse paraître, rappelons que jamais la communauté internationale ni le droit international n’ont pu définir le terme de « terrorisme ». Nous savons que c’est un concept fourre-tout, utilisé pour discréditer l’adversaire. Ainsi, le mouvement sioniste en 1945-1948, le Front de libération nationale algérien en 1954-1962 et le Congrès national africain (ANC) ont été dénoncés par leurs adversaires comme des organisations terroristes (c’est à ce titre d’ailleurs que Nelson Mandela a été emprisonné par le régime de l’apartheid). En Palestine-Israël, la majorité des Palestiniens considèrent légitime toutes les formes d’action armée contre l’occupation - y compris les attaques contre des civils - au prétexte qu’ils luttent contre une occupation étrangère. Ils désignent, en revanche, l’action de l’armée israélienne comme terroriste. Tandis que le gouvernement israélien dénonce toutes les actions des Palestiniens, y compris celles qui visent leurs soldats, comme du terrorisme. Le droit international reconnaît la légitimité et la légalité de la résistance, y compris armée, à l’occupation étrangère - quand il n’existe plus d’autre possibilité d’exprimer ses revendications. De ce point de vue, il ne fait aucun doute que les Palestiniens ont le droit d’utiliser la violence dans leur lutte. Ceci étant, le « droit » ne signifie pas forcément le « devoir ». Tout mouvement de libération doit réfléchir sur le coût des moyens qu’il choisit dans sa lutte, sur leur efficacité. Nous devons aussi tirer les leçons de l’histoire. De l’Algérie au Vietnam, en passant par l’Angola, le recours au fusil était légitime contre l’oppression étrangère. Mais, trente ou quarante ans plus tard, quand on dresse le bilan de ces expériences, on constate que les sociétés ont payé très cher cette lutte armée - et d’abord par les politiques de terre brûlée menée par les puissances coloniales -, même si, je le répète, elles n’avaient sans doute pas d’autre choix à l’époque. Car la guerre de libération a partout entraîné la « militarisation du politique », la subordination du politique au militaire. Mao disait « le parti doit commander aux fusils », mais, dans la réalité, c’est souvent le principe inverse qui l’a emporté. Quand le Front de libération national (FLN) algérien déclenche en 1954 l’insurrection contre le colonialisme français, il élimine tous les « obstacles » à son hégémonie parmi les Algériens et liquide physiquement toute dissidence. Le débat politique est réduit à sa plus simple expression, au nom du combat armé : « Est-ce qu’un soldat discute les ordres ? Est-ce qu’un officier s’interroge sur ses supérieurs au coeur de la bataille ? » Ces comportements ont continué bien au-delà de la victoire et ils expliquent largement les difficultés qu’ont connues ces pays après les indépendances. Le sous-commandant Marcos a développé, de ce point de vue, une réflexion stimulante, sur les risques de la militarisation des mouvements de résistance, en partant de la constatation que la plupart des mouvements qui ont conquis le pouvoir par la violence exercent ensuite le pouvoir par la violence et en continuant de mépriser les droits de la personne. Quoiqu’il en soit, la légitimité de la résistance et, dans certains cas, de la violence, ne peut permettre de transgresser certaines lois universelles. Est-ce que l’action armée contre les soldats israéliens est possible ? Et est-ce la meilleure forme de résistance à l’occupation, c’est aux Palestiniens de le dire. La résistance armée n’est évidemment pas condamnable par principe, dans la mesure où elle respecte les lois de la guerre et les Conventions de Genève. Quoi que l’on pense du Hezbollah, celui-ci a mené une résistance armée légitime au Liban sud contre les soldats israéliens qui occupaient une partie du territoire libanais. Elle n’était pas moralement critiquable : au nom de quoi pouvait-on condamner des attaques contre des soldats israéliens sur le sol libanais ? De plus, elle a été efficace, comme le prouve la décision du gouvernement israélien de se retirer du Liban. Ceci étant posé, et même si le choix est fait de la lutte armée - et que celle-ci est légitime dans son principe -, cela ne signifie pas qu’elle peut s’affranchir du « droit de la guerre ». Le droit humanitaire est applicable par toutes les parties en conflit, même celles qui luttent pour une cause juste. Amnesty International l’a rappelé en juillet 2002 : « L’argument le plus souvent avancé par les groupes armés palestiniens pour justifier les homicides exposés dans le présent rapport est que le droit international n’impose aucune restriction quant aux méthodes que peut utiliser un mouvement engagé dans la résistance contre une puissance occupante. [...] Contrairement à ces affirmations, aucune norme juridique internationalement reconnue n’autorise les attaques contre les civils, que ce soit lors d’une lutte contre l’occupation militaire ou dans tout autre contexte [...]. » Amnesty International qualifie même ces attaques de « crimes contre l’humanité » (rappelons que le même rapport affirme que l’action de l’armée israélienne dans les territoires occupés se caractérise par des violations du droit qui « sont des infractions graves à la quatrième Convention de Genève et, par conséquent, des crimes de guerre. Beaucoup d’entre elles, commises de manière systématique et en grand nombre dans le cadre d’une politique gouvernementale, répondent à la définition des crimes contre l’humanité donnée par le droit international ». Au nom des idéaux que nous défendons, nous devons accepter l’idée avancée par Amnesty qu’un « principe fondamental du droit international humanitaire est que les parties au conflit doivent, en toutes circonstances, faire la distinction entre les civils et les combattants, ainsi qu’entre les biens civils et les objectifs militaires ». Est-ce au mouvement antimondialisation libérale de « critiquer » l’action palestinienne, de « donner des leçons » à un peuple qui vit dans des conditions terribles ? Sur cette question sensible, il n’y a pas de réponse simple. Nous pouvons rappeler ce qui s’est passé au début des années 1970, quand la résistance palestinienne, encerclée et pourchassée, a multiplié les détournements d’avion et les attentats contre des cibles israéliennes à l’étranger. Durant cette période, la gauche européenne favorable à la résistance a contribué à faire comprendre, notamment au Fatah, que ces « opérations extérieures » étaient nuisibles à la cause défendue. Les attentats contre des civils israéliens ne posent pas seulement un problème moral, mais aussi politique. Depuis son élection en février 2001, Ariel Sharon les a intégrés dans sa stratégie intérieure et extérieure. Celle-ci est fondée sur plusieurs éléments : refus des accords d’Oslo, « la plus grande catastrophe qui soit jamais arrivée à Israël » ; élimination graduelle de l’Autorité palestinienne ; « solution intérimaire à long terme », ce qui signifie la poursuite de l’occupation sous d’autres formes. Les attentats lui ont permis de justifier son refus d’ouvrir des négociations sérieuses avec les Palestiniens auprès de son opinion publique et même d’une partie de l’opinion internationale. Or, dans le contexte israélo-palestinien, aucune solution politique n’est possible si le « front intérieur » israélien n’est pas brisé. Ceci est difficile, mais possible comme en témoignent les sondages : la majorité des Israéliens acceptent l’idée d’un État palestinien au côté de l’État d’Israël. Toutefois, nous devons comprendre le scepticisme des Palestiniens, de toutes tendances : après tout, ce que nous leur demandons, c’est ce qu’ils ont mis en oeuvre durant la première Intifada, avec le refus d’utiliser la violence armée. Dix ans après la fin de cette Intifada, la situation des Palestiniens n’a jamais été aussi terrible. D’autre part, la simple condamnation « morale » des crimes commis par les deux parties ne suffit pas à définir une position sur le conflit israélo-palestinien. On ne peut simplement renvoyer dos-à-dos les deux protagonistes, sous prétexte que les deux violent le droit humanitaire. Pour deux raisons. D’abord parce que les violations commises par un État - un État qui se réclame des principes démocratiques - sont toujours plus graves que celles commises par des groupes non étatiques, d’autant que certains de ces groupes agissent à l’encontre de l’Autorité palestinienne. Ensuite pour des raisons politiques : la bataille que mènent les Palestiniens est « une guerre juste », une résistance légitime à une occupation illégitime, alors que le gouvernement israélien développe une stratégie de maintien d’une occupation illégale. Pour prendre un exemple, durant la Seconde Guerre mondiale, les Alliés ont sûrement commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité - notamment à Dresde ou à Hiroshima. Pourtant la lutte contre le nazisme était une guerre juste. Et personne ne peut renvoyer les Alliés et l’Axe dos à dos. De même, durant la guerre de libération algérienne, le FLN a commis - comme l’armée française - des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité. Pourtant, sa revendication d’indépendance était tout à fait légitime. Et là aussi la symétrie n’est pas acceptable. Un dernier mot sur cette dimension. Les souffrances des deux côtés ont creusé un fossé profond, qu’il faudra du temps pour combler. Sans doute, comme l’a proposé l’intellectuel américano-palestinien Edward Said, faudra-t-il aller vers la création d’une commission Vérité et Réconciliation, pour dresser le bilan, aussi précis que possible, des cinquante dernières années. Le mouvement antimondialisation libérale pourrait y contribuer. La priorité absolue, pour lui, doit être de réclamer une protection internationale de la population palestinienne, protection que n’assurent pour l’instant que des missions civiles internationales. Il doit réclamer de l’Europe qu’elle s’engage dans cette voie et qu’elle utilise l’accord de coopération Union européenne-Israël comme un moyen de pression. Néanmoins, nous devons répéter que seule une solution politique peut permettre d’échapper à un mortel engrenage. C’est ce qu’ont rappelé avec courage, dès le mois de juillet 2001, des personnalités représentatives des deux camps - dont plusieurs ministres (MM. Yasser Abed Rabbo, Nabil Amr, Hisham Abdoul Razzek) et intellectuels (Mme Hanan Ashrawi, MM. Sari Nuseibeh, Salim Tamari) palestiniens, ainsi que M. Yossi Beilin, ancien ministre de la justice du gouvernement Barak, et de nombreux écrivains (dont Amos Oz, A. B. Yehoshua, David Grossman). « Nous, Israéliens et Palestiniens, dans les plus difficiles des circonstances pour nos deux peuples, venons ensemble pour réclamer la fin du bain de sang, la fin de l’occupation, un retour urgent aux négociations et à la mise en oeuvre de la paix. [...] En dépit de tout, nous croyons toujours en l’humanité du camp adverse et dans le fait que nous avons un partenaire avec qui nous allons faire la paix. Une solution négociée au conflit entre nos peuples est possible. [...]. Pour aller de l’avant, il faut accepter la légitimité internationale et l’application des résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité de l’ONU menant à une solution fondée sur les frontières de 1967 et sur deux États, Israël et la Palestine, côte à côte, ayant Jérusalem pour capitale respective. Des solutions justes et durables peuvent être trouvées à tous les problèmes en suspens, sans porter atteinte à la souveraineté des États palestinien et israélien, souveraineté définie par leurs citoyens respectifs et comprenant les aspirations à un État des deux peuples, palestinien et juif. »
Lettre à ma fille
J’ai écrit ce livre pour toi, en pensant à toi et à tous les jeunes de vingt ans. Cela fait plus de deux décennies que j’écris sur le conflit israélo-palestinien, que je donne des conférences sur ce thème, que j’effectue des reportages sur place. J’ai débattu ardemment des droits des Palestiniens, de la nature de l’État d’Israël, de la paix à venir. Convaincu de la force de la raison et de la logique, de la nécessité de surmonter les préjugés, j’ai essayé de comprendre, de faire comprendre cet Orient prétendument compliqué. Je l’ai toujours fait avec passion, car j’ai le Proche-Orient au coeur. J’y suis né et j’y ai grandi. Et j’espère vous transmettre, à toi et à tes frères, au moins une once de ce penchant, bien que mon itinéraire ne soit ni le tien ni le leur. Avant-propos de l’ouvrage d’Alain Gresh, Israël, Palestine. Vérités sur un conflit. Nouvelle édition, Fayard, 2002. Avec l’échec des accords d’Oslo, avec la spirale de la violence au Proche-Orient, j’ai été pendant un temps saisi par le découragement. Les espoirs de paix s’effondraient, une nouvelle fois la région se trouvait emportée dans la folie et les affrontements. Pis, le conflit débordait dans l’Hexagone. Des milliers de Français juifs, souvent très jeunes, manifestaient devant l’ambassade d’Israël, quelques-uns aux cris de « Mort aux Arabes ! ». Ailleurs, d’autres jeunes Français, souvent d’origine maghrébine, clamaient leur indignation face à la répression en Cisjordanie et à Gaza, quelques-uns aux cris de « Mort aux juifs ! ». Des synagogues ont été attaquées, brûlées. Les attentats du 11 septembre à New York et Washington ont ravivé la haine antimusulmane et relancé les agressions antiarabes. Le spectre d’une guerre communautaire flotte sur la « douce France ». Au-delà de la condamnation de principe de toutes les manifestations d’antisémitisme, les responsables politiques ont paru paralysés. Dans les collèges, les lycées, des enseignants tétanisés expliquaient qu’ils préféraient garder le silence plutôt qu’ouvrir le débat : les solidarités « communautaires » - les « feujs » avec Israël, les « beurs » avec les Palestiniens, les « Français de souche » regardant ailleurs - paraissaient tellement fortes, tellement « naturelles », tellement insurmontables ; il valait mieux éviter de les exacerber. Comment consentir à cette vision ? Pour moi, cela reviendrait à abdiquer les principes qui ont fondé mon travail, mes engagements, mes convictions. J’appartiens à une génération qui est venue à la politique - comme on dit venir au monde - dans les années 1960, à travers le formidable mouvement de décolonisation et à la faveur de la lutte, que nous proclamions invincible, du peuple vietnamien contre l’agression des États- Unis. Les clivages étaient alors politiques - idéologiques, oserais-je ajouter si ce mot n’avait désormais mauvaise presse. Ni les origines des uns, ni la religion des autres n’avaient de poids dans nos analyses, nos luttes, nos certitudes. Nous nous voulions partie intégrante de l’humanité, au-dessus des préjugés, des assignations de la « race » ou même de la nation. C’est ce qui nous avait séduits dans le message universaliste du marxisme : « Prolétaires de tous pays, unissez-vous ! » Certes, le conflit israélo-arabe était plus compliqué que la guerre du Vietnam. La crise de l’été 1967 avait d’abord paniqué nombre de Français juifs, persuadés que la survie d’Israël était en jeu, puis la victoire écrasante de ce dernier sur l’Égypte, la Syrie et la Jordanie les avait enthousiasmés, ainsi qu’une bonne partie de l’opinion publique. Le poids du génocide des juifs, le mythe du kibboutz socialiste (exploitation agricole collective), mais aussi le sentiment de « revanche » anti-arabe cinq ans seulement après la fin de la guerre d’Algérie - autant de facteurs qui expliquaient ces prises de position unilatérales en faveur d’Israël. Mais, pour l’essentiel, les affrontements restaient politiques. Et dans les organisations communistes et d’extrême gauche, où des juifs militaient en nombre, nous défendions, encore une fois, des positions internationalistes. Pourtant, nous étions les héritiers d’une tradition nationale. Nous étions encore fascinés par ces Français déclarés traîtres à leur patrie pour s’être engagés aux côtés du Front de libération nationale algérien ; on les appelait les « porteurs de valise ». Contrairement à Albert Camus, ils avaient préféré la justice à « leur mère ». Né en Égypte d’une mère d’origine juive russe et d’un père copte, athée mais respectueux des croyants, je me reconnaissais dans le pays des Lumières. Je te l’ai déjà dit, ma fille, j’ai l’immense privilège d’avoir « choisi » ma nationalité : le lycée du Caire m’avait fait français de culture et de coeur, même si je ne l’étais pas de sang. J’admirais Voltaire. Il s’était engagé dans l’affaire Calas, défendant ce calviniste accusé en 1761 d’avoir tué son fils prétendument converti au catholicisme, et exécuté l’année suivante à Toulouse. L’affaire avait divisé la France. Il avait fallu attendre 1765 pour que Calas soit réhabilité après que Voltaire eut plaidé sa cause avec tout le talent et l’énergie qu’il mettait, par ailleurs, à combattre les fanatismes religieux, y compris le protestantisme, et les privilèges des Églises. « Avec mon frère contre mon cousin, avec mon cousin contre les étrangers » : l’adage, paraît-il, résumait la spirale des massacres que connaissait le Liban plongé dans la guerre civile durant les années 1970. Cette logique, je l’ai toujours rejetée. Faut-il l’accepter à l’heure où l’on célèbre le « village planétaire », les droits universels de la personne et l’égalité entre êtres humains ? Faudrait-il considérer comme légitime que les juifs soient solidaires d’Israël, les musulmans des Palestiniens ? On peut comprendre qu’il existe des proximités familiales, affectives, religieuses. « Presque tous les juifs de Strasbourg, notait un responsable du Conseil représentatif des organisations juives de France (Crif) après divers incidents antisémites à l’automne 2000, ont de la famille là-bas. Le sentiment de base est une réaction d’anxiété pour les proches. Dès qu’un danger menace Israël, la solidarité joue à plein. » Quant aux jeunes d’origine musulmane, ils s’identifient à ces lanceurs de pierres, pour des raisons sociales - « Déshérités de tous pays, unissez-vous » - ou par un sentiment plus ou moins diffus d’appartenance culturelle et religieuse. Mais faut-il consentir à ces solidarités « primaires » ? Malheureusement, la gauche semble s’y résigner. Figée par la crainte de débordements, faisant appel - quand elle était encore au pouvoir - aux autorités religieuses pour calmer les tensions, elle a abandonné à leur sort ces jeunes qui grandissaient en dehors de son influence, de sa culture, de sa vision du monde. Elle n’a pas su s’adresser à eux, répondre aux tourments qu’ils rencontraient dans les cités, trouver les mots qui touchent, mener les actions qui auraient pu donner à ce qui se passait en Palestine et en Israël un contenu universel. Écoeurés, vers qui se tourneront ces jeunes ? Vers ceux qui donnent à ce combat une explication - et une solution - religieuse ou communautaire ? Comme à chaque nouvelle crise dans la région, j’ai été sollicité pour participer à des débats. Les discussions ont souvent été acharnées. J’ai rencontré de nombreux jeunes de ton âge, lycéens ou étudiants. J’ai pris conscience que nous n’avions pas été capables de leur transmettre cette expérience « internationaliste » que j’évoquais plus haut. Je souhaite, contre tous les vents contraires et sans vouloir idéaliser le passé, assumer ce rôle de « passeur », et mon désir est à l’origine de ce livre. J’ai voulu à la fois rétablir un certain nombre de faits sans la connaissance desquels aucune discussion sérieuse n’est possible, et exposer les principes sur lesquels se fonde ma manière de voir le conflit. L’affrontement à la |
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