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Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.

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l'islam d"nnonce le terrorisme

Ce n' est pas la foi qui suscite la violence mais le fanatisme. Au contraire l'Islam est un message de paix et un appel à la paix. II n'enseigne pas à l'homme ce qu'il est mais ce qu'il doit faire: c'est une orthopraxie supérieure à orthodoxie.

- la question de la violence religieuse est d' importance universelle : 80 conflits latents ou ouverts ont aujourd'hui un fondement religieux.

- Et la paix du monde est largement tributaire de la Paix des Religions.

- II n 'y a pas de guerre sainte, seule la Paix est Sainte.

- Le djihad en Islam a pour première acception : l'effort c'est faire effort interne pour mériter l' appel de Dieu, et effort de lutte extérieure, combat contre ceux qui agressent.

- Le terme Islam a pour étymologie SALAM = la Paix La Paix, es Salamu est un Don de Dieu et un nom de Dieu.




Coran 11-28 : " 0 Croyants entrez tous dans la Paix ne suivez point l'incitation de satan, votre ennemi implacable ".

Coran X-25 : " Allah appelle à la demeure de la Paix et guide qui II veut sur un chemin de rectitude " .

Le Paradis des Bienheureux est qualifié de Demeure de la Paix, Dares-Salam et, dit le Coran on n 'y entendra que les mots Paix ! Paix !

L' incitation à la Paix est partout présente dans le Coran : VlII-61 At AnfaI (Le Butin) : " S'ils inclinent vers la Paix, incline toi-même vers la Paix et place ta

confiance en Dieu ! " "0 Dieu Tu es la Paix, fais nous vivre dans la Paix.

Le Prophète de l'Islam (SAWS) édicta : " Est dans la Foi celui qui s'applique la Justice, qui répand la Paix et fait la charité du peu qu'il a. . . "

Dans cette conception proprement islamique de la Paix, celle-ci contient même théologiquement la signification du Salut. Elle est une exigence de la croyance et a dans cette mesure essentiellement rapport à la Justice, à la Foi, à la Tolérance.

Le juste vit donc sa droiture dans le rejet de la violence. En cela I' amour, la charité, la solidarité revêtent dans la vie du croyant la fonction d'une contre-puissance face à la violence et à l'intolérance. Théologiquement la Paix sert de fondement éthique des droits et devoirs de l'Être dans sa relation à lui-même, à autrui et à Dieu.

Le Coran conseille la Non-Violence :

En cas de conflit le Coran enseigne (22-40) : " Si Dieu ne repoussait pas certains hommes par d'autres, des ermitages seraient détruits ainsi que des synagogues et des mosquées où le nom de Dieu est fréquemment invoqué. . . "

Vis à vis des autres et des incroyants le Coran stipule ( 60-8) : " Invite sur la voie de ton Seigneur par la Sagesse et la bonne parole et ne discute avec eux que de la

manière la plus courtoise. . . "

Par ailleurs le Coran conseille la non-violence: " Dieu vous incite à être justes et bons envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour votre foi ni chassés de vos foyers. . . " (60-8)

L 'Islam reconnaît la légitime défense mais incite à la conciliation ( 42-40) : "Une offense subie appelle une réponse légitime, mais celui qui pardonne et concilie, sa récompense incombe à Dieu. En vérité (Dieu) n'aime pas les injustes".

Au total le mot paix : 136 fois dans le Coran

Harb. Guerre : 6 fois

Djihad : seulement en cas d' agression

Violence

Historiquement dans certains sectes chiites (Qarmates - X° Ismaelien - (Assassins) XII°) que fut utilisée la violence, le terrorisme sur une base de fanatisation.

Au XX° siècle la violence est parfois liée à une idéologie de substitution du religieux. Luttes ethniques ou nationalistes, conflits politiques, appétits de pouvoirs, malaises sociaux expriment souvent le prétexte religieux.

Pourquoi ?

Selon René Girard le mythe fondateur de la violence dans le sacré est le meurtre d'Abel par Caïn.

Sacrifier c'est faire sacré en faisant couler le sang sur les autels. Si Abraham a été empêché de faire couler celui d 'Ismaël, les peuples ont fait abondamment couler le sang humain, ce "sang impur " comme dit la Marseillaise capable d'abreuver les sillons et donc de faire lever de riches semailles, puisqu' on a"sacrifié et fait couler le sang sur l'autel de la Nation. . . "

Du fond de l'humanité, on a fait du sang versé un sacrifice rituel en tant que résolution des pulsions violentes et du sentiment de culpabilité. " Pris de I' autel du sacrifice, tu purifiais tes mains à ce feu sacre " dit Eurifide dans Amphitryon.

Cette violence purificatrice dans le cas du sacrifice est loin d'être différente de la violence non sacrificielle dit à juste titre René Girard.

Si la violence peut avoir pour origine le sentiment de culpabilité qui se liquide en payant ou mieux en faisant payer un " bouc émissaire " chargé par Aron de tous les péchés d 'Ismaël, il n'en demeure pas moins, qu'au delà de toutes les explications rationnelles la violence religieuse existe comme dérivée des pulsions destructrices de l'homme lui-même qui ne sait pas toujours les sublimer en actions réfléchies et constructives.

Le fanatisme violent peut prendre sa source, dans le cas de I'Islam défié par les mutations actuelles, dans le fait qu'aucune société ou culture n'est prête à abandonner d'anciennes valeurs au profit de nouvelles qui seraient imposées du dehors. Ce cramponnement identitaire explique que le fondamentalisme fonctionne dans les sociétés musulmanes avant tout comme gardien des antiques traditions -les " salafs " et conservatrice d'une dogmatique immuable.

La Foi sereine et éclairée ne doit pas craindre le changement d'époque ni le progrès humain ni la modernité. Connaissance et Tolérance humaniste font pourtant partie de la pensée religieuse de l'Islam qui revere la science et condamne la contrainte en religion.

Pourtant l'Islam reconnaît la pluralité des doctrines religieuses.

Coran X-47 (Jonas) : " A chaque communauté nous envoyons un Messager en toute équité ".

Coran V -44-46 : " Nous avons, en vérité, révélé la Tora où se trouvent une Direction et une Lumière".

" Nous avons envoyé, à la suite des Prophètes, Jésus, fils de Marie, pour confirmer ce qui était avant lui, de la Tora ".

" Nous lui avons donné l'Evangile où se trouvent une Direction et une Lumière".

" Nous t'avons révélé le Livre et la vérité, pour confirmer ce qui existait du Livre, avant lui, en le préservant de toute altération ". Coran V-48 : " A chacun d'entre vous nous avons donné une Voie et une Loi. Si Dieu l'avait voulu il aurait fait de vous tous une seule communauté. Mais, par le

don qu'il vous a fait, il a voulu vous éprouver. Concourrez dans la Bonne Action - Vers Dieu est votre retour, alors il vous éclairera sur ce en quoi vous divergiez " . Coran 49-13 : " Ô Hommes nous vous avons créés d'un Homme et d'une Femme et avons fait de vous des peuples et des tribus afin seulement que vous vous

reconnaissiez les uns les autres. . . " L'Islam est une doctrine d'amour et de Tolérance - Tuer des innocents est interdit par l'Islam. L'Islam est innocent des crimes odieux commis en son nom par des

fanatiques barbares. C'est dire le poids énorme des responsabilités des dirigeants du monde musulman pour tenter de favoriser ce que recommande l'Islam: paix,

sécurité, tolérance, dialogue, morale, éducation et liberté.

La religion ne peut être invoquée comme source de violence. Mais son langage est souvent utilisé pour fanatiser et tuer " au nom de Dieu " comme on a tué au nom de la Liberté.

Le Djihad (effort de combat) est apparu dans la période islamique des " arabes pour se substituer aux termes HARB (guerre) ou QITÂL (lutte ) - Djihad signifie endurance, résistance à une lutte imposée.

On distingue le Djihad mineur (Djihad-Harb) la lutte armée fi sabillah (pour défendre la foi, par exemple: les luttes du Prophète) et le Djihad majeur (Djihad an Nafs) (al akbar) : lutte purement spirituelle d'effort purificateur et élévateur de I'âme. " celui parmi vous qui voit le mal, disait le Prophète, qu'il essaie donc de le changer par ses actes, sinon par sa parole, sinon au fond de son coeur ".

Le Djihad ne sert nullement à convertir

II n' est pas la guerre Sainte au gens des Croisades.

Coran 11-256 : " Vas-tu contraindre les hommes à croire ? "

Le Djihad devient lutte de justice et d'ordre quand il s'attaque à la sédition (Fitna, Coran ll-191) A la violence (Coran V-32) A la rébellion, au péril de la communauté islamique. Mais en toute circonstance l'incitation à la Paix est constante dans le Coran (ll-208, 42-40,49-13, 10-25) " S'ils inclinent vers la Paix, fais de même et confie-toi à Dieu. . . " Coran VIII-61. Les Musulmans de par le monde ont un immense besoin de la sagesse et la religion encouragent tous les croyants à s'assumer dans le monde tel qu'il est et non dans

l'Utopie ni les mirages du passé.

Coran : " Nous avons fait de vous une communauté de juste milieu afin que vous soyez témoins des Hommes. . . "

Coran: " Dieu ne change rien d'une communauté avant que chaque individu ait changé en lui-même.

Dans cette perspective d'apaisement et de perfectionnement le rôle du dialogue des cultures et des religions apparaît fondamental à la préservation de la paix ou, comme disait Don Helder Camara la puissance de I'amour doit agir efficacement en contre puissance de la violence.

La religion est éternelle et les hommes sont mortels. Leur arrogance les perd, car le sens-même de la religion est I'amour et ne repose ni sur la force ni sur la contrainte.

L'intégrisme c' est la certitude, l'obsession d 'une vérité considérée comme absolue.

Le fanatisme est source de tous les dangers car il engendre I'intolérance, la haine et la violence.

II doit être combattu pour sauver la Dignité et la Liberté de pensée de I'Homme.

La terreur est un crime contre l'humanité. C'est une attaque brutale contre les innocents. L'Islam est une religion qui signifie la "paix". Dans le Coran, livre saint de l'Islam, Dieu commande aux croyants d'apporter la paix et la sécurité au monde. Le terrorisme et toutes les autres turpitudes sur terre sont des actes que Dieu ordonne aux musulmans d'empêcher. La moralité islamique n'est pas la source du terrorisme mais son remède. Ceux qui ont recours au terrorisme ou qui le supportent au nom de l'Islam sont dans une grande erreur. Ils commettent un crime désapprouvé par Dieu dans le Coran. Tous les musulmans doivent dénoncer le terrorisme de toutes sortes et partager les chagrins des victimes.

L'Antisémitisme est un Racisme Totalement Contraire à l'Islam >>
L'Eminence Accordée par l'Islam à la Femme >>
Les Victimes les plus Innocentes du Terrorisme: les Enfants >>
L'Islam a Apporté la Paix et l'Harmonie au Moyen-Orient Pendant Toute l'Histoire >>
L'Erreur du Radicalisme >>
Quelle est la Vraie Origine de la Terreur et Quelle est sa Solution? >>


 

site www.harunyahya.orglecture report

Walter Ambrust, directeur du Middle East Center d'Oxford, a souligné en ouverture l'actualité d'une réflexion sur « la guerre pour les esprits musulmans », étant donnés la suppression de la résistance à Falloudja et l'état de santé de Yasser Arafat à Paris. Le livre de Gilles Kepel, the War for Muslim minds , permet, à ses yeux, de comprendre à quel point les crises irakienne et israëlo-palestinienne nourrissent deux radicalismes ennemis : celui d'une opposition islamiste extrême, et celui d'un nationalisme américain bien plus ravageur que « conservateur ».


Gilles Kepel

Walter Ambrust présente ensuite les participants. Gilles Kepel est selon lui un intellectuel public et l'un des plus grands spécialistes européens des sociétés du Moyen Orient. Docteur en sociologie et en science politique, il dirige à l'IEP le programme de troisième cycle sur les mondes arabo-musulmans. Walter Ambrust cite ses principaux ouvrages et met l'accent sur Le prophète et le pharaon , paru en 1984, qu'il considère comme l'une des meilleures analyses de la montée de l'opposition islamiste en Egypte et dans le Moyen-Orient. Sami Zubeida est professeur émérite à l'école de politique et de sociologie de Birkbeck College à Londres. Ses recherches et publications portent sur la religion, l'ethnicité, le nationalisme ainsi que sur la culture, y compris culinaire.

Sami Zubeida présente rapidement the War for Muslim minds et souligne la pertinence du chapitre consacré à l'islamisme européen. Il insiste ensuite sur la notion de laïcité : la religion n'a pas toujours été une grille adéquate pour comprendre la vie politique au Moyen Orient. Ainsi, en Irak, la Gauche politique, et notamment le parti communiste, recrutait des militants et des électeurs d'appartenances multiples. Sa popularité, jusque dans les années 70-80, empêchait d'interpréter la vie politique irakienne selon des cadres de distinction ethnique ou religieuse. Ainsi, le Parti Communiste, aussi réprimé qu'il fût, et malgré sa soumission à l'URSS que Sami Zubeida déplore, contribua à la nationalisation de la vie politique irakienne. La prise du pouvoir par les Baathistes, si elle a alourdi la répression et la censure, n'a pas conduit à faire des discours et des convictions religieuses un enjeu politique. De plus, l'interprétation de la vie politique par des distinctions entre groupes religieux ne dit généralement rien de la pratique religieuse effective de ces groupes. Ainsi, de nos jours, même si l'on peut comprendre la politique et la culture irakiennes selon des cadres religieux, notamment par une distinction entre chiites et sunnites, les membres de ces groupes sont souvent peu pratiquants, de même que les groupes catholiques et anglicans en Ulster. La référence religieuse est très utile pour comprendre ce type de groupe, non seulement parce que les institutions religieuses sont des organisations disposant de fortes ressources matérielles et humaines, mais aussi parce que ces catégories permettent de décrire un groupe social sans pour autant préjuger de sa pratique religieuse.
Bagdad et Berlin-Est http://www.mfo.ac.uk/uk/publications_uk/lecturereports_uk/kepel_uk.htm

A son arrivée, Gilles Kepel présente une analyse du chaos et de la confusion régnant actuellement en Irak : les Etats-Unis ont interprété la situation irakienne selon une ancienne grille d'analyse, celle de la Guerre Froide. Croire que l'Irak, après la chute de Saddam Hussein, se soulèverait et acclamerait ses libérateurs, c'était confondre Bagdad avec Berlin-Est. C'était donc oublier que l'Embargo rendait d'avance cette comparaison impossible. Les Etats-Unis et l'Europe ont sans doute cru qu'une libération de l'Irak les blanchirait de la façon dont elles avaient traité ce pays pendant l'Embargo. Or cet Embargo avait en réalité « déstructuré » l'Irak et contribué à l'existence de deux niveaux d'organisation sociale sous Saddam Hussein : la république du grand Bagdad, sorte d'Etat-Providence, masquait, sans le réprimer, un second niveau d'organisation, celui d'une vie souterraine grouillante et mafieuse, dirigée par les fils de Saddam Hussein, découpée en clans et en territoires et défendue par les armes. La disparition de Saddam Hussein n'a pas éliminé ces pouvoirs souterrains.
Omniprésence et invisibilité d'un réseau

Gilles Kepel souligne ensuite la difficulté organisationnelle des Etats-Unis à s'attaquer à un réseau : les organisations américaines de renseignement, de défense et de services secrets sont, par leur fonctionnement même, désarmées face à un réseau tel qu'Al Quaïda. Elles ont été mises en place pour s'attaquer à des Etats. Et même, l'identification et la définition de ce réseau ne vont pas de soi. Qu'est-ce qu'Al Quaïda ? Al Quaïda, « la base », a d'abord eu une connotation militaire. Comme l'a rappelé Oussama Ben Laden en octobre 2001, ce nom, qui n'a rien de religieux, était d'abord une référence au camp d'entraînement des soldats du Jihad contre l'URSS. Dans un second temps, la connotation du terme est devenue, non plus militaire, mais informatique : « la base » de données permet de relier un réseau entier à travers le monde de manière fluide et invisible. Gilles Kepel rapproche les terroristes d'Al Quaïda des pirates informatiques que la police ne cesse de chercher sans connaître leur nombre, leur organisation, leur localisation, ou leurs cibles. Al Quaïda est, en ce sens et sur ce modèle, une organisation très créative, note Gilles Kepel.

L'absence de revendication de l'attentat du 11 septembre 2001, jusqu'en janvier et avril 2002, a aussi participé à cette atmosphère contradictoire d'omniprésence et d'invisibilité : tant qu'un flottement demeurait, aussi léger soit-il, sur la responsabilité de cet attentat, Al Quaïda pouvait en assumer la gloire sans endosser la culpabilité du crime.
Conquête de l'hégémonie

La revendication des attentats par Ben Laden ne peut se comprendre que dans un certain contexte, au sein d'une stratégie de persuasion des masses. Elle fait suite à l'attaque du camp de réfugiés de Jénine, et vise à convaincre la communauté musulmane qu'Al Quaïda est son seul porte parole et défenseur efficace et légitime. Il s'agit d'une lutte pour l'hégémonie.

L'attentat du 11 septembre est d'ailleurs lui aussi un produit médiatique, intégré à un projet de réveil et de ralliement des consciences musulmanes : comme l'explique un texte d'Al Zarkaoui publié en Dec 2001, les attentats sont nés d'un constat d'échec de l'Islam radical à imposer son pouvoir dans le monde. S'attaquer à un ennemi puissant, lointain et extrêmement visible tel que les Etats-Unis, c'est être assuré qu'une telle démonstration de puissance sera diffusée sur toutes les télévisions. L'attentat du 11 septembre, aux images très hollywoodiennes selon Gilles Kepel, était fait pour être vu. Al Quaïda voulait utiliser la puissance démonstrative d'une télévision globale pour inspirer un soulèvement des masses. Gilles Kepel rapproche cette logique de celle des Brigades Rouges et d'Action Directe s'opposant par des actions spectaculaires à l'intoxication du prolétariat européen.
Trois ans après, quelles conclusions ?

Gilles Kepel dresse trois conclusions principales à ce mouvement général :

• Al Quaïda inspire des phénomènes de ralliement et d'imitation. Le terrorisme est devenu un phénomène imprévisible. La mobilisation de jeunes recrues s'opère par Internet, et se nourrit d'elle-même : des individus sans culture religieuse personnelle peuvent, par la simple lecture de sites Internet, s'inspirer du modèle mythique d'un Jihad réussi contre les Russes et les Serbes et mener des actions terroristes. L'existence de ces « copycat bombs » risque d'imposer longtemps le terrorisme sur l'agenda politique.

• L'attentat du 11 septembre est un échec pour l'islamisme extrême : il n'a pas permis de mobiliser les masses, et il a conduit à la destruction du régime des Talibans, qui lui était le plus favorable. L'omniprésence et la force médiatiques et violentes d'Al Quaïda n'en sont pas moins très nettes, comme le montrent ce que Kepel analyse comme la récente allocution de Ben Laden à ses électeurs, ou le dernier discours d'Al Zarkaoui prophétisant la ruine du monde moderne pour l'anniversaire du 11 septembre.

• Ben Laden veut représenter le seul discours légitime de la mobilisation islamique et conquérir l'hégémonie de la représentation des consciences musulmanes. Reste à voir si l'Irak deviendra en effet le pays du Jihad ou, au contraire, celui des luttes intestines entre factions. La position des Etats-Unis dans le conflit israëlo-palestinien jouera certainement un rôle crucial dans l'acceptation populaire de la démocratisation de l'Irak.
Réponse de Sami Zubeida

Sami Zubeida note que l'attentat du 11 septembre a été célébré à travers le monde par une grande multiplicité d'individus : la joie, mêlée à plus ou moins de douleur, n'a pas seulement touché des musulmans ou des arabes, mais aussi l'ensemble des populations qui se sentaient écrasées par le pouvoir des Etats-Unis. Ben Laden a rallié à son action un sentiment anti-impérialiste partagé notamment par l'ancienne gauche.

De plus, la majorité des « musulmans » en Europe est laïque et diverse, constituée d'une multiplicité de sous-groupes. Sous cet aspect, le 11 septembre 2001 a suscité un immense sentiment d'appartenance à une identité musulmane, redéfini, de manière originale, au-delà d'une simple représentation religieuse. Il n'en reste pas moins, ajoute Sami Zubeida , qu'en Europe, notamment chez les jeunes, le sentiment d'identité est d'abord pensé en termes locaux et ethniques, plutôt qu'en termes religieux.
Questions
L'Embargo « humanitaire » et les néo-kantiens.

N'est-il pas trop facile de reprocher aux néo-kantiens et aux islamistes la situation actuelle en Irak ? Les responsables de cet Embargo, qui était « humanitaire », ne doivent en effet pas être négligés.

Gilles Kepel, tout en approuvant ce point de vue, précise qu'il ne reproche rien aux néo-kantiens, qui étaient opposés à l'Embargo parce qu'il touchait la population sans atteindre Saddam Hussein. Leur vision du Moyen-Orient, cependant, est à la source de l'intervention américaine. Leur raisonnement est le suivant : si rien n'est fait, si les régimes autoritaires persistent dans le Moyen-Orient, alors l'aliénation des masses s'imposera, les classes moyennes seront totalement incapables d'avoir accès au pouvoir économique ou politique, ce qui engendrera plus de pauvreté et d'extrémisme, indéfiniment. Mais cette conception générale de la démocratisation, vue comme la seule solution pour éradiquer l'islamisme totalitaire, a été pensée dans les catégories conceptuelles de la Guerre Froide. Or Bagdad n'est pas Berlin Est.
L'Islam en Europe

L'Islam européen inspire-t-il une forme d'espoir ? Les questions internes aux Etats européens, notamment la question du Hidjab en France, risquent-t-elles de retarder cette promesse ?

Gilles Kepel met l'accent sur les « citoyens européens de descendance musulmane » (« European citizens from Muslim descent »), qui sont pris entre deux mouvements. La construction d'un Islam conquérant en Europe, tout d'abord, troisième tentative après que la première fut battue en brèche au XVe Siècle par la Reconquista espagnole et portugaise, et que la seconde fut conclue en 1683 par le succès de l'Europe Chrétienne contre l'Empire islamique Ottoman lors de la bataille de Vienne. Cette troisième tentative s'appuierait en grande partie sur le soulèvement des banlieues paupérisées des grandes villes européennes. Une très faible minorité, en effet, pour mieux comprendre son identité musulmane, se rapproche des Frères Musulmans et de la littérature salafiste. Toutefois, en Europe, la plupart des musulmans savent se faire entendre et se distinguer de l'islam radical, ainsi qu'ils l'ont fait face au kidnapping des journalistes Georges Malbrunot et Christian Chesnot : le chantage de leur libération en échange de l'abolition de la loi sur la laïcité n'a pas fédéré la communauté musulmane, au contraire. La plupart des musulmans français a rejeté publiquement ces prétendus porte-paroles, dans une mobilisation frappante : il se sont d'abord identifiés par leur attachement aux principes républicains.
L'Iran, prochaine cible américaine ?

Est-il possible que l'Iran devienne la prochaine cible d'intervention des forces américaines ?

Cette éventualité est peu probable, répond Gilles Kepel : l'état de santé de Yasser Arafat a ouvert une fenêtre d'opportunité à la prise en compte d'Israël et de la Palestine. Le processus de paix sera la priorité des Etats-Unis.

S'attaquer de l'extérieur à l'Iran mettrait en péril les quelques acquis américains au Moyen-Orient et pourrait inspirer des réactions de défense populaires, menées par les Mollahs : par le passé, ceux-ci ont très bien su mobiliser contre Saddam Hussein, des individus qui les détestaient, sur un agenda de défense nationale. Le sort de l'Iran est lié à celui de l'Irak : l'Irak pourrait à l'avenir inspirer à l'intérieur de la société civile iranienne une remise en question du régime des Mollahs. Celle-ci pourrait aussi s'appuyer sur la communauté iranienne exilée en Californie, très riche et mobile, qui accélérerait de l'intérieur un bouleversement du régime. Ce type de stratégie semble moins risqué et plus fécond.

Compte rendu fait par Nicolas Rigaud, Boursier Lavoisier à la Maison Française d'Oxford.



 
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