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Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.

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PALESTINE

PALESTINE
Où va le Proche-Orient ? Pourquoi les Etats-Unis rechignent-ils à s'investir à fond dans le règlement du conflit israélo-arabe et donnent l'impression de cautionner l'entreprise criminelle de Sharon ? Pourquoi l'Europe reste les bras croisés devant ce brasier qui risque de s'étendre jusqu'à l'intérieur de ses frontières ? Quelle est la stratégie inavouée de ceux qui réclament le départ d'Arafat ?
Les crimes de Sharon, la complicité de Bush
PAR MAJED NEHMÉ

Il n'a rien compris, il n'a rien appris. Après les attentats du 11 septembre, beaucoup ont parié, ou du moins espéré, que le président George W. Bush, le mal élu, allait enfin tirer les enseignements de cette tragédie et s'atteler à la lourde mission de pompier et de juge de paix que lui confère son statut de chef de la seule hyperpuissance mondiale. Plus de cent jours après ces terribles événements, ceux qui ont parié sur une telle éventualité en auront été pour leurs frais. Non seulement l'administration républicaine la plus droitière de l'histoire des Etats-Unis depuis l'épisode du maccarthysme n'a pas changé d'un iota son comportement unilatéraliste, mais tout concorde à montrer que sa prétention impériale à régenter la planète sans tenir compte du reste du monde - y compris des conseils de son plus dévoué domestique Tony Blair - empire de jour en jour. La façon dont cette administration gère le dossier palestinien en est l'éclatante illustration.
La vague promesse d'un Etat palestinien, donnée comme gage de bonne volonté au monde arabo-islamique, alors que des incertitudes pesaient encore sur la formation d'une large coalition contre le terrorisme, est en train de s'évaporer au fur et à mesure de l'effondrement des taliban et d'Al-Qaïda. Pis encore : l'apparent blanc-seing donné au boucher Ariel Sharon pour détruire l'Autorité palestinienne démocratiquement élue et unanimement reconnue par la communauté internationale ainsi que pour affaiblir dangereusement son président, Yasser Arafat, est pire qu'un crime : c'est une faute stratégique aux conséquences gravissimes et incalculables. Pour les Palestiniens d'abord, les Israéliens ensuite, mais aussi pour les intérêts nationaux américains à long terme. Sans oublier les intérêts stratégiques de l'Europe qui seront directement menacés en cas d'une déstabilisation prolongée de la Méditerranée.
Or, depuis l'élection d'Ariel Sharon en Israël et l'arrivée à la Maison Blanche de George W. Bush, c'est cette stratégie du pire qui est à l'œuvre en Palestine. D'un côté, le chef du Likoud, Ariel Sharon - tristement célèbre pour les crimes contre l'humanité qu'il avait laissé commettre sur la population désarmée des deux camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila, près de Beyrouth, en septembre 1982 -applique à la lettre ce qu'il avait promis à ses électeurs : la fin de l'Intifada, l'enterrement du processus d'Oslo (auquel il s'était toujours opposé publiquement) et la signature avec des supplétifs palestiniens d'un accord intérimaire qui leur laisserait moins de 40 % des territoires occupés.
De l'autre côté, George W. Bush, qui épouse entièrement les thèses ultra-sécuritaires de Sharon - qu'il a d'ailleurs reçu à deux reprises à la Maison Blanche alors qu'il refuse toujours de recevoir Arafat - exige l'arrêt de ce qu'il appelle les "violences palestiniennes". Commentant cette situation, Hubert Védrine, le ministre français des Affaires étrangères, a estimé que la politique de la terre brûlée conduite par Sharon "nous renvoie dix années en arrière, mais en pire". Il serait plus juste de dire qu'elle nous renvoie plutôt à 1982, quand les troupes israéliennes sous les ordres du même Sharon avait investi la première capitale arabe et imposé le départ, pour Tunis, des structures et des combattants de l'OLP. Avec le recul, cette stratégie s'avérera désastreuse pour lui personnellement, puisqu'une commission d'enquête israélienne (commission Kahane) le rend responsable des massacres de Sabra et Chatila (entre mille huit cents et cinq mille morts, palestiniens et libanais). Aujourd'hui encore, les fantômes de ce crime contre l'humanité le hantent et les survivants de ces deux camps le poursuivent devant la justice belge. L'image d'Israël en est, elle aussi, sortie ternie à jamais.
Mais le désastre n'est pas que moral. Il est surtout stratégique. La guerre du Liban, en 1982, que Sharon avait baptisée "Paix en Galilée" s'est conclue, en juillet 2000, par une véritable hécatombe pour les troupes d'occupation israéliennes et par une retraite sans honneur face aux coups de boutoir de la résistance libanaise, dont le fer de lance a été le Hezbollah libanais qui, on ne se lasse pas de le rappeler, n'existait pas en 1982. Mieux encore, plus de dix ans après qu'il eut chassé l'OLP du Liban, la voilà de retour, en Palestine même, avec Yasser Arafat comme seul et unique interlocuteur.
Entre-temps, alors que l'horizon politique était totalement bouché, et que le gouvernement israélien avait la certitude d'avoir à jamais réduit à néant toute résistance en Palestine, après avoir acculé l'OLP à une structure politique en exil, voilà que la première Intifada, la guerre des pierres, éclate en décembre 1987. L'image du petit David israélien assiégé et menacé par le Goliath arabe, que la propagande israélienne avait jusqu'ici envoyé au monde extérieur, est désormais inopérante. Le petit David, c'est désormais le jeune lanceur de pierres palestinien face à la plus puissante machine de guerre de la région. La guerre de l'image, qui avait déjà tourné en 1982 en faveur des Palestiniens, est désormais définitivement perdue par Israël. Du moins dans l'opinion publique internationale, même si cette défaite n'est pas fidèlement reflétée dans les grands médias occidentaux.
L'idée d'un compromis historique fondé sur l'échange des territoires occupés contre la signature d'un traité de paix, faisait déjà son chemin. Il a fallu l'affaiblissement du monde arabe avec l'écrasement de l'Irak dans la Tempête du désert pour qu'elle se concrétise enfin, d'abord à la conférence de Madrid (1991), ensuite dans les accords d'Oslo (1993). Or c'est ce compromis que Sharon s'emploie à faire voler en éclats avec la complicité criminelle de Bush fils. Et le chemin le plus direct pour réaliser cet objectif est l'élimination de Yasser Arafat. D'abord en l'humiliant personnellement, en l'assignant pratiquement à résidence à Ramallah, en détruisant ses moyens de transport, en prenant pour cible privilégiée les services de sécurité à qui on demande - comble de l'ignominie - de poursuivre les organisateurs présumés des attentats suicide, et enfin, le poussant à provoquer une guerre civile, sans qu'il y ait, au bout du tunnel, une véritable alternative politique. Une fois discrédité, il sera plus facile, pensent Sharon et ses conseillers, de l'achever politiquement avant qu'un extrémiste palestinien ne l'élimine physiquement !
On peut aisément deviner la suite du scénario : guerre de succession, guerre civile, nouveau transfert de la population vers la Jordanie et la réalisation du vieux rêve d'un Grand Israël ! Pour Baroukh Kimmerling, l'éditorialiste du quotidien israélien Ha'Aretz, il s'agit de "dangereuses illusions". "Pour quiconque a un minimum de sens commun, il est évident, écrit-il, que l'option du Grand Israël est inapplicable et que, en fin de course, Israël ne se stabilisera qu'en épousant plus ou moins le tracé de la "Ligne verte" [ligne fictive séparant Israël des territoires occupés en 1967]. Cependant, trois questions centrales et étroitement imbriquées cherchent encore une réponse. Combien de temps durera cette guerre de décolonisation ? Combien de victimes fera-t-elle des deux côtés ? Israël parviendra-t-il à nouer un partenariat avec les Palestiniens ou laissera-t-il les deux sociétés, tant israélienne que palestinienne, s'enfermer dans leurs frontières étroites et ruminer leur haine et leur soif de vengeance ?
Pour la fille du général israélien Mattityahou Peled, l'un des premiers initiateurs du dialogue israélo-palestinien avec Issam Sartawi (assassiné par le groupe Abou Nidhal), Mme Nourit Peled-Elkhanan, dont la propre fille, Smadar, 14 ans, succomba en 1997 à un attentat du Hamas, à Jérusalem, "la mort a un gouvernement", c'est celui de Sharon. "En Israël, écrit-elle, la mort gouverne, et ce gouvernement est un gouvernement de mort. (...) La machine d'endoctrinement israélienne parvient à présenter ces attentats comme déconnectés de toute réalité israélienne. Il y a des "assassins arabes" et des "victimes israéliennes". Mais celui qui a de la mémoire (...) sait que ces attentats ne sont que les derniers en date d'une chaîne d'effrayants événements sanglants, qui ne cessent pas depuis trente-quatre ans. Et qui n'ont qu'une seule raison : une occupation cruelle. Une occupation qui signifie humiliation, faim, impossibilité de gagner sa vie, démolitions de maisons, arrachage des arbres, assassinats d'enfants, internements de mineurs sans procès dans des conditions abominables, morts de bébés aux barrages militaires et leurre politique". Nourit l'Israélienne, refuse la politique d'un homme, Ariel Sharon, qui, écrit-elle, "transforme nos enfants soit en assassins, soit en assassinés.Une lucidité, un courage qui manque cruellement aux démocraties occidentales et en premier lieu aux Etats-Unis qui se désengagent dangereusement de ce dossier explosif en laissant croire à Sharon que tout lui est permis, même d'insulter, en toute impunité, son seul protecteur en le qualifiant, juste après les attentats du 11 septembre, de "Munichois", de "Chamberlain". Quelques semaines après cette grave accusation, le procédé insultant semble avoir bien fonctionné, puisque le même G. W. Bush, qui s'en était "indigné", a ravalé depuis son indignation en recevant le chef du gouvernement israélien.
Comment expliquer un tel comportement impérial américain, que tout concorde à juger comme improductif et dangereux ? "Y a-t-il une politique américaine au Proche-Orient ?" se demandait récemment, et à juste titre, Robert Malley, l'ancien conseiller spécial de Clinton ("Proche-Orient : au tour de Bush de plonger", le Monde du 17 octobre 2001). "Moins friande de risques, elle (l'administration Bush) hésitera davantage, écrit-il, à se lancer dans la poursuite d'un accord final. C'est là que le bât pourrait blesser. Huit ans après Oslo, seize mois après Camp David, et un an après le déclenchement de la seconde Intifada, il est difficile de croire qu'un accord intérimaire puise être autre chose qu'un éphémère palliatif (...). L'administration Bush est, conclut-il, sur le point de mettre les pieds dans les eaux qu'elle avait pris grand soin jusqu'alors d'éviter. Elle risque de découvrir que la réussite nécessitera qu'elle y plonge corps et âme Elle préfère pour l'instant, enivrée par sa pseudo-victoire sans gloire sur les taliban, voir plonger Palestiniens et Israéliens dans un bain de sang sans lendemain. Avec l'indifférence coupable des Européens qui se contentent de mots pieux. Alain Joxe, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, président du Centre interdisciplinaire de recherches sur la paix et d'études stratégiques (Cirpes), sans contredire sur le fond l'analyse de Robert Malley, y ajoute quelques grains de pessimisme. Selon lui, l'administration Bush fonctionne avec un logiciel inadapté à la nouvelle donne internationale. Laissés à eux-mêmes, les Etats-Unis risquent de constituer une menace pour la paix mondiale. Les Européens doivent actuellement "critiquer toute politique américaine pouvant mettre en cause la sécurité et la démocratie en Méditerranée et au Moyen-Orient, et déchiffrer le rôle de dupe qu'on cherche à faire jouer à Israël dans l'opération".Les Etats-Unis, après les attentats du 11 septembre, plutôt que d'aller à la racine du mal, de s'investir à fond dans le processus de paix dont les références ont été fixées par les résolutions de l'Onu - afin de "compenser l'excès de victoires militaires" sur les Arabes et les musulmans, qui pouvait conduire à une déstabilisation islamiste de plusieurs régimes déjà faiblement légitimes au Moyen-Orient et afin d'"éviter une victoire posthume de Ben Laden" - sont en train de faire prévaloir la stratégie du pire.
"La victoire sur les taliban, écrit Alain Joxe dans Le Monde du 16 décembre 2001, s'accompagne, au contraire, d'un feu vert accordé au gouvernement Sharon d'aller renforcer sa stratégie d'affrontement asymétrique du fort au faible. La politique du secrétaire à la défense Donald Rumsfeld l'emporte et accepte des provocations systématiques contre les populations civiles, et, peut-être, la destruction de l'Autorité palestinienne, systématiquement humiliée, rabaissée et raillée en la personne de Yasser Arafat. Cette pression, constitue une incitation aux ripostes désespérées qu'on peut prévoir à partir du volontariat terroriste suicidaire qui surgit spontanément de la situation invivable faite aux Palestiniens en général. La "guerre" déclarée au "terrorisme mondial" paraissait une formule grandiloquente, excusable par l'émotion légitime des Américains devant le crime du 11 septembre. Elle est, en fait, une vraie déclaration de guerre. Nous sommes en plein délire de superpuissance, dans le culte de la force brute, le vertige de la victoire, même s'il s'agit d'une victoire contre une secte, un régime à peine sorti du Moyen-Âge. Et la première incarnation de cette nouvelle ère post-taliban, dans l'attente de l'attaque de nouvelles cibles, nécessairement arabes ou musulmanes, c'est la "sharonisation" de la politique américaine.

http://www.afrique-asie.com/archives/2002/148janv/148pales.htm



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