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Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.

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Une friandise, à l'occasion de la fête [juive] de Pourim1/2

De la Reine Esther à l'Aipac : (Une friandise, à l'occasion de la fête [juive] de Pourim [laquelle commémore – pour changer – un massacre !])
[* Gilad Atzmon est né en Israël, et il y a effectué son service militaire. Auteur de deux romans : Le Guide des Egarés et My One and Only Love, Gilad Atzmon est également un des plus brillants saxophonistes de jazz en Europe. Son récent CD, Exile, a été distingué comme meilleur CD de jazz de l'année par la BBC. Gilad vit actuellement à Londres, où vous pouvez le contacter à l'adresse e-mail suivante : atz@onetel.net.uk ]


De la Reine Esther à l'Aipac : (Une friandise, à l'occasion de la fête [juive] de Pourim [laquelle commémore – pour changer – un massacre !])
De <PERSONNAME w:st="on" productid="la Reine Esther">la Reine Esther</PERSONNAME> à l’Aipac
(Une friandise, à l’occasion de la fête [juive] de Pourim [laquelle commémore – pour changer – un massacre !])

par Gilad Atzmon *

on Counterpunch, 3 mars 2007

http://www.counterpunch.org/atzmon03032007.html

Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier


« Dans certains contextes, la mémoire peut être subversive ou, au contraire, garantir le statu quo. Quand certains individus et certaines communautés sont investies d’une mémoire, en tant que forme d’identité et de spécificité, alors d’autres souffrances risquent de déplacer le caractère central de notre expérience. Au lieu de représenter un pont de solidarité envers d’autres, en train de souffrir – actuellement –, notre souffrance passée peut devenir notre point d’honneur, qui nous protège contre les défis qui se dressent devant nous. Alors notre témoignage – pourtant puissant originellement, car posant des questions au sujet de Dieu et du pouvoir – se dilue, peut être perçu comme fallacieux, controuvé, quand bien même serait-ce de manière délibérée. Une industrie se constitue autour de vous, qui vous honore mais qui, en même temps, utilise votre témoignage à des fins détournées. Au final, il en résulte une confusion, à l’extérieur et à l’intérieur, si bien que le témoin lui-même ne peut plus faire de différence entre le monde d’interprétation qu’il a contribué à organiser et le monde qui, désormais, s’exprime en son nom. Est-ce là ce qui est advenu à Wiesel ? Ou l’analyse de Finkelstein, autrement plus acerbe encore, n’est-elle pas dans le vrai ? » [1]

‘Judéité’ est un terme particulièrement élastique. Ce terme désigne en effet : une culture aux multiples facettes, divers groupes humains distincts, différentes croyances, des camps politiques opposés, des classes sociales différentes et des ethnies variées. Néanmoins, le lien entre les très nombreuses personnes qui se trouvent s’identifier elles-mêmes en tant que juives ne manque pas d’intriguer. Dans les paragraphes suivants, je tenterai de pousser plus loin la recherche en matière de judéité. Je m’efforcerai de déceler le lien collectif, intellectuel, spirituel et mythologique qui fait de la judéité la puissante identité que nous connaissons.

De toute évidence, la judéité n’est ni une catégorie raciale, ni une catégorie ethnique. Bien que l’identité juive soit racialement et ethniquement orientée, le peuple juif ne constitue nullement un groupe homogène. Il n’y a en effet de continuum, ni racial, ni ethnique. La judéité peut être considérée par d’aucuns comme un prolongement du judaïsme. J’ai personnellement tendance à penser que ça n’est pas non plus nécessairement le cas. Bien que la judéité comporte certains éléments fondamentaux du judaïsme, elle n’est pas le judaïsme ; elle en diffère même de manière catégorique. De plus, comme nous le savons, beaucoup de ceux qui se définissent juifs non sans fierté connaissent fort mal le judaïsme ; beaucoup d’entre eux sont athées, agnostiques, voire rejettent ouvertement le judaïsme comme d’ailleurs toutes les religions. Or, il se trouve que beaucoup de ces juifs qui s’opposent au judaïsme conservent leur identité juive et en sont extrêmement fiers [2]. Cette aversion envers le judaïsme englobe bien évidemment le sionisme (tout au moins, dans sa version première). Mais elle constitue aussi fondamentalement la base de l’antisionisme juif socialiste.

Bien que la judéité diffère du judaïsme, on n’en reste pas moins fondé à s’interroger sur ce qui la constitue, au juste : s’agit-il d’une nouvelle forme de religion, d’une idéologie de la religion, ou simplement d’un simple ‘état d’esprit’ ?

Si nous admettons que la judéité est bien une religion, il conviendra de poser les question suivantes : « Quel genre de religion est-ce là ? » ; « Quelles en sont les implications ? » ; « A quoi ses adeptes croient-ils ? » S’il s’agit effectivement d’une religion, on est fondé à se demander s’il est possible d’en divorcer, tout comme il est possible d’abandonner le judaïsme, le christianisme, ou l’Islam, avec au minimum la même facilité

Si la judéité est une idéologie, alors les bonnes questions à poser sont les suivantes : « Quelle en est la finalité ? » ; « Détermine-t-elle un discours donné ? » ; « Ce discours est-il monolithique ? » ; « Dessine-t-il un nouvel ordre du monde » ? ; « Vise-t-il la paix, ou la violence ? » ; « Est-il le vecteur d’un message universel à destination de l’humanité, ou bien n’est-il qu’une énième manifestation de quelque précepte tribal ? »

Si la judéité est un état d’esprit, alors la question à poser est celle de savoir si cet état d’esprit est rationnel, ou irrationnel ? S’il ressortit à l’exprimable, ou bien plutôt à l’ineffable ?

A ce point de mon exposé, permettez-moi de suggérer de prendre en considération l’éventualité (peu probable) que la judéité soit une sorte d’hybride étrange, rassemblant toutes ces qualités à la fois [une religion + une idéologie + un état d’esprit].

<PERSONNAME w:st="on" productid="La Religion">La Religion</PERSONNAME> de l’Holocauste

« Le philosophe – juif strictement orthodoxe – Yeshayahu Leibowitz m’a dit, un jour : « La religion juive est morte, voici de cela deux siècles. Aujourd’hui, plus rien n’unifie les juifs du monde entier, mis à part l’Holocauste. » (cité par Uri Avnery [3]).

Le philosophe Yeshayahu Leibowitz, ce professeur à l’Université Hébraïque de Jérusalem né Allemand, fut sans doute le premier auteur à suggérer l’idée que l’Holocauste avait acquis le statut de nouvelle religion juive. L’ « Holocauste » est bien plus qu’un récit historique : il contient, de fait, bien plus que ses éléments religieux fondamentaux. Il a ses propres prêtres (Simon Wiesenthal, Elie Weisel, Deborah Lipstadt, etc.), ses prophètes (Shimon Peres, Benjamin Nethanyahu et ceux qui mettent en garde contre le judéocide iranien à venir), ses commandements et ses dogmes (« plus jamais ça » ; « les six millions », etc). Il a ses rituels (journées commémoratives, pèlerinages à Auschwitz, etc.), ses autels et ses temples (Yad Vashem, Musée de l’Holocauste, et même, depuis peu : l’Onu !). Comme si cela ne suffisait encore pas, la religion holocaustique est, de plus, perpétuée par un réseau économique massif et des infrastructures financières aux ramifications planétaires (c’est l’Industrie de l’Holocauste décrite par Norman Finkelstein). Plus significativement, la religion holocaustique est suffisamment cohérente pour définir les nouveaux « antéchrists » (les Négationnistes) et elle est assez puissante pour pouvoir les persécuter (lois condamnant le négationnisme de l’Holocauste).

Des spécialistes critiques contestant la notion de « religion holocaustique » suggèrent que si la nouvelle religion émergente conserve bien des caractéristiques d’une religion organisée, elle n’invente toutefois pas de Dieu externe à montrer, à adorer ou à aimer. Je suis entièrement d’accord. J’y insiste : la religion holocaustique incarne l’essence de la vision libérale démocratique du monde. Elle n’a d’autre fonction que de proposer une nouvelle forme de dévotion religieuse : elle a fait de l’amour de soi une croyance dogmatique, dans laquelle l’adepte observant ne fait que s’adorer lui-même. Dans la nouvelle religion, c’est « le juif » qu’adorent les juifs. Il n’est nullement question d’autre chose que de « moi-même, myself, bibi » ; de ce moi, sujet d’une interminable souffrance / rédemption.

Cependant, bien des intellectuels juifs, tant en Israël qu’en dehors d’Israël, admettent l’observation faite par Leibowitz. Parmi eux, mentionnons Marc Ellis, un éminent théologien juif, qui propose une plongée extrêmement révélatrice dans la dialectique de la nouvelle religion : « La théologie holocaustique », explique-t-il, « comporte trois thèmes qui sont entre eux dans une relation de tension dialectique : souffrance / pouvoir ; innocence / rédemption ; particularité / normalisation. » [4]

Bien que la religion holocaustique n’ait pas remplacé le judaïsme, elle a conféré à la judéité une signification nouvelle : elle instaure un narratif juif contemporain, situant le sujet juif dans un projet juif. Elle alloue au juif un rôle central au sein de son propre univers autocentré. La ‘victime’ et l’ ‘innocent’ sont en marche vers la « rédemption » et la « prise du pouvoir ». Dieu est manifestement hors-jeu. Dieu a été viré ; il a échoué dans sa mission historique : il n’était pas là, quand il aurait fallu sauver les juifs. Dans la nouvelle religion, le juif devient le « nouveau Dieu ‘des juifs’ » : il n’y est jamais question d’autre chose que de juifs se sauvant (et se rédimant) eux-mêmes.

L’adepte juif de la religion holocaustique idéalise la condition de son existence. Après quoi, il pose le cadre d’une future lutte pour sa reconnaissance. Pour l’adepte sioniste de la nouvelle religion, les implications semblent relativement durables. Il n’a d’autre mission que de « schleper » l’entièreté de la juiverie mondiale vers Sion, au détriment du peuple palestinien indigène. Pour le juif socialiste, le projet est un petit peu plus compliqué. Pour lui, la rédemption signifie, en effet, l’instauration d’un nouvel ordre mondial – à savoir un havre socialiste, un monde régi par la politique dogmatique de la classe laborieuse, dans lequel les juifs ne sont rien d’autre qu’une minorité parmi beaucoup d’autres. Pour ses adeptes humanistes, la religion holocaustique signifie que les juifs doivent se placer au premier rang du combat contre le racisme, l’oppression et le mal, de manière générale. Bien que cela semble prometteur, cela s’avère problématique, pour une raison évidente : dans l’ordre mondial actuel, c’est précisément Israël et l’Amérique qui se trouvent figurer au rang des principales puissances maléfiques oppressives ; attendre des juifs qu’ils se tiennent au premier rang du combat humaniste, cela revient à les faire se battre contre leurs frères et contre l’unique superpuissance qui les protège. Il est toutefois particulièrement évident que les trois Eglises de l’Holocauste assignent bien aux juifs un projet majeur, non dénué d’implications planétaires.

***

Ainsi, nous le constatons, l’Holocauste joue le rôle d’interface idéologique. Il fournit un logos à ses adeptes. Au niveau de la conscience, il suggère une vision purement analytique du passé et du présent. Mais il ne s’en tient pas là : il définit, aussi, le combat futur. Il brosse une vision d’un avenir juif. Néanmoins, par voie de conséquence, il remplit l’inconscient du sujet juif de l’anxiété par excellence : celle de la destruction de l’ « ego ».


Inutile de préciser qu’une foi stimulant la conscience (Idéologie) et fouaillant l’inconscient (Esprit) est une excellente recette pour une religion triomphante. Ce lien structurel entre l’idéologie et l’esprit est fondamental, dans la tradition judaïque. La relation entre la clarté juridique de <PERSONNAME w:st="on" productid="la Halakhah">la Halakhah</PERSONNAME> (l’idéologie) et le mystère qui entoure Jéhovah, voire même <PERSONNAME w:st="on" productid="la Kabala">la Kabala</PERSONNAME> (l’esprit), font du judaïsme un tout, un univers en soi. Le bolchevisme (en tant que mouvement de masse, et non en tant que théorie politique) est construit selon la même structuration alliant la lucidité du matérialisme pseudo-scientifique à la crainte de l’appétit capitaliste. La politique de peur, inhérente au néoconservatisme, consiste essentiellement à enfermer le sujet dans le chiasme entre l’évidence quasi clinique d’armes de destruction massive et la peur indicible suscitée par la « terreur annoncée ».

C’est ce lien même entre conscient et inconscient qui évoque la notion de réel chez Lacan. Le « réel » est ce qui ne peut être symbolisé, autrement dit : ce qui ne peut être exprimé au moyen de mots. Le réel, c’est l’ « inexprimable », l’inaccessible. Pour reprendre l’expression de Zizek, « le réel est impossible » ; « le réel, c’est le trauma ». C’est néanmoins ce trauma qui configure l’ordre symbolique. C’est ce trauma qui donne sa forme à notre réalité.

La religion holocaustique cadre impeccablement avec le modèle lacanien : son noyau spirituel est profondément enraciné dans le domaine de l’inexprimable et sa doctrine nous enseigne de voir dans toute chose une menace. On a affaire, ici, à la conjonction ultime entre l’idéologie et un esprit matérialisé en pur et simple pragmatisme.

Très curieusement, la religion holocaustique va bien au-delà du discours juif à usage interne. De fait, la nouvelle religion opère à la manière d’une mission ; elle dresse des oratoires en des contrées lointaines. Comme nous le constatons, cette religion émergente est d’ores et déjà en train de devenir un nouvel ordre mondial. C’est l’Holocauste qui est utilisé, désormais, en guise de prétexte pour vitrifier l’Iran [5]. A n’en pas douter, la religion juive sert le discours politique juif, tant de droite que de gauche, mais elle interpelle, tout aussi bien, les Goyim, en particulier ceux qui se sont rendus responsables de massacres impitoyables « au nom de la liberté » [6]. Dans une certaine mesure, nous sommes tous assujettis à cette religion ; certains parmi nous sont des adorateurs, d’autres sont simplement sous sa puissance. Très significativement, ceux qui nient l’Holocauste sont eux-mêmes en butte aux persécutions des grands prêtres de cette religion. La religion holocaustique représente le « Réel » occidental : nous n’avons pas le droit d’y toucher, ni même de l’examiner de manière critique (d’une manière très semblable aux Israélites, auxquels il est permis de critiquer leur Dieu, mais auxquels il est interdit de jamais lui poser la moindre question).

***

Les spécialistes qui s’adonnent à l’étude de la religion holocaustique (sa théologie, son idéologie et son historicité) s’intéressent principalement à ses formulations structurales, à ses significations, à sa rhétorique et à son interprétation historique. Certains en étudient la dialectique théologique (Marc Ellis), d’autres en reformulent les commandements (Adi Ofir), d’autres en étudient l’évolution historique (Lenni Brenner), d’autres enfin en explorent la structure financière (Finkelstein). De manière très frappante, la plupart des spécialistes qui étudient la question de l’Holocauste ont eu à se pencher sur une liste d’événements survenus entre 1933 et 1945. La plupart des universitaires qui s’en chargent sont eux-mêmes des orthodoxes pratiquants. Même s’ils peuvent se montrer parfois critiques sur différents aspects pris par l’exploitation de l’Holocauste, ils acceptent unanimement la véridicité du Judéocide Nazi, ses interprétations consensuelles et ses implications. La plupart des spécialistes – sinon, tous – ne remettent aucunement en question le narratif sioniste – à savoir le judéocide nazi – et pourtant, ils sont nombreux à être critiques quant à la manière dont des institutions (tant juives que sionistes) se servent de l’Holocauste (à leurs fins propres).

Même si certains d’entre eux remettent en question les chiffres (Shraga Elam) et si d’autres contestent la validité de la mémoire (Ellis, Finkelstein), aucun ne s’aventure jusqu’au révisionnisme – aucun spécialiste de la religion holocaustique n’ose engager un dialogue avec les ainsi dits « négationnistes » afin de débattre de leur vision des événements ou d’une quelconque recherche révisionniste du même type.

Bien plus intéressant encore est le fait qu’aucun des spécialistes de la religion holocaustique n’a jugé bon de dépenser la moindre énergie à étudier le rôle joué par l’Holocauste à l’intérieur du continuum juif, lequel remonte très loin dans le passé. Dorénavant, j’affirmerai que la religion holocaustique était déjà bien établie, bien longtemps avant <PERSONNAME w:st="on" productid="la Solution Finale">la Solution Finale</PERSONNAME> (1942), bien avant <PERSONNAME w:st="on" productid="la Nuit">la Nuit</PERSONNAME> de Cristal [Kristalnacht (1938)], bien avant les Lois de Nuremberg (1936), bien avant que la première loi anti-juive n’ait encore été édictée par l’Allemagne nazie, bien avant que le Congrès juif américain ait déclaré une guerre financière contre l’Allemagne nazie (1933), et même bien avant la naissance d’Hitler (1889).

Archétypes juifs

Dans un précédent article, j’ai défini la notion de « Syndrome de Stress Pré-Traumatique » [SSPT] [Pre-Traumatic Stress Disorder (Pre-TSD)] [7]. Dans ce syndrome, le stress résulte d’un épisode fantasmatique mis en scène dans le futur – événement qui n’a jamais eu lieu. Contrairement au Syndrome de Stress Post-Traumatique [SSPoT], dans lequel le stress intervient en réaction à un événement qui a eu (ou peut avoir eu) lieu dans le passé, dans l’état de SSPT, le stress résulte d’un événement potentiel, imaginaire. Dans le SSPT, une illusion préempte les conditions dans lesquelles la fantasmagorie d’une terreur à venir modèle la réalité présente.

Apparemment, la dialectique de la peur domine l’existence juive, également, en temps que disposition mentale, depuis bien plus longtemps que nous sommes enclins à le reconnaître. Bien que la peur soit politiquement exploitée par les dirigeants ethniques juifs depuis les tous premiers jours de l’émancipation ; la dialectique de la peur est bien plus ancienne que l’histoire juive contemporaine. De fait, c’est l’héritage du Tanach ( <PERSONNAME w:st="on" productid="la Bible">la Bible</PERSONNAME> hébraïque) qui sert à place le juif dans un état pré-traumatique. C’est <PERSONNAME w:st="on" productid="la Bible">la Bible</PERSONNAME> hébraïque qui installe un cadre binaire d’Innocence / Souffrance et de Persécution / Conquête du pouvoir. Soyons plus spécifique : la peur du judéocide est intimement mêlée à l’esprit juif, ainsi qu’à la culture et à la littérature juives.

A ce point de mon développement, j’affirme que la religion holocaustique a été instaurée afin de faire des juifs des émules des anciens Israélites.

L’anthropologue américain Glenn Bowman, spécialiste de l’étude des identités exiliques, propose une vision cruciale du sujet de la peur et de sa contribution à la question de la politique identitaire. « L’antagonisme », explique Bowman, « est fondamental au processus de fétichisation sous-jacent à l’identité, parce que l’on a précisément tendance à parler de qui on est, ou de ce que l’on est, précisément quand notre être même semble menacé. Alors, je commence à me dénommer moi-même comme telle ou telle personne, ou tel ou tel représentant d’une communauté imaginée, dès lors que quelque chose semble menacer ou rendre illicite l’être remplacé par le nom que je prononce. Les termes d’identité entrent dans l’usage précisément au moment où, pour une raison quelconque, on en vient à ressentir le fait que ces termes d’identité désignent un être ou une entité pour laquelle il faut se battre, afin de la défendre. » [8]

En bref ; Bowman souligne que c’est la peur qui cristallise la notion d’identité. Cependant, une fois que la peur a atteint le stade d’un stress collectif pré-traumatique, l’identité se reforme d’elle-même. Quant au peuple juif, c’est <PERSONNAME w:st="on" productid="la Bible">la Bible</PERSONNAME> qui sert à l’installer dans un état de SSPT ; c’est, en effet, <PERSONNAME w:st="on" productid="la Bible">la Bible</PERSONNAME> elle-même qui est à l’origine de la peur d’un judéocide.

***

De plus en plus nombreux, des spécialistes de <PERSONNAME w:st="on" productid="la Bible">la Bible</PERSONNAME> commencent à en contester l’historicité. Niels Lechme, dans « Les Cananéens et leur terre » [The Canaanites and Their Land], affirme que <PERSONNAME w:st="on" productid="la Bible">la Bible</PERSONNAME> a été « écrite, en très grande partie, après l’Exil (des juifs) à Babylone » et que ces écrits remettent en forme (et, dans une large mesure, inventent purement et simplement) l’histoire israélite de façon à ce qu’elle reflète et réitère les expériences de ceux des juifs qui revenaient de leur exil babylonien. » [9]

Autrement dit, <PERSONNAME w:st="on" productid="la Bible">la Bible</PERSONNAME>, écrite par des gens rentrant « à la maison », incorpore dans un récit historique une partie de l’idéologie exilique pure et dure. Cela ressemble fortement aux premiers idéologues sionistes, qui voyaient dans l’assimilation des juifs une menace de mort ; « les communautés qui s’étaient rassemblées sous la direction des prêtres de Yahvé (à l’époque de l’exil babylonien) voyaient dans l’assimilation et l’apostasie non seulement une mort sociale pour eux-mêmes, en tant que juifs, mais même une tentative de déicide. Ils résolurent d’affirmer une fidélité absolue et exclusive envers Yahvé, dont ils étaient certains qu’il les ramènerait sur les terres dont ils avaient été chassés. La pureté du sang, prescrite en tant que moyen permettant de maintenir les frontières de la communauté nationale, interdit dès lors tout mariage mixte avec les communautés voisines des juifs. Les juifs instaurèrent également une série de rituels exclusivistes qui avaient la vertu de les séparer de leurs voisins ; ces rituels comportaient non seulement un succédané de l’adoration dans le Temple, mais aussi un calendrier distinct, qui leur permettait de vivre rituellement dans un cadre temporel différent de celui des communautés avec lesquelles ils se partageaient l’espace. Tous ces appareils diacritiques servirent à signaler les différences et à les entretenir, mais ils n’empêchaient nullement les juifs de commercer avec ces peuples – activité indispensable à leur survie parmi les Babyloniens. »


L’examen de la lecture spectaculaire que Bowman et Lechme font de <PERSONNAME w:st="on" productid="la Bible">la Bible</PERSONNAME> et du narratif judaïque en tant que manifestation d’une identité exilique et marginale peut expliquer le fait que la judéité soit florissante, dans l’exil, mais qu’elle perde son impétuosité, dès lors qu’elle devient une aventure domestique. Si la judéité est bien, en effet, centrée sur une idéologie de survie collective d’émigrés, alors, ses adeptes devraient prospérer dans l’Exil. Toutefois, ce qui maintient l’identité collective juive, c’est la peur. Semblable à la religion holocaustique, la judéité installe la peur du judéocide au cœur de la psyché juive, mais elle offre également les moyens spirituels, idéologiques et pragmatiques permettant de faire face à cette peur, et de la traiter.

Le Livre d’Esther

.a suivre
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