Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.
Abruti par les accusations que font pleuvoir sur lui les antisémites, il finit par douter de lui-même et être bien près de s’identifier à l’épouvantail physique et intellectuel que ses ennemis mortels font de lui. Il n’est pas rare de l’entendre murmurer qu’il devrait tirer profit des critiques de l’ennemi et tenter de guérir les défauts qu’on lui reproche ; il ne pense pas une minute que ces reproches ne lui sont d’aucune aide, parce qu’ils ne correspondent en rien à des manques véritables, mais ne sont que le résultat de cette loi psychologique qui amène les enfants, les sauvages et les fous malveillants à rendre responsables de leurs souffrances des êtres et des choses qui leur inspirent de la répulsion. À l’époque de la Peste Noire on les accusait d’empoisonner les sources ; aujourd’hui les paysans les accusent de faire baisser le prix des céréales ; les artisans, de démolir la petite entreprise ; les conservateurs, d’être des opposants de principe. Quand on n’a pas de Juifs, on rend responsables de ces maux d’autres groupes de population, le plus souvent des étrangers, parfois aussi des minorités autochtones, des sectes ou des sociétés secrètes. Cet anthropomorphisme du ressentiment à l’égard des responsables supposés des maux publics ne prouve rien contre ceux qu’on en accuse, si ce n’est que leurs accusateurs les haïssaient déjà lorsque ces maux se sont abattus sur eux et qu’ils ont cherché un bouc émissaire.
Le tableau ne serait pas complet si je n’ajoutais pas une dernière touche. Une légende à laquelle même des gens sérieux et cultivés, et qui ne sont même pas forcément antisémites accordent crédit, c’est que les Juifs dominent le monde et possèdent toutes les richesses de la terre. Eux, qui ne sont même pas en mesure de protéger leurs congénères contre les violences de la misérable racaille arabe, marocaine et perse, tireraient les ficelles du pouvoir ? Eux, dont plus de la moitié n’a pas une pierre où reposer sa tête ni un vêtement pour se couvrir, incarneraient le Mammon ? Une raillerie qui vient s’ajouter à la haine et verser son venin sur les blessures que celle-ci a causées. Certes, il y a quelques centaines de Juifs riches comme Crésus, dont la fortune tapageuse s’expose aux yeux de tous.
Mais qu’a Israël de commun avec ces gens-là ? La plupart d’entre eux - je fais bien volontiers quelques exceptions - sont parmi les natures les plus basses de toute la juiverie, qu’une sélection naturelle a destinées aux professions où l’on gagne rapidement des millions, voire des milliards - ne me demandez pas comment ! Dans un société juive normale , intégralement juive, ces gens seraient en raison de leur nature innée les plus méprisés par le peuple et en tout cas ne recevraient jamais les distinctions honorifiques et titres nobiliaires que leur accorde la société chrétienne. Le judaïsme des Prophètes et des Tannaims (lignées de sages dispensant l’enseignement talmudique NdR), le judaïsme d’Hillel et de Philon (respectivement rabbin et philosophe juif autour du début de l’ère chrétienne,) d’Ibn Gabirol , de Yehouda Halévy et de Maïmonide (philosophes juifs andalous des 11ème /12 éme/ 13ème siècles , comme les deux précédents adeptes de la tolérance et de l’ouverture aux autres), de Spinoza et de Heine est totalement étranger à ces richards qui dédaignent ce que nous vénérons et adorent ce que nous méprisons. Ces gens fournissent le principal prétexte à la nouvelle haine des Juifs, dont les fondements ne sont plus religieux, mais économiques. Et ils n’ont jamais rien fait d’autre pour la judéité (all. Judentum) – qui souffre de leur fait - que de lui jeter quelques aumônes, qui pour eux ne représentent rien, et ne servent qu’à nourrir ce cancer typiquement juif qu’est le « schnorrer » (mot yiddish entré dans les langues allemande et anglaise désignant un quémandeur insolent et un tant soit peu escroc, dont la caractéristique principale est la « chutzpah », le culot, NdR). Jamais ils n’ont été au service d’aucun idéal et ils ne le seront sans doute jamais. D’ailleurs beaucoup s’éloignent du judaïsme, et nous leur souhaitons bonne route, nous contentant de regretter qu’ils soient tout de même de sang juif, même s’ils en sont la lie.
Personne n’a le droit de rester indifférent devant la détresse des Juifs, ni les peuples chrétiens, ni nous-mêmes, les Juifs. C’est un grand péché que de réduire à la misère physique et intellectuelle une tribu à laquelle même ses pires ennemis n’ont pas dénié ses capacités : c’est un péché contre lui et contre l’œuvre de civilisation, à laquelle les Juifs pourraient et voudraient collaborer de façon significative. Et il peut y avoir danger pour tous les peuples à maltraiter des hommes résolus, supérieurs à la moyenne dans le bien comme dans le mal et à susciter ainsi chez eux une rancœur qui pourrait en faire des ennemis de l’ordre établi.La microbiologie nous apprend que de petits organismes , inoffensifs tant qu’ils vivent à l’air libre, deviennent des agents effroyablement pathogènes dès qu’on les prive d’oxygène, qu’on fait d’eux, pour parler comme les spécialistes, des êtres anaérobies. Peuples et gouvernements devraient se garder de transformer les Juifs en organismes anaérobies ! Ils pourraient avoir à le payer cher, quels que soient alors leurs efforts pour se débarrasser du Juif devenu par leur faute un nuisible.
La détresse des Juifs crie à l’aide, nous l’avons vu. Ce sera la première tâche de ce Congrès
que de la secourir. Je laisse maintenant la parole à mes co-rapporteurs, qui compléteront le tableau que j’ai esquissé à grands traits et dont les exposés vous donneront le plus souvent
l’impression d’écouter des « Kinnoth » (élégies déplorant les diverses catastrophes qu’a connues le peuple juif au cours de sa longue histoire, depuis la destruction du Temple de Jérusalem
par les Romains en 70, NdT)
(Applaudissements, ovations enthousiastes)
NdR : nous avons choisi de traduire le terme « Judenheit » par le vieux terme de juiverie(qu’on trouve encore dans des noms de rues, notamment à Paris et Étampes). Ces termes, comme l’anglais « Jewry », étaient communément utilisés à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle par les Juifs eux-mêmes comme par les philosémites ou les antisémites pour désigner leur communauté. Il avait une connotation neutre. Pour le terme équivalent « Judentum », nous avons préféré « judéité » à celui de judaïsme, qui nous semble avoir une connotation plus religieuse.
Traduit et annoté par Michèle Mialane et Fausto Giudice
Source : Zionisten-Kongress in Basel (29., 30. und
31. August 1897), Officielles Protokoll, Verlag des Vereines „Erez Israel“, Wien, 1898, S. 9-20. Veröffentlicht in : Max Nordau: Zionistische Schriften, Berlin 1923 (2. Auflage),S.. 39-57 et
Tlaxcala
Article original publié le 21 Février 2008
Sur Max Nordau
Michèle Mialane et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner
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