Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.
Ben Gourion organise la résistance contre les Anglais et l’occupation militaire du terrain contre les Palestiniens. En 1945-1946, après la révélation du génocide nazi à l’opinion publique européenne et mondiale, la Shoah confère aux yeux de la communauté internationale et notamment des Occidentaux, une priorité absolue aux revendications nationales juives et à la constitution d’un État en Palestine en réparation du massacre subi et comme solution définitive à la question juive.
Le délégué du mouvement national palestinien au sein de la Ligue arabe, qui oriente la stratégie contre le projet d’État juif en Palestine, est le mufti de Jérusalem Haj Amin al Husseini. Or, et c’est dramatique, durant la Seconde Guerre mondiale, celui-ci a cherché à nouer des alliances hasardeuses entre les pays arabes et les puissances de l’Axe contre leur ennemi commun et pour promouvoir le panarabisme. Le projet de partition anglo-américain est finalement adopté par l’Assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947.
La Palestine se trouve alors doublement déchirée par le conflit, entre les Palestiniens et les sionistes, et par la lutte d’influence interne entre les deux familles, l’une, les Nashashibi, pro-jordanienne, et l’autre, les Husseini, pro-égyptienne. La Ligue arabe se prononce contre la partition de la Palestine, mais chaque membre pour des raisons différentes. L’Égypte et l’Arabie Saoudite, d’un côté, et, de l’autre, la grande Syrie avec l’Irak rêvent d’unifier le monde arabe chacune autour d’elle et convoitent la Palestine et la Jordanie. Cette division du monde arabe, qui traverse le mouvement national palestinien, va donc avoir les plus graves conséquences sur l’avenir du peuple palestinien.
De son côté l’URSS pour des raisons propres se prononce pour l’instauration d’un État juif. Le Parti communiste palestinien se prononce pour l’autodétermination des deux peuples, juif et palestinien. Les Arabes reçoivent cette prise de position comme une trahison.
Le mouvement palestinien refuse le plan de partage de 1947 mais se trouve devant un double problème qu’il va s’avérer longtemps incapable de résoudre :
comment
prendre en compte la réalité née de la présence de 600 000 colons juifs sur leur territoire ?
comment
s’organiser pour prendre en charge le territoire attribué à l’État « arabe » ?
Et ce d’autant plus que l’ensemble du territoire de la Palestine mandataire est en réalité habité par des populations palestiniennes et juives réparties autrement que selon ce qui est prévu dans le plan de partage de 1947.
Le conflit devient une affaire israélo-arabe dans la résolution de laquelle le mouvement palestinien se trouve hors jeu. Après l’invasion sioniste et le plan de partage de 1947, la guerre de 1948-1949 entre Israël et la coalition arabe formée par l’Égypte, la Syrie et la Jordanie conforte cette éviction du mouvement national palestinien.
Le 30 septembre 1948, Amin al Husseini réunit une conférence fondatrice du « gouvernement de toute la Palestine » à Gaza qui se prononce pour un gouvernement de la Palestine toute entière reconnu par la Ligue arabe, sauf par la Transjordanie. Gaza, de fait, est sous influence égyptienne.
La même année, le 30 octobre à Amman, en réplique à l’initiative d’Husseini et à l’instigation du roi Abdallah lui-même, se tient un congrès des notables palestiniens de Cisjordanie qui se détermine en faveur de l’instauration d’un royaume hachémite commun réunissant la Transjordanie et la Cisjordanie, sous le règne d’Abdallah.
Le partage du territoire palestinien est finalement opéré entre le nouvel État d’Israël qui en a conquis les trois quarts et les pays arabes qui arrêtent le combat au début 1949 (armistice de Rhodes). En avril 1950, Gaza passe sous administration de l’Égypte, antihachémite. La Cisjordanie est annexée par le régime hachémite de Transjordanie. Ainsi, ce qui n’est pas encore conquis de la Palestine par l’armée israélienne se trouve de fait divisé en deux par les pays arabes. Cette partition géopolitique va peser lourd sur l’avenir du mouvement national palestinien, sur ses orientations internes et ses relations externes avec les pays arabes.
Quant à la population palestinienne, en quelques mois, elle se trouve dispersée, sous forme de diaspora, entre ceux qui restent sur place, notamment en Galilée (environ 165 000) dans le nouvel État d’Israël mais sans nationalité reconnue, ceux qui vivent depuis l’origine dans les territoires de Gaza ou en Cisjordanie et tous les autres qui deviennent des réfugiés soit dans leur propre pays (Gaza et Cisjordanie), soit en exil au Liban (110 000), en Jordanie, en Égypte, en Syrie, en Irak, ou ailleurs. Cette situation rend encore plus difficile la préservation de l’unité du mouvement national palestinien.
Dans la mémoire des Palestiniens, cette période de mise à mort de leurs aspirations nationales prend le nom de « nakba » (catastrophe).
La deuxième phase de développement du mouvement national palestinien (1948-1977)
Dans ce contexte de dispersion et d’exode de la population et de division politique, la résistance renaît en différents points : à Gaza parmi les réfugiés, à l’extérieur du territoire et en Israël même.
En 1955-56, manifestations de la résistance palestinienne : commandos à Gaza contre l’armée israélienne qui a investi la bande de Gaza. Yasser Arafat participe à ces premiers commandos.
Décembre 1956 : Yasser Arafat et son ami Salah Khalaf fondent le mouvement de libération de la Palestine qui va devenir le Fatah (conquête) en 1959 au Koweït. Il s’agit de se démarquer de l’emprise égyptienne et de promouvoir l’autonomie de la résistance palestinienne par rapport au monde arabe. Son but : la lutte armée pour abolir le sionisme en Palestine dans toutes ses institutions, menée de manière autonome pour préserver l’indépendance du mouvement national palestinien de l’influence des États arabes.
Parallèlement, à la fin des années 1950, à l’université de Beyrouth, Georges Habache fonde un autre mouvement de libération de la Palestine : le Mouvement nationaliste arabe - MNA. Son but : libérer la Palestine par l’union nationale arabe. Georges Habache se voit attribuer le commandement régional du mouvement national arabe pour la Palestine en 1964. Il fondera en Jordanie en 1967 le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) plus en prise avec le mouvement national panarabe et qui se ralliera au marxisme-léninisme. En 1974, il sera l’animateur du Front du refus (contre tout compromis avec Israël).
En janvier 1964, est fondée l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), à l’initiative de Nasser. Ce dernier annonce la reconnaissance de l’OLP comme représentative de la résistance arabe en Palestine au sommet de la Ligue arabe qui lui reconnaît un statut d’observateur en son sein. Nasser fait nommer à la tête de l’OLP un de ses proches, le Palestinien Ahmed Choukeiry. L’OLP doit assurer le commandement unifié du combat arabe en Palestine.
Le 28 mai 1964, se tient le premier Conseil national palestinien qui tient également lieu de congrès constitutif de l’OLP. C’est le point de départ d’une unification du mouvement de résistance, marqué par des tensions entre les États arabes.
Déjà les divergences se manifestent entre la Syrie, l’Irak, la Jordanie et l’Égypte, chacun cherchant à instrumentaliser et donc à contrôler l’OLP et le mouvement de résistance qu’il incarne, pour ses propres intérêts dans la région :
la Syrie
crée son propre mouvement de résistance, la Saïqa ;
l’Égypte tente de garder le contrôle de l’OLP ;
la Jordanie va contrer la montée en puissance de l’OLP avec le roi Hussein en
1970 ;
l’Irak va tenter de créer une armée de volontaires pour la libération de la
Palestine (Armée de libération de la Palestine ALP).
Dès lors, le mouvement national palestinien va devoir mener un double combat : contre l’occupant israélien et contre les visées respectives des États arabes.
Toutes les prises de position et tentatives visant à promouvoir l’unité du mouvement national palestinien et de sa résistance à l’occupant israélien vont être en butte et donc en contradiction avec les partisans de la « Nation arabe » (le panarabisme) qu’ils soient nassériens (Égypte) ou baasistes (Syrie et Irak).
De surcroît, au sein du mouvement national palestinien, le combat à mener pour la libération de la Palestine est considéré par les uns comme une contribution à la création de la grande nation arabe (panarabisme nassérien ou syrien) et par d’autres comme visant à conquérir l’indépendance par la création d’un nouvel État arabe (la Palestine), ce qui est perçu par certains dirigeants arabes comme un élément de fragmentation de la nation arabe. D’ailleurs, le premier résistant palestinien du Fatah mort au combat est tué par un soldat jordanien.
Longtemps le débat va porter sur le point de savoir si la libération de la Palestine sera le résultat de l’unification des États arabes dans la grande nation ou si elle devra en être le préalable. En réalité, les événements ont mis fin au rêve du panarabisme incarné par Nasser. Le mouvement national palestinien va devenir autonome au fur et à mesure de ses combats contre l’occupant.
En 1965, le Fatah soutient que « l’unification de la nation arabe passe désormais par la libération de la patrie palestinienne occupée ».
La guerre israélo-arabe des Six-Jours en 1967 enraye ces premières manifestations de résistance des années 1950 et va être la fin du rêve panarabe incarné par Nasser. En même temps, elle va être l’occasion de l’affirmation du mouvement national palestinien comme acteur autonome face à Israël et de la véritable renaissance du mouvement national palestinien qui sera à nouveau brisé en 1970 (« Septembre noir »). Choukeiry, l’homme fort de Nasser, est éliminé de la tête de l’OLP.
Lors du quatrième Conseil national palestinien, est adoptée la charte nationale de 1968 de l’OLP. Ses auteurs manifestent la volonté d’autonomiser le mouvement palestinien et de le soustraire à l’influence de l’Égypte de Nasser. Elle affirme que la Palestine est une patrie du peuple arabe. En cela elle se distingue de la charte de 1964 qui évoquait seulement la nation arabe.
Le 1er janvier 1969, Yasser Arafat prend la direction du comité exécutif de l’OLP lors du cinquième Conseil national palestinien. Le programme de l’OLP se distingue des options prises en 1964 sur un point essentiel. Il parle pour la première fois d’un État palestinien (création à laquelle s’opposaient les États arabes).
En 1969, Nayef Hawatmeh fait scission du FPLP pour créer le Front démocratique palestinien de libération de la Palestine (FDPLP). S’inspirant de l’exemple de la résistance vietnamienne à l’occupant américain, il prône la guerre révolutionnaire de longue durée. En outre, à la différence du Fatah, il évoque le devenir des Juifs comme des Arabes en mettant l’accent sur le développement de leur culture nationale respective. Il considère les Juifs moins comme une communauté confessionnelle que plutôt comme ayant une culture nationale propre. Le FDPLP se transformera en FDLP en 1974.
En mai 1970, l’OLP resserre les rangs (Fatah, FDPLP, FPLP...) au sein du mouvement national palestinien, autour d’une plate-forme minimale.
Alors que Georges Habache tentait d’imposer un double pouvoir en Jordanie, en septembre 1970, ce sont les massacres (« Septembre noir ») des dirigeants et militants de l’OLP en Jordanie, par l’armée jordanienne, pour réduire leur influence sur la vie politique dans le royaume hachémite. C’est un événement très grave qui brise la dynamique du mouvement national palestinien et remet en cause sa stratégie de lutte contre Israël.
La période 1970-1971 marque l’échec militaire du mouvement palestinien. En 1973, la « guerre du Kippour » ou « guerre d’octobre », est suivie d’une demie victoire de la Syrie et de l’Égypte contre Israël, qui ne doit d’éviter la défaite que par l’intervention d’un pont militaire aérien américain.
Chassé de la Jordanie, l’état-major de l’OLP se replie sur le Liban. Les Palestiniens vont alors tisser des liens étroits avec les forces progressistes libanaises à l’encontre des intérêts syriens. Or cette alliance vise quel but :
la
libération de la Palestine ?
ou la primauté de l’unité de la nation arabe dont ils s’estiment être le fer de
lance ?
L’OLP doit donc affronter une nouvelle fois comme adversaires à la fois Israël et les intérêts propres des pays arabes sur le terrain des nationalismes, la Syrie souhaitant garder le contrôle du Liban. Face au nationalisme sioniste, quelle union nationale arabe promouvoir ? Le mouvement national palestinien est traversé par l’absence de stratégie commune des États arabes et par les dissensions du mouvement arabe sur la question du panarabisme. Cette situation lui complique la tâche pour définir des objectifs, une stratégie cohérente et des moyens d’action appropriés. Au combat contre le sionisme se superpose le combat contre l’unionisme arabe ou panarabisme.
Au cours de cette période, se développe un mouvement de résistance palestinienne en Cisjordanie qui va infléchir, à terme, les orientations politiques du mouvement national palestinien.
De 1971 à 1974, le mouvement national palestinien doit résoudre une double question :
un État
palestinien sur tout ou seulement une partie du territoire d’origine ?
un État
palestinien, mais quel type d’État ? Laïque ou confessionnel ? Démocratique ?
Le débat prend une dimension décisive après la guerre d’octobre 1973 : l’Égypte reconnaît avoir perdu la confrontation historique avec Israël, que les Arabes avaient commis l’erreur de considérer comme un accident transitoire.
Sous la triple impulsion du Fatah, du FDLP et des Palestiniens des territoires occupés (regroupés dans le Front national palestinien, FNP), l’OLP définit sa stratégie au douzième Conseil national palestinien, le 9 juin 1974 au Caire. Dans un programme en dix points, une double option est adoptée :
l’établissement d’une « autorité nationale indépendante » sur une partie seulement des territoires d’origine (c’est une première dans la pensée du mouvement national
palestinien). Sont mis au premier plan Gaza et la Cisjordanie, après l’évacuation des troupes israéliennes et des colons ;
cet État
devra être laïque et démocratique. L’OLP abandonne son utopie d’un État palestinien laïque et démocratique sur l’ensemble de la Palestine mandataire et doit du même coup faire admettre dans
ses rangs cette solution de compromis.
Quelques semaines plus tard, sous l’impulsion de Georges Habache se crée le Front du refus.
En octobre 1974, l’OLP est reconnue par le sommet arabe de Rabat comme « le seul représentant du peuple palestinien ». Le 13 novembre 1974, pour la première fois, Yasser Arafat est reçu à l’Organisation des nations unies, signe précurseur du développement de l’option diplomatique. L’ONU reconnaît le droit du peuple palestinien à l’autodétermination.
Or, sans attendre que l’OLP historique, représentant plutôt les exilés et réfugiés, ait mis en oeuvre sa stratégie définie en congrès, à Gaza et en Cisjordanie la résistance s’organise et se développe à l’instigation des communistes et des nationalistes du FPLP, de la gauche démocratique (le FDLP) et du Fatah. Ce « front national palestinien des territoires occupés », créé en août 1973, reconnaît l’OLP comme seul représentant légitime du peuple palestinien mais se prononce contre la ligne politique dite « théorique » de l’OLP et pour une politique de résistance populaire non armée dans les territoires occupés, avec deux fronts sur le terrain :
en
Cisjordanie, contre le roi Hussein de Jordanie ;
un deuxième front à Gaza, le front national unifié, pour résister à l’influence de
l’Égypte.
Il faut alors unifier ces différents mouvements de résistance, d’où l’intégration, au sein du comité exécutif de l’OLP, des animateurs du mouvement de résistance en Cisjordanie (essentiellement des éléments du PC jordano-palestinien). L’OLP ainsi « unifiée » en Cisjordanie boycotte les élections municipales de 1972 puis gagne celles de 1976, contre les Palestinien pro-jordaniens.
En 1977, le Rakakh (PC israélien) se rapproche du Parti communiste palestinien et se prononce en faveur de la reconnaissance de l’OLP comme représentative du peuple palestinien, lors d’une rencontre à Prague.
Un autre élément va infléchir la stratégie du mouvement national palestinien : la manifestation pour la terre. Le 30 mars 1976, les Palestiniens de l’intérieur (vivant en Israël) organisent une manifestation sous la forme d’une journée de protestation pour défendre leurs terres et dénoncer les expropriations. Ce mouvement, violemment réprimé (six tués), sera relayé par la suite en Cisjordanie et démontre l’indéracinable attachement du peuple palestinien à sa terre. Alors que son état-major est composé pour l’essentiel de dirigeants issus de la population des réfugiés à l’extérieur du pays, l’OLP est ainsi forcée de prendre en compte ce mouvement de résistance plus politique et ceux qui le mènent, les Palestiniens de l’intérieur, dans sa stratégie de mobilisation et d’action.
En mars 1977, le treizième Conseil national palestinien au Caire se prononce sur les points suivants :
priorité à
la résistance dans les Territoires occupés ;
exercice du pouvoir sur la partie des territoires d’origine qui pourra être
libérée ;
exigence d’une conférence internationale pour le règlement du conflit ;
développement des relations entre Palestiniens et les forces démocratiques et
progressistes israéliennes ou juives dans la perspective de coexistence de deux États.
L’essentiel est le paragraphe 11 : « Le Conseil décide de poursuivre la lutte pour récupérer les droits nationaux de notre peuple, et avant tout le droit au retour, à exercer son droit à l’autodétermination et à établir son État national indépendant sur sa propre terre. » C’était une acceptation pure et simple du partage.
La stratégie du mouvement national palestinien est désormais tracée. Son cadre s’appuie sur les décisions du douzième Conseil de juin 1974 et du treizième en mars 1977. Son aboutissement sera la déclaration de novembre 1988 au Conseil national d’Alger avec la proclamation nominale de l’État de Palestine qui prend acte de l’existence d’Israël désormais reconnu de facto.
Dès sa création et au cours de son évolution, le mouvement national palestinien est marqué par les caractéristiques suivantes :
Il se situe
dans le cadre du mouvement national panarabe (l’aspiration à la grande nation arabe), mais avec une expression originale centrée sur la Palestine, très tôt dans son histoire, au début du XXe
siècle avec des expressions de journalistes et d’intellectuels se référant à la Palestine comme entité distincte.
Le
mouvement national palestinien a plus souvent réagi par rapport à une réalité imposée de l’extérieur, qu’il n’a agi (car il n’a guère pris l’initiative et en a encore moins eu la
possibilité), que ce soit la politique de l’Empire ottoman par rapport aux vagues d’immigration sioniste, le jeu des puissances mandataires et la naissance d’Israël, la stratégie des États
arabes. S’agissant de ces derniers, le mouvement national palestinien a été confronté à deux types d’États : les États arabes constitués de longue date comme l’Égypte qui avaient leur
histoire et leur propre stratégie et les nouveaux États arabes en construction comme la Syrie et le Liban qui avaient leurs problèmes à résoudre.
Les
Palestiniens ont été instrumentalisés par les États arabes (Égypte, Jordanie, Syrie, Irak...) aux profit des seuls intérêts de ces derniers.
Le
mouvement national palestinien est hétérogène, traversé par de multiples courants facteurs de diversité mais aussi de tensions internes. Au début du XXe siècle, il serait plus juste de parler
des identités palestiniennes, reflétant plus les affiliations locales, régionales et religieuses qu’une seule identité nationale, selon l’avis même de l’historien palestinien Issam Nassar.
C’est d’ailleurs le cas de nombreuses nations qui se sont constituées et se sont dotées d’un État. En face des Palestiniens, on peut aussi légitimement parler des identités juives et
israéliennes, loin de former un tout homogène.
Les constantes dans les problèmes à résoudre
Ce qui caractérise la question palestinienne, c’est la persistance de problèmes récurrents :
le combat
contre la colonisation et pour la préservation de sa terre ;
la démographie ;
les réfugiés ;
quel type de souveraineté, de pouvoir, pour quel(s) État(s) ?
quelle légitimité internationale (cf. les résolutions de l’ONU) ?
quelle autonomie par rapport au mouvement panarabe ?
Rien n’est encore réglé après un siècle d’histoire. Les problèmes essentiels subsistent même quand ils sont posés en de nouveaux termes. Exemple : le combat contre la dépossession de la terre, dont la construction du Mur et la procédure engagée devant la Cour internationale de justice ne sont que la plus récente expression du même problème depuis l’origine de la colonisation sioniste. Ces sujets n’ont jusqu’à présent jamais été définitivement réglés, ni par les deux protagonistes, le mouvement national palestinien et Israël, ni par la communauté internationale. Même la légitimité reconnue aux revendications des Palestiniens par le droit international, par les résolutions de l’ONU et par les accords directs avec Israël n’a encore réglé de manière définitive une seule de ces questions. Ceci explique à lui seul le caractère laborieux du processus de formation du mouvement national palestinien et de la maturation de sa stratégie.
Le laborieux processus de formation du mouvement national palestinien et de l’élaboration de sa stratégie
Il subsiste un singulier contraste entre :
la
revendication simple dont le mouvement national palestinien est porteur : sauvegarder le territoire qu’il considère comme le sien pour instaurer un État souverain ;
et des cadres d’action et de prise de position complexes. La question posée au
mouvement national palestinien est de savoir comment passer de la révolte spontanée, de la colère, de l’indignation devant l’injustice subie à une résistance organisée, fondée sur une seule
ligne stratégique ?
La révolte, souvent spontanée, a toujours été le soubassement du mouvement national palestinien. Encore était-il nécessaire de lui fournir un cadre d’action, parfois derrière les chefs traditionnels (les deux grandes familles), des formes de représentation pour fixer les orientations du mouvement national palestinien, d’élaborer une stratégie et se doter d’une organisation permanente pour sa mise en oeuvre.
De leur côté, le FPLP et le FDPLP prétendaient participer à l’avant-garde du mouvement révolutionnaire mondial qui, avec le recul du temps, apparaît comme ayant été un mythe.
Le processus de maturation du mouvement national palestinien a été long, parsemé d’hésitations, d’erreurs, d’impasses, de souffrances et d’autocritiques. Fondé par des exilés représentant plutôt la population des réfugiés, il véhiculait le mythe de la révolution (FPLP et FDPLP), le peuple palestinien participant à l’avant-garde de la révolution mondiale. Confronté au mouvement des nationalismes,
il a forgé laborieusement sa dynamique politique et sa rencontre avec le mouvement social interne à la population palestinienne en Cisjordanie occupée dans les années 1970 (au sein des élites politiques rurales et urbaines). La confrontation des mythes (révolution, nation arabe) avec la réalité fut une douloureuse mais indispensable épreuve pour le mouvement national palestinien.
Le mouvement national palestinien a été tiraillé entre deux démarches opposées : l’utopie, notamment du retour de tous sur la Palestine dans ses limites territoriales antérieures à 1947, et le réalisme. Or, un mouvement de ce type a besoin des deux, mais de manière raisonnée et équilibrée. De plus, le mouvement national palestinien est riche d’un grand nombre d’intellectuels. Ceux-ci ont été à l’école de la diaspora, de l’UNRWA, des universités des pays étrangers. Deux revendications ont dominé les débats du mouvement national palestinien au long de son histoire : la préservation de sa terre et la souveraineté.
Dès 1948, le mouvement national palestinien a été confronté