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Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.

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Sionisme et Apartheid en Israël

Sionisme et Apartheid en Israël
Par Rabha Attaf
L’auteur est journaliste indépendant, spécialiste du monde arabo-musulman
 

Chaque folie se nourrit par définition de sa propre logique. Mais la réalité reprend toujours ses droits. L’entreprise sioniste a, malgré un siècle d’obstination, bel et bien échoué ! L’Etat d’Israël, où ne se sont finalement installés qu’une minorité de Juifs, est en effet l’endroit de la planète où ils sont le moins en sécurité. Et, comme en leur temps les Afrikaners d’Afrique du Sud, les sionistes israéliens (mais aussi américains et européens), malgré leur irrédentisme, seront amenés, tôt ou tard, à se rendre à la raison. Au risque d’embraser, par leur aveuglement meurtrier, tout le Moyen-Orient et le reste du monde.






















Le concept d’apartheid définit la politique de « développement séparé » mise en place par les Afrikaners (les colons blancs) en Afrique du Sud jusqu’aux premières élections non discriminatoires en 1994. Ce système reposait sur un racisme institutionnalisé. Des lois instauraient une ségrégation raciale par la classification des populations en trois principaux groupes : les Blancs, les Bantous ou Noirs et les Métis ou personnes de sang mêlé. Les Asiatiques, les Indiens et les Pakistanais, dernièrement arrivés, furent placés dans une quatrième catégorie. Ces lois déterminaient un lieu de résidence pour chaque groupe (bantoustan pour les Noirs), la profession qu’il pouvait exercer et le type d’enseignement dont il pouvait bénéficier.

La législation interdit, en outre, presque tous les contacts sociaux entre groupes ethniques ainsi définis, prohibe les mariages mixtes, autorise la ségrégations dans les institutions et les lieux publics et interdit la présence d’un non-blanc au sein du gouvernement. Une loi adoptée en 1913 décrète que seulement 13% du territoire national peut devenir propriété des Noirs et la politique de « développement séparé » fut officialisée à partir des années cinquante.

De 1960 jusqu’au milieux des années soixante-dix, les Noirs sont regroupés et expédiés sur des territoires nouvellement créés et appauvris, appelés bantoustans ou homelands. Ces zones étaient destinées à devenir des territoires autonomes secondaires. Un système de laisser-passer était instauré et seuls les Noirs justifiant d’un travail en zone blanche avait accès à ce précieux document.

Ainsi, par exemple, des plages étaient réservées aux seuls Blancs et des familles étaient séparées en raison du système de laisser-passer. Un Noir ne pouvait rendre visite à son épouse qui travaillait en zone blanche. Régulièrement, les Noirs se sont révoltés. Et régulièrement ils ont fait l’objet de massacres sanglants.

Par analogie, le concept d’apartheid peut s’appliquer à la situation qui prévaut actuellement en Israël avec cependant une particularité que l’on ne saurait comprendre sans se référer à l’idéologie constitutive de cet Etat, le sionisme politique.

Dénoncé depuis plus d’un siècle par une partie notable et éminente de la communauté juive qui le considère comme une idéologie perverse ayant trahi la vocation spirituelle et humaniste du judaïsme, le sionisme politique, définit le judaïsme comme une nationalité et non comme une religion. S’inspirant des nationalismes chauvins du 19ème siècle comme le « pangermanisme » ou le « panslavisme », il s’inscrit en rupture avec la tradition religieuse juive en laïcisant la judaïté, opérant ainsi une transmutation du judaïsme, de religion en nationalisme. Se situant à contre-courant du mouvement d’assimilation (égalité des droits) dans lequel étaient engagée la grande majorité des juifs européens -surtout après la Révolution française- le sionisme politique s’est donné pour mission de regrouper les Juifs au sein d’un Etat qui leur serait propre afin de les soustraire aux violences antisémites et leur assurer une sécurité définitive. Son projet était fondé sur la conviction que les minorités juives étaient inassimilables aux nations (conviction partagée par les antisémites de l’époque).

Et la Palestine, considérées par les premiers sionistes comme « une terre sans peuple » bien qu’habitée par un demi million d’Arabes, devint l’enjeu de leur vaste entreprise de colonisation. A l’époque, le colonialisme européen était triomphant et c’est naturellement dans son sillage que les sionistes inscriront leur dessein.

Conceptualisée par Théodore Herzl, un journaliste Viennois (cf. Théodore Herzl, L’Etat des Juifs, 1886), l’idéologie sioniste a vu le jour à la fin du 19ème siècle et s’est développée pendant la première moitié du 20ème siècle malgré l’opposition prolongée de la majorité des juifs européens et de divers courants religieux. Comme tous les nationalismes, le nationalisme sioniste se fonde sur les mythes de la race et de la terre, mais -c’est là sa particularité et sa force- sacralisés par un mythe « biblique ». Une des caractéristique de cette idéologie dans son utilisation politique du judaïsme, est qu’elle a choisi pour cet usage, dans la tradition juive, ce qui est à la fois le plus archaïque (tribal) et le plus meurtrier (l’exclusivisme). Puisant dans les textes fondateurs du judaïsme, le Talmud et la Thora (Pentateuque pour les Chrétiens, c’est à dire les cinq livres initiaux : la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome, et ses annexes dites historiques, les livres de Josué, des Juges, des Rois et de Samuel), le sionisme s’empare du paradigme fondateur du judaïsme, l’Alliance entre Dieu et les Patriarches. Selon les récits de la Genèse, Yahvé a fait don à Abraham et à sa descendance du pays s’étendant « du fleuve d’Egypte et au grand fleuve, le fleuve Euphrate » (Gen. XV, 18-21), « la Terre Promise ». Par cette Alliance avec Dieu, le peuple d’Israël -selon la tradition rabbinique- était ainsi élevé au rang de «peuple élu », de « peuple prêtre ». C’est sur cette croyance que le sionisme a fondé le mythe du « retour », c’est à dire le « droit historique » des Juifs sur la Palestine. « Le sionisme, c’est le retour au judaïsme avant que d’être le retour au pays juif », déclarait Herzl au Congrès de Bâle, en 1897, entretenant sciemment une confusion entre judaïsme et sionisme -ce qui conduit insidieusement à sacraliser les objectifs historiques d’un mouvement politique. Théodore Herzl ne se réclamait pourtant pas de la religion mais du nationalisme européen du 19ème siècle : « Je suis agnostique (…). La question juive n’est pour moi ni une question sociale, ni une question religieuse…, c’est une question nationale », écrivait-il dans ses mémoires.

Mais prenant conscience de la formidable capacité mobilisatrice de ce qu’il appelle la puissante légende (« mighty legend », in Diaries I), il proclame : « La Palestine est notre inoubliable patrie historique. Ce nom seul serait un cri de ralliement puissant pour notre peuple » (Herzl, L’Etat juif). Ce politique éminemment réaliste -et pragmatique !- transposait ainsi la puissante légende du retour en réalité historique.

Et pour cause, car il s’agissait pour les sionistes de fonder sur le mythe du « retour » celui de la continuité raciale et historique entre les hébreux bibliques et les Juifs actuels, de constituer un « peuple juif » homogène, de l’Orient à l’Occident. Ils cherchaient ainsi à faire croire que tout « Juif », où qu’il se trouve dans le monde, « retourne » sur la terre de ses ancêtres lorsqu’il vient en Israël, alors qu’en réalité, les conversions et les mariages mixtes ont été tels au cours des siècles que pour 99% des Juifs actuels, aucun ancêtre n’a jamais mis les pieds en Palestine. Maxime Rodinson conclura d’ailleurs sereinement son essai consacré à cette question en ces termes : « Il est très probable –et l’anthropologie physique tend à le démontrer- que les habitants dits « arabes » de la Palestine (en majorité d’ailleurs « arabisés ») ont beaucoup plus de sang des anciens hébreux que la plupart des Juifs de la diaspora dont l’exclusivisme religieux n’empêchait nullement l’absorption des convertis d’origines diverses » (Peuple juif ou problème juif, ed. Maspéro, 1981).

Mais en dépit de la réalité, Herzl s’évertuera à définir la judaïté par le concept réducteur de « race ». Dans son livre L’Etat juif, il insiste dès l’introduction sur l’idée de « race juive » : « Les Juifs, matériellement et intellectuellement supérieurs, avaient perdu tout à fait le sentiment de leur solidarité de race…Les Juifs forts reviennent fièrement à leur race lorsqu’éclatent les persécutions ».

Là encore, le judaïsme va être le principal outil de légitimation de ce discours ethnocentrique. Alors que les adeptes de la plupart des religions sont liés par une croyance commune, et que ce caractère d’adepte est accessible à tous, l’exégèse rabbinique a établi un lien particulier d’ordre héréditaire. La loi religieuse stipule, en effet, que la qualité de « juif » est transmise par le sang maternel. En Israël, la « Loi fondamentale » (la Halakha qui signifie Voie ou Chemin en hébreux), en vertu de laquelle les rabbins ont le monopole de statuer sur les mariages et divorces juifs, l’héritage et l’identité religieuse, prévoit que « sera inscrit comme juif aux rubriques « religion » et « ethnie » de l’état civil, celui qui est né de mère juive et n’appartient pas à une autre religion ou bien s’est convertie selon la Halakha » (instruction du 10 janvier 1960).

Et les conditions exigées pour les conversions sont telles que celles-ci demeurent l’exception. Cette loi religieuse détermine l’accès à la citoyenneté israélienne et conditionne la « loi du retour ». Dans son étude détaillée des « lois fondamentales », Le caractère juif de l’Etat d’Israël (ed. Cujas, 1977), le Professeur Klein, juriste spécialiste du droit comparé, soulèvera le problème de la confusion constante entre le critère ethnique et le critère religieux. Pourtant, comme le dit le philosophe israélien Y. Leibovitz, « la notion de « juif » n’était à l’origine ni raciale, ni nationale mais religieuse ». Mais l’absurdité d’une telle loi découle du principe même du sionisme, prétendant définir le juif non par son appartenance à une communauté religieuse, comme en témoigne la Bible toute entière, mais par son appartenance à un « peuple », tels que le concevaient les mythe nationalistes de l’Europe du 19ème siècle, et du chauvinisme romantique.

L’idéologie sioniste a en effet occulté les écrits du judaïsme comportant une dimension universelle pour ne retenir que ceux, dans la Thora, qui exaltent l’ethnocentrisme en instituant les Juifs comme peuple différent des autres et confortent, par une lecture littérale -c’est à dire intégriste- leur entreprise de retour en terre de Palestine. N’est-il pas écrit dans la Thora « qu’Israël vivra en solitaire et ne se confondra pas avec les nations » (Nombre, 23, 94) ? N’est-il pas prescrit au juif pratiquant de prononcer chaque matin la prière du Shaharit « Béni soit l’Eternel qui ne m’a pas fait goy (non-juif). Béni soit l’Eternel qui ne m’a pas fait femme. Béni soit l’Eternel qui ne m’a pas fait esclave » ? Le Rabbin Cohen écrit sans détour dans son livre sur « Le Talmud » (ed Payot, 1986) : « Les habitants du monde peuvent être répartis entre Israël et les autres nations prises en bloc. Israël est le peuple élu : dogme capital ».

Cette même lecture sélective privilégie les textes les plus féroces de la Thora pour légitimer les exactions d’hier et d’aujourd’hui. Comme ceux, notamment, ou la spoliation ou l’extermination des autochtones de Canaan est présentée comme une condition du maintient de l’Alliance : « Quand vous aurez passé le Jourdain pour entrer dans le pays de Canaan, vous chasserez devant vous tous les habitants du pays… Mais si vous ne chassez pas tous les habitants du pays, ceux d’entre eux que vous aurez laissés seront comme des piquants dans vos yeux et des épines dans votre chair. Ils vous harcèleront dans le pays même où vous habiterez, et ce que j’avais pensé leur faire, c’est à vous que je leur ferai », ordonne Dieu à Moïse (Nombres XXXIII, 51 à 56). D’après les récits bibliques, les Hébreux, emmenés par Josué, se livrèrent à un véritable massacre. Le Deutéronome répète, n’exigeant pas seulement la spoliation de la terre et l’expulsion des autochtones, mais l’extermination : « Lorsque le Seigneur, ton Dieu t’aura fait entrer dans le pays… et qu’il aura chassé devant toi les nations nombreuses… tu les voueras totalement à l’interdit. » (Deut. VII,1-2) « et tu les supprimeras » (Deut. VII,24). Le livre de Josué, qui relate la conquête sanglante du pays de Canaan, n’est pas seulement un texte classique enseigné dans les écoles israéliennes -malgré la réfutation de l’historicité des écrits bibliques par l’archéologie moderne. Il sert, aussi, au conditionnement psychologique des recrues dans l’armée et lors de l’invasion du Liban, en 1982, l’aumônerie militaire des rabbins ne cessa de prêcher la guerre sainte. « Nous ne devons pas oublier les sources bibliques qui justifient notre guerre et notre présence ici. Nous accomplissons notre devoir religieux juif (Mitzva) en étant ici. Selon ce qui est écrit… », expliquait un rabbin du grade de capitaine (Haaretz, 5 juillet 1982). L’imagerie populaire est, elle aussi, utilisée : en 1983, l’administration des PTT émettait trois timbres commémorant Josué.

Ces récits de massacres et d’exterminations sacrées sont, dans l’esprit de nombreux dirigeants israéliens, la préfiguration de la manière dont les sionistes -auréolés d’une pseudo légitimité religieuse - se comportèrent (et se comportent encore aujourd’hui) à l’égard des Palestiniens. Le 9 avril 1948, Menahem Begin et ses troupes de « l’Irgoun » massacraient les 254 habitant du village de Deir Yassin, hommes, femmes et enfants, pour faire fuir par la terreur les Arabes désarmés de Palestine (cf. Ménahem Begin, La révolte : histoire de l’Irgoun, éd. Albatros 1978). En l’espace d’une année, sur 475 villages arabes existant en 1948, 385 villages furent ainsi détruits -avec leurs maisons, leurs cultures et même leurs cimetières et leurs tombes- et 770 000 palestiniens prirent le chemin de l’exode. « Si l’on possède la Bible et si l’on se considère comme le peuple de la Bible, on devrait aussi posséder les terres de la Bible, celle des Juges et des Patriarches, de Jérusalem, d’Hébron, de Jéricho et d’autres lieux encore », déclarait Moshé Dayan au Jerusalem Post le 10 août 1967. « Ce pays existe comme l’accomplissement d’une promesse faite pas Dieu lui-même. Il serait ridicule de lui demander des comptes sur sa légitimité », déclarait Golda Meir (Le Monde, 15 octobre 1971).

Le Premier ministre de l’Afrique du Sud, lui fera écho par cette déclaration datée de 1972 : « N’oublions pas que nous sommes le peuple de Dieu, investi d’une mission…».

La légitimation de la pureté « ethnique », et donc la justification de l’apartheid et de la « purification ethnique » qui peuvent en découler, repose, quant à elle, sur de nombreux textes religieux, manipulés électivement par les sionistes, comme par exemple : « Tu ne donneras pas ta fille à leur fils et tu ne prendras pas leur fille pour ton fils », ordonne-t-on dans le Deutéronome (VII, 3) ; dans un autre récit on peut lire qu’Esdras pleure parce que « la race sainte s’est mêlée avec les peuples des pays voisins » (Esd. 9, 2) et ordonne la sélection « Tous ceux qui avaient pris des femmes étrangères, ils les renvoyèrent, femmes et enfants » (Esd. 10, 44).

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