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Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.

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Les États arabes et la question palestinienne ;2

Seuls contre tous (1971-2002)

Le poids de l’émigration palestinienne

Émigrés ou réfugiés, les Palestiniens de 1948 et de 1967 sont confrontés au refus arabe de leur intégration. Les États arabes se lancent en effet dans une politique de discrimination économique et sociale des réfugiés palestiniens. L’octroi de la citoyenneté des pays d’accueil est très difficile et varie selon les États. Impossible au Liban, il est toléré en Syrie, en Jordanie ou en Irak.

Ces réfugiés palestiniens sont-ils pour autant traités comme des parias ? L’exemple le plus caricatural est l’exemple libanais. Au Liban, les réfugiés palestiniens constituent près de 10 % de la population. Or l’État y organise une politique de discrimination, reprochant aux Palestiniens la responsabilité du déclenchement de la guerre civile en 1975. La politique du gouvernement libanais depuis 1992 consiste à geler la situation des Palestiniens, c’est-à-dire à rendre leurs conditions de vie encore plus impossibles qu’elles ne le sont. En menant une véritable politique d’apartheid, par une mise à l’écart politique, économique et sociale des Palestiniens, le gouvernement libanais cherche à les inciter au départ. Ces derniers ne sont intégrés dans aucun des systèmes sociaux et économiques, n’ont pas le droit de construire ou de reconstruire les camps malgré leur accroissement démographique. Les Palestiniens du Liban n’ont pas non plus le droit de se déplacer, menacés en cas de départ de ne plus pouvoir revenir. Ils éprouvent également des difficultés à obtenir un permis de travail, pourtant obligatoire parce que considérés comme étrangers, et n’ont évidemment pas le droit d’exercer d’activités politiques.

Cette mise à l’écart signifie le refus des autorités libanaises d’une quelconque intégration. Celles-ci font tout pour le démontrer depuis le lancement du processus d’Oslo qui donne aux réfugiés palestiniens un statut très incertain et depuis l’ouverture des négociations de la résolution 194 sur le droit au retour. Les autorités libanaises font donc absolument tout pour que « leurs » réfugiés ne soient pas intégrés au Liban.

L’émigration palestinienne constitue cependant une population de plus en plus importante dont les États arabes sont obligés de tenir compte. Cette population augmente en raison d’une part de l’accroissement démographique plus élevé que celui de la population arabe locale, et d’autre part d’une émigration continue, encore aujourd’hui, notamment dans le Golfe. L’impact de cette population palestinienne sur la société locale reste à analyser, en particulier sur la définition de la politique arabe de ces États à l’égard de la question palestinienne.

Malgré le poids de ces réfugiés palestiniens, malgré les professions de foi pro-palestiniennes devant des publics arabes, la politique des États arabes depuis 1971 vise néanmoins à liquider l’OLP.

Éliminer l’OLP

Éliminer l’OLP

Après la guerre de 1973, les États arabes semblent reconnaître l’OLP. La montée en puissance des pays pétroliers et du Maghreb est un moyen de pression pour les Palestiniens sur les États arabes riverains. Ceux-ci - l’Égypte, la Jordanie et la Syrie - sont directement concernés par la question palestinienne, alors qu’a contrario cette dernière est un moyen d’une solidarité arabe « à peu de frais » pour les États arabes lointains, du Golfe persique ou du Maghreb. Lors du sommet arabe de Rabat tenu en octobre 1974, l’OLP est ainsi reconnue par tous les pays arabes comme le seul et légitime représentant du peuple palestinien sur tout territoire libéré. Il ne s’agit donc plus de réaliser l’unité arabe avant de réaliser l’indépendance palestinienne.

Ces années consacrent l’habileté diplomatique d’Arafat. Fort de son poids dans les opinions arabes, il peut jouer des divisions du monde arabe et monter les différents blocs arabes les uns contre les autres. Cela lui permet de rechercher l’autonomie de décision vis-à-vis des gouvernements. Cette campagne pour une reconnaissance régionale s’élargit à la scène internationale à la suite du fameux discours de Yasser Arafat à la tribune des Nations unies en novembre 1974.

Cette reconnaissance n’exclut pas cependant certains États arabes, comme la Jordanie ou le Maroc du roi Hassan II, de poursuivre une diplomatie secrète avec Israël. Cela n’empêche pas non plus la question palestinienne de rester une question marginale pour les États arabes, malgré le soutien de leurs opinions publiques. La question de Palestine n’est pas le but de guerre des Arabes en 1973, ce n’est pas elle qui entraîne l’Égypte, la Syrie dans la guerre contre Israël en octobre 1973. Si l’Égypte et la Syrie entrent en guerre, ce n’est pas pour libérer la Palestine mais bien pour libérer les territoires syriens et égyptiens occupés par l’État hébreu. Les états-majors syriens et égyptiens ne prévoyaient d’ailleurs aucune offensive au nord du Sinaï.

Le monde musulman montre les mêmes ambiguïtés vis-àvis de la question palestinienne depuis la création de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) après l’incendie de la mosquée d’Al-Aqsa en 1969 par un Australien pro- israélien. L’OCI s’intéresse à la Palestine mais essentiellement à la question de Jérusalem et ne cherche pas à défendre le droit des Palestiniens à une patrie indépendante. Au-delà des discours diplomatiques ou à l’égard de leurs opinions publiques, les États arabes cherchent donc à contrôler ou à écarter, si ce n’est à éliminer l’OLP.

Les États arabes, en particulier les États riverains de la Palestine, cherchent à prendre le contrôle du mouvement palestinien. Cela accompagne la radicalisation idéologique du Baas qui prend le pouvoir dans ces années-là en Syrie et en Irak. En Syrie, s’est constituée la Saïka. Des groupuscules, plus ou moins révolutionnaires, sont aidés par la Syrie afin de contrer la domination du Fatah au sein de l’OLP. Le groupe d’Abu Nidal, Fath-Conseil révolutionnaire, est ainsi manipulé à la fois par l’Irak, la Syrie et la Libye, par opposition à Yasser Arafat. Se constituent donc des organisations vassales aussi bien que des projets d’élimination physique des dirigeants de l’OLP. Certains d’entre eux sont assassinés, comme le représentant de l’OLP à Paris, Ez. Kalak, assassiné en 1978 par le groupe Abu-Nidal inspiré par l’Irak.

L’hypocrisie des États arabes se cache aussi derrière les malheurs palestiniens. L’exemple le plus criant est celui de la chute du camp de Tall al-Zatar au Liban en 1976 après un siège terrible. La guerre du Liban a montré la volonté d’éliminer l’OLP. Lors de l’offensive israélienne de 1982, tout le monde s’oppose au Fatah, contre ce qu’on a appelé le « Fatahland », c’est-à-dire l’emprise de l’OLP dans le sud du pays, Israël en premier, mais aussi les États arabes coalisés de manière tacite contre l’OLP. La question palestinienne est évidemment au coeur de la guerre civile libanaise déclenchée en 1975, bien que ce ne soient pas les Palestiniens qui aient déclenché la guerre. Les facteurs politiques, sociaux et économiques internes ont en effet été décisifs dans une société fragilisée par le conflit régional. Depuis 1975, les forces « palestino-progressistes » affrontent les Kataëb. De facto, en 1982, les maronites de Bechir Gemayel se sont alliés à Israël en faveur d’un Liban chrétien contre les Palestiniens. L’épisode de Sabra et Chatila se comprend ainsi. L’État libanais, qui n’est plus qu’une fiction et qui est contrôlé par les Kataëb, tente de liquider la résistance palestinienne. Avec le siège de Beyrouth-Ouest conduit durant l’été 1982, il cherche aussi à liquider la présence palestinienne au Liban. Il ne s’agit plus seulement des fedayin, qui sont obligés de quitter le Liban, mais aussi de la population civile avec le massacre, le 14 septembre 1982, de Sabra et Chatila. Tout se passe avec la passivité la plus complète des dirigeants arabes.

Cette tentative de liquidation se poursuit avec la guerre des camps. La Syrie utilise une dissidence palestinienne, apparue en mai 1983 et dirigée par Abu Moussa, pour chercher à inféoder le mouvement palestinien. La Syrie lance les dissidents palestiniens à l’assaut des camps de l’OLP, dans ce qu’on a appelé la « bataille inter-palestinienne » de Tripoli à la fin de l’année 1983. C’est la Syrie et non Israël qui pousse Yasser Arafat hors du Liban en 1983. Cette bataille des camps se poursuit à Beyrouth en 1987. Ce ne sont pas alors les Israéliens qui assiègent les camps palestiniens, ni même les chrétiens. Ce sont les chiites libanais, d’abord ceux du parti Amal soutenu par la Syrie, puis le Hizbollah. Rappelons que le siège des camps de Beyrouth a fait plus de huit mille morts !

Faut-il donc s’interroger sur le pragmatisme ou la « trahison » des pays arabes ? Il ne faut cependant pas oublier le poids de la pression américaine, comme le montre le plan de Fès adopté en 1982. Sous les pressions des États-Unis, les États arabes reconnaissent alors pour la première fois la coexistence de deux États en Palestine. La question de Palestine avait été le grand oubli des accords de Camp David. Un deuxième accord-cadre prévoyait pourtant de fixer le sort de la Cisjordanie et de Gaza dans de futures négociations à mener avec la Jordanie et l’Égypte, mais n’envisageait qu’une simple autonomie des territoires palestiniens. En fait, cet accord- cadre n’a même pas été appliqué, car les Égyptiens ne se considèrent pas liés par le volet palestinien, la priorité de Sadate étant de libérer le Sinaï. De toute façon, les Palestiniens se montrent hostiles à cet accord-cadre tout comme les États arabes opposés à une négociation sur la Cisjordanie, les États arabes alliés de l’URSS en premier lieu. L’URSS, ignorée dans le processus de négociation ouvert par Sadate, récuse en effet toute négociation avec Israël.

La défection de l’Égypte reste un coup dur pour l’OLP. Elle marque la rupture de la solidarité arabe. Pour l’OLP, elle représente surtout la perte d’un allié précieux, d’un médiateur auprès des États-Unis. Elle livre enfin pieds et poings liés l’OLP à la Syrie. Cette dernière apparaît comme la championne des intérêts arabes et va utiliser l’OLP à sa convenance. On pourrait évoquer la presse égyptienne au lendemain du voyage de Sadate lancée dans une diatribe contre l’OLP et même contre les Palestiniens « qui ne méritent pas une terre qu’ils ont vendue aux sionistes ».

Dans ces années 1980, l’OLP ne garde que des soutiens marginaux, de la part de la Tunisie, où elle est installée depuis 1982, du Yémen, du Soudan, de l’Algérie ou de la Libye. Elle conserve également l’appui permanent de l’Irak. L’Irak étant le frère ennemi de la Syrie, ce secours est néanmoins coûteux et provoque des pressions accrues de la Syrie sur le Fatah. Tout cela explique finalement le rapprochement de l’OLP avec la Jordanie en 1984, même si celui-ci est interrompu dès 1986, la Jordanie voulant aussi se présenter comme la garante de la cause palestinienne.

À la veille de la première Intifada, le mouvement palestinien est dans une impasse. La Jordanie réaffirme ses ambitions sur la Cisjordanie et présente un plan de développement économique, visant à une coopération économique israélo-jordanienne sur les Territoires occupés. Le royaume hachémite prévoit même d’intégrer au Parlement jordanien les habitants de Cisjordanie et des camps de réfugiés palestiniens et de prendre sous son patronage les immigrés palestiniens du Golfe. Les Arabes se désengagent de la question palestinienne, celle-ci n’est même pas à l’ordre du jour du somment arabe d’Amman en 1987. L’OLP, qui ne peut rien sans la solidarité arabe, se retrouve donc dans une impasse. En même temps, la solidarité arabe se montre tout à fait impuissante si bien que le mouvement national palestinien ne va trouver son salut que dans la société des Territoires occupés. La lutte s’est déplacée de l’extérieur vers l’intérieur.

Le combat pour un État palestinien

Le choc de la première Intifada accroît le soutien des opinions publiques arabes au mouvement palestinien. Il entraîne l’abandon de la Cisjordanie par la Jordanie en juillet 1988. Cela marque une rupture radicale et spectaculaire. Le roi Hussein abandonne ses droits sur la Cisjordanie. Il n’agit cependant pas par angélisme. Ce dernier craint en fait une extension de l’Intifada dans la partie jordanienne du royaume, auprès de la population palestinienne du pays. Il redoute également que l’Intifada ne serve de prétexte aux Israéliens pour procéder à une déportation des populations de Cisjordanie vers son royaume. Cela signifie enfin le refus de la « palestinisation » du royaume : il coupe donc les frontières entre la Cisjordanie et la Jordanie.

Il faudrait aussi évoquer les ambiguïtés de l’islam politique à l’égard de la question palestinienne, du mouvement Hamas ou de l’Iran. Le choc de la première Intifada va conduire en tout état de fait les États arabes à donner quelques gages au mouvement palestinien, comme la reconnaissance de l’État palestinien proclamé lors du dix-neuvième CNP en novembre 1988 à Alger.

Arrive la guerre du Golfe, le monde arabe s’aligne derrière les États-Unis. L’alignement de tous les États riverains de la Palestine dans une grande coalition fondée sur les positions américaines intervient alors que la direction de l’OLP se range aux côtés de l’Irak dans l’espoir, sans doute désespéré, de voir changer la donne régionale. L’OLP estime ainsi par un calcul, peut-être erroné, ne pas se couper de son opinion publique. En réalité, la centrale palestinienne cherche à suivre et non pas à canaliser son opinion. En tout cas, les pays arabes s’engagent dans la coalition américaine en raison d’intérêts particuliers, de leurs intérêts nationaux qui excluent la question palestinienne. La Syrie, par exemple, s’engage aux côtés des États-Unis pour préserver ses intérêts au Liban et obtient de Washington d’achever sa mainmise sur le pays lors de la guerre en Irak. Ce sont donc d’abord des intérêts géopolitiques et de politique intérieure qui expliquent la coalition arabe derrière les États- Unis. La position irakienne est enfin ambiguë. Saddam Hussein montre un soutien tardif, intéressé et assez creux, à la cause palestinienne. Après l’invasion du Koweït, c’est pour lui un moyen facile de diversion.

La guerre du Golfe signifie surtout le rejet par les pays du Golfe des Palestiniens, très nombreux, qui s’y étaient installés. Près de quatre cent mille Palestiniens sont obligés de quitter le Koweït. Ce réflexe xénophobe consacre le rejet de populations immigrées nombreuses, bien installées et appartenant souvent à l’élite du pays. Il signifie la volonté de la part des pays du Golfe, Arabie saoudite et Koweït en premier lieu, qui étaient les deux principaux soutiens financiers de l’OLP, d’asphyxier financièrement les Palestiniens. La manne pétrolière s’arrête autant pour l’organisation de Yasser Arafat que pour l’ensemble de la société palestinienne. Car les exilés ne peuvent plus apporter leur aide à des Territoires occupés affaiblis par quatre années d’Intifada. C’est pour les pays du Golfe un moyen de punir l’OLP et son chef de leur soutien affiché à Saddam Hussein.

L’après-guerre du Golfe marque un peu une période de chacun pour soi. Les négociations de Madrid ne voient pas de délégation palestinienne, mais seulement jordano-palestinienne. Dans l’ensemble, les États arabes montrent ensuite leur hostilité aux accords d’Oslo et tentent pour le moins de gêner, voire de saboter le processus de paix. Les États non- signataires d’un traité de paix avec Israël font en effet tout pour bloquer le processus de négociation israélo-palestinien par peur d’une paix séparée entre Israéliens et Palestiniens. La crainte d’être exclu du marché de la négociation redoutée par tous les États riverains de la Palestine, comme la Jordanie dans un premier temps puis la Syrie et le Liban écartés jusqu’à aujourd’hui, explique les blocages du processus de paix israélo-palestinien.

Il reste toutefois que cette opposition n’est pas l’exclusive des États riverains directement impliqués. La Libye, qui affiche un discours radical, révolutionnaire et anti-Israélien, expulse ainsi les Palestiniens en 1995, à la fois par réflexe xénophobe, par hostilité du général Khadafi à l’égard de l’OLP et par crainte d’un isolement au sein du monde arabe.

Il faudrait conclure sur le silence des pays arabes lors de la seconde Intifada. Celui-ci résulte des pressions exercées sur les gouvernements arabes. Malgré une opinion publique très mobilisée, très hostile à Israël, mais isolée, ceux-ci sont prisonniers de l’alliance américaine et de leurs intérêts économiques. Le silence et l’impuissance arabe se manifestent dans le plan, très ambigu, de la Ligue des États arabes élaboré en 2002 par les autorités saoudiennes. En fin de compte, ce plan semble servir autant à un traité de paix israélo-palestinien qu’à protéger les intérêts de la monarchie wahhabite menacés à Washington par les accusations de l’administration Bush depuis les attentats du 11 septembre 2001. Derrière ce plan, se cachent donc des motivations saoudiennes peu claires et le double jeu de la Syrie qu’ont mis à jour les atermoiements du sommet arabe de Beyrouth. De toute manière, la question de Palestine n’est aujourd’hui pas la priorité des États arabes obnubilés par le dossier irakien.

Conclusion

Le rôle très ambigu des États arabes

Le mouvement palestinien se retrouve aujourd’hui à nouveau dans une impasse, dépendant de l’assistance des pays arabes alors que la solidarité arabe relève plus de la rhétorique que de l’efficacité. Ces États se montrent hostiles au mouvement national palestinien par crainte du discours démocratique et révolutionnaire des Palestiniens face à des régimes autocratiques, comme le dernier sommet arabe de Beyrouth l’a montré. L’intervention d’Arafat, bloqué à Ramallah, a été censurée : le chef de l’Autorité palestinienne n’a même pas pu intervenir par vidéo, soi-disant pour des raisons techniques, en fait à cause de la censure exercée par les Syriens.

La stratégie d’autonomisation du mouvement national palestinien conduite par Yasser Arafat avait semblé triompher avec l’échec de l’arabisme après 1967. L’abandon d’un nationalisme radical visait à instaurer un mini-État de Palestine dans les Territoires occupés de 1967 et indépendant de la tutelle arabe. Cette stratégie explique le choix des Palestiniens de se réorienter, non plus vers la diaspora, mais vers les Palestiniens de l’intérieur lors de la première et de la seconde Intifada. Cela explique aussi le choix du processus d’Oslo. Puisque les diasporas sont sous le contrôle des États arabes, le mouvement national se tourne vers les Palestiniens de l’intérieur. Cette stratégie d’autonomisation semble aujourd’hui en péril avec l’échec du processus d’Oslo et des négociations multilatérales israélo-arabes.

La question palestinienne restera encore et toujours un élément du discours, mais seulement du discours idéologique des États arabes. Cette dernière sert encore aujourd’hui à leur propre légitimité afin de justifier leur propre régime, comme en témoignent quotidiennement les informations télévisées des différents pays arabes.

La question palestinienne restera un instrument politique de ces États dans la région. Les Palestiniens demeureront instrumentalisés par les États arabes tant que les États riverains d’Israël seront impliqués directement par la question palestinienne. Cette tutelle persistera aussi longtemps que les contentieux des États arabes avec Israël ne seront pas normalisés et que la question des réfugiés ne sera pas réglée. Ainsi donc, tant qu’il n’y aura pas d’État palestinien viable, la tutelle arabe pèsera encore.

Voir aussi ces documents sur notre site :

Accords Fayçal-Weizmann (1919)

La Ligue arabe (1944)

Accords libano-palestinien (1969)

Accords jordano-palestinien (1970)

Principales organisations palestiniennes de résistance

Les décisions du sommet arabe de Rabat (1974)

Les accords de Camp David (1978)

Le plan arabe de paix adopté à Fès (1982)

Jérôme Bocquet est enseignant à l’université Paris IV-Sorbonne, chargé de cours en histoire contemporaine et docteur en histoire de l’université Paris I.
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