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Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.

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Deir Yassine, le péché originel

Deir Yassine, le péché originel

Stéphane Amar
publié le dimanche 11 mai 2008.

Israël célèbre ces jours-ci le 60e anniversaire de son existence. Les Palestiniens, eux, commémorent la « naqba », c’est-à-dire la « catastrophe ». Le massacre de Deir Yassine est pour eux un symbole fort. Dans ce village arabe proche de Jérusalem, les milices sionistes ont mené une opération sanglante quelques semaines avant la déclaration d’indépendance d’Israël du 14 mai 1948. Soixante ans plus tard, le souvenir de ce massacre hante encore le pays.

Jérusalem

« Deir Yassine ? Ah oui, c’est là où se trouve l’asile de fous... »

Les habitants du quartier de Guivat Shaul, dans la banlieue de Jérusalem, ont tous entendu parler de cet ancien village arabe qui abrite aujourd’hui un institut psychiatrique.

Ne subsistent de Deir Yassine que quelques maisons de pierre transformées en pavillons médicaux. Et puis des ruines éparses disséminées à travers la zone industrielle qui entoure l’établissement.

« Chaque année, les Arabes organisent une petite manifestation ici, raconte Yossef, un commerçant du quartier. Ils font des discours, la télévision vient faire un reportage et puis tout le monde s’en va. Les gens du coin n’y font même plus attention. C’est du passé tout cela. »

Du passé, c’est vrai, mais la blessure n’est toujours pas cicatrisée. Il y a tout juste 60 ans, quelques semaines avant la déclaration d’indépendance de l’État d’Israël, Deir Yassine a été le théâtre d’un des épisodes les plus sombres de la première guerre israélo-arabe, celle qui a suivi la déclaration d’indépendance le 14 mai 1948.

L’histoire de Deir Yassine a bouleversé le cours du conflit et marque encore aujourd’hui la conscience palestinienne.

Attaques et embuscades

En ce printemps 1948, les forces armées sionistes en Palestine, à l’époque sous mandat britannique, doutent de leur victoire. Les milices arabes multiplient avec succès les embuscades et les attaques de villages juifs dans ce qui est sur le point de devenir le nouvel État d’Israël.

Le soutien international aux colons juifs faiblit et, surtout, Jérusalem fait l’objet d’un blocus insupportable. Maîtrisant les accès à la ville sainte, les Arabes attaquent systématiquement les convois d’approvisionnement. Le spectre de la famine plane sur les Juifs de Jérusalem. Le leader juif Ben Gourion, futur premier ministre d’Israël, sait que s’il perd cette ville, à la fois symbolique et stratégique, il risque fort de perdre la guerre. Ce serait la fin du rêve d’un État juif en Palestine.

L’état-major sioniste décide alors de lancer l’opération Nachson. Munie de nouvelles armes et de munitions, la Haganah, le principal groupe armé juif, reçoit l’ordre de mettre fin au blocus de Jérusalem.

Incapables de neutraliser les positions arabes disséminées le long de la route menant à la ville sainte, les sionistes choisissent d’attaquer les bases arrière : tout proche de Jérusalem, le village de Deir Yassine en fait partie.

De sang-froid

Les sionistes lancent l’offensive le 9 avril 1948. La Haganah opère avec le soutien d’autres milices juives. La bataille s’avère plus rude que prévu. Une fois entrés dans le village, les combattants juifs s’en prennent violemment aux civils. « Des familles entières furent criblées de balles, de fragments de grenades et enterrées sous les décombres de leur maison détruite à l’explosif. Hommes, femmes et enfants furent fauchés lorsqu’ils émergeaient des habitations. Certains furent emmenés à l’écart et tués de sang-froid » écrit l’historien israélien Benny Morris dans son livre Victimes.

Jaber Munir avait 8 ans au moment de l’attaque. « Je me souviens parfaitement de ce jour-là », raconte-t-il aujourd’hui. « Dès que nous avons entendu les coups de feu, nous nous sommes barricadés dans notre maison. Nous étions terrifiés. Mais les Juifs ont réussi à pénétrer dans le village et ils ont défoncé notre porte à coup de barre de fer. Ils ont assassiné mon frère devant nous. Ils ont dit qu’il faisait partie des milices arabes. Ensuite ils nous ont fait sortir et j’ai vu de mes yeux des gens assassinés de sang-froid. »

La nouvelle du massacre de Deir Yassine suscite la fureur des Arabes qui viennent, en plus, de perdre un de leurs leaders, Abdel Kader.

Quelques jours plus tard, un convoi transportant des médecins et des infirmières juifs est pris pour cible par des Arabes.

Les Britanniques, toujours maîtres de la Palestine, s’abstiennent d’intervenir. Après six heures de fusillade, les Arabes mettent le feu aux véhicules. Plus de 70 Juifs périssent brûlés vifs. « Deir Yassine et la mort d’Abdel Kader avaient été vengés », écrit Morris.

Objectif atteint

Nombre d’historiens et de journalistes sont revenus sur le drame de Deir Yassine. Le bilan a été revu à la baisse. Au lieu des 234 morts annoncés au début, on s’accorde aujourd’hui sur le chiffre de 100 à 110 victimes. Mais l’opération a atteint les objectifs fixés par l’État-major sioniste : les atrocités commises ont provoqué un mouvement de panique chez les Arabes, qui ont pris massivement le chemin de l’exil.

Dans les années 90, plusieurs universitaires israéliens se réclamant du courant des « nouveaux historiens » ont axé leurs recherches sur les exactions et les bavures commises par les forces sionistes, comme à Deir Yassine.

Ces travaux ont suscité de violentes polémiques en Israël, où on aime croire à une guerre d’indépendance « propre », exempte de dérives sanglantes. « Si Benny Morris a été un historien relativement sincère dans sa quête de vérité, d’autres comme Ilan Pappé ont carrément falsifié les faits pour servir leur idéologie », estime Emmanuel Navon, un politologue de l’Université de Tel-Aviv très critique envers les nouveaux historiens.

Il n’en croit pas moins qu’Israël doit assumer cette histoire. « Il est parfaitement exact qu’il y a eu une volonté de transférer une partie de la population arabe, mais toutes les guerres d’indépendance impliquent ce type de processus. C’était le prix à payer pour avoir un État-nation. »

Cette opinion est partagée par Benny Morris lui-même, pourtant chef de file du mouvement d’historiens qui ont forcé Israël à faire face au côté sombre de l’histoire de leur pays.

« Il n’y a pas de justification aux viols. Il n’y a pas de justification aux massacres. Ce sont des crimes de guerre. Mais dans certaines conditions, l’expulsion n’est pas un crime de guerre », déclarait-il il y a quatre ans dans une entrevue au quotidien Haaretz. Pour conclure que sans ce déplacement de 700 000 Arabes palestiniens, l’État juif n’aurait jamais pu voir le jour.

Aujourd’hui, Jabel Munir, le petit garçon de Deir Yassine, vit à Shouaffat, un camp de réfugiés palestiniens en banlieue de Jérusalem. Il a raconté la tragédie à ses petits-enfants mais n’a guère d’espoir de retourner un jour dans son village, qui a été effacé de la carte.

Mais l’écho de ce déracinement massif continue d’empoisonner les relations entre les « frères ennemis » du Proche-Orient.

Pour en savoir plus :

Frédéric Encel, L’Atlas géopolitique d’Israël, éditions Autrement

Tribune juive, numéro Hors Série sur les 60 ans d’Israël

« 1948-2008, Histoires d’Israël », Le monde diplomatique, Manière de voir

Israël en quelques dates

> 29 novembre 1947 : l’Assemblée générale des Nations unies décide du partage de la Palestine en un État juif et un État arabe, une décision rejetée par les États arabes.

> 14 mai 1948 : David Ben Gourion proclame la création de l’État d’Israël, ce qui précipite le premier conflit israélo-arabe.

> 5 juin 1967 : À la suite du blocus de détroits stratégiques, Israël lance des frappes préventives et conquiert le Sinaï, la Cisjordanie, la Bande de Gaza et le plateau du Golan. C’est la guerre des Six Jours.

> 6 octobre 1973 : les armées égyptienne et syrienne attaquent simultanément Israël. C’est la guerre du Yom Kippour.

> 26 mars 1979 : L’État hébreu rend le désert du Sinaï à l’Égypte.

> 6 juin 1982 : Israël déclenche l’opération "paix en Galilée" pour mettre fin aux attaques palestiniennes depuis le sud du Liban

> 9 décembre 1987 : début de la première Intifada, soulèvement palestinien contre l’occupation israélienne.

> 13 septembre 1993 : signature d’un accord de paix entre Israël et l’OLP qui conduira à la création d’une Autorité palestinienne présidée par Yasser Arafat.

> 4 novembre 1995 : le leader travailliste Yitzhak Rabin est assassiné à Tel-Aviv par un Juif hostile aux concessions faites aux Palestiniens.

> 25 juillet 2000 : les négociations de paix échouent à Camp David.

> 28 septembre 2000 : début de la deuxième Intifada

> 17 août 2005 : Israël se retire unilatéralement de la Bande de Gaza.

> 12 juillet 2006 : Tsahal lance une vaste attaque aérienne et maritime contre le Liban

> 27 novembre 2007 : Israël et l’Autorité palestinienne reprennent des négociations de paix.


Stéphane Amar
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