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Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.

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Palestine 1948 : l’expulsion/suite

Omniprésence du « transfert »

Il est trop tôt pour dire quel type de gouvernement sortira des urnes du 28 janvier. Certes, Ariel Sharon a mené sa campagne électorale en « modéré », partisan d’un État palestinien (ou plutôt d’un pseudo-État : 41 % seulement de la Cisjordanie, moins le territoire aux mains des colonies, Israël contrôlant frontières et espace aérien, totalement démilitarisé et doté d’une direction nouvelle...). Dans cet esprit, il s’efforce de reconstituer un gouvernement d’union nationale, avec les travaillistes et le shinoui qui cautionneraient ainsi, à l’intérieur et à l’extérieur sa politique. Mais le Premier ministre garde un autre fer au feu : un gouvernement de droite et d’extrême droite à participation ultra-orthodoxe, prêt à se lancer dans l’aventure d’un nouveau transfert.

J’ai cité en introduction cette phrase qu’il répète régulièrement : « La guerre d’indépendance de 1948 n’est pas achevée. » Que veut-il dire par là ? Non seulement l’État hébreu existe bel et bien depuis le 14 mai 1948, mais il est - militairement comme économiquement - plus puissant que l’ensemble de ses voisins. En réalité, le seul « travail » qui reste à « finir » - pour employer le vocabulaire de l’extrême droite israélienne -, c’est l’expulsion des Palestiniens.

Et, d’ores et déjà, les indices se multiplient :

-  le thème du « transfert » est omniprésent dans les médias israéliens ;
-  autrefois typique de la seule extrême droite, il est désormais porté par de nombreux partis de droite et bien des personnalités. Même le Likoud, autrefois plus prudent : ainsi le président du Likoud France et, depuis juin 2002, du Likoud mondial, Jacques Kupfer[Jacques Kupfer, Arouts7 (www.a7fr.com), 11 août 2002. ], évoquait récemment « ces squatters arabes en Eretz Israël, capables de produire autant d’assassins prêts à tout détruire et partout ». Et il affirmait : « Peut-être faut-il se rendre à la seule évidence : on ne peut plus vivre avec eux si tant est qu’ils aient le droit de vivre. Ce sera donc eux ou nous. La solution tellement regrettable et irréaliste du transfert risque de devenir la seule solution praticable capable de nous apporter la sécurité et plus tard la paix. L’histoire offre toujours les opportunités pour réaliser les rêves d’une nation. Encore faut-il savoir les saisir et ne pas rater les occasions comme nous l’avons malheureusement fait en 1948 ou en 1967 » ;

-  cette agitation politique, médiatique et intellectuelle - ajoutée aux effets ravageurs des attentats terroristes - n’est pas sans résultats : en deux ans, le pourcentage d’Israéliens favorables au « transfert » des Palestiniens est passé de moins de 10 % à plus de 40 % [Cf. l’historien militaire israélien Martin Van Creveld, Daily Telegraph, 28 avril 2002. ] ;

-  il faut aussi évoquer, sur le terrain, le harcèlement des Palestiniens par l’armée et les colons en vue de les forcer au départ. Symbolique apparaît le cas du village de Khirbet Yanoun, au sud de Naplouse, que les habitants ont quitté le 18 octobre 2002, avant d’y revenir sous la protection des militants pacifistes de Taayush (Vivre ensemble). « Le transfert - expliquent deux responsables de l’association, Gadi Algazy et Azmi Bdeir - n’est pas nécessairement un moment dramatique, où les gens sont expulsés et fuient leur ville ou leur village. [...] C’est un processus en profondeur, un processus rampant qu’on ne voit pas. [...] Sa principale composante est la destruction graduelle des infrastructures de la vie de la population civile palestinienne dans les territoires : c’est l’étranglement progressif par les bouclages et les sièges, qui empêchent les gens d’aller au travail ou à l’école et d’avoir accès aux services médicaux, qui barrent la route aux camions comme aux ambulances, renvoyant ainsi les Palestiniens à l’époque des ânes et des charrettes. [...] Et ce que les bouclages de l’armée ne réussissent pas à faire, les colons y parviennent : chaque nouvelle implantation ou avant-poste exige des mesures de sécurité, c’est-à-dire, aux yeux des colons, l’expulsion des Palestiniens des zones environnantes et la transformation de terres agricoles en terres de mort - quiconque les travaille ou y cueille des olives risque de le payer de sa vie. [...] Khirbet Yanoun n’est pas un cas isolé » ;

-  il faut enfin mentionner les indications d’ambassades et de consulats étrangers signalant une augmentation considérable du nombre de demandes de visas palestiniens - cent mille à deux cent mille auraient émigré en deux ans...

Un terrible dilemme

Autant d’indices qui doivent inciter à la plus grande vigilance : la guerre que Washington a décidé de mener, quoiqu’il arrive, contre l’Irak, surtout si Israël y était entraîné, pourrait créer les conditions d’un « transfert ». Amira Hass envisage, dans Le Monde diplomatique de février 2003, trois prétextes possibles : la chute de scuds irakiens, un méga-attentat terroriste, des manifestations palestiniennes qui dégénéreraient...

Certes, un transfert massif serait, pour l’armée et le gouvernement d’Israël, militairement et politiquement dangereux - il pourrait notamment ruiner l’image d’Israël dans le monde. Certes aussi, George W. Bush, soucieux d’élargir et de renforcer la coalition anti-irakienne, serait peu enclin à accepter une opération qui risquerait de mettre le feu aux poudres dans l’ensemble du monde arabe. Mais - de Qibya en 1953 à l’invasion du Liban en 1982, en passant par la guerre du Sinaï de 1956 et celle de 1973 - le curriculum vitae d’Ariel Sharon en témoigne : il n’a jamais hésité à dépasser les lignes rouges, même celles fixées par la présidence des États-Unis.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’objectif de toujours de l’extrême droite israélienne a pris un sens nouveau du fait de l’échec du processus de paix joint à l’évolution démographique. Bien que huit cent mille Palestiniens aient été contraints au départ en 1948-1949, suivis de trois cent mille autres en 1967, d’ici moins de dix ans, il y aura une majorité arabe dans le « Grand Israël », qui deviendra progressivement écrasante. Israël, « État juif et démocratique », fera face à un terrible dilemme :

-  soit il choisira la démocratie, et notamment accordera le droit de vote à tous les habitants, y compris Palestiniens, auquel cas ce ne sera plus un État juif ;

-  soit il tiendra à préserver son caractère juif, auquel cas il ne pourra pas être démocratique. Or l’imposition d’un véritable apartheid à une majorité arabe sans cesse plus large provoquera des soulèvements plus puissants encore que l’Intifada, auxquels l’armée israélienne réagira par une répression pire encore. Un tel scénario peut déboucher à terme sur l’écrasement des Palestiniens, mais aussi sur la disparition de l’État d’Israël.

À ce piège tragique, il n’y a, du point de vue israélien, que deux issues : soit la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël, qui permette aux deux peuples de coexister dans le respect de leur souveraineté et de leur sécurité, soit l’expulsion d’un maximum de Palestiniens du « Grand Israël » qui y préserve - pour quelques décennies - une majorité juive. Ariel Sharon et ses amis excluent évidemment la première solution, et rêvent sans doute de la seconde.

Le vieux général a même une idée précise de la destination vers laquelle il faudrait « déplacer » les Palestiniens : la Jordanie. Il a toujours affirmé que le royaume hachémite était destiné à accueillir les Palestiniens. Lors des affrontements de « Septembre noir » entre le roi Hussein et la Résistance palestinienne, en 1970, Ariel Sharon, alors commandant du front Sud, s’opposa au soutien accordé par Israël au « petit roi » contre les fedayin : il aurait fallu au contraire, expliqua-t-il, porter les Palestiniens au pouvoir à Amman pour y créer leur État et en finir ainsi avec cette question. Trente-trois ans plus tard, a-t-il changé de stratégie ?

Documents

Deïr Yassin

Ces Israéliens qui rêvent de « transfert »

Le vrai cauchemar du transfert

Dominique Vidal est rédacteur en chef adjoint au mensuel Le Monde diplomatique et auteur de plusieurs livres sur le Proche-Orient dont Les 100 portes du Proche-Orient (éd. l’Atelier, 1996), Palestine 47, un par- tage avorté (éditions Complexe, 1994) et Le péché originel d’Israël : l’ex- pulsion des Palestiniens revisitée par les « nouveaux historiens » israéliens (éd. l’Atelier, 2002). Il publie en mars 2003 Les 100 clés du Proche-Orient (avec Alain Gresh, éd. Hachette Pluriel) et Le Mal-être juif (éd. Agone).
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L’Orient le Jour | 18 avril 2008

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