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Noesam@voila.fr

  • : sionazisme
  • sionazisme
  • : Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.
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Israèl est contre TORAH

*"Les sionistes me dégoûtent autant que les nazis."
(Victor Klemperer, philologue allemand d'origine juive, 1881-1960)

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L’initiative sioniste de proclamer l’État d’Israël constitue une révolte contre la volonté divine, contre la Torah, une révolte qui a engendré une vague interminable de violence et de souffrance. À l’occasion de la fondation de l’État hérétique, les juifs fidèles à la Torah pleurent cette tentative d’extirper les enseignements de la Torah, de transformer les juifs en une « nation laïque » et de réduire le judaïsme au nationalisme.......Nous déplorons les tragédies que la révolution sioniste a provoquées chez les Palestiniens, notamment des déportations, l’oppression et la subjugation..Que nous méritions que cette année toutes les nations, en acceptant la souverainet

é divine, puissent se réjouir dans une Palestine libre et dans une Jérusalem libre! Amen. Offert par Netouré Karta International : www.nkusa.orglink

                                               


   

 


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FATHER OF SIONAZISJACOB HITLER

La prétendue ascendance juive d'Hitler: Une "explication" par la haine de soi
Une publication parue cette semaine a attiré mon attention. Il s’agit ni plus ni moins de la généalogie d’Adolf Hitler qui aurait des ascendants juifs !! Dans son article, Gilles Bonafi présente une fiche des Renseignements généraux que le magazine Sciences et Avenir a publié en mars 2009, et où on peut clairement lire le deuxième prénom d’Hitler : Jacob. Adolf Jacob Hitler serait le petit-fils de Salomon Mayer Rothschild. Cette information a été divulguée par deux sources de très haut niveau : Hansjurgen Koehler officier d’Heydrich, qui était lui-même l’adjoint direct d’Heinrich Himmler et Walter Langer le psychiatre qui a réalisé le profil psychologique d’Hitler pour l’OSS, les services secrets US pendant la Seconde Guerre mondiale.
SOURCE ;alterinfo

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 09:32
Al Jazeera.net

Des documents parus dans la presse paraissent prouver que les Etats-Unis ont tenté de renverser le gouvernement palestinien dirigé par le Hamas.


Combattants du mouvement Hamas dans la bande de Gaza
Un des documents, daté de mars 2007, présente le détail d’un plan pour évincer le Hamas par la force et pour installer son rival du Fatah à la tête de l’Autorité palestinienne, en soutenant ce parti avec des armes et de l’argent.

Au Caire, Condoleezza Rice, la secrétaire d’état américaine, a déclaré qu’elle n’avait pas lu le rapport publié dans le magazine Vanity Fair.

Elle a cependant justifié le fait d’armer le Fatah, disant que la situation l’exigeait. « Il est très clair que le Hamas est armé. Et il est très clair qu’ils sont armés en partie par les Iraniens, » a-t-elle dit ce mardi.

« Si le Hamas est armé par les Iraniens et que personne n’aide à améliorer les possibilités des forces de sécurité légitimes de l’Autorité palestinienne (AP), ce n’est pas une situation très bonne. »

Rice a indiqué que les forces internationales, y compris les Etats-Unis, continueraient donc à agir avec l’AP pour aider ses forces à maintenir la sécurité dans la région concernée.

Evidence

L’évidence s’impose que depuis 2006 les Etats-Unis ont voulu renverser le Hamas par un coup de force, après que ce mouvement ait remporté les élections palestiniennes.

Une note envoyée à des responsables du Fatah, apparemment par un diplomate américain de haut niveau à Jérusalem en novembre 2006, indique : « Si le Hamas n’est pas d’accord [d’accepter un nouveau gouvernement] dans le temps prescrit, vous devriez faire clairement connaître votre intention de déclarer l’état d’urgence et de former un gouvernement d’exception explicitement investi sur cette plate-forme. »

Cette note n’a pas été marquée avec des tampons officiels américains.

Cependant, Mahmoud Abbas, le président palestinien, n’a pas suivi le plan. Il a au contraire formé un gouvernement d’unité avec le Hamas début 2007 après les premiers affrontements entre les organisations rivales dans la bande de Gaza.

Cet échec pour les Américains semble avoir conduit au deuxième document et au plan pour évincer le Hamas par la force.

Il s’avère que les Etats-Unis ont cherché à soutenir Mohamed Dahlan, le chef des forces de sécurité du Fatah.

Ce plan a cependant échoué également, le Hamas prenant le contrôle de la bande Gaza après que de nouveaux affrontements aient éclaté.

Il apparait évident que le Hamas a été forcé d’agir ainsi afin de prévenir le coup de force préparé par les Etats-Unis.

Des forces de sécurité du Fatah ont été formées en Jordanie et en Egypte, d’où elles ont ensuite été envoyées pour agir dans la bande de Gaza.

Nour Odeh, la correspondante d’Al Jazeera dans Ramallah, a indiqué que beaucoup de Palestiniens vont être bouleversés de constater que le Fatah puisse avoir été un jouet dans les mains de la politique américaine qui a voulu faire un exemple en chassant le Hamas qualifié d’organisation « terroriste ».

Il n’y a eu aucune réponse officielle de la part d’Abbas.

 

4 mars 2008 - Al Jazeera.net - Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.aljazeera.net/NR/exe...
[Traduction : Info-Palestine.net]
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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 09:31
05/02/2009 - 23:37 ]
Gaza – CPI

Les Israéliens et leur forces d’occupation n’ont jamais arrêté de prendre en cible les familles palestiniennes, celles de la bande de Gaza en particulier. On n’a pas encore oublié la famille de l’enfant Hoda Ghalia, prise en cible il y a trois ans sur la plage de Gaza. Ainsi que la famille Al-Athamina, à Beit Hanoun, au nord de la bande de Gaza. Les Israéliens ne sont pas prêts de cesser de noircir les pages de leur histoire, déjà toute noire.

Et maintenant lors de cette dernière folle guerre menée contre la bande de Gaza, du jamais vu. Les chasseurs israéliens partaient tuer un maximum de civils, liquider des familles, toutes entières. La famille Ad-Dayée n’est qu’un exemple de ces crimes de guerre perpétrés à Gaza, fin 2008, début 2009.

Les détails

La famille Ad-Dayée habitait une maison de quatre étages, dans le quartier Az-Zaytoun, à l’est de la ville de Gaza. De cette famille très nombreuse, il ne reste que quelques membres : les frères Amer, 28 ans, Rida 22 ans, et Mohammed, 30 ans. Ils ne resteront en vie que pour être des témoins oculaires de ce crime que l’histoire ne saurait oublier de si près. Ils ont échappé au massacre simplement parce qu’ils ne se trouvaient pas dans leur maison au moment du crime.

Pendant cette affreuse guerre, dit Amer, c’était la maison voisine de la leur qui était menacée de bombardement. « Nous avons alors préféré quitter la nôtre, tous. Moi, mon père, ma mère, mes frères et leurs femmes et leurs enfants. Effectivement, nous sommes allés chez notre sœur, c’était un dimanche. Le lendemain, nous avons décidé de rejoindre notre maison ; il n’y a rien à faire contre le destin, nous nous disions. Le lundi, nous avons décliné l’invitation de petit-déjeuner avec notre sœur. On dirait que nous étions pressés d’aller à notre destin ». Il souligne que son grand frère avait quitté la maison un peu avant le drame.

La maison a été bombardée et mise sans dessus dessous. De dessous des décombres, une main d’une femme, bague de mariage au doigt, a été soustraite. Des orteils ont été également retirés. Le frère Amer indique que tout le quartier Az-Zaytoun a connu un tremblement de terre quand le premier missile est tombé sur la maison, à six heures moins le quart. Peu après, d’autres missiles se sont précipités sur la maison. « Mon frère Ayad, sa femme et ses enfants ont descendu les escaliers, mais le temps leur manquait ».

Le témoin oculaire parle de son frère Ridwan qui le taquinait peu avant son départ : « Pourquoi tu as peur ? ».

Mohammed, l’autre frère, a perdu sa femme enceinte et ses quatre enfants, tous à la fois. Il a échappé à une mort évidente, en allant prier à la mosquée, comme à son habitude.

Il se rappelle de sa sœur Sabrine. Son corps a été retrouvé cinquante mètres plus loin, le saint Coran à la main.

De retour de la mosquée, il a vu l’immeuble de quatre étages s’aplatir à terre. Jusqu’à tard le soir, les voisins et les secouristes essayaient de retirer les corps de victimes, souvent déchiquetés.

La veille du drame

Le frère Rida dit, larmes aux yeux : « Mon frère jumeau Ridwan m’est cher. Je savais où il dormait, exactement. Le jour du drame, je suis directement allé vers où il était tombé. Il était encore vivant. C’est après quatre jours de soin intensif qu’il nous a quitté. On ne se séparait jamais. Jusqu’au Bac, nous étions ensemble ».

Amer, lui, parle de son père qui les a quittés à 57 ans. Il est parti sans réaliser son rêve le plus cher : aller avec la mère des enfants à la Mecque.

Rida se souvient de la dernière minute passée avec sa mère. C’était la veille du massacre. Elle préparait du pain, entourée de ses petits enfants. « Elle m’a donné un morceau de pain, en me disant :  "Qu’Allah facilite ta vie" ».

Frapper les civils

C’est le plus dur coup donné aux civils du quartier d’Az-Zaytoun. De toute les membres féminins de la famille, il ne reste en vie que les deux sœurs Sharifa et Amal. Sharifa était si heureuse de recevoir sa famille fuyant les bombardements. La pauvre ne savait pas que c’était leur dernière rencontre.

Amer ne peut jamais oublier les enfants de ses frères. Il était pour eux un oncle des plus tendres. « J’achetais au petit Youssef tout ce qu’il voulait de l’échoppe du quartier. Ses commentaires innocents m’étonnaient. Lors de la dernière guerre, il a dit une fois : "Nous allons mourir dans notre maison" ».

http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7yQil4ykaQYOnmwaAMFTJMdhsZRH7MCpWycHdTlU4LOY3xd1gR2b852FySlZ%2ftk1bN1Q0t1mP57iF6Pnd%2buphbMk6irakQwjJRjFFErbj%2fME%3d

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 00:49

Les juifs d’Israël

vendredi 6 février 2009, par Al Faraby

"Pourquoi t’as titré, je te cite, les juifs d’Israël ?"
"qu’est-ce qui te choque dans la formule ?"
"j’sais pas... as-tu voulu dire qu’il existe autre chose que des juifs en Israël ?"
"oui, bien sûr... mais pas seulement"
"qu’as-tu voulu dire d’autre ?"
"qu’il y a des juifs qui ne sont pas en Israël"
"oui mais ceux-là, ils ne sont pas dans le coup"
"que veux-tu dire ?"
"ceux qui ne sont pas en Israël ne votent pas"
"t’as raison, mais ils sont dans le coup malgré tout... jusqu’au cou même"
"ouf... à ce point-là !?"
"bien sûr... puisque sans les juifs en-dehors d’Israël il n’y aurait jamais eu tant que ça à l’intérieur"
"eeeuuhhhh... oui... logique, puisque la grande majorité vient de l’extérieur"
"et donc..."
"et donc quoi ?"
"sans ces juifs de l’extérieur, il n’y aurait jamais eu d’Israël... et le problème n’aurait jamais existé"
"quel problème ?"
"celui de la Palestine et du peuple Palestinien"
"logique... mais dis-moi..."
"quoi ?"
"les juifs de l’extérieur qui viennent en Israël, votent-ils ?"
"évidemment qu’ils votent"
"comment se fait-il ?... en France ce ne serait pas possible..."
"simplement parce qu’à leur arrivée en Israël, ils deviennent israéliens"
"c’est pas très démocratique tout ça... et les pays du Quartet n’ont jamais protesté !?"
"ben non... puisqu’ils sont tous d’accord qu’Israël soit un Etat juif... c’est aussi un moyen de se débarrasser de leurs juifs à eux..."
"mais dis-moi... c’est de l’antisémitisme d’Etat !"
"non... c’est du sionisme, puisque ces juifs-là font le choix de devenir israéliens"
"... !?"

Al Faraby
Vendredi, 06 février 2009

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 00:48

jeudi 5 février 2009, par Gideon Lévy

Quelques centaines de mètres à peine et moins de vingt-quatre heures séparent la mort d’Abdel Kader Badaoui de celle de Mohamed Ramhi. L’armée israélienne affirme que les deux jeunes gens tentaient de lancer des cocktails Molotov, mais à la distance où ils étaient des soldats, ils ne mettaient personne en danger. Cette distance n’est par contre pas un obstacle pour les tireurs d’élite qui les ont atteints exactement au cœur.

Si, un jour prochain, vous deviez vous retrouver dans le camp de réfugiés de Jalazoun et demander la maison du shahid, les passants vous demanderaient de quel shahid vous voulez parler : du premier ou du second ? La semaine dernière, Jalazoun a enterré deux de ses fils en moins de vingt-quatre heures : Abdel Kader Badaoui, 17 ans, et Mohamed Ramhi, 21 ans. Badaoui, dont les circonstances de la mort restent enveloppées de brume, était un élève de 12e année ; Ramhi était le fils de Jamal Ramhi, dont la mère, Esther Yaakov Shahrour, était juive, et dont la tante habite à Haïfa. Les deux jeunes gens ont été abattus d’une distance de plusieurs centaines de mètres, à quelques heures d’intervalle. Tous deux ont été abattus de très loin par les soldats, les balles des tireurs d’élite visant, dans les deux cas, droit au cœur.

Plusieurs centaines de mètres séparaient les deux jeunes gens des soldats. Il y avait entre eux la vallée des oliviers où nous nous sommes rendus cette semaine. A cette distance, ils n’avaient aucune chance de mettre en danger la vie des soldats ni celle des colons qui se tenaient près de la clôture de la colonie voisine, Beit El. Dans les deux cas, même si est vraie l’affirmation de l’armée israélienne selon laquelle les deux jeunes gens lançaient des cocktails Molotov, il était possible et il aurait fallu user d’autres moyens contre eux. Gaz lacrymogène ? Tir en l’air ? Tir dans les jambes ? Avec quoi venez-vous. Non, simplement un tir à balle réelle et meurtrier, parfaitement pointé, une seule balle dans le cœur de chacun de ces jeunes gens, le but étant de tuer, tuer et tuer, exécutions sans jugement ni raison suffisante.

La première fois, il s’agissait de soldats du bataillon « Lion » et la seconde fois de la brigade « Lionceau », selon ce qui a été communiqué, et dans les deux cas, des soldats de l’armée israélienne, tous des lions, ont une fois encore tué de jeunes Palestiniens. Pour rien.

« Vous savez comment le soldat tue ? Pardonnez-moi de vous le dire. Le soldat croise les jambes, fume une cigarette, boit du café, et tue mon fils, comme on tue un chat. Je suis son père et j’ai le cœur brûlé », se lamentait cette semaine ce fils d’une Juive, Jamal Rahmi, ce père en deuil, qui porte sur sa poitrine la photo de son fils mort.

Mohamed Ramhi, petit-fils d’une Juive, faisait des jobs occasionnels. Son père travaille comme chauffeur à l’UNRWA et dans leur maison située à la limite de ce petit et triste camp de réfugiés, vivent dix personnes. Le cousin de Mohamed, qui portait le même nom, a été tué ici, à la fin des années 90. Il avait alors 17 ans.

Mercredi, la semaine passée, Mohamed était rentré d’une journée de travail dans un dépôt de vêtements à Jifnah, tout proche, et il s’était assis pour prendre son déjeuner. Son père dormait. Celui-ci dit que son fils aimait le riz. Puis Mohamed avait quitté la maison. Les funérailles de Badaoui, tué la veille, il les avait manquées, mais il est sorti en prenant la direction du complexe scolaire du camp - les deux écoles pimpantes de l’UNRWA, pour les garçons et pour les filles, situées l’une vis-à-vis de l’autre, sur la rue principale, à l’entrée du camp - en face des maisons de la colonie de Beit El, couvertes de tuiles. Les élèves des écoles manifestaient justement pour protester contre l’assassinat de leur camarade. Ils mettaient le feu à des pneus et tentaient de lancer des pierres, peut-être même des cocktails Molotov, à l’aide de catapultes improvisées (dont on peut douter qu’elles permettent de leur faire franchir la vallée), évidemment sans atteindre les soldats dans la tour et la jeep blindées qui se trouvaient de l’autre côté de la vallée des oliviers.

Mohamed était le plus âgé des manifestants, il était entouré de dizaines d’enfants de l’école fondamentale. Son jeune frère de 17 ans, Souhaib, qui était avec lui, raconte que Mohamed lui a ordonné de quitter les lieux avec leurs petits cousins, de peur qu’il ne leur arrive malheur. Souhaib dit avoir tout à coup entendu deux coups de feu : la première balle a touché un mur et la seconde a pénétré directement, par derrière, dans le cœur de son frère. L’instant d’avant, il avait vu son frère lever les mains au ciel tout en lançant des paroles religieuses.

Une voiture qui passait là a emmené Mohamed agonisant à l’hôpital gouvernemental de Ramallah. Sept heures plus tard, il mourait en salle d’opération. Sur les téléphones portables des membres de la famille se trouve déjà, comme toujours dans ces cas-là, une série de photos du défunt : le trou dans la poitrine de Mohamed, Mohamed enveloppé d’un linceul, son visage, pâle et serein.

Jamal, le père : « Ma mère est juive, j’ai travaillé chez des Juifs, j’aime des Juifs et des Arabes, et je voudrais dire, que le monde entende : jamais je n’ai entendu parler de quelqu’un dans le camp qui aurait tiré sur les soldats ou les colons. Les jeunes enfants sont grimpés en haut, ils n’ont pas approché des soldats. Ils ont crié, c’est normal, et ils ont mis le feu à des pneus - et ça aussi, c’est habituel. La veille quelqu’un de chez nous était tombé. Le sang de nos enfants s’embrase chaque fois que quelqu’un est tué chez nous. Alors ils ont manifesté. Mais pourquoi encore du sang ? Ce soldat, qui a vu l’enfant prendre une pierre ou une bouteille, il a levé son M16 et tiré sur lui. C’est désolant ou ça n’est pas désolant ? Mon fils a fait quelque chose d’à ce point dangereux ? Qu’a fait, mon fils ? Il n’a pas brandi une arme, pas brandi un couteau. Juste parce qu’il a levé les mains et lancé ‘Allahou akbar’ ? Tous les jours, on nous tue quelqu’un.

« Voyez, celui-ci c’est mon plus jeune fils et celui-là c’est le fils de ma fille, ce sont de petits enfants. Ils vont à l’école et moi j’ai peur pour eux. Dites-moi, ces enfants-là représentent un danger pour les soldats ? Maintenant, ils ont peur d’aller à l’école et d’être tué comme Mohamed.

« Quand j’ai appris que Mohamed était blessé, je me suis presque mis dans les oreilles le pain que je mangeais. Je suis devenu fou, j’étais foutu. Quand je suis arrivé à l’hôpital, je savais que c’était fini. Les médecins ont dit que ça irait, mais un père sait. Je l’ai vu et j’ai su que c’était fini pour lui. Je ne suis toujours pas réveillé. Je ne le crois pas encore. Je n’ai rien fait, mon fils n’a rien fait, et Dieu seul sait ce qu’il y a dans le cœur du soldat qui l’a tué.

« J’ai travaillé à Beit El. J’ai travaillé dans un restaurant, chez Ezra, de la colonie d’Ofra, quil m’aimait comme son fils. Sa fille Hamoutal et son fils Aron, tous me connaissent à Beit El. On connaît Jamal dont la mère est juive. J’apportais à manger aux soldats, dans le restaurant. Parfois, ils oubliaient leur arme et je la leur apportais. Je leur gardais leur arme. Je leur faisais des falafels et des salades. Ils aimaient ce que je préparais à manger, les soldats. Comment s’appelle le big boss, chez vous ? Olmert. Le mot que je lui dis d’ici, de Jalazoun, moi qui suis de mère juive : suffit ! Ça suffit. Voilà ce que je lui dis. »

Un court trajet parmi les ruelles du camp et voilà la seconde maison endeuillée, avec pareillement, un groupe d’hommes au regard triste, dans la chambre de deuil dont les murs portent des photos de celui qui a été tué ; sur la façade de la maison, de grandes affiches sont étendues, maintenues dans le bas par des bouteilles d’eau de format familial. Et aussi ces questions, lancinantes : ces enfants mettaient-ils la vie des soldats en danger ? Impossible de faire autrement ? Pourquoi ?

Ceux qui portent le deuil ici paraissent avoir le visage plus grave et le père endeuillé est moins emporté que Jamal Ramhi, dans l’autre maison endeuillée. Mais les photos sur les téléphones portables se ressemblent : autre cadavre enveloppé d’un linceul, de nouveau cet horrible trou dans la poitrine et le jeune visage de la mort, encore plus jeune ici.

Chauffeur de taxi, Mohamed Badaoui était justement en visite à Alep, en Syrie, au moment où son fils, Abdel Kader, étudiant de 17 ans, a été tué. Et tué, lui aussi, face aux maisons de la colonie de Beit El, de l’autre côté de la vallée des oliviers, ceinte d’une clôture, gardée, protégée, surveillée. C’était le 14 de ce mois, mardi dernier, à une heure peu avancée de la soirée. Abdel Kader circulait non loin de l’école. On ne sait pas clairement combien d’amis étaient avec lui, peut-être deux, peut-être trois, nul ne sait, et au fond rien n’est clair.

Le père dit avoir entendu rapporter que son fils avait allumé une cigarette dans l’obscurité et que sitôt après il était atteint au cœur d’une balle mortelle. Avant que l’oncle, alerté, n’arrive sur place, il y avait déjà des forces militaires et de police ainsi qu’une ambulance. L’oncle a dit aux soldats qu’il était le père, mais les soldats ne l’ont pas laissé approcher. Deux heures plus tard, on leur confiait le corps d’Abdel Kader. Le lendemain, le père rentrait de Syrie. Ils expliquent qu’Abdel Kader voulait devenir électricien auto. Ils l’ont enterré à trois heures de l’après-midi, une heure et demie, environ, avant que ne tombe dans le camp le shahid suivant.

« Ces derniers mois ont vu une augmentation du nombre de jets de cocktails Molotov dans le secteur de Benjamin », a communiqué le porte-parole de l’armée israélienne, « et pour la seule semaine écoulée, trois cas ont été enregistrés - dont deux dans la région de Jalazoun - dans lesquels des soldats de l’armée israélienne ont atteint les terroristes qui tenaient en mains des cocktails Molotov allumés, et cela avant qu’ils ne les lancent. Le porte-parole de l’armée israélienne tient à préciser qu’un cocktail Molotov constitue, à tous égards, une arme capable de mettre la vie en danger.

« Dans les deux cas envisagés par l’article, des terroristes ont été repérés par les forces de l’armée israélienne alors qu’ils tenaient en mains des cocktails Molotov allumés, prêts à être lancés en direction de la position de l’armée israélienne et vers les maisons de la localité de Beit El, et représentant dès lors un danger pour la vie des soldats et des habitants de la localité. Ouvrir le feu était dès lors impératif afin de couper court à un danger mortel. L’armée israélienne ne restera pas à l’écart devant une menace pesant sur la vie des soldats et des habitants de la région et elle continuera d’agir afin d’offrir la sécurité aux habitants de Judée et de Samarie ».

Gideon Lévy
Haaretz, 24 octobre 2008

(Traduction de l’hébreu : Michel Ghys)

http://www.aloufok.net/spip.php?article103

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 00:44

"Koussaa : un charmant village", par le Pr. Christophe Oberlin

Publié le 5-02-2009


Autre témoignage du Pr. Oberlin sur les massacres dans la Bande de Gaza, publié celui-ci, dans le numéro de février de la revue Afrique Asie.

"Je suis déjà allé à Koussaa. Lors d’un voyage précédent à Gaza, il ya deux ou trois ans, le maire avait tenu à me recevoir avec mon équipe. Koussaa est un charmant village du sud de la bande de Gaza, à l’extrême Est, c’est-à-dire sur la frontière israélienne.

Le maire, nouvellement élu (hamas) m’avait accueilli la main dans la main avec l’ancien maire (fatah). Puis, avant une réunion à la fois champêtre et familiale, au cours de laquelle nous avions pu parler longuement avec sa mère, il nous avait emmenés à pied dans les champs jouxtant le village. Il y avait là des jeunes qui ramassaient des concombres et des oignons. Les pastèques n’étaient pas encore mures. Le paysage, bien que très plat, ouvrait une belle perspective au loin, vers l’est. Dans cette direction, à peut être cinq ou six cent mètres, le regard était arrêté par une bande verte continue : une abondance de verdure. « Israël, » me dit il .

Entre la verdure et nous, à peine visible après qu’on nous l’eut signalée, on apercevait à peine une clôture de grillage. De loin celle-ci ressemblait aux clôtures qui bordent nos autoroutes. Mais elle était peut-être plus haute, car si loin. Avec la différence que s’échelonnaient ici, tous les deux ou trois cent mètres, ces hautes tours de béton gris, fendues de meurtrières, flanquées de filets verts, qui ont fait la réputation israélienne, au plan de l’architecture comme de la cruauté. « Electronic fence » (barrière électronique), nous dit –on.

Soudain, alors que nous nous félicitions de la qualité de l’air, du temps qu’il faisait, et aussi du paysage, surgit un camion pick-up nickelé, chargé de policiers palestiniens, en tenue irréprochable, armés, talky walky grésillant. Mes amis palestiniens me traduisent, narquois, « que les israéliens les ont appelés pour nous dire de déguerpir ». Le maire commence à parler aux policiers, quand nous entendons la déflagration d’un coup de feu : tir de semonce parti de l’une des tours anonymes, sans doute. On ironise sur le rôle réel de ces « policiers » : au service de qui sont-ils ? Et nous déguerpissons.

Koussaa est donc un charmant village, que l’armée israélienne a attaqué avant-hier (le 16 janvier 2009), par air et par terre (les tanks, pas l’infanterie !).

Les blessés que nous recevons sont en effet tous atteints de lésions délabrées majeures : membres explosés, troncs et cranes criblés de perforations : ce ne sont pas les blessures infligées par des soldats à pied. Ce sont les blessures crées par les éclats des bombes les plus récentes, dont j’ai appris récemment, en préparant une conférence sur les blessures de guerre, que chaque fragment est éjecté à 2300m/s, soit trois fois plus qu’une balle de Kalachnikov. Les corps déchiquetés qui nous sont livrés ressemblent à ceux du massacre de Djabalia d’octobre 2004 (mais qui s’en souvient ?).

Mes amis palestiniens insistaient déjà à l’époque sur ces obus qui, perforant les toits et les murs, coupaient les deux jambes ou les deux cuisses des habitants restés à l’intérieur, avec des corps recouverts d’une épaisse et collante pellicule noire à l’odeur si particulière.

Gaza est en effet, depuis des années, le champ d’expérimentation des armes dernier cri, comme le lieu de déstockage des armes périmées : ce matin, un diplomate français nous a joint au téléphone : Gaza a bien été bombardée au phosphore. Et que l’on ne nous dise pas que Koussaa constituait « un bastion du Hamas », formule consacrée pour justifier tous les crimes. Ce jour, nos blessés sont une jeune fille de 14 ans, dont le père a été tué sur le coup, un jeune homme de 25 ans qui portent le même nom de famille.

Quand je sors du bloc opératoire, vers 23 heures, un jeune homme m’accoste gentiment : What is your name ? Where are you from ? Je lui retourne la question. « I am from Koussaa . And I would like to visit France ».

Christophe Oberlin

CAPJPO-EuroPalestine

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 00:43
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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 00:39
Lorsqu’on m’a interrogé sur l’identité palestinienne, une idée m’est venue à l’esprit. Je me suis demandé comment cette idée pourrait se traduire en anglais, et on m’a dit que ce serait la « constance ».
(JPG)
Rafa, 18 janvier 2009 - Photo : Hatem Omar/MaanImages

C’est une définition assez proche de ce que j’avais en tête, mais quelque peu incomplète - il est difficile de saisir tout un peuple en un seul mot. La constance, s’agissant précisément de notre identité palestinienne, c’est de ne jamais - jamais - renoncer.

Cela renvoie à notre façon de survivre encore et toujours aux mauvais moments, sans un seul ami à proximité. Cela renvoie à notre identité écrasée et maltraitée par tous les moyens humains connus, mais seulement pour que nous revenions la tête haute.

C’est impressionnant, mais si la constance était comprise de cette façon seulement, elle pourrait facilement être échangée avec un autre mot, moins attractif : l’entêtement. Ne pas renoncer, en soi, n’est pas une qualité admirable. Après tout, le groupe plutôt louche et raciste des colons de Tel Rumeidand d’Hebron, pourrait également être décrit comme constant. Après tout, eux aussi affichent une "indéfectible fidélité" ou des "convictions solides", et ils paraissent "ne jamais renoncer".

La raison pour laquelle notre constance est admirée et mythologisée dans le monde entier, c’est non seulement de notre persévérance, mais la justice de notre cause et les méthodes par lesquelles nous avons choisi de la défendre. Notre cause, c’est la liberté, la démocratie et la pluralité, et nos méthodes sont très largement non-violente à l’encontre de notre "tout-puissant" adversaire et sa brutale occupation de notre terre.

La perception de notre identité

Il est important de nous rappeler cette définition plus large de notre identité et notre détermination. Il est encore plus important pour nous de clamer haut notre identité, à travers le monde entier.

La raison en est simple : Israël a travaillé énergiquement et a consacré une quantité considérable de ressources pour pervertir notre identité et le caractère de notre lutte. Sa puissance assure un contrôle quasi total des médias et du message que le monde reçoit sur ce conflit et sur nous en tant que Palestiniens.

Les Israéliens ont eu recours à cette force pour transformer et manipuler la réalité à leurs propres fins. Ils ont tellement perverti la vérité, que - en dépit de notre existence massacrée dans les rues de Gaza -, nous ne sommes pas seulement à blâmer, mais encore "indigne de l’intervention".

Malgré le fait que des milliers de nos frères civils, des fils, des pères, des sœurs, des mères et des filles sont systématiquement soumis à la torture dans les prisons israéliennes, on attend de nous que nous que nous libérions immédiatement un unique soldat israélien - sinon, nous aurons à affronter une nouvelle vague de brutalité high-tech.

Bien que nous ayons toutes les lois internationales et les droits de l’homme de notre côté, nous sommes "têtus", dans notre refus de céder à l’occupation du reste de notre historique de la naissance.

A travers les mensonges d’Israël et le prisme des médias qu’il contrôle, nous les Palestiniens ne sommes perçus comme "constants" que dans notre sauvagerie, notre irrationalité, et notre propension à la violence.

Perception versus Réalité

Quatre-vingt-dix-neuf pour cent de la résistance palestinienne à partir des années 1920 a été non-violente. Le nombre de Palestiniens, désarmés et pacifiques, martyrs de ce conflit dépasse de loin celui de ceux d’entre nous qui ont combattu l’ennemi avec ses propres méthodes violentes.

De boycotts des entreprises en grèves de la faim, de manifestations en diplomatie, nous les Palestiniens sommes engagés quotidiennement dans la lutte non-violente contre l’occupation israélienne de notre terre et le viol de notre dignité et de notre sécurité.

Evidemment, les médias internationaux ne se concentrent pas sur cet aspect, à la place les journalistes préfèrent souligner les quelques rares cas de violence des Palestiniens à un point tel que, aux yeux de la communauté internationale, ils semblent être comparables aux crimes de masse notre occupant. Il n’y a pas de meilleur exemple de cette attitude que la couverture internationale du massacre en cours de nos frères et sœurs dans la bande de Gaza.

Le monde est au courant, et, en tire la conclusion qu’il existe une « guerre » se déroulant entre deux égaux, plutôt qu’ un massacre asymétrique mené par le cinquième plus important complexe militaro-industriel du monde sur l’un des derniers apatrides peuples de la Terre.

Leurs bombes ont tué des centaines d’enfants, de femmes, d’hommes et de civils tout en détruisant systématiquement l’économie et les infrastructures de l’étroite bande côtière. Ils ont utilisé illégalement des armes incendiaires contre des zones densément peuplées de civils et des munitions qui brûlent les chairs de l’intérieur jusqu’aux os. Ils ont tué aussi bien des médecins, des journalistes que des secouristes dans leur "guerre contre le Hamas et le terrorisme » - et ils se moquent éperdument de faire des excuses.

Nos morts se comptent par milliers alors que l’agresseur déplore un peu plus d’une dizaine de tués - pour la plupart des soldats - dont beaucoup sont morts par suite de "tirs amis" israéliens. Pourtant, les gens tout autour de la planète en sont encore à croire qu’ils assistent à une "guerre" plutôt qu’à un génocide.

Pourquoi Israël déforme la vérité

Autant d’efforts sont déployés pour fausser le caractère des Palestiniens, pour une seule raison : si le monde était en état de vraiment savoir ce qui se passe ici, son émotion collective se transformerait, de l’indifférence envers la lutte que nous menons, à de la colère à l’encontre notre oppresseur.

Israël sait que si les peuples du monde étaient en situation de voir la Palestine, ils seraient contraints de tirer des conclusions et faire des comparaisons. Si les Américains pouvaient observer le quotidien de brutalités commises contre des manifestants pacifiques, ils compareraient immédiatement notre sort avec celui du Mouvement pour les droits civiques des afro-américains des années 1950 et 1960 dirigé par le Dr Martin Luther King, Jr.

Si les Africains pouvaient voir les conditions d’occupation de la Cisjordanie, ils seraient incapables de distinguer cette situation du mouvement anti-apartheid des années 1970 et 1980 - le triomphe de Mandela.

Mais le monde n’est pas autorisé à voir ces vérités. Il s’agit plutôt d’alimenter une dose quotidienne de rhétorique sortie de son contexte ou de fournir des images de riposte désordonnée de la part d’un Palestinien qui n’a "plus rien à perdre".

En dépit du fait que notre non-violence passe complètement inaperçue dans un monde déformé selon notre oppresseur - nous continuons sans relâche.

Nous continuons, non pas parce que la non-violence, la résilience et la recherche continuelle de la justice est une "stratégie" qui, nous l’espérons, un jour renversera la tendance de l’opinion publique en notre faveur. Nous continuons parce que c’est ainsi que nous sommes.

C’est notre intégrité qui guide notre combat - et non pas l’humiliation et la provocation continuelle de notre oppresseur.

Cette intégrité, la justice de notre cause, et les moyens par lesquels nous luttons, sont la plus grave menace pour Israël et l’Agenda sioniste pour notre pays - bien plus grave que les autres méthodes. Israël comprend cela et travaille avec force pour déformer cette réalité dans l’esprit des Israéliens et de la communauté internationale. Cette crainte est évidente dans les moyens avec lesquels Israël occulte la non-violence populaire dans toute la Cisjordanie. A Nihlin, au cours des six derniers mois, quatre jeunes non-violents ont été transformés en martyrs par les FDI. De nombreux autres ont subi des blessures graves causées par des gaz d’asphyxiants, des passages à tabac, et des balles - du type "non-létales", en acier revêtu de caoutchouc.

Récemment, à Bil’in, les protestataires ont enfilé le costume rayé des juifs incarcérés dans le Ghetto de Varsovie afin de rappeler à Israël la façon dont leurs actions sont de pures répétitions des crimes commis contre leur propre peuple. Ce rappel a rendu les soldats israéliens si furieux qu’ils ont quitté leurs positions et chassé les manifestants directement jusqu’au centre du village. Un certain nombre d’entre eux ont été battus - sans doute pour rappeler aux Israéliens leur passé et en blessant leur sensibilité contemporaine.

Régulièrement, les militants de la paix sont humiliés, les yeux bandés, on leur tire une balle dans la rotule, ils sont arrosés avec des eaux usées et des produits chimiques, on les rend sourds, ils sont emprisonnés, torturés, et ils sont "micro-traités" par les plus modernes et encore plus sadiques méthodes de contrôle de foule. Ces militants de la paix conduisent des protestations, encore et encore, généralement le vendredi, mais souvent tout au long de la semaine. Ils mobilisent l’armée plus fréquemment que tout ou partie des milices en Palestine, et ils avancent non armés - ou tout au plus avec des pierres - pour combattre Goliath, encore et encore.

La raison pour laquelle Israël traite si durement ces jeunes gens et ces femmes est claire. Chaque jour où la non-violence est utilisée pour obtenir justice, l’image des Palestiniens qu’Israël s’est acharné à fabriquer est sapée par la vérité. Par crainte et par vengeance, ils ont recours à la seule arme à la disposition de ceux qui ne possèdent ni intégrité ni une juste cause à faire valoir : la violence.

Israël agit ainsi avec l’espoir que nous allons riposter "pareillement". Avec l’espoir que nous nous battrons à leurs conditions au lieu des nôtres. Israël agit ainsi avec l’espoir qu’il peut modifier ce qui constitue l’identité d’un Palestinien : la constance dans notre quête de justice. Leurs efforts ont échoué et continueront d’échouer. Notre caractère et notre détermination sont inébranlables- et nous obtiendrons la justice à laquelle nous avons droit dans cette vie ou la prochaine ...

Regard vers l’avenir

Le tout récent crime d’Israël contre notre peuple dans la bande de Gaza est seulement une autre tentative dans sa quête de destruction de notre identité et de dénaturation de nos méthodes.

Les occupants hurlent du haut de leurs tours de guet et de leurs F-16, « Nous comprenons que la violence ! Battez-vous ! Battez-vous ! Battez-vous ! "Ils nous supplient de mordre à leurs appâts et de les déshumaniser comme ils l’ont fait systématiquement pour nous.

Ils sont comme les toxicomanes qui ne peuvent pas supporter de consommer seul leur poison. Leur drogue, c’est la violence et la destruction, et les effets secondaires de leur dépendance sont l’occupation et la haine. Ils haïssent et ils tuent, et ils veulent que nous haïssions et que nous tuions afin qu’ils ne se sentent pas seuls - afin qu’ils se sentent justifiés. Ils sont constants dans leur dépendance, et ils sont en train de pourrir de l’intérieur.

Nous sommes constants à l’égard de notre cause et de nos méthodes. Nous sommes armés par la vérité, la justice, par des pancartes, des drapeaux, et parfois des pierres - rien de plus.

Nous serons de nouveau en marche vendredi, dans toute la Cisjordanie, et de nouveau vendredi suivant, et encore, et encore ... Jusqu’à ce que nous vainquions Goliath.

(JPG)

* Le docteur Mustafa Barghouthi est le secrétaire général de l’Initiative Nationale Palestinienne (PNI) et membre du Conseil législatif palestinien (PLC).

Du même auteur :

-  "Israël est le seul responsable de la situation à Gaza" - 12 janvier 2009
-  Gaza : et je lirai demain dans vos journaux... - 3 janvier 2009
-  Dire les choses comme elles sont - 18 décembre 2008

31 janvier 2009 - Ma’an News Agency - Vous pouvez consulter cet article ici :
http://www.maannews.net/en/index.ph...
Traduction de l’anglais : Laurent G
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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 00:38

Leila Mazboudi

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6055l

Tout ce que l’entité sioniste a été incapable de faire durant 22 jours de guerre meurtrière, l’Egypte tente de le réaliser. Avec une arme à l’appui : le passage de Rafah.

Concernant les négociations que le Caire chapeaute, il semble fort qu’il agit en sorte pour affaiblir la mainmise du Hamas, et favoriser celle du Fatah de Mahmoud Abbas. Et ce en parfaite harmonie avec les aspirations de l’entité sioniste et par derrière des régimes occidentaux.

Faute d’être parvenu à éradiquer ce mouvement de résistance pendant la guerre, Les efforts se déploient pour le soumettre, par le biais des négociations. Usant pour plus de persuasion de la politique des carottes et des batons.

Quant aux carottes brandies pour séduire le Hamas, le econnaître s’il intègre un gouvernement d’union nationale, et lier l’offre des centaines de millions de dollars pour la reconstruction de la Bande de Gaza à ce que ce gouvernement soit dirigé par Abbas. Qualifié par les dirigeants israéliens de modéré et pragmatique, Abbas est suspecté par les forces de résistance palestiniennes d’être prêt à faire des concessions aux Israéliens au détriment d’un état palestinien dans les frontières de 1967 édicté par les Nations Unies.

Or sur la table des négociations, le Caire n’arrive pas à faire baisser le ton au Hamas. Se comportant comme un vainqueur, celui-ci ne se contente pas de se cramponner sur ses positions, refusant toute concession, (pas de cessez-le feu sans levée du blocus, pas de cessez-le feu durable, mais uniquement pour un an), mais il en réclame de nouvelles : être intégré, ainsi que l’autre mouvement de résistance, le Jihad islamique, au sein de l’Organisation de libération de la Palestine après sa restructuration. Chose qu’Abbas refuse catégoriquement. C’est le Hamas qui est sorti victorieux des élections législatives en 2006.

Face à cette ténacité, le Caire met du sien, par le biais du passage de Rafah, seule issue de sortie des Gazaouis. Dernièrement, il a renforcé le blocus par des mesures de sécurité plus strictes. De plus, il assiste les Israéliens à la démolition des tunnels : lundi , alors que les avions de combats israéliens bombardaient la région palestinienne de tunnels, les forces de sécurité égyptiennes procédaient à leur destruction, du côté égyptien des frontières.

Mardi, et selon les habitants de la ville de Rafah, des caméras de surveillance sur les hauts bâtiments de la région ont été installées.

Jeudi, il va fermer le passage de Rafah, sine die, et ne va l’ouvrir, selon le journal officiel al-Ahram que selon ses désirs.

4 février 2009 - Al Manar TV - Vous pouvez consulter cet article ici :
http://www.almanar.com.lb/NewsSite/...

 

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 00:36
Adam Shapiro est un militant courageux, à la recherche d’une paix juste. Pendant longtemps, il a été violemment pris à partie pour ses critiques systématiques de l’Etat d’Israël. Né en 1972, ce militant anti-sioniste acharné et entêté, cofondateur du Mouvement de Solidarité Internationale s’active sans faiblir à diffuser la voix assujettie et tyrannisée de la Palestine.
(JPG)
Adam Shapiro

En mars 2002, Adam Shapiro rencontre Yasser Arafat à la Mukataa (le siège de l’autorité palestinienne à Ramallah) assiégé pendant l’incursion israélienne en Cisjordanie et Gaza. A la suite de cette rencontre, il atteint une popularité internationale, le plaçant sous l’oeil réprobateur des médias sionistes.

Malgré les insultes et invectives de la part d’une campagne sioniste, Adam Shapiro n’a jusqu’à ce jour, ni renié, ni atténué ses positions. Il a plutôt intensifié ses critiques anti-sionistes face à des situations telles que celle des 22 jours d’incursion israélienne dans la Bande de Gaza.

Cette interview a été conduite durant le génocide israélien à Gaza, comme le démontre cette conversation ; celle-ci contient des informations utiles et enrichissantes qui devraient être lues et prises en considération.

Pourriez-vous svp expliquer les récentes activités au sein du mouvement de solidarité internationale ? Quel est votre agenda, modus operandi et vos projets pour venir en aide aux survivants de la récente offensive à Gaza ?

Le Mouvement de Solidarité Internationale (ISM) a été crée en 2001 dans le but d’associer la solidarité internationale à la résistance palestinienne contre l’occupation et l’oppression israélienne. Ceci a été entrepris au travers du rassemblement d’activistes étrangers et palestiniens sur une base de résistance active, civile et non violente en Cisjordanie et à Gaza. Ce genre de résistance populaire a toujours fait partie du mouvement palestinien, et nous avons pensé qu’y ajouter un élément international forcerait la communauté internationale à reconnaître que le conflit n’est pas entre juifs et arabes ou juifs et musulmans, mais bien plutôt une situation d’oppression et de discrimination basées sur l’ethnicité et la religion, semblable à l’apartheid en Afrique du Sud.

De nos jours, le rôle d’ISM continue dans ce sens, mais, ISM est également de plus en plus impliqué en tant que témoin reportant les atrocités envers le peuple palestinien. Les volontaires d’ISM passent de longues périodes dans les territoires occupés et apprennent à connaître la situation en profondeur.

En ce moment, 5 volontaires d’ISM sont dans la Bande de Gaza. Ces volontaires sont actifs pendant l’assaut sur le peuple de Gaza - ils accompagnent les ambulances et le personnel médical qui sont appelés d’urgence ; ils documentent ce qu’il se passe et en informent la communauté internationale, bien que le gouvernement sioniste interdise aux journalistes étrangers l’accès à Gaza. En outre, ils aident à la distribution de la nourriture et de l’eau autant que possible et souvent dans des endroits très dangereux. Ils documentent les crimes de guerre, tels que l’utilisation de bombes d’artillerie à phosphore blanc.

Selon vos dires, un choix effectif et de poids qui pourrait aider et soulager la situation intenable des Palestiniens serait celui de promouvoir la notion de sanctions et d’embargo envers Israël. Comment est-il possible de boycotter et d’isoler sur la scène internationale le régime terroriste ?

La société civile palestinienne appelle au boycott d’Israël, par conséquent c’est pour cette raison que nous y adhérons également. Ceci dit, les sanctions ne seront au plus que symboliques, il faut bien prendre en compte le degré d’échanges commerciaux en Israël, et la difficulté à rendre effectif un tel impact. Cependant, au point de vue, symbolique, les campagnes de boycott, de sanctions et de désengagement financier (BDS) sont très utiles, particulièrement en Occident, où cela permet d’altérer le débat loin des accusations d’antisémitismes et ainsi démontrer spécifiquement pourquoi de telles mesures sont nécessaires.

De plus, le boycott académique et culturel peut produire un résultat concret, forçant les universitaires, artistes et intellectuels israéliens à confronter la réalité par rapport à leur position, et à les forcer à prendre conscience. Il y a des efforts très crédibles et valables dans ce sens, y compris récemment la participation pour un boycott d’un syndicat d’enseignants anglais. Cependant, nous avons besoin de nous rappeler que des actions plus radicales sont nécessaires, vu la situation des Palestiniens ces 60 dernières années. Le niveau de destruction et d’oppression de l’entière population est tel que des actions symboliques même bien ciblées, ne suffisent plus face à l’urgence de la situation.

Les Etats-Unis et leurs alliés européens opposent très souvent leur veto à toute résolution mise sur la table par l’UNSC empêchant ainsi la communauté internationale d’exprimer des condamnations claires et sans ambiguïté sur les massacres israéliens. A votre avis, quelle en est la raison, et comment peut-ont s’y opposer ?

La raison tient à la politique intérieure des USA plus que tout. Je pense qu’en ce qui concerne les nations européennes la raison est liée à une culpabilité inébranlable au sujet de l’holocauste, une situation qui est largement exploitée par Israël et par quelques organisations juives dans ces pays afin de maintenir un code du silence lorsqu’il s’agit clairement d’accuser Israël pour ce qui a été un crime contre l’humanité et le nettoyage ethnique pendant 60 ans. Pour les Etats-Unis, il n’y a pas de circonscription ayant la volonté de voter ou de faire des dons à des campagnes politiques sur ce sujet. Ceux qui le voudraient sont peu nombreux, et souvent inefficaces.

Aux USA, le lobby pro-israélien ne s’organise pas seulement dans la communauté juive, mais également inclut les sionistes chrétiens, le complexe militaro-industriel, l’industrie technologique d’information, l’industrie biotechnique, la communauté médicale et bien d’autres. Tous ont d’importantes relations commerciales avec Israël. Ceci entraîne des répercussions au sein du système politique américain et pose les paramètres du débat sur le soutien des USA à Israël.

Ceci dit, je pense également que pendant plusieurs années le gouvernement palestinien a manqué certaines opportunités. Néanmoins, le plus important c’est qu’il ait accepté le cadre de paix comme moyen d’adresser le conflit, ce qui a contribué à amener un sens biaisé d’égalité entre les deux parties. Au lieu de maintenir une position de libération nationale, ou de créer un mouvement basé sur des droits égaux ou de finir l’oppression et la discrimination, le choix pour 2 états dans ce cadre de paix a aidé les Etats-Unis et d’autres gouvernements à « accuser les deux parties ».

Toutes ces contradictions mises à part, l’attitude biaisée des Américains face au nucléaire israélien est intenable. Ils croisent les bras passivement, pendant que tous, même l’ancien Président Carter ont admis qu’Israël possédait 200 têtes nucléaires !

En effet, sur cet aspect particulier, l’hypocrisie a atteint un niveau absurde. En plus du point soulevé dans votre question, le fait est qu’Israël ait été en guerre plus souvent que tout autre état dans la région et presque toujours comme initiateur et agresseur ; non seulement dans les dernières guerres, mais aussi dans les incidents aux passages des frontières, comme cela s’est déroulé dans le passé avec l’Egypte et le Liban. S’il y a un régime dans la région qui est instable et enclin à recourir à la force militaire, c’est bien l’Etat d’Israël. Au sujet des armes de destruction massives israéliennes, la communauté internationale devrait s’inquiéter, étant donné que nous avons vu qu’Israël à la volonté d’utiliser des armes suspectes et une force disproportionnée comme ce fut le cas au Liban en 2006 (bombes à fragmentation) et à Gaza aujourd’hui (tirs d’artillerie de phosphore blanc).

Dans ce sens, il semblerait que les médias conventionnels manquent de courage face au lobby tyrannique israélien qui régit l’ensemble des médias. Ils censurent toute information émise par la communauté internationale concernant les démonstrations, condamnations et remarques anti-israéliennes. Comment peuvent-ils justifier cette approche unilatérale et hostile de l’information ?

Je pense que les mêmes facteurs influençant la manière dont les Etats-Unis et les gouvernements européens agissent jouent également le même rôle en ce qui concerne les médias. Mais il faudrait également analyser la stratégie des médias. Israël et ses alliés internationaux ont une stratégie médiatique claire, organisée et efficace dans le but de promouvoir leurs messages et leurs images. Bien entendu, il y a un parti pris des médias, mais ce serait inexact de penser que cette position subjective est une finalité en soi. Après tout, je connais un nombre important de journalistes couvrant le conflit, qui essayent de diffuser des perspectives différentes dans leurs journaux et émissions. Du côté palestinien, il n’y a pas de stratégie médiatique, et certainement pas une qui est organisée. Certains de ces détails pratiques peuvent faire une très grande différence en ce qui concerne la couverture médiatique de ce conflit. Cependant, je ne pense pas que cela puisse totalement surmonter le parti paris existant, par contre cela peut initier des changements au niveau des systèmes médiatiques en général.

Je crois également qu’avec la création de nouvelles sources d’information, y compris Al-Jazeera et Press TV, les médias occidentaux conventionnels sont menacés et sont forcés de changer. Même le service en langue arabe de la BBC a forcé certains changements dans son service de langue anglaise. Ces changements bien que subtils sont néanmoins importants.

Finalement, je pense qu’il est relativement facile de minimiser l’impact des médias. Malgré la couverture médiatique, l’opinion internationale penche en faveur de la cause palestinienne et de l’arrêt de l’occupation et de l’oppression. Ce n’est pas forcement l’opinion internationale qui a besoin d’être changée, c’est les actions gouvernementales.

Alors, quelles sont les actions nécessaires pour que justice soit faite ? Comment la communauté internationale peut-elle empêcher Israël de commettre de nouvelles atrocités et de chercher de nouveaux conflits. dans la région ?

La communauté internationale a besoin d’agir sans ambigüité afin de forcer Israël à stopper son agression à Gaza. Ceci devrait comprendre l’arrêt immédiat de toute relation diplomatique (comme au Venezuela et en Bolivie) ; un embargo total sur les armes à destination d’Israël, l’établissement d’un tribunal criminel sous le ICC (mandaté par le Conseil de Sécurité) pour condamner les crimes de guerre israéliens. Même si ceci peut être un processus de longue haleine, nous devons nous souvenir que les Palestiniens, contrairement à pratiquement tout autre peuple dans le monde, sont totalement dépendants de l’aide de la communauté internationale, parce que c’est la communauté internationale qui est responsable de la partition originale et le déplacement des Palestiniens. De plus, les Palestiniens n’ont pas d’Etat, d’armée ou toute autre moyen de défense. L’Assemblée Générale des Nations Unies peut aussi agir en prenant des mesures radicales, et elle devrait le faire - ce serait une manière d’annihiler le veto américain.

Et que pensez-vous d’une enquête internationale sur l’utilisation d’armes non conventionnelles, sur le massacre massif de femmes et d’enfants longuement assiégés dans une Bande de Gaza densément peuplée, sur la mort de journalistes et de représentants de la communauté internationale ?

Il est nécessaire d’établir un tribunal qui jugera les crimes commis à Gaza. Mais ce n’est pas suffisant. Les crimes des 60 dernières années doivent être pris en considération. Depuis 1948, Israël a jouit d’une impunité sans pareil, la leçon qu’elle en a tirée et qu’il n’y a aucune conséquence pour ses actions et aucune limite. Pendant 60 ans, les Palestiniens ont été les victimes de cette « liberté d’action ». Ce n’est pas suffisant de dénoncer les crimes commis par Israël à Gaza aujourd’hui. Il faut aussi dénoncer ceux commis à Deir Yassin, à Tantoura, à Lid, dans le camp de réfugiés de Jénine, dans les prisons israéliennes, ainsi que dans des centaines d’autres endroits et ceci pendant de longues années. Tous ces crimes ont été commis en violation du droit international et du respect des droits de l’homme. Bien entendu, je verrai d’un très bon œil la création d’un tribunal jugeant les crimes commis à Gaza, mais ceci ne devrait être qu’un début.

(JPG)

* Kourosh Ziabari est âgé de 18 ans et journaliste indépendant vivant en Iran. Il a publié book "7+1" qui est une collection de ses interviews de 7 auteurs iraniens contemporains. Ziabari contribue également au site http://www.Opednews.com. Il est aussi correspondant en Iran de OhMyNews international.
Blog en persan : http://kouroshz.blogfa.com
Blog en anglais : http://cyberfaith.blogspot.com

23 janvier 2009 - Communiqué par l’auteur
Traduction de l’anglais par Christine Rossetti

Kourosh Ziabari                                 http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6041                         

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 00:34
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Manifestement désireux de se surpasser, l’Etat d’Israël, avec la « guerre de Gaza », a accompli le grand chelem. On sait, dorénavant, qu’il ne voit aucun inconvénient à larguer des bombes au phosphore blanc sur les écoliers palestiniens.
(JPG)
Les criminels de guerre Barak, Livni et Olmert.

Et qu’il le fait, en outre, avec une prédilection significative pour les établissements administrés par l’ONU. Comme s’il voulait, en somme, adresser un double message subliminal : un, il n’y a aucun tabou susceptible d’assigner des limites à la répression israélienne ; deux, l’organisation internationale, tolérée en temps de paix, fait partie des cibles de Tsahal en temps de guerre.

C’est tout dire : malgré son indulgence envers un Etat qui lui taille des croupières depuis quarante ans, l’ONU a été obligée de protester avec une vigueur inaccoutumée, plusieurs de ses responsables accusant Israël de « crimes de guerre ». Peu coutumier d’une telle fermeté à l’égard d’Israël, Ban Ki Moon a exigé que les responsables de ces exactions soient jugés et punis. Il faut vraiment croire que Tsahal a franchi la ligne rouge. Et il y aurait beaucoup à dire, enfin, sur cette sinistre symbolique du phosphore blanc tombé du ciel qui vient ignifier le corps des gosses palestiniens, forcément coupables puisqu’appartenant à la race impure qui génère le « terrorisme » du Hamas.

Israël, du coup, a couvert de ridicule ses thuriféraires habituels, toujours prompts à réitérer le laïus officiel sur cette vertueuse armée israélienne, si pénétrée d’impératifs moraux qu’elle mettrait un soin particulier à « épargner les civils ». Ces soldats qui ont laissé des inscriptions vengeresses sur les murs d’une maison de Gaza après en avoir assassiné les habitants (dont vingt-deux membres de la même famille), seraient-ils des extraterrestres ? « La place de l’Arabe est sous terre », « Si vous êtes un vrai Givati (unité d’élite), vous devez tuer les Arabes », « Jérusalem-Est pour Israël », pouvait-on y lire selon de nombreux témoins.

Joignant le geste à la parole, ces courageux pionniers de l’idéal sioniste se sont livrés à une véritable boucherie : « Ils ont commencé par tirer partout. Lorsqu’ils sont entrés, les soldats nous ont demandé de lever les mains et de sortir. Ils étaient huit ou dix. C’est alors qu’ils ont tiré. Mon père a été tué sur le coup. Il avait trente balles dans le corps .. ils ont tiré à nouveau. Plusieurs autres membres de la famille ont été blessés, surtout des enfants dont mon frère Ahmed âgé de 4 ans .. Les Israéliens nous ont craché dessus. Les ambulances ne pouvaient pas approcher. Mon frère Ahmed est mort. » (« A Gaza, des habitants racontent l’acharnement de l’armée israélienne sur des civils », « Le Monde », 23/01/2009).

Cette débauche de violence gratuite n’est pas sans rappeler l’atmosphère sanguinaire des massacres coloniaux, des « ratonnades » aux « corvées de bois » de sinistre mémoire. Est-ce pour cette raison qu’elle ne suscite aucun sursaut moral auprès d’une partie de l’opinion française ? La diabolisation de « l’Autre » palestinien, son rejet en deçà des frontières de l’humanité civilisée semblent autoriser toutes les transgressions. Pour les inconditionnels hexagonaux de Tsahal, l’offfensive militaire contre Gaza n’est pas seulement légitime. Le choix des moyens employés ne saurait s’embarrasser de considérations morales, puisque l’adversaire désigné est un ennemi substantiel passible d’un châtiment absolu.

Révélatrice, à cet égard, fut la façon dont les médias français firent le tri des victimes. Les policiers palestiniens rangés en dépit du bon sens dans la catégorie des « combattants », dont le massacre par surprise (ils étaient rassemblés pour une remise de diplômes) fut ainsi banalisé, le message implicite selon lequel tout habitant de Gaza, dès lors qu’il appartenait au Hamas, pouvait légitimement être abattu comme « activiste » : cette grille de lecture invitait au carnage purificateur, assumé sans complexes par un Etat assuré de son impunité.

Simultanément, une avalanche de « tribunes libres » vint apporter des justifications explicites à l’immolation de l’engeance terroriste. Ces courageux intellectuels applaudissant aux salves d’artillerie sur un bidonville surpeuplé utilisèrent deux registres. Dans le premier, celui du mépris occidental pour l’indigène récalcitrant, la palme revient à un éminent dirigeant religieux qui explique benoîtement, dans les colonnes du « Monde », pourquoi il y a tant de victimes civiles palestiniennes : les bombes au phospore, les tirs d’artillerie ? Non, c’est parce que le Hamas, indifférent à la vie humaine, et contrairement à Israël, n’a pas construit d’abris antiaériens pour la population de Gaza. (Joël Mergui, « Pourquoi y a-t-il moins d’Israéliens tués ? », « le Monde », 15/01/2008) On croit rêver. Va-t-on un jour nous expliquer que la Résistance française est responsable du massacre d’Oradour-sur-Glane parce qu’elle a oublié de distribuer les gilets-pare-balles ?

Second registre : l’apologie de l’Etat d’Israël, sorte d’entité métaphysique créditée de toutes les vertus et bénéficiant à l’avance d’une généreuse absolution. On apprend par exemple, sous la plume d’un universitaire français, que cet Etat tant décrié pour ses agissements à Gaza est « un des rares endroits du Moyen-Orient où les Arabes bénéficient de droits démocratiques ». (Pierre Jourde, « Le juif, coupable universel, « Le Monde », 21/01/2009). Notre auteur oublie évidemment de mentionner la Palestine où des élections libres sous contrôle international, en janvier 2006, ont pourtant conduit au pouvoir le Hamas. La démocratie palestinienne serait-elle frappée d’inanité dès lors que le résultat électoral déplaît à l’occupant ? Quant à la démocratie israélienne, elle est aussi indéniable pour les juifs qu’inexistante pour les Arabes.

Si la France détenait 100 000 prisonniers politiques (pour 60 millions d’habitants), on trouverait peu d’universitaires pour lui décerner la palme des droits de l’homme. Tandis qu’on se bouscule pour tresser des couronnes à Israël qui, proportionnellement à sa population, en détient autant (11 000 pour 6,5 millions d’habitants). « Savent-ils qu’Israël soutient financièrement la Palestine, soigne les Palestiniens dans ses hôpitaux ? », demande ce thuriféraire de l’Etat hébreu à ses détracteurs. Les enfants déchiquetés par les « billes de carbone-tungstène » utilisées par les « nouvelles armes israéliennes » seront ravis d’apprendre qu’ils bénéficient du système hospitalier israélien. Et les affamés de Gaza vont s’empresser de remercier le généreux donateur israélien qui leur permet de survivre dans cette merveilleuse prison à ciel ouvert. Lorsque le réel s’évanouit au profit d’un monde imaginaire forgé par la propagande, c’est sans limite. Et la France, décidément, est un curieux pays où la prosternation devant l’occupant est une véritable tradition.

Devant de telles inepties, on se demande vraiment si l’Occident parviendra un jour à se dessiller les yeux. L’interrègne de l’exécutif américain a fourni une fenêtre de tir (c’est le cas de le dire) mise à profit par l’Etat hébreu, qui a cessé les bombardements quelques heures avant la cérémonie d’investiture de Barack Obama. L’Europe, comme à l’accoutumée, n’a guère brillé par sa cohérence. Il a fallu un véritable bain de sang pour que la déclaration de la présidence tchèque sur « la légitime défense d’Israël » se voit tempérée, in fine, par un appel unanime du Parlement européen au cessez-le-feu. Comme si la réprobation d’Israël continuait, malgré la violation flagrante des principes dont elle se réclame, à heurter le tréfonds de l’âme européenne. Mais si elle est un nain politique, l’Europe se transforme volontiers en géant humanitaire, ce qui lui permet d’afficher sa compassion pour les Palestiniens sans préjudice diplomatique pour Israël.

Quant à la France, son obstination à s’agiter sur le plan diplomatique est d’autant plus pathétique qu’elle a renoncé à faire réellement quoi que ce soit. A quoi bon se rendre au Proche-Orient en prétendant favoriser des pourparlers, si c’est pour incriminer celle des parties en présence qui se trouve à l’évidence sur la défensive ? Accuser « l’irresponsabilité du Hamas » au moment où la machine de guerre israélienne dévastait la bande de Gaza valait quitus à Israël de la part de la France. Cette partialité manifeste, hélas coutumière depuis 2007, contribua à tuer dans l’œuf le processus de « sortie de crise » sur fond de « médiation égyptienne » que l’on se targuait de vendre aux protagonistes.

Mais que Nicolas Sarkozy se rassure : ce n’est pas la première fois que la diplomatie française ne sert à rien, et ceux que désespère cette inutilité sont malheureusement de moins en moins nombreux. Ce dont témoigne, à sa façon, l’évanescence totale d’un Bernard Kouchner dont la flamboyance au service des droits de l’homme n’est plus qu’un lointain souvenir (il est vrai qu’elle n’a jamais brillé outre mesure chaque fois qu’était en cause la politique israélienne). La gesticulation diplomatique autour d’un éventuel gouvernement palestinien incluant le Hamas à condition qu’il « renonce à la violence » constitue d’ailleurs, à cet égard, le dernier épisode de la bruyante inutilité française.

Ce reniement d’un pays qui, en 1967, n’avait pas craint de nommer clairement l’agresseur, est doublement catastrophique. Il contribue à figer un rapport de forces, en Occident, qui penche nettement en faveur d’Israël, réduisant les chances d’une solution fondée sur le droit international. Et il place la diplomatie française sur un axe politique qui a pour effet de lui ôter toute substance. Quelle sera, demain, la contribution à la paix d’une France démonétisée ? On l’imagine sans peine. En novembre 1967, le général de Gaulle évoquait une « occupation qui n’ira pas sans oppression, répression et expulsions », et justifiait à l’avance « une résistance que l’occupant, à son tour, qualifiera de terrorisme » (conférence de presse du 27 novembre 1967). Son lointain successeur préfère se ranger, lui, du côté de l’occupant, au diapason d’un establishment occidental toujours soucieux d’offrir une marge de manœuvre maximale à l’Etat hébreu.

L’impunité d’Israël au terme de cette sanglante « guerre de Gaza », du reste, ne doit pas en occulter les dommages collatéraux : rupture des relations diplomatiques avec certains pays (Venezuela, Mauritanie), fin des relations commerciales avec le Qatar, spectaculaire retournement turc, net durcissement syrien, acerbes critiques égyptiennes. En outre, on peut légitimement s’interroger sur le bilan militaire de l’opération. En détruisant les infrastructures du mouvement « islamiste », l’Etat hébreu, nous dit-on, aurait remporté un indéniable succès. Ainsi le bombardement massif et meurtrier d’un immense camp de réfugiés est censé relever, dans la « novlangue » des experts, du paradigme de la victoire militaire. Comme si le bilan de ce bain de sang perpétré à distance pouvait s’apparenter à celui d’une guerre remportée à la loyale, sur un champ de bataille, face aux soldats d’une armée digne de ce nom.

Un massacre de civils peut-il être qualifié de succès militaire ? Le poète israélien Jonathan Geffen, lui, a fait une découverte saisissante. Il nous la livre dans une tribune libre consacrée à Gaza, « Un territoire en forme de cimetière », dans laquelle il clame son dégoût devant cette « guerre insensée » : « Une fois de plus, nous faisons la seule chose que nous semblons savoir faire : un massacre de masse qui finit toujours par être perçu comme un génocide ». Quelle est cette découverte, que les médias occidentaux se sont empressés d’occulter ? « Quoi de plus troublant que de découvrir que le nom du pogrom que nous sommes en train de commettre, « Plomb durci », est tiré d’un poème de Bialik, le poète des pogroms ? » (« Maariv », cité par « Le Courrier international », 8-14 janvier 2009). Mêler ainsi l’odieux bombardement de Gaza et la douloureuse mémoire des pogroms tsaristes, il fallait oser.

« L’opération « Plomb durci » a atteint ses objectifs et même au-delà », clama Ehoud Olmert au lendemain du cessez-le-feu. Un bilan triomphal confirmé par l’un de nos experts hexagonaux : « Israël a atteint l’essentiel de ses objectifs militaires. Il s’agissait d’empêcher la reconstitution des stocks de roquettes que le Hamas tire sur le sud du pays .. Le Hamas n’aurait plus qu’environ le tiers des munitions qu’il possédait au début du conflit. Du point de vue militaire, le Hamas est étranglé et il a dû accepter un cessez-le-feu afin de conserver une partie de son arsenal qui lui permet de continuer à exister militairement ». (Pierre Razoux, interview dans « Libération », 21/01/2009). Autrement dit, la victoire israélienne à Gaza se mesure à la diminution du stock de munitions dont dispose l’adversaire. On est quand même loin de la victoire triomphale remportée en juin 1967 face à trois armées arabes.

Evidemment favorable à un occupant surarmé, le bilan des pertes humaines n’en est pas moins sujet à caution. La presse occidentale, dans l’ensemble, a fait sienne la comptabilité fournie par Tsahal : sur environ 1 100 morts, l’armée israélienne aurait tué 600 combattants palestiniens (dont 500 pour le Hamas). Mais outre que ce mouvement ne reconnaît que 48 tués au combat, le bilan établi par le centre palestinien des droits de l’homme fait état, lui, de 1 285 morts, dont 280 enfants, et 4 336 blessés. Parmi les morts, 82,6 % sont des civils, et 43% des femmes et des enfants (Interview de Khalil Chahine, « Libération », 27/01/2009). Un prix humainement très élevé, cela va sans dire, pour un piètre résultat militaire. Mais l’essentiel est sauf puisque, selon Pierre Razoux, « les objectifs politiques d’Ehoud Barak et Tzipi Livni ont eux aussi été atteints. Dans la perspective des prochaines élections, ils voulaient montrer qu’ils pouvaient être extrêmement durs et que les électeurs pouvaient leur faire confiance ». Merveilleuse démocratie israélienne ..

Si la capacité de résistance du Hamas avait été anéantie, les communiqués de victoire de Tsahal auraient évidemment un sens. Mais il n’en est rien. Crédité avant le conflit de 15 000 à 20 000 combattants, le mouvement est loin d’avoir été écrasé militairement. Il a d’ailleurs salué le cessez-le-feu israélien d’une ultime salve de roquettes, à l’instar du Hezbollah à la mi-août 2006. Appliquant la tactique du « rouleau compresseur », l’armée israélienne a systématiquement détruit avec les blindés, l’artillerie et l’aviation tous les bâtiments susceptibles d’offrir un appui à la résistance. Elle a réussi à cerner Gaza en coupant en deux l’étroite bande de territoire, que ses services secrets connaissent par le menu et où ses drones de surveillance épient sans relâche le moindre mouvement. Mais le soldat israélien ne s’est pas aventuré au cœur des villes. Le centre de Gaza est resté aux mains du Hamas, et le corps-à-corps en milieu urbain ne s’est nullement généralisé.

Même la destruction, proclamée par Israël, des tunnels d’approvisionnement entre Gaza et l’Egypte, ne paraît pas assurée. Youval Diskin, chef du Shin Bet, a déclaré que « le Hamas pourra reconstruire les tunnels en quelques mois et recommencer à faire de la contrebande d’armes » (« Le Monde », 19/01/2009). Autrement dit, la branche militaire du Hamas dispose toujours du gros de ses forces et ses filières d’approvisionnement seront rétablies. Pour anéantir militairement le Hamas, les experts israéliens estiment qu’il faudrait rester à Gaza plus d’un an. Inutile d’insister sur le coût d’une telle opération. Acculée dans son sanctuaire, la résistance islamique livrerait dans les ruelles étroites de Gaza un combat désespéré dont les fantassins israéliens feraient sans doute les frais, sans parler des innombrables victimes civiles. Le Hamas se trouverait dans la situation des insurgés du ghetto de Varsovie en 1943 : mourir en combattant, plutôt que de se laisser exterminer par l’occupant. On sait d’ailleurs que cette audacieuse comparaison fut inaugurée par un général israélien.

Avant l’accomplissement de cet improbable scénario-catastrophe, Israël et la « communauté internationale » devront compter avec le Hamas. Sa résilience face au déchaînement de la puissance militaire israélienne est incontestablement une victoire politique. Le surcroît de légitimité dont il bénéficie dans l’opinion palestinienne et arabe, également. Dans un conflit aussi asymétrique, le faible ne se fixe pas pour objectif d’éliminer le fort : il sait que c’est impossible. La première victoire de la résistance, c’est de survivre à l’anéantissement que lui promet l’occupant. Le Hamas ne dispose pas du même arsenal que le Hezbollah, ni de la même expérience de la guérilla contre l’envahisseur, du moins pas encore. C’est pourquoi il a infligé de très faibles pertes à une armée israélienne qui s’est prudemment tenue à distance du centre névralgique de la résistance. Mais les tirs de roquettes artisanales, ces « crimes de survie », attestent qu’il détient l’amorce d’un pouvoir dissuasif sur Israël, facteur d’insécurité sur le sol israélien faute de pouvoir infliger des dommages de nature militaire.

Bien sûr, cette stratégie de la dissuasion asymétrique par les tirs de roquettes soulève de nombreuses objections. Elle expose la population de Gaza à de terribles représailles, observent ses détracteurs, pour un résultat militaire nul et un impact politique négatif. Mais le choix des moyens, pour la résistance palestinienne, n’a jamais été facile. L’inégalité abyssale du rapport de forces condamne la résistance, quoiqu’elle fasse, à subir des frappes plus sanglantes que les dommages qu’elle peut infliger à l’occupant. De plus, l’argument selon lequel le Hamas se sert des civils comme « boucliers humains » est doublement inepte : c’est reprocher à la résistance de faire corps avec la population et à la population d’exister là où elle existe. Sans oublier que sur le plan historique, c’est l’occupation qui est le fait générateur du conflit, et non la résistance à cette occupation. L’énorme disproportion entre le nombre de victimes des roquettes palestiniennes et celui des victimes de tirs israéliens suffit à démontrer, du reste, où se situe l’origine principale des violences.

Raymond Aron disait qu’ « Israël gagne toujours la guerre mais perd toujours la paix ». En janvier 2009 à Gaza, il n’est pas sûr qu’il ait gagné la guerre, à supposer que cette dénomination corresponde exactement à la réalité. Quant à la paix, on se demande quel bénéfice politique Israël va pouvoir tirer de ce nouveau massacre. Le processus de paix est anéanti, les collaborateurs palestiniens d’Israël couverts d’opprobre et le Hamas plus que jamais incontournable. Sur le plan international, l’Etat hébreu est perdant : son impopularité à l’échelle planétaire et sa détestation dans le monde arabe atteignent des sommets.

Prodige d’équilibrisme, la résolution 1860 de l’ONU n’a guère lésé ses intérêts, mais elle enjoignait néanmoins à Israël de cesser le feu et les Etats-Unis y ont consenti par abstention. Vainqueur autoproclamé d’un combat douteux, l’Etat hébreu a durablement ruiné les chances de la paix au prix d’une véritable souillure morale : les conséquences en seront beaucoup plus sérieuses que l’élimination d’un stock de roquettes. Comme le résume Ofer Shelah dans le grand quotidien israélien « Maariv » : « Israël, qui voulait être une lumière pour les nations, est aujourd’hui fière d’avoir adopté l’échelle de valeurs de Vladimir Poutine. Si c’est cela la victoire, malheur aux vainqueurs ».

3 février 2009 - Oumma.com - Cet article peut être consulté ici :
http://oumma.com/La-guerre-de-Gaza-...

Maxime Dublanc
Oumma.com

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