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En plus de la répression contre le mouvement de soutien à la Palestine, l’agression d’Abdelaziz Chaambi est une attaque dirigée contre l’ensemble de la communauté musulmane à qui l’Etat
néocolonial français a voulu envoyer un message lui signifiant qu’elle n’avait pas le droit à la liberté de parole et qu’il fallait impérativement qu’elle courbe l’échine.
« Dorénavant, si nous devons de toute façon mourir, nous périrons en rendant coup pour coup et nous ne tomberons pas seuls ».
Malcolm X
Jeudi 29 janvier 2009, alors qu’il participait à un rassemblement contre un repas organisé par une association, le CRIF, qui vient d’apporter son soutien à l’assassinat de plus d’un millier
de palestiniens de Gaza, Abdelaziz Chaambi a été violement molesté par une horde d’agents de l’appareil répressif d’Etat français. Le mettant à terre et le frappant, l’immobilisant par une
technique d’étranglement interdite dans plusieurs pays européens et qui a déjà causé la mort de plusieurs personnes, les autorités françaises ont fait payer à Abdelaziz Chaambi son
engagement pour la justice et la dignité des opprimés.
L’agression d’Abdelaziz Chaambi marque le point ultime de la répression contre le mouvement de soutien à la Palestine en France depuis l’attaque de Gaza par les flibustiers sionistes. Avant
l’agression sioniste, les forces de l’ordre néocolonial avaient déjà montré leur volonté de réprimer toutes manifestations de soutien public au peuple palestinien martyr, en encadrant très
sévèrement la manifestation du 6 décembre 2008 à Paris.
Après l’attaque de Gaza, les autorités françaises, qui ont apporté leur appui aux assassins sionistes, ont tout fait pour démolir le mouvement de soutien au peuple palestinien. Toutes les
manifestations ont été sévèrement encadrées par des hordes de CRS et de gardes mobiles qui ont mis en œuvre de multiples provocations pour faire éclater les cortèges. Contrairement aux
autres pays européens, toutes les manifestations se dirigeant en direction de l’ambassade sioniste ont été arrêtées bien avant d’atteindre leur but afin que les représentants des criminels
et leurs complices français ne soient pas dérangés par les cris de ceux qui refusent l’infâme. Durant ces mobilisations, nombre de militantes et de militants ont été conduits dans les
commissariats pour des « contrôles d’identités » au seul motif qu’ils participaient à une manifestation ou à un rassemblement pacifique.
Dimanche 25 janvier 2009, à Paris, alors que quelques dizaines de manifestants s’étaient réunis pour protester contre la tenue d’un concert visant à récolter des fonds pour les assassins du
MAGAV (police des frontière sioniste), les forces de l’ordre néocolonial, non contentes d’assurer le service d’ordre de la petite sauterie sioniste, ont violement pris à partie ceux qui
étaient venus dénoncer le bal des assassins. Cela démontre, s’il en était encore besoin, que l’Etat français est pleinement complice de l’oppression du peuple palestinien.
En plus de la répression contre le mouvement de soutien à la Palestine, l’agression d’Abdelaziz Chaambi est une attaque dirigée contre l’ensemble de la communauté musulmane à qui l’Etat
néocolonial français a voulu envoyer un message lui signifiant qu’elle n’avait pas le droit à la liberté de parole et qu’il fallait impérativement qu’elle courbe l’échine. Redéployant les
pratiques qu’il avait développées durant l’occupation de l’Algérie, l’Etat français traite les musulmans vivants sur son territoire comme des êtres humains entièrement à part, auxquels les
droits de l’homme ne sont pas applicables puisqu’ils ne sont pas pleinement humains.
S’attaquer à un homme, Abdelaziz Chaambi, engagé depuis une trentaine d’année et qui est un véritable cadre de notre communauté, est une manière pour l’Etat français de montrer que nous ne
sommes rien et qu’il peut s’en prendre physiquement à nos leaders en toute impunité. C’est une manière de piétiner l’ensemble de notre communauté en s’attaquant à l’un de ses symboles. En
conséquence, il est du devoir de tous les musulmans de se mobiliser pour que cette agression ne reste pas impunie car nous sommes tous Abdelaziz Chaambi.
Si l’Etat français pense qu’il peut nous molester, nous frapper, nous humilier ou nous terroriser, il fait une lourde erreur. Nous ne laisserons pas nos sœurs et nos frères se faire
piétiner par les cerbères de l’impérialisme et s’il le faut nous saurons aussi nous défendre par tous les moyens nécessaires.
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Mon agression par les gendarmes le 29 janvier 2009
Par Abdelaziz Chaambi
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Suite à mon agression par des gendarmes devant le Casino des Partouche Le Lyon Vert à Charbonnières Les Bains (69), dans lequel se déroulait le repas annuel du CRIJF, je tenais,
avant de vous relater les faits, à remercier très sincèrement toutes les personnes qui m’ont apporté des messages de sympathie, d’encouragements et de soutien dans cette épreuve qui
m’a certes amoché physiquement mais renforcé moralement et politiquement et les messages reçus de France et de l’étranger m’ont fait chaud au cœur et renforcé ma détermination à
continuer la lutte et à résister à l’oppression et à l’injustice.
Compte tenu des massacres qui ont eu lieu à Gaza et sachant que des hommes et femmes politiques (dont le président du Sénat M. Larcher) complices par leur silence ou leur
approbation allaient venir à ce diner du CRIJF, nous avons voulu manifester notre désapprobation en petit groupe et de manière pacifique.
Arrivés sur les lieux et alors que nous aurions pu nous infiltrer par un petit chemin jusqu’à l’entrée du Casino, nous avions opté pour la transparence et la visibilité et avions
marché sur la route principale en direction de l’entrée en commençant à crier nos slogans ; c’est alors que nous avons vus arriver sur nous un groupe de gendarmes très violents qui
ont commencé à nous brutaliser, nous bousculer, et tenter de nous enlever les mégaphones, la percussion, en nous repoussant loin de l’entrée qui se trouvait déjà à 100 mètres.
Nous avons expliqué que nous venions mener une action citoyenne non violente qui visait à dénoncer les massacres commis à Gaza et le soutien apporté par le CRIJF à l’action
criminelle des sionistes. Les gendarmes ont alors temporisé leurs actions en attendant du renfort, et au bout d’une heure environ, on a vu arriver des dizaines de gendarmes, qui
étaient alors plus d’une cinquantaine, pour une vingtaine de manifestants, nous foncer dessus et nous obligeant à reculer pour être à environ 150 mètres (distance exigée d’après eux
par le Préfet pour que ces convives puissent manger sans être incommodés par nos slogans).
Devant cette brutalité et cette violence gratuite que rien ne justifiait, ni le nombre ni l’attitude ni les slogans, ni la proximité du lieu, nous avons expliqué que nous ne faisons
rien de mal et qu’on exprimait une opinion politique ; j’ai personnellement pris le mégaphone pour expliquer que c’était une manifestation non violente, qu’on ne devait pas
provoquer ou répondre aux provocations et que nous devions nous asseoir, ce que tout le monde a fait. Mais rien n’y fait, les gendarmes continuent à charger, à nous transporter un
par un et, à un moment, j’entends l’un d’eux dire « c’est lui, tire le, tire le » et c’est alors que j’ai été arraché du groupe par cinq gendarmes qui m’ont retiré
en arrière pendant que leurs collègues en masse ont continué à repousser notre groupe, de façon à ce qu’un rideau de gendarmes se forme entre mes amis (qui ne voyaient plus ce qui
se passe) et moi.
C’est alors que le calvaire commence, après m’avoir soulevé en l’air ils m’ont jeté à terre et se sont rués sur moi et m’ont littéralement lynché : une rouée de coups de poing et de
pieds qui m’ont mis à terre, j’avais beau crier que je n’avais rien fait, que j’étais prêt à les suivre, rien n’y faisait, alors que j’étais à plat ventre et que deux gendarmes me
tenaient le cou et les épaules à l’arrière, un autre me tenait les jambes et deux autres se sont jetés sur mon dos pour me donner des grands coups de genoux à hauteur des poumons ce
qui m’a fait suffoquer, je n’arrivais plus à respirer, ni à crier ni à faire quoi que ce soit, j’ai senti mon visage écrasé sur le goudron par un coup de pied. Après m’avoir menotté
les mains dans le dos, ils m’ont relevé pour me mettre dans leur voiture et ont alors réalisé que je n’arrivais pas à respirer et que je commençais à perdre connaissance, j’ai
trouvé la force de leur dire que j’avais un flacon de Ventoline dans ma poche et que j’étais asthmatique, et c’est un homme en civil (je pense un de leurs supérieurs) qui l’a pris
et m’en a donné pour que je retrouve mon souffle.
Ils m’ont ensuite chargé dans la voiture avec les mains menottées dans le dos en me disant : on va t’emmener au poste et on va t’expliquer les choses. Puis à mi chemin, ils ont reçu
un message dans leur radio et ont fait demi-tour pour me ramener au lieu du rassemblement. Les copains avaient exigé fermement mon retour.
Alors que j’étais souffrant, que je respirai très difficilement et blessé ils m’ont jeté sur la route dans un froid glacial sans répondre à ma demande d’appeler le Samu, j’ai appelé
moi-même le 112 qui m’ont orienté sur le Samu qui me dit : on vous envoie la Police, j’explique alors que j’ai été agressé par des gendarmes et que j’ai besoin d’une ambulance ou
d’un médecin, mais rien n’y fait , on ne verra ni Police ni médecin. Un médecin de passage en voiture a voulu s’arrêter pour me soigner et voir mon état, mais les gendarmes l’en ont
empêché, et j’ai attendu une heure sans couverture, sans soins, et malgré les appels successifs des manifestants au 15, les pompiers ne sont arrivés qu’une heure après le premier
appel, et lorsqu’on leur a demandé depuis combien de temps ils ont été appelés, ils nous répondu : 5 ou 10 minutes, ce qui veut dire que durant 50 à 55 minutes, le Samu n’a pas
mobilisé de secours, mettant ainsi ma santé et ma vie en jeu.
J’ai été pris en charge à l’Hopital Saint Joseph à Lyon où j’ai eu droit à 8 jours d’arrêt de travail et 4 jours d’ITT et au constat que j’avais une entorse cervicale, de nombreuses
dermabrasions des membres et du visage, avec des atteintes de la colonne vertébrale, une épaule démontée, des douleurs et traces de coups à la tête, un nerf du bras abimé avec la
main droite insensible à moitié.
La leçon qu’on peut tirer de cette agression, c’est qu’aujourd’hui en France un degré dans l’inacceptable vient d’être franchi par les autorités, qui , après avoir diabolisé et
criminalisé des militants, après les avoir chassés du monde du travail et jetés dans la précarité, cherchent à les éliminer physiquement et à les empêcher de parler de certaines
causes, et en particulier la cause Palestinienne.
Il est impératif de réagir avec la plus grande fermeté et de ne pas baisser les bras jusqu’à obtenir la garantie que cette agression ne restera pas impunie et que les droits à
dénoncer les crimes et les politiques sionistes soient garantis dans ce pays et partout. L’enjeu consiste donc à tenter de préserver le peu d’espace qu’il reste à notre liberté
d’expression, de manifestation et de condamnation de l’infamie et de l’injustice.
Plusieurs organisations, mouvements et associations, s’apprêtent à mener des actions pour dénoncer ce que j’ai personnellement subi ainsi que cette atteinte grave aux libertés et à
l’intégrité des citoyens.
Merci à toutes et à tous, la résistance continue !!!
Abdelaziz Chaambi Lyon le 30 Janvier 2009
Vidéo de l'agression d'Abdelaziz
Chaambi.
http://www.ism-france.org/news/
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