Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.
Les Accords d’Oslo : le cadre de construction et d’exercice du pouvoir de l’élite palestinienne
A) Les Accords d’Oslo comme réactualisation du Plan Allon
Un examen du contenu des Accords d’Oslo, signés à Washington le 13 septembre 1993 et des nombreux accords intérimaires qui s’ensuivent (Accords du Caire, Protocole de Paris, Accords dits de « Gaza-Jéricho », Accords dits « Oslo II », Protocole sur Hébron…) permet de définir le cadre général d’exercice du pouvoir et les prérogatives de la nouvelle Autorité palestinienne. Avant d’entrer dans les détails des textes, il convient de noter en préalable que contrairement à ce qu’a pu affirmer un certain consensus majoritaire à l’époque, les Accords d’Oslo ne sont pas des accords « équilibrés », qui auraient signifié, pour les deux parties des « sacrifices » équivalents.
Négociés dans un rapport de forces très défavorable à la partie palestinienne, avec entre autres l’isolement diplomatique et économique de l’OLP, l’absence de mobilisation populaire sur le terrain et la toute-puissance des Etats-Unis sur la scène internationale après la chute de l’URSS et la Guerre du Golfe, les « Accords de paix » sont avant tout l’expression d’une défaite du mouvement national palestinien, au regard des revendications qu’il portait depuis les années 70 et des aspirations de la population palestinienne.
Je m’appuierai ici sur la thèse de Gilbert Achcar selon laquelle le processus d’Oslo (entendu comme la somme des
divers accords mentionnés plus haut) n’est en réalité que la réactualisation d’un projet datant de 1967, le Plan Allon, du nom du Général travailliste qui l’a élaboré, Ygal Allon. L’occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza a posé, dès 1967, un problème fondamental à Israël, dans la mesure où cet Etat se définit simultanément comme « Etat juif » et « Etat démocratique ». L’intégration de près de deux millions de Palestiniens à la zone d’exercice de la souveraineté israélienne a eu comme principale conséquence de mettre en contradiction les deux termes énoncés ci-dessus. Soit l’Etat renonçait à son caractère « juif » en attribuant la citoyenneté aux Palestiniens de Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem, soit l’Etat renonçait à ses prétentions « démocratiques » en maintenant toute une partie de la population sous son autorité dans une situation de sous-citoyenneté. Personne n’envisageant sérieusement, dans l’establishment sioniste, de donner la nationalité israélienne aux Palestiniens des territoires occupés, le choix a été fait de gérer ces zones et leurs populations sous un mode proche du colonialisme classique. Mais chacun avait conscience que cette solution n’était pas viable sur le long terme. Deux conceptions s’affrontèrent alors.
La première, prônée au départ par une majorité du Likoud et défendue notamment par le Général Ariel Sharon, consistait à maintenir l’occupation militaire le plus longtemps possible et, en réprimant sévèrement le mouvement national, en empêchant l’émergence de toute structure locale de pouvoir, en se saisissant de terres via la colonisation et en expropriant de plus en plus de Palestiniens, à contraindre le plus possible d’habitants arabes à quitter les territoires occupés. Ce « transfert de population », qui devait en outre faire partie de tout éventuel accord international à venir, permettait de résoudre le « problème démographique » tout en assurant la souveraineté aux Israéliens sur l’ensemble de la Palestine du mandat britannique. Dans les années 1980, Sharon aimait à dire que l’Etat palestinien existait déjà, à l’est du Jourdain, et que tous les Palestiniens qui aspiraient à vivre dans un Etat indépendant et souverain pouvaient se rendre en Jordanie.
Le plan Allon
La seconde option, prônée notamment par les Travaillistes, s’est incarnée dans le Plan Allon. La philosophie générale du Plan Allon était de résoudre la contradiction énoncée plus haut en prenant acte du fait que, contrairement à ce qui s’était passé en 1947-1948, les Palestiniens ne quitteraient pas leurs terres pour les Etats voisins. Pour Allon, la solution consistait donc en l’évacuation, par Israël, des zones palestiniennes densément peuplées (agglomérations de Cisjordanie et intégralité de la bande de Gaza) et au renoncement à toute prétention de souveraineté sur ces zones, tout en annexant à l’Etat juif le reste de la Cisjordanie et en contrôlant les « frontières » de Gaza. Des enclaves palestiniennes seraient ainsi établies, avec un statut qui resterait à définir (placées sous souveraineté jordanienne ou exerçant une forme ou une autre d’auto-administration avec des attributs de souveraineté très limités), permettant à Israël de résoudre simultanément le problème démographique et le problème démocratique tout en étendant au maximum sa superficie. Ce plan impliquait lui aussi de maintenir l’emprise militaire sur la Cisjordanie et Gaza le plus longtemps possible, « une occupation prolongée et un processus d’annexion par réquisition de terres et création d’implantations, de manière à occuper physiquement le territoire qu’il visait à acquérir de manière définitive » 1 (voir carte ci-contre et ici).
Le plan Allon, beaucoup plus réaliste et beaucoup plus acceptable par la « communauté internationale », dont l’Etat d’Israël est totalement dépendant du point de vue financier, a fini par être adopté par la majorité de l’establishment sioniste. « Le plan des travaillistes s’est ainsi imposé de fait comme ligne de conduite fondamentale de l’Etat sioniste dans les territoires de 1967, même sous le Likoud qui, bien que l’ayant amendé à sa façon, n’en a pas moins renforcé les dispositions essentielles » 2. La colonisation, les annexions, la construction du réseau routier se sont inscrites dans ce cadre général, les gouvernements israéliens sachant que, tôt ou tard, le moment viendrait où il faudrait aboutir à une solution négociée. La combinaison de l’Intifada et des pressions de l’administration Bush, en quête de légitimation de son hégémonie sur « nouvel ordre mondial » et de stabilité dans le monde arabe, a amené Israël à « s’asseoir à la table des négociations » et à imposer à la partie palestinienne une version à peine modifiée du Plan Allon.
Comme indiqué plus haut, l’une des dispositions qui n’était pas précisée dans le plan original était le statut exact des enclaves palestiniennes et l’autorité à qui serait transférée la souveraineté sur ces zones. Avec les négociations secrètes d’Oslo qui débouchent sur les Accords du même nom, Rabin et Pérès font le choix d’en appeler à l’OLP-Tunis qui répond de leur point de vue à trois exigences :
être
suffisamment affaiblie financièrement et politiquement pour accepter des accords aussi défavorables à la partie palestinienne
avoir la légitimité suffisante dans les territoires occupés pour les faire accepter à
la population
disposer de l’appareil bureaucratico-militaire nécessaire à leur mise en
oeuvre.
B) L’Autorité palestinienne
a) L’Autorité palestinienne : structures et compétences
La Déclaration de principes (DOP), dite « Accords d’Oslo », signée le 13 septembre 1993, indique que le processus de négociation qui s’ouvre a notamment pour objectif « [d’]établir une Autorité palestinienne intérimaire autonome (...) pour les Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza » 3, à qui seront transférées progressivement un certain nombre de compétences, en premier lieu « éducation et culture, santé, protection sociale, impôts directs et tourisme » 4. Ces compétences seront transférées au « Conseil » (à l’Autorité palestinienne) au fur et à mesure du redéploiement de l’armée israélienne, qui commencera par évacuer la bande de Gaza et la ville de Jéricho. Dans la DOP, est indiqué qu’un accord intérimaire à venir « spécifiera la structure du Conseil, le nombre de ses membres, et le transfert au Conseil des pouvoirs et responsabilités du gouvernement militaire israélien et de son administration civile » 5.
Les Accords du Caire, dits de « Gaza-Jéricho », signé le 4 mai 1994, précise que « l’Autorité palestinienne sera composée d’un organe de 24 membres qui assurera la mise en œuvre et sera responsable de tous les pouvoirs et responsabilités législatifs et exécutifs qui leur seront transférés (…) ainsi que l’exercice des fonctions judiciaires » 6. L’Autorité est nommée par la direction de l’OLP mais sa composition doit être approuvée par Israël. Son domaine de compétence n’est pas élargi par rapport à la DOP. C’est le 27 août 1995, dans le « Protocole sur le transfert ultérieur des pouvoirs et des responsabilités » que huit nouveaux domaines de compétence sont ajoutés aux précédents, parmi lesquels l’agriculture, le travail, le commerce et l’industrie, l’essence et le gaz…
Enfin, les seconds accords intérimaires, dit « Accords de Taba » ou « Oslo II », « précise[nt] les compétences des divers organes de l’Autorité et leur mode de désignation (processus électoral) » 7. Les accords stipulent que l’Autorité palestinienne issue des accords précédents et nommés par la direction de l’OLP sera remplacée par une « Autorité palestinienne d’autogouvernement intérimaire » (son nom officiel, bien que rebaptisée par les Palestiniens « Autorité Nationale Palestinienne »), composée d’un Conseil élu et « d’un comité qui exercera l’autorité exécutive du Conseil ». C’est l’Autorité en place qui est chargée d’organiser les élections et de rédiger la loi électorale, en consultation avec la partie israélienne. On peut noter, avec Jean-François Legrain, qu’il est rappelé et confirmé dans les Accords de Taba que « le Conseil n’a aucune compétence en matière de politique étrangère (…), [et que] seule l’OLP est habilitée à conduire des négociations et à signer des accords pour le compte du Conseil dans les seuls domaines économiques, culturels et scientifiques » 8.
Dans les faits, « l’Autorité palestinienne » est composée, de 1994 à 1996, d’un Cabinet et d’un Président nommés par la direction de l’OLP puis, à partir des élections du 20 janvier 1996, d’un Président et d’un Conseil législatif de 88 membres élus par la population palestinienne de Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-est, le Président proposant un gouvernement (cabinet) qui doit recevoir un vote de confiance du CLP. Il n’y aura pas de Premier Ministre avant la réforme de la loi fondamentale palestinienne en mars 2003 et la nomination de Mahmoud Abbas (Abu Mazen).
La composition, la structuration et les prérogatives de l’Autorité palestinienne sanctionnent deux phénomènes : le rapport de forces défavorable aux Palestiniens et le monopole du pouvoir palestinien entre les mains du noyau dirigeant de l’OLP-Tunis. S’exprime en effet, dans le contenu de ces textes, le déséquilibre en défaveur des Palestiniens : leurs compétences et leurs marges de manœuvre dans l’exercice du pouvoir sont réduites et l’ensemble de leurs décisions (nominations, lois…) sont soumises à l’approbation israélienne. Mais il faut également noter qu’au sein de ce rapport de forces dé-séquilibré, les textes entérinent le fait que le monopole du pouvoir palestinien est dans les mains de l’extérieur puisque c’est bel et bien la direction centrale de l’OLP-Tunis, celle-là même qui conduit les négociations, qui est chargée de nommer les membres de l’exécutif et de proposer un calendrier électoral et le mode d’organisation des élections. Près de deux ans et demi s’écoulent entre la Déclaration de Principes et les premières élections dans les territoires palestiniens. Rien n’est précisé quant aux structures locales de pouvoir qui existaient avant l’ensemble des accords du processus d’Oslo (municipalités, gouverneurs de districts notamment) : leurs responsables seront directement nommés par le Président jusqu’aux élections municipales de 2005. Notons enfin que le fait que l’Autorité palestinienne n’ait formellement aucune compétence dans le domaine de la politique étrangère et des négociations avec Israël, s’il s’agit avant tout d’une exigence israélienne qui refuse de donner à l’Autorité les prérogatives d’un Etat, participe du monopole sur les étapes du « processus de paix » d’une équipe restreinte de négociateurs non élus par la population.
b) La souveraineté territoriale
À aucun moment, dans les accords, n’est évoqué un « retrait » de l’armée israélienne de l’ensemble des territoires occupés. Le « retrait » est mentionné lorsque l’on parle de zones précises (bande de Gaza, Jéricho), tandis que sinon le terme utilisé est « redéploiement ». La DOP évoque le retrait de la bande de Gaza et de Jéricho, les Accords du Caire (mai 1994) précisent les modalités de ce retrait tandis que les Accords de Taba (septembre 1995) divisent la Cisjordanie en trois zones (zone A, zone B et zone C) et indiquent que le redéploiement israélien en Cisjordanie se fera en trois étapes dans le cadre d’un processus négocié. Un accord spécifique sur Hébron sera signé en janvier 1997.
Accords d’Oslo II
Après les Accords du Caire, Israël évacue environ 80% de la bande de Gaza et, alors que les Palestiniens revendiquent l’évacuation de l’ensemble de la zone qui constituait le district de Jéricho à l’époque de l’Administration jordanienne (un peu plus de 200 km2), Israël ne leur transfère qu’une zone d’un peu plus de 60 km2. Les Accords de Taba créent des zones dans lesquelles l’Autorité palestinienne est en charge des questions civiles et de sécurité (zones A), des zones dans lesquelles l’Autorité n’est en charge que des questions civiles, la sécurité restant du domaine d’Israël (zones B) et des zones dans lesquelles l’Autorité ne jouit que de pouvoirs limités dans le domaine civils (pouvoirs « qui ne seront pas liés au territoire »), le reste des questions demeurant de la seule responsabilité d’Israël (zones C) (Articles 10 et 11). Les zones A représentent un peu moins de 3% de la Cisjordanie (les villes palestiniennes, c’est à dire Jénine, Tulkarem, Kalkylia, Naplouse, Ramallah, Bethléem et, après 1997, 80% d’Hébron), les zones B environ 23% de la Cisjordanie (environ 440 villages et leurs terres avoisinantes) et les zones C 74%. Après de nombreux reports de calendrier et en contradiction avec les accords intérimaires, le dernier redéploiement israélien a lieu en mars 2000. À son terme, 18% de la Cisjordanie est en zone A, 22% en zone B et 60% en zone C 9 (voir carte ci-contre et ici).
La « juridiction territoriale » de l’Autorité palestinienne est définie dans l’article 5 des Accords du Caire (mai 1994) : « [elle] inclut le sol, le sous-sol et les eaux territoriales » de Gaza et Jéricho puis, après les Accords de Taba (septembre 1995) et les divers redéploiements, des zones A. L’espace aérien reste sous contrôle israélien, de même que les routes reliant entre elles les différentes zones A, dans la mesure où elles passent par des zones B et C. À plusieurs reprises est évoqué dans les négociations l’établissement de deux « passages sûrs » entre la Cisjordanie et Gaza, c’est à dire de routes qui relient les deux entités géographiques et qui peuvent être empruntées par les Palestiniens (sous contrôle israélien). « Le " Protocole concernant le passage sûr entre la Cisjordanie et la bande de Gaza " est signé le 5 octobre 1999. Le passage sud n’est ouvert que le 25 octobre 1999 ; fin 2000, le passage nord n’est toujours pas ouvert » 10. En 2008, il ne l’est toujours pas.