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Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.

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La Turquie et Israël

- PREMIERE PARTIE -
La sympathie réciproque entre les Turcs et les Juifs remonte à une époque assez ancienne. Cette affection mutuelle date du quinzième siècle, époque où les Juifs persécutés en Espagne se réfugièrent dans l'Empire ottoman, dirigé alors par le Sultan Beyazit ( Bajazet ). Les Juifs, chassés d'Espagne par le roi catholique Ferdinand et son épouse Isabelle ( époque de la Reconquista, NdT ) vinrent se réfugier en Turquie, en particulier dans les deux grandes villes de l'époque, Istanbul et Salonique, où ils s'établirent durablement. Le Sultan Beyazit II, qui ouvrira largement les portes de l'Empire ottoman aux Juifs d'Espagne et du Portugal, ordonna que ceux-ci s'installent dans l'île de Sakiz. Les Juifs d'Espagne et du Portugal, convertis au catholicisme en apparence seulement, et le plus souvent artisans spécialisés et aisés, ont commencé à quitter la péninsule ibérique, à partir de 1532. Une partie d'entre eux est venue se réfugier en Turquie.






LLa bienveillance et la sympathie entre les deux peuples se sont renforcées, au cours des siècles, à l'occasion de différents événements bien documentés par les historiens de l'Empire ottoman. Alors que des Juifs, fuyant la Russie tsariste, étaient venus se réfugier à Istanbul, dans les années 1891-1892, le Sultan Abdülhamit invita au sérail, au mois d'avril 1893, le grand rabbin de Turquie, Moshé Lévy, pour lui faire cette proposition :"Je sais que des Juifs, qui subissaient des persécutions dans différents pays, sont venus se réfugier en grand nombre dans le nôtre. Notre intention est d'installer ces Juifs réfugiés dans l'Est de l'Anatolie, afin qu'ils forment, avec des Juifs locaux, turcs, une formation militaire de cent mille hommes, qui sera rattachée à la Quatrième Armée de Turquie. Si un problème de nourriture casher devait se poser, je donnerais les ordres nécessaires afin que l'on prépare de la nourriture casher pour les Juifs, dans les casernes concernées. Qu'en pensez-vous, Monsieur le Grand Rabbin Efendi ?" (Avram Galanti, op. cit. , p. 18)Les Juifs accueillis par la Turquie aux jours difficiles, tout comme les Juifs turcs, défendirent vaillamment la Turquie, au cours de la Guerre d'Indépendance, contre les forces d'occupation occidentales, en particulier, contre la Grèce. Ce sacrifice fait par les Juifs a entraîné la nomination du rabbin Haïm Naum, grand intellectuel, en tant que conseiller de la délégation turque à la conférence de Lausanne, en 1922, par l'Assemblée Nationale ( Millet Meclisi ).Le tribut payé par les Juifs au cours des combats a été grandement pris en compte par Kemal Atatürk. Le 2 février 1923, à Izmir ( Smyrne ), l'avocat Rafaël Amato demanda à ce dernier : "Excellence, que pensez-vous des citoyens turcs de la religion mosaïque ( les Juifs ), qui sont heureux lorsque les Turcs sont heureux, et attristés, lorsque les Turcs sont en deuil ? " Le Gazi ( Mustafa Kemal Atatürk ) lui répondit :"Il y a parmi nous des éléments de différents peuples, qui ont uni leur destinée à celle des Turcs, peuple majoritaire de la Turquie. Parmi ces minorités, il y a les Israélites. Ceux-ci ont fait la démonstration de leur loyauté envers notre peuple et notre pays. Ils ont toujours mené chez nous une vie confortable, digne et constructive, et ils continueront, à l'avenir, à mener une vie aisée et heureuse chez nous, en Turquie". (Avram Galanti, op. cit., p. 86)( référence : Ali Karaosmanoglu : A Turkish View of Bilateral Relations with Israel. Actual Situation and Prospect of Turkey's Bilateral Relations with Israël. Potential and Opportunities", modérateur : Pr. Ali Ihsan Bagis, Ter-Ar Yayinlari, n° 4, avril 1992, p. 2)La Turquie vota contre la résolution des Nations-Unies préconisant, en 1947, le partage de la Palestine en deux Etats et reconnaissant la création de l'Etat d'Israël. Elle se tint à l'écart, ne prenant pas partie et observant une stricte neutralité, dans le conflit qui éclata, en 1948, entre Israël et les pays arabes. Mais, en mars 1949, les puissances occidentales ayant reconnu Israël, la Turquie fit de même : elle établit des relations diplomatiques avec ce pays. Les relations bilatérales turco-israéliennes suivirent un cours normal jusqu'en 1956, année où la Turquie rappela à Ankara son ambassadeur en Israël, sans toutefois rompre ses relations diplomatiques avec ce pays, après l'occupation du Sinaï par l'armée israélienne. Mais les relations entre les deux pays ne tardèrent pas à retourner à la normale. Ces relations se sont poursuivies, depuis lors, sans interruption jusqu'à nos jours, ne connaissant que des incidents mineurs, sans gravité. Le rôle joué au Moyen-Orient par les Etats-Unis est un élément non-négligeable du rapprochement et de l'amitié entre la Turquie et Israël. La Turquie a toujours pensé, dès la création de l'Etat d'Israël, que ce dernier pouvait jouer un rôle important en sa faveur, auprès de Washington... A un point tel qu'Ankara ira même jusqu'à demander l'aide d'Israël pour se faire admettre dans l'OTAN. ( et envoyer des Turcs se faire tuer en Corée, NdT ). On ne saurait tenir pour négligeable non plus, le rôle joué, dans le rapprochement entre les deux pays, par la communauté juive de Turquie. Bien que le sionisme soit un mouvement interdit en Turquie, et en dépit du fait que la Turquie ait voté, en 1975, la résolution assimilant le sionisme à une forme de racisme, aux côtés d'une majorité de pays membres de l'ONU, les Juifs n'ont jamais subi, au cours de l'histoire, une quelconque pression de la part des Turcs. Les Juifs, dont la majorité vivent à Istanbul, ont pu continuer à respecter le plus librement qu'il soit leurs coutumes ancestrales, leurs rites et leurs pratiques religieuses, comme ils le désiraient. Après la création d'Israël, les Juifs qui quittèrent la Turquie pour y immigrer étaient, pour ainsi dire, des ambassadeurs en puissance entre les deux pays, dans les deux sens d'ailleurs ( car ils parlaient d'Israël aux Turcs, NdT) . Les Juifs d'origine turque se sont établis, en Israël, majoritairement dans la ville de Bat Yam. Ils continuent à y parler le turc, et beaucoup d'entre eux viennent en visite, de temps en temps, en Turquie. La Turquie joue un rôle de pont, d'étape, pour les Juifs de différents pays du monde qui vont s'installer en Israël. La géographie explique aisément que les Juifs d'Iran ou de Bulgarie immigrant en Israël faisaient étape en Turquie. Mais ceux qui avaient quitté la Syrie ou l'Irak faisaient de même ( avec le détour que cela représente, NdT ). Ankara, ayant souvent servi d'intermédiaire avec l'Irak, dans l'assistance aux Juifs que l'on y jetait en prison, adoptait souvent, aux Nations-Unies, des positions communes avec Israël, à ce sujet.Certains dirigeants éminents d'Israël, comme le Président de la République Yitzhak Ben Zvi, le Premier ministre David Ben Gourion et le ministre des Affaires Etrangères Moshé Sharett, ont reçu leur éducation en Turquie, à l'époque de l'Empire ottoman. Ces dirigeants historiques d'Israël, très au fait des usages turcs et parfaitement turcophones, ont joué, bien évidemment, un rôle certain dans le rapprochement entre les deux pays.En 1989, en préparation de la commémoration du cinq centième anniversaire ( proche ) de l'immigration massive de Juifs espagnols et portugais dans l'Empire ottoman, de 1492, fut créée en Turquie la Fondation du Demi-millénaire, qui joua un rôle important dans le renforcement et le développement des relations turco-israéliennes. Cette Fondation joua un rôle utile, du point de vue de la Turquie, par sa contribution au rayonnement du pays dans le monde entier. On ne peut ignorer, notamment, le rôle décisif que cette Fondation a joué, avec le soutien du lobby juif aux Etats-Unis, dans le rejet par le Congrès américain d'un projet de loi établissant officiellement la responsabilité de la Turquie dans le génocide des Arméniens ( comparer avec : la France, NdT ).


Le changement dans les grands équilibres et le pacte turco-israélien
Tout au long des années de la guerre froide, la Turquie, au premier rang des pays "sous la menace de l'URSS", revêtait une importance particulière pour l'OTAN et les Etats-Unis. Mais la Turquie, après avoir reçu des aides très importantes, des décennies durant, de l'OTAN et des Etats-Unis, perdit ce rôle essentiel, après la disparition de l'URSS et, par voie de conséquence, du danger potentiel que ce pays représentait pour elle. La crainte de voir le pays marginalisé amena l'armée turque à s'orienter vers une stratégie dans laquelle celui-ci assumerait un nouveau rôle dans le cadre des sphères d'influence américaine et européenne, au Moyen-Orient. Le rapprochement entre Israël et la Turquie représentait le maillon le plus important de cette nouvelle stratégie. En se rapprochant d'Israël, la Turquie mettait de son côté, en sus des Etats-Unis et du soutien du Congrès américain, le puissant lobby pro-israélien américain. ( Les Juifs vivant aux Etats-Unis, qui ne représentent que 4% de la population américaine, sont influents sur les plans économique et politique. Ils constituent le lobby le plus influent des USA, dans l'entourage des institutions dirigeantes. La principale institution de lobbying pro-israélien est l'AIPAC ( American Israël Public Affairs Committee - Comité américano-israélien pour les affaires publiques). De plus, les Juifs américains, dont les succès dans les domaines politique et économique sont éclatants, exercent une grande influence sur le front des médias. Ainsi, ils exercent une grande influence dans deux des trois plus importantes chaînes de télévision, NBC ( National Broadcasting Company ), et CBS ( Columbia Broadcasting System ). Ils possèdent les journaux les plus influents sur le plan politique, qui sont aussi ceux qui connaissent les plus forts tirages : le New York Times, le New York News et le Washington Post.Ainsi, la Turquie, en raison de son dossier chargé en matière de non-respect des droits de l'homme et de ses problèmes endémiques avec la Grèce, pourrait se procurer, grâce à son pacte avec Israël, les nouvelles technologies et les armements du Pentagone qu'elle aurait eu de grandes difficultés à obtenir en s'adressant directement aux Etats-Unis et à l'Union européenne...Les rôles parallèles tenus tant par Israël que par la Turquie au cours de la crise du Golfe ont joué un rôle certain dans leur rapprochement mutuel. D'ailleurs, à la fin de cette crise, le renforcement des relations bilatérales ayant été très important, comme nous l'avons indiqué, les relations diplomatiques furent pleinement rétablies le 31 décembre 1991 ; elles furent élevées au niveau plénier d'ambassades, en même temps que se produisait la reconnaissance mutuelle entre Israël et les Palestiniens. Comme nous le savons, les relations entre les deux pays avaient été établies au niveau des consulats, en 1949, un an après la création de l'Etat d'Israël. Mais, en 1980, après qu'Israël eût annoncé l'annexion de Jérusalem-Est, ces relations avaient été ramenées au niveau des représentants des intérêts des deux pays respectifs auprès du pays partenaire. Néanmoins, en 1991, Israël s'étant engagé de manière déterminée dans le processus de paix au Moyen-Orient découlant de l'accord de Madrid, sa position sincère joua un rôle décisif dans le rétablissement, au niveau des ambassades, des relations diplomatiques entre les deux pays, et leur renforcement.En fait, la Turquie considéra les accords d'Oslo, entre Israël et l'OLP, comme une porte ouverte au développement de relations encore plus intenses avec Israël. Ankara, qui défendit la position de l'OLP durant les longues années du processus de paix, fut parmi les premières capitales à endosser la "déclaration d'indépendance de la Palestine" proclamée au cours du Conseil National Palestinien de 1989. Par conséquent, après la reconnaissance d'Israël par l'OLP, il ne restait plus aucun obstacle de nature à retenir la Turquie de considérer Israël comme son partenaire privilégié, en vue d'une très large collaboration.(Alan Makovsky, "The New Activism in Turkish Foreign Policy", The Washington Institute for Near East Policy, SAIS Review, printemps 1999 ).La Turquie, ayant pris en compte les changements intervenus dans la conjoncture internationale, après le discours de Yasser Arafat, le leader de l'OLP, devant l'Assemblée Générale de l'ONU, en 1974, reconnut officiellement l'OLP comme représentant légitime du peuple palestinien. Elle devint membre de la Conférence des Pays Islamiques, en 1976. Mais, tout en reconnaissant l'OLP, cette organisation était traitée ainsi qu'il suit par les milieux militaires et de droite, en Turquie :"on a oublié de tenir compte du fait que l'OLP, prenant modèle sur les organisations terroristes kurdes et arméniennes, pourrait à l'avenir porter atteinte aux intérêts de la Turquie et lui causer bien des "maux de tête". ( Source : Türkiye-Israil Iliskilerinin Dünü-Bugünü-Yarini : Les relations turco-israéliennes, hier, aujourd'hui, demain ). En regard de la pauvreté de ses relations existantes avec les pays arabes, il était d'autant plus facile pour la Turquie de conclure un pacte avec Israël. Bien que la Turquie soutînt ouvertement l'OLP, elle n'a bénéficié d'aucun soutien du monde arabe, dont elle aurait bien eu besoin, au plus fort de la tension avec la Grèce, née de la question de Chypre, ni au cours des années quatre-vingt, face à l'oppression et à la politique d'assimilation forcée subies par la minorité turque en Bulgarie. La Turquie, extrêmement déçue de l'attitude des pays arabes à propos de la crise chypriote, ne rencontra pas plus de compréhension de leur part au sujet du problème du PKK ( Parti des Travailleurs du Kurdistan ) ou du partage des eaux du Tigre et de l'Euphrate. ( Alan Makovsky, "Turkish/Israeli Cooperation, The Peace Process and the Region" )Les relations bilatérales furent renforcées, au cours des années quatre-vingt dix, grâce à des visites réciproques de hauts responsables des deux pays. Immédiatement après la signature des accords d'Oslo, en 1993, le ministre turc des Affaires Etrangères d'alors, M. Hikmet Cetin effectua la première visite officielle de responsables gouvernementaux turcs en Israël. Cette visite fut suivie par celle du Premier Ministre ( donc au plus haut niveau ) Tansu Ciller, du 5 au 7 novembre 1994. La visite de Tansu Ciller fut précédée, en octobre 1994, par la signature entre les services de sécurité des deux pays, d'un accord sur la "lutte contre le trafic de drogues et le terrorisme". C'est surtout dans les années 1994 et 1995, que les efforts du Premier ministre israélien, Yitzhak Rabin, allaient contribuer au renforcement des relations bilatérales, d'une manière décisive. A la suite de la visite en Israël, en 1996, du Président de la République de Turquie, Süleyman Demirel, le Président d'Israël, Weizman vint en Turquie en visite officielle. Ces visites mutuelles se poursuivirent, avec, à la suite de la visite du ministre des Armées, Ismail Hakki Karadayi, le 24 février 1997, celle du ministre des Affaires Etrangères d'Israël, David Lévy, qui vint en Turquie le 8 décembre 1997. Puis le ministre israélien de la Défense, Itzhak Mordechai ( le 2 février 1998 ), le ministre du Parlement israélien, Dan Tichon ( le 23 mars 1998 ), le ministre de l'Industrie et du Commerce, Natan Sharansky, se succédèrent, en visite officielle à Ankara. Tout récemment, le 28 août 2000, le Premier ministre Ehud Barak a rendu une visite officielle d'une journée en Turquie.


L'accord militaire turco-israélien

Au cours des dernières années, la Turquie et Israël ont signé dix-neuf accords bilatéraux. Dix-sept de ces accords avaient pour objectif d'accélérer le rythme de la coopération entre les deux pays dans les domaines scientifiques, économiques et technologiques. Parmi ceux-ci, citons l'accord, signé en 1996, sur la "liberté des échanges commerciaux entre les deux pays".(Oguz Celikkol, "Turkey and Middle East :   Policy and Prospect", the Washington Institute for Near East Policy )Les accords de défense commune signés entre la Turquie et Israël en février et août 1996 ont été tenus secrets. Bien que quelques informations aient filtré sur le contenu de l'accord de février, nous ne savons pratiquement rien de celui qui a été conclu au mois d'août 1996...La rumeur publique rapporte que ce qui a été signé entre le ministère des Armées de la République de Turquie et le ministère de la Défense Nationale d'Israël, le 23 février 1996, à Tel-Aviv, était un "accord sur la coopération et la formation militaire" ( il fut signé par le Général Cevik Bir, pour la Turquie, et David Ivry, au nom d'Israël ). Cet accord, qui aurait dû rester secret, entre les deux partenaires, a été rendu public, le 5 avril 1996, par le quotidien israélien Yediot Aharonot, ce qui donna lieu à beaucoup de commentaires, tant dans les pays contractants qu'à l'extérieur. L'accord, ayant un caractère militaire, n'aurait pas dû être révélé au public, car cela contrevenait à un accord signé préalablement par les deux pays, en mars 1994, portant sur "la sécurité et la confidentialité" des échanges entre les deux gouvernements. ( Les relations entre la Turquie et Israël, hier, aujourd'hui, demain, p. 137 )Le pacte de coopération et de formation militaires signé par la Turquie et Israël en 1996, peut être considéré comme similaire à un accord passé entre eux, en été 1958, sous le nom d'"Accord-Cadre". Cet accord, classifié "secret défense" par Israël, et qui ne pouvait pas être, par conséquent, rendu public avant un délai de cinquante ans, comportait la volonté de développer une coopération tous azimuts entre les deux pays. En sus des services de renseignement, de la diplomatie, du domaine militaire, il prévoyait des échanges commerciaux et scientifiques intenses. C'est dans le cadre de la conclusion de cet accord que le Premier ministre israélien, David Ben Gourion était venu en visite officielle en Turquie et que son homologue Adnan Mendérès s'était rendu en Israël. ( Nachami Amikan : "Afin de ménager la possibilité d'une rencontre secrète entre Ben Gourion et Mendérès, pour des raisons de confidentialité, ce sont les hauts-fonctionnaires du Ministère des Affaires Etrangères qui firent fonction de serveurs, au cours du déjeuner"... )L'Accord-Cadre israélo-turc de 1958 ayant pu rester secret, il ne fit l'objet d'aucune polémique. L'accord de coopération militaire signé en 1996 l'était pour une durée de cinq ans. Dans le cas où l'un des deux partenaires n'informerait pas son homologue de sa volonté de mettre un terme à l'accord en respectant un délai minimal de quatre-vingt dix jours avant le terme prévu, cet accord était prorogeable pour une année supplémentaire. Dans le texte de l'accord, les autorités contractantes sont désignées ainsi qu'il suit :

a/ en Turquie, l'autorité représentative de la partie contractante turque est le Général en chef des Armées et, pour le côté israélien, l'autorité contractante est l'ambassadeur d'Israël à Ankara ;

b/ en Israël, l'autorité représentative de la partie contractante turque est l'ambassadeur de Turquie à Tel-Aviv et l'autorité représentative de la partie contractante israélienne, le Ministre de la Défense d'Israël. ( Ahmet Güner, "Ce que l'on ne sait pas sur l'accord turco-israélien" - "Türk Israil Anlasmasinin Bilinmeyenleri", Aksiyon, 18-24 mai 1996, n° 76 ).Dans l'accord conclu, les concepts de "parties contractantes", "objectifs", "étendue" et "autorité responsable" ayant été explicités, les mesures à prendre en matière de formation militaire sont énumérées comme suit, sous le titre "Contenu en matière de formation" :

1 - En matière de formation ( militaire ), la coopération comprend ce qui suit :

a- l'assurance d'une coopération, à tous les niveaux, sur la base de la réciprocité, dans les différents domaines de l'expertise professionnelle ;

b- des visites réciproques entre académies militaires, entre unités combattantes et entre quartiers généraux ( des deux pays )

c- des échanges de programmes de formation et d'exercices militaires sur théâtre d'opérations ;

d- l'envoi d'observateurs chargés de suivre les exercices militaires entre les deux pays ;

e- des échanges de personnels d'encadrement , afin d'accroître leurs connaissances et leur expérience, en particulier dans les domaines de l'histoire militaire, de la muséologie militaire, des archives militaires, y compris les domaines sociaux et culturels ;

f- des visites mutuelles d'escadrons militaires dans les ports des deux pays ;

g- des échanges de visites d'équipes sportives et de tournées de formations artistiques ;

h- la coopération mutuelle des studios de réalisation de films et de photographies militaires ;

2 - les deux parties s'engagent à coopérer à la mise en place de préparatifs et d'une coordination entre elles pour assurer la réalisation des actions de formation mutuelle ci-dessus énumérés, dans les domaines suivants :

a- les contenus de la formation

b- les principes de la formation

c- les durées adéquates des formations, les dates de sortie des promotions...

d- les critères retenus pour la sélection des personnels envoyés en mission dans le pays partenaire.

e- la langue utilisée

f- les sommes et les méthodes de comptabilité des fonds devant être assurés par l'Etat envoyant en mission des personnes en vue de leur formation et d'autres activités, dans le pays partenaire

g- les autres points à prendre en compte

h- la forme d'organisation des activités socio-culturelles

i- les méthodes de cessation des activités de coopération.

3 - les unités échangées, les personnels échangés et les détails relatifs aux formations devront être précisés au pays les recevant en formation chez lui

4 - les deux parties s'attacheront à encourager les visites mutuelles d'avions de combat et de flottilles militaires dans leurs ports et aéroports militaires

5 - les deux parties s'attacheront à développer les rencontres sportives mutuelles entre leurs équipes de leurs différents corps d'armée

6 - les actions de formation seront mises en place, à tour de rôle, par Israël et la Turquie .

Le rapprochement entre la Turquie et Israël ne pouvait manquer d'attirer l'attention du lobby juif des Etats-Unis et de ses différentes organisations vers la Turquie. Le premier ministre turc, Mesut Yilmaz, au cours d'une visite à New York, le 17 décembre 1997, rencontra plusieurs associations juives, et fut honoré, grâce à ces contacts, de recevoir de la part du Congrès Juif américain (AJC) le "Prix International d'Humanité". Il fut gratifié, également, de la part de deux institutions juives, le B'nai Brith et la Ligue Anti-Diffamation, du titre de "Grand Homme d'Etat".Les Etats-Unis accueillirent l'accord avec la plus grande bienveillance. Le porte-parole du Secrétariat d'Etat, Nicholas Burns, déclara, en mai 1997 : "Que la Turquie et Israël marquent leur volonté de renforcer leur amitié, voilà qui ne saurait nous laisser indifférents" ( Turkish Daily News, 11.05.1997 ).En septembre 1997, l'ambassade d'Israël à Ankara annonça que des exercices militaires seraient menés en Méditerranée, conjointement par Israël et la Turquie, avec le soutien logistique des Etats-Unis, fournissant tous les détails quant aux dates et aux manœuvres programmées. Israël pensait que ces exercices auraient lieu, vraisemblablement, en novembre de la même année. Mais, malgré les objections d'Israël, les Etats-Unis exigèrent que ces exercices soient renvoyés à plus tard, jusqu'en 1998. Washington, en effet, tenant compte des protestations que ces exercices conjoints ne manqueraient pas de soulever dans le monde arabe, et afin de tenter de les apaiser, ne serait-ce que très modestement, s'efforçait de convaincre l'un au moins des Etats arabes d'envoyer un observateur participer à ces exercices. ( Alain Gresh : "Turkish-Israël-Syrian Relations and Their Impact on the Middle East, The Middle East Journal, vol. 52, n° 2, printemps 1998 - Les relations entre Israël, la Turquie et la Syrie, et leur impact sur le Moyen-Orient ). Les Etats-Unis réussirent, finalement, à convaincre Israël d'accepter que les exercices conjoints aient lieu en janvier 1998, en présence d'un commandant de l'armée de terre jordanienne. ( C'est l'amiral de la Marine, Huseyin Ali Muhammed, qui représenta, en fait, la Jordanie, en tant qu'observateur, à ces exercices conjoints israélo-turco-américains, baptisés du nom de "Sirène Digne de Confiance" . L'accord turco-israélien, en particulier dans le domaine de la coopération militaire, allait assez rapidement donner ses fruits. En mars 1996, des sociétés israéliennes remportèrent un marché pour la modernisation de cinquante-quatre avions F-4 de l'Aviation militaire turque, pour une valeur d'un demi-milliard de dollars. Dans le cadre de ses relations avec la Turquie, Israël devait vendre des tanks à ce pays, et, en sus d'une production commune de missiles, la Turquie devait donner à Israël un marché pour la modernisation de 48 de ses avions F-5. C'est d'ailleurs ce qu'elle fit, en signant ce contrat avec Israël, en décembre 1997. ( Financial Times, 02.12.1997 ). Par la suite, les deux pays parvinrent à un accord pour la production commune de missile Arrow à moyenne portée. ( Turkish Daily News, 24.12.1997 ) Ainsi, la coopération et les transferts de technologie, en matière militaire, constituent les champs les plus profitables du rapprochement turco-israélien. ( Ümit Özdag, Turquie, Irak du Nord et PKK, Anatomie d'une guerre irrégulière, Publications du Centre d'Etudes Stratégiques d'Eurasie, Ankara, 1999, p. 197 - Türkiye-Kuzey Irak ve PKK, Bir Gayri Nizami Savasin Anatomisi, Avrasya Stratejik Arastirmalar Merkezi ). La conviction générale prévaut, que sur la base des deux accords déjà conclus, on est en voie de passer à des arrangements sur des sujets généraux, tels que la menée d'exercices aériens et maritimes communs, la possibilité de bénéficier des facilités portuaires mutuelles, de procéder à des vols d'entraînement d'aviateurs turcs en Israël et israéliens, en Turquie, la coopération en matière de lutte contre le terrorisme et la sécurité des frontières, la coopération en matière d'industries de défense, l'échange de personnels spécialisés... Dans le cadre de l'accord conclu en février 1996, huit F-16 israéliens sont venus se poser en Turquie, sur la base aérienne d'Akinci, dans la région d'Ankara, où ils sont restés une semaine. (Michael Eisenstadt, op. cit.) FIN DE LA PREMIERE PARTIE

- SECONDE PARTIE-
 
SECONDE PARTIE-
Réactions au pacte et inquiétude de la/des tierce(s) partie(s)Le pacte turco-israélien, ouvrant la voie, à l'avenir, pour une modification de l'équilibre des forces régionales au Moyen-Orient, a suscité des réactions diverses, tant à l'intérieur des pays contractants qu'à l'extérieur. La première formation politique à réagir après la conclusion du pacte de rapprochement entre la Turquie et Israël fut le parti Refah, de Turquie. (Abullah Gül, du Refah, déclara au journal Al-Hayat, le 2 juin 1996, que son parti, le Refah Partisi, mettrait immédiatement fin à cet accord, s'il arrivait au pouvoir en Turquie. "Si certains pays arabes s'avisaient de conclure des accords du même type avec Israël, nous ne reconnaîtrions pas ces accords. Si nous étions en mesure de résilier cet accord, je ne pense pas que l'armée turque tenterait de s'y opposer de quelque manière que ce soit. Le rôle de l'armée a changé fondamentalement. Avec un gouvernement fort, l'armée doit se conformer (aux décisions gouvernementales, NdT)." (Le parti Refah, qui avait montré cette opposition farouche au pacte turco-israélien de coopération et de formation militaire, une fois arrivé au pouvoir, conclut avec Israël un accord très important sur le plan militaire : l'"Accord de coopération en matière d'industries de défense", signé par le cinquante-quatrième gouvernement républicain turc, le 28 août 1996, invoquant le principe que "ce sont les intérêts qui dictent les relations bilatérales à avoir" (en la matière) et acceptant, de fait, le Pacte qu'il avait bruyamment contesté. Bien que la Turquie et Israël se soient employées à insister sur le fait que leur Pacte bilatéral n'était dirigé contre aucune tierce-partie, le monde arabe le considéra avec suspicion, en particulier, la Syrie. Il est vrai qu'aucun pays arabe ne pouvait ressentir les effets de cet accord plus que cette dernière. Et, bien qu'à chaque occasion la Turquie se soit ingéniée à rappeler que des accords similaires avaient été signés entre elle et plusieurs pays arabes, cela n'est jamais parvenu à les rassurer. La Syrie est fondée, à plus d'un titre, à manifester ouvertement son inquiétude, face à cette alliance : au cas où le contentieux entre Israël et la Syrie s'envenimerait, passant au stade d'un conflit ouvert, la Turquie (même si elle ne devait pas intervenir directement aux côtés d'Israël) pourrait être amenée à y jouer un rôle non négligeable. Dans une situation de ce type, la Turquie, comme cela s'est déjà passé en 1991, au cours de la Guerre du Golfe, contraindrait la Syrie à immobiliser des dizaines de milliers de ses soldats à la frontière syro-turque. La Turquie, immobilisant l'armée de terre syrienne, sur le terrain, pourrait ouvrir l'espace aérien et les bases aériennes turques aux avions israéliens contraints, au cours des combats aériens, à des atterrissages d'urgence. Cette situation assurerait à l'aviation israélienne la possibilité de mener des attaques plus risquées contre des objectifs en Syrie septentrionale. La Turquie, en effectuant des vols de reconnaissance au-dessus de la frontière turco-syrienne, peut observer l'intérieur de la Syrie grâce à des caméras à longue portée et des radars sophistiqués, et le traité lui permet de faire profiter Israël de ces données d'observation. Il est même envisageable que la Turquie accorderait à Israël la possibilité d'utiliser son espace maritime. Le ministre de la défense israélien du gouvernement Pérès, Uri Or, commentant le rôle régional de la Turquie, déclare : "La Turquie, même si elle n'entrait pas dans un conflit à nos côtés, représente, en tant que pays ennemi de la Syrie, juste au nord de cette dernière, un facteur éminemment positif. La Syrie n'attaquera jamais la Turquie, mais en revanche, elle ne peut écarter l'éventualité que la Turquie ne l'attaque. La Turquie a une expérience certaine de la guerre hors de ses frontières, en particulier dans le Nord de l'Irak" Pour Israël, le pacte turco-israélien fait aussi de l'Iran, soutien depuis des décennies de toutes les actions anti-israéliennes, une sorte d'état frontalier. Ainsi Israël est en mesure d'obtenir des renseignements, grâce à l'espionnage, sur l'Iran, qu'il a toujours considéré comme représentant pour lui un danger, dans la région. Selon certaines allégations publiées dans la presse arabe, des éléments des services secrets israéliens, infiltrés dans le Nord de l'Irak aux côtés de l'armée turque, au cours d'une opération menée par cette dernière en mai 1997, y auraient installé une station d'écoute. D'après Alan Makovsky, les premières cibles du pacte seraient, pour la Turquie, la Syrie et le PKK, tandis que pour Israël, l'objectif serait l'ouverture de l'espace aérien turc à son aviation militaire et la surveillance de l'Iran. (Alan Makovski, La coopération turco-israélienne, le processus de paix et le Moyen-Orient - Le pacte turco-israélien devait créer un choc énorme dans le monde arabe. Mis à part la déception et les craintes qu'ils en concevaient, une partie des pays arabes considérèrent le pacte comme la deuxième humiliation qu'ils devaient subir de la part de la Turquie, qui n'a jamais cessé, depuis cinquante ans, d'agir contre leurs intérêts. La première humiliation reçue de la Turquie a été la reconnaissance par cette dernière de l'Etat d'Israël, en 1949. Les Arabes ont considéré le choix de la date de signature de cet accord, intervenue juste au moment où ils sont dans une position d'extrême faiblesse, comme un mauvais procédé. En effet, il a été signé juste au moment où les Arabes étaient divisés entre camps opposés, du fait de la Guerre du Golfe. De leur point de vue, les Arabes ont trois raisons principales de redouter ce pacte :

1 - il augmente les dangers stratégiques auxquels sont exposés les pays arabes en général et, en particulier, la Syrie et l'Irak ;

2 - il ne pourra qu'approfondir les divisions inter-arabes, car il inclut l'un des Etats arabes : la Jordanie ;(Au cours d'un sommet de la Ligue Arabe, tenu au Caire entre les 22 et 26 juin 2000, le premier ministre jordanien, Abdülkerim Kabariti, a déclaré que la Turquie et Israël avaient bien le droit de conclure tous les accords militaires entre elles qu'elles pouvaient désirer. D'ailleurs, la Jordanie devait voter contre une résolution finale de ce sommet, condamnant la Turquie.

3 - le pacte va avoir un impact incertain sur le processus de paix arabo-israélien, et ne pourra qu'affaiblir les possibilités de manoeuvre du camp arabe dans ce processus.

Les craintes des Arabes au sujet du rôle de la Turquie dans la région sont relatives à trois nouveaux développements internationaux : la fin de la guerre froide, la guerre du Golfe et le nouvel ordre mondial. Dans le même ordre d'idées, les hommes politiques arabes emploient désormais les expressions "néo-ottomanisme" ou "néo-impérialisme turc", pour définir la nouvelle politique turque (inaugurée par la signature de ce pacte avec Israël). D'après les Arabes, toujours, cette nouvelle politique vise à étendre l'influence et l'expansionnisme turcs depuis les Balkans jusqu'à la Chine. C'est la raison pour laquelle les Arabes, considérant que ces ambitions de la Turquie entrent en contradiction avec leurs intérêts propres, sont convaincus qu'elles constituent une menace contre leur sécurité. Les Arabes, assez mécontents de l'ouverture turque en direction de l'Asie Centrale, qui découle de l'ascendant naturel de la Turquie sur des peuples turcophones, redoutent que ne se constitue de la sorte dans la région un bloc géographique rival, et d'une étendue équivalente à celle du monde arabe. Pour eux, un tel développement historique ne peut qu'attiser la concurrence et l'hostilité entre les deux blocs (arabe et turcophone), et déséquilibrer l'ensemble de la région Il est certain que la Syrie est le pays qui ressent le plus d'inquiétude face au pacte turco-israélien. Pour le nationalisme arabe, souverain en Syrie, l'Empire ottoman, aux mains de l'hégémonie des Turcs, après une occupation de quatre siècles de la Syrie, a entrepris de turquifier la nation arabe. La pensée nationaliste arabe moderne, attribuant le retard actuel de la Syrie à la domination ottomane, joue un rôle négatif dans les tentatives de rapprochement entre la Turquie moderne et la Syrie. Cela a été jusqu'au point qu'au cours de la guerre froide, la Syrie et la Turquie ont opté pour les deux camps opposés. La Turquie étant membre de l'OTAN depuis 1952, la Syrie fut très longtemps un pays client de l'URSS, pour son armement, et un pays aligné, politiquement, sur le bloc soviétique. En 1957, la Turquie, invoquant le danger que représentait la Syrie en tant qu'alliée à l'URSS, massera des troupes à la frontière turco-syrienne.Il est évident que le pacte turco-israélien ne pourra que venir compliquer encore des relations turco-syriennes déjà passablement problématiques et délicates, ajoutant un nouvel élément à leur problématique. En août 1998, le nouveau général en chef de l'armée syrienne, Ali Aslan, décrit comme suit les relations syro-turques :"Le but du pacte turco-israélien est, en contrôlant la nation arabe, au risque de porter atteinte à la sécurité internationale, de contraindre les Arabes en général, et en particulier, la Syrie, en exerçant une pression maximale sur eux, à admettre les projets expansionnistes d'Israël" (Alan Makovsky, op. cit.)La politique interventionniste de la Turquie dans le Nord de l'Irak constitue une des craintes des Arabes vis-à-vis du pacte turco-israélien. Pour eux, l'Irak a été divisé de facto en trois à la suite de la Guerre du Golfe, ce qui a aiguisé les vieux appétits expansionnistes de la Turquie pour le Sancak de Mossoul qui, s'ils n'étaient pas dissuadés, aboutiraient rapidement à l'annexion de tout le nord de l'Irak par la Turquie, comme elle avait annexé le Sancak d'Alexandrette (Iskenderun), en 1939. (Territoire "prélevé" à la Syrie et remis "gracieusement" à la Turquie kémaliste par la France mandataire, NdT).Bien sûr, tous les pays arabes ne réagissent pas avec autant de virulence à la signature du traité entre la Turquie et Israël. L'OLP, qui entretient de longue date des relations très suivies avec la Turquie, n'a critiqué le pacte turco-israélien en aucune manière. Bien au contraire, elle désire que la Turquie, en raison de ses relations avec Israël, joue un rôle dans le processus de paix Palestine-israélien. L'Egypte, quant à elle, voit d'un mauvais oeil la tentative faite par Israël de sortir de son isolement régional, c'est pourquoi elle considère avec suspicion les intentions de la Turquie dans la région. La Jordanie est très favorable au rapprochement entre la Turquie et Israël, tandis que les pays du Golfe préfèrent ne pas s'exprimer sur ce sujet, en dépit de leurs contacts suivis avec les deux pays contractants.


La dimension kurde
En mai 1997, le ministre de la défense du gouvernement Erbakan, Turhan Tayan, se rendit en visite officielle en Israël, et même sur le plateau du Golan, sous occupation israélienne. Israël, qui jusqu'alors avait nié ouvertement toute hostilité envers des groupes kurdes que rien n'opposait entre eux à l'époque, commença à changer d'attitude après la visite de Turhan Tayan. Quelques jours après cette dernière, Netanyahu, interviewé sur différentes chaînes turques de télévision, adopta une position ouvertement hostile aux mouvements kurdes, pour la première fois et, rejetant l'idée d'un Etat kurde indépendant, il fustigea le PKK., déclarant notamment :"La Turquie souffre beaucoup des attaques du PKK. Nous ne voyons aucune différence entre le terrorisme du PKK et les attaques terroristes dont Israël est trop souvent la cible". (Ce reportage a été publié à Tel-Aviv par le journal Ha-Aretz du 17 mai 1997). Examinons à présent une certaine conception arabe du problème, qui fait remonter relativement loin dans le passé l'unité d'action, à des degrés divers, entre l'armée turque et Israël contre le PKK. De ce point de vue, la première étape dans cette coopération turco-israélienne s'étend du milieu des années quatre-vingt jusqu'à la guerre du Golfe, au début de 1991, phase où elle est restée secrète. La deuxième étape fait suite à la Guerre du Golfe, c'est celle au cours de laquelle l'armée turque, tout en assurant sa modernisation, se met en quête d'un intermédiaire fiable et ne suscitant aucun soupçon, afin de modifier en toute quiétude ses plans stratégiques dans la région. La troisième étape, commençant au moment de la signature du traité d'Oslo, en 1993, entre Israël et l'OLP, est celle durant laquelle le PKK prend une importance lourde de dangers pour la Turquie. La dernière étape, enfin, commence en 1995 : c'est celle durant laquelle le mouvement séparatiste kurde et les islamistes du Refah se font menaçants, d'une manière concomitante. Dans une étude de l'Académie militaire turque, intitulée "les relations entre la Turquie et Israël - hier, aujourd'hui et demain" , le pacte turco-israélien est analysé ainsi qu'il suit :"Nous ne devons pas oublier que la question du PKK est très douloureuse, pour la Turquie. L'Irak et la Syrie peuvent devenir un problème à tout moment pour la Turquie. D'autre part, la question arménienne est à l'ordre du jour et elle est loin d'être terminée. Quand au Caucase, il continue à connaître l'hémorragie. La question grecque se concentre de nos jours à Chypre, demain ce sera peut-être en Thrace occidentale, et après-demain elle peut surgir face à nous ailleurs. Elle existera tant que durera la Grèce elle-même. Dans ces conditions, nous aurons à tout moment besoin d'amis fidèles et d'alliés raisonnables en Occident. Si nous parvenons à nous gagner le soutien du puissant lobby juif aux Etats-Unis, grâce à l'entente turco-israélienne, nous aurons réduit dans une très large mesure les actions hostiles à notre égard des lobbies arménien, grec et kurde".(Des actions en vue de faire proclamer le 24 avril 1989 Journée de Commémoration du Génocide des Arméniens, avec dépôt d'un projet de loi allant en ce sens au Congrès américain ont été mises en échec par la grâce des interventions du lobby juif américain en faveur de la Turquie. Cf : Les relations entre la Turquie et Israël, hier, aujourd'hui et demain, p. 114)Il est difficile de parler d'une politique israélienne générale en matière de problème kurde. En effet, Israël, en particulier après la signature du pacte dans lequel il s'est engagé avec la Turquie, et bien qu'il ait proclamé la nature terroriste du PKK, fût-ce à son corps défendant, ne considère pas les guérillas kurdes en Irak et en Iran comme des organisations terroristes, c'est le moins qu'on puisse en dire. Ce sont les relations qu'Israël entretient avec les divers pays où vivent des Kurdes qui doivent être prises en considération si l'on veut obtenir une vision plus réaliste de son attitude. C'est en été 1963 que furent établis les premiers contacts entre Israël et les Kurdes d'Irak, dirigés alors par le Molla Mustafa Barzani. Après juin 1963, le chef du Mosad israélien, le Général Meir Amit, rencontra ses homologues iraniens, et leur proposa d'apporter une aide militaire aux Kurdes (d'Irak, NdT) par le canal de Téhéran. L'Iran accepta cette proposition, en mettant comme condition que l'aide israélienne, tant qualitative que quantitative, soit acheminée avec l'autorisation et par l'intermédiaire de la Savak (iranienne). C'est ainsi qu'Israël allait acheminer son aide en armement destiné aux maquis du Parti Démocratique du Kurdistan, dans le Nord de l'Irak, par l'intermédiaire des services secrets iraniens, la Savak. Dans le cadre de la coopération entre le Parti Démocratique du Kurdistan, la Savak et Israël, des officiers israéliens furent amenés à servir, au titre de la coopération, au Kurdistan irakien. Mais tout ceci se faisait sous le contrôle de l'Iran, en observant strictement les conditions présidant à la coopération tripartite. La coopération israélo-kurde se poursuivit jusqu'au mois de mars 1975, au cours duquel le Shah d'Iran et Saddam Hussein signèrent l'accord d'Alger. L'Iran étant pour Israël un allié stratégique important, se gardera désormais de tout interventionnisme (dans la question kurde) qui serait de nature à mettre en danger ses relations avec ce pays. La relation entre Israël et les Kurdes, tout au long de trois décennies (les années cinquante, puis les années soixante et, enfin, les années soixante-dix) peut être considérée comme faisant partie intégrante de la "théorie des pays du pourtour", qui caractérise la politique étrangère israélienne durant cette période. Cette théorie, développée par l'ancien premier ministre israélien Ben Gurion, est basée sur la nécessité de développer de bonnes relations avec les pays non-arabes voisins d'Israël. Par la mise en application de cette théorie, Israël escompte rétablir un certain équilibre face à une menace et une hostilité arabes dirigées contre lui. Ainsi, pour Israël, la Turquie et l'Iran, pays du Moyen-Orient non-arabes, font partie des "pays du pourtour". (Amatzia Baram, op. cit.) Quant aux Kurdes, même s'ils ne disposent pas encore d'un Etat, ils ne sont pas arabes, plus même : ils ont eu beaucoup à souffrir des Arabes, et de ce fait, ils se rangent dans la catégorie israélienne des "pays du pourtour". De même que l'influence (d'une communauté israélienne) d'origine turque jouait un rôle positif dans les relations israélo-turques, de même la communauté juive originaire du Kurdistan (majoritairement, du Nord de l'Irak) joua un rôle certain dans les relations israélo-kurdes. La population des Juifs kurdisés originaires du Nord de l'Irak, dont une grande partie avaient été amenés en Israël, dans les années cinquante, au cours de deux opérations baptisées "Ezra" et "Nehemya", atteignaient environ 180 000 personnes, en 1988... Dans son ouvrage "Les Juifs du Kurdistan", le Dr. A. Medyali évalue la population des Juifs originaires du Kurdistan vivant de nos jours en Israël à plus de 200 000 personnes.)Jusqu'aux années cinquante, les Juifs du Kurdistan, en majorité paysans, vivaient une vie villageoise typique de cette région. Ils habitaient, entre autres, dans les villages agricoles de Revanduz, Barzan, Tel-Kabar, Duhok, Akra, Sanduka, Bitanura, Baskale, Köy-Sandjak, Mirawa et Girzengal, tandis que les commerçants et les artisans vivaient dans des gros villages ou des villes tels que Zakho, Erbil, Bane et Amediye.


Les relations commerciales turco-israéliennes
Durant le mandat britannique, la balance commerciale entre la Palestine et la Turquie était déséquilibrée en faveur de la Turquie. Entre 1946 et 1949, la Palestine était le troisième marché en importance, pour les exportations turques. Durant cette période, la Palestine importa de Turquie des marchandises pour une valeur d'environ 180 millions de dollars (soit environ 45 millions de $ par an, NdT). En 1950, la balance commerciale entre les deux pays se rapprocha de l'équilibre, puis bascula à l'avantage d'Israël, en 1954. En 1990, les exportations turques à destination d'Israël dépassaient les 30 millions de $, ses importations en provenance d'Israël dépassant, quant à elles, les 70 millions de $. (Amikan Nachami, op. cit. pp.19-20).Les exportations de la Turquie vers Israël s'établissent comme suit (en millions de $) :en 1992 : 90,088 ; en 1993 : 114,500 ; en 1994 : 163,113 ; en 1995 : 195,700.Les importations turques en provenance d'Israël s'établissent ainsi (en millions de $) :en 1992 : 97,075 ; en 1993 : 135,100 ; en 1994 : 126,900 ; en 1995 : 128,100.De 30 millions de $ en 1980, les exportations turques passent à 390 millions de $ en 1997, étant ainsi multipliées par x13 !Sur la même période, le volume des échanges commerciaux globaux entre les deux pays, passant de 90 millions à 620 millions de $, connaît une augmentation d'un facteur x7.Israël passera , de treizième partenaire commercial de la Turquie dans la région "Moyen-Orient et Afrique du Nord" qu'il était en 1989, au deuxième rang, en 1997. (Alan Makovsky, "Le nouvel activisme de la politique étrangère de la Turquie" - The New Activism inTurkish Foreign Policy)On escompte que le commerce entre la Turquie et Israël dépassera le milliard de dollars à partir de l'an 2000. Quant au volume des échanges globaux entre la Turquie et Israël, on s'attend à ce qu'il s'élève progressivement.)


L'avenir des relations israélo-turques
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