Après la diffusion du film anti-Coran de Geert Wilders, le gouvernement néerlandais craint
les réactions dans les pays musulmans - Voilà comment les médias participent activement à la propagande de ce film sous forme d’information "le gouvernement néerlandais
craint..." BLA BLA BLA... Le loup est-il blessé à ce point pour vouloir déclencher une GUERRE DE "RELIGION"...
vendredi 28 mars 2008
Annoncé depuis novembre 2007, le film anti-Coran du député populiste néerlandais Geert Wilders a été diffusé, jeudi 27 mars
au soir, sur le site Internet britannique d’échanges Liveleak.com. Des extraits ont ensuite été placés sur le site de partage de vidéos YouTube. Dans ce film de montage, qu’il a appelé Fitna (qui
signifie en arabe la discorde dans la communauté des croyants), le leader du Parti pour la liberté (PVV) affirme vouloir illustrer le caractère "fasciste" du Coran, dont il réclame l’interdiction
aux Pays-Bas. Il le compare au Mein Kampf d’Adolf Hitler, censuré dans le pays.
Consulté par 2 millions de personnes au cours des trois premières heures de sa mise en ligne, rapidement attaqué par des
pirates informatiques, le court-métrage de 17 minutes a aussitôt été condamné, jeudi soir, par le gouvernement néerlandais. Le film n’a ni acteurs ni véritable scénario. Il montre des extraits de
livres, des coupures de presse et des citations du Coran destinées à fonder l’idée d’une religion intolérante voulant conquérir le monde. Des images brutales de divers attentats, notamment à New
York et à la gare Atocha de Madrid, sont assorties de citations de sourates invitant à punir les infidèles. Le film montre aussi une séquence où le cinéaste Theo Van Gogh, poignardé et égorgé en
2004 par un islamiste radical à Amsterdam, évoque avec ironie les menaces qui pèsent sur lui alors qu’il vient de réaliser, avec l’ex-députée néerlandaise Ayaan Hirsi Ali, musulmane d’origine
somalienne, le film Submission, dénonçant les violences contre les femmes autorisées par le Coran.
Fitna s’attarde sur des exécutions en Irak ou des prêches d’imams contre les homosexuels et les juifs. Evoquant "les
Pays-Bas demain", il montre des femmes voilées, des enfants ensanglantés et des homosexuels pendus. Il se poursuit par un bruit de page déchirée : non pas celle du Coran, comme cela avait
été annoncé, mais celle d’un annuaire téléphonique : Geert Wilders veut ainsi inviter les musulmans à "déchirer eux-mêmes un texte qui propage la haine". "Les musulmans vous demandent de la
place pour l’islam, mais l’islam ne vous en fait aucune", souligne aussi le texte. Il conviendrait de "vaincre" cette religion, comme ont été vaincus le nazisme et le communisme, a expliqué le
député.
La première et la dernière image reproduisent, apparemment sans l’aval de son auteur, Kurt Westergaard, une caricature du
prophète Mahomet parue au Danemark. On entend, à la fin, une explosion mais qui serait plutôt, selon M. Wilders, le bruit "des éclairs et du tonnerre". Le leader populiste a affirmé, jeudi
soir, que son film était "beau et net", s’en tenait aux "faits" et respectait la loi. "Si des musulmans se sentent insultés par de telles images, ils sont insultés par la vérité", a-t-il déclaré.
"Mon but, a-t-il poursuivi, est de montrer que l’islam représente un danger pour les Pays-Bas, un grand danger. Il est minuit moins cinq."
M. Wilders a indiqué qu’il organiserait des débats en vue d’avoir des "discussions adultes" avec des musulmans. Au
cours des dernières semaines, il avait refusé toute discussion. Affirmant ne pas être opposé aux croyants mais bien au Coran, il a dit espérer que Fitna favoriserait l’émergence d’un livre "plus
doux", "sorte de Nouveau Testament". Récusant l’idée que son film soit destiné à déclencher des affrontements, il a estimé qu’il ne pourrait être tenu pour responsable d’éventuels affrontements,
attentats, ou d’un boycottage des Pays-Bas.
Après une réunion des ministres concernés, le premier ministre néerlandais, le chrétien-démocrate Jan Peter Balkenende, a
"déploré", en néerlandais et en anglais, ce film qui, selon lui, vise à "offenser". La Haye, qui craint des représailles, a pris contact avec ses ambassades dans les pays musulmans ainsi qu’avec
ses partenaires de l’Union européenne. "Se sentir offensé ne doit pas être une excuse pour agresser ou menacer", a déclaré M. Balkenende.
Le chef du gouvernement s’est réjoui des premières réactions modérées chez les musulmans néerlandais. Le président du
Conseil national des Marocains, Brahim Bourzik, s’est dit "apaisé" après avoir vu le film qui s’en tient, selon lui, au cadre légal. Un imam turc d’Amsterdam, Mustafa Bitunku, a invité les
fidèles à ne pas prêter attention à Fitna.
Vendredi, les mosquées devaient être ouvertes à tous en signe de tolérance. On attendait la fin de la prière, dans
l’après-midi, pour mesurer l’ampleur des réactions. Erwin Seydel, un spécialiste de la psychologie des foules, s’attendait, jeudi soir, à des réactions violentes. Pour Maurits Berger, islamologue
de l’université de Leyde, il serait pourtant "particulièrement excessif" que le court métrage déclenche des manifestations dans les pays musulmans. La qualité du film elle-même est mise en doute.
Il comporte au moins une erreur : son auteur a confondu le visage d’un musicien de rap avec celui de l’extrémiste qui a assassiné Theo Van Gogh.
Jean-Pierre Stroobants
http://www.lemonde.fr/europe/articl...
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Qui est Geert Wilders ?
Geert Wilders voit le jour le 06 septembre 1963 à Venlo (Pays-Bas), où son père dirige l’entreprise de photocopieurs Océ.
Après ses études secondaires, il passe plusieurs mois dans un moshav, un village agricole israélien, il en reste très proche d’Israël «la seule démocratie au Moyen-Orient», répète-t-il ce qui
est pour lui « un antidote qui le prémunit contre l'extrême droite européenne." Il suit ensuite des études de Droit à l’Open University d’Amsterdam puis travaille quelques années dans une
compagnie d’assurance santé.
En 1990, Geert Wilders devient assistant parlementaire de Frederik Bolkestein, dit Frits Bolkestein, commissaire européen et député du Volkspartij voor Vrijheid en Democratie (Parti Populaire
pour la Liberté et la Démocratie, VVD en néerlandais, un parti libéral fondé en 1948). Avec lui, il voyage beaucoup aux États-Unis, en France, en Israël, en Iran et en Irak.
En 1997, Geert Wilders est élu sur une liste VVD au conseil municipal d’Utrecht, quatrième plus grande ville des Pays-Bas. L’année suivante, il est élu député du VVD au Parlement national
néerlandais (Tweede Kamer). Dès 1999, il dénonce le multiculturalisme et dépose des motions anti-Islam au Parlement, s’inspirant notamment des positions ouvertement de Frits Bolkestein et
surtout de Wilhelmus Simon Petrus Fortuijn, dit Pim Fortuyn, le député homosexuel leader du mouvement anti-immigration qui sera assassiné en 2002.
En septembre 2004, Geert Wilders quitte le VVD à la suite de désaccords politiques, entre autres sur l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne. Il crée son propre parti, le Groep Wilders,
qu’il rebaptise Partij voor de Vrijheid (PVV, Parti de la Liberté) en février 2006. En novembre 2004, à la suite de l’assassinat par un islamiste radical du réalisateur néerlandais ite Théo Van
Gogh — auteur de documentaires consacrés à Pim Fortuyn et à la situation de la femme dans l’Islam (Soumission) — il s’en prend violemment à la communauté musulmane, ce qui lui vaut des menaces
de mort. Il bénéficie depuis cette date d’une protection policière assurée par l’Etat néerlandais. Le PVV fait campagne aux législatives de 2006 sur les thèmes de prédilection de Pim Fortuyn.
Coutumier des provocations contre l’Islam, le politicien soutient activement le journal danois Jyllands Posten, dont la publication de caricatures de Mahomet provoque une vague de protestations
dans le monde arabo-musulman. À l’instar de l’hebdomadaire français Charlie-Hebdo, il prend l’initiative de reproduire ces caricatures très controversées, justifiant sa décision par "le droit à
la liberté d’expression". Son "Parti de la Liberté" obtient 5,9% des suffrages aux élections législatives, soit 9 sièges sur 150 à la Seconde chambre du Parlement néerlandais, constituant ainsi
la cinquième force politique des pays-Bas.
Comme de nombreux autres islamophobes tels Oriana Fallaci, Ayaan Hirsi Ali ou Robert Redeker, Geert Wilders ne cesse depuis d’amalgamer Islam, Intégrisme et Terrorisme et de défendre les
"valeurs occidentales" dans ses diatribes. Militant sioniste, lié semble-t-il aux services secrets israéliens, Geert Wilders se rend souvent à Jérusalem où il a, selon ses dires, rencontré à
plusieurs reprises Ariel Sharon et Ehud Olmert. Il soumet régulièrement au Parlement néerlandais des propositions de lois inspirées par ce qui se pratique en Israël, comme entre autres un
projet sur le durcissement de la détention administrative des "étrangers" ou un autre sur l’obligation d’indiquer sa religion sur les documents d’identité. Il s’oppose au port du voile et à la
construction de mosquées. À titre d’élu, il exige l’interdiction du Coran aux Pays-Bas, estimant que le livre saint n’est compatible ni avec la Démocratie ni avec le droit néerlandais. Selon
lui, le Coran est un "livre fasciste" qui "incite à la haine et à l’assassinat" et doit donc être interdit au même titre que le Mein Kampf d’Adolf Hitler. Il souhaite également que le texte de
la Convention européenne des Droits de l’Homme soit modifié afin de mieux protéger les citoyens européens de "l’extrémisme islamique" et réclame que les musulmans désirant s’installer aux
Pays-Bas renient officiellement leur religion. Ses opposants soulignent que si Wilders avait dit sur les juifs et l’Ancien testament que ce qu’il a dit sur les musulmans et le Coran, il aurait
été depuis longtemps accusé d’antisémitisme et déchu de ses mandats politiques pour haine raciale.
Le 28 mars 2008, après plusieurs tentatives ratées (dont notamment l’impossibilité de trouver un distributeur et le blocage de son site web par l’hébergeur américain Network Solutions), faisant
fi des menaces des intégristes, de l’indignation des pays arabo-musulmans et des appels à la raison du gouvernement néerlandais qui craint un boycott et une nouvelle crise internationale, Geert
Wilders diffuse sur internet un film documentaire vidéo de 17 minutes intitulé Fitna (terme arabe signifiant "division", "discorde", "guerre" dans l’Islam). Fitna, mis en ligne sur le site web
de son parti et sur Youtube, est un film de propagande parsemé d’images d’attentats islamistes (New York septembre 2001, Madrid mars 2004), de graphiques évoquant la croissance de la population
musulmane en Europe et, bien entendu, de la fameuse caricature de Mahomet montrant celui-ci coiffé d’un turban en forme de bombe, avec un "tic-tac" en fond sonore suivi d’une explosion et d’un
écran noir. Des images de lapidations, de mutilations génitales féminines, de pendaisons d’homosexuels, de femmes portant la Burqa, etc, sont diffusées sur fond de sourates du Coran,
entrecoupées de slogans haineux et de commentaires tels que "L’Europe du futur ?". Des personnalités faisant l’objet d’une fatwa y sont listés, dont Geert Wilders, et une petite fille y
explique même que Dieu dit dans le Coran que les juifs sont des singes et des porcs. Le film se termine sur un appel à "déchirer les versets malveillants du Coran". "Stoppons l’islamisation,
défendez votre liberté", conclut Geert Wilders.