Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.
En résumé, il reste que, au nom du judaïsme, la grande majorité des Juifs d’hier (d’avant la guerre 1940-45) étaient violemment opposés au sionisme (en tant qu’idéologie et mouvement devant conduire à un État spécifiquement juif) et que les Juifs les plus religieux d’aujourd’hui le sont aussi, sans oublier ceux qui, totalement libres vis-à-vis de leur héritage religieux, sont guidés par un simple humanisme. [100]<o:p></o:p>
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14 - SIONISME et HOSTILITÉ ANTIJUIVE<o:p></o:p> CHEZ LES ARABES<o:p></o:p> <o:p></o:p> Alors que l’ « antisémitisme » a toujours sévi et sévit toujours à l'époque moderne, dans les populations de tradition chrétienne, croyantes ou non-croyantes, politiquement de « gauche » ou de « droite » et d'autant plus qu'elles sont croyantes ou extrémistes, on peut dire qu'il est resté longtemps marginal ou inexistant chez les Arabes même si le Coran contient des propos violents contre les Juifs. Après la période andalouse de coexistence pacifique, voire harmonieuse, c'est dans le monde arabe - notamment dans l'Empire ottoman - que les Juifs chassés d'Espagne se sont réfugiés et bien des autorités politiques du siècle passé (Mohammed V au Maroc, Bourguiba en Tunisie...) ont toujours défendu leurs ressortissants juifs contre les agressions dont ils pouvaient être victimes. Plus récemment, une conférence d'initiative helvético-américaine niant le génocide juif et qui devait avoir lieu en avril 2001 à Beyrouth fut interdite, notamment sur intervention d'un groupe important d'intellectuels arabes regroupant des Libanais, des Maghrébins, des Syriens et des Palestiniens. Parallèlement, l'ambassadeur d'Algérie diffusait, au nom du groupe des ambassadeurs arabes auprès de l'Unesco, le texte suivant : « La décision d'interdire la conférence négationniste honore le Liban et l'ensemble du monde arabe. Elle est conforme à l'esprit de cohabitation millénaire entre les Juifs et les Arabes. Elle vise à préserver de toute altération une mémoire commune, fondée sur une cohabitation et sur la contribution reconnue de la communauté juive à l'épanouissement de la civilisation arabo-islamique, de la période des Omeyades à l'Andalousie ». <o:p></o:p> Il est vrai que certains milieux islamistes peuvent faire ressurgir les sérieux différends survenus jadis entre le prophète Mahomet et les Juifs accusés d'avoir falsifié leurs propres prophètes, ce qui s'était traduit notamment par la Charte d'Omar suivant laquelle les Juifs devaient être tolérés en tant que peuple du Livre, mais marqués par un signe : un petit morceau de tissu jaune les différenciant comme dhimmis (protégés). Il est vrai qu’au Moyen-Âge, des courants musulmans extrémistes ont pu décimer certaines communautés juives mais le phénomène est resté relativement limité. Ainsi que l’écrit Maxime Rodinson[101] : « Ce n’était pas là une situation idyllique comme le dépeignent souvent les idéologues nationalistes musulmans et arabes en particulier. Ce n’était pas non plus un enfer d’humiliation et d’oppression constantes comme le prétendent les sionistes ». Alors que l'antagonisme doctrinal entre les religions juive et chrétienne, qui s'est manifesté de façon dramatique à de multiples reprises, est fondamental et radicalement irréductible - on sait que les Juifs mépriseront toujours les chrétiens pour avoir fait d'un Juif un dieu (faut-il rappeler que le "goy" fut d'abord le "chrétien" ?) et que les chrétiens, de leur côté, déploreront toujours avec une certaine condescendance que les Juifs se soient, par leur rejet du Christ, amputés de la Rédemption chrétienne – l’islam, quant à lui, a conservé le monothéisme absolu du judaïsme. <o:p></o:p> Fait remarquable, alors que la création de l'État d'Israël engendrait pour les Arabes de Palestine une catastrophe continue avec des paroxysmes particulièrement sanglants, alors que sévissait un racisme anti-arabe caractérisé de la part de nombre de Juifs israéliens, l'opposition des Arabes fut dirigée pendant longtemps en Palestine, non pas contre les Juifs avec leur tradition ou leur culture d'origine religieuse, mais contre les sionistes en tant qu'oppresseurs. Ce n'est guère que depuis quelques années que les violences de tous ordres et les injustices engendrées par le sionisme à l'encontre d'un peuple innocent des malheurs juifs, et ce avec le soutien aveugle de nombre de Juifs occidentaux, ont finalement abouti, par un phénomène de généralisation abusif mais banal, à faire ressortir et à exploiter les textes du Coran hostiles aux Juifs avec comme conséquence de faire pénétrer une hostilité anti-Juifs caractérisée au sein de populations qui jusque-là en étaient pratiquement indemnes ! « Il est de plus en plus fréquent, écrit en 2001 Nadine Picaudou[102], même hors période de tension, d'entendre les Palestiniens dire "les Juifs" au lieu de dire "les Israéliens" alors qu'ils veulent effectivement dire "les Israéliens". » Lors de l'Intifada 2000, fleurirent les inscriptions "Mort aux Juifs"... Lors de l'Intifada 2000, fleurirent les inscriptions "Mort aux Juifs"... La conférence de Durban en 2001, où retentit le slogan « One Jew, one bullet », viendra aussi confirmer cette hostilité antijuive en réaction au comportement d’Israël. On peut signaler encore que la première édition des Protocoles des Sages de Sion, le célèbre faux fabriqué en France contre les Juifs au début du siècle par un russe émigré, est éditée dans de nombreux pays musulmans (tout en l’étant aussi dans des pays non-musulmans : France, Russie et pays ex-communistes, Inde, Japon, Argentine...) Aujourd'hui la référence aux Protocoles est présente dans les textes et les discours du FIS algérien et du Hamas palestinien tandis que quelques intellectuels arabes reprennent les thèses développées en Europe il y a quelques années niant le judéocide par les nazis. Si le sionisme a manifestement fait naître une hostilité antijuive chez les Arabes du Moyen-Orient, il est évident que le phénomène peut, en Occident où il est endémique, revêtir une tout autre ampleur. Les attaques de synagogues ou la destruction des symboles juifs par des jeunes gens issus de l'immigration maghrébine à la suite de la sanglante répression des années 2000-2002 contre les Palestiniens sont des exemples caractéristiques où un amalgame se crée à l'occasion des exactions sionistes répétées depuis tant d'années. Et par delà ce type d'exactions, certaines attitudes collectives contribuent peut-être plus encore à perpétuer l'hostilité anjuive... Comment le statut hors normes d'Israël, à la fois revendiqué par les sionistes et accordé par le monde occidental avec la constante indulgence qui le sous-tend, pourrait-il ne pas être un de ces facteurs en faisant des Juifs, non pas des hommes « différents », mais fondamentalement « autres » comme l’enseigne, hélas, le judaïsme, pour le malheur des siens (cette donnée capitale sur laquelle nous reviendrons) ? <o:p></o:p> <o:p></o:p> « En tant que Juif (non sioniste) je peux m'entendre avec n'importe quel Arabe a écrit Emmanuel Lévyne[103], mais en tant qu'Israélien c'est impossible. Si donc je désire avoir un dialogue avec les Arabes, je dois demeurer juif et ne pas devenir israélien, c'est-à-dire refuser l'État d'Israël. Ce qui m'importe, c'est d'avoir le droit d'habiter en Terre Sainte en paix et sans faire la guerre : dans un État palestinien, ce ne serait pas difficile ; avec un État israélien, c'est impossible. » <o:p></o:p> La réciproque est également juste : un Arabe peut s'entendre avec un Juif non-sioniste... Il convient néanmoins d'ajouter (ce que Lévyne a manifestement négligé...) : que l'État ne soit pas « islamiste », ce qui le ferait aussi désastreux qu'un état « juif ». Car, il faut bien voir que le sionisme est au judaïsme ce que l'islamisme est à l'Islam ou l'intégrisme (des siècles passés) au christianisme : une évolution dont les sources sont religieuses et le résultat toujours malheureux. <o:p></o:p> À propos de l'influence du Judaïsme et de l'Islam en tant que religions sur le conflit du Moyen-Orient, Maurice-Ruben Hayoun[104] s'interroge ainsi : « Et s'il ne s'agissait pas d'un simple contentieux territorial entre deux pays limitrophes, mais plutôt d'une animosité ancestrale, recuite, opposant non point deux cultures mais deux religions à propos de leurs origines communes ?» Cet écrivain, aveuglé lui aussi par l'actualité, ne voit plus l'essentiel : si les Arabes réagissent en fonction de leurs croyances religieuses - comment pourrait-il en être autrement alors qu'ils sont chaque jour face à la vie et à la mort - l'idéologie sioniste directement issue du judaïsme et cause unique du conflit, s'est développée de façon parfaitement autonome. Il ne s'agit pas d'une guerre de religions (ou d'une guerre aux racines religieuses) mais d'une guerre entre des Juifs et des non-Juifs. Seul le combat des agresseurs a vraiment des racines religieuses. <o:p></o:p> Néanmoins, nous avons là un exemple caractéristique d’une guerre initiée au nom d’une religion où les agressés vont réagir secondairement en fonction des mythes de leur propre religion. Les juifs ont attaqué les musulmans de Palestine au nom de Yahvé, les musulmans se vengent au nom d’Allah. Si le Coran enseigne aux musulmans que le message divin a été trahi par les juifs, donnée analogue, quant à sa nature mythique et ses éventuelles conséquences désastreuses, à la donnée biblique suivant laquelle la Palestine a été donnée aux juifs par leur dieu (ou à celle du christianisme suivant laquelle les juifs ont tué le dieu chrétien) il faut bien voir que la responsabilité toute initiale dans le conflit de Palestine – responsabilité qu’il faut avoir présente à l’esprit – relève exclusivement des données transmises aux juifs par le judaïsme. Que les malédictions proférées par le Coran semblent se justifier ensuite aux yeux des musulmans face à l’agression dont ils sont victimes de la part des juifs est éminemment regrettable mais, hélas, logique pour qui réalise la capacité inspiratrice des mythes religieux sur lesquels la raison n’a pas de prise. Et ne parlons pas des conséquences de ce respect inconditionnel des Écritures sacrées : l’hostilité systématique envers une catégorie de personnes et, puisqu’il s’agit de juifs qu’une notion de race réunit, le racisme caractérisé envers eux. Reconnaissons aussi que l’islam n’a jamais « accepté » et dominé le fait de n’être qu’une religion dérivée du judaïsme. D’où le complexe psychologique, voire la rancœur et la violence potentielle qu’une telle situation, jamais liquidée de non-reconnaissance et de rejet, peut également comporter par elle-même…[105] |
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En résumé, on peut dire que, contrairement aux chrétiens, les Arabes musulmans, pendant longtemps, n’ont guère développé à l’encontre du judaïsme un contentieux d’ordre théologique tel que celui qui fut la source principale du racisme anti-Juifs en Occident, malgré les textes sacrés de l’islam « rectifiant » la Bible et hostiles aux Juifs. Comme l’écrit avec justesse Adil Jazouli[106] : « il n’y a pas eu (dans l’islam) d’idéologie antijuive avec son cortège de calomnies et de massacres en tous genres. <o:p></o:p> <o:p></o:p> Quant à la réactivation, éminemment malheureuse en elle-même des données mythiques du Coran par les musulmans à l’occasion de la création d’Israël (avec l’hostilité croissante qui en découle envers les juifs de Palestine et d’ailleurs), il convient de ne pas se méprendre sur son rôle dans la succession des phénomènes qui s’enchaînent inexorablement : le rejet des juifs par Allah est second par rapport au rejet des non-juifs par Yahvé attribuant une Terre à son peuple. Sans méconnaître non plus que le combat des Palestiniens agressés par les juifs, par delà les données religieuses qui ne peuvent pas ne pas intervenir, est d’abord un combat défensif au nom de la justice bafouée en 1947 par un ensemble de nations.<o:p></o:p> |
15 – OÙ EN EST ISRAËL<o:p></o:p>
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Par sa capacité intellectuelle, gage d'une recherche de pointe dans de nombreux domaines, par ses réalisations industrielles, son commerce, son agriculture, son armée... Israël est devenu en cinquante ans une super puissance régionale et a surpassé nombre de nations, telles l'Espagne ou la Nouvelle-Zélande.
Pourtant, malgré cette force, Israël, de plus en plus fragile et de plus en plus violent, est en grand désarroi...
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Une société déchirée, minée par le doute et la mauvaise conscience <o:p></o:p>
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Certes, ce doute ne concerne pas les inconditionnels ou les religieux mais un nombre notable d'Israéliens instruits lesquels ont commencé, grâce au travail de leurs historiens et écrivains modernes, à ouvrir les yeux sur les mensonges perpétués par les sionistes depuis 50 ans, à s'interroger sur la légitimité d'Israël, voire à la contester ouvertement..
« L'ouverture des archives de 1948, rapporte notamment Dominique Vidal, a permis de faire voler en éclats trois mythes essentiels : celui du petit David contre Goliath, celui du refus arabe de la paix, et surtout, celui d'une non-expulsion des Palestiniens de leur terre. » <o:p></o:p>
En fait, tous les domaines sont intéressés par le malaise qui ronge la société israélienne.
La nature même d’Israël, État qui s’est voulu « juif et démocratique », est d'abord un sujet permanent d'affrontements entre démocrates et nationalistes. Comment pourrait-il en être autrement puisque concilier dans une Constitution les deux caractères de juif et de démocratique sera toujours la quadrature du cercle. Rappelons ici – ce qui est ignoré de beaucoup - qu’il n’y a pas de nationalité israélienne[107] mais une nationalité « juive » pour les Juifs et une nationalité « arabe », « chrétienne », « turque », « russe » ou autre pour les non-Juifs, ce qui permet d’emblée une discrimination envers ces derniers. Remarquons aussi que la distinction entre les termes « Israélien » et « Juif » est le plus souvent effacée dans le discours public et politique en Israël. Tout ceci permet d’affirmer en définitive que le conflit de Palestine n’est pas un conflit politique banal entre des Israéliens et des Palestiniens mais un conflit ethno-religieux issu du judaïsme.
À noter de plus qu’il n’y a pas de Constitution écrite en Israël mais seulement onze « lois fondamentales » qui, comme le souligne un membre du quotidien Ma’ariv, « ne garantissent pas formellement « les valeurs d’égalité, la liberté d’expression des journalistes et la liberté d’assemblée ». Et il ajoute : « Une Constitution invaliderait toute loi permettant les expulsions de masse des Arabes, leur détention sans jugement et les pressions physiques dans les interrogatoires ». On sait que les religieux notamment sont farouchement opposés à toute Constitution.
Par ailleurs, l’armée israélienne, pourtant forte de sa puissance de feu considérable, de ses succès spectaculaires, de son service de renseignements particulièrement sophistiqué, est également un exemple particulièrement caractéristique du malaise israélien. À son propos Martin Van Creveld (professeur d'histoire à l'université hébraïque de Jérusalem) parle « du poison moral qui consume mortellement Tsahal appelée à tirer sur des femmes et des enfants», tandis qu'il demande instamment à ses enfants de ne pas faire leur service militaire en Palestine occupée : « Vous y perdriez votre âme. Si vous tuez, vous serez des criminels. Si vous êtes tués, vous serez des crétins. Je vous préfère morts plutôt que rongés par ce dilemme insoluble et pervers».
Après avoir vécu hors normes pendant plus de cinquante ans et reçu - par référence constante au génocide - la protection et l'aide de nombre de nations occidentales, Israël est acculé à brève échéance à un choix impossible. Comme l'écrit l’historien politique Zeev Sternhell : « Pour la première fois de son histoire, Israël doit décider de sa forme de nationalisme : devenir une communauté de citoyens ou conserver la vision organique d'une tribu soudée par des liens qui s'apparentent quasiment à des liens du sang ». Pour cet écrivain il est évident qu ’ « Israël ne sera jamais un État juif » puisqu'il doit « aussi » intégrer des populations arabes.
Et puis, n'y a-t-il pas parmi les Juifs croyants et non-croyants d'Israël et d'ailleurs, tous ceux, profondément malheureux, silencieux, voire honteux, pour qui le peuple palestinien est une victime obsédante de l'entreprise sioniste ?[108]
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Un fossé de plus en plus profond entre les communautés juives.<o:p></o:p>
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En Israël s'opposent deux options, deux cultures fondamentalement opposées : d'un côté, les lois laïques, de l'autre la Halakha, cette loi religieuse qui s'impose à chaque croyant dans sa vie quotidienne.
Du fait qu'il n'y a pas de démocratie sans laïcité et que le fondement de l'État d'Israël est théocratique - la séparation de l'Église et de l'État est exclue par les religieux comme par les règles de l'État - l'unité nationale ne peut, bien entendu, être qu'un leurre.
Donnée de plus en plus insupportable parmi bien d’autres à beaucoup d'Israéliens : ce sont les rabbins (les "hommes en noir") qui décident de l'octroi de la nationalité, du mariage, du divorce, des enterrements, des conversions, du contenu de l'enseignement... qui surveillent strictement le shabbat, qui veillent à l'observance de la kashrout (lois religieuses alimentaires) dans l'armée, les institutions d'État ou les avions... Alors que 22 000 couples se marient religieusement chaque année, 20 000 vont ainsi se marier dans un consulat à l'étranger ou vivre en concubinage puisque le mariage civil n’existe pas. Tout ce qui concerne le mariage ou le divorce des Juifs en Israël, nationaux ou résidents, est en effet exclusivement de la compétence des tribunaux rabbiniques : « Les mariages et divorces des Juifs s'effectuent, en Israël, en vertu de la loi établie par la Torah ».
Bien entendu, tout mariage d'un Juif avec une non-juive ou vice-versa est impossible...
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Ainsi se développent et s’amplifient avec le temps les haines intercommunautaires et les violences entre religieux et laïcs, faucons et colombes, ultra-nationalistes et internationalistes, fondamentalistes et libéraux, fascistes et socialistes, séfarades et ashkénazes... Tandis que l'Israélien moyen vit en tension permanente, les affrontements ne sont pas que verbaux : depuis 1989-1990, les incendies de voitures et d’appartements appartenant à des représentants de la gauche israélienne ou les menaces de mort qui leur sont adressées ainsi qu’à nombre d’écrivains ont véritablement inauguré une « guerre des cultures ». Celle-ci est telle que le Premier ministre Yitzhak Rabin en est mort - après que les malédictions religieuses eurent été appelées sur lui - tué par un de ses compatriotes, Yigal, considéré par toute une communauté comme « messager de Dieu ». Dieckhoff[109] précise que « cet assassinat fut vraisemblablement légitimé par le décret religieux de certains rabbins extrémistes qui avaient désigné Rabin comme rodef (persécuteur) ou comme moser (dénonciateur, c'est-à-dire celui qui livre des Juifs à un pouvoir étranger), ce qui justifiait sa mise à mort ». « Rabin sera chassé par le feu et dans le sang » hurlait d'ailleurs la foule quelque temps avant son assassinat. « Si la Cour suprême continue à se mêler de nos affaires, il y aura une guerre ici », proclame en 1999 le ministre de l'intérieur Eliahou Suissa. Effectivement, compte tenu de la haine développée par une partie notable de la droite israélienne à l’encontre de ceux qui se montrent prêts à céder quelques pouces de terrain aux Arabes, une guerre civile n’est pas exclue malgré le tabou puissant pesant sur le meurtre d’un Juif. À propos de l'implosion probable de la mosaïque israélienne faite de tant d'antagonismes et de contradictions, certains n’hésitent pas à rappeler la destruction du royaume juif en 70 de notre ère. Lors du siège de Jérusalem par Titus, les Juifs divisés en trois camps passèrent plus de temps, disent des historiens, à se massacrer qu’à affronter les soldats de l’empereur romain. La dispersion générale et l’exil s’ensuivirent avec ses deux mille ans d’exil.
Les menaces de mort notamment, pesant sur nombre de personnes et émanant notamment des haredim (ces "craignants Dieu" qui, selon les statistiques, font peur à 70 % des Israéliens) sont telles que les 14 juges de la Cour suprême, par exemple, bénéficient d'une protection policière permanente.
En dehors de la peur assez généralisée, il n'y a guère que l'antagonisme envers les Arabes qui puisse réunir quelque peu les sionistes israéliens, encore que les nuances soient grandes entre les partisans d'un certain respect et ceux qui, voulant expulser les Arabes jusqu'au dernier, défilent en masse en hurlant « Mort aux Arabes ! », et n'hésitent pas à promouvoir la violence, voire le meurtre et à approuver ostensiblement les assassins. Car, ainsi que l’écrit M Warschawski[110], la course folle (d’Israël) vers sa propre destruction se déroule dans le champ domestique au moins autant que dans celui des relations entre l’État et son environnement arabe. Le pourrissement interne pourrait venir à bout d’Israël avant même que se pose la question d’une guerre totale avec le monde arabo-musulman. »<o:p></o:p>
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À noter que les termes de « laïcité » et de « laïcs » ne conviennent guère à la société israélienne faite d'une très grande majorité de sionistes qui, par définition, sont tous profondément tributaires du mythe ancestral de l'Alliance, ces « forgeries théologiques, dont parle Régis Debray[111], réinventions ex-post-ante du passé hébraïque ». Plutôt que de parler des laïcs - ces hiloniyim détestés des religieux - il est plus juste de les qualifier de non-croyants ou de non-religieux. On peut ajouter d'ailleurs que le phénomène de « laïcisation », suivant lequel le religieux est séparé du politique, n'appartient pas non plus à l'islam.
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Quant à l'écart entre les populations juives et non-juives de l'ex-Palestine, il est bien entendu considérable<o:p></o:p>
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Certes, les Arabes israéliens ont un niveau de vie supérieur en Israël à celui des Arabes des pays du voisinage, mais ils sont néanmoins les derniers dans l'échelle sociale israélienne. Plus grave que le niveau de vie matérielle est leur situation « normale » de citoyens de seconde classe et d'apatrides voués, de par les « lois fondamentales », à être des étrangers perpétuels dans un État qui leur est octroyé par condescendance ou tolérance, qui les exclut de multiples fonctions, qui les discrimine perpétuellement, qui les considère comme des suspects sinon des ennemis de l'intérieur et qui, pire que tout, les humilie chaque jour sur la terre de leurs ancêtres. Alors qu'ils ont perdu de multiples lieux de mémoire, notamment nombre de cimetières effacés à jamais par les bulldozers (la rue Agron de Jérusalem et l’hôtel Hilton de Tel-Aviv, par exemple, ce dernier construit sur la merveille qu’était l’antique cimetière de Jaffa[112]) ils ont chaque jour devant les yeux, émaillant tout le pays, les lieux que les Israéliens ont élevés par centaines pour célébrer leurs victoires sur les Arabes, stèles, plaques, monuments... honorant, nous dit Greilsammer[113], les défenseurs, les héros, les sites conquis, les forces combattantes, les soldats inconnus, les pilotes, les unités de volontaires...
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Quant aux Arabes des territoires occupés, un journaliste a parlé à leur propos « d'un océan de pauvreté face à un havre de richesses ». Algazy[114] rapporte, par exemple, que dans la bande de Gaza, décrite comme « le plus grand camp de concentration de l'histoire » par l'éminent sociologue de l'Université hébraïque, Baruch Kimmerling, 5 000 colons juifs vivent dans de confortables villas tandis que 700 000 Palestiniens ne possèdent le plus souvent que des taudis, travaillent comme manœuvres chez les colons juifs ou partent vendre leur force de travail en Israël. Écrasés dans leur culture (il n'y a aucune maison d'édition et très peu de librairies car les frais de douane rendent tout achat impossible), bouclés dans leurs villages, entourés de colonies juives hostiles, repoussés sans cesse plus loin comme le furent jadis les Indiens d'Amérique, surveillés à l'intérieur de leurs propres communautés par un service d'espionnage sophistiqué, massacrés par les militaires au moindre sursaut de colère, ils sont réduits, dans une rage intérieure, au silence et à l'impuissance. Tandis que, par ailleurs, des centaines de milliers de Roumains, de Thaïlandais, de Chinois, d’Africains et un million de Russes et d’Ukrainiens, pour remplacer les Palestiniens indésirables, peuplent Israël d’une multitude de ghettos.
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Et si l'État palestinien devait voir le jour à côté de l'État juif - perspective que les sionistes, au nom du mythe de l'Alliance pour les uns, au nom de la Sécurité pour les autres, rejettent de façon absolue à l’instar des partisans palestiniens au nom de la justice - peut-on imaginer, sans une situation pérenne d'affrontement, deux États voisins aussi disparates quant à leur culture, à leur puissance et à leur richesse ?
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Pour Henri Korn[115] « la perversion de l’État d’Israël c’est, sous une autre forme, la perpétuation de la Shoah, mais cette fois par les Juifs eux-mêmes. La Shoah était un instrument de destruction physique du peuple juif qui a réussi en partie. Cette fois, il s’agit d’une destruction de ses valeurs morales. »
Avraham Burg, ancien président du Parlement israélien et ancien président de l’Agence juive, après avoir constaté que « la nation israélienne n’est plus aujourd’hui qu’un amas informe de corruption, d’oppression et d’injustice », résume, quant à lui, le sionisme dans les propos suivants : « un État chauvin et cruel où sévit la discrimination, un État où les nantis sont à l’étranger et où les pauvres déambulent dans les rues, un État où le pouvoir est corrompu et la politique est corruptrice ; un État de pauvres et de généraux, un État de spoliateurs et de colons ».[116] Et dans un autre texte il formule le pronostic suivant : « une structure construite sur de l’insensibilité à l’Homme s’effondrera d’elle-même, inévitablement. Prenez bien note de cet instant : la superstructure du sionisme s’effondre déjà […] Seuls les fous continuent à danser en haut de l’immeuble alors que les piliers s ‘effondrent ».<o:p></o:p>
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16 - QUELLE « GUERRE DE LIBÉRATION » ?<o:p></o:p>
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LA DÉ-SIONISATION, condition nécessaire de la paix en Palestine<o:p></o:p>
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En posant un regard d'ensemble sur l'Histoire de la Palestine depuis un siècle, on peut manifestement considérer que les malheurs de cette région découlent essentiellement du développement et de la mise en application sur le terrain de l'idéologie sioniste. C'est dire que son extinction - ou de façon plus réaliste sa neutralisation - aboutissant à la destruction des structures politico-sociales d'Israël est la condition nécessaire à la paix.
Mais il faut bien voir tout d'abord que la dé-sionisation ne suppose rien de moins qu'une révolution avec l'évanouissement d'un des mythes fondateurs du judaïsme, le mythe de la Terre promise. C'est ce mythe, véritable matrice de la pensée sioniste qui, en s’associant à l'élément racial, l'autre composante fondamentale du judaïsme, sous-tend l’ensemble de l'idéologie. Or les mythes dont nous parlons défient le temps, les siècles, voire les millénaires ! Ils n'ont pas seulement une dimension religieuse, qui peut être plus ou moins éphémère, mais aussi une dimension culturelle imprégnant profondément les peuples à leur insu et de façon pérenne. Le sionisme est un exemple particulièrement caractéristique de cette donnée : le plus grand nombre de ses fondateurs et de ses supporters n'est-il pas composé d'athées théoriquement indifférents à la dimension religieuse ?
Dire qu'un mythe ne meurt pas, c'est dire aussi que les idéologies qu'il suscite ne peuvent pas s'éteindre spontanément. Seuls les conflits qui en résultent sont susceptibles de réduire ses effets si les éléments antagonistes sont capables de s'imposer par une force supérieure qui peut être de nature fort diverse.
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Cette force antisioniste peut-elle être d'essence démocratique ?<o:p></o:p>
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Théoriquement - suivant certains textes - ce n'est pas exclu puisque Israël se dit un État démocratique dont les citoyens non-Juifs ont en principe « les mêmes droits sociaux et civiques » que les Juifs. Actuellement, en Israël, les citoyens non-Juifs (Arabes pour la plupart) sont au nombre approximatif de 970 000 ce qui représente 17 % de la population ; dans 25 ans leur nombre représentera entre 21 et 26 %, voire de 41 à 45 % selon des projections démographiques récentes.
À terme plus lointain les non-Juifs peuvent donc théoriquement représenter le groupe majoritaire et vaincre pacifiquement l'idéologie sioniste. À plus forte raison en serait-il ainsi si les réfugiés palestiniens, parqués dans leurs camps depuis des dizaines d'années, revenaient en Israël conformément au droit international, ce droit dont le rappel exaspère les Israéliens...
Néanmoins, deux données conjointes, témoignant des effets délétères spécifiques de l'inspiration sioniste, sont à prendre en compte. Comme le veulent lois ou règlements de l'État :
1 - les droits sociaux et civiques des non-juifs par rapport à ceux des juifs sont à la fois identiques, comme il est dit plus haut, et partiels ;<o:p></o:p>
2 - les partis qui ne reconnaissent pas le caractère juif de l'État ne peuvent pas participer aux élections.
C’est dire que ces dispositions ne sont pas sans rappeler les anciennes démocraties populaires où l’on distinguait les membres du parti et les autres. Même si la croissance démographique permet théoriquement aux citoyens non-Juifs de former un jour le groupe dominant, il est donc exclu qu'Israël puisse respecter une évolution qui signifierait sa mort en tant qu'État sioniste et puisse devenir spontanément un État démocratique, suivant le sens généralement donné à ce qualificatif dans la mentalité occidentale. Y aurait-il d’autre choix que celui de la discrimination ethnique pratiquée par des Juifs ou celui de la démocratie ?
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Cette force capable de contrer les forces oppressives du sionisme ne peut être représentée que par l'ensemble des nations<o:p></o:p>
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Le sionisme, parce que bien plus complexe que les grandes idéologies du passé et parce qu'il n’a pas seulement une dimension locale ou régionale, ne peut manifestement être neutralisé que par des forces diverses à l'échelon mondial. En premier lieu il ne peut s'agir que des forces démocratiques agissant au sein des partis et des associations diverses, en union avec celles qui existent ou qui doivent se faire jour au sein des populations palestiniennes. Comme l'écrivait le dirigeant marocain Ben Barka en 1965 quelques mois avant son assassinat : « La question palestinienne [...] n'est pas une affaire entre Juifs et Arabes, mais un mouvement de libération nationale qui doit être considéré sans aucun chauvinisme racial. C'est en raison de sa dimension humaine et rationnelle que la cause palestinienne est en droit de compter sur la solidarité et l'appui des forces progressistes dans le monde ». <o:p></o:p>
Il appartient ensuite à l'ONU, d'une part de prendre véritablement conscience de la portée de son vote du 29 novembre 1947, d'autre part d’arrêter par la contrainte l'entreprise sioniste avant qu'elle entraîne de nouveaux malheurs pour la communauté humaine, et notamment pour la communauté juive.
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Mais le rapport de forces actuelles est terriblement inégal...<o:p></o:p>
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Il suffit, pour se convaincre de cette inégalité, de constater l'incapacité de l'ONU depuis plus de cinquante ans à faire respecter ses propres et multiples résolutions et d’envisager des sanctions capables d'arrêter les agressions d'Israël. Ne parlons pas d'un régime doté de l'armement nucléaire, d'une armée puissante, d'un service d'espionnage sophistiqué, de moyens de propagande efficaces et bénéficiant de la coopération économique, technologique, militaire et culturelle du monde occidental. Que sont les droits d'un petit peuple face au sionisme qui imprègne et conditionne une part notable du comportement extérieur des États-Unis, de la France, de l'Allemagne, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de tant d'autres nations aveugles, tributaires avant tout de leurs intérêts immédiats ? Les États arabes eux-mêmes ne sont-ils pas incapables de rompre leurs simples relations diplomatiques ou économiques avec Israël qui pourtant écrase l'un des leurs ?
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Beaucoup de stratèges pensent que la paix est possible au Proche-Orient entre Israéliens et Palestiniens du fait que des pays très divers l’ont établie entre eux après des affrontements durables comme l'Histoire en a toujours connus. De multiples plans sont ainsi élaborés émanant non seulement des deux parties en cause mais de nombre d’organismes occidentaux, voire d’essayistes généreux. Tous passent en revue avec application les conditions d’ordre économique, diplomatique, culturel, militaire... de la réconciliation sincère et profonde entre Israéliens et Palestiniens devant aboutir progressivement à la paix dans cette partie du monde avec deux États, l'un juif, l'autre palestinien. Ainsi, par exemple, Michael Ben Leir, conseiller du gouvernement israélien de 1983 à 1988, période durant laquelle il justifiait légalement la colonisation, écrit en novembre 2000 : « Comme toutes les guerres modernes de libération, celle-ci s’achèvera par une victoire des Palestiniens. Reste à savoir combien de temps et de sang s’écouleront jusque-là. Voilà pourquoi notre obstination à conserver des colonies illégales qui empêchent la conclusion d’un accord de paix n’a pas de sens ». <o:p></o:p>
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Ce qui frappe d’emblée quand on examine les travaux des spécialistes du Proche-Orient c’est que les analyses des facteurs de conflit avec leurs multiples interférences sont poussées très loin dans les détails et souvent avec une grande pertinence, mais qu’il manque dans la plupart des cas une vision d’ensemble allant à l’essentiel : l’idéologie sioniste (avec ses trois piliers mythique, racial et scripturaire), moteur de ce conflit