Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.
La terreur est un crime contre l'humanité. C'est une attaque brutale contre les innocents. L'Islam est une religion qui signifie la "paix". Dans le Coran, livre saint de l'Islam, Dieu commande aux croyants d'apporter la paix et la sécurité au monde. Le terrorisme et toutes les autres turpitudes sur terre sont des actes que Dieu ordonne aux musulmans d'empêcher. La moralité islamique n'est pas la source du terrorisme mais son remède. Ceux qui ont recours au terrorisme ou qui le supportent au nom de l'Islam sont dans une grande erreur. Ils commettent un crime désapprouvé par Dieu dans le Coran. Tous les musulmans doivent dénoncer le terrorisme de toutes sortes et partager les chagrins des victimes.
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Walter Ambrust, directeur du Middle East Center d'Oxford, a souligné en ouverture l'actualité d'une réflexion sur « la guerre pour les esprits musulmans », étant donnés la suppression de la
résistance à Falloudja et l'état de santé de Yasser Arafat à Paris. Le livre de Gilles Kepel, the War for Muslim minds , permet, à ses yeux, de comprendre à quel point les crises irakienne et
israëlo-palestinienne nourrissent deux radicalismes ennemis : celui d'une opposition islamiste extrême, et celui d'un nationalisme américain bien plus ravageur que « conservateur ».
Gilles Kepel
Walter Ambrust présente ensuite les participants. Gilles Kepel est selon lui un intellectuel public et l'un des plus grands spécialistes européens des sociétés du Moyen Orient. Docteur en sociologie et en science politique, il dirige à l'IEP le programme de troisième cycle sur les mondes arabo-musulmans. Walter Ambrust cite ses principaux ouvrages et met l'accent sur Le prophète et le pharaon , paru en 1984, qu'il considère comme l'une des meilleures analyses de la montée de l'opposition islamiste en Egypte et dans le Moyen-Orient. Sami Zubeida est professeur émérite à l'école de politique et de sociologie de Birkbeck College à Londres. Ses recherches et publications portent sur la religion, l'ethnicité, le nationalisme ainsi que sur la culture, y compris culinaire.
Sami Zubeida présente rapidement the War for Muslim minds et souligne la pertinence du chapitre consacré à l'islamisme européen. Il insiste ensuite sur la notion de laïcité : la religion n'a pas
toujours été une grille adéquate pour comprendre la vie politique au Moyen Orient. Ainsi, en Irak, la Gauche politique, et notamment le parti communiste, recrutait des militants et des électeurs
d'appartenances multiples. Sa popularité, jusque dans les années 70-80, empêchait d'interpréter la vie politique irakienne selon des cadres de distinction ethnique ou religieuse. Ainsi, le Parti
Communiste, aussi réprimé qu'il fût, et malgré sa soumission à l'URSS que Sami Zubeida déplore, contribua à la nationalisation de la vie politique irakienne. La prise du pouvoir par les
Baathistes, si elle a alourdi la répression et la censure, n'a pas conduit à faire des discours et des convictions religieuses un enjeu politique. De plus, l'interprétation de la vie politique
par des distinctions entre groupes religieux ne dit généralement rien de la pratique religieuse effective de ces groupes. Ainsi, de nos jours, même si l'on peut comprendre la politique et la
culture irakiennes selon des cadres religieux, notamment par une distinction entre chiites et sunnites, les membres de ces groupes sont souvent peu pratiquants, de même que les groupes
catholiques et anglicans en Ulster. La référence religieuse est très utile pour comprendre ce type de groupe, non seulement parce que les institutions religieuses sont des organisations disposant
de fortes ressources matérielles et humaines, mais aussi parce que ces catégories permettent de décrire un groupe social sans pour autant préjuger de sa pratique religieuse.
Bagdad et Berlin-Est http://www.mfo.ac.uk/uk/publications_uk/lecturereports_uk/kepel_uk.htm
A son arrivée, Gilles Kepel présente une analyse du chaos et de la confusion régnant actuellement en Irak : les Etats-Unis ont interprété la situation irakienne selon une ancienne grille
d'analyse, celle de la Guerre Froide. Croire que l'Irak, après la chute de Saddam Hussein, se soulèverait et acclamerait ses libérateurs, c'était confondre Bagdad avec Berlin-Est. C'était donc
oublier que l'Embargo rendait d'avance cette comparaison impossible. Les Etats-Unis et l'Europe ont sans doute cru qu'une libération de l'Irak les blanchirait de la façon dont elles avaient
traité ce pays pendant l'Embargo. Or cet Embargo avait en réalité « déstructuré » l'Irak et contribué à l'existence de deux niveaux d'organisation sociale sous Saddam Hussein : la république du
grand Bagdad, sorte d'Etat-Providence, masquait, sans le réprimer, un second niveau d'organisation, celui d'une vie souterraine grouillante et mafieuse, dirigée par les fils de Saddam Hussein,
découpée en clans et en territoires et défendue par les armes. La disparition de Saddam Hussein n'a pas éliminé ces pouvoirs souterrains.
Omniprésence et invisibilité d'un réseau
Gilles Kepel souligne ensuite la difficulté organisationnelle des Etats-Unis à s'attaquer à un réseau : les organisations américaines de renseignement, de défense et de services secrets sont, par leur fonctionnement même, désarmées face à un réseau tel qu'Al Quaïda. Elles ont été mises en place pour s'attaquer à des Etats. Et même, l'identification et la définition de ce réseau ne vont pas de soi. Qu'est-ce qu'Al Quaïda ? Al Quaïda, « la base », a d'abord eu une connotation militaire. Comme l'a rappelé Oussama Ben Laden en octobre 2001, ce nom, qui n'a rien de religieux, était d'abord une référence au camp d'entraînement des soldats du Jihad contre l'URSS. Dans un second temps, la connotation du terme est devenue, non plus militaire, mais informatique : « la base » de données permet de relier un réseau entier à travers le monde de manière fluide et invisible. Gilles Kepel rapproche les terroristes d'Al Quaïda des pirates informatiques que la police ne cesse de chercher sans connaître leur nombre, leur organisation, leur localisation, ou leurs cibles. Al Quaïda est, en ce sens et sur ce modèle, une organisation très créative, note Gilles Kepel.
L'absence de revendication de l'attentat du 11 septembre 2001, jusqu'en janvier et avril 2002, a aussi participé à cette atmosphère contradictoire d'omniprésence et d'invisibilité : tant qu'un
flottement demeurait, aussi léger soit-il, sur la responsabilité de cet attentat, Al Quaïda pouvait en assumer la gloire sans endosser la culpabilité du crime.
Conquête de l'hégémonie
La revendication des attentats par Ben Laden ne peut se comprendre que dans un certain contexte, au sein d'une stratégie de persuasion des masses. Elle fait suite à l'attaque du camp de réfugiés de Jénine, et vise à convaincre la communauté musulmane qu'Al Quaïda est son seul porte parole et défenseur efficace et légitime. Il s'agit d'une lutte pour l'hégémonie.
L'attentat du 11 septembre est d'ailleurs lui aussi un produit médiatique, intégré à un projet de réveil et de ralliement des consciences musulmanes : comme l'explique un texte d'Al Zarkaoui
publié en Dec 2001, les attentats sont nés d'un constat d'échec de l'Islam radical à imposer son pouvoir dans le monde. S'attaquer à un ennemi puissant, lointain et extrêmement visible tel que
les Etats-Unis, c'est être assuré qu'une telle démonstration de puissance sera diffusée sur toutes les télévisions. L'attentat du 11 septembre, aux images très hollywoodiennes selon Gilles Kepel,
était fait pour être vu. Al Quaïda voulait utiliser la puissance démonstrative d'une télévision globale pour inspirer un soulèvement des masses. Gilles Kepel rapproche cette logique de celle des
Brigades Rouges et d'Action Directe s'opposant par des actions spectaculaires à l'intoxication du prolétariat européen.
Trois ans après, quelles conclusions ?
Gilles Kepel dresse trois conclusions principales à ce mouvement général :
• Al Quaïda inspire des phénomènes de ralliement et d'imitation. Le terrorisme est devenu un phénomène imprévisible. La mobilisation de jeunes recrues s'opère par Internet, et se nourrit d'elle-même : des individus sans culture religieuse personnelle peuvent, par la simple lecture de sites Internet, s'inspirer du modèle mythique d'un Jihad réussi contre les Russes et les Serbes et mener des actions terroristes. L'existence de ces « copycat bombs » risque d'imposer longtemps le terrorisme sur l'agenda politique.
• L'attentat du 11 septembre est un échec pour l'islamisme extrême : il n'a pas permis de mobiliser les masses, et il a conduit à la destruction du régime des Talibans, qui lui était le plus favorable. L'omniprésence et la force médiatiques et violentes d'Al Quaïda n'en sont pas moins très nettes, comme le montrent ce que Kepel analyse comme la récente allocution de Ben Laden à ses électeurs, ou le dernier discours d'Al Zarkaoui prophétisant la ruine du monde moderne pour l'anniversaire du 11 septembre.
• Ben Laden veut représenter le seul discours légitime de la mobilisation islamique et conquérir l'hégémonie de la représentation des consciences musulmanes. Reste à voir si l'Irak deviendra en
effet le pays du Jihad ou, au contraire, celui des luttes intestines entre factions. La position des Etats-Unis dans le conflit israëlo-palestinien jouera certainement un rôle crucial dans
l'acceptation populaire de la démocratisation de l'Irak.
Réponse de Sami Zubeida
Sami Zubeida note que l'attentat du 11 septembre a été célébré à travers le monde par une grande multiplicité d'individus : la joie, mêlée à plus ou moins de douleur, n'a pas seulement touché des musulmans ou des arabes, mais aussi l'ensemble des populations qui se sentaient écrasées par le pouvoir des Etats-Unis. Ben Laden a rallié à son action un sentiment anti-impérialiste partagé notamment par l'ancienne gauche.
De plus, la majorité des « musulmans » en Europe est laïque et diverse, constituée d'une multiplicité de sous-groupes. Sous cet aspect, le 11 septembre 2001 a suscité un immense sentiment
d'appartenance à une identité musulmane, redéfini, de manière originale, au-delà d'une simple représentation religieuse. Il n'en reste pas moins, ajoute Sami Zubeida , qu'en Europe, notamment
chez les jeunes, le sentiment d'identité est d'abord pensé en termes locaux et ethniques, plutôt qu'en termes religieux.
Questions
L'Embargo « humanitaire » et les néo-kantiens.
N'est-il pas trop facile de reprocher aux néo-kantiens et aux islamistes la situation actuelle en Irak ? Les responsables de cet Embargo, qui était « humanitaire », ne doivent en effet pas être négligés.
Gilles Kepel, tout en approuvant ce point de vue, précise qu'il ne reproche rien aux néo-kantiens, qui étaient opposés à l'Embargo parce qu'il touchait la population sans atteindre Saddam
Hussein. Leur vision du Moyen-Orient, cependant, est à la source de l'intervention américaine. Leur raisonnement est le suivant : si rien n'est fait, si les régimes autoritaires persistent dans
le Moyen-Orient, alors l'aliénation des masses s'imposera, les classes moyennes seront totalement incapables d'avoir accès au pouvoir économique ou politique, ce qui engendrera plus de pauvreté
et d'extrémisme, indéfiniment. Mais cette conception générale de la démocratisation, vue comme la seule solution pour éradiquer l'islamisme totalitaire, a été pensée dans les catégories
conceptuelles de la Guerre Froide. Or Bagdad n'est pas Berlin Est.
L'Islam en Europe
L'Islam européen inspire-t-il une forme d'espoir ? Les questions internes aux Etats européens, notamment la question du Hidjab en France, risquent-t-elles de retarder cette promesse ?
Gilles Kepel met l'accent sur les « citoyens européens de descendance musulmane » (« European citizens from Muslim descent »), qui sont pris entre deux mouvements. La construction d'un Islam
conquérant en Europe, tout d'abord, troisième tentative après que la première fut battue en brèche au XVe Siècle par la Reconquista espagnole et portugaise, et que la seconde fut conclue en 1683
par le succès de l'Europe Chrétienne contre l'Empire islamique Ottoman lors de la bataille de Vienne. Cette troisième tentative s'appuierait en grande partie sur le soulèvement des banlieues
paupérisées des grandes villes européennes. Une très faible minorité, en effet, pour mieux comprendre son identité musulmane, se rapproche des Frères Musulmans et de la littérature salafiste.
Toutefois, en Europe, la plupart des musulmans savent se faire entendre et se distinguer de l'islam radical, ainsi qu'ils l'ont fait face au kidnapping des journalistes Georges Malbrunot et
Christian Chesnot : le chantage de leur libération en échange de l'abolition de la loi sur la laïcité n'a pas fédéré la communauté musulmane, au contraire. La plupart des musulmans français a
rejeté publiquement ces prétendus porte-paroles, dans une mobilisation frappante : il se sont d'abord identifiés par leur attachement aux principes républicains.
L'Iran, prochaine cible américaine ?
Est-il possible que l'Iran devienne la prochaine cible d'intervention des forces américaines ?
Cette éventualité est peu probable, répond Gilles Kepel : l'état de santé de Yasser Arafat a ouvert une fenêtre d'opportunité à la prise en compte d'Israël et de la Palestine. Le processus de paix sera la priorité des Etats-Unis.
S'attaquer de l'extérieur à l'Iran mettrait en péril les quelques acquis américains au Moyen-Orient et pourrait inspirer des réactions de défense populaires, menées par les Mollahs : par le passé, ceux-ci ont très bien su mobiliser contre Saddam Hussein, des individus qui les détestaient, sur un agenda de défense nationale. Le sort de l'Iran est lié à celui de l'Irak : l'Irak pourrait à l'avenir inspirer à l'intérieur de la société civile iranienne une remise en question du régime des Mollahs. Celle-ci pourrait aussi s'appuyer sur la communauté iranienne exilée en Californie, très riche et mobile, qui accélérerait de l'intérieur un bouleversement du régime. Ce type de stratégie semble moins risqué et plus fécond.
Compte rendu fait par Nicolas Rigaud, Boursier Lavoisier à la Maison Française d'Oxford.
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