Monstrueux. Les chiffres sont plus qu'éloquents pour décrire l'horreur de trois semaines d'offensive sans merci ni répit. Des raids qui n'ont laissé derrière eux que ruine et désolation.
1300 morts en martyr, 410 corps d'enfants démembrés, désarticulés, du trépas de la conscience, images atroces d'une humanité assassinée ramenée à l'état d'une barbarie banalisée.
« Tragique, scandaleux, inacceptable », le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, n'en trouve pas assez de mots, multipliant ainsi les qualificatifs après avoir constaté in visu et in
situ, l'ampleur des dégâts causés par les bombardements israéliens sur Gaza, qui n'avaient épargné rien depuis les infrastructures urbaines et des bâtiments administratifs jusqu'aux
maisons d'habitation, aux écoles, aux hôpitaux, au siège de l'UNRWA en passant par les stades et le secteur privé.
Tous et tout ont été passé au crible des chasseurs et de lourde artillerie de la machine de guerre d'Israël. Le monde entier s'indigne : les dirigeants israéliens va-t-il devoir rendre
compte. John King directeur des opérations de l'UNRWA dans la bande de Gaza est bien catégorique. Selon lui, plus de 350 mille Palestiniens ont perdu leur foyer dans les raids sauvages de
l'armée israélienne.
« Mon message au monde entier est que les habitants de Gaza méritent comme les autres de vivre dignement. Cette fois aussi, ce sont eux qui ont payé le tribut de la guerre d'Israël. Le
bilan élevé des victimes dans l'offensive contre Gaza, scelle cette réalité. », a-t-il déploré. Ban Ki-moon ne décolère plus : quelqu'un va « devoir rendre des comptes ».
S'il ne parle pas ouvertement de « crimes de guerre », les leaders arabes, eux ils ne mâchent pas leurs mots. A leurs yeux, « Israël est légalement responsable des crimes de guerre qu'il a
commis », la communauté internationale devra « entamer les poursuites nécessaires contre ceux qui les ont exécutés ».
Alors qu'Amnesty International parle aussi de « crimes de guerre », certaines organisations de défense des droits de l'homme n'hésitent pas à dénoncer des « crimes contre l'humanité » et
menacent de saisir la Cour pénale internationale (CPI). La Fédération internationale des droits de l'Homme et un groupe d'avocats ont déjà fait savoir qu'ils voulaient saisir la CPI,
compétente pour les crimes de guerre et contre l'humanité.
Toujours dans ce contexte, une coalition arabe s'est formée à la CPI qui a demandé au procureur général de l'instance de traduire en justice cinq autorités militaires israéliennes, accusés
d'être le cerveau des crimes de guerre commis par l'armée à Gaza. Elles doivent rendre compte des raids effectués contre les maisons, les écoles, les mosquées, les ambulances ; ils doivent
aussi répondre du massacre des journalistes et de l'emploi des armes prohibées notamment dans les zones civiles. Israël se trouve aujourd'hui au banc des accusés. L'année 2009 serait-elle
au rendez-vous de l'Histoire ?