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Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.

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Palestine : les bases de la solidarité//1

Palestine : les bases de la solidarité

Alain Gresh
 

Sommaire :

Au nom de quels principes peut-on prendre position sur le conflit israélo-palestinien ?(Alain Gresh)
Les fondements de notre engagement : le droit international
Le contexte de notre engagement
La question du génocide des Juifs
La question de l’antisémitisme
La question du terrorisme
Vers une situation encore plus incontrôlable ?

Document : Tentative de définition des bases d’une solidarité (Alain Gresh)
Introduction
Quelle solution pour le problème palestinien ?
Antisémitisme et solidarité avec les Palestiniens
Sionisme et peuple juif
Résistance, terrorisme et lutte armée

Extraits (Alain Gresh)
Lettre à ma fille, Avant-propos d’Israël-Palestine. Vérités sur un conflit

Au nom de quels principes peut-on prendre position sur le conflit israélo-palestinien ?

Cette conférence est un peu particulière car je ne parle- rai pas beaucoup de l’histoire du conflit palestinien, mais je poserai des questions sur le sens de l’engagement aux côtés des Palestiniens, questions parfois dérangeantes, qui nous amènent à réfléchir sur des points auxquels nous ne sommes pas forcément habitués. Je veux aborder la dimension poli- tique du problème, qui nous oblige à aller au-delà de la dimension humanitaire, au-delà de la simple solidarité avec les victimes, solidarité indispensable mais non suffisante. Cette analyse du problème palestinien exclut aussi bien les motivations religieuses que celles d’un nationalisme intégral.

Par ce terme, il faut entendre la position de ceux qui affirment qu’une nation a des droits supérieurs aux autres. Si l’on observe le conflit yougoslave, on a eu affaire à ce même type de raisonnement de la part des nationalistes qui veulent légitimement défendre leur nation mais pensent en même temps que les droits de leur peuple sont supérieurs à ceux du voisin. Il est ainsi impossible d’argumenter face à celui qui dit : cette terre de Palestine était la terre du peuple juif et ce peuple a aspiré depuis deux mille ans à y retourner. Même s’il reconnaît que cette installation s’est faite au détriment des Palestiniens, son préalable est que le peuple juif a des droits inscrits dans une histoire immémoriale que personne ne peut détruire. Toute discussion sur le malheur des Palestiniens échouera au nom du bon droit des Juifs.

Si je mets tout ceci en lumière, c’est que je pense que c’est au nom d’autres prémisses qu’il faut prendre position sur le conflit israélo-palestinien, mais qu’en même temps, il est important de mettre en lumière le point de vue à partir duquel on se place : ce n’est pas être pour les Palestiniens contre les Israéliens ; notre solidarité ne se fonde pas non plus sur les caractéristiques spécifiques du peuple palestinien qui comme peuple aurait des qualités spécifiques et que cela leur donnerait des droits que d’autres peuples n’ont pas. Je crois qu’il est important d’avoir une vision très réaliste de ces luttes. J’appartiens à une génération qui a participé à des batailles, non pas celle de l’indépendance algérienne, mais à celles de la guerre du Vietnam, que nous avons menées parfois avec un grand aveuglement. Nous avons mythifié la lutte du peuple vietnamien, pensé exclusivement que c’était une résistance héroïque et que ce peuple libéré allait construire quelque chose de nouveau. De même, les porteurs de valise expliquaient parfois que la révolution algérienne allait créer le socialisme partout en France.

Les fondements de notre engagement : le droit international

Les principes à partir desquels nous prenons position sont ceux du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le refus de l’occupation. Je ne mythifie pas le droit international, je sais qu’il a des limites, qu’il est aussi le résultat d’un rapport de forces, mais en même temps il me semble important de s’appuyer sur lui parce qu’il est l’élément qui permet de structurer les relations internationales, d’éviter la loi de la jungle. Il faut aussi être conscient que ce droit international s’applique dans un contexte donné, celui d’une hégémonie américaine totale sur le monde et d’une alliance américano-israélienne stratégique.

On peut avoir du conflit israélo-palestinien une vision purement « morale » et abstraite sous le prétexte que le droit international n’est que le résultat des rapports de force et qu’il a été imposé aux Palestiniens à partir d’une injustice qui leur a été faite en 1947 avec la division de la Palestine. J’imagine qu’il y en a parmi vous qui partagent cette position. Elle est tout à fait respectable mais pour moi, elle ne fonde pas la position d’une association de solidarité, pour plusieurs raisons.

D’abord, parce que de façon pragmatique, je m’engage dans les combats avec l’idée qu’on peut obtenir quelque chose. Je ne m’engage pas dans les combats avec l’idée qu’on rencontre souvent chez certains de nos amis palestiniens ou arabes, d’une espèce de vision fataliste qui consiste à dire que « ça fait cinquante ans que ça dure, ça peut durer encore deux siècles et dans deux siècles nous gagnerons ». Cette position n’a ni efficacité sur le terrain, ni possibilité de transformer la réalité. Or ce qui m’intéresse, c’est de transformer cette réalité, de voir ce qu’il est possible aujourd’hui de transformer : j’essaye de fonder mes prises de position à partir de ce que j’appelle un mélange du droit international et des rapports de forces tels qu’ils sont et non tels que je les rêve.

Le contexte de notre engagement

Je crois que c’est un débat important de savoir ce que nous voulons, pour nous qui sommes dans un mouvement de solidarité et d’où nous parlons. Quand un Palestinien des Territoires ou de la diaspora dit : « Je refuse la solution de compromis y compris celle de Taba et je veux un seul État », c’est sa vie, c’est sa décision, c’est lui qui la prend. Mais que nous nous disions de Paris des choses radicales, cela n’implique rien pour nous sur le plan individuel et il est donc facile d’avoir un discours plus radical. Chez les Palestiniens eux-mêmes, on peut mesurer ce fossé que j’ai pu constater : dans la diaspora riche, celle de la bourgeoisie palestinienne au Koweït, d’une partie des Palestiniens des États-Unis, etc., on tenait un discours extrêmement radical dans les années 1970, beaucoup plus radical que celui des territoires occupés. Ils tenaient ce discours parce qu’ils étaient installés dans une situation où le fait de repousser la solution à cinquante ans ne leur posait pas problème car ils vivaient une situation plus que supportable.

Nous, nous travaillons en France, face à un public français et nous sommes évidemment soumis à une situation particulière qui n’est pas celle de militants qui vivent dans le monde arabe. Un des problèmes évidemment nous est renvoyé avec force, c’est la question du génocide des juifs, de l’antisémitisme.

La question du génocide des Juifs

Le génocide des Juifs est un élément de l’histoire européenne qui pèse énormément, qui a beaucoup pesé dans la sympathie qu’il y a eu à l’égard d’Israël, même si je pense qu’il pèse beaucoup moins. En même temps il continue à jouer un rôle important dans les prises de position, dans les polémiques et je crois qu’il faut être, là-dessus, extrêmement clair.

Dans la réalité des débats, c’est une question qui évidemment revient constamment : « Les souffrances subies au cours de la Shoah nous donnent le droit de... » Je crois que là aussi il est important d’être capable de discuter de cela. Le génocide des Juifs est un problème qui est incontournable dans l’opinion française et européenne. C’est une partie de l’histoire européenne. Mais il est important de dire que, comme pour tout génocide, on peut en tirer deux leçons tout à fait différentes. Une interprétation qui est une interprétation ethnique ou fermée, qui est de dire que ce génocide des Juifs leur donne des droits que d’autres n’ont pas, leur permet de faire des choses, que quoique fasse l’armée israélienne sur le terrain, ce n’est pas grand chose à côté du génocide. Il y a un courant dans la société israélienne qui se place sur ce terrain. Il y a une autre leçon possible, que tirent d’autres personnes, aussi bien en Israël que dans les communautés juives : le génocide des Juifs est ce que j’appellerais, un patrimoine commun de l’humanité, c’est-à-dire qu’il nous concerne non parce que ce sont des Juifs qui ont été tués, mais en tant qu’êtres humains, parce que ce sont des humains qui l’ont fait à d’autres êtres humains. En tant qu’être humain, je suis concerné par le génocide des Juifs et ceux du Rwanda et du Cambodge. Et je dirai : je suis plus concerné par le génocide des Juifs parce qu’il a eu lieu en Europe et que d’une certaine manière, les pays européens en portent la responsabilité. Il est donc normal que les populations européennes y soient plus sensibles, mais il faut refuser que ce génocide soit pris en otage, utilisé pour justifier les politiques de répression et d’occupation.

Il nous faut aussi prendre en compte que ce génocide, inscrit dans l’histoire, a créé des peurs réelles, des peurs réelles dans les communautés juives du monde ainsi qu’en Israël. Lors de la première Intifada, un ami journaliste, au retour de sa première visite en Israël et dans les Territoires occupés m’a dit : « Je suis étonné, les gens qui ont peur là-bas, ce sont les Israéliens, pas les Palestiniens. » Bien sûr, cette peur est, en partie, manipulée par les gouvernants, mais en même temps, elle est réelle. Il faut faire attention à la manière dont on s’adresse aux gens, pas seulement à la communauté juive, mais plus largement. On ne peut pas simplement dire que cela est fantasmatique, on peut affirmer qu’il n’y a jamais eu l’équivalent en France, contrairement à ce qu’ont prétendu certains intellectuels, de la Nuit de Cristal au moment du déclenchement de la seconde Intifada. Dans le même temps, les attaques antisémites étaient réelles et elles ont créé dans la communauté juive une grande peur. Elles ont aussi permis à la direction de cette communauté de créer une espèce de sursaut « patriotique ». De même que les attentats, sur lesquels je reviendrai, ont créé en Israël un sursaut d’unité nationale autour d’Ariel Sharon. Faisons attention à la manière dont nous nous exprimons. Je pense que c’est important, non pour des raisons tactiques, mais pour des raisons de fond.

La question de l’antisémitisme

De ce point de vue, je prendrai un exemple : dans un certain nombre de manifestations, il y a eu des cris et des tracts « État sioniste = État nazi ». Je crois que c’est inacceptable, non pour de raisons tactiques, mais parce qu’on est dans une comparaison qui n’a pas de sens. Qu’est-ce qui différencie l’État nazi des autres États dictatoriaux ou autoritaires ? C’est l’extermination systématique, industrielle, de millions de Juifs, mais aussi de Tsiganes, de Slaves, etc. Dresser ce parallèle est non seulement faux, mais provoque à juste titre dans les communautés juives et en Israël un malaise et facilite le travail de tous ceux qui veulent discréditer toute critique de la politique israélienne.

Une comparaison me paraît, en revanche, plus convaincante  : celle de la France pendant la guerre d’Algérie. L’État français qui menait la guerre en Algérie était un État démocratique, pour les Français, pas pour les Arabes. Il va commettre des crimes, il va tuer des centaines de milliers de gens, mais c’est un État de droit où règne le multipartisme, la liberté de la presse, etc. Israël aujourd’hui est un État démocratique pour sa population juive. Malheureusement, le fait d’être un État démocratique n’empêche pas du tout de commettre des crimes. Dans ce conflit, on trouve un aspect colonial qui fait la particularité du mouvement sioniste par rapport à d’autres mouvements nationalistes. Le mouvement sioniste est né à la fin du XIXe siècle en Europe de l’Est, avec les mêmes caractéristiques que tous les mouvements qui y naissent à cette époque, celle de la crise des empires et du surgissement des nationalismes ethniques. La base essentielle du sionisme, ce sont les communautés des ghettos de Russie et de l’est de l’Europe, dont les populations ont des caractéristiques proches des nationalités (langue commune, territoire, communauté de destin, etc.). Le discours du mouvement sioniste est proche de celui des autres nationalismes ethniques (serbe, roumain, hongrois, etc.) : nous sommes supérieurs aux autres, nous sommes différents, nous avons une mission particulière, etc.

Mais ce qui fait la particularité du mouvement sioniste, jusqu’à aujourd’hui, c’est son aspect colonial : coloniser une terre qui est ailleurs. Aujourd’hui, quand vous dites cela, vous suscitez tout de suite chez un certain nombre de gens, une espèce de répulsion disant : « Comment vous osez dire ça ? » Pourtant, à l’époque, le mouvement sioniste se réclamait ouvertement de cette vision coloniale, qui n’avait pas de connotation négative.

La comparaison entre Israël et l’Afrique du Sud mérite une discussion. Si on observe la situation dans les territoires occupés, il y a un vrai apartheid, au sens propre du terme, c’est-àdire deux populations sur place, les colons d’un côté et les Palestiniens de l’autre, qui vivent dans deux systèmes parallèles. De ce point de vue, c’est vraiment l’apartheid, c’est-àdire avec des lois différentes pour les uns et les autres. C’est ce qu’affirme avec force l’organisation de défense des droits humains B’Tselem. Mais ce qui pose problème dans cette comparaison, c’est la question du travail : en Afrique du Sud, il y avait quatre millions de Blancs et vingt ou vingt-cinq millions de Noirs. La société blanche ne pouvait pas vivre sans le travail des Noirs. La société israélienne, elle, peut très bien se passer du travail des Palestiniens et d’ailleurs elle le montre pratiquement depuis la seconde Intifada : le nombre de Palestiniens qui viennent travailler en Israël a beaucoup diminué et Israël fait venir des travailleurs immigrés de Roumanie ou d’Afrique.

Je reviens sur la question de l’antisémitisme. Il faut le reconnaître, il y a eu une résurgence d’actes antisémites qui ont visé la communauté juive en France et ailleurs. Cette émergence d’un antisémitisme a été relayée dans des fractions très réduites des communautés dites d’origine maghrébine, comme lors de la première manifestation de solidarité avec les Palestiniens. Moi-même j’ai participé à une manifestation où il y avait une centaine de « jeunes des quartiers », comme on dit, qui criaient des slogans antisémites. Cela doit amener chez nous, d’abord à une condamnation absolument sans nuance de ce type de position. Il est vrai aussi que l’on a assisté à une recrudescence, notamment depuis le 11 septembre 2001, d’actes d’agressions contre des Arabes ou des musulmans. Nous ne choisissons pas entre les victimes ! L’antisémitisme n’est pas l’affaire des Juifs, pas plus que le racisme anti-arabe n’est l’affaire des Arabes, c’est notre affaire à tous et c’est l’affaire de la République. Quand le Crif refuse de participer à la manifestation qui était proposée par la Ligue des droits de l’Homme contre toutes les manifestations de racisme, c’est une démarche qui devrait nous être étrangère et qui ramène la République à un conglomérat de communautés défendant chacune ses intérêts particuliers.

Cela permet d’éclaircir un point capital. Pour moi, la solidarité avec les Palestiniens n’est pas le symétrique de celle des gens qui soutiennent Israël. Il ne s’agit pas de choisir un peuple contre un autre, mais de fonder sa position sur des principes universels, ceux du droit international et des résolutions des Nations unies. Celles-ci affirment que, sur la terre de Palestine, vivent désormais deux peuples : un peuple israélien et un peuple palestinien et tous les deux ont droit à un État. À partir de là, il y a ceux qui renvoient dos-à-dos « les extrémistes des deux bords » - on l’a vu notamment, par exemple, avec les prises de position du mouvement de la gauche sioniste, le mouvement « la Paix maintenant », etc. Il est vrai que je peux être d’accord avec eux sur la nécessité de créer un État palestinien indépendant en Cisjordanie et à Gaza, pour une forme de solution de la question de Jérusalem, etc. La différence avec eux est qu’ils ne reconnaissent pas cet élément, à mon avis fondamental : on ne peut pas mettre sur le même plan les oppresseurs et les opprimés, un peuple occupant et un peuple occupé. Je crois que cela conditionne toute l’analyse que nous faisons. Nous sommes solidaires des Palestiniens, non pas parce que les Palestiniens sont « mieux que les autres », mais simplement parce que politiquement, ils sont un des derniers peuples de cette planète à se voir refuser le droit à l’autodétermination. Il faut se situer sur un plan politique et non pas purement humanitaire, même si les souffrances des Palestiniens sont absolument intolérables.

La question du terrorisme

Dans ces enjeux et débats, il y a évidemment la question du terrorisme. Depuis le 11 septembre 2001, la lutte contre le terrorisme est en train de devenir un des axes de la bataille menée par l’administration américaine, non seulement contre les Palestiniens, mais contre l’ensemble des pays considérés comme menaçants. Et c’est devenu une grille d’analyse puisque, comme Bush l’a dit : « Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les terroristes. » Les Nations unies ne sont jamais arrivées à définir légalement le terrorisme et personne ne sait de quoi on parle quand on parle de terrorisme. Il est important de ne pas se laisser piéger.

On peut donner du terrorisme une définition a minima : l’utilisation de la violence contre des civils innocents. Rappelons que cette définition inclut l’action des États ; le terme de terreur a été inventé pour parler de la violence d’État, or ce terme, dans son usage désormais courant, n’inclut que l’action de groupes non étatiques.

À partir de là se pose la question des attentats suicide en Israël. Sont-ils justifiés ou non ? Sont-ils explicables ou non ? Récemment, un rapport d’Amnesty International a affirmé que les actions menées par les Palestiniens étaient des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité (en droit international, on définit trois types de crimes : crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, avec des définitions très précises, de chacune des catégories).

Les attentats du 11 septembre 2001 entrent dans une définition de crime contre l’humanité. Le transfert de population aussi. La prise de position d’Amnesty a suscité, notamment chez ceux qui sont solidaires des Palestiniens, un certain embarras. Pour expliquer dans quelles conditions ces Palestiniens mènent leur action, il est nécessaire de montrer d’où vient le désespoir qui les amène à commettre des attentats.

Mais je pense que ces actions-suicide menées par les groupes palestiniens (je parlerai après de leur signification politique) font partie de ce que le droit international, dont je réclame partout l’application, appelle des crimes de guerre et crimes contre l’humanité. C’est incontestable. On peut ne pas être d’accord avec le droit international, mais si on s’en réclame, il faut être cohérent. Mais quelques éléments supplémentaires permettent une vraie discussion. D’abord de rappeler que le rapport d’Amnesty International précise que l’armée israélienne commet des crimes de guerre et contre l’humanité dans les territoires palestiniens, ce que la revue L’Arche, qui parle de ce rapport a évité de mentionner. La guerre, qu’elle soit menée par un État ou par un groupe non étatique est soumise à des règles et que les ignorer, c’est ouvrir la porte à toutes les dérives. Lorsque les Palestiniens argumentent : « Nous ne sommes pas un État, nous sommes un groupe donc nous ne pouvons pas commettre de tels crimes », ils ont tort. Quand ils évoquent le droit à la résistance, tout à fait légitime, ils oublient de mentionner que ce droit lui aussi est réglementé.

Donc le gouvernement israélien et un certain nombre de groupes palestiniens commettent des crimes de guerre et contre l’humanité. Je voudrais toutefois faire deux remarques. D’abord, je ne mets pas sur le même plan les crimes commis par un État et les crimes commis par un groupe non étatique. L’exemple que je donne toujours est celui du FLN algérien. Le FLN a commis un certain nombre d’actions terroristes qui entraient dans le cadre de crimes de guerre et sans doute certains dans le cadre de crimes contre l’humanité. Mais l’État français a commis des crimes bien pires, même si les uns ne justifient pas les autres. Et surtout, cela nous ramène à la dimension politique : la lutte du peuple algérien pour son indépendance était légitime, celle de la France pour la poursuite de la colonisation non.

Prenons l’exemple de la Seconde Guerre mondiale. Pour moi, la guerre menée par les alliés anglo-américano-soviétiques était une guerre juste : c’est-à-dire une guerre entreprise pour la défense d’un certain nombre de principes universels. Or, dans cette guerre, les deux côtés ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, mais on ne peut simplement les renvoyer dos à dos - et pas seulement parce que l’État nazi est responsable du génocide des Juifs.

Il faut dépasser le discours moralisateur sur la Palestine et passer au discours politique : il y a une situation de guerre ou de résistance juste menée par les Palestiniens face à une occupation injuste. Marwan Barghouti utilisait la formule : « Une résistance légitime à une occupation illégitime. » Que dans cette résistance il y ait des choses moralement condamnables ne change pas le fait que la résistance soit légitime.

Il existe une autre dimension à ce débat et il revient aux Palestiniens d’en discuter. Le problème est de savoir si les actions de ce type sont efficaces ou non. Ces attentats aliènent une perte de la sympathie internationale avec les Palestiniens

-  même si ce n’est pas de manière décisive, l’opinion comprenant comment l’occupation crée le désespoir. Plus grave, à mon avis, est la conséquence de ces attentats sur la situation intérieure israélienne. Il faut le comprendre : il n’y a pas de victoire possible des Palestiniens contre une société israélienne unie, notamment si nous tenons compte du rapport de forces mondial et de l’alliance entre Israël et les États-Unis. Donc, il n’y a pas de possibilité d’aller vers une solution politique si on ne brise pas le front intérieur israélien ; et briser ce front intérieur, notamment après l’échec d’Oslo qui avait créé un espoir, est quelque chose de très difficile et demande une vraie stratégie. Si l’on compare avec la guerre d’Algérie et la guerre du Vietnam, elles n’ont pas été gagnées essentiellement par la voie militaire : en 1960-61, le FLN algérien est complètement défait militairement, il n’y avait presque plus de résistance armée en Algérie. Simplement pour maintenir l’« ordre », il fallait cinq cent mille soldats et la société française n’était plus prête à payer un tel prix.

En ce qui concerne la guerre du Vietnam, la situation était différente : militairement, la situation était meilleure pour les Vietnamiens parce qu’ils s’appuyaient sur le Nord-Vietnam, sur l’aide soviétique et chinoise malgré les problèmes du mouvement communiste à l’époque. Mais on ne peut pas dire que les Vietnamiens aient vaincu militairement l’armée américaine, ce n’est pas une victoire au sens d’Austerlitz. Il y a eu un moment où le poids de l’action militaire au Vietnam était insupportable pour l’opinion américaine. Et le FLN et les Nord-Vietnamiens l’avaient tellement compris qu’ils envoyaient leurs meilleurs cadres à l’étranger, c’est-à-dire qu’ils avaient compris que, en dernière instance, tout se jouait à Washington plutôt que sur le terrain. La résistance armée a eu un poids important parce qu’elle a permis de la transformer en capital politique et de transformer des sociétés coloniales : la France et les États-Unis.

La situation en Palestine et en Israël n’est pas la même, mais en même temps, je suis convaincu qu’il n’y a pas de possibilité d’avancer sans briser le front intérieur israélien. Un des éléments qui peuvent inciter à l’optimisme est apporté par les résultats des sondages sur la population israélienne : malgré deux ans qui ont été vécus par l’ensemble de la société israélienne comme une « agression palestinienne » et une volonté de détruire l’État juif, même si deux tiers des gens soutiennent Ariel Sharon, la moitié de la population reste favorable à la création d’un État palestinien et à l’évacuation de toutes les colonies. Cela prouve que quelque chose a avancé par rapport à l’expérience d’Oslo et à celle de la première Intifada. Il y a une prise de conscience qu’il n’y a pas d’autre solution que de négocier à un moment où à un autre avec les Palestiniens.

Conclusion

Conclusion

Le bilan de ces deux ans d’Intifada est en partie catastrophique pour les Palestiniens. Et pas seulement parce qu’il y a eu des attentats-suicides. Sans vouloir jouer les donneurs de leçons, il ne faut pas non plus idéaliser les gens dont nous sommes solidaires. Il est évident que, à aucun moment, la direction du mouvement palestinien n’a été capable de fixer le moindre objectif stratégique à la seconde Intifada. Lorsque l’on se penche sur les déclarations de Yasser Arafat et des dirigeants palestiniens, on constate qu’il n’y a aucune orientation : faut-il une résistance armée ? non armée ? utiliser telle forme d’action dans le cadre de telle stratégie ? L’Autorité laisse faire et elle a de plus en plus de mal à contrôler les événements parce qu’il y a éclatement des formations palestiniennes. La stratégie israélienne de liquider l’Autorité risque toutefois de déboucher sur une situation encore plus incontrôlable et encore plus de malheurs pour les peuples palestinien et israélien.

Tentative de définition des bases d’une solidarité

Depuis plusieurs mois, le mouvement antimondialisation libérale en France, et plus largement en Europe, s’est trouvé engagé dans la solidarité avec les Palestiniens. Celle- ci s’est exprimée, d’abord presque spontanément, à travers le voyage en Cisjordanie et à Gaza des « internationaux », pour défendre la population civile palestinienne et réclamer leur protection par une force internationale, à travers aussi les actions diverses en faveur des paysans ou des universitaires palestiniens. Il était normal qu’un mouvement qui se réclame du droit des gens à diriger leur propre vie se retrouve aux côtés des Palestiniens vivant sous l’occupation (lire Naomi Klein, The Guardian, Londres, 25 avril 2002).

Texte réalisé par Alain Gresh pour ATTAC.

D’autre part, la campagne menée par le gouvernement d’Ariel Sharon contre les Palestiniens s’inscrit totalement dans la « guerre sans limites » menée par le président Bush contre le terrorisme. Il était aussi normal que le mouvement antimondialisation libérale, qui a condamné avec force, notamment à Porto Alegre, cette politique américaine se retrouve aux côtés des Palestiniens.

Cette solidarité ne peut toutefois faire l’économie d’un débat politique sur ses fondements et ses objectifs politiques. Le conflit israélo-palestinien suscite trop de polémiques, de malentendus pour que l’on puisse faire l’impasse sur une telle discussion, qui concerne plus largement tous les démocrates, et sur la réponse à apporter à ces deux questions :

-  sur quelles bases sommes-nous solidaires du peuple palestinien et de sa résistance ?

-  Quels sont les principes d’une solution juste et durable ?

J’essaierai, ce faisant, d’expliquer pourquoi certaines prises de position ne peuvent que diviser le mouvement.

Les réponses aux deux question sont moins simples qu’il n’y paraît. Partons d’une anecdote récente : un conseiller d’Ariel Sharon était interrogé sur CNN. À un moment, le journaliste évoque « les territoires occupés » ; le responsable israélien l’interrompt et lui dit, en substance, la Judée et la Samarie ne sont pas des territoires occupés, ce sont des territoires qui ont été donnés aux juifs par Dieu, et cette promesse est consignée dans la Bible. Il est évident qu’une telle argumentation définit une position cohérente sur la Palestine : si on croit que la Bible contient une promesse faite par Dieu au « peuple élu », tous les arguments sur les « droits » des Palestiniens ne peuvent tenir. Parallèlement, s’est construite une argumentation islamique présentant la Palestine comme une terre musulmane depuis le VIIe siècle de notre ère et selon laquelle on ne peut faire aucun compromis sur une terre musulmane.

À cette thèse religieuse, se superpose souvent une argumentation nationaliste. Si « le peuple juif » existe depuis des milliers d’années, s’il a toujours aspiré à revenir à la « terre promise », ses droits sur la Palestine sont alors incontestables. D’autre part, nous entendons certains dirigeants de l’OLP affirmer, très sérieusement, que les Palestiniens sont les descendants des Philistins, que le Christ est le premier Palestinien, etc. Ce type de raisonnement pose la « supériorité » du droit de certains sur d’autres, et repose sur une prétendue antériorité historique sur la terre. Si on accepte cette logique pour la Palestine-Israël, comment nous y opposerons-nous dans d’autres situations ?

Prenons le cas de la Yougoslavie. Les Serbes revendiquent, au nom d’arguments tout à fait cohérents, le Kosovo, berceau historique de leur peuple il y a quelques siècles ; les Croates ou les Albanais ont mille et une preuves « historiques » pour revendiquer tel ou tel territoire. Qui a raison ? Ce n’est sûrement pas à coup de recherches archéologiques que l’on peut départager les réclamations de chacun. Ce qui compte, c’est moins la référence à une histoire plus ou moins mythique, que la réalité actuelle. Certes, le Kosovo fut le berceau de la Serbie - et il faut en tenir compte -, mais il est peuplé à 90 % d’Albanais. Si nous acceptons qu’une présence il y a cinq ou dix siècles, justifie une revendication nationale, alors il faut rendre Bordeaux et toute sa région aux Anglais, et la Corse aux Génois, donc à l’Italie. On ouvrirait, rien que pour l’Europe, une boîte de Pandore. Heureusement, personne, ou presque, ne le demande plus. D’autre part, ce type de débat et d’argumentation aboutit, en fait, à privilégier une revendication plutôt qu’une autre au nom d’une vision totalement subjective. Nous entrons dans un relativisme absolu, où prédomine la conviction que « mes » droits sont intrinsèquement supérieurs à « tes » droits. Chacun se déterminerait dans ces conflits au nom de la sympathie envers l’un ou l’autre peuple censé avoir de plus grandes qualités morales que son voisin.

Comment, alors, s’y reconnaître dans des revendications contradictoires, notamment celles qui opposent, en Palestine, depuis plus d’un siècle, Arabes et Juifs ? Sûrement pas en entrant dans un débat pour savoir s’il y a trois mille ans existait ou non un État juif, qui vivait en Palestine au début de notre ère, ou si les Philistins sont les ancêtres des Palestiniens. La seule boussole est celle du droit international, celui-là même dont le mouvement antimondialisation libérale se réclame dans les autres guerres ou conflits qui ravagent la planète. Il s’énonce dans des principes reconnus par les différents pactes internationaux (Charte des Nations unies, Déclaration universelle des droits de l’Homme, quatrième convention de Genève, etc.) : droit des peuples à l’autodétermination, à la paix et à la sécurité, condamnation de l’acquisition de territoires par la force, droit humanitaire de la guerre, droits des populations vivant sous occupation, liberté de circulation, droits des réfugiés, etc. Ces principes se traduisent concrètement dans des résolutions de l’Assemblée générale et surtout du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous savons que celles-ci ne sont pas produites dans un monde parfait, qu’elles ne sont pas exemptes de « taches », qu’elles sont toujours le résultat de rapports de force, notamment entre grandes puissances. Mais nous n’avons pas d’autre guide. Car, comme l’explique un professeur de droit à ses étudiants dans la magnifique saga du romancier Manès Sperber, Et Le Buisson devint cendre : « J’ai appris à votre génération à découvrir dans le droit l’origine malpropre de la puissance qui l’a institué, mais je vous ai aussi montré que la puissance s’en va au diable quand elle détruit le droit qui l’a fondé. »

Que disent, en substance, les résolutions des Nations unies sur la Palestine et sur Israël ? Elles reconnaissent que, désormais, sur la terre historique de la Palestine, sont installés deux peuples, l’un palestinien, l’autre juif israélien, et que ces deux peuples ont droit chacun à leur État indépendant. C’est le sens de la résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies du 29 novembre 1947, résolution dite du partage de la Palestine, qui proposait de diviser ce territoire, alors sous mandat britannique, en deux États. L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) s’y est ralliée en novembre 1988, en proclamant la création de l’État de Palestine ; et, en signant les accords d’Oslo en 1993, le gouvernement israélien a, au moins implicitement, accepté ce principe. Il a été récemment rappelé par la résolution 1397 du Conseil de sécurité, le 13 mars 2002. Celle-ci affirme l’attachement de l’ONU « à la vision d’une région dans laquelle deux États, Israël et la Palestine, vivent côte à côte, à l’intérieur de frontières sûres et reconnues ». Cette position reflète un très large consensus de la communauté internationale.

Nuançons néanmoins ce qui peut apparaître comme une « symétrie ». D’abord, le peuple israélien dispose déjà d’un État depuis plus de cinquante ans - et cela sur environ 78 % de la Palestine mandataire - alors que les Palestiniens en sont toujours privés et vivent dans l’exil forcé ou sous occupation. Cette occupation se prolonge maintenant de plus de trente-cinq ans, malgré les innombrables résolutions votées par les Nations unies et restées lettre morte. Ce déni du droit international contribue d’ailleurs à discréditer, en particulier dans le monde arabe et musulman, tout le discours occidental sur le droit international. D’autre part, la situation actuelle est née d’une injustice originelle et récente : les Palestiniens ont été chassés de chez eux, notamment en 1948-1950, par les milices juives puis par l’armée israélienne. Cette expulsion, dénoncée depuis les années 1950 par les Palestiniens, longtemps niée ou refoulée en Israël comme en Occident, est désormais un fait établi, grâce notamment aux travaux des « nouveaux historiens  » israéliens. Nous vivons à une époque et dans un ensemble, l’Europe, où l’on invoque à satiété le « devoir de mémoire ». Ne faisons pas preuve de sélectivité. L’injustice faite aux Palestiniens mérite, comme d’autres, multiples, en particulier durant la période coloniale, réparation et d’abord reconnaissance. Cette dimension morale ne peut être occultée car elle conditionne une réconciliation entre Israéliens et Palestiniens.

Il est important de dénoncer cette « fausse symétrie », qui renvoie dos à dos Israéliens et Palestiniens, ou bien « les extrémistes des deux bords ». Cette vision est parfois nourrie de bons sentiments et d’un désir sincère d’arriver à une paix fondée sur l’existence de deux États vivant côte à côte. Mais elle occulte la dissymétrie entre la situation des deux peuples, ainsi que les souffrances imposées par une occupation qui perdure depuis trente-cinq ans. Plus des deux tiers des Palestiniens vivant en Cisjordanie et Gaza n’ont connu que la présence d’une armée étrangère ; tous ont été humiliés, des centaines de milliers d’entre eux ont été emprisonnés, des milliers ont été torturés. D’autres sont morts, blessés ou handicapés à vie. La reconnaissance de la différence fondamentale entre occupant et occupé est un principe de base de toute solidarité. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas prendre en compte les inquiétudes - et les souffrances - des Israéliens qui, bien que représentant la partie forte de l’affrontement, vivent aussi dans une peur permanente.

D’autant que, sur ce conflit, pèse lourdement la mémoire du génocide des juifs d’Europe. Les prises de position sont marquées au fer rouge par ce qui constitue un des crimes les plus abominables de l’histoire de l’humanité. L’anéantissement des juifs européens par le nazisme et ses alliés, l’incapacité des grandes puissances de l’époque à stopper la barbarie ont créé une culpabilité dans les opinions occidentales et une inclination en faveur de ceux qui se revendiquent les héritiers de l’histoire et de la mémoire des juifs. Ce martyre a favorisé le vote de l’Assemblée générale des Nations unies du 29 novembre 1947 en faveur du partage de la Palestine, et donc de la naissance de l’État d’Israël. Mais ce sont les Palestiniens qui ont payé le prix d’un crime qu’ils n’avaient pas commis et dans lequel ils ne portaient aucune responsabilité.

Quelle solution pour le problème palestinien ?

Nous l’avons vu, il existe un consensus international sur la solution du conflit israélo-palestinien et israélo-arabe : la création d’un État palestinien sur les territoires occupés par Israël en juin 1967 (Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est), des frontières sûres et reconnues pour Israël, et enfin la paix entre Israël et ses voisins arabes. Mais dès que l’on entre dans les détails, les controverses commencent. Le mouvement antimondialisation libérale n’est évidemment pas partie prenante de ces négociations, et il ne peut entrer dans le détail des positions des uns et des autres [1]. Il doit cependant se déterminer dans les débats en cours, à partir de deux principes :

-  le respect du droit international, qui définit notamment la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est comme des territoires occupés ;

-  une vision du monde et des rapports de force tels qu’ils sont, pas tels que nous les rêvons (je reviendrai sur ce point à propos des réfugiés)

Nous devons partir de l’acquis des négociations entre Palestiniens et Israéliens, qui se sont déroulées durant les mois qui ont suivi l’échec du sommet de Camp David (juillet 2000), ainsi que du plan de paix adopté par le sommet arabe de Beyrouth, en mars 2002. En ce qui concerne la paix israélopalestinienne, ces propositions se sont concrétisées dans deux documents, les critères formulés par le président américain Clinton en décembre 2000 et le relevé des conclusions des négociations israélo-palestiniennes de Taba en janvier 2001, relevé effectué par le représentant de l’Union européenne pour le Proche-Orient, Miguel Angel Moratinos. Ces textes montrent qu’un accord est possible, un accord réaliste et acceptable par les opinions publiques israélienne et palestinienne.

On peut ici en tracer les grandes lignes sur les trois dossiers les plus difficiles, celui des frontières, celui de Jérusalem et celui des réfugiés. D’autres ont été aussi abordés, mais offrent moins de difficultés (sécurité, sur lequel les deux parties avaient énormément avancé et l’eau).

Frontières


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