L'analyse de Tartufe sonne juste lorsqu'on la lit sans posséder les éléments indispensables à la bonne compréhension de ces évènements du passé…
J'aimerais apporter quelques informations permettant à tous ceux qui le souhaitent de comprendre le contexte de l'invasion de Canaan par les Israélites pour démontrer que la transposition
de Tartufe et sa descendance, faisant pérégrination du Maroc vers la Suisse puis en Belgique et retourner 400 ans plus tard en Suisse pour enfin, pratiquement 2000 ans après, permettre à sa
descendance dispersée par toute la terre de revenir en Suisse et de s'en emparer en prétextant que c'est la volonté de Dieu, comporte de nombreuses failles dont une immense.
Pour pouvoir démontrer cela, il faut commencer par bien séparer la première conquête de Canaan qui a commencé entre 1473 et 1470 avant notre ère (selon la chronologie biblique) et celle du
20eme siècle où les territoires de Palestine ont été occupés par l'état juif suite à la Guerre des six jours le 10 juin 1967 et où la superficie de cet état initialement créé de toute pièce
en 1948 par l'ONU a triplé en moins d'une semaine avec la prise de la vieille ville de Jérusalem. Les résultats de cette guerre, épisode du conflit israélo-arabe, influencent encore
aujourd'hui la géopolitique de la région. En particulier, certains territoires sont encore occupés en 2008, et le processus de colonisation initié au lendemain de cette guerre est un
obstacle majeur aux tentatives de traités de paix entre Israéliens et Palestiniens, et à la création d'un état palestinien.
La première conquête de Canaan (territoire recouvrant une superficie bien supérieure à la Palestine actuelle) a bel et bien été voulue par Dieu. Dans la Bible (ou Torah) Moïse dit au peuple
d'Israël : “Ce n'est pas à cause de ta justice, ni à cause de la droiture de ton cœur, que tu entres, pour en prendre possession, dans leur pays; c'est vraiment à cause de la méchanceté de
ces nations que YHWH, ton Dieu, les expulse de devant toi.” - Deutéronome 9:5.
C'est donc en raison de leur méchanceté que les Cananéens ont été détruit. Après avoir présenté Baal et sa femme Aschtoreth comme les principales divinités du panthéon cananéen, le Manuel
biblique de Halley (angl.), édition révisée, déclare: “Les temples de Baal et d'Aschtoreth étaient généralement associés. Les prêtresses et les sodomites étaient des prostitués sacrés. Le
culte de Baal, d'Aschtoreth et d'autres dieux cananéens consistait en des orgies sans nom; leurs temples étaient des centres de dépravation.” - Page 166.
Dans les ruines d'un de ces “hauts lieux” de la civilisation cananéenne, les archéologues “ont trouvé de nombreuses urnes contenant les restes d'enfants sacrifiés à Baal. Tout le périmètre
alentour était un cimetière de nouveau-nés”. On a également mis au jour un “grand nombre incalculable de sculptures et de plaques gravées représentant Aschtoreth dotée d'organes génitaux
hypertrophiés de façon obscène, tous objets destinés à exacerber la sensualité. Les Cananéens adoraient donc leurs dieux en pratiquant devant eux des actes immoraux qui avaient valeur de
rite religieux, et en assassinant leurs premiers-nés, qu'ils offraient en sacrifice à ces mêmes dieux”. - Pages 166, 167.
L'ouvrage précité pose ensuite cette question: “Faut-il encore se demander pourquoi Dieu ordonna à Israël d'exterminer les Cananéens? Une civilisation aussi répugnante et barbare avait-elle
le droit de subsister plus longtemps? - Page 167.
Voici également ce qu'on peut lire à la page 259 de l'Emphasized Bible, une version de la Bible traduite par J. Rotherham: “Qui dira que le Très-Haut n'était pas en droit d'anéantir de tels
profanateurs de la terre et corrupteurs de l'humanité?”
Expliquant aux Israélites pourquoi il expulsait les Cananéens, Dieu leur déclara: “Ne vous rendez impurs par aucune de ces choses, car c'est par toutes ces choses que se sont rendues
impures les nations que je chasse de devant vous. Aussi le pays est-il impur, et je ferai venir sur lui la punition pour sa faute, et le pays vomira ses habitants.” Par la suite, il leur
donna cet avertissement sans ambiguïté: “Et vous devrez garder toutes mes ordonnances et toutes mes décisions judiciaires et les pratiquer, pour que ne vous vomisse pas le pays où je vous
mène pour y habiter.” - Lévitique 18:24-26; 20:22.
Dieu leur fit aussi cette mise en garde : “Parmi les filles d'Israël aucune ne pourra devenir une prostituée sacrée, et parmi les fils d'Israël aucun ne pourra devenir un prostitué sacré
(note en bas de page à propos du terme prostitué sacré : ou “ un mignon ”, c'est-à-dire un garçon que l'on entretenait à des fins de perversions sexuelles). Tu ne dois pas apporter dans la
maison de YHWH ton Dieu, pour un vœu quelconque, le salaire d'une prostituée ou le prix d'un chien (note en bas de page à propos du terme “chien” : “Probablement un pédophile, individu qui
pratique la copulation anale avec un garçon), car ils sont tous les deux quelque chose de détestable pour YHWH, ton Dieu.” - Deutéronome 23:17, 18.
Le message est clair. Les Cananéens ont été anéantis parce qu'ils souillaient le pays en se livrant à des actes d'une rebutante immoralité: l'adultère, l'homosexualité, la pédophilie et le
meurtre d'enfants. Si les Israélites copiaient la religion cananéenne et se mettaient à adorer Baal, ils subiraient le même sort.
Maintenant que le décor est posé, rentrons un peu plus dans les détails en retraçant l'historique des Cananéens depuis l'époque d'Abraham :
À plusieurs reprises, Dieu promit à Abraham que sa semence (ses descendants) hériterait du pays, et il lui ordonna ceci : “ Parcours le pays dans sa longueur et dans sa largeur. ” (Genèse
12:7 ; 13:14-17 ; 15:7, 13-21 ; 17:8).
La facilité relative avec laquelle Abraham et plus tard Isaac et Jacob purent se déplacer dans le pays avec leurs grands troupeaux de gros et de petit bétail indique qu'à cette époque-là la
région n'était pas encore très peuplée (voir Gn 34:21).
Des fouilles archéologiques apportent aussi la preuve qu'en ce temps-là la population était plutôt éparse, la plupart des villes étant situées le long de la côte, dans la région de la mer
Morte, dans la vallée du Jourdain et dans la plaine de Yizréel. À propos de la Palestine dans la première partie du IIe millénaire avant notre ère, W. Albright dit que la région vallonnée
était en grande partie encore vierge de population sédentaire ; la tradition biblique est donc tout à fait exacte quand elle fait errer les patriarches dans les collines du centre de la
Palestine et les territoires arides du sud, où il y avait encore largement de la place pour eux (Archaeology of Palestine and the Bible, 1933, p. 131-133). En ce temps-là, Canaan était
vraisemblablement soumis à quelque influence et à quelque domination élamites (donc sémites), comme cela ressort du récit biblique de Genèse 14:1-7.
Parmi les villes dans le voisinage desquelles campèrent Abraham, Isaac et Jacob, il y eut Shekèm (Gn 12:6), Béthel et Aï (Gn 12:8), Hébrôn (Gn 13:18), Guérar (Gn 20:1) et Béer-Shéba (Gn
22:19). Bien que les Cananéens ne semblent pas avoir manifesté une grande animosité à l'égard des patriarches hébreux, c'était principalement grâce à la protection divine que ces derniers
n'étaient pas attaqués (Ps 105:12-15). Ainsi, quand les fils de Jacob eurent ravagé la ville hivite de Shekèm, c'est parce que “ la terreur de Dieu ” vint sur les villes d'alentour “ qu'on
ne poursuivit pas les fils de Jacob ”. - Gn 33:18 ; 34:2 ; 35:5.
S'il a remarqué la faute des Cananéens aux jours d'Abraham, Dieu a fait preuve de patience envers eux pendant plusieurs siècles, leur laissant amplement le temps de changer. - Genèse
15:16.
Les Cananéens se rendaient-ils compte de la gravité de leur faute ?
Ils possédaient la faculté humaine qu'est la conscience, laquelle est reconnue par les juristes comme un fondement universel de la moralité et de la justice (Romains 2:12-15). Malgré cela,
les Cananéens ont persisté dans leurs détestables sacrifices d'enfants et leurs pratiques sexuelles honteuses.
Manifestant une justice équilibrée, Dieu a décidé que le pays avait besoin d'être purifié. Il ne s'agissait pas d'un génocide. Les Cananéens, tant individuellement (comme Rahab et sa
famille) que par groupes entiers (comme les Guibéonites), étaient épargnés s'ils acceptaient de plein gré les normes morales élevées de Dieu (Josué 6:25 ; 9:3-15). Rahab est devenue un
maillon dans la généalogie royale menant au Christ, et des descendants des Guibéonites ont eu le privilège de servir Dieu au temple de Salomon à Jérusalem. - Josué 9:27 ; Ezra 8:20 ;
Matthieu 1:1, 5-16.
L'histoire profane révèle aussi qu'avant d'être conquis par les Israélites Canaan avait été vassal de l'Égypte pendant quelque deux siècles. Au cours de cette période, des messages (connus
sous le nom de Tablettes d'el-Amarna) envoyés par les rois vassaux de Syrie et de Palestine aux pharaons Aménophis III et Akhenaton révèlent les grands conflits qui opposaient les
différentes villes et les intrigues politiques menées dans la région. Quand les Israélites arrivèrent à la frontière de Canaan (1473 avant notre ère), le pays était constitué de nombreuses
cités-États, ou petits royaumes, qui présentaient néanmoins une certaine cohésion d'après les liens tribaux. Les espions chargés d'explorer Canaan environ 40 ans plus tôt avaient découvert
un pays riche en fruits et des villes bien fortifiées. - Nb 13:21-29 ; voir aussi Dt 9:1 ; Ne 9:25.
Bien que de très nombreux Cananéens aient survécu à la grande conquête et résisté à l'assujettissement, il put être dit, néanmoins, que “ YHWH donna [...] à Israël tout le pays qu'il avait
juré de donner à leurs ancêtres ”, qu'il leur avait procuré “ du repos de tous côtés ” et que “ pas une promesse ne faillit de toute la bonne promesse que YHWH avait faite à la maison
d'Israël ; tout se réalisa ”. (Jos 21:43-45.) Tout autour des Israélites, les ennemis vivaient dans la crainte et ne constituaient pas une véritable menace pour leur sécurité. Quelque temps
auparavant, Dieu avait déclaré qu'il chasserait les Cananéens “ peu à peu ”, de peur que les bêtes sauvages ne se multiplient dans un pays devenu soudainement une solitude désolée (Ex
23:29, 30 ; Dt 7:22). Quoique les Cananéens aient disposé d'un matériel de guerre supérieur, notamment des chars armés de faux, on ne peut pas reprocher à Dieu d'avoir failli à sa promesse
si au bout du compte les Israélites ne réussirent pas à prendre certains territoires (Jos 17:16-18 ; Jg 4:13). Le récit biblique montre plutôt que les quelques défaites subies par les
Israélites furent imputables à leur infidélité. - Nb 14:44, 45 ; Jos 7:1-12.