Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.
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Remarquons aussi que la position arabe a été de refuser d’entrer dans le jeu du mandat parce que, dans la structure même du mandat, l’Agence juive avait des pouvoirs. Entre 1922 et 1947, la position arabe a toujours été qu’il n’y avait pas à discuter puisque la Palestine est une terre arabe et que l’État doit être arabe. Les leaders palestiniens n’ont donc pas perçu le rapport des forces. Je pense - mais on peut le discuter - qu’ils n’ont pas su jouer le jeu qui leur aurait permis de s’intégrer dans le mandat et d’y affirmer, justement, leurs droits politiques. Leur politique a été celle du tout ou rien ; politique fragilisée, de surcroît, par la division entre les deux clans palestiniens : le clan Husseini et celui des Nashashibi, ce dernier étant plus proche des Britanniques. Ceux-ci ont donc pu jouer de ces contradictions. Hajj Amin al- Husseini était le leader du Haut Comité arabe. Menacé par les Britanniques, il s’est enfermé, en 1936, sur l’Esplanade des Mosquées ; encerclé, il parvient à s’enfuir et se réfugie dans le mandat français. Cette politique arabe avait sa logique : il s’agissait de dire que la Palestine voulait un État comme en Transjordanie, au Liban, en Syrie et en Irak ; mais l’inconvénient était de ne rien accepter. Les sionistes avaient une politique plus habile, renforcée par une immigration très importante à partir de 1933. Je crois aussi que la question des « droits politiques » a été mal comprise. Que signifient-ils pour la société palestinienne des années vingt et trente ? La société palestinienne de 1920 est féodale, très largement analphabète. Les notions de droits politiques, de fonctionnement démocratique, sont très éloignées de la réalité sociologique concrète. Ces concepts sont étroitement liés à la construction d’un État moderne. Pour les immigrants juifs qui sont surtout des cadres, ils ont, par contre, une signification évidente. Ce que j’ai dit de la Palestine est aussi vrai pour la Transjordanie ou l’Irak. Par exemple, en 1920, en Irak, les Britanniques ont organisé un référendum sur le mandat britannique. Les chefs des tribus ont fait voter les clans. Dans une structure tribale, où la population est analphabète, le référendum n’a pas de sens. J’ai le sentiment que, dans la gestion de ce drame, les dirigeants palestiniens ont perdu un certain nombre d’occasions. Mais, au lendemain de la Première Guerre mondiale, d’autres aussi ont connu l’échec : par exemple, les Kurdes, pour des raisons assez proches, mais aussi, pour des raisons plus complexes, les Arméniens qui, à demi paralysés par leurs contradictions, furent écrasés d’un côté par les Soviétiques et, de l’autre, par les Turcs. Prenons un autre exemple, celui des Turcs. Les accords Sykes-Picot avaient prévu le dépeçage de la Turquie puisque la Cilicie devait être sous influence française et que toute une partie du territoire allait être confiée aux Arméniens car le président Wilson avait arbitré en faveur des Arméniens. Mais cela ne s’est pas réalisé, pourquoi ? Parce que le nationalisme turc a une tradition étatique héritée de l’Empire ottoman. Ils ont organisé une résistance nationale qui a balayé les prétentions arméniennes, l’arbitrage wilsonien et l’armée française. Cette armée, commandée par le général Gouraud, a été obligée de se retirer de la Cilicie. J’en conclus que les Arabes n’avaient pas vocation à perdre comme cela s’est produit. Mais ils ont perdu partout, à Damas, en Irak et je m’interroge sur ce rapport des Arabes à l’échec. Un participant : Au sujet de la révolte des Arabes de Palestine entre 1936 et 1939, est-ce que certains notables négociaient avec les Britanniques ? Est-ce que des objectifs politiques avaient été exprimés ? Jean-Paul Chagnollaud : On retrouve tout le temps, exprimé de différentes manières, une double revendication, l’une négative et l’autre positive. La première porte sur l’arrêt de l’immigration juive et l’arrêt des ventes de terres ; la deuxième porte sur un État indépendant. C’est vrai pour la période 1936-1939. Au départ, on a des groupes armés dont l’enracinement est strictement local mais, au cours des combats, une structuration territoriale apparaît ; je préfère dire territoriale plutôt que nationale. Un comité coordonne les luttes au niveau global et leur donne le sens d’une lutte nationale, même si la société reste très segmentée. Les Nashashibi n’ont pas du tout participé à la révolte ; il reste donc des contradictions importantes et la révolte échoue. Bien des hommes qui s’étaient imposés comme leaders ont été tués dans les combats ou ont été assassinés. Si bien qu’en 1946-1947, on ne trouve plus de voix palestiniennes pour parler au nom des Palestiniens. Le seul qui apparaît encore, mais dans une sorte de brouillard, c’est Hajj Amin al-Husseini qui était mufti et responsable du Haut Comité arabe dès les années trente. Ce personnage qui avait tenté de s’appuyer sur l’Allemagne pendant la guerre n’avait plus aucune crédibilité. Pour voir s’affirmer un nouveau leadership palestinien, il faut attendre les années soixante. La reconstruction de l’identité palestinienne se fit par le combat, à partir des réfugiés, avec le Fatah et Yasser Arafat. Entre 1939 et 1959, je ne dirais pas que ce fut le vide mais je serais tenté de parler d’absence. D’ailleurs, en Cisjordanie, en 1970, les Jordaniens, puis les grandes familles d’Hébron et de Naplouse, conservaient encore le pouvoir dans les villes ! La structure sociale permet de comprendre en partie l’échec de la révolte de 1936. Un participant : Quel a été selon vous le rôle du terrorisme, et en particulier du groupe Stern, dans la constitution et l’extension de l’État d’Israël ? Jean-Paul Chagnollaud : Cela dépend des périodes. Le terrorisme dont vous parlez a été particulièrement actif dans l’après-guerre, entre 1945 et 1947. À ce moment-là, les dirigeants sionistes ont considéré qu’il fallait l’arrêter car il était contreproductif. Par contre, si vous faites allusion aux événements de 1948-1949 que nous connaissons tous (et il n’y a pas eu que le massacre de Deïr Yassin), il est évident que le terrorisme a contribué à l’exode des Palestiniens. Ceux qui sont devenus ensuite des hommes d’État, comme Shamir et Begin, qui sont tous des gens du Likoud, ont affirmé par ce terrorisme une sorte de radicalisme. Il y eut une scission dans la Hagana qui, en principe, condamnait ce genre d’action mais en fait s’en servait. Le terrorisme est ambivalent. Prenons, par exemple, le terrorisme palestinien dans les années soixante-dix, il a fait avancer la cause palestinienne mais, en même temps, il lui a donné une image très négative en Occident. Il y a une dialectique infernale du terrorisme. Je voudrais éviter les déclarations trop générales : il faudrait examiner les faits de manière très précise et selon les moments. Ce qu’on appelle le terrorisme peut avoir, dans certains cas, une fonction historique. Un participant : Les groupes sionistes envisageaient-ils une cohabitation future avec les Palestiniens ? Jean-Paul Chagnollaud : Quand on regarde la période 1920-1940, il n’est question que de s’imposer. C’est un rapport de forces pur et simple. Ben Gourion a écrit un livre qui s’intitule Les Arabes et moi. Il y décrit ses contacts avec les leaders arabes et l’on a le sentiment qu’il négocie. Mais les sionistes ont avancé comme des bulldozers en saisissant, avec beaucoup de pragmatisme, chaque occasion qui leur était favorable. Certes, il y eut des contacts avec les Arabes mais le sionisme n’a cessé d’avancer avec la conviction de son bon droit et en s’appuyant sur le rapport des forces. En 1947-1948, on sait qu’elle a été la position de Ben Gourion : il n’y a eu aucune négociation pour le retour des réfugiés palestiniens. Un participant : Dans la période 1920-1947, y a-t-il eu des personnalités ou des mouvements préconisant la non-violence ? Jean-Paul Chagnollaud : Quelques personnalités ont suggéré la création d’un seul État, donc d’un État judéoarabe, avec l’idée que les uns et les autres pourraient vivre ensemble ; mais cette suggestion n’a pas été bien loin. Dans toute cette affaire, la non-violence n’a pas de sens puisque, dès 1920-22, les violences existent et qu’à partir de 1929, elles sont constantes.
Documents
La correspondance entre Hussein et Mac Mahon Carte des accords Sykes-Picot (1916) Carte du projet sioniste (1919) Mémorandum du premier Congrès des associations islamo-chrétiennes Carte de la Palestine du mandat britannique
Jean-Paul Chagnollaud est rédacteur en chef de la revue Confluences Méditerranée et auteur de plusieurs livres dont Israéliens, Palestiniens, le moment de vérité, éditions L’Harmattan,
Paris, 2000, en collaboration avec Bernard Ravenel.
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