Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.
|
Palestine, 60 ans après : le partage ou la paix Par Pierre-Yves Salingue |
|
|
|
Pour tous ceux qui refusent l’injustice subie par le peuple palestinien, 2008 aurait pu être l’occasion de relancer une mobilisation essoufflée par le sentiment d’impuissance provoqué par la dégradation dramatique de la situation des Palestiniens. Non qu’il y ait quoi que ce soit à « célébrer » en 2008 et surtout pas la proclamation de l’Etat d’Israël, cette étape essentielle du nettoyage ethnique de la Palestine. Mais, 60 ans après la Naqba, quelles que soient la noirceur du tableau et l’ampleur de la tragédie palestinienne actuelle, les militants engagés dans le soutien à la lutte du Peuple palestinien ont constaté un changement, encore hésitant mais prometteur, dans le camp palestinien. Depuis l’appel au boycott d’Israël [1] lancé par 170 organisations palestiniennes en juillet 2005, des militants palestiniens ont multiplié les appels et les initiatives [2]. Ils ont progressivement défini les éléments structurant une démarche de reconstruction d’une stratégie de lutte contre la fragmentation de la société palestinienne : - Le refus du mythe selon lequel les négociations avec Israël étaient la seule voie possible. - L’unité globale du peuple palestinien, de sa terre et de sa cause, quelles que soient sa dispersion et sa fragmentation actuelle. - L’exigence incontournable du droit à l’autodétermination et du droit au retour des réfugiés. - Le refus de reconnaître Israël en tant qu’ « Etat juif ». - Le refus de la colonisation et de l’occupation de toutes les terres arabes. - Le rejet de toute normalisation des relations avec l’occupation coloniale et ses institutions. - La condamnation de toutes les tentatives des donateurs occidentaux visant à établir des « projets d’échange » communs à l’oppresseur et aux opprimés, sous les termes trompeurs de « dialogue pour la paix » Sans jamais remettre en cause la légitimité de la résistance armée à l’occupation, ces militants ont estimé que, si ces actions armées recueillaient une sympathie populaire, elles ne permettaient pas une participation directe à la lutte de la part de la population présente sur la terre de Palestine de même que celle des Palestiniens vivant en exil. L’appel au boycott, au désinvestissement et aux sanctions permettait à un mouvement de soutien international d’exister réellement, non comme l’auxiliaire d’un hypothétique « processus de paix » mais comme un acteur pouvant contribuer à remettre en cause le rapport de forces et à aider réellement les Palestiniens par des actions durables et efficaces pour isoler l’Etat d’Israël. Mais en France, ces appels sont restés lettre morte. Ni la Plate-forme des ONG, ni le Collectif national pour une paix juste entre Palestiniens et Israéliens, ni la plus importante des associations françaises de solidarité (AFPS) n’ont voulu les reprendre. On doit même constater que les responsables du mouvement de solidarité ont de plus en plus pris leurs distances avec les militants palestiniens qui les interpellaient sur les motifs de leurs hésitations et sur les raisons de leur inaction. L’initiative « Paix comme Palestine » en est aujourd’hui l’illustration, tant dans le choix des invités politiques que dans le contenu du message que les organisateurs ont décidé de faire passer. Voici donc une « campagne pour la Palestine » où on ne trouvera pas les expressions suivantes : « nettoyage ethnique », « Etat colonial », « projet sioniste », « soutien à la résistance du peuple palestinien », « droit au retour des réfugiés dans leurs foyers », « boycott d’Israël » Ils disent vouloir « la paix », mais ils ne veulent pas du retour des réfugiés. Pour qui souhaite réellement aider les Palestiniens à recouvrer leurs droits et notamment leur droit à l’autodétermination, ces « 60 ans » n’avaient de sens que dans l’affirmation sans ambiguïté d’une solidarité totale avec les exigences constantes du Peuple palestinien dans sa résistance à la conquête coloniale et au nettoyage ethnique. Au coeur de ces droits, le Peuple palestinien a placé la question des réfugiés. Pas seulement à cause de leur nombre, même s’ils représentent aujourd’hui les 2/3 des Palestiniens, mais parce que, comme l’a si bien exprimé Hussam Khader, « la cause des réfugiés est la substance même de la cause palestinienne ». C’est pourquoi le droit au retour des réfugiés occupe une place décisive, à la fois dans l’affirmation de la résistance populaire au nettoyage ethnique et dans l’expression du refus de reconnaître la légitimité de « l’État juif » : Pour les Palestiniens, l’abandon du droit au retour signifierait la victoire totale du projet colonial sioniste et donc leur disparition en tant que peuple. Et c’est aussi pourquoi la question des réfugiés est devenue la cible d’une offensive généralisée visant à éradiquer cette réalité qui est la marque identitaire du conflit et le symbole vivant de l’illégitimité du projet colonial sioniste imposé aux peuples arabes par la force des armes avec le soutien de l’Impérialisme. Par son vote du 29 novembre 1947, contre la volonté affirmée de la population arabe palestinienne majoritaire, l’ONU a volé sa terre à un peuple qui l’habitait et la travaillait depuis des siècles pour la donner aux partisans d’un projet colonial, au nom du « droit à un État » d’un « peuple juif » qui n’existait que comme une construction idéologique du nationalisme réactionnaire sioniste. En privant les Palestiniens de leur droit au retour, il s’agit bien d’anéantir leurs racines, de les déposséder de leur Histoire et de faire disparaître la marque du crime commis en 1947/1948 lors de la création de l’Etat colonial israélien. Le fondateur d’Israël avait dès le début donné la ligne : « Nous devons tout faire pour assurer qu’ils ne reviendront jamais » avait déclaré Ben Gurion en juillet 1948. L’offensive menée contre le droit au retour est multiforme et concertée. Soutenus par les gouvernements des États Unis (Bush a depuis longtemps déclaré que les réfugiés ne pourront pas revenir en Israël) les dirigeants israéliens, de toutes les tendances politiques, sont évidemment les plus déterminés. Le siège imposé à la population de Gaza depuis 2 ans est d’abord une guerre menée aux réfugiés : la population de la bande de Gaza est à plus de 70% composée de réfugiés et la volonté israélienne d’y rendre la vie impossible a beaucoup plus à voir avec la politique sioniste de nettoyage ethnique qu’avec l’intention souvent prêtée aux dirigeants israéliens de vouloir « punir les habitants » d’avoir voté pour le Hamas ou avec des « réactions disproportionnées » contre les tirs de rockets. Comme la colonisation croissante et la construction du mur en Cisjordanie, comme la politique d’expulsion de leurs terres des Palestiniens du Nakhab, le siège de Gaza est le signe du caractère toujours actif du projet sioniste en Palestine et de son incompatibilité totale avec le retour des réfugiés. Au plan international d’importantes négociations se déroulent actuellement, plus ou moins secrètement. Elles impliquent des dirigeants politiques occidentaux et japonais, des représentants des régimes arabes concernés par la présence de réfugiés sur leurs territoires ou sollicités pour supporter le coût financier des mesures envisagées, des institutions politiques et financières internationales etc. L’objectif est de convaincre (notamment par la promesse d’indemnisations) ou, à défaut, de contraindre les réfugiés à renoncer à leur droit au retour. Si, de la part de ces adversaires du Peuple palestinien, ces positions qui nient ouvertement les droits des réfugiés ne sont pas vraiment une surprise, on éprouve par contre de la colère à la lecture des propos tenus par ceux qui se présentent comme les défenseurs de ces droits. S’agissant des réfugiés et de leur droit au retour, l’initiative « Paix comme Palestine » est une contribution directe à la politique qui vise à vider le droit au retour de son sens, tout en conservant quelques formulations qui peuvent induire en erreur les sympathisants de la cause palestinienne qui n’imaginent pas que ce droit puisse être abandonné. Que disent les « appels » initiés à l’occasion de cette initiative ? · « une solution juste du problème des réfugiés fondée sur la reconnaissance du tort qu’ils ont subi et des droits qui en découlent » lit-on dans l’appel des personnalités, · « un juste règlement du problème des réfugiés » affirme l’appel proposé à la signature des élus, après avoir regretté, dans un délicat euphémisme, que la guerre ait « conduit également à pousser à l’exode 800 000 Palestiniens devenus les réfugiés » Le choix des intervenants confirme les intentions des organisateurs. Elias Sanbar, d’abord. Il est l’inspirateur de la subtile distinction entre « reconnaissance du principe du droit au retour » et "exercice du droit". Elias Sanbar affirme qu’il veut d’abord qu’on lui reconnaisse son droit, mais que l’exercice de ce droit le regarde et qu’il est fortpossible qu’il n’ait pas envie de l’exercer. Peut-être veut-il rassurer les Israéliens ou peut-être n’a-t-il pas le même vécu que les réfugiés de Nah el Bared ? Toujours est-il que contrairement aux comités des camps de réfugiés qui traitaient le document de Genève d’ «agression sur le dos du peuple palestinien et d’attaque contre ses droits fondamentaux » Sanbar affirme : « Ce qui est bien dans ce projet, c’est son côté très pédagogique, puisqu’il est la preuve concrète que rien n’est impossible. Finalement même s’il ne voit pas le jour, même s’il ne seconcrétise pas, il aura quand même servi à donner la preuve que toutes les questions, même les soi-disant absolument insolubles, peuvent trouver une solution ». Pour lui, si « le droit au retour n’est pas négociable », « son application l’est » [3] Dans un entretien publié dans l’Humanité le 04/04/2007, Ziad Abu Amr affirmait vouloir « régler la question des réfugiés par une négociation dans le cadre de la résolution 194 de l’ONU ». Pourquoi « une négociation dans le cadre » ? Pourquoi pas « en appliquant la résolution 194 » ? La réponse est dans la suite de ses propos. Il affirme : « Je rappelle que cette résolution donne le choix entre le retour et l’indemnisation » Ziad Abu Amr ment deux fois ! Certes, cette résolution donne aux réfugiés « le choix », revenir ou ne pas revenir, mais la résolution 194 affirme le droit au retour ET le droit à « des compensations pour tout bien détruit ou endommagé » ! Et la 194 donne ce choix à chaque réfugié, sans en conditionner la réalisation pratique à une « négociation ». Monique Chemillier-Gendreau dit explicitement de ce que sont les intentions véritables des partisans de « la paix par le droit » « Le pari est que le nombre de Palestiniens optant pour le retour en Israël soit approximativement le même que celui de réfugiés qu’Israël accepterait de recevoir. Si le premier nombre se révèle supérieur au second, le droit au retour affirmé par le droit international et repris par l’accord n’est plus réalisable pour tous les Palestiniens…Il faut souhaiter que ce pari hasardeux réussisse et que, entre le nombre de Palestiniens candidats au retour en Israël et celui de la proposition d’Israël, la différence soit insignifiante. » [4] Dans une conférence organisée par l’AFPS, elle enfonçait le clou : « C’est une astuce qui peut aboutir à la résolution du problème et de ses nombreux blocages… Ce faisant, on se donne du temps. Et si par miracle…se dessinait demain une dynamique de paix, il deviendrait possible de convaincre les Palestiniens de ne pas être trop nombreux à demander à revenir en Israël et de faire ainsi en sorte que le nombre de ceux qui demanderaient le retour en Israël s’approcherait du nombre, encore inconnu, mais dont on peut supposer qu’il ne sera pas très élevé, des réfugiés palestiniens acceptés par Israël » [5]. Michel Warschawski a signé l’appel des personnalités. Pourtant, dans un article publié en 2001, il écrivait « Il ne fait aucun doute que l’enjeu majeur de la médiation Clinton est d’imposer aux Palestiniens le renoncement au droit des réfugiés à réintégrer leur pays et à récupérer leurs propriétés immobilières » [6]. Faut-il en déduire que Michel Warschawski a changé d’avis ? Probablement. D’ailleurs, dans un article publié 3 ans plus tard, commentant le texte de Genève, il écrivait : « la suggestion de Clinton de séparer une reconnaissance par Israël du droit au retour d’un processus négocié sur le retour véritable des réfugiés pourrait être un point de départ pour un accord sur cette question » [7]. Suivant les conseils d’Elias Sanbar, Michel Warschawski adoptait la distinction entre le principe (« reconnaître le droit ») et le « retour véritable » qui peut-être négocié ! En 2001, Michel Warschawski dénonçait « l’arnaque du plan Clinton » [6]. Qui donc « arnaque » les Palestiniens aujourd’hui ? C’est évidemment à dessein que les organisateurs de l’événement ont choisi de tels « défenseurs » des droits des réfugiés : ils partagent pleinement ces analyses et veulent que les militants de base s’y rallient. Intervenant récemment dans une conférence internationale sur la question des réfugiés tenue à Paris, Sylviane de Wangen, membre de la direction de l’AFPS, expliquait : « Les réfugiés ne peuvent pas, au regard du droit international, se réclamer d’un droit individuel au retour dans un pays où ils ne sont pas nés, où ils n’ont jamais vécu, dont ils n’ont pas la nationalité et qui ne veut absolument pas d’eux ». Elle ajoutait : « Une combinaison des textes de Taba et de Genève pourrait être la base d’un règlement » validant ainsi la thèse défendue par Sanbar, Chemillier-Gendreau et tous les soutiens du « document de Genève » [8]. En octobre 2003, Dominique Vidal écrivait : « Un accord démontre spectaculairement que la paix est possible… L’accord règle en effet, sur la base des propositions du président Clinton (décembre 2000) et des discussions de Taba (janvier 2001) toutes les questions en suspens » [9]. Notons d’abord que le texte de Genève ne comporte même pas l’expression « retour des réfugiés » (la version anglaise, la seule valable selon les signataires, parle de « the choice of permanent place of residence »). Que dit-il à propos de ce « choix de résidence » ? Que chaque réfugié aura, individuellement, la possibilité de choisir un lieu de résidence entre plusieurs options possibles : Vivre en « Palestine » (on suppose qu’il s’agit d’une part du projet de cantons cisjordaniens reliés par des tunnels et d’autre part du camp de concentration de Gaza) ; Rester dans leur « pays d’accueil » (comme dans le Royaume de Jordanie qui vient de leur interdire de manifester pour les 60 ans de la Naqba ?) ; Emigrer dans un pays tiers ; Dernier choix possible, aller en Israël, le texte précisant que, dans ce cas, le nombre de possibilités offertes sera « à la discrétion d’Israël ». Après quoi la question des réfugiés sera considérée comme résolue, leur statut sera supprimé et l’UNRWA disparaîtra. On est là bien loin de l’exigence portée par toutes les coalitions et rappelée dans toutes les rencontres récentes de réfugiés : l’application de la résolution 194 votée par l’ONU et donc le droit au retour des réfugiés palestiniens dans leurs foyers. Le droit au retour, c’est le droit de revenir là où on vivait avant d’en être chassé par la violence de la colonisation et, pour les descendants nés en exil, c’est le droit de revenir là où on serait né et où on aurait grandi si la famille n’en avait pas été expulsée par la force. La première exigence des réfugiés, ce n’est pas d’avoir un Etat, ce n’est pas d’avoir un passeport, ce n’est pas de susciter de la compassion ni d’obtenir des excuses : c’est de rentrer chez eux ! Et peu leur importe que « chez eux » il y ait, ou non, un Etat prétendant être là soit par la volonté divine, soit grâce au vote d’un organisme démuni de tout droit de distribuer des territoires à qui bon lui semble, soit enfin par le recours à la force. Ils ne veulent pas d’un « droit affirmé dans son principe » mais dont l’application serait subordonnée à "la négociation", c’est-à-dire au rapport de forces et, en définitive, à la volonté des Israéliens. Mais même si les réfugiés n’en veulent pas, il faut convaincre du contraire les militants de la solidarité. A la parole des « spécialistes » et des « anticolonialistes », on va donc ajouter la parole de Leila Shahid et de Hind Khoury, apparemment plus fréquentables que les anciens « représentants légitimes du Peuple palestinien » depuis que le degré de corruption régnant au sein du Fatah et l’existence de forces maffieuses répressives au coeur même de l’appareil de l’Autorité sont devenus un peu trop visibles. Nul doute que nos « représentantes de la Palestine » s’inspireront de la position du Président Abbas qui les a nommées. S’agissant des réfugiés, celui-ci n’avait pas attendu Bush pour convenir dès 1994 que « les exigences de la nouvelle ère de paix et de coexistence aussi bien que les réalités qui ont été créées sur le terrain depuis 1948 ont rendu impraticable l’application du droit au retour» [10]. Ils refusent de boycotter Israël mais ils boycottent les Palestiniens qui résistent. « Autant dire que la promesse d’Annapolis ne se transformera en acte que si la communauté internationale – et en premier lieu l’Europe - s’engage à créer les conditions d’une souveraineté pleine et entière garantissant aux Palestiniens une égalité en droit avec leurs voisins », peut-on lire dans le dossier de presse de Paix comme Palestine. Voilà qui éclaire la formule un peu obscure de l’appel : « Nouvelles tentatives de négocier une solution qui s’inscrivent dans l’agenda diplomatique » « Transformer la promesse d’Annapolis en acte », tel est le programme proposé par les responsables de la plate forme aux militants de la solidarité ! Mais est-ce cela que les Palestiniens qui poursuivent la lutte nous demandent ? |