Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s'en est violemment pris au Hamas, dimanche au Caire, alors que de nouvelles discussions sur une trêve à Gaza et une réconciliation
palestinienne sont prévues avec l'Egypte.
Lors d'un discours dans un hôpital au Caire, le président palestinien a accusé le Hamas, sans le nommer, d'avoir joué avec la vie et l'avenir des Palestiniens et d'avoir servi des intérêts
étrangers.
"Ces gens ont risqué la vie du peuple, (...) le sang du peuple, la destinée du peuple, le rêve et l'espoir du peuple d'établir un Etat palestinien indépendant", a prétendu M. Abbas. "Et
pourquoi? En toute franchise, à cause d'agendas qui ne sont pas palestiniens", a-t-il poursuivi sur un ton virulent.
M. Abbas a également affirmé qu'un dialogue avec ses rivaux du Hamas ne serait possible que s'ils reconnaissaient l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).
Il n'y aura "pas de dialogue avec quiconque rejette l'Organisation de
libération de la Palestine", a-t-il lancé. "Ils doivent reconnaître (...) que
l'Organisation est le seul représentant légitime du peuple palestinien et après
cela, (il pourra y avoir) dialogue".
M. Abbas réagissait à des propos du chef du bureau politique du Hamas en
exil à Damas, Khaled Mechaal, qui avait fait part de son intention de mettre en place avec d'autres factions une nouvelle référence "représentant les Palestiniens à l'intérieur et dans la
diaspora".
Selon Abbas, le projet de Khaled Mechaal est un "projet destructeur". "Nous ne pouvons pas permettre à ces (gens) de jouer avec cette entité pour laquelle des dizaines de milliers de martyrs,
de blessés, de prisonniers se sont sacrifiés".
Abbas a aussi affirmé que l'ouverture permanente du terminal de Rafah devait
intervenir après une réconciliation entre Palestiniens et aux termes de
l'accord de 2005, selon lequel des représentants de l'Autorité et des
observateurs européens doivent être présents à ce point de passage entre
l'Egypte et la bande de Gaza.
Le Hamas, lui, veut la levée du blocus israélien imposé à Gaza, la réouverture des points de passage puis un trêve avant d'entamer un processus de
réconciliation.
D'après le responsable du Hamas Moussa Abou Marzouk, la délégation du Hamas va faire part à l'Egypte mardi de "la position du mouvement concernant la proposition égyptienne et la position
israélienne".
Un haut responsable du Hamas a affirmé à l'AFP que son groupe attendait une
réponse israélienne à la proposition égyptienne de trêve d'ici lundi. "Nous pourrons parler en détail de la trêve une fois que notre délégation aura examiné la réponse israélienne", a affirmé
Ahmed Youssef.