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Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.

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: Les Palestiniens d’Israël;2

Les événements sanglants d’octobre 2000

S’il fallait encore démontrer que les citoyens palestiniens ne sont pas considérés par le gouvernement comme des citoyens à part entière, il suffirait de rappeler le traumatisme le plus récent qu’ils ont subi et qui est en soi particulièrement révélateur.

Le 28 septembre 2000 à la suite de la visite d’Ariel Sharon sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, les Palestiniens ont voulu manifester leur réprobation en protestant vivement contre ce qu’ils considéraient comme une provocation. La police israélienne a aussitôt réprimé très brutalement ces manifestations ; plusieurs Palestiniens ont été tués par balles et de très nombreux autres ont été blessés dont certains très grièvement.

Suite à ces événements qui allaient entraîner une seconde Intifada, chez les Palestiniens israéliens, en Israël même, il y a eu aussitôt un appel à la grève générale et à des manifestations en signe de solidarité avec les Palestiniens des territoires occupés. Ce mouvement qui a démarré quelques jours plus tard, début octobre, a été très suivi car la mobilisation fut particulièrement forte. Dans plusieurs villes, il y a eu des heurts violents avec la police. Celle-ci n’a pas hésité à tirer sur la foule faisant treize morts au total : tous de jeunes Palestiniens israéliens. Ces morts, et la brutalité de la répression dont elles témoignent, ne sont pas dues à une configuration isolée dans laquelle des policiers auraient perdu leur sang froid face à une foule hostile puisqu’elles sont le résultat tragique d’événements qui se sont déroulés en plusieurs endroits à plusieurs jours d’intervalle. Cela signifie que les forces de l’ordre avaient reçu des instructions précises les autorisant à faire usage de leurs armes, ce qui aurait été absolument impensable si les manifestants avaient été des citoyens juifs. Et d’ailleurs le gouvernement (celui d’Ehoud Barak en l’occurrence, avec Shlomo Ben Ami comme ministre de la Police) les a aussitôt couverts.

Les réactions des Palestiniens d’Israël furent très révélatrices de l’immense et profond malaise qu’ils ont ressenti. Beaucoup ont dit en substance que le gouvernement Barak ne faisait plus la distinction entre les populations palestiniennes des deux côtés de la ligne verte. Et, pour prendre une déclaration très significative notamment parce qu’elle émane du fils du grand écrivain arabe israélien Émile Habibi, qui fut pendant toute sa vie le défenseur des droits des Arabes israéliens dans les années 1950, 1960 et 1970, Salad Habibi : « Ces sanglants événements nous ont fait retourner un demi-siècle en arrière ; la classe dirigeante et une partie de la société israélienne nous ont fait comprendre qu’elles ne nous considéraient pas comme des citoyens à part entière. Cinquante-deux ans après la création de l’État, nous restons des ennemis qu’il faut détruire. »

Après ce drame, on aurait pu croire que les autorités israéliennes allaient prendre des initiatives pour tenter d’apaiser la communauté palestinienne afin de la soulager de ce traumatisme qui risquait de déstabiliser aussi, par réaction, l’ensemble de la société israélienne. Non seulement rien n’a été fait en ce sens, mais la situation a encore empiré puisque dans les semaines qui ont suivi de véritables pogroms ont été organisés contre la population palestinienne par des groupes de jeunes israéliens. À Nazareth en particulier, des centaines d’Israéliens venus de Nazareth Illit (la ville nouvelle habitée exclusivement par des citoyens juifs située audessus de la vieille ville arabe) ont agressé des passants et incendié des magasins. Et il a fallu beaucoup de temps pour que la police se décide à intervenir. Il y a eu encore des morts et des blessés. Ce commentaire du journal israélien Haaretz, au lendemain de ces événements, se suffit à lui-même : « Les pogroms de cette semaine ont renforcé le sentiment que notre police est devenue une police raciste engagée seulement dans la défense des Juifs. Elle n’a tiré que sur les émeutiers arabes. »

Ces attaques sont loin d’avoir été soutenues par l’ensemble de la population juive ; des Israéliens juifs sont allés dans les municipalités les plus touchées par ces violences pour affirmer leur solidarité, rencontrer les victimes et dire l’importance qu’ils accordaient au maintien de bonnes relations de voisinage entre les communautés. Pour aller plus loin dans cette volonté d’affirmer l’importance de la convivialité sociale entre Juifs et Arabes, des familles juives ont invité leurs voisins arabes sur le balcon où l’on aménage symboliquement une tente à l’occasion de la fête de la Soukot.

Malgré ces gestes forts, ce malaise est resté et le restera certainement encore très longtemps parce qu’il touche à l’essentiel.

Rien d’étonnant dans ces conditions que ces événements aient alors beaucoup pesé sur l’attitude des Palestiniens israéliens au moment des élections décisives de février 2001 où il fallait choisir entre deux candidats : Ehoud Barak et Ariel Sharon. En général le pourcentage de leur participation électorale est de l’ordre de 70 %. Et là il est tombé à 18 %. Cet effondrement était d’autant plus significatif que les Palestiniens d’Israël étaient parfaitement lucides sur l’enjeu et donc sur le risque de voir Ariel Sharon accéder au pouvoir. La presse arabe le disait clairement. Malgré cela, seuls 18 % des électeurs se sont déplacés ; en 1999, avec une participation normale, l’immense majorité des Arabes israéliens avait voté pour Ehoud Barak contre Benjamin Netanyaou. Déjà ils avaient été très déçus par sa politique à leur égard mais après les événements d’octobre, il n’était plus question de le soutenir et comme ils ne voulaient pas voter pour Ariel Sharon, il ne restait plus que l’abstention qui d’ailleurs signifiait peut-être plus profondément qu’ils ne se sentaient plus concernés par le système politique de l’État d’Israël...

La détérioration de la situation après l’élection d’Ariel Sharon

Après l’arrivée d’Ariel Sharon, la situation des Palestiniens d’Israël s’est encore détériorée car toutes les mesures prises à leur encontre vont dans le même sens : celui d’une marginalisation fondée sur l’idée que cette communauté reste potentiellement dangereuse pour l’État d’Israël surtout dans une période marquée par les attentats suicides du Hamas et une répression systématique de la résistance palestinienne dans les territoires réoccupés de Cisjordanie et de Gaza. Outre ce qu’on a évoqué plus haut à propos des constructions illicites de logements, parmi de nombreux exemples de cette attitude du gouvernement actuel on peut citer la levée, en novembre 2001, de l’immunité parlementaire d’Azmi Bichara, député arabe très écouté et influent, parce qu’il avait tenu des discours publics sur la légitimité de la résistance à l’occupation ou encore le vote d’un texte de loi à la Knesset interdisant à toute person- ne de se présenter aux élections législatives dès lors qu’elle aurait pris position en faveur d’un soutien à l’action de résistance des Palestiniens ; ce qui évidemment ne pouvait viser que des candidats arabes.

Cette suspicion systématique à l’égard de la communauté arabe d’Israël, consubstantielle aux idéologies de la droite et de l’extrême droite actuellement au pouvoir en Israël, est encore avivée par le fait que quelques Palestiniens d’Israël ont pu servir de soutien logistique au Hamas. Le gouvernement n’hésite pas ensuite à pratiquer l’amalgame en stigmatisant une communauté d’où sont venus des terroristes même s’ils ne sont qu’une poignée.

Tout ceci montre à quel point la situation des rapports entre la communauté arabe israélienne et le reste de la société israélienne est très préoccupante ; et d’ailleurs comment pourrait-il en être autrement dans une période aussi tendue et aussi dramatique où chaque jour apporte son cortège de morts ?

Pourtant les Palestiniens d’Israël ne cessent, dans leur majorité, de dire leur appartenance à l’État d’Israël. Tous les sondages le confirment : leur volonté dominante est d’affirmer leur désir d’intégration à la société israélienne, ce qui passe évidemment par une très forte revendication portant sur l’égalité des droits ; pour eux tous les citoyens du pays doivent avoir les mêmes droits, ce qui est loin d’être le cas comme on a pu le rappeler.

Par ailleurs, bien sûr, et surtout dans les circonstances présentes, ils entendent affirmer leur sentiment de solidarité vis-à-vis des Palestiniens des territoires occupés avec cependant une limite difficile à repérer et à tenir : que cette solidarité ne puisse nuire à leur propre situation.

Cet équilibre complexe entre postures et contraintes différentes se retrouve dans leurs appréciations sur l’Intifada et les grandes questions concernant les solutions politiques envisageables dans le conflit israélopalestinien. Ainsi, selon les sondages les plus récents, 2/3 des Palestiniens d’Israël se déclarent en faveur d’un arrêt de l’Intifada ; 15 % souhaitent qu’elle continue. Dans l’hypothèse où cette Intifada devrait continuer, 80 % d’entre eux souhaiteraient qu’elle soit non-violente.

Si un État palestinien était créé, une très nette majorité des Palestiniens d’Israël souhaite conserver sa nationalité israélienne et refuse l’idée de quitter ses lieux de résidence et ses maisons pour aller y vivre. Dans la même perspective, plus de 70 % ne veulent pas que leur village soit annexé à l’État palestinien dans le cas où il se trouve proche de la ligne verte. À l’inverse, il existe donc une minorité, entre 18 % et 30 %, qui répond différemment en acceptant la perte de la nationalité israélienne et le rattachement à l’État palestinien (par déplacement de leur famille ou par l’annexion de la parcelle de territoire sur laquelle ils vivent).

C’est vrai que 18 % sont d’accord avec cette idée qui impliquerait de renoncer à la nationalité israélienne, 18 % accepteraient de passer du côté palestinien d’une manière ou d’une autre, et donc de perdre la nationalité israélienne. Même si cette minorité est loin d’être négligeable il n’en reste pas moins qu’une très nette majorité demeure déterminée à rester vivre dans le cadre israélien et il n’est donc pas surprenant que 70 % des Palestiniens israéliens souhaitent participer à des activités communes avec des citoyens juifs, en disant que ce serait une façon d’améliorer les relations judéo-arabes. Quant aux appréciations sur le gouvernement Sharon (qui au moment de ces sondages comportait encore des ministres travaillistes), elles sont très négatives : 75 % l’estiment mauvais ou très mauvais pour eux ; 20 % médiocre et 4% l’estiment bien.

Cette situation, particulièrement grave, est lourde de drames à venir. À vouloir tant marginaliser les Palestiniens d’Israël et si violemment réprimer la volonté d’indépendance des Palestiniens des territoires, le gouvernement Sharon prend le risque de déstabiliser durablement la société israélienne et de s’éloigner pour longtemps de toute perspective de paix juste dans la région.

Éléments de bibliographie

Doris Bensimon et Egal Errera, Israéliens : des Juifs et des Arabes, Complexe, 1989.

Sabri Geries, Les Arabes en Israël, 1948-1967, Maspéro, 1969.

David Grossman, Les exilés de la terre promise, Conversation avec des Palestiniens d’Israël, Seuil, 1995.

Émile Habibi, Les aventures extraordinaires de Sa’id le peptimiste, roman, Gallimard, 1987.

Claude Klein, La démocratie en Israël, Seuil, 1997.

Laurence Louër, Les citoyens arabes d’Israël, Balland, 2003.

Sites d’ong de palestiniens d’Israël

The Arab association for human rights : www.arabhra.org

Mossawa Center : www.mossawacenter.org

Documents

Liste des villes et villages arabes

Villages non reconnus

La minorité palestinienne arabe en Israël statistiques choisies

[1] Qui sont détaillées en annexe.

Jean-Paul Chagnollaud est professeur de science politique à l’Université de Cergy-Pontoise et il est également le rédacteur en chef de la revue Confluences-Méditerranée. Le dossier d’un des derniers numéros parus est « Israël-Palestine après le 11 septembre ». Confluences-Méditerranée publie également des Cahiers : un des plus récents est le livre d’Uri Avnery, Chronique d’un pacifiste israélien.
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