Fils d'un rescapé de la Shoah d'origine bulgare et d'une mère d'origine syrienne, réputé réservé et peu disert, à l'opposé de son prédécesseur, Dan Halutz, qui se vantait des crimes de guerre
commis par l'armée israélienne au Liban et à Gaza en 2006, le chef d'état major de l'armée israélienne, le général Gabi Ashkenazi, 54 ans, agit dans l'ombre, utilisant son expérience passée
notamment lors de la guerre du Liban de 1982 où il a supervisé la SLA, South Lebanon Army - Armée du Sud Liban- armée collaborationniste. Il a ensuite été promu à la tête d'une unité d'élite de
tueurs, Golani, lors de la première Intifada. A l'époque, il a défendu ses soldats accusés d’exactions et de torture contre les palestiniens. Commandant du « front nord » (Liban, Syrie), il est
monté en grade, et on lui confie les missions les plus sensibles. Entre autres, la coordination du retrait israélien au Sud-Liban en mai 2000. Ashkenazi a durement critiqué le premier ministre en
poste, Ehud Barak, pour sa décision de retrait unilatéral des troupes israéliennes sans avoir obtenu le moindre accord ou bénéfice. Réputé bon stratagème en matière d'opérations terrestres. Il a
également supervisé la construction du Mur de l'Apartheid en Cisjordanie occupée. Opposé au retrait du Liban Sud sans gain substantiel, il est peu probable qu'il accepte un retrait des troupes de
Gaza sans pouvoir auparavant revendiquer une "victoire" militaire, quitte à massacrer un peu plus de civils palestiniens.
Depuis le début de l'attaque contre Gaza, Ashkenazi a opté pour le silence médiatique, pour lui même et toute la chaîne de commande, silence respecté à la lettre. Ce silence est une arme de guerre
psychologique contre la résistance palestinienne, mais est aussi destiné aux troupes sur le terrain. Les soldats israéliens qui combattent actuellement ont la possibilité d'utiliser les postes
radio dans les maisons palestiniennes dont les habitants ont fui, ou dans les véhicules abandonnés dans la rue. Le haut commandement de l'armée craint les effets négatifs sur ses troupes, notamment
les annonces du nombre de soldats tués et blessés, surtout lorsqu'il s'agit d'officiers. Depuis quelques jours, alors que les réservistes sont entrés en action dans Gaza, les chiffres se font rares
sur les pertes subies par l'armée israélienne (morts et blessés). Il semble donc que cette consigne de silence, ou plutôt cet ordre de silence imposé par Ashkenazi comme arme de propagande, soit
utilisé pour endormir l'opinion publique israélienne mais aussi internationale. Cela peut fonctionner à court terme mais aura rapidement un effet boomerang discréditant toutes les informations
fournies par l'armée israélienne.
Pendant la guerre du Liban en 2006, Israël a aussi caché ses pertes : destruction de tanks, black out sur le nombre de soldats tués, mais le bouche à oreille fonctionnait. Actuellement c'est
l'unité nationale autour de ce silence complice. Les médias participent à cet effort de guerre : pas d'éloge des soldats tués, "par des tirs amis" . L'armée israélienne serait -telle si nulle pour
que la plupart des soldats tués l'aient été par un "tir ami" ? Habituellement, lorsqu'il y a mort par "tir ami" l'armée sioniste diligente immédiatement une enquête, ce qui n'est pas le cas
actuellement. Les familles aussi ont été recrutées dans cet effort de guerre : enterrements discrets, pas de photos dans les journaux.
Israël cache ses soldats morts. Combien ? Trente, Soixante ?
Quand la vérité est baillonnée, le silence devient mensonge.
http://www.planetenonviolence.org/Attaque-Sur-Gaza-Ville,-Du-Deja-Vu-A-Beyrouth-En-1982-Israel-Chercherait-Il-A-Chasser-Le-Hamas-Pour-Reinstaller-Abbas,_a1788.html