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Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.

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LE VOL MASSIF DE LA PALESTINE PAR ISRAËL

LE VOL MASSIF DE LA PALESTINE PAR ISRAËL
réexaminé, mais encore irrésolu par Genevieve Cora Fraser *
par : Rédaction Enfants de (la) Palestine,

Quarante ans après les événements qui aboutirent en 1948 à la

création d'Israël, Henry Cattan, un juriste palestinien de

Jérusalem Ouest, a décrit la dépossession du peuple palestinien de

ses biens - un des plus grands vols de masse dans l'histoire de la

Palestine. Si l'on veut avoir un jour des accords définitifs entre

Israël et la Palestine et une solution du problème des réfugiés, au

moins partielle, au moyen de compensations financières, alors l'

ouvrage de Michael R. Fischbachs - Records of Dispossession -

Palestinian Refugee Property and Arab-Israeli Conflict [Inventaire de la

dépossession - Les biens des réfugiés palestiniens et le conflit

arabo-israélien] - publié en 2003 par Columbia University Press est

un ouvrage indispensable aux négociateurs et aux autres personnes

concernées, ainsi qu'à tous ceux qui s'intéressent à l'

histoire de la Palestine et d'Israël.

. Fischbach, professeur associé d'histoire au Randolph - Macon College, en Virginie, parle couramment l'arabe ; il est une autorité reconnue dans le domaine de l'histoire socio-économique du monde arabe. Dans son ouvrage, il détaille non seulement des estimations déjà publiées et étudiées, mais aussi des statistiques inédites,de l'ampleur et de la valeur des biens des réfugiés. Ses estimations sont fondées sur un examen méticuleux de ce que le sociologue palestinien Salim Tamari présente comme la mémoire collective de l'exil du peuple palestinien et qui en représente véritablement les archives. Ces archives furent, au début, dispersées dans le monde entier. Elles étaient tenus sous clé par les Nations unies, et préservées sous une forme fragmentaire dans des boîtes d'archives et dans des classeurs métalliques, voire abritées dans des entrepôts poussiéreux en Grande-Bretagne, en Palestine, en Israël, et un peu partout dans le monde arabe.

Mais « Inventaire de la dépossession » est plus qu'un témoignage d'auteur sur les pertes en biens subies par des Arabes palestiniens, et aussi, il ne faut pas l'oublier, par des juifs palestiniens. L'ouvrage relate de quelle manière la fuite tragique des réfugiés avait été programmée en fonction de stratégies soigneusement mises au point, et de politiques israéliennes en matière de biens abandonnés conçues de manière à priver définitivement les Palestiniens de leurs biens, tout en apaisant les critiques internationales, en attendant que se solidifie la souveraineté de l'Etat (sioniste) émergeant. Et, tandis que les Nations unies tentaient de faire quelque chose afin de régler la question des biens des réfugiés, le calvaire des Palestiniens ne tarda pas à se muer en la contradiction toujours croissante et irrésolue entre un Etat d'Israël paranoïde, très bien armé et agressif, et ses voisins arabes, drapés dans leur dignité, mais sourdement hostiles.

La superficie exacte des terres abandonnées derrière eux par les réfugiés a fait l'objet de nombreuses études - contradictoires

-  au fil des années, depuis 1948, reconnaît M. Fischbach. La genèse du problème des biens des réfugiés naquit en 1948, au cours de la première guerre arabo-israélienne, durant laquelle la moitié des habitants arabes de la Palestine s'enfuirent ou furent tirés de leurs maisons par les forces sionistes. Croyant qu'ils seraient en mesure de retourner chez eux sous peu, beaucoup de Palestiniens partirent sans rien, mis à part les effets qu'ils pouvaient eux-mêmes porter. Le Professeur Fischbach identifie trois groupes socio-économiques et trois vagues distinctes de Palestiniens qui abandonnèrent leur maisons, tandis que la violence réciproque, les atrocités dont furent victimes les populations civiles et la peur s'intensifiaient.

Beaucoup des Palestiniens résidant dans les villes étaient très aisés. Ils ont abandonné derrière eux non seulement de luxueuses maisons garnies de meubles de prix et d'autres équipements, mais aussi des boutiques, des entrepôts, des usines, des machines et autres fonds de commerce. Ceci, en plus de dépôts bancaires, tels les comptes et des biens précieux, bijoux, or, ou obligations, déposés dans les coffres des banques. D'autres durent abandonner de vaste orangeraies. Ce ne sont pas seulement des terres et des arbres fruitiers et des oliviers qui furent temporairement laissés à eux-mêmes, ce furent des tuyaux d'irrigation, des pompes à eau, et d'autres biens essentiels présents sur ces terres. Aucun, parmi ces Palestiniens, n'eut le sentiment que son départ était autre chose qu'un éloignement temporaire d'une zone de combats.

Cependant, tous les Palestiniens fortunés n'acceptèrent pas leur sort. Un homme d'affaires de Haïfa, dans la détresse, qui avait dû abandonner sa maison et son entreprise, pour finir par se retrouver dans un camp de réfugié de la vallée du Jourdain, près de Jéricho, emmena ses deux fils derrière la tente familiale, un jour de novembre1948 : il les tua d'une balle, puis il retourna son fusil pour lui-même en finir.

La Hagana, milice officielle du mouvement sioniste en Palestine, attaqua stratégiquement des villages qui lui semblaient représenter une menace pour les colonies juives et les lignes de ravitaillement, et les forces arabes répliquèrent du tac au tac, contre les colonies juives. Mais,avec l'offensive généralisée des sionistes, au printemps 1948, les villageois palestiniens durent prendre la fuite, laissant derrière eux leurs maisons, leurs fermes, leur cheptel et leur équipement agricole, ainsi que leurs effets personnels. Ne possédant généralement pas decompte en banque, à la différence de leurs concitoyens habitant des villes, certains d'entre eux enterrèrent de l'argent dans le sol, afin de le cacher, en lieu sûr. Ils n'imaginaient évidemment pas qu'ils ne reviendraient jamais…

Lorsque l'armistice fut signé, en 1949, ce sont, au total, quelque 726 000 réfugiés palestiniens qui avaient fui vers le Liban, la Syrie,la Jordanie, la Cisjordanie et la bande de Gaza, ainsi que vers l'Egypte, ou encore l'Irak et au-delà, indique Fischbach. Les citadins palestiniens des classes moyenne et aisée s'installèrent chez des parents ou louèrent de nouvelles résidences. Les pauvres se retrouvèrent relégués dans les camps de réfugiés. La guerre entraîna également l'exode de quelque 30 000 Syriens, Libanais, Egyptiens, Jordanien ou Irakiens : des Arabes qui vivaient à l'époque en Palestine. Au total, ces personnes ont abandonné derrière d'innombrables biens mobiliers et immobiliers, dont l'ampleur et la valeur ne pouvaient être prouvée, ni au moyen de testaments, ni au moyen d'un quelconque autre document.

Les autorités mandataires britanniques n'ont jamais procédé à l'inventaire exhaustif des terres des Palestiniens, et les registres cadastraux existants furent dispersés ou détruits en raison des combats. Il en résulta que la définition territoriale d'un village donné variait, depuis lors, d'une source à l'autre. Toutes les localités d'où provenaient les réfugiés n'ont pas été reconnues officiellement comme des villages par les autorités mandataires, qui ne retinrent aucune information à leur sujet, et ne les firent figurer sur aucun relevé topographique. Bien que les estimations de villages détruits varient, la plus basse étant celle reconnue par Israël, et s'établissant à 360 villages, une étude menée par Bashir Nejm et Bishara Muammar indique que l'étendue des destructions de villages recouvre Israël (en partie), la Cisjordanie et la bande de Gaza. Leur estimation fait état de 427 villages palestiniens détruits, deux autres villages étant restés à ce jourindéterminés.

« Inventaire de la dépossession » examine également les chiffres publics relatifs à ce qui est qualifié, par euphémisme, de transfert » des Palestiniens vers l'extérieur. Yosef Weitz, du Fonds National Juif, était l'un des sionistes les plus éminents, en Palestine, en 1948. Il adhérait à la mission sioniste consistant à édifier l'Etat sioniste dounom après dounom. Il nota : « Il devrait être très clair, pour nous tous, qu'il n'y a pas en Palestine assez d'espace pour les deux peuples. Sans les Arabes, la terre sera immense et spacieuse, pour nous. Avec eux, la terre restera insuffisante et surpeuplée ». Les combats de 1948 fournirent à la fois une opportunité pour le transfert (des Palestiniens) et une occasion en or pour empêcher le retour de réfugiés qui représenteraient à la fois une menace militaire et une menace démographique. Défendant la politique sioniste, Chaim Weizmann, le premier président d'Israël, demanda, tout de go, au premier ambassadeur américain dans ce pays :

Qu'a fait le monde, afin d'éviter ce génocide [il faisait allusion à l'Holocauste] ? Alors, pourquoi devrait-il y avoir aujourd'hui toute cette excitation, à l'ONU et dans les capitales occidentales, autour du sort des réfugiés arabes ? ».

Alors que les combats faisaient encore rage, certains juifs commençaient à s'installer dans les maisons abandonnées par leurs propriétaires palestiniens. D'après Fischbach, de nouveaux immigrants juifs, survivants de l'Holocauste qui avaient été dans un premier temps logés dans des kibbutzim ruraux, avaient trouvé que ceux-ci leur rappelaient les camps de concentration nazis. Certains squattèrent des maisons cossues à Haifa, dont certaines étaient abandonnées, mais dont d'autres, en revanches, étaient encore habitées par les quelques Palestiniens qui n'étaient pas partis.

Certains de ces juifs ne firent ni une ni deux : ils chassèrent les propriétaires par la force. Un Palestinien, Saïd Atma, a rapporté que des juifs ont fait irruption chez lui, l'ont agressé, ont jeté ses meubles par les fenêtres, et ont commencé à s'installer dans sa villa. Il ne lui restait plus qu'une chose à faire : partir.

Les maisons arabes étaient aussi pillées par les soldats et les civils juifs, et dès le début de la guerre, celui qui allait devenir le premier Premier ministre d'Israël, David Ben Gurion, donna des ordres à la Hagana afin qu'elle commençât à installer des juifs dans les maisons palestiniennes « conquises ». Durant l'été 1948, l'armée israélienne entreprit de démolir les villages palestiniens désertés, tandis que des kibbutzim socialistes (il s'agit de fermes coopératives) ainsi que des moshavim, moins collectivistes, et des colonies religieuses commençaient à se mettre en lice pour s'arroger les terres abandonnées par les réfugiés fugitifs. Une Hypothèque des Propriétés des (propriétaires) Absents fut créée, et elle remit un rapport officiel, l'année suivante, à la Knesset, indiquant que seulement 14 millions (de shekels) de biens meubles des réfugiés, en tout et pour tout, ont fini dans son coffre-fort.

La déclaration de l'Etat, en 1948, fut suivie, un mois après, par une loi spécialement conçue afin de donner un fondement légal à l'extension de la juridiction israélienne non seulement aux biens immobiliers abandonnés, mais aussi aux zones non construites abandonnées de la Palestine. Par définition, ceci signifiait que la quasi totalité des terres arabes passées sous le contrôle d'Israël, que ce soit par confiscation ou par cession, purent être qualifiées d' « abandonnées ». Cette loi stipulait par ailleurs clairement que tous les résidants de ces terres devaient avoir fui pour qu'elles puissent être qualifiées d' « abandonnées ». Elle autorisait également l'Etat à s'emparer de bâtiments, de récoltes, et à peu près de tout ce qui pouvait se trouver sur ces terres au moment de leur confiscation.

Fischbach relève également que les Règlements d'Urgence (Loi sur les Propriétés des Absents), adoptés en 5709 / 1948, faisaient passer la qualification d'abandon d'une terre à son propriétaire lui-même : au lieu de déclarer une terre abandonnée, ce sont les gens qui désormais étaient déclarés « absents », et c'est dès lors l'ensemble (nous soulignons, ndt) de leurs propriétés qui devenaient immédiatement saisissables par l'Etat.

Cette loi, par ailleurs, déclarait que les personnes qui, à quelque date que ce soit ultérieurement au 29 novembre 1947, étaient des citoyens d'Etats arabes, étaient considérés « absents », qu'ils soient ou non absents en réalité d'une quelconque terre qu'ils possédaient en Palestine. Cette loi déclarait les Palestiniens absents » s'ils s'étaient un jour rendus dans un pays arabe pour quelque durée que ce soit, postérieurement au 29 novembre 1947, y compris ceux d'entre eux qui avaient fui temporairement dans un pays arabe afin de s'y réfugier, et qui étaient ensuite revenus, voire même ceux qui s'étaient rendus pour de courts voyages dans des pays arabes, pour affaires. Elle déclarait « absents » les Palestiniens s'ils se trouvaient dans toute partie de la Palestine non contrôlée par les forces juives postérieurement au 29 novembre 1947, pour une quelconque durée : à l'époque, la plus grande partie du pays tombait sous le coup de cette définition. Enfin, elle déclarait absent » quiconque se serait trouvé temporairement éloigné de son lieu normal de résidence, pour un motif quelconque, quand bien même tant ce lieu que le lieu normal de résidence se trouveraient dans des zones placées sous contrôle juif.

Autrement dit, la Loi sur les Propriétés des Absents visait virtuellement tous les Arabes, y compris ceux qui étaient restés, à l'intérieur d'Israël, chez eux. Ceux-ci, y compris, furent déclarés « absents » ! Ce que cette loi visait, c'était de permettre à l'avenir à l'Hypothèque des Propriétés des Absents de céder ces propriétés et de les vendre à l'Autorité de Développement, dont la création n'allait pas tarder à suivre,laquelle sollicitait des offres en devises étrangères, car le gouvernement avait besoin de devises, le plus rapidement possible. L'un des acheteurs fut le Fonds National Juif. Le FNJ veillait à ce que la terre soit acquise légalement et ne reste pas contrôlée par l'Etat. Et cela, pour la raison suivante : bien que le tout nouveau Etat d'Israël fût un Etat juif, c'était aussi une démocratie. D'après Fischbach, le FNJ redoutait que, si des terres confisquées aux réfugiés palestiniens demeuraient entre les mains de l'Etat, celui-ci pourrait être un jour contraint d'allouer ces terres à des fins de développement sur une base équitable, entre ses citoyens juifs et palestiniens, au lieu de les réserver exclusivement à l'usage des seuls juifs. En 1950, la loi sur les Propriétés des propriétaires Absents fut étendue, afin qu'Israël fût en mesure de contrôler le sort des biens des réfugiés pour une durée de plusieurs décennies à venir.

Toutefois, tous les juifs ne furent pas satisfaits de leurs fortunes récemment acquises. Le journaliste de langue yiddish David Pinsky raconte, en 1949, l'histoire d'une rescapée de l'Holocauste, qui commençait à se demander quel droit elle pouvait bien avoir, elle et sa famille, d'occuper une maison qui ne lui appartenait pas ? De se servir d'un jardin et d'un champ qui avaient été arrachés par la force à d'autres personnes qui s'étaient enfuies, paniquées par la guerre, et qu'on avait empêchées de rentrer chez elles ? Sa famille, et elle-même, n'étaient-elles pas en train de vivre grâce à des biens volés à autrui ? N'était-elle pas en train de faire aux Arabes ce que les nazis lui avaient fait, à elle et à sa famille ?

Bien que la communauté internationale fût choquée par le chaos créé par la première guerre israélo-arabe, la responsabilité du calvaire des Palestiniens retombait sur les Nations unies, qui avaient proposé le projet de partage, rejeté par les pays arabes, sacrifiant 55 % de la Palestine afin qu'y fût créé l'Etat d'Israël qu'elles proposaient. D'après la section 1.C.2.8. du projet : aucune expropriation de terres appartenant à des Arabes ne devait être autorisée dans l'Etat juif, sinon à des fins d'usage public. Dans tous les cas d'expropriations (nécessaires à des fins de travaux publics), une compensation plénière, définie par la Cour suprême [de l'Etat juif], devait être versée au propriétaire (arabe) avant même l'expropriation. Le dernier jour du mandat britannique, les Nations unies créèrent le bureau du Médiateur des Nations unies pour la Palestine, chargé de promouvoir une transition pacifique vers la future situation de la Palestine. L'ancien président de la Croix Rouge suédoise, le Comte Folke Bernadotte, fut choisi pour occuper ce poste. Non seulement Bernadotte insista-t-il sur les garanties àapporter au sort des biens des réfugiés, dans l'attente d'une solution rapide à leur exode, mais il déclara que le droit des réfugiés arabes à retourner dans leurs maisons dans les territoires contrôlés par les juifs, le plus tôt possible, devait être affirmé par les Nations Unies. Le rapport qu'il rédigea rapidement appelait également au versement de compensations équitables à ceux des réfugiés qui choisiraient de ne pas retourner chez eux. A cette fin,la Commission des Nations Unies pour la Conciliation en Palestine [UNCCP] fut créée : deux décennies durant, elle se chargea de la médiation arabo-israélienne et de la sauvegarde des droits afférents aux biens des réfugiés de Palestine.

Au lendemain du jour où Bernadotte apposa sa signature à la fin de son rapport, il fut tué, par balles, à Jérusalem par les activistes du Front de la Mère Patrie, un groupe associé à celui des Combattants pour la Liberté d'Israël (Lehi, ndt), qui publièrent, une semaine après, une mise en garde menaçante, indiquant qu'ils avaient l'intention d'en user de même :

« Les Combattants pour la Liberté d'Israël combattront par tous les moyens dont ils disposeront contre le régime étranger [sic], fût ce dernier arabe, anglo-arabe, ou un régime impérialiste hybride dissimulé derrière le masque des Nations unies. Toute supervision [étrangère] de cette sorte, ou tout gouvernement de cet acabit, seront considérés par nous comme étant au service de l'impérialisme et de l'occupation étrangère, et nous les traiterons comme nous avons traité le régime britannique et ses représentants. »

D'après Fischbach, on sait, depuis bien longtemps, que les archives de l'UNCCP (Commission des Nations unies pour la Conciliation enPalestine) renferment l'évaluation la plus précise jamais réalisée de l'étendue et de la valeur des terres appartenant aux réfugiés palestiniens. Bien que le Projet Technique relatif aux propriétés perdues des réfugiés, mis au point par l'UNCCP ait été partiellement rendu publique, en 1964, certains détails fort importants ne le furent pas. Le Secrétariat des Archives de l'ONU à New York, qui a les archives de l'UNCCP en dépôt, conserve depuis lors un contrôle très sévère sur les documents qui recensent les biens des réfugiés. Ce secrétariat ne permet pas non plus l'accès à d'autres documents archivés par les commissions. Ce matériel archivistique a fini par acquérir un statut quasi mythique au fil des ans, pour les spécialistes qui étudient la question des biens des réfugiés, et on a longtemps cru que ces documents extrêmement utiles avaient été mis au secret, quelque part, à l'ONU…

A la fin des années 1990, l'auteur a reçu l'autorisation d'accéder aux archives de l'UNCCP, tant aux relevés cadastraux qu'à d'autres types de documents, tandis qu'il rédigeait son ouvrage sur l'historique de la question des biens des réfugiéspalestiniens.

Bien que l'UNCCP ait refusé de rendre publique sa propre estimation de la valeur de ces biens, les recherches que j'ai effectuées à partir des archives de l'UNCCP font apparaître le chiffre de 235 660 250 livres (soit 942 millions de dollars 1948). Les archives de l'UNCCP contiennent également d'autres études et d'autres données concernant le problème des biens des réfugiés, qui n'ont jamais été publiées. En 1962, Frank E. Jarvis, géomètre expert de l'UNCCP, a mis au point un projet visant à accorder aux réfugiés des compensations : ce projet n'a jamais été rendu public. Son étude avait estimé une compensation globale à quelque 1 125 milliards de dollars 1962. Ce chiffre comprenait la valeur des terres abandonnées et des biens meubles, les intérêts sur ces capitaux, une provision correspondant à l'évolution du taux monétaire, l'indemnisation des biens publics dont les réfugiés avaient été privés et une allocation pretium doloris, recouvrant les pertes de revenus, indiquait l'auteur.

L'UNCCP a cessé de fonctionner en 1966, pour solde de tout compte.

Ses archives, dont les études confidentielles réalisées à sa demande sur la valeur des terres et les systèmes de compensation, ont été reversées aux archives de l'ONU, où elles se trouvent encore aujourd'hui.

« A des milliers de kilomètres des camps où s'entassent encore aujourd'hui les réfugiés palestiniens de 1948 et leurs descendants,les données relatives à leurs propriétés et biens perdus continuentà ramasser la poussière… », a résumé Fischbach.

Post-Scriptum :

[« Records of Dispossession - Palestinian Refugee Property and theArab-Israeli Conflict », de Michael R. Fischbach (en anglais) (ISBN : 0-231-12978-5), a été publié par l'Institut d'Etudes Palestiniennes.

Pour plus d'information, ou pour acheter un exemplaire au prix de $39.50, envoyer un mél à l'adresse suivante :

cup_book@columbia.edu]

[* Genevieve Cora Fraser est poétesse, dramaturge et journaliste. Elle milite inlassablement, depuis des années, pour la défense de l'environnement et des droits de l'homme.]

 
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