Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.
Avant de donner une définition réelle de l'Islam, nous devons écarter tous les préjugés qui sont de nature à fausser l'orientation de notre pensée. Eviter notamment de voir l'Islam à travers les Musulmans ou le Christianisme à travers les Chrétiens: une telle identification fut, chez certains Occidentaux, pourtant sincères et dignes de foi, la source d'une regrettable aberration. Nous nous devons donc, pour rester objectifs, d'analyser le contenu de l'Islam, son dogme, ses principes, les moteurs de sa vitalité et de son dynamisme. Nous remonterons, pour cela, aux sources pures auxquelles se sont référés d'éminents penseurs des premiers siècles tels qu'Ibn Hanbal et Ibn Taimia ou des réformateurs tels qu'Abdou et Afghani, promoteurs modernes du mouvement Salafi. C'est là le procèdé le plus sûr pour dégager l'Islam de ses fatras, pour en esquisser une fresque vivante, simple à l'image de la réalité. C'est alors seulement que nous pouvons nous rendre compte de l'ampleur de ce génie universel de l'Islam qui s'impose à l'esprit de ses adeptes convaincus, de par sa souplesse et son adaptabilité.
Un autre préjugé qui sépare réformistes et traditionnalistes consiste dans le pseudoantagonisme préalable entre l'Islam et tout modernisme d'empreinte occidentale. Or, la réalité est une quelles que soient ses perspectives ! La force de l'Islam, à son avénement, résidait dans le caractère remarquablement humain de ses optiques et de ses options. L'Ethique universelle a des composantes dont les valeurs n'ont pas de frontières, quelles que soient les étiquettes d'ordre régional, susceptibles d'en réduire la portée éminemment idéale et humaine. C'est pourquoi l'Islam se considère comme solidaire avec les religions révélées. Aucune espèce de civilisation ne doit être considérée, à priori, comme viciée; certains courants peuvent se contrecarrer dans les détails, mais avoir un aboutissement unique; certaines manifestations de la pensée peuvent varier d'un continent à un autre ou d'une religion à une autre, mais, le fond de cette pensée, reste le même: parce qu'il est la résultante de cette communion humaine que l'lslam cherche sinon à édifier, du moins à consolider. C'est dans cette optique que doit se faire notre analyse des tendances initiatrices de l'Islam, en éliminant, néanmoins, toute tentative de rechercher dans le Coran ou le Hadith « les anticipations de découvertes scientifiques ».
C'est l'importance de cette communion de pensée originelle, de ce fructueux échange entre civilisations diverses et religions différentes, qui inspira Mohamed Iqbal, le célèbre leader indien musulman quand il affirme, dans ses Six Conférences sur la reconstruction de la pensée religieuse en Islam: «le phénomène dit-il le plus remarquable de l'histoire moderne est la rapidité étonnante avec laquelle le monde de l'Islam se meut spirituellement vers l'Ouest. I n'y a rien de vicieux dans ce mouvement, car la culture européenne, dans son aspect intellectuel, n'est que le développement postérieur de quelques-unes des phases les plus importantes de la culture de l'Islam... Rien de surprenant donc que la jeune génération musulmane d'Asie et d'Afrique demande qu'on oriente de nouveau sa foi ».
Le caractère personnel des devoirs religieux imposés par l'Islam au croyant est moins marqué, dans la masse de, obligations canoniques, que l'empreinte socio-économique. Les impératifs d'ordre communautaire créent, entre citoyens une solidarité sociale qui prime toute pratique dévotionnelle. Pourtant, I'esprit de collectivité ne doit, en aucun cas, ni émousser la personnalité de l'adepte, ni dégénérer en individualisme égoïste.
Les caractéristiques essentielles de la foi sont loin de se cantonner dans des actes purement culturels. Elles touchent, en premier lieu, les élans du cœur et le comportement des âmes. Tout mérite est surtout conditionné par l'efficience sociale de l'acte accompli par le fidèle.
Toutes les prescriptions coraniques de l'Islam bien entendu, prières ou autres, sont imprégnées d'un certain « cachet social ». Tout acte individuel, était jugé plus méritoire, quand il était accompli collectivement, car il donnait, alors, une nouvelle occasion d'affermir le rapprochement des citoyens.
Le souci de bien ordonner les rangs des fidèles, dans les prières collectives, est présenté comme une marque effective du rapprochement des cœurs. La prohibition des jeux de hasard, de l'usure, n'avait pas une raison en soi: elle était surtout dûe au sentiment qui animait le législateur, soucieux de diminuer, au sein de la communauté, toute cause de tension ou de malentendu, provoquée par un complexe d'injustice et de spoliation. Toute pratique, toute œuvre initialement légale, devraient être exclues ou mitigées, si elles risquaient de dégénérer en élément de discorde. Une franchise brutale qui blesse n'est plus une qualité. Le mensonge qui pallie un danger, qui réconcilie deux êtres séparés, est un acte très méritoire. Une bonne intention est susceptible de légitimer un acte originellement illégal, à condition qu'aucune des parties en cause ne soit lésée. Les « mou-amalat» ou rapports sociaux prévalent sur les «ibadat», purs actes de culte. La notion même de souplesse et d'adaptabilité, dans l'espace et dans le temps, des principes islamiques, est étroitement liée au souci qui portait le législateur à multiplier les chances, en vue d'édifier une cité idéale. Les larges possibilités qui caractérisent l'exégèse des textes coraniques ou l'interprétation des hadiths ou paroles du Prophète, laissent aux autorités de l'Islam, une vaste latitude qui permet de tenir compte, de toutes les conjonctures, en recherchant, pour chaque cas particulier, la solution adéquate. C'est là le secret de la pluralité des rites ou écoles juridiques. Rites aussi méritoires les uns que les autres. C'est aussi le secret de l'expansion rapide et spontanée de l'Islam, qui, en l'espace d'un quart de sièclé, touchait des contrées allant de l'Atlantique jusqu'au Golfe Arabe ou Persique. La viabilité de l'Islam, son universalisme transcendant, procèdent surtout de sa simplicité tout humaine.
La Force de l'Islam réside dans ses principes qu'il faut se garder d'observer avec trop de rigueur (d'après Bezzar).
« L'Islam est une religion aisée dans s conception et sa pratique. Il exclut toute étroites d'esprit et tout rigorisme. En conséquence: évite ~ les complications, être accommodant, recherche l l'apaisement des cœurs, agir avec pondération e ~ mesure, tels sont les principes réalistes prêchés p l le Prophète, comme moyen efficace d'aboutir» I (Boukhari, Moslim et Nassaï).
« Le Moumin, par la souplesse qui le caractérise, est comparable à un champ de blé dont les tiges flexibles se plient, sous l'effet du vent: tandis que l'infdèle est semblable à un cèdre qui demeure l raide, à moins qu'il ne soit abattu». (Boukhari,Tirmidhi).
L'Islam est un système éthique, dont la simplicité, la clarté et l'idéalisme l'imprégnent profondément d'un humanisme transcendant mais pratique.
«Le but de ma mission, en tant qu'envoyé de Dieu -affirme le Prophète- est de parfaire la morale universelle ». (Moslim et Mousned Ahmed).
Le fameux leader arabe Chakib Er-Salân est l'auteur d'un ouvrage dans lequel il s'est posé, avec une objectivité saisissante, cette question cruciale: « Pourquoi ce recul des musulmans alors que d'autres peuples réalisent un progrès constant» ?.
L'lslam, en tant que système social est-il vraiment responsable de la régression de ses adeptes ? Ses principes constituent-ils récllement un handicap au progrès économico-social et à l'évolution de la science ? Pourquoi donc l'Islam, à: son avènement, a-t-il pu, au contraire, réaliser, à l'échelle mondiale, cette heureuse expansion cristallisée par une civilisation éminemment h~ maine où le spirituel agissant s'alliait harmonieusement au rationnel bien entendu. L'lslam abbasside et andalous a légué à l'humanité un précieux patrimoine qui fut le point de départ de la Renaissance en Occident.
Quels sont donc les éléments générateurs de progrès et qui constituent l'essence même de l'lslam ?
Tout progrès est conditionné, en premier lieu, par l'épanouissement spontané de l'Etre, dans un milieu approprié et dans une ambiance non viciée par la démagogie ou la religiosité. Une communauté où les citoyens se sentent solidaires est le champ idéal pour un rayonnement heureux. Le citoyen libre, protégé contre l'injustice et l'abus, doit pouvoir agir, sans contrainte ni heurt, avec un sentiment accru de dignité. L'efficience de sa
contribution dans l'édification de la communauté est fonction d'impondérables dont l'Islam a fait le fonds même de son dogme. Le comportement de l'individu, au sein de la société et la nature des rapports créés par le brassage quotidien des citoyens, sont le ressort essentiel et le secret réel du progrès.
L'Islam protège la liberté et encourage l'affranchissement des esclaves; de nombreux hadiths rapportés par d'éminents traditionnalistes tels Bokhari, Moslim et Tirmidhi, mettent en relief le souci du législateur, dans ce domaine. Maintes infractions à la loi divine ne sont expiées que par la libération des esclaves. Le Prophète, tout en ménageant les traditions de son époque (traditions d'esclavage communes à plusieurs Nations, même des plus civilisées comme les Persans, Les Grecs et les Romains), profitait de toutes les occasions, pour démontrer aux fidèles le caractère sacré de la liberté. Il s'ingéniait à résorber cet esclavage, alors que plus d'un tiers des Nations modernes refusent, encore aujourd'hui, d'adhérer à la Convention Internationale sur son abolition. Il multipliait les chances de cet affranchissement qui devient
obligatoire, quand le ma~tre use de violence à l'égard de son domestique (Moslem et Daoud). Le Khalifa Omar, s'adressant un jour à ceux qui prenaient plaisir à subjuguer les hommes, leur dit: « Pourquoi donc imposer votre joug à des hommes nés libres ! » (1).
L'édifice éminemment humain que l'Islam s'ingénie à consolider, refuse de reconnaitre toute discrimination raciale; nulle distinction entre les hommes, si ce n'est celle fondée sur la valeur personnelle de chacun. « Le degré de piété (qualité essentielle de l'homme conscient de la nature de son être) est-affirme le Prophète « le seul critère de supériorité entre les hommes; un croyant de souche arabe ne peut surpasser, en mérite, un nonarabe, que par une piété plus grande » (Tabarani). La Cité musulmane enveloppait dans son sein, non seulement des musulmans d'éthnicités différentes, mais même des Juifs, des Chrétiens et des Sabéens. «La religion de Dieu -précise le Coran- est l'Islam (S. de la Famille d'Imran, verset 17) et l'Islam s'identifie à la religion d'Abraham qui englobe les religions révélées. « Dis-leur -ordonne le Coran: « Dieu ne dit que la vérité; suivez donc la religion d'Abraham qui était pieux et n'associait point d'autres divinités à Dieu ». (id. verset 89). On questionna, un jour, le Prophète sur la meilleure des religions: « C'est -répondit-il sans hésiter- la religion la plus aisée, celle d'Abraham». (Tabarani)
Les barrières dressées, entre les êtres humains, de par les distinctions de confession ou de race sont factices: I'Islam ne reconnait aucun antagonisme opposant Musulmans aux Chrétiens ou l'Orient à l'Occident. De l'interpénétration des deux religions et de leur interférence naquit, à notre sens, « un nouveau mode de civilisation spiritualiste et d'un moral élevé qu'on a qualifié de méditerranéen ». Les apports mutuels sont là pour démontrer la corrélation effective entre les deux tendances. Le baron Carra De Vaux affirme dans ses «Penseurs de l'Islam» que «c'est bien l'IsIam qui a donné au Christianisme un mode de philosopher, fruit du génie naturel de ses enfants. Malheureusement, cette harmonie entre les adeptes des deux religions révélées a été envenimée par les mobiles politico-économiques du colonialisme occidental qui faussa le cours de l'histoire. Dans cette ascension vers les plus hautes destinées humaines, les rapports de l'Islam et de l'Occident ne sauraient marquer cette note discordante qui doit accompagner, facticement, toute lutte pour la vie. C'est que les peuples qui appartiennent à la civilisation du XXè siècle possèdent, en commun, une même morale individualiste et universaliste qui « prolonge l'homme au-delà de sa destinée terrestre ». Ce fait essentiel marque « I'humanisme moderne qui caractérise le Christianisme et l'Islam et que le rationnalisme bien compris a contribué à enraciner dans l'âme façonnée par les religions révélées.
Si on avait pris soin de méditer sur la portée des principes de l'Islam, on n'aurait pas manqué d'y voir un spiritualisme accompli où l'idéalisme transcendant s'accommode du positivisme le plus réaliste.
L'avènement de l'Islam avait bouleversé, en l'espace de quelques décades, la carte du monde, mit en branle une révolution scientifique, intellectuelle et socio-économique. D'esprit «eclectique» et syncrétisateur, le musulman qui a créé une connaissance islamique après un stade de décantation, devint initiateur. « Malgré le grand nom d'Euclide -fit remarquer E.F. Gautier -ce ne sont pas les Grecs, ce sont les Sarrasins (c'est-àdire les Musulmans) qui furent les professeurs de mathématiques de notre Renaissance ».
Le maghrébin Idrissi est présenté comme le « Professeur de Géographie de l'Europe », « L'optique d'Alkhazen est bien supérieure -note Bigourdan- à celle de Ptolémée ». « Si l'on compte -dit Delambe dans son « Histoire de l'Astronomie»- à peine deux ou trois observateurs parmi les Grecs, on en voit, au contraire, un assez grand nombre parmi les Arabes ». Albitrugi critiqua le système planétaire de Ptolémée et en proposa un plus simple. En chimie, Avicenne se rendit compte, très tôt, de la vanité de l'Alchimie comme science prétendant opérer la transmutation des métaux en or, par l'intermédiaire de la pierre philosophale (appelée élixir chez les Arabes). Parmi les principes énoncés par le savant musulman dans un de ses ouvrages (traduit en latin dès 1200 après J.C.), figure celui de Lavoisier (I'un des créateurs de la chimie moderne), à savoir que «rien ne se crée de rien», «rien ne peut se réduire au néant ». Tout un chapitre est consacré, dans le même ouvrage, à l'analyse de différentes opérations chimiques dont les résultats procèdent bien d'une méthode expérimentale fondée sur l'observation. Les constatations d'Avicenne sur les métaux, leurs natures, leurs variétés et leurs propriétés ont contribué à la création de la métallurgie moderne. Le rôle joué par Avicenne, en tant que physicien, a été mis en relief par la découverte d'un de ses ouvrages sur la physique (Winter-Review. Endevour London. Avril 1950, p. 76).
C'est de la théorie avicennéenne sur la formation des roches et des montagnes par des soulèvements de l'écorce terrestre que l'ingénieur et artiste italien, Léonard de Vinci, devait s'inspirer, cinq siècles plus tard, pour jeter les bases de la science géologique (cf. Makers of Chemistry by Holmyard).
Al Birouni, au XIème siècle, se livra, lui aussi, à des études de physique très poussées et eut l'idée, extraordinaire pour l'époque, de comparer la vitesse de la lumière à celle du son. Il semble surtout avoir eu la conviction du rôle essentiel joué par l'expérience dans la méthodologie scientifique.
C'est Avicenne aussi qni a jeté les fondements de l'embryologie moderne, en procédant à la dissection de l'embryon et à l'analyse~minutieuse de ses divers organes. Il est le premier à avoir décrit le mécanisme de l'afflux sanguin; le Syrien Ibn Nafis découvrit, trois siècles plus tard, le système de la
circulation pulmonaire dite «petite circulation». Mais déjà, au Xllème siècle, le maghrébin Averroès esquissait dans ses « Kolliât », (Colliges) le schéma de la grande circulation du sang, préparant ainsi le terrain à la théorie de William Harvey, sur le système sanguin de l'homme. Dans un passage célèbre du canon d'Avicenne (12 p. 44), la méningite est signalée, pour la première fois, avec une description précise de ses symptômes et de son état évolutif. Les différentes théories d'Avicenne devaient bouleverser certaines données grecques, tels l'analyse des causes qui déterminent la congestion cérébrale, I'usage de la glace dans la thérapeutique contre la fièvre ainsi que les injections hypodermiques et la chloroformissation du patient, avant les opérations chirurgicales (Ibn Khallikâne t I p. 312).
Avenzoer décrit la vie microbienne avant Pasteur et Al Khazen avait entrevu le système de la pesanteur (chute des corps) avant Galilée.
Ce ne sont là que quelques exemples des découvertes scientifiques islamiques qui contribuèrent à mettre sur pied d'importan~s secteurs de I'industrie moderne et à préparer l'ère de la mécanisation. Ce sont les Arabes qui créèrent -affirme Gautier- I'industrie chimique dont certains produits pharmaceutiques, toujours en vogue dans l'industrie moderne, tels le rhubarbe, le tamarin, le Kermès, le camphre et des préparations comme les sirops, les juleps, les loocks, les emplâtres, les pommades, les onguents, I'eau distillée, etc... Si, plus tard, I'industrie à base chimique put bouleverser les données de la production moderne, ce fut grâce à certains corps découverts par les Arabes et complètement ignorés des Grecs, tels la potasse, le nitrate d'argent, I'alcool, I'acide sulfurique, I'acide nitrique, le sel ammoniac, le sublimé corrosif et la préparation du mercure.
Ce fut, par suite de l'introduction du ver-à-soie, en Espagne, par les Arabes, vers le XIIIè siècle, que le tissage de la soie se propageait, empruntant des motifs dont «les carrés de l'actuel faubourg Saint-Honoré ne sont qu'une réplique industrielle ». Certaines soieries des plus fines gardent encore en Europe leurs noms arabes tels la mousseline, - (de Mossoul), le Damas, I'Atlas. Après les Croisades, I'importation des tissus d'Orient en France atteignit des proportions telles que des mesures furent prises, pour en arrêter l'afflux. C'est l'Italie qui profita la première de la technique industrielle arabe qu'elle répandit, ensuite, dans toute l'Europe. Mouliéras signale en 1895 que les indigènes des Jbala, au nord du Maroc, traitaient le lin, le chanvre et le coton à peu près comme en Europe (le Maroc inconnu t. 2. p. 502).
Il en est de même de l'industrie des armes. L'invention de la poudre à canon fut longtemps rattachée aux noms de Roger Bacon, d'Albert le Grand et de Berthold Sehwartz. Les recherches de M. Reinaud et de M. Favé ont permis de découvrir que les musulmans avaient su produire et utiliser la force projective qui résulte de la poudre. Les recettes de la poudre à canon se trouvent consignces dans un manuscrit arabe du Xlllè siècle, alors que ce n'est qu'au siège d'Algésiras, en 1342, que les Anglais ont vu un canon pour la première fois (d'où le nom de Crécy).
On a retrouvé récemment dans les archives médiévales, d'après Gautier, I'analyse d'un procédé de fabrication de la glace; c'est au XVlè siècle seulement que l'Europe en conçut l'idée.
La raison d'être de l'lslam est, en effet, la stricte nécessité d'édif~er une société dont les conditions de viabilité restent fonctions d'une double productivité sur le plan matériel et spirituel.
La notion d'une authenticité islamique est, donc, étroitement liée à une pensée souveraine et éminemment exigente, à savoir l'aspiration à un équilibre qui assure le véritable Etre d'un vrai musulman.
L'lslam, malgré les dérèglements et les incartades, a pu marquer, d'un cachet indélébile, I'infrastructure de la société. Il a joué un rôle primordial dans la structuration des fondements de l'Etat, dans chaque pays musulman.
L'objectivité est une vertu essentielle, chez un musulman il est vrai qu'objectivité ne veut pas dire traditionnalisme conformiste, ni absence d'esprit critique, mais seulement inspiration rigoureuse des faits, doublée le cas échéant, d'interprétations élaborées en fonction de données réelles et d'axiomes bien entendus.
Quand, dans l'orientation du jugement, le travail brusqué de la pensée se double de partis pris plus ou moins systématiques, on aboutit à des contradictions édifiantes.
Le sens critique est indispensable, mais il faut se garder de le confondre avec un conformisme systématique. Il est dangereux de forcer la méthode inductive au dépens des sources naturelles de l'histoire.
L'lslam, au dogme simple, accessible à tous, sans hiérarchie, sans formalisme, a pu conquérir une grande partie de l'Humanité, dans l'espace record de quelques décades. L'Histoire a rarement donné l'impression d'une spontancité aussi nette dans la conquête pacif~que des cœurs. «Jamais l'Arabe, -reconnait E.F. GAUTIER- dans toute l'ardeur de sa foi nouvelle, n'a songé à éteindre dans le sang une foi concurrente ».
Si le Musulman a prêché l'lslam, il s'est toujours abstenu de faire pression sur le cœur des infidèles. Quand le Monde de l'lslam était à l'apogée de sa puissance et de son épanouissement, des communautés chrétiennes et juives menaient, dans son sein, une vie heureuse et paisible.
Grâce à ces impondérables du génie arabe, on comprend mieux ce qu'avait dit l'ltalien Libri: « Effacez les Arabes de l'Histoire et la Renaissance sera retardée de plusieurs siècles en Europe ».
L'lslam n'est donc plus, ce que certains croyaient, « un pur sujet d'érudition ». Sa tendance au renouveau, sa foi dans sa mission politicosociale, toute son histoire avec ses longues péripéties de splendeur et de déclin et les mobiles constitutifs de ce processus, révèlent au monde un effort continu d'adaptation, alimenté par un riche potentiel qui puise sa force dans le pragmatisme de !'lslam.
Le dynamisme et le pragmatisme créateur de l'lslam sont un solide garant pour un Fenouveau réel qui insufle à l'Etat islamique modernisé une structuration où le support spirituel de la civilisation islamique forme corps avec les données d'une technicisation qui assure le bien-être matériel du peuple. L'apport de l'lslam, extrait de sa théorie originelle, est susceptible de concrétiser cet élan qui allie le spirituel et le temporel au prof~t de toute l'humanité dont une des bases du progrès consiste dans la jouissance d'une vie où le confort matériel s'allie à l'idéal.
La réalisation du bonheur de l'humanité et du bien-être de l'homme, constitue le but suprême d'un islamisme bien entendu, tel qu'il fut défmi par le mouvement salafi, grâce à son efficience concrète et pragmatique. L'économie islamique doit assurer aux citoyens une vie digne, confortable~ et égale pour tous, sans considération de confession, de race ou de couleur. La misère, I'ignorance et la maladie sont les fléaux que tout régime islamique doit s'ingénier à combattre, avec les moyens les plus appropriés et les méthodes les plus modernes.
Notre économie rurale doit donc être développée et planifiée, mais les réformes agraires saines et rentables doivent aller de pair avec une industrialisation tendant à exploiter toutes les ressources nationales et à doter notre première industrie, qui est l'agriculture, de tous les moyens modernes susceptibles d'aboutir quantitativement et qualitativement à une production maxima.
Certes, I'industrialisation accentue la force du travail et amplifie les problèmes qui en découlent. Mais notre législation, celle de l'lslam dans ce domaine, est la plus progressiste de toutes les législations du monde, car elle met en connexion l'idéalisme spirituel, la sécurité sociale et le confort matériel que doit atteindre l'ouvrier, en tant que capital-travail. La dignité de ce capital humain est le plus sûr garant de la stabilité et de la prospérité de la communauté musulmane toute entière.
(1) L'esclavage tel qu'il est conÇu en Islam est un fait de guerre; le véritable esclave est le prisonnier de guerre; toute traite, en dehors de ce principe, demeure illégale quoiqu'elle fût pratiquée, de tous temps en terre d'lslam, contrairement à ses prescriptions. http://www.abdelaziz-benabdallah.org/doc10.html