Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.
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Malheureusement, la gauche semble s’y résigner. Figée par la crainte de débordements, faisant appel - quand elle était encore au pouvoir - aux autorités religieuses pour calmer les tensions, elle a abandonné à leur sort ces jeunes qui grandissaient en dehors de son influence, de sa culture, de sa vision du monde. Elle n’a pas su s’adresser à eux, répondre aux tourments qu’ils rencontraient dans les cités, trouver les mots qui touchent, mener les actions qui auraient pu donner à ce qui se passait en Palestine et en Israël un contenu universel. Écoeurés, vers qui se tourneront ces jeunes ? Vers ceux qui donnent à ce combat une explication - et une solution - religieuse ou communautaire ? Comme à chaque nouvelle crise dans la région, j’ai été sollicité pour participer à des débats. Les discussions ont souvent été acharnées. J’ai rencontré de nombreux jeunes de ton âge, lycéens ou étudiants. J’ai pris conscience que nous n’avions pas été capables de leur transmettre cette expérience « internationaliste » que j’évoquais plus haut. Je souhaite, contre tous les vents contraires et sans vouloir idéaliser le passé, assumer ce rôle de « passeur », et mon désir est à l’origine de ce livre. J’ai voulu à la fois rétablir un certain nombre de faits sans la connaissance desquels aucune discussion sérieuse n’est possible, et exposer les principes sur lesquels se fonde ma manière de voir le conflit. L’affrontement en Palestine est l’un des plus anciens de la planète. Il remonte à un siècle environ, avec l’émergence du mouvement sioniste en Europe et les premières vagues de colonisation en Palestine. De la Première Guerre mondiale à aujourd’hui, il a impliqué, à chaque époque, toutes les grandes puissances, de l’Empire ottoman à la Russie tsariste, de l’Union soviétique à l’Allemagne nazie, des États-Unis à la Grande- Bretagne. Il s’est traduit par cinq guerres, dont certaines ont failli dégénérer en conflagration mondiale. Dans le programme d’histoire de terminale, qui aborde le monde d’aujourd’hui, le Proche-Orient est éclaté en plusieurs chapitres, en plusieurs thématiques. De surcroît, comme nombre de professeurs répugnent à aborder ce sujet « sensible », qui tombe rarement à l’épreuve du baccalauréat, la confusion est la règle. Or la connaissance est la condition préalable à tout débat. Des points de vue divers peuvent se confronter si jeunes et moins jeunes possèdent, ce qui n’est généralement pas le cas, les éléments historiques de base. Je rappellerai donc les faits et les enchaînements qui me paraissent indispensables pour ouvrir un débat sérieux. Mais ces précisions sont insuffisantes. Après tout, il existe déjà des centaines d’ouvrages décortiquant le conflit, son histoire et ses protagonistes. Ce n’est pas pour cela que les « spécialistes » tombent d’accord. Pourquoi ? Parce que chacun lit, consciemment ou non, ce conflit à travers des « grilles d’analyse » qui donnent un « sens » aux événements. Que répondre à quelqu’un qui proclame que la terre d’Israël a été donnée aux juifs par Dieu ? Peut-on contester la parole de Dieu ? Une vision religieuse, fondée sur un message divin, est non négociable. Comment convaincre des élèves musulmans qui pensent que la Palestine est terre islamique et ne peut faire l’objet de marchandages ou de compromis ? Comprends-moi bien. La ligne de démarcation, pour ce qui concerne la Palestine ou pour tout autre affrontement, ne passe pas toujours entre les religieux et les autres. Certains laïques défendent des positions nationalistes extrémistes, qui attribuent une supériorité aux « leurs » contre les « autres » - nous l’avons vu en Serbie ou en Croatie. Inversement. certains religieux savent défendre la justice, au nom même de leur religion. Dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde le 9 janvier 2001, le rabbin David Meyer rappelait que, dans la tradition juive, l’idée de « terre sainte » ou de « promesse inconditionnelle » sur la terre d’Israël n’existe pas. Il citait le chapitre IV du Deutéronome (l’un des premiers livres de la Bible) : « Maintenant donc, ô peuple d’Israël, écoute les lois et les règles que je t’enseigne pour les pratiquer, afin que vous viviez et que vous arriviez à posséder le pays que l’Éternel, Dieu de tes pères, vous donne. [...] Voyez, je vous ai enseigné des lois et des statuts, selon ce que m’a ordonné l’Éternel, mon Dieu, afin que vous vous y conformiez dans le pays où vous allez entrer pour le posséder. Observez-les et pratiquez-les ! Ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples [...]. Or, quand vous aurez engendré des enfants, puis des petits-enfants, et que vous aurez vieilli sur cette terre, si vous dégénérez alors, si vous fabriquez une idole, image d’un être quelconque, faisant ainsi ce qui déplaît à l’Éternel, ton Dieu, et l’offense, j’en prends à témoin, aujourd’hui contre vous, les cieux et la terre ; vous disparaîtrez promptement de ce pays pour la possession duquel vous allez passer le Jourdain, vous n’y prolongerez pas vos jours, vous en serez proscrits. » Et le rabbin s’interroge sur ce culte insensé « que constitue l’idolâtrie de la terre d’Israël, du “Grand Israël” », qui fait passer « les notions de sainteté et de sacré avant celle du respect de la vie humaine ». Pour ma part, je n’appartiens à aucun « parti de Dieu », je me contente - comme le « bâtard Goetz », le personnage central de la pièce Le Diable et le Bon Dieu de Jean-Paul Sartre - d’appartenir à celui des hommes, ou plutôt à celui des êtres humains. Je ne reconnais aucune hiérarchie entre eux, pas plus que je ne classe sur une échelle ascendante ou descendante les communautés religieuses ou nationales. Même si je comprends que, pour des raisons parfois familiales, quelquefois religieuses, souvent culturelles, nous puissions nous sentir plus proches de tel ou tel peuple... À condition de ne pas l’idéaliser, à condition de ne pas absoudre les crimes commis en son nom. En Palestine, il n’existe pour moi aucun droit « naturel » ou « religieux ». Remonter à trois mille ans ou même à mille ans pour déterminer quel arpent de terre appartient à qui est un exercice absurde, illégitime, mais aussi sanglant. Une telle argumentation a été utilisée par la direction de Belgrade pour justifier un « droit » sur le Kosovo, « berceau de la Serbie ». Nous savons que les nations modernes remontent au XVIIIe siècle et à la Révolution française. Je reviendrai sur ce point dans le chapitre III. Mais l’occupation de telle région française par des tribus germaniques ou de l’Aquitaine par les « Anglois » ne crée aucun droit... Comment, alors, s’y reconnaître dans des revendications opposées ? Par l’affirmation du primat du droit international. Que disent, en substance, les résolutions des Nations unies sur la Palestine et sur Israël ? Elles reconnaissent que, désormais, sur la terre historique de la Palestine sont installés deux peuples, l’un juif israélien, l’autre palestinien, et que chacun de ces deux peuples a droit à son État indépendant. Nuançons néanmoins cette symétrie. D’abord, le peuple israélien dispose déjà d’un État depuis plus de cinquante ans, alors que les Palestiniens en sont toujours privés et vivent dans l’exil forcé ou sous occupation. D’autre part, la situation actuelle est née d’une injustice originelle : les Palestiniens ont été chassés de chez eux, notamment en 1948-1950, par les milices juives puis par l’armée israélienne, comme je le développerai dans le chapitre IV. Cette expulsion, longtemps niée ou refoulée en Israël comme en Occident, est désormais un fait établi, grâce notamment aux travaux des « nouveaux historiens » israéliens. Nous vivons à une époque et dans un ensemble, l’Europe, où l’on invoque à satiété le « devoir de mémoire ». Très bien, mais ne faisons pas preuve de sélectivité. L’injustice faite aux Palestiniens mérite, comme d’autres - multiples durant la période coloniale -, réparation et d’abord reconnaissance. Cette dimension morale ne peut être occultée car elle conditionne une réconciliation entre Israéliens et Palestiniens. Sur ce conflit pèse lourdement le génocide des juifs. Les prises de position, en France comme au Proche-Orient, sont marquées au fer rouge par ce qui constitue l’un des crimes les plus abominables de l’histoire de l’humanité. L’anéantissement des juifs par le nazisme et ses alliés, l’incapacité des grandes puissances de l’époque à empêcher ce crime ont créé une culpabilité dans les opinions occidentales et une inclination en faveur de ceux qui se revendiquent les héritiers de l’histoire et de la mémoire des juifs. Ce martyre a favorisé le vote de l’Assemblée générale des Nations unies du 29 novembre 1947 en faveur du partage de la Palestine, et donc de la naissance de l’État d’Israël. Mais ce sont les Palestiniens qui ont payé le prix d’un crime qu’ils n’ont pas commis, et pour lequel ils n’ont à assumer aucune responsabilité. Je reviendrai aussi plus longuement, dans le chapitre V, sur cette contradiction. Quand on évoque le Proche-Orient, on ne peut être « au- dessus de la mêlée ». La neutralité relève de l’illusion. Pourtant, je refuse la solidarité abstraite avec l’un des deux camps. Je ne pense pas qu’un peuple - n’importe lequel - soit « bon », « juste », « supérieur » par nature ou par une quelconque grâce divine ou immanente. Aucun peuple n’est investi d’une « mission supérieure ». Pas plus les Palestiniens que les Israéliens. Je vais donc essayer de t’expliquer tout cela. Aussi simplement que possible. Je n’entrerai pas dans le détail, les livres sont innombrables sur le sujet ; je choisirai les éléments qui me semblent indispensables pour comprendre le conflit. Mais, avant de commencer, je voudrais te convier à un détour. Depuis deux ans, de nombreuses polémiques agitent la France. Elles illustrent, à mon sens, la difficulté d’ouvrir un débat sur ce conflit à nul autre pareil. [1] Il n’est pas question ici de revenir sur les causes de l’échec des négociations entre l’équipe d’Ehoud Barak et celle de Yasser Arafat. Notons simplement que l’on sait désormais que les « offres généreuses » du premier ministre israélien à Camp David n’étaient ni généreuses, ni conformes au droit international. Lire, entre autres, Charles Enderlin, Le rêve brisé, Fayard, 2002, ainsi que Robert Malley et Hussein Agha, New York Review of Books, 9 août 2001.
Alain Gresh est rédacteur en chef au mensuel Le Monde diplomatique et auteur de plusieurs livres sur le Proche-Orient dont Israël- Palestine, vérités sur un conflit, Fayard, Paris, 2001
et 2002
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