Ô Hélène quelle pluie ! ***************************** Le mardi, j’ai rencontré Hélène A quinze heures A l’heure de l’ennui infini, Mais le tintement de la pluie Avec une femme comme Hélène Est un
chant de voyage Pluie, Quelle nostalgie…nostalgie du ciel Au ciel ! Pluie, Quel gémissement….gémissement des loups Pour leur espèce ! Il pleut sur le toit de la sécheresse, Sécheresse dorée dans
les icônes des églises, A quelle distance la terre est-elle loin de moi ? Et l’amour de toi ? Dit l’étranger à la vendeuse de pain, Hélène, Dans une rue étroite comme ses chaussettes, -Pas plus
d’un mot….et pluie ! Pluie affamée d’arbres… Pluie affamée de pierres… Et l’étranger qui poursuit : Hélène, Hélène ! Est-ce que l’odeur de pain Monte maintenant De toi, vers une fenêtre Dans un
pays lointain … Pour répéter les paroles d’Homère ? Est-ce que l’eau jaillit de tes épaules Vers des arbres séchés dans un poème Et Hélène de lui répondre : Ô quelle pluie ! Ô quelle pluie !
L’étranger lui dit alors : Me faut Narcisse pour que je puisse regarder L’eau, la tienne Regarder mon corps. Regarde Ô toi Hélène, Dans l’eau de nos rêves tu trouveras Les morts sur tes rivages qui
chantent pour Ton nom : Hélène …Hélène ! Ne nous laisse pas Seuls comme la lune Ô quelle pluie ! Ô quelle pluie ! Et l’étranger qui poursuit : J’ai déjà fait la guerre Sous tes ordres, Et tu n’es
pas innocente de mon sang asiatique. Et tu ne seras jamais innocente D’un sang Caché dans les veines de tes roses .Hélène Qu’il étaient durs les grecs d’autan ! Et qu’il était morose, Ulysse, cet
amoureux De voyages Qui cherchait sa légende Dans les pèlerinages ! J’ai révélé ce que je lui ai tue Et ce que j’ai dit je l’ai caché A Hélène. Mais elle sait ce que l’étranger ne peut dire … Et
sait ce qu’il chuchote à l’odeur Qui se brise sous la pluie. Elle lui dit enfin : La guerre de Troie n’a eu lieu Jamais ! Ô quelle pluie ! Ô quelle pluie ! In « Pourquoi as-tu laissé le cheval tout
seul » First Published in 1995 Riad El –Rayyes BOOKS Ltd. Noureddine Mhakkak : Poète, romancier et critique littéraire et artistique marocain, naquit en I960 à Casablanca .Doctorat ès lettres.
Polyglotte (Arabe, français, anglais). ************************************************************ MA MERE ************** J'ai la nostalgie du pain de ma mere, Du café de ma mere, Des caresses de
ma mere… Et l'enfance grandit en moi, Jour après jour, Et je chéris ma vie, car Si je mourais, J'aurais honte des larmes de ma mere! Fais de moi, si je rentre un jour, Une ombrelle pour tes
paupières. Recouvre mes os de cette herbe Baptisée sous tes talons innocents. Attache-moi Avec une mèche de tes cheveux, Un fil qui pend à l'ourlet de ta robe… Et je serai, peut-être, un dieu,
Peut-être un dieu, Si j'effleurais ton Coeur! Si je rentre, enfouis-moi! Bûche, dans ton âtre. Et suspends-moi, Corde à linge, sur le toit de ta maison. Je ne tiens pas debout Sans ta prière du
jour. J'ai vieilli. Ramène les étoiles de l'enfance Et je partagerai avec les petits des oiseaux, Le chemin du retour… Au nid de ton attente! ---------------------------- Mahmoud Darwish Traduit de
l’arabe par : Noureddine Mhakkak