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23/01/2009 Un trou dans le plafond calciné, des débris d'obus et des fragments de phosphore qui s'enflamment au moindre
contact: cette maison au nord de Gaza est une preuve de plus pour Amnesty International qui enquête sur les violations par "Israël" des conventions internationales sur les armes.
Lundi 5 janvier, l'artillerie israélienne bombarde la périphérie de Beit
Lahya, dans le nord de la bande de Gaza. Pour se protéger, Sabah Abou Halima et
sa famille se réfugient à l'étage de leur maison, dans un couloir sans fenêtre.
Deux semaines plus tard au même endroit, Chris Cobb-Smith, un expert
britannique en armement, raconte la suite.
"C'est ici que l'obus a transpercé le toit. Là, il a explosé en heurtant le
mur, et distribué tous les fragments de phosphore dans la maison", montre-t-il.
"C'est ce qui explique que tout l'intérieur soit autant calciné."
Depuis le 17 janvier, M. Cobb-Smith parcourt la bande de Gaza avec une
délégation d'Amnesty venue enquêter sur l'utilisation, par l'armée d'occupation israélienne, des bombes au phosphore, substance qui a la propriété de s'enflammer au contact de
l'oxygène.
Dans le bombardement de la maison de Beit Lahya, cinq civils sont tombés en martyr et quatre autres grièvement brûlés, dont Sabah Abou Halima.
"Ca me fait tellement souffrir, ma peau me brûle. Je ne dors plus", confie-t-elle, alitée dans l'unité des grands brûlés de l'hôpital Chifa, à Gaza.
Les hôpitaux de Gaza ont été dépassés par cette substance qu'ils ne
savaient pas traiter parce que "le phosphore n'avait jamais été utilisé contre
Gaza", assure Elizabeth Hodgkin, spécialiste du Proche-Orient pour Amnesty de
1994 à 2002.
A l'hôpital Chifa, des rescapés racontent que leurs plaies se mettaient à
fumer quand on les lavait ou qu'on retirait leurs bandages, car le phosphore
blanc demeure actif très longtemps, et ne cesse de se consumer que lorsqu'on
l'étouffe.
En théorie, cette arme explose en l'air et est utilisée pour générer un
"écran de fumée" de protection, ou pour marquer des cibles pour l'aviation,
explique M. Cobb-Smith.
"Il n'y a aucune justification tactique à son emploi à Gaza", estime-t-il.
"Je pense que c'est ici une arme de terreur qui vise à effrayer les gens, mais
aussi infliger des dommages physiques et détruire des bâtiments."
Un "crime de guerre" pour Amnesty, qui a trouvé de multiples particules
encore actives de phosphore dans des zones civiles, y compris dans l'hôpital
al-Quds de Gaza, indique Donatella Rovera, qui dirige la délégation.
AFP
http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=71226&language=fr
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