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Israèl est contre TORAH

*"Les sionistes me dégoûtent autant que les nazis."
(Victor Klemperer, philologue allemand d'origine juive, 1881-1960)

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L’initiative sioniste de proclamer l’État d’Israël constitue une révolte contre la volonté divine, contre la Torah, une révolte qui a engendré une vague interminable de violence et de souffrance. À l’occasion de la fondation de l’État hérétique, les juifs fidèles à la Torah pleurent cette tentative d’extirper les enseignements de la Torah, de transformer les juifs en une « nation laïque » et de réduire le judaïsme au nationalisme.......Nous déplorons les tragédies que la révolution sioniste a provoquées chez les Palestiniens, notamment des déportations, l’oppression et la subjugation..Que nous méritions que cette année toutes les nations, en acceptant la souverainet

é divine, puissent se réjouir dans une Palestine libre et dans une Jérusalem libre! Amen. Offert par Netouré Karta International : www.nkusa.orglink

                                               


   

 


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Mercredi 11 novembre 2009

Pourquoi l’Etat d’Israël s’attaque-t-il de plus en plus fréquemment à la liberté du culte musulman à Jérusalem ?

Anas Fawzy - Al-Ahram/hebdo

C’est qu’un seuil vient d’être franchi : depuis l’agression de Gaza, Israël poursuit désormais ouvertement une politique d’expansion territoriale ayant pour objectif l’expulsion totale des Palestiniens avec, provisoirement, le confinement du peuple palestinien dans des zones territorialement limitées, sous le contrôle total des forces armées israéliennes et dans un asservissement économique dont le seul parallèle récent ne peut être trouvé que dans les bantoustans du régime raciste d’Afrique du Sud.

Affirmer cela n’est aucunement une déclaration haineuse à l’égard des juifs, mais la constatation d’un état de fait dont la confirmation vient de la bouche même des autorités israéliennes lorsqu’elles déclarent tranquillement que le « peuple juif » a besoin d’espace pour faire face à la « croissance naturelle » de sa population. Israël s’attaque désormais à l’identité palestinienne elle-même à travers ce qui fait le fondement de la vie de tout musulman : l’islam. Pour révoltante que soit cette stratégie, elle n’en possède pas moins sa logique : en ôtant aux populations palestiniennes leur identité, Israël nie leur existence et les repousse dans une sorte de sous-humanité.


Lorsque l’on regarde une carte de Palestine, on ne peut pas manquer d’être frappé de la lente unification territoriale israélienne aux dépens des Palestiniens. Qui peut affirmer aujourd’hui qu’avec le contrôle des eaux du Jourdain, Israël ne va pas soudain « découvrir » que l’unification territoriale totale de la Palestine passe par la « rationalisation » des enclaves palestiniennes et une seconde émigration forcée vers d’autres territoires ? C’est aux Etats voisins que, tôt ou tard, la question palestinienne sera posée. Israël proclame son acceptation d’une solution pacifique, mais la rend concrètement impraticable : l’extraordinaire morcellement territorial et la réduction lente mais inexorable des surfaces enlèvent toute réalité pratique à cette solution. Les zones palestiniennes ressemblent de plus en plus aux réserves indiennes en Amérique du Nord : selon les besoins, les frontières sont redessinées.


Tout ceci est sinistre mais connu, ce qui reste obscur c’est la solution. Il faut admettre une fois pour toutes qu’Israël a besoin de la guerre et du fantasme terroriste, pas les peuples de la région et encore moins les Palestiniens. Tout ce qui va dans le sens de la paix est une arme contre Israël, et tout ce qui va dans le sens de la guerre et de la violence est une arme qui lui est fournie.


Les Palestiniens sont supposés maintenant posséder un Etat : aux yeux des populations palestiniennes elles-mêmes, cela a-t-il un sens ? Du côté palestinien, les errements du Fatah ont facilité la création de deux entités palestiniennes qui ne se parlent que du bout des lèvres et sous la pression permanente de l’Egypte qui a la lucidité de comprendre qu’une Palestine à deux vitesses est la mort de l’Etat palestinien. Un peuple n’existe que s’il poursuit une grande idée commune : quelle est cette idée ? L’idée d’un Etat ne suffit pas : c’est un outil politique et non une grande idée qui concentre les énergies comme le sont l’identité ou la liberté ou la paix.


La première clé de la question palestinienne est en réalité le droit à une vie normale, c’est-à-dire le développement : la division actuelle des Palestiniens empêche toute idée d’un grand plan international de développement de la Palestine. Aucun financier n’accepte l’incompétence et la corruption, aucun financier n’accepte les gesticulations héroïques de certaines organisations dont l’impact négatif sur les opinions publiques de pays pourtant souvent favorables est un immense désastre. Le développement a besoin de stabilité, de confiance et de constance. Il a aussi besoin de nombreux amis. La tragédie actuelle vient non seulement des criminelles agressions israéliennes, mais aussi de l’attitude des dirigeants palestiniens plus préoccupés d’occuper le pouvoir que de gérer un pays. Les dirigeants palestiniens sont incapables de soutenir leur droit par des faits : lorsque des milices servent de forces de l’ordre, il n’y a ni droit ni ordre. Il ne s’agit pas de faire porter au peuple palestinien la responsabilité de ce qui lui arrive, mais de questionner avec force la capacité de ses dirigeants actuels de ne plus être des chefs de bande, mais de devenir des chefs d’Etat. C’est ce que le reste du monde attend.


La seconde clé de la question palestinienne est d’accepter comme une donnée de fait qu’il y a un problème intérieur et extérieur, et que dans les deux cas, des ponts doivent être jetés. C’est ce qu’a compris l’Egypte, l’un des très rares pays arabes à entretenir des relations diplomatiques avec Israël. Prenons un exemple concret. Nous assistons tous les jours à des violences à Jérusalem : où est la voix des pays arabes pour y imposer une force internationale, ce à quoi l’opinion publique internationale et l’Europe sont prêtes ? En cas de guerre, les négociations ne peuvent se passer qu’entre Etats, comment en refusant de reconnaître Israël les Etats arabes comptent-ils faire entendre leur voix ? L’Arabie saoudite a fait des propositions dans le sens de la reconnaissance, en les assortissant de conditions pour sortir de cette impasse. Si Israël les a repoussées sans même les examiner sérieusement, c’est que ce qu’il perd en devenant un Etat reconnu par ses voisins est supérieur à ce qu’il gagne en restant un Etat hors la loi dans la région. Israël ne veut, en aucun cas, d’un dialogue avec les pays arabes : il compte sur la supposée faiblesse de ces Etats pour grignoter tranquillement des territoires nouveaux, le temps lui semble jouer en sa faveur. On comprend la difficulté qu’auraient les Etats arabes à reconnaître Israël, il faut cependant, à tout prix, et en se bouchant le nez s’il le faut, que les pays arabes ouvrent un pont.


Le seul moyen pour les Etats arabes de peser sur l’avenir de la région c’est de s’inscrire dans un cercle de plus en plus large d’amitiés et de confiance à défaut d’avoir les moyens militaires d’une autre politique.


Nous devons nous convaincre que si c’est le droit le plus absolu des musulmans de Palestine - et d’ailleurs - d’aller prier dans leurs lieux saints, ce droit ne peut pas être exercé si on n’a pas la force de le faire respecter.


Telle est la leçon que nous fait entendre Jérusalem. L’histoire de la ville sainte est très tourmentée, mais ce qui la caractérise principalement c’est que les périodes de calme et de tolérance les plus longues sont celles qui se situent sous la domination musulmane. Il est extraordinaire que cette vérité ne soit pas plus largement connue et ne nourrisse pas la réflexion sur le sort de Jérusalem à l’échelle internationale. Cette longue période de tolérance ne serait-elle pas le fait de la sagesse de nos ancêtres qui montraient manifestement plus de goût pour la vie que pour le martyre ?
ligne-mediane

ligne-notes
Al-Ahram/hebdo - Semaine du 11 au 17 novembre 2009, numéro 792 (Opinion)
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Par noesam
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Mercredi 11 novembre 2009

Pour les utilisateurs de Facebook, la mise à jour de leur statut est destinée à une liste d’amis sélectionnés, mais plusieurs articles disent que l’information que la plupart des gens croient privée est en fait utilisée par Israël pour établir leur profil et les espionner dans le but d’obtenir des informations précieuses. Selon les sources « fiables » citées par Israël Magazine, basé en France, les services secrets israéliens ciblent principalement les utilisateurs arabes et musulmans et utilisent les informations obtenues dans les pages de Facebook pour analyser leurs activités et comprendre leur façon de penser.

Israël se sert de Facebook pour espionner les Arabes et les Musulmans

L’article en aurait froissé quelques-uns dans le gouvernement israélien et les cercles diplomatiques, et l’ambassadeur d’Israël à Paris a accusé le magazine de « mettre à la disposition de l’ennemi des renseignements secrets. »

L’activité clandestine d’Israël a été révélée en mai 2001 par Gérard Niroux, professeur de Psychologie à l’Université de Provence, en France.

« C’est un réseau des services secrets constitué de psychologues israéliens qui trompent des jeunes du monde arabe, en particulier de pays situés dans la ligne du conflit palestino-israélien, et aussi de pays d’Amérique Latine,» a dit Niroux, auteur du livre Les dangers de l’Internet.

Niroux expliquait que beaucoup d’hommes se servaient du site en ligne pour rencontrer des femmes, et il les prévenait que c’était dangereux, car c’était le meilleur moyen pour attirer les hommes et trouver leurs points faibles.

C’est très facile d’espionner les hommes en utilisant des femmes,” a-t-il dit au magazine.

Ce n’est pas la première fois qu’Israël est accusé de se servir de Facebook pour espionner les gens, et, en avril 2008, le quotidien jordanien al-Haqiqa al-Dawliya a publié un article intitulé « L’ennemi caché », faisant les mêmes constatations.

L’article disait que le danger venait du fait que les gens, et surtout les jeunes, révélaient souvent des détails intimes et personnels sur eux-mêmes sur Facebook et d’autres communautés similaires en ligne, faisant d’eux des cibles faciles.

Facebook politique

Facebook n’est pas étranger à la politique et est souvent utilisé pour organiser des manifestations ou lancer des campagnes d’opposition, comme pendant les événements récents en Iran, et Israël Magazine dit que cela donne aux services secrets juifs une vue précieuse sur les activités politiques qui ont lieu dans les pays ennemis.

L’article ajoute qu’il n’est plus nécessaire pour les forces d’occupation, comme Israël et les Etats Unis, de se servir des outils traditionnels pour contrôler les gens ou inciter à la sédition car il suffit maintenant d’utiliser Facebook pour promouvoir certaines idées qui infiltrent la structure sociale et politique d’un pays donné.

Le fait qu’Israël se serve de Facebook pour espionner les Arabes ne se cantonne pas aux articles des médias, c’est un sentiment général partagé par les gens dans la région.

L’article dit que des gens ont travaillé comme espions sans s’en rendre compte, ajoutant qu’entrer dans un chat et parler de tout et de rien avec quelqu’un qu’on ne connaît pas est suffisant pour faire le boulot. Toute information révélée sera analysée et utilisée lors d’une étape ultérieure.

Israël a une longue histoire d’espionnage au Moyen-Orient. Pendant les guerres de 1956, 1967 et 1973, il a soigneusement examiné les rubriques nécrologiques des journaux arabes, ce qui a entraîné l’interdiction de l’armée égyptienne de publier les notices nécrologiques du personnel militaire.

Selon les médias israéliens, l’analyse du contenu des journaux égyptiens a également joué un rôle majeur dans la planification de la guerre de 1967 ; la guerre a en fait lancé lorsque les journaux égyptiens ont révélé que plusieurs officiers de l’armée, de divers rangs, prendraient leur petit-déjeuner ensemble, le 5 juin 1967 à 9h, le jour où Israël a attaqué l’Egypte.

(Traduit de l’Arabe par Sonia Farid)

Source : Al Arabiya  
  Traduction : MR pour ISM
Par noesam
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Dimanche 8 novembre 2009
Internet et les sources d’informations indépendantes du lobby sioniste, je pense surtout à Al Jazeera en arabe, puis en anglais, ont mis fin au monopole de la presse occidentale sur l’opinion publique.
Les médiats occidentaux eux-mêmes ont d’ailleurs du mal à faire l’impasse sur l’information produite par ces sources.
Et puis il y a la réalité ignoble de l’action de l’entité sioniste qui ne saurait indéfiniment cacher le soleil avec un tamis.
Un intérêt de cette évolution est qu’elle oblige le lobby sioniste à intervenir avec une vigueur renouvelée qui fait que son action auprès des décideurs politiques, auparavant souvent discrète, devient dorénavant de plus en plus visible et, pour tout dire, grossière.
L’action de ce lobby permet à l’entité sioniste de remporter des victoires politiques qui semblent non négligeables, comme ce vote des élus étatsuniens rejetant le rapport Goldstone avant même son examen à l’ONU.
Le lobby constatera cependant peut-être plus vite qu’on ne le pense qu’il s’agit en fait d’une victoire à la Pyrrhus où il a été contraint de dévoiler au grand jour l’emprise qu’il détient sur les acteurs politiques aux Etats Unis.
Car le problème est que tout le monde n’est pas nécessairement aussi bête que les parlementaires des Etats Unis et que tout le monde ne dépend pas des sionistes pour sa réélection.
C’est par exemple le cas des journalistes qui exercent dans les quelques médiats non entièrement soumis qui existent encore en Occident et n’hésitent pas à aborder cette question tabou qu’est le lobby sioniste.
Ainsi, la chaîne télévisée britannique Channel 4 s’apprête-t-elle à diffuser un reportage sur le lobby sioniste au royaume de sa Gracieuse Majesté.
Vous ne direz qu’on a déjà eu des reportages sur le lobby sioniste à la télévision française. Certes, mais il s’est toujours agi de reportages sur le lobby considéré aux Etats Unis. Car, comme chacun sait, ce lobby n’existe pas en France, pays où le communautarisme est exclu de la vie politique.
Les seuls lobbies qui existent en France, mettez-vous bien ça dans la tête, ce sont les lobbies des marchands de vin, des restaurateurs ou des agriculteurs.
Channel 4 se penche donc sur le lobby sioniste, non comme un sujet exotique à livrer à la curiosité de l’opinion, mais comme un sujet qui intéresse directement l’opinion publique britannique aussi bien au niveau des orientations diplomatiques de son pays que sur la manière dont des intérêts étrangers exercent une influence sur laquelle les électeurs n’on jamais eu à se prononcer.


A l’intérieur du lobby israélien
Channel 4 (UK) 7 novembre 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’émission Dispatches enquête sur un des lobbies politiques les plus puissants et les plus influents en Grande Bretagne, qui œuvre à soutenir les intérêts de l’Etat d’Israël.

En dépit de la grande influence qu’il exerce dans les hautes sphères de la politique et des médiats britanniques, on sait peu de choses sur les personnes et les organisations qu’on connaît sous l’appellation lobby pro-israélien.
Le journaliste politique Peter Oborne cherche à établir leur identité, la manière dont ils sont financés, leur manière d’agir et l’influence qu’ils ont, depuis les organisations les plus importantes jusqu’aux personnages fortunés qui contribuent au financement du lobby.

Il enquête sur le degré de transparence, d’accessibilité à l’enquête publique et de responsabilité devant la loi du lobby, particulièrement au niveau de son financement et se sont soutien pécuniaire à des députés.
Le lobby pro-israélien a pour but de modeler le débat sur les relations de la Grande Bretagne avec Israël et sur l’évolution de la politique à son égard.

Osborne examine comment opère le lobby depuis l’intérieur du parlement et les tactiques qu’il utilise en sous-main pour influer sur la presse écrite et audiovisuelle.

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Par noesam
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Dimanche 8 novembre 2009
Le pauvre hère de texte ci-dessous se trouvait à mi parcours et mon entretien avec Machiavel dans le ciel suivait son chemin lorsque j'ai été hospitalisé . Si saint Martin ne m'avait jeté un manteau sur les épaules, mon interview n'aurait pu se trouver conduite à destination. Je remercie l'hôpital Saint-Martin de Caen d'avoir mis à ma disposition les moyens de communication les plus modernes, tant pour diffuser ce texte que pour le ramener sur la terre.



*

La commémoration mondiale du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin fournit à la simianthropologie critique et à la psychanalyse de l'espèce scindée entre le réel et le songe une occasion à son tour rêvée de faire le point de la pesée du cerveau semi animal dont la géopolitique présente le spectacle sur la scène internationale.

Cinq conséquences majeures découlent de la chute symbolique d'un mur bien réel. La première n'est autre que la première démonstration depuis la Réforme de ce que si vous donnez le pouvoir aux anges et aux séraphins d'un évangélisme politique, cette classe de prétendus innocents aux mains pleines se dotera d'un catéchisme, donc d'une doctrine du salut et de la damnation et que si vous contestez la puissance et la gloire du royaume des cieux qu'elle sera réputée avoir transporté sur la terre, vous verrez une armée de tanks et de canons débouler parmi les bienheureux pour leur rappeler que tout ciel porte bientôt un couteau entre les dents.

La seconde conséquence, c'est que l'euphorie du retour au capitalisme a été fort brève. Les vices mortels de ce régime se sont aggravés dans un sens que Marx n'avait pas prévu: les banques ont oublié leur rôle de payeurs d'intérêts modestes aux déposants et de prêteurs à un taux plus élevé aux entreprises pour se métamorphoser en jongleurs au sein d'une bulle financière mondiale qu'on a coutume d'appeler la Bourse.

Du coup, la troisième conséquence a été la redécouverte que les sociétés simiohumaines sont composées d'individus fort diversement cérébralisés. Depuis les origines, l'histoire est régie par une classe qu'on appelle aujourd'hui les notables et autrefois les patriciens, et par une masse qu'on appelle maintenant le peuple souverain et autrefois, la plèbe. Mais, naturellement, la classe dirigeante demeure fort inférieure, cérébralement parlant, à celle des savants de tous ordres, qui constituent en quelque sorte le nouveau clergé, celui du savoir.

La quatrième conséquence de la chute du mur de Berlin a été la réapparition des mentalités doctrinales et parareligieuses au sein des sociétés censées être devenues rationnelles et laïques, ce qui a mis en évidence le branchement du sacré sur le "temporel". En effet, les huit propriétaires d'une foudre nucléaire prestigieuse, mais inutilisable sur un champ de bataille, donc mythique par définition, ont tenté d'interdire à une nation de soixante-quinze millions d'habitants de se doter de fulminations tempétueuses et bibliques. On a alors assisté au transfert des procès en hérésie du communisme au capitalisme et à la reproduction exacte des méthodes inquisitoriales qui mettent l'accusé dans l'impossibilité de se défendre face aux détenteurs d'une orthodoxie établie a priori et proclamée intangible par les juges du tribunal. Cette quatrième conséquence de la chute du mur de Berlin a fait débarquer le procès de Galilée sous sa forme moderne sur une planète que le marxisme allait conduire au désastre économique et que le capitalisme appelle maintenant à courir vers le même abîme, mais sous des formes différentes.
Dans ces conditions, la cinquième conséquence de la chute du mur de Berlin est le basculement du monde dans une politique consciente de ce que l'heure est venue de peser l'encéphale d'une espèce qui, soixante-dix ans après la mort de Freud et cent trente sept ans après celle de Darwin, n'a pas commencé de découvrir qu'elle demeure inachevée et qu'il n'y a pas d'histoire éclairante, donc éclairée si nous ne fabriquons pas la balance à peser la boîte osseuse du singe cérébralisé. C'est pourquoi j'ai pris la ferme résolution de demander à un mort illustre, un certain Machiavel, ce qu'il pense de l'état actuel de l'évolution de notre boîte crânienne. Mais comme l'illustre Florentin est devenu le conseiller théologique de la démocratie mondiale auprès du Père , il m'a fallu faire appel à un serrurier du royaume des cieux pour me faire ouvrir les portes de l'éternité.

1 - Le conseiller théologique de la démocratie mondiale
2 - Exclusif : Machiavel me parle de l'Europe
3 - Nouvelles révélations de saint Machiavel. Epoustouflant
4 - Quelques rudiments de théopolitique
5 - L'esprit d'inquisition débarque dans la politique mondiale
6 - L'articulation du théologique avec le politique
7 - Les ratés de la religion de la Liberté
8 - L'avenir d'une arme moribonde et l'avenir théologique d'Israël
9 - La Palestine, gibet du monde
10 - Qui va peser le peseur?

 

1 - Le conseiller théologique de la démocratie mondiale

Je ne vais pas lanterner le lecteur par un récit détaillé des ruses auxquelles il m'a fallu recourir pour obtenir une interview de Machiavel dans le ciel. Sans doute les spécialistes du grand Florentin seront-ils curieux de connaître le nom de l'ange des serruriers auquel j'ai fait appel et qui a bien voulu forcer pour moi les portes du royaume des cieux. Il ne serait pas sans intérêt non plus, me semble-t-il, de percer le secret des âpres négociations, comme on dit, qui ont décidé le Créateur à offrir à l'auteur du Prince l'opportunité de mener à titre posthume une carrière diplomatique digne de son génie. On sait que l'illustre penseur se tient désormais aux côtés de son souverain dans le vide de l'immensité. On sait également que la promotion du grand humaniste a conduit l'illustre commentateur de Tite-Live à exercer une fonction fort nouvelle parmi les ressuscités, celle de conseiller théologique de la démocratie mondiale; on sait enfin que, depuis lors, la gestion des relations publiques entre le ciel de la foi et celui de la Liberté politique s'est institutionnalisé. Aussi disposons-nous d'un service de presse épaulé par un centre d'information de réputation mondiale, de sorte que l'histoire des conciliabules et des tiraillements entre Machiavel et le roi du cosmos ne cesse de faire le tour du monde sur les téléscripteurs.

Mais trêve d'atermoiements: venons-en au vif du sujet, qui est de percer les secrets des relations mystérieuses que la planète de la politique entretient avec le sacré démocratique et dont la collaboration insolite de Machiavel avec le ciel nous apporte le témoignage quotidien.

J'ai donc demandé sans détours et de but en blanc au grand théoricien de l'art de gouverner les corps et les têtes, de me raconter globalement et pour les besoins un peu simplistes de la presse quotidienne comment il a fait le siège du Créateur de l'univers, comment il l'a convaincu de confier à la responsabilité exclusive de son éminent génie d'historien la direction générale du département de prospective de la théopolitique, quel rôle ses assistants et ses collaborateurs jouent depuis lors à ses côtés et si le secrétariat de la communication et de la diffusion planétaire de la doctrine du salut par la démocratie se réserve la gestion et l'administration journalières de la Justice et de la Liberté du monde.

- En vérité, dit le grand visionnaire, tout s'est déclenché à Paris le jour où M. Nicolas Sarkozy a paru tout soudainement décidé à ouvrir une réflexion sérieuse sur l'identité de la nation française, mais dont il a aussitôt minusculisé l'ambition en limitant le champ de la pensée à l'exaltation de la terre, du chant national, de la langue, de la laïcité. On ne pouvait ouvrir plus imprudemment les vannes d'une vraie réflexion qu'en limitant la discussion aux légumes du jardin, parce que l'identité réelle d'un grand peuple est la sœur jumelle et même la sœur siamoise de son identité intellectuelle, morale et politique et parce que l'examen de l'identité cérébrale des peuples conduit à jeter les livres scolaires dans le feu afin de peser non seulement l'Etat et ses institutions, mais la classe dirigeante et la démocratie tout entière, ce qui nous conduit tout droit à l'abîme, c'est-à-dire à la pesée du genre humain tout entier. Or, on cherche la balance dont les deux flambeaux s'appellent l'histoire et le destin.

- Et vous pensez la trouver ici?

- Comme vous le savez, la démocratie mondiale n'est qu'un pâle décalque du ciel de la Liberté et de la Justice des juifs, des chrétiens et des musulmans. Je me suis donc appliqué à expliquer au Père éternel qu'à Téhéran et ailleurs M. Nicolas Sarkozy avait jeté sur la table les cartes de ce mimétisme atavique entre le ciel et la terre que les circonstances fournissent à son ciel une occasion exceptionnelle de demander aux Français si leur identité collective et celle de leur République idéale se réfléchissent fidèlement, primo, dans le miroir du népotisme qui fleurit à la cour de leur prince, secundo, dans le miroir de la justice de cour que ce prince met au service de sa famille, tertio, dans le miroir des dépenses somptuaires de la cour. C'est ainsi que j'ai suggéré et même conseillé avec une ferme insistance au Créateur d'ajouter séance tenante à la liste des péchés capitaux celui d'attenter à l'identité du pays et de graver sur l'heure ce crime nouveau et vieux comme le monde dans le code pénal de la France et sur le fronton de toutes les mairies et de toutes les église du pays, ce qui lui a fait comprendre, en théologien forgé par l'épreuve, qu'il n'y a pas d'identité des peuples démocratiques ou chrétiens qui ne soit celle du culte d'une éthique .

2 - Exclusif : Machiavel me parle de l'Europe

- Je vois, répondis-je, que la démocratie mondiale est devenue le théâtre nouveau du conflit multimillénaire entre le "spirituel" et le "temporel", comme on disait autrefois. C'est confesser que vous occupez le poste le plus central de la stratégie du ciel et de la terre. Mais comme notre connaissance scientifique et philosophique de l'homme et de son histoire depuis l'origine de notre espèce s'est un peu approfondie depuis votre décès il y a quatre cent quatre-vingt deux ans, comment, à vos yeux, le plus vieil échiquier de la politique et de la morale s'est-il modifié sur notre astéroïde?

Et lui, un peu sèchement:

- Je ne dispose que d'un petit quart d'heure pour répondre à vos questions - et encore, c'est beaucoup dire.

- Et moi, du tac au tac: "Raison de plus de ne pas barguigner davantage".

- Sachez d'abord, me dit-il d'un ton un peu adouci que si ma place est ici, c'est parce que, depuis le fond des âges, l'éthique qui pilote l'histoire conjointe de l'identité des peuples et de leur logique est l'oracle éternel de toute politique sur cette planète et, par conséquent, la clé du destin de toutes les nations de la terre. Voyez la logique interne qui commande l'immoralité de la corporation des pharmaciens américains et de l'industrie pharmaceutique de cet empire : elle interdit à M. Barack Obama de jamais améliorer le sort des malades dont la bourse est un nid d'araignées. Voyez la logique interne qui pilote l'immoralité dont se réclame la corporation des banquiers et des caissiers: elle interdira pour longtemps à l'économie de ce pays et du monde entier de retrouver les affûtiaux de la santé florissante qu'elle s'efforçait, non sans succès, d'afficher. Voyez la logique interne qui inspire l'immoralité parée des colifichets du patriotisme que la corporation des geôliers impose au drapeau étoilé de la nation américaine: elle interdira à l'Etat d'abolir les tortures du Moyen Age dont les prisons ont retrouvé l'usage légal. Voyez la logique interne qui préside à l'immoralité de la notion même de "devoir national" qui dicte sa tâche à la corporation des armuriers de la patrie d'Abraham Lincoln - celle de remplir les arsenaux sans relâche et à ras bords. Voyez la logique interne qui régit l'immoralité de la corporation des guerriers, qui verrait un péché capital dans la réduction du réseau des garnisons et dans le rétrécissement du tissu des bouches à feu dont l'empire dévot est tissé: c'est cela qui a contraint Washington à dresser partout des boucliers réputés protéger la Maison Blanche d'un ennemi tout imaginaire, puis à les retirer piteusement dans l'espoir que le retrait de la menace vaudra récompense au fanfaron.

Mais voyez comme toute politique est un dosage des armes et des songes, voyez comme les théologies sont les quartiers généraux de ce mélange sur la terre ; et s'il en est ainsi, c'est que l'homme est un animal onirique.

Mais savez-vous que l'identité des nations impies se réclame à son tour d'une éthique universelle et cela, depuis des millénaires? C'est pourquoi il n'y a pas de morale qui ne repose en tout premier lieu sur l'assistance aux lépreux et aux miséreux. Mieux encore: il y a deux siècles environ, toutes les cités civilisées de la mappemonde ont décidé d'aller si loin dans le soulagement des souffrances corporelles des citoyens qu'elles ont aboli la torture d'un seul élan et sur toute la terre. Pourquoi ce déplacement de la frontière entre le civisme et l'incivisme de la torture ou de la faim? Parce qu'à l'instant où vous décidez de priver les pauvres des progrès de la science d'Hippocrate et que vous faites des tortionnaires et des bourreaux les assesseurs de la magistrature, vous frappez toutes les nations d'une gangrène mortelle.

Mais voyez quelles en seront les conséquences politiques et militaires; les troupes d'occupation que l'Amérique croira avoir sainement colloquées à tous les carrefours stratégiques de la planète se changeront en abcès de fixation d'un cancer foudroyant. Alors, il est à craindre que les Etats européens vassalisés par le prétendu messie de la Liberté qu'ils ont importé d'Amérique en 1945 se réveilleront en sursaut; alors, la révolte grondera si fort et se généralisera si rapidement que vous verrez un dangereux tapage agiter les peuples asservis. Alors, ce sera à vue d'œil que le gousset de leur faux rédempteur commencera de se vider. Quel sera le premier peuple à se réveiller d'un sommeil de soixante-cinq ans? Le Japon des Samouraïs. Puis l'on verra les Germains longtemps assoupis par les sortilèges et les élixirs que leur vainqueur leur aura fait boire sortiront de leur sommeil et paraîtront d'abord abasourdis par le spectacle de deux cents forteresses incrustées sur leur sol et armées jusqu'aux dents depuis trois quarts de siècle. Peu à peu, ils se frotteront les yeux de ne voir le casque d'aucun ennemi pointer son aigrette à l'horizon. Enfin, viendra le tour de l'Italie la paresseuse de se tâter et de se pincer; son arrogance naturelle ira-t-elle subitement jusqu'à prétendre retrouver la possession du port de Naples ou bien sa candeur indolente paraîtra-t-elle surprise de découvrir, au saut du lit, que cent trente sept divisions occupent les terres de Rémus et de Romulus?

3 - Nouvelles révélations de saint Machiavel. Epoustouflant

- Comment, repris-je, voyez-vous la suite des évènements défiler sur la rétine du ciel?

- Il faut savoir que l'effronterie soudaine ou le courroux tardif des nations victimes des poisons de la démocratie mondiale et des tyrannies ointes de l'huile sainte du suffrage universel menacera de vider les caisses de l'empire avec une telle précipitation que le toupet de la Liberté contaminera la confiance de tous les gouvernements de la terre en l'escarcelle de l'empire. Comment alimenteraient-ils sans fin le pactole de la monnaie de la grâce, qui est gagée par le ciel le moins intarissable de tous, celui de la docilité? Car, depuis Luther, l'assèchement du trafic des indulgences a ruiné la banque de l'imagination religieuse des peuples dans le monde. Wall Street a les yeux fixés sur la ligne de flottaison de la raison financière qu'il convient de protéger de la submersion. Il apparaît, aux yeux de tout le monde, qu'elle est à fleur d'eau. Qu'adviendra-t-il des trésoriers de l'Eglise démocratique? La Chine, la Russie, le Japon, le Brésil et même la France monteront à l'assaut de la monnaie sacrée. Alors la pluie d' écus de l'étranger cessera d'inonder de son or les autels autrefois austères de la foi démocratique; alors la ruine de l'empire fiduciaire des modernes assèchera les marchés frelatés de Crésus; alors la rédemption capitaliste aura du plomb dans l'aile.

- Je comprends mieux l'étendue de vos responsabilités, repris-je à voix basse. Mais un point de votre clairvoyance m'inquiète: si vous fondez l'identité des peuples sur l'âme de leur éthique, leur éthique sur le souffle de leurs idéaux, leurs idéaux sur la confiance qu'ils gardent en leurs mythes sacrés, tout l'édifice n'est-il pas fissuré d'avance et proche de s'écrouler en raison de la fatigue de tous les ciels?

- C'est pourquoi, me dit modestement l'auteur sommital, vous me voyez siéger le plus discrètement possible aux côtés du Père éternel que voici - et de me montrer de la main une machinerie dorée affalée à ses côtés. S'il m'arrive, ajouta-t-il, de lui parler à l'oreille et de lui dispenser des conseils de bon sens, c'est que je suis parvenu - non sans mal, il est vrai - à lui mettre dans la tête qu'il n'y a pas de paradis crédible sans une politique relativement prudente sur la terre et, vice versa, pas de politique de la foi suffisamment appétissante sans un paradis bien achalandé en prébendes et en châtiments. Tout Eden s'entretient à grands frais dans l'arène de la politique et l'histoire située dans le ciel s'entretient à grands frais sur la terre. C'est dire également qu'il n'y pas de paradis marchand sans filouterie sacrée parmi les hommes, pas de filouterie théologique sans intelligence du cirque des nations, pas d'intelligence des semi évadés de la zoologie sans radiographie des secrets religieux du cerveau schizoïde d'une créature aussi pieusement qu'astucieusement scindée entre le ciel et l' enfer de ses dévotions.

- Et pourtant, repris-je, si vous avez scanné la boîte osseuse des fuyards actuels du règne animal, je suis convaincu que le génie visionnaire qui vous inspire et que vous avez mis à l'école de la scission cérébrale qui caractérise notre bancalité psychogénétique éclaire d'ores et déjà l'avenir politique de la planète tout entière.

- Sans doute, sans doute, me fut-il répondu d'un air entendu, mais comment tenterais-je, ajouta-t-il mi-figue, mi-raisin, de vous suggérer les fondements de la politique trans-euclienne s'il est bien impossible, hélas, de vous initier en un quart d'heure à une connaissance même rudimentaire des ressorts à la fois théologiques et viscéraux de la politique à quatre dimensions, et d'abord de celle des démocraties biphasées depuis la réfutation du théorème de Pythagore? Ne soyez donc pas surpris de me trouver si timidement installé à la gauche d'un Créateur dichotomisé à son tour et sous l'œil de plus en plus perplexe du fils schizoïde ; car l'histoire réelle des démocraties cérébralisées et politisées sur le modèle bipolaire m'a contraint d'éclairer quelque peu un Dieu demeuré bifide - son grand âge l'a rendu aussi dur d'oreilles que l'univers à trois dimensions.

Toute politique est une théologie déguisée et toute théologie est nécessairement scissipare. Puis il m'a donc fallu initier ce personnage coulé dans le creuset biblique au culte de la liberté et des droits désormais réputés se trouver attachés de naissance et indéfectiblement à l'homme en tant qu'homme, ce qui a mis encore davantage en évidence, si possible, non seulement que la théologie politique est la clé de l'inconscient de l'histoire des peuples et de l'identité cérébrale des nations, mais qu'à leur tour les Républiques utilisent - et fort à leur insu - les ressorts religieux inconscients de la créature, ce que, je le confesse, ce grand maladroit en psychanalyse de Père éternel ignorait encore, tellement les monarchies l'avaient sottement trompé à étaler si longtemps sur ses autels l'or et la pourpre de son ciel de polichinelle de l'éternité.

4 - Quelques rudiments de théopolitique

- Je vous remercie, repris-je, de m'instruire du moins des rudiments de la théopolitique qui vous paraissent accessibles à mon entendement. Mais si je vous ai bien compris, un prince qui serait devenu conscient de la scission psychogénétique qui pilote et égare une espèce née flottante entre le "temporel" et le "spirituel", comme disaient nos ancêtres, un tel prince, dis-je, ne devra-t-il pas savoir mieux que personne où faire passer la frontière entre le ciel et la terre, donc entre le rêve et le réel au sein des démocraties? Comment saurait-il à quel moment précis l'un des deux empires empiètera nécessairement sur le territoire de l'autre ? Comment naviguera-t-il sans cesse entre deux récifs de la fatalité aussi redoutables que gigantesques et dont chacun menacera de l'écraser à chaque instant?

- Ce que je vous ai bien insuffisamment appris, reprit Machiavel, est cependant suffisant pour vous permettre du moins de comprendre que le secret le mieux gardé de la théologie est l'art des deux Eglises, celle du ciel et celle des Etats, de mettre en commun l'histoire du monde à l'école du "sens de la vie" que leurs dieux respectifs se partagent et de faire de leurs Olympes subrepticement associés ou conjoints les interprètes assermentés des évènements qui se bousculent et semblent jouer des coudes tout seuls sur la terre. Cette association est aisée à comprendre, puisque les deux confessions obéissent à ce que la raison pratique impose aux deux écoles du politique. Mais les démocraties assermentées par leurs dieux à elles - leurs idéaux idolâtrés - ont réussi l'exploit de paraître changer tout cela : l'autorité de leurs vocables sacrés, prétendent-elles, se serait définitivement substituée à celle des Saintes Ecritures dont nos ancêtres se racontaient les péripéties et les épisodes. Il en résulte que votre nouvelle religion vous fait passer à côté de l'histoire réelle du monde, tellement elle vous est désormais racontée tout de travers par les prêtres de votre langage sacralisé, dont l'ignorance de la nature du politique pilote leur vocabulaire de la rédemption démocratique. Vous êtes devenus les otages de deux totems, la Liberté et la Justice et vous vous perdez dans leur grammaire cahotante et flottante.

Pour que je puisse seulement tenter de vous raconter l' histoire réelle du monde et l'avenir des rêves sacrés qui vous attend ou vous guette, il faudrait que je m'applique quelques instants seulement à vous narrer ce qui est effectivement arrivé sur la terre et ce qui s'y passe aujourd'hui, parce que, pour l'instant, seules les têtes politiques de demain seront en mesure de vous en faire le récit.

- Je crois avoir compris, répondis-je, que les problématiques servent de codes de déchiffrement à la connaissance et que les grilles de lecture étant collectives par nature, elles téléguident les preuves en tant que preuves, donc la croyance en l'intelligibilité du monde. Si je crois, par exemple, que le soleil est un dieu, il me suffira de montrer du doigt les moissons et je dirai : "La preuve est là, ne niez pas les faits les mieux démontrés, un peu d'humilité intellectuelle, je vous prie!" Les peuples primitifs montrent du doigt les fourmilières afin de montrer qu'elles sont l'œuvre des sorciers, les peuples plus modernes montrent du doigt la régularité des trains de la nature pour démontrer, croient-ils, que l'univers obéirait à un ordre juridique calqué sur le modèle des cités. Vous déclarez donc, si je vous ai bien compris, que les évènements n'ont de sens que si l'on croit avoir appris à les lire sur un échiquier consciemment ou inconsciemment socialisé.

- Parfaitement, me dit-il. Je vais donc vous raconter en quelques mots ce que nous narrent aujourd'hui les historiens rescapés du naufrage des théologies d'autrefois et qui errent désormais au milieu des ruines de toute véritable science historique, puisqu'ils ont substitué le monopole de leurs falsifications propres du "sens de la vie" aux falsifications de l'histoire dont les théologiens d'autrefois se réservaient l'exclusivité.

5 - L'esprit d'inquisition débarque dans la politique mondiale

C'est pourquoi nous courons à toute allure vers un affrontement aussi titanesque qu'au Moyen Age et aux siècles des grandes croisades entre les raisonnements et arguments politiques construits sur le modèle du sacré et ceux que construit l'esprit pratique. Nous assistons à un débarquement nouveau et sans précédent de l'irrationnel sur la planète, ce dont M. Ahmadinejad a pris acte en ces termes dans un discours télévisé: "Voyez où nous en sommes maintenant. Il y a quelques années, les Occidentaux nous disaient d'arrêter toutes nos activités nucléaires. Aujourd'hui, ils veulent une coopération nucléaire avec la nation iranienne. Nous passons enfin de la confrontation à la coopération."

Pour comprendre la signification simianthropologique, donc théopolitique du spectacle cérébral auquel la civilisation mondiale peut se trouver conduite en raison de la scission entre ses savoirs et ses Olympes, ses laboratoires et ses temples, ses savants et ses prêtres, il faut observer comment la raison mythologique commence par scinder le monde entre la vertu et le vice - donc entre le Bien et le Mal, la piété et le péché - afin de faire comparaître son "interlocuteur" devant son tribunal. Le sujet se verra alors mis en accusation et jugé pour un seul motif, à savoir une culpabilité prédéfinie en tant que telle et placée hors de tout débat, puisque réputée d'origine transcendante au monde et donc soustraite par définition à toute contestation de sa légitimité.

Que le comportement accusatoire de l'autorité de type religieux soit inquisitorial par définition , vous en avez une démonstration internationale sous les yeux, puisque la question de l'identité morale, intellectuelle et politique du peuple iranien n'est pas liée au brandissement de quelques images à fonction totémique, mais au rang et à la nature même de l'encéphale de ce peuple, donc au pilotage de sa dignité métazoologique en tant qu'animal surréel et pourtant immanent au monde.

Voyons maintenant de plus près comment l'Occident a retrouvé les méthodes et la mentalité des tribunaux de la foi, donc le principe de l'intangibilité de la doctrine et par conséquent, de la légitimité de signifier à l'interlocuteur qu'il lui appartient de jouer docilement son rôle d'accusé - donc de n'argumenter que dans l'enceinte de la problématique précirconscrite par l'autorité absolue. TITRE: L'Iran a apporté une réponse ambiguë au projet de l'administration Obama, qui réclame des clarifications.

Il en était exactement de la sorte devant les tribunaux de la foi. Si les juges avaient entendu Galilée grommelant: "Et pourtant elle tourne", l'hérésie se trouvait irréparablement démontrée par l'aveu, parce que la question n'était nullement de savoir si elle tournait ou non sur son axe, mais si la réponse était conforme à la définition ecclésiale de la vérité. Les Etats-Unis veulent tester le régime iranien, c'est-à-dire savoir si, oui ou non la terre est fixe ou tourne sur elle-même à ses yeux. "La réponse iranienne est jugée très décevante par les Occidentaux. Elle ne satisfait pas aux conditions posées le 21 octobre par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à l'issue de discussions à Vienne." Autrement dit, personne ne soulève davantage la question de la légitimité des juges qu'au Moyen-Age. Le tribunal se contente de froncer les sourcils de l'orthodoxie: "Mais la marge de manoeuvre est incertaine, et le temps compté. Les Etats-Unis donnent des signes d'impatience et réclament de l'Iran "des clarifications". "Nous avons besoin d'une réponse formelle", a déclaré, jeudi, le porte-parole du département d'Etat, Ian Kelly.

Vous remarquerez que, dans les procédures inquisitoriales italiennes de mon temps, les magistrats faisaient preuve de la même patience , de la même apparence de charité, de la même volonté de secourir le pécheur, de le soustraire, si possible, aux flammes éternelles: la vérité religieuse dispose de la tranquillité d'âme et de la sérénité d'esprit des convictions absolues. Comme l'accusé joue sa peau, on lui témoigne une apparence de respect, on lui concède un semblant de liberté, mais s'il se révèle relaps et renégat, que voulez-vous que nous y fassions, le démon se sera emparé de sa proie.

Je force le trait, mais voyez comme les princes de mon temps à Florence préfiguraient la guerre d'aujourd'hui entre l'esprit d'orthodoxie et l'esprit politique, qui demeure paradoxalement désarmé face au vocabulaire du sacré. D'abord, l'orthodoxie actuelle se fait du souci: "Selon les responsables français, britanniques et israéliens, ces travaux-là - l'enrichissement de l'uranium - n'ont jamais cessé, contrairement à ce qu'avaient avancé en 2007 les agences de renseignement américaines."

La presse a évoqué la "diplomatie de M. Nicolas Sarkozy" face aux "agissements nucléaires" de Téhéran. Un Etat de soixante-quinze millions d'habitants peut se trouver accusé "d'agissements" impies par définition, alors que huit Etats, dont Israël, avec ses cinq millions d'habitants, disposent d'une arme incohérente par nature, puisqu'elle ne saurait jouir du double statut d'une arme de guerre et d'une arme de l'apocalypse. Mais, dans le même temps, l'autorité empruntée des coalisés de la foi est branlante, puisqu'une orthodoxie au sein de laquelle apparaît un désaccord sur les dogmes n'est plus une Eglise, mais une entreprise politique à ciel ouvert. C'est pourquoi il faut que vous appreniez à bien distinguer le débat théologique proprement dit, donc doctrinal, du débat politique.

6 - L'articulation du théologique avec le politique

- Il me semble, dis-je, que cette frontière est également observable dans toutes les têtes, puisque M. Obama joue sur les deux tableaux, tandis que M. Nicolas Sarkozy agit en homme politique au sein d'une organisation mentale de type exclusivement religieux. Pouvez-vous préciser l'enjeu théologique et m'éclairer sur son articulation avec l'enjeu politique?

- Fort bien, dit Machiavel. L'enjeu théologique est vieux comme la Genèse: il est interdit de consommer la pomme du nucléaire qui mûrit sur l'arbre de la connaissance, lequel se trouve maintenant planté, comme vous le savez, dans l'Eden des démocraties. Mais pourquoi est-il interdit d'acquérir le savoir, alors que, selon Socrate, l'ignorance serait la source de tous les maux? Parce que si les gouvernements ne savaient pas d'avance d'où vient l'univers, qui l'a fabriqué et organisé, quelles règles et quels principes commandent l'action humaine, et surtout comment l'encéphale de l'espèce doit se trouver préconstruit pour fonctionner sous les ordres d'un chef du cosmos, comment voulez-vous que les Etats disposent d'une autorité reconnue et incontestée afin d'assurer la discipline et l'obéissance des peuples? Si l'Iran se rendra intouchable quand il disposera du succédané de l'omnipotence divine qu'on appelle maintenant le pouvoir de dissuader, comment voulez-vous que les huit autres Olympes continuent de se partager la planète? La notion de dissuasion est donc non seulement le cœur de la théologie et de la politique, mais un cœur dont les battements innervent à la fois les Etats et les Eglises.

- Parmi les têtes politiques, repris-je, vous savez que les unes prétendent que M. Nicolas Sarkozy est d'origine juive et qu'il serait au service des intérêts d'Israël dans le monde ; les autres soutiennent que les Iraniens ont un encéphale microscopique et qu'ils sont à peine évadés des forêts, de sorte que si l'on mettait la bombe entre les mains de ces chimpanzés du monde moderne, ils se rueraient bêtement sur leurs voisins et s'amuseraient à les pulvériser , sans se dire un instant qu'il existe huit Zeus armés de la même foudre, et d'abord Israël. Comment interprétez-vous ces deux positions?

- M. Nicolas Sarkozy est né entre 1950 et 1960. Cette génération s'est trouvée baignée dès le berceau dans un monde biphasé entre le camp du Bien, représenté non seulement par Israël, mais par la civilisation à la fois capitaliste et messianique de l'Amérique. Certes, la presse relève que les autorités israéliennes elles-mêmes reconnaissent que la France fait tout ce qu'elle peut pour Israël et jusqu'à entraîner au besoin l'Europe entière dans le sillage d'Israël: on romprait au besoin les liens transatlantiques au profit de Tel-Aviv: "M. Sarkozy s'est fortement agacé du refus de son homologue américain de mentionner le site secret de Qom lors d'une réunion du Conseil de sécurité consacrée au désarmement nucléaire. Pendant des mois, Paris avait pressé Washington de dénoncer l'existence de ce site clandestin. L'administration américaine n'y a consenti que lorsque les Iraniens avaient déjà avoué. Le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, a récemment insisté devant des journalistes sur le risque d'une action militaire israélienne."

Mais M. Nicolas Sarkozy n'est pas un serviteur d'Israël que le suffrage populaire aurait porté par malencontre au pouvoir. C'est un homme d'Etat privé de profondeur d'esprit. Il est sincère dans ses convictions, comme le sont tous les croyants. Or, la politique étrangère est le territoire de l'art de gouverner sur lequel il est impossible de s'avancer sans profondeur d'esprit, parce que le myope n'y voit pas ce qu'il fait. Comment voulez-vous piloter un Etat si vous ne voyez pas sur quelle trajectoire sa situation géographique et son identité propre l'a placé? Aujourd'hui, l'alliance de la Syrie avec l'Iran est plus inébranlable que jamais, l'Egypte elle-même a refusé de participer à une rencontre avec le Ministre des affaires étrangères d'Israël - il s'agit d'un ancien videur de boîte de nuit - la Turquie prend la tête de l'Europe de demain et lui montre avec éloquence le chemin en s'alliant avec l'Iran, la Russie, la Chine et l'Inde - bref, en prenant la place que la France aurait pu prendre . Le monde change de pôle et le manque de profondeur d'esprit de M. Nicolas Sarkozy l'empêche de le comprendre.

Sur le second point, le retard cérébral de la classe dirigeante européenne et mondiale n'est pas tel qu'une fraction significative de cette élite croirait à la thèse du chimpanzé que vous avez évoquée plus haut. La seule question féconde aux yeux de l'anthropologie critique - que j'appelle une simianthropologie - est de découvrir pourquoi Israël parvient à répandre dans le monde entier la croyance à une réaction zoologique du peuple iranien. Un tel prodige n'est possible qu'en raison de la complicité de quatre-vingt quinze pour cent de l'humanité actuelle avec la vocation messianique non seulement d'Israël, mais surtout de la démocratie mondiale, qui est tenue pour salvifique, rédemptrice et eschatologique. C'est sur cet immense retard cérébral du simianthrope actuel que joue Israël en toute sécurité et avec la science que vous savez.

Aujourd'hui, le capitalisme s'est bel et bien révélé ce que Marx en avait dit; mais que faire si l'autre alternative , celle d'un songe évangélico-politique, conduit fatalement au désastre économique? Nous sommes enfin entrés dans le débat de fond, celui de la pesée de l'encéphale de notre espèce. Tout le débat avorté de 1917 à 1989, puis entre 1989 et aujourd'hui, tout le débat sur le développement du cerveau du simianthrope actuel va se placer au cœur d'une véritable connaissance de notre espèce mi-onirique, mi-politique. S'agit-il d'un retard irrémissible, ou bien les "agissements nucléaires" d'un accusé enfermé dans une géopolitique de l'aveu nous donnent-ils une occasion unique de progresser dans la connaissance de l'état de notre boîte osseuse un demi millénaire seulement après ma descente chez les morts?"

7 - Les ratés de la religion démocratique

- Comment en sommes-nous arrivés là?

- Examinons les faits : Israël se situera pour longtemps au cœur du destin onirique de la planète dite des "droits de l'homme", parce qu'au lendemain de la seconde guerre mondiale, l'empire américain avait réussi l'exploit extraordinaire de prendre seul et en toute hâte la tête de la croisade de la planète tout entière pour la décolonisation précipitée des peuples conquis par les nations dominantes d'autrefois, ce qui avait conduit Washington à déclarer la guerre à ses anciens alliés, la France et l'Angleterre, au motif que ces deux nations, secondées par Israël, s'étaient coalisées afin d'interdire au Colonel Nasser de nationaliser le canal de Suez. Mais Paris et Londres avaient rapidement battu en retraite, principalement en raison des menaces de pulvérisation atomique que Washington et Moscou leur avaient conjointement adressées, mais également en raison de l'épuisement du Royaume-Uni, que la guerre contre le nazisme avait laissé exsangue. La débandade des tories à la Chambre des Communes avait été sans remède, parce qu'elle avait été conduite par la poigne des travaillistes de l'époque, qui avaient trouvé des accents révolutionnaires pour prendre la revanche des valeurs de la démocratie, disaient-ils, sur le vieux Churchill et sur son pâle successeur, Anthony Eden.

Israël a compris sur l'heure que les pièces avaient changé de codes sur l'échiquier du monde; et l'on a vu ce petit Etat prendre tout seul et résolument en mains les relations nouvelles et qu'il fallait rendre catastrophiques de l'Amérique avec le monde arabe. Non seulement les gouvernements successifs du peuple hébreu ont réussi l'exploit de mettre en place, d'organiser, de faire fonctionner et surtout de financer sur tout le territoire du Nouveau Monde le plus gigantesque réseau d'influence politique et militaire de tous les temps, mais il est parvenu, de surcroît, à faire bénéficier sa main-mise sur le pays du statut juridique que les droits nationaux réservent aux entreprises privées de leurs ressortissants. Seul le Saint Siège avait réussi, avec l'ordre des Jésuites, à installer ses agents sur le territoire de tous les autres Etats aux fins d'y défendre ses intérêts politiques et religieux au détriment de ceux de ses hôtes. On sait que les Jésuites ont formé les élites françaises, tant nobiliaires que du tiers état pendant près de deux siècles.

Voir - Certus odor dictaturae, Deuxième Lettre ouverte aux Français juifs de mon pays, 7 septembre 2009

- Certus odor dictaturae, Lettre ouverte aux Français juifs de mon pays, 1er septembre 2009

Naturellement le prestige politique et culturel de la civilisation américaine dans le monde musulman n'a pas tardé à s'en trouver compromis et souvent anéanti, parce que la géographie interdisait au peuple hébreu de s'étendre sur un autre territoire de la planète que sur celui de l'Islam. Comme on ne pouvait ressusciter les colonisateurs - la France et l'Angleterre - il ne restait qu'à rendre islamophobe l'Amérique tout entière. Il a fallu un demi siècle à l'empire américain pour comprendre qu'il avait perdu son rôle de croisé mondial de la Liberté et d'ange Gabriel au cœur sur la main, parce que la mappemonde de la rédemption par la décolonisation commençait de changer de pôle politique à l'écoute de la Russie, de la Chine, de l'Inde et de l'Amérique du Sud , qu'on appelait les puissances montantes.

- Vous enseignez maintenant au Père éternel que les évènements changent radicalement de sens historique selon l'échiquier sur lequel on situe leur interprétation. Vous lui enseignez également que la créature a toujours tenu la main et guidé la plume de son prétendu géniteur. Mais si l'histoire sainte truquait tout autant et seulement autrement l'histoire des peuples et celle de leur identité nationale que la théologie des démocraties de la Liberté s'attache aujourd'hui à changer le tissu et l'éthique de Clio, comment le démontrez-vous?

- Voici : supposez seulement que l'empire américain retrouve un jour son prestige et son influence anciens dans un monde arabe aux yeux duquel il avait pris les traits d'un Messie de la décolonisation, Israël reconquerrait-il pour autant le royaume de Salomon? Pour départager le récit surnaturel du récit temporel, il faut commencer par vous demander laquelle des deux interprétations répond le mieux au statut psychobiologique d'une espèce théologisée de naissance par sa schizoïdie cérébrale, qui la fige dans des représentations doctrinales du monde et la lance dans l'inconnaissable. Pour cela, vous observerez en premier lieu que deux stratégies seulement s'offrent désormais à la théopolitique des fidèles de Jahvé. La première remonte aux chimpanzés, qui savent fort bien se proclamer menacés par un ennemi imaginaire pour sortir leurs griffes et montrer leurs crocs. La seconde est plus proche des comportements collectifs propres aux fuyards tardifs de la zoologie, ce qui rend leur examen simianthropologique considérablement plus instructif aux yeux des interprètes récents des millénaires de l'évolution cérébrale de notre espèce.

Pour comprendre ce point décisif, écoutez ce que dit maintenant l'Etat Israël entre quatre yeux aux dirigeants du plus puissant empire du monde. "Depuis soixante cinq ans, je soutiens pleinement et de toutes mes forces la domination sans partage que vous exercez sur l'Europe, depuis soixante cinq ans, je vous ai aidés fidèlement à asservir ce continent tout entier et définitivement, depuis soixante cinq ans, j'ai mis une civilisation brillante à l'école de votre glaive et à l'écoute de votre évangile, depuis soixante cinq ans, je cautionne, je légitime, je sanctifie votre saint empire au profit d'une occupation militaire perpétuelle qui se trouve désormais inscrite dans les constitutions de vos vassaux ; sans moi, votre puissance serait vaine et s' effondrerait en un instant.Cessez donc de vous imaginer que vous occupez l'Europe par l'effet d'un miracle de la démocratie, votre idole, cessez de croire que vos valets ont couru de leur plein gré se placer sous votre bannière en Irak ou en Afghanistan. Votre laquais Rasmussen n'est pas dupe de la solde que vous lui versez, il sait que je suis là. Sans Israël, vous ne sauriez par quel territoire transporter vos armes en Afrique et au Moyen Orient. Songez seulement que si l'Europe tournait maintenant ses regards vers le pôle ascendant du monde de demain et si je l'encourageais à marcher d'un bon pas en direction des puissances qui domineront le monde avant vingt ans, vous pourrez toujours vous vanter d'avoir conquis quelques lopins de Mohammad sur les rives de la Méditerranée, vous en serez réduits à jouer les manchots sur la scène internationale et jamais plus les circonstances ne vous feront passer pour les sauveurs du monde. Songez que vos légions occupent encore fermement l'Allemagne et l'Italie, songez que le port de Naples vous appartient, songez que, sans la docilité des descendants de Salamine, la Méditerranée retomberait bientôt entre les mains de ses riverains, songez que les descendants de l'empire romain se réveilleraient et vous crieraient d'une seule voix: "Mare nostrum, mare nostrum! Voyez, déjà le Japon ne ravitaillera plus vos navires de guerre à partir du mois de janvier! Ecoutez la sonnette d'alarme que je tire pour votre salut."

- Mais croyez-vous vraiment aux chances de succès d'Israël?

- Il est évident que l'Etat juif perdra cette bataille sur les deux fronts, mais nous ne savons pas encore comment. Sur le premier point, le nucléaire vit ses dernières heures. Même Washington s'est décidé à soumettre au monde entier le projet d'abandonner cet agonisant. L'état actuel de l'évolution de la boîte osseuse de notre espèce exclut d'ores et déjà qu'elle se vaporise aveuglement dans l'atmosphère. Si vous mettez l'arme de leur suicide entre les mains de deux macaques simiohumains instruits d'aujourd'hui, ils rengaineront sagement leur foudre.

- Vous jugez donc que l'Iran disposera nécessairement de l'arme moribonde?

- Cela ne fait aucun doute, parce que chacun sait qu'il sera encore longtemps d'usage de la brandir bêtement. Le songe nucléaire ressemble à celui que l'Eglise romaine a laissé mourir de sa belle mort, celui de l'excommunication majeure. Bientôt, seuls les derniers orangs-outangs pousseront leurs terribles hurlements aux frontières de leurs forêts.

8 - L'avenir d'une arme moribonde et l'avenir théologique d'Israël

J'observai, sidéré, le visage attachant du premier philosophe de la politique; et je me disais que cet homme-là avait appris le monde à commenter les dix premiers livres de Tite-Live, comme il le reconnaît lui-même. Or, dans ces premiers livres, le grand historien avait chanté l'avenir glorieux des Romains, mais douté, pour ne pas dire plus, de l'autorité des auspices et de leurs poulets. De plus, ce Voltaire de l'Antiquité avait démontré les ruses des premiers patriciens, qui avaient tué Romulus de leurs mains, puis l'avaient fait dévaler du ciel et lui avaient mis d'exaltantes prophéties dans la bouche afin de donner l'aval des dieux à leur nouvelle puissance sur la plèbe romaine, qui avait besoin de conserver dans le ciel le dieu qu'elle avait adoré sur la terre. Sûrement, me disais-je, ce grand mort a appris, il y avait un demi millénaire de cela, à regarder les hommes et leurs dieux avec les yeux du simiologue. Il reprit d'une voix plus chaude et plus rieuse.

- Voyez la vanité des rodomontades du monde entier à l'égard de la foudre stérile de l'Iran: ce peuple est devenu tellement conscient de ce que l'arme nucléaire n'est qu'un pétard mouillé, mais qu'on ne saurait, pour autant, pousser l'insolence démocratique jusqu'à refuser à une grande nation la dignité suprême de mettre un sabre de bois sur sa hanche et de parader avec un pommeau d'or fixé à la ceinture qu'il aura suffi aux plus ardents des guerriers de Téhéran de feindre au grand jour de renoncer à l'arme d'un prestige de pacotille pour que les partis du centre et de la gauche, saisis d'une sainte ardeur, prennent le relais de la défense tonitruante de ce colifichet de l'honneur national. Voyez la France : elle aussi s'était bien gardée de signer le traité de non-prolifération de l'apocalypse onirique avant d'avoir conquis le prestige de maîtriser une mythologie inutilisable sur un champ de bataille. Les seuls Etats condamnés à renoncer au mythe fascinatoire du jugement dernier sont les vaincus de la dernière guerre: l'Allemagne, l'Italie et le Japon. Quant à Israël, s'il refuse, lui, de signer son renoncement à une apocalypse pour les singes, c'est seulement parce qu'il lui faut, le pauvre, faire semblant de s'en trouver dépourvu - sinon, comment se donnerait-il le rôle de l'innocent menacé, comment convaincrait-il le monde entier de fermer les yeux sur son expansion territoriale continue en Cisjordanie?

Quant à l'autre stratégie des matamores de leurs gosiers, voyez comme ils courent à l'échec : jamais l'Europe ne demeurerait sous la tutelle d'Israël si l'empire américain renonçait à sa laisse et à son collier, jamais l'Europe ne persévèrerait à susciter l'hostilité des Etats arabes et de la religion de Muhammad dans le monde entier si le Nouveau Monde descendait au fond du gouffre où la chute du dollar le précipitera.

- Mais alors, poursuivis-je, qu'en est-il du rendez-vous de notre espèce avec la logique théologique qui pilote ses gènes?

- Il sera religieux, le drame qui attend le peuple juif, me répondit ce grand homme, parce que, depuis les origines, la théologie est la clé du monde et elle le restera. C'est pourquoi Israël s'est condamné à clouer éternellement la démocratie mondiale sur la croix de son péché originel, celui d'être né du viol des principes universel du droit international au profit . De génération en génération et à son corps défendant, l'Etat hébreu sera, sur tout notre astéroïde, l'épine dans le pied de la civilisation du droit Le rappel lancinant de l'illégitimité d'un Etat fondé sur l'expulsion par la force du peuple palestinien du territoire de ses ancêtres démontrera que mon titre de conseiller en théologie de la démocratie mondiale n'est pas usurpé. Un jour les grands Etats comprendront que notre espèce est en cours d'évolution et qu'il est indispensable de savoir à quelle station-service notre pauvre encéphale se trouve arrêté.

9 - La Palestine, gibet du monde

- Mais dans ce cas, m'écriai-je, comment pouvez-vous soutenir la politique d'un Dieu qui croit dur comme fer qu'il existe - alors que vous savez bien qu'il n'en est rien?

- Vous voulez rire , dit Machiavel en relevant un sourcil amusé. Certes, le personnage majestueusement assis à ma gauche semble une machinerie dont les treuils, les câbles et les ressorts sont aussi visibles que les poulets des augures dont Tite-Live se riait. Voyez comme je fais hocher l'idole du bonnet, voyez comme je lui fais tourner la tête à gauche et à droite à ma guise, voyez comme je lui ouvre et lui ferme les yeux à mon gré. Mais Dieu n'est pas ici, parce que la Florence véritable n'est pas davantage dans les uniformes de ses policiers, dans les robes noires de ses juges, dans l'étoffe et la hampe de ses étendards que Rome dans les poulets du sacrifice et Dieu dans ses ciboires. Vous aurez beau chercher Florence dans ses murailles, ses rues et ses chapelles, jamais vous ne trouverez Florence ailleurs que dans l'âme de ses habitants. Qui est Dieu, qui est Florence, qui sont tous les Etats et toutes les nations de la terre, sinon des personnages intérieurs, des acteurs cérébraux? Et qui fait l'histoire, sinon des héros invisibles et qui existent pleinement de ne pas se trouver dans leur chair et leurs ossements? Et quelle est leur identité, à tous ceux-là, sinon celle de leur éthique?

- Mais alors, répondis-je, comment faut-il traiter de l'existence théologique du genre humain et de son histoire?

- Si Dieu et Florence existent dans toutes les têtes, me dit le Platon de la politique moderne et si la démocratie mondiale est calquée sur le culte d'une Liberté casquée, et si son casque est celui de sa Justice, que vous enseigne cette divinité-là? Voyez comme elle se présente en annonciatrice, en messagère, en prophétesse de l'âme de l'humanité! C'est donc en logicien que je vois Israël clouer l'âme et l'esprit de la démocratie mondiale sur la potence de son reniement du dieu que l'homme s'appelle à devenir à lui-même. Mais voyez comme l'Eglise a renoncé à conquérir le monde le glaive dans une main et la croix dans l'autre; voyez comme la démocratie a fini, elle aussi, par se convertir à son existence intérieure. Combien de temps la démocratie mondiale se laissera-t-elle clouer par Israël sur le gibet de sa propre mort, le gibet de la Palestine?

- Machiavel, Machiavel, m'écriai-je, votre poste de conseiller politique de la théologie mondiale des démocraties est plein d'embûches ! Savez-vous quelle potence vous attend?

- Certes, dit le grand Florentin, j'ai sur les bras tout le poids d'un Vatican des cierges et du pain bénit. Mais je suis un esprit politique; et j'ai appris dans Tite-Live que Rome a péri quand l'âme de Rome est devenue le catafalque des Romains. Les peuples morts ont logé leur cercueil dans leur tête.

10 - Qui va peser le peseur?

- Ah! combien j'aurais voulu poser une dernière question à l'auteur du Prince! Mais en quel coin ou recoin de la scène me serais-je blotti pour observer du dehors le prétendu Créateur du cosmos? Car enfin, me disais-je in petto, si la morale politique est une actrice diablement retorse en ce bas monde et si les gestionnaires de génie de l'identité éthique des peuples se révèlent aussi rusés que Lucifer, leur compère, et enfin, si l'âme que notre planète voudrait rendre éternelle est appelée à comparaître, elle aussi, devant un tribunal de l'intelligence dont les juges se révèlent récusables, comment un Bien et un Mal absolus exerceront-ils la magistrature suprême de juger à leur tour les lois et la Justice d'une divinité toujours impotente ? Ce personnage vaporisé dans le vide n'est-il pas aussi schizoïde en diable que ses deux assesseurs? Qui me fournira la balance à peser sa fausse souveraineté? Quelqu'un se cache-t-il seulement derrière toutes les carrosseries du monde?

Bien avant Nietzsche, saint Machiavel a tenté de donner un regard d'aigle aux hommes d'Etat de son temps. Mais quelle sera la super divinité qui dressera le portrait en pied des trois infirmes du ciel d'aujourd'hui? Pourquoi aucun ne me dit-il, primo, pourquoi les pauvres et les malades doivent se trouver secourus et non plus jetés à la voirie, secundo, pourquoi les vrais Etats doivent s'abstenir de torturer leurs citoyens, tertio, pourquoi toutes les démocraties modernes servent de casernes aux vainqueurs implantés sur leurs territoires depuis la fin de la dernière guerre, quarto, pourquoi le singe cérébralisé se scinde dès le berceau entre ses glaives et son bel canto?

Trop tard. Un appariteur a surgi.

- Le temps de l'audience accordée à votre minusculité est écoulé , me dit-il.

Il ne me restait qu'à remercier le maître de la politique moderne pour la grâce dont il m'avait fait bénéficier .

J'ai déjà dit au lecteur pressé que j'avais engagé un filou d'ange-serrurier pour forcer les portes de l'Eden. A la sortie, mon monte-en-l'air m'a rouvert la porte à deux battants.
Le 9 novembre 2009



http://pagesperso-orange.fr/aline.dedieguez/tstmagic/1024/tstmagic/decodage/identite.htm http://pagesperso-orange.fr/aline.dedieguez/tstmagic/1024/tstmagic/decodage/identite.htm
Par noesam
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Jeudi 29 octobre 2009

Vous pensez être informé sur ce qui s’est passé à Guantánamo et vous vous étonnez que le président Obama n’arrive pas à fermer ce centre de torture. Vous avez tort. Vous ignorez la véritable finalité de ce dispositif et ce qui le rend indispensable à l’administration actuelle.
Attention : si vous souhaitez continuer à penser que nous avons des valeurs communes avec les États-Unis et que nous devons être alliés avec eux, abstenez-vous de lire cet article.

par Thierry Meyssan

Chacun se souvient de ces photographies de tortures qui circulaient sur Internet. Elles étaient présentées comme les trophées de guerre de quelques GI’s. Néanmoins, les grands médias, ne pouvant en vérifier l’authenticité, n’osaient pas les reproduire. En 2004, la chaîne CBS y consacra un reportage. Ce fut le signal d’un grand mouvement de dénonciation des mauvais traitements infligés aux Irakiens. La prison d’Abu Ghraib montrait que la prétendue guerre contre la dictature de Saddam Hussein était en réalité une guerre d’occupation comme les autres, avec le même cortège de crimes. Sans surprise, Washington assura qu’il s’agissait d’exactions perpétrées à l’insu du commandement par quelques individus non-représentatifs, qualifiés de « pommes pourries ». Quelques soldats furent arrêtés et jugés pour l’exemple. Le dossier était clos jusqu’aux prochaines révélations.
Simultanément, la CIA et le Pentagone préparaient l’opinion publique aux États-Unis et dans les États alliés à changer de valeurs morales. L’Agence avait nommé un agent de liaison avec Hollywood, le colonel Chase Brandon (un cousin de Tommy Lee Jones) et engagé de célèbres écrivains (comme Tom Clancy) et scénaristes pour écrire de nouveaux films et séries télévisées. Le but : stigmatiser la culture musulmane et banaliser la torture dans la lutte contre le terrorisme.
À titre d’exemple, les aventures de l’agent Jack Bauer, dans la série 24H, ont été abondamment subventionnées par l’Agence pour que chaque saison repousse un peu plus loin les limites de l’acceptable. Dans les premiers épisodes, le héros intimide des suspects pour leur extorquer des renseignements. Dans les épisodes suivants, tous les personnages se soupçonnent les uns les autres, et se torturent à leur tour, avec de moins en moins d’états d’âme et de plus en plus de certitude du devoir à accomplir. Dans l’imaginaire collectif, des siècles d’humanisme furent balayés et une nouvelle barbarie s’imposa. Le chroniqueur du Washington Post, Charles Krauthammer (par ailleurs médecin psychiatre) pouvait présenter l’usage de la torture comme « un impératif moral » (sic) en ces temps troublés de guerre contre le terrorisme.
Vint la confirmation par l’enquête du sénateur suisse Dick Marty au Conseil de l’Europe que la CIA avait enlevé des milliers de personnes dans le monde, dont des dizaines, voire des centaines sur le territoire de l’Union européenne. Puis ce fut l’avalanche de témoignages sur les crimes perpétrés dans les prisons de Guantánamo (Caraïbes) et de Baghram (Afghanistan). Parfaitement conditionnée, l’opinion publique des États membres de l’OTAN accepta l’explication qu’on lui donna et qui cadrait si bien avec les intrigues romanesques dont elle était abreuvée : pour sauver des vies d’innocents, Washington avait recours à des pratiques clandestines ; on enlevait des suspects et on les faisait parler par des méthodes que la morale réprouve mais que l’efficacité commande.
C’est à partir de cette narration simpliste que le candidat Barack Obama s’est dressé contre l’administration Bush sortante. Il a érigé l’interdiction de la torture et la fermeture des prisons secrètes en mesures phares de son mandat. Dès son élection, durant la période de transition, il s’est entouré de juristes de très haut niveau qu’il a chargé d’élaborer une stratégie pour clore ce sinistre épisode. Une fois installé à la Maison-Blanche, il a consacré ses premiers décrets présidentiels à la mise en œuvre de ses engagements en la matière. Cet empressement a conquis l’opinion publique internationale, a suscité une immense sympathie pour le nouveau président et a rénové l’image des États-Unis dans le monde.
Seulement voilà : un an après l’élection de Barack Obama, si quelques centaines de cas individuels ont été réglés, rien n’a changé sur le fond. Guantánamo est là et ne sera pas fermé dans l’immédiat. Les associations de défense des droits de l’homme sont formelles : les violences contre les détenus ont empiré.
Interrogé à ce sujet, le vice-président Joe Biden a déclaré que plus il avançait dans ce dossier, plus il découvrait des aspects qu’il ignorait jusque là. Puis, énigmatique, il a mis en garde la presse, assurant qu’il ne fallait pas ouvrir la boîte de Pandore.
De son côté, Greg Craig, le conseiller juridique de la Maison-Blanche, a souhaité présenter sa démission, non qu’il considère avoir failli à sa mission de fermer le centre, mais parce qu’il estime désormais qu’on lui a confié une tache impossible.
Pourquoi donc le président des États-Unis ne parvient-il pas à se faire obéir ? Si l’on a déjà tout dit sur les exactions de l’ère Bush, pourquoi évoquer une boîte de Pandore et que craindre ?
C’est qu’en réalité, le système est plus vaste. Il ne se limite pas à quelques enlèvements et à une prison. Surtout, sa finalité est radicalement différente de ce que la CIA et le Pentagone ont fait croire.
Avant de commencer notre descente aux enfers, il convient de lever une confusion.
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Le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld a participé aux réunions du Groupe des Six chargé de choisir les tortures mises en œuvres par les forces US. Ici, il visite la prison d’Abu Graib (Irak).

Contre-insurrection

Ce qui a été fait par l’Army à Abu Ghraib, du moins au début, n’avait rien à voir avec ce qui est expérimenté par la Navy à Guantánamo et dans ses autres prisons secrètes. Il s’agissait simplement de ce que font toutes les armées du monde lorsqu’elles se transforment en police et affrontent une population hostile. Elles la dominent en la terrorisant. En l’occurrence, les Forces de la Coalition ont reproduit les crimes commis lors de la Bataille d’Alger par des Français contre des Algériens qu’ils appelaient encore leurs « compatriotes ». Le Pentagone a rappelé le général français à la retraite Paul Aussaresses, spécialiste de la « contre-insurrection », pour qu’il briefe les officiers supérieurs.
Durant sa longue carrière, Aussaresses a accompagné les États-Unis partout où ils ont livré des « guerres de basse intensité », principalement en Asie du Sud-Est et en Amérique latine.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis installent deux centres de formation à ces techniques, la Political Warfare Cadres Academy (Taiwan) et la School of Americas (Panama). Des cours de torture y furent dispensés aux responsables de la répression dans les dictatures asiatiques et latino-américaines. Dans les années 60-70, ce dispositif fut coordonné au sein de la World Anti-Communist League, où siégeaient les chefs d’État concernés [1]. Cette politique prit une ampleur considérable lors des opérations Phoenix au Vietnam (neutralisation de 80 000 individus soupçonnés d’appartenir au Viet Cong) [2]et Condor en Amérique latine (neutralisation des opposants politiques à l’échelle du continent) [3]. Le schéma articulant des opérations de nettoyage de zones insurgées à des escadrons de la mort a été appliqué à l’identique en Irak, notamment lors de l’opération Iron Hammer [4].
La seule nouveauté est la distribution aux GI’s d’un classique de la littérature coloniale, The Arab Mind, de l’anthropologue Raphael Patai, avec une préface du colonel Norvell B. De Atkine, patron de la John F. Kennedy Special Warfare School, nouvelle dénomination de la sinistre School of Americas depuis qu’elle a été déménagée à Fort Bragg (Caroline du Nord) [5]. Ce livre, qui présente sur un ton savant des préjugés stupides sur les « arabes » en général, comprend un célèbre chapitre sur les tabous sexuels qui a inspiré les mises en scène d’Abou Ghraib.
Les tortures commises en Irak ne sont pas des cas isolés, comme l’a feint l’administration Bush, mais s’intègrent dans une stratégie de contre-insurrection. Le seul moyen d’y mettre fin, ce n’est pas de les condamner moralement, c’est de résoudre la situation politique. Or Barack Obama repousse toujours à plus tard le retrait des forces étrangères d’Irak.
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Auteur à succès, inventeur de la psychologie positive, professeur à l’université de Pennsylvanie et ancien président de l’American Psychological Association, Martin Seligman a supervisé les tortures expérimentées sur les prisonniers à Guantanamo.

Les expériences du professeur Biderman

C’est dans une toute autre perspective qu’un psychiatre de l’Armée de l’air, le professeur Albert D. Biderman, étudia pour la Rand Corporation le conditionnement des prisonniers de guerre US en Corée du Nord.
Bien avant Mao et le communisme, les Chinois avaient mis au point des méthodes raffinées pour briser la volonté d’un détenu et lui inculquer des aveux. Il les avaient utilisées durant la guerre de Corée et avaient obtenu quelques résultats : des prisonniers de guerre US avouant avec conviction devant la presse des crimes qu’ils n’avaient peut-être pas commis. Biderman présenta ses premières observations lors d’une audition au Sénat, le 19 juin 1956, puis à l’Académie de médecine de New York, l’année suivante (Voir documents téléchargeables ci-dessous). Il distingua cinq stades par lequel passent les « sujets ».
- 1. Tout d’abord le prisonnier refuse de coopérer et se mure dans le silence.
- 2. Par un mélange de brutalités et de gentillesse, on peut le faire passer à un second stade où il va être conduit à se défendre de ce dont on l’accuse.
- 3. Puis, le prisonnier commence à coopérer. Il continue à clamer son innocence, mais il cherche à satisfaire ses interrogateurs en reconnaissant qu’il a peut être commis une faute sans le vouloir, par accident ou par inadvertance.
- 4. Lorsqu’il traverse la quatrième phase, le prisonnier est complètement dévalorisé à ses propres yeux. Il persiste à nier ce dont on l’accuse, mais il confesse sa nature criminelle.
- 5. À la fin du processus, le prisonnier admet être l’auteur des faits qu’on lui reproche. Il invente même des détails supplémentaires pour s’accuser et réclame son châtiment.
Biderman examine également toutes les techniques utilisées par les tortionnaires chinois pour manipuler les prisonniers : isolation, monopolisation de la perception sensorielle, fatigue, menaces, gratifications, démonstrations de puissance des geôliers, dégradation des conditions de vie, contrainte. La violence physique est secondaire, la violence psychologique est totale et permanente.
Les travaux de Biderman sur le « lavage de cerveau » ont acquis une dimension mythique. Les militaires US ont craint que leurs hommes puissent être retournés par l’ennemi, conditionnés pour dire n’importe quoi et peut être pour faire n’importe quoi. Ils ont donc conçu un programme d’entrainement de leurs pilotes de chasse de sorte que ceux-ci deviennent réfractaires à cette forme de torture et ne puissent être retournés par l’ennemi s’ils étaient faits prisonniers. Cette formation est nommée SERE, acronyme de Survivre, s’Évader, Résister, s’Échapper (Survival, Evasion, Resistance, Escape). Si initialement le cours était donné à la School of Americas, il a été étendu aujourd’hui à d’autres catégories de personnel militaire et est dispensé sur plusieurs bases. En outre des formations de cette nature ont été instituées dans chaque armée membre de l’OTAN.
Ce que l’administration Bush a décidé, après l’invasion de l’Afghanistan, c’est d’utiliser ces techniques pour inculquer des aveux à des prisonniers qui justifieraient ainsi, a posteriori, l’implication de l’Afghanistan dans les attaques du 11-Septembre et validerait la version officielle des attentats.
De nouvelles installations ont été construites sur la base navale de Guantánamo et des expériences y ont été menées. La théorie d’Albert Biderman a été complétée par un psychologue civil, le professeur Martin Seligman. C’est une personnalité très en vue qui a été notamment président de l’American Psychological Association.
Seligman a montré une limite de la théorie des réflexes conditionnés d’Ivan Pavlov. On place un chien dans une cage dont le sol est divisé en deux parties. On électrifie aléatoirement un côté ou l’autre du sol. L’animal saute d’un endroit à l’autre pour se protéger — jusque là, rien de surprenant—. Puis, on accélère les choses et parfois on électrifie toute la cage. L’animal se rend compte qu’il ne peut pas s’échapper et que ses efforts sont vains. Bientôt, il renonce, s’allonge sur le sol et entre dans un état second qui lui permet de supporter passivement la souffrance. On ouvre alors la cage. Surprise : l’animal ne fuit pas. Dans l’état psychique où il s’est placé, il n’est plus en mesure de s’opposer. Il reste allongé à endurer la douleur.
La Navy a constitué une équipe médicale de choc. Elle a notamment fait venir à Guantánamo le professeur Seligman. Ce praticien est une star, connue pour ses travaux sur la dépression nerveuse. Ses ouvrages sur l’optimisme et la confiance en soi sont des best-sellers mondiaux.
C’est lui qui a supervisé des expériences sur cobayes humains. Certains prisonniers, soumis à de terribles tortures, finissent spontanément par se placer dans cet état psychique qui leur permet de supporter la douleur, mais les prive de toute capacité de résistance.
En les manipulant ainsi, on les amène rapidement au stade 3 du processus de Biderman.
S’appuyant toujours sur les travaux de Biderman, les tortionnaires états-uniens, guidés par le professeur Seligman, ont expérimenté et amélioré chaque technique coercitive.
Pour ce faire, un protocole scientifique a été élaboré qui se base sur la mesure des fluctuations hormonales. Un laboratoire médical a été installé à Guantánamo. Des prélèvement de salive et de sang sont opérés à intervalles réguliers sur les cobayes pour évaluer leurs réactions.
Les tortionnaires ont sophistiqué leurs crimes. Par exemple, dans le programme SERE, on monopolisait la perception sensorielle en empêchant le prisonnier de dormir avec une musique stressante. Ils ont obtenu des résultats bien supérieurs en diffusant des cris de bébés inconsolables durant des journées d’affilée. Ou encore, on manifestait la toute puissance des geôliers par des passages à tabac. À Guantánamo, ils ont créé l’Immediate Reaction Force. Il s’agit d’un groupe chargé de punir les prisonniers. Lorsque cette unité entre en action, ses membres sont revêtus de cuirasses de protection à la Robocop. Ils extraient le prisonnier de sa cage et le placent dans une pièce dont les murs ont été capitonnés et tapissés de contreplaqué. Ils projettent le cobaye contre les murs, comme pour le fracasser, mais le contreplaqué amortit partiellement les chocs de sorte qu’il soit hébété, mais que ses os ne soient pas brisés.
Le progrès principal a été réalisé pour le supplice de la baignoire. Jadis la Sainte Inquisition plongeait la tête d’un prisonnier dans une baignoire et l’en retirait juste avant qu’il ne meure noyé. La sensation de mort imminente provoque l’angoisse maximale. Mais le procédé était primitif et les accidents fréquents. Désormais le prisonnier n’est plus plongé dans une baignoire pleine, mais attaché allongé dans une baignoire vide. On le noie en lui versant de l’eau sur la tête avec la possibilité d’arrêter instantanément. Les accidents sont plus rares. Chaque séance a été codifiée pour déterminer les limites du supportable. Des assistants mesurent la quantité d’eau utilisée, le moment et la durée de la suffocation. Lorsque celle-ci intervient, ils récupèrent les vomissures, les pèsent et les analysent pour évaluer l’énergie dépensée et l’épuisement qui s’ensuit.
Ainsi que le résumait le directeur adjoint de la CIA devant une Commission parlementaire : « Cela n’a rien à voir avec ce que faisait l’Inquisition, à part l’eau » (sic).
Les expériences des médecins états-uniens n’ont pas été conduites en secret comme celles du docteur Josef Mengele à Auschwitz, mais sous le contrôle direct et exclusif de la Maison-Blanche.
Tout a été rapporté à un groupe décisionnaire composé de six personnes : Dick Cheney, Condoleezza Rice, Donald Rumsfeld, Colin Powell, John Ashcroft et George Tenet, qui a témoigné avoir participé à une douzaine de ces réunions de travail.
Le résultat de ces expériences est néanmoins décevant. Rares sont les cobayes qui se sont avérés réceptifs. Il a été possible de leur inculquer des aveux, mais leur état est resté instable et il n’a pas été possible de les produire en public face à des contradicteurs.
Le cas le plus connu est celui du pseudo-Khalil Sheikh Mohammed. Il s’agit d’un individu arrêté au Pakistan et accusé d’être un islamiste koweïtien, bien qu’il ne s’agisse manifestement pas de la même personne. Après avoir été longuement torturé et avoir notamment été soumis 183 fois au supplice de la baignoire durant le seul mois de mars 2003, l’individu a reconnu être Khalil Sheikh Mohammed et s’est accusé d’avoir organisé 31 attentats différents aux quatre coins du monde, de celui au WTC de New York en 1993, en passant par la destruction à la bombe d’une boîte de nuit à Bali et la décapitation du journaliste Daniel Pearl jusqu’aux attentats du 11 septembre 2001. Le pseudo-Sheikh Mohammed a maintenu ses confessions devant une commission militaire, mais il n’a pas été possible aux avocats et juges militaires de le questionner en public, tant on craignait que, hors de sa cage, il ne revienne sur ses aveux.
Pour masquer les activités secrètes des médecins de Guantánamo, la Navy a organisé des voyages de presse à l’attention de journalistes complaisants. Ainsi, l’essayiste français Bernard Henry Lévy a-t-il volontiers joué le témoin de moralité en visitant ce qu’on a bien voulu lui montrer. Dans son livre American Vertigo, il assure que cette prison ne diffère pas des autres pénitenciers états-uniens et que les témoignages de sévices qu’on y pratiquerait [« ont été plutôt gonflés » (sic) [6]
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Une des prisons off shore de l’US NAvy. Ici l’USS Ashland. La cale à fond plat a été aménagée pour recevoir des cages de prisonniers sur plusieurs niveaux.

Les prisons off shore de la Navy

En définitive, l’administration Bush a estimé que fort peu d’individus étaient conditionnables au point de croire avoir commis les attentats du 11-Septembre. Elle en a conclu qu’il fallait tester un très grand nombre de prisonniers pour sélectionner les plus réceptifs.
Compte tenu de la polémique qui s’est développée autour de Guantánamo et afin d’être sûr de ne pas être poursuivable en justice, la Navy a créé d’autres prisons secrètes et les a placées hors de toute juridiction, dans les eaux internationales.
17 bateaux à fond plat, du type de ceux utilisés pour les débarquements de troupes, ont été aménagés en prisons flottantes avec des cages comme à Guantánamo. Trois ont été identifiés par l’association britannique Reprieve. Il s’agit de l’USS Ashland, l’USS Bataan et l’USS Peleliu.
Si l’on additionne la totalité des personnes qui ont été faites prisonnières en zone de conflit ou enlevées n’importe où dans le monde et transférées dans cet ensemble de prisons au cours des huit dernières années, ce sont au total 80 000 personnes qui auraient transité dans le système, dont moins d’un millier auraient été poussées vers les stades ultimes du processus de Biderman.
Dès lors le problème de l’administration Obama se résume ainsi : il ne sera pas possible de fermer Guantánamo sans révéler ce qui y a été fait. Et il ne sera pas possible de reconnaître ce qui y a été fait, sans admettre que tous les aveux recueillis sont faux et ont été délibérément inculqués sous la torture, avec les conséquences politiques que cela implique.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, douze procès furent jugés par le tribunal militaire de Nüremberg. L’un fut consacré à 23 médecins nazis. 7 furent acquittés, 9 furent condamnés à des peines de prison et 7 furent condamnés à mort. Depuis, un Code éthique régit la médecine au plan international. Il interdit précisément ce que les médecins états-uniens ont fait à Guantánamo et dans les autres prisons secrètes.
Documents joints

Documents joints

  « Communist attempts to elicit false confessions from Air Force prisoners of war », par Albert D. Biderman

Bulletin New York Academy of Medecine 1957 Sep ;33(9):616-25.

(PDF - 964 ko)
 
  « The Manipulation of Human Behavior », sous la direction d’Albert D. Biderman et Herbert Zimmer

John Wiley & Sons, Inc., New York (1961).

(PDF - 2.4 Mo)
 
  Documents déclassifiés par la Commission des forces armées du Sénat des États-Unis, attestant l’usage des tortures de conditionnement à Guantanamo.

U. S. The Senate Armed Services Committee, 17 juin 2008.

(PDF - 3 Mo)
 
Auteurs, traduction, source
 Auteurs Ajouter {!traduction} à boucle article lors du passage à Spip 1.8.2

Thierry Meyssan
Analyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie chaque semaine des chroniques de politique étrangère dans la presse arabe et russe. Dernier ouvrage publié : L’Effroyable imposture 2, éd. JP Bertand (2007).




Traduction Ajouter {!traduction} à boucle article lors du passage à Spip 1.8.2 Source Ajouter {!traduction} à boucle article lors du passage à Spip 1.8.2
________________________________- PS
Cet article a été initialement publié dans l’édition de l’hebdomadaire russe Odnako datée du 19 octobre 2009.
Notes

[1] « La Ligue anti-communiste mondiale, une internationale du crime », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 mai 2004.
[2] « Opération Phénix », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 16 novembre 2004.
[3] Lire l’ouvrage de référence Operación Cóndor, Pacto criminal de notre collaboratrice l’historienne Stella Calloni. « Stella Calloni presentó en Cuba su libro “Operación Cóndor, Pacto criminal” », 16 février 2006. Voir également sur la Red Voltaire : « Berríos y los turbios coletazos del Plan Cóndor », por Gustavo González, 26 avril 2006. « Los militares latinoamericanos no saben hacer otra cosa que espiar », por Noelia Leiva, 1er avril 2008. « El Plan Cóndor universitario », par Martin Almada, 11 mars 2008.
[4] « Opération "Marteau de fer" », par Paul Labarique, Réseau Voltaire, 11 septembre 2003.
[5] The Arab Mind, par Raphael Patai, préface de Norvell B. De Atkine, Hatherleigh Press, 2002.
[6] American vertigo, par Bernard-Henry Lévy, Grasset & Fasquelle 2006.

alterinfo
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Lundi 26 octobre 2009

Sur son blog, Patrick Lozès, Président du CRAN, le Conseil réprésentatif des Associations Noires de France, donne son sentiment sur Dieudonné : "Le préfet de l'Isère a pris la grave mais sage décision d'interdire le "spectacle" intitulé "Sandrine", que Dieudonné devait donner aujourd'hui à l'espace Saint-Martin de Grenoble..." http://patricklozes.blogs.nouvelobs.com Eva R-sistons lui écrit ...

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eux poids deux mesures
 
    
 "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire" (Voltaire)
 
 Bonjour Patrick,
 
 La liberté d'expression ne se divise pas. Elle n'est pas à géométrie
variable: On peut tout dire contre les Musulmans, et rien contre les Juifs, de plus en plus chatouilleux, susceptibles.. Dans ce dernier cas, on est aussitôt taxé d'antisémitisme. Et de quoi, dans le premier ? On peut même cracher sur le Prophète de l'Islam... Que n'aurait-on pas dit, à juste titre, si on crachait sur Abraham le Père des croyants !
 
 L'humour juif est légendaire. Mais se peut-il qu'on puisse rire de tout - sauf précisément des Juifs ? Et pourquoi ce privilège ?
 
 Patrick, as-tu vu le sketch de Dieudonné qui a mis le feu aux poudres, sur les Juifs ? Moi, c'était il y a pas mal de temps, et alors je ne savais même pas ce qu'est le sionisme, j'ai bien ri. Regarde-le, sincèrement: Est-il vraiment si terrible que ça, ou seulement un sketch drôle ? Les Juifs seraient-ils devenus intouchables comme les vaches sacrées en Inde ? N'oublie pas que le même Dieudonné a eu la dent aussi dure contre les Musulmans. Sans que cela ne dérange personne. Pourquoi ? Vois-tu, cher Patrick, l'une des causes du terrorisme, est la frustration d'une frange d'individus face au deux poids deux mesures. Un attentat tue deux Israéliens, on crie au scandale. Les Israéliens tuent jour après jour les Palestiniens, même les écoliers, même les paysans dans leurs champs pour voler le fruit de leur travail, même les ambulanciers... et aujourd'hui, les Palestiniennes mettent au monde des enfants malformés. Qui s'en émeut ? La compassion est-elle toujours du même côté ?
Or il s'agit là d'une extermination qui ne dit pas son nom. Terrifiant ! Et silence criminel de la communauté, complice... Et tout cela alors que les Palestiniens sont les victimes innocentes de la Shoah commise par NOUS Occidentaux ! D'ailleurs, je pose une question: Le terrorisme d'Etat de l'Occident, de l'OTAN en particulier (En Yougoslavie, en Irak, ou aujourd'hui en Afghanistan ou au Pakistan, sans bruit...), n'est-il pas plus grave que le terrorisme du pauvre qui n'a que son corps pour arme ?
 
 Ceci étant dit, Dieudonné a fait son travail de comique, il a fait rire.
Mais voilà: Des Musulmans, on en rit. Des Juifs, on dénonce. Est-il à ostraciser, à dénoncer, à poursuivre, à haïr pour cela ?
 
 C'est une injustice historique.
 
 Par ailleurs, concernant l'affaire Faurrisson, je ne la connais pas bien. Je dirais seulement que Dieudonné a, semble-t-il, remis le prix de l'
INFREQUENTABILITE à Faurrisson. Il n'a pas remis le prix de la fréquentabilité, que je sache. Alors, je pose une question: S'il avait remis le prix de la fréquentabilité, que se serait-il passé ??? Aurait-il été traîné sur un bûcher ?
 
 Patrick, le racisme est une abomination. Anti Noir, Rouge, Jaune, Blanc, antisémite contre les Sémites Juifs ou Musulmans etc. Mais en ton âme et conscience, ne crois-tu pas, toi le porte-parole des minorités opprimées, ostracisées, que l'indignation de "l'Elite" est déplacée ?  On déplore toujours la moindre trace de début de soupçon d'embryon de critique des Juifs, et on s'acharne, aujourd'hui, contre les Musulmans, au point de rêver de chocs de civilisations contre eux. Toi qui à travers tes frères a subi l'inique, ne peux-tu te battre pour que l'équité préside aux décisions ?
Aujourd'hui, dans un même élan - servile ? - toutes les personnalités se croient obligées de dénoncer la moindre attaque d'Israël, même humoristique, et en même temps, de tirer à boulets rouges sur les Musulmans.
"Est-il permis de critiquer Israël", se demandait à juste titre Pascal Boniface dans un livre désormais célèbre ? Non, apparemment. Et c'est très grave, car on amalgame tout. Pire encore, aujourd'hui l'inexcusable antisémitisme a fait place à la non moins excusable islamophobie. Alerte, terrain glissant !
 
 Quand un humoriste du talent de Dieudonné subit une véritable chasse aux sorcières, quand un homme comme lui est littéralement excommunié et ostracisé simplement parce qu'il s'est moqué aussi des Juifs (comme du reste), c'est que quelque chose ne tourne plus rond dans le Royaume de France.
Vas-tu donner ton aval à cela ?
 
 Notre pays, d'ailleurs, n'a jamais été aussi proche de la dictature. Le CRIF, intransigeant, y est pour beaucoup. L'atmosphère, aujourd'hui, est malsaine dans notre pays. Moi-même, je vais très vite arrêter mon blog r-sistons à l'intolérable. On sent de plus en plus une chape s'abattre sur notre pays, peser sur nos précieuses libertés. On n'a plus envie d'écrire.
C'est effroyable !
 
 Patrick, toi le défenseur des Noirs ostracisés, tu ne peux, tu ne dois pas te prêter à cette injustice historique. Dieudonné n'est pas un pestiféré, il est un humoriste de talent, et un homme libre.
 
 Quand on commence à étouffer et à fustiger la liberté parce qu'elle touche des gens particulièrement puissants, alors la tyrannie est proche.
 
 Au secours, Voltaire !
 
 Patrick, au nom du combat que tu mènes, justice doit être faite. Pour tous.
Il n'y a pas d'exception. Ce sera ton honneur.
 
 De toutes façons, l'Histoire, et la postérité, jugeront. Et ceux qui aiment l'humour, un humour vraiment libre, ont déjà jugé...
 
 Eva R-sistons à l'inique...
 
 Blog d'Eva : http://r-sistons.over-blog.com
 
 
 http://patricklozes.blogs.nouvelobs.com/

Par noesam
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Dimanche 25 octobre 2009

Qu’est-ce qui relie l’ex-président Jimmy Carter, la baronne britannique Jenny Tongue et l’université de Californie ? Tous ceux (innombrables) qui ont récemment été accusés d’antisémitisme, vilipendés dans la presse pour avoir posé des questions sur l’occupation de la Palestine par Israël

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Qu’est-ce qui relie l’ex-président Jimmy Carter, la baronne britannique Jenny Tongue et l’université de Californie ? Tous ceux (innombrables) qui ont récemment été accusés d’antisémitisme, vilipendés dans la presse pour avoir posé des questions sur l’occupation de la Palestine par Israël.

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Finkelstein en conférence (photo Palestine Monitor)
Finkelstein en conférence (photo Palestine Monitor)
C’est un réflexe de la part de groupes pro Israël comme la Ligue anti-diffamation que de répandre publiquement des calomnies sur la personne des critiques un peu bruyants, et nul n’a été plus systématiquement ciblé que le politologue Norman Finkelstein. Nous avons parlé avec lui du passé, du présent et de l’avenir de l’antisémitisme en tant que tactique.

Avec le rapport Goldstone, une pression s’exerce aujourd’hui sur Israël pour qu’il explique son comportement. Plus la réalité se fait jour du massacre de Gaza, devenue accessible au monde grâce aux médias numériques, plus il devient difficile pour ses apologistes de défendre la politique israélienne. Leur réaction au rapport a été de s’en prendre à la légitimité des Nations unies, un « tribunal kangourou » d’après Netanyahu, pendant que le porte-parole du ministre des Affaires étrangères, Yigal Palmor, dénonçait une « campagne de victimisation contre Israël » à propos des conclusions du rapport. Palmor a également rendu publique une déclaration selon laquelle Israël allait chercher à bloquer et à endiguer les effets, plutôt que de s’attaquer à chacune des accusations essentielles portées contre lui.

Finkelstein considère que Goldstone représente un filigrane de qualité pour ceux qui critiquent la politique israélienne, particulièrement aux Etats-Unis. « On connaît trop de choses maintenant sur l’agenda d’Israël et partout dans le monde les gens estiment qu’il est impossible de concilier les principes libéraux avec un sionisme patent. Les massacres israéliens ont couvert toutes les unes de la presse. Ils sont devenus incontournables dans la vie publique. Même les journalistes juifs dans le New York Times ont du mal à soutenir Israël. Le système d’apartheid est en train de devenir impossible à défendre. » Finkelstein a le sentiment que le rapport a aider à faire évoluer les sympathies dans les médias, particulièrement dans le sillage de Goldstone. «  Il n’y a eu aucun éditorial d’importance pour défendre Israël contre le rapport, principalement parce qu’Internet a mis fin au monopole du New York Times et du Washington Post. Pendant le massacre de Gaza, chez les blogueurs, et spécialement chez les jeunes blogueurs juifs, une immense majorité s’est prononcée contre ce qu’Israël avait fait. L’influence de ces deux médias n’agit plus que pour eux. »

Un gouffre se creuse de plus en plus entre les idéaux d’Israël et les juifs. On a pu le voir dans les différentes agressions pour antisémitisme contre certains juifs. Goldstone lui-même, Noam Chomsky et Finkelstein ont été mis à l’écart pour avoir « la haine d’eux-mêmes », révélant le désespoir grandissant des lobbys sionistes d’empêcher le débat. Pour Finkelstein, ces lobbies n’ont plus à faire à des cas marginaux mais à la communauté juive dans son ensemble. « La plupart des juifs aux Etats-Unis sont des libéraux. 79% ont voté Obama et ils prennent maintenant position. Les juifs américains sont embarrassés par les actions d’Israël à Gaza et en Cisjordanie, qui ne reflètent pas leurs valeurs libérales ». On a bien remarqué cette scission quand la Ligue anti-diffamation a décerné un prix au Premier ministre d’extrême droite d’Italie, Silvio Berlusconi, le qualifiant d’ « ami d’Israël ». Et elle lui a décerné ce prix une semaine après que Berlusconi ait fait l’éloge de l’homme de confiance d’Hitler, Mussolini, en tant que héros italien.

(JPG)
Des bombes à phosphore tombent sur Gaza.
(Photo Palestine Monitor)



Une telle alliance marque les nouvelles perceptions de l’antisémitisme et de ses agresseurs. Les sionistes doivent maintenant compter sur les groupes chrétiens d’extrême droite comme le CUFI (Chrétiens unis pour Israël) de John Hagee comme soutien contre les critiques des politiciens libéraux et des minorités. Amnesty International a été fréquemment dénoncé comme antisémite, de même que le populaire ancien président Jimmy Carter. On a beaucoup parlé d’une «  alliance impie  » entre l’Islam et la gauche politique, avec des auteurs conservateurs comme David Horowitz qui concluent que les groupes qui défendent les droits humains auraient un programme pour promouvoir le terrorisme. Pour une explication plus profonde à l’encontre des nouveaux opposants à Israël, le lobby sioniste s’est mis à leur reprocher un « nouvel antisémitisme » : terme nébuleux et suffisamment fluctuant pour être accolé à la plupart des opposants. Arnold Foster et Benjamin Epstein l’ont défini comme « une indifférence implacable à l’égard des préoccupations juives, une incapacité à comprendre l’appréhension la plus profonde du peuple juif ». Une enquête du gouvernement britannique en 2007 sur le racisme en a cité un exemple avec « les perceptions de l’antisémitisme ». Naturellement, de tels caprices permettent les accusations dans tous les sens. Phyllis Chesler, l’auteur de Un nouvel antisémitisme a lancé son vaste réseau sur Internet pour indiquer qui était les ennemis d’Israël : « les organisations internationales pour les droits humains basées en Occident, les activistes occidentaux anticapitalistes, antimondialistes, proenvironnement, antiguerre et antiracistes, les féministes progressistes, les féministes juifs et les médias états-uniens gauchistes et libéraux. »

Ce fut une transition difficile que de passer de la position d’opprimé à celle d’oppresseur et des groupes comme la Ligue anti-diffamation ont dû fouiller plus loin pour rechercher une preuve de leur état de victime. Dans un documentaire récent du réalisateur israélien Yoav Shamir, Diffamation, Shamir interroge un employé de la Ligue sur des cas graves d’antisémitisme qu’elle a eu à traiter. En réponse, la personne interrogée n’a pu citer que quelques exemples de juifs qui s’étaient battus pour s’assurer quelques temps pour prendre des congés. Selon les statistiques de la Ligue elle-même, les cas de violences et de harcèlements contre des juifs ont chuté de 44% ces quatre dernières années.

Malheureusement, cette baisse ne s’accompagne pas d’un ajustement intellectuel sur la question. Les théories de conspiration de Daniel Goldhagen et d’Alan Dershowitz s’inscrivent régulièrement dans les succès de librairie et les établissements de la Ligue BCBG continuent d’alimenter le battage médiatique. Alan Dershowitz reste à la direction du droit à Harvard, en dépit de son appui condamnable à la torture et à l’offensive de Gaza. Pour sa part, Yale a ouvert récemment un centre d’Etudes de l’antisémitisme, une institution qui s’engage à poursuivre la diffusion du mythe de la persécution des juifs auprès de la fine fleur estudiantine des universités états-uniennes. Finkelstein voit dans la situation quelque chose de prévisible : « Les juifs sont une force majeure dans le milieu universitaire et comme beaucoup de groupes, ils agissent dans le cadre d’une allégeance ethnique ». Il y eut plus de panique provoquée à l’université de Californie en 2006, quand elle a réagi aux allégations d’antisémitisme sur le campus en ordonnant une enquête. Comme les étudiants interrogés n’avaient aucune idée du problème, l’enquête a dû conclure que « les campus vivaient un âge d’or de la judéïté, où l’activité intellectuelle juive était vantée et comprise  ». Chaim Seddler-Feller, directeur exécutif de l’université de Californie a déclaré à propos de ce résultat : «  Pourquoi n’entendons-nous pas les bonnes nouvelles ? Pourquoi tant de juifs sont-ils hystériques ? C’est comme si nous étions drogués par l’antisémitisme ».

(JPG)
Hitler rencontre Amin Al-Husseini in 1941.
Photo distribuée par le ministre israélien des Affaires étrangères, Avidor Lieberman, en juillet 2009.



Quand il s’agit du principal ennemi d’Israël, les peuples arabes, les diffamations les plus dures (ou les plus basses) liées au nazisme sont souvent ressorties. Quand la critique de la construction coloniale juive a culminé en juillet, le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a fait circuler une photo de 1941 montrant Hitler avec l’ecclésiastique palestinien Amin Al-Husseini. Alan Dershowitz a publié alors un article scandaleux sur le révisionnisme dans le Jerusalem Post, prétendant que « la direction palestinienne avait joué un rôle important dans l’holocauste de Hitler ». De telles calomnies ne sont pas nouvelles. Tout le temps qu’il a été à le dirigeant palestinien, Yasser Arafat a été comparé à Hitler et les dirigeants palestiniens sont fréquemment présentés comme des partisans du nettoyage ethnique et du génocide contre les juifs. Le chef de la Ligue anti-diffamation, Abraham Foxman, a affirmé que « la survie même des juifs pouvait être à nouveau en danger ».

Que de telles hautes personnalités recourent à ces propos diffamatoires désespérés montre bien la difficulté croissante de leur position. Jouer les victimes n’a jamais été plus difficile pour les majorettes d’Israël, maintenant que les crimes de Gaza sont étalés aux yeux de tous. Les voies dissidentes ne peuvent plus être aussi facilement écartées comme racistes ou démentes, alors que partout dans le monde se manifeste plus d’opposition, au mépris de la chasse aux sorcières antisémites. « Je pense que nous arrivons au terme de l’ère des calomnies, » affirme Finkelstein, «  la puissance de ces attaques s’est considérablement atténuée alors que des personnalités éminentes commencent à remettre en question la politique d’Israël. Cela ne marche plus, ce n’est plus crédible et une fois que ce sera fini, il n’y aura plus rien à cacher de ce que fait Israël. »




Palestine Monitor - traduction : JPP
http://www.info-palestine.net


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Dimanche 25 octobre 2009

Dans un article publié dans The Nation/Edition du 2 Novembre, intitulé «Confessions of an AIPAC Veteran» d’Helena Cobban, Tom Dine, ancien directeur du puissant lobby sioniste à Washington lui révèle comment celui-ci fonctionne. Le Congrès Juif Européen s’installe à Bruxelles pour faire du Lobbying intensif en faveur d’Israël.

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Dans les années 80, Helena Cobban et Tom Dine alors directeur d’AIPAC étaient deux adversaires acharnés la première essayant de convaincre les responsables politiques de Washington que les Palestiniens étaient des gens comme les autres et qu’il fallait discuter avec leurs dirigeants alors que le second s’évertuait à les diaboliser et saper la carrière politique de quiconque ne soutenait pas inconditionnellement Israël.

C’est ce qui est arrivé en 1982 au Sénateur de l’Illinois, Paul Findley, un vétéran de la politique américaine qui 4 ans auparavant avait rencontré le dirigeant de l’OLP, Yasser Arafat, obtenant de lui un document soutenant la solution à deux états, une «de facto reconnaissance d’Israël » selon Findley. AIPAC a financé la campagne de son adversaire afin de faire un exemple, que les membres du Congrès comprennent qui était le maître à bord, et qu’ils leurs fallait suivre inconditionnellement sa position pro israélienne ou risquer une fin de carrière politique anticipée.

Dine a aussi révélé à Cobban qu’il a passé des samedis matin entier à discuter en privé, sans qu’aucun aide ne soit présent, avec le Secrétaire d’Etat sous Reagan, George Shultz, parlant d’aspects vitaux de la politique étrangère US au Moyen Orient, notamment des ventes d’armes.

L’interview de Tom Dine par Helen Cobban s’est passée à Damas ou ce dernier - qui a quitté la direction d’AIPAC en 1993, après 13 ans de bons et loyaux services, et s’est significativement rapproché du camp de la paix, collaborant récemment avec l’ Israel Policy Forum (IPF) une organisation qui soutien la solution à deux états -œuvre actuellement à un rapprochement US –Syrie.

Tome Dine, né en 1940 à Cincinnati, diplômé de l’UCLA en histoire de l’Asie du Sud, a été assistant de l’ambassadeur US à New Dehli pendant deux ans, puis de retour à Washington a travaillé pour le Sénateur Frank Church pendant 5ans, 4 ans pour le Senate Foreign Relations Committee sous Edmund Muskie, et un an pour Ted Kennedy. « Avec Ted Kennedy, j’étais supposé m’occuper de politique de défense, mais en réalité j’orchestrais les efforts pour lui rallier les votes juifs » a-t-il expliqué.

Lorsqu’en 1979 Kennedy a lancé sa campagne pour la présidentielle, se présentant pour les primaires démocrates contre le président Jimmy Carter, Dine a travaillé dur pour Kennedy. «C’est au cours de cette campagne que j’ai rencontré la communauté juive organisée… Ils étaient les rois de la ville ! ». En Mars 1980, Kennedy a obtenu une victoire surprise aux primaires de New York. Le soutien obtenu auprès de la communauté juive y était pour beaucoup, ce d’autant plus que l’ambassadeur US de l’Administration Carter à l’ONU n’avait pas réussi à protéger Israël d’un vote du Conseil de Sécurité dénonçant la colonisation en Cisjordanie. C’est à ce moment là que le conseil d’administration d’AIPAC a offert à Dine le poste de directeur exécutif.

Dine pensait que le style de son prédécesseur à la tête d’AIPAC, Morris Amitay, était trop arrogant. Il voulait reprendre le comportement plus discret adopté dans les années 50 par le fondateur d’AIPAC, Isaiah « Si » Kenen. Néanmoins Dine a reconnu avoir «donné à AIPAC une visibilité. Vous ne pouvez pas développer une institution sans que les gens ne la connaissent.» En 1981 il a livré une bataille acharnée pour bloquer la vente d’avions AWACS à l’Arabie Saoudite que l’Administration Reagan avait proposée. Il a failli perdre cette bataille, mais a réussi à convaincre George Shultz alors secrétaire d’état, de l’inutilité d’une telle confrontation et obtenu d’avoir des discussions en tête à tête les samedi matin. « Nous parlions des futures vente d’armes, de sorte que nous n’ayons plus à nous trouver dans une telle situation de confrontation, c’est une des meilleurs choses qui me soit arrivé, cette association avec George Shultz » a dit Dine. Questionné sur le fait qu’il ait pu discuter de projets de ventes d’armes avec des responsables israéliens avant de se rendre à ces tête à tête avec Shultz, Dine a répondu : « parfois oui, parfois non. Mais certainement avec des personnes au sein de l’exécutif et à Capitol Hill que je respectais. »

Dine avait selon lui quatre objectifs quand il a pris la tête d’AIPAC :

1. Personnellement il voulait diriger une organisation
2. Il voulait stimuler la participation juive dans la vie politique américaine comme cela ne s’était pas vu auparavant
3. Il avait toujours considéré les relations US-Israël comme précaires…et voulait les étoffer, les rendre plus proches et plus fortes.
4. « Si vous les rendez proches et fortes et que vous accroissez la participation politique juive…alors Israël peut prendre le risque de faire la paix »

Les effets de la campagne de Dine pour stimuler la participation juive dans la politique US se sont vite faits sentir aux Etats Unis. Findley n’était pas le seul sénateur qui, ayant dépassé la ligne rouge tracée par AIPAC s’est retrouvé avec un adversaire soutenu financièrement par le réseau national de contributeurs de Dine/AIPAC. Après avoir perdu sa réélection en 1982, Findley a publié un livre «They Dare to Speak Out : People and institutions Confront The Israel’s Lobby ». Le livre détaille les campagnes menées par AIPAC au début des années 80 qui, selon Findley, ont conduit à la défaite d’autres candidats aux postes de Sénateurs, tels Charles Percy et Adlai Stevenson III.

Tous les amis et ennemis d’AIPAC reconnaissent que sa puissance se manifeste activement au niveau du Congres. Au Congres, l’AIPAC déploie un réseau de supporters soutenant inconditionnellement Israël qui ont construit au préalable des relations avec des personnalités politiques dont la carrière est en phase ascendante ou qui va le devenir. Ils notent assidument toutes les actions et attitudes manifestées à l’égard des préoccupations d’AIPAC. Au QG d’AIPAC, ils apportent leur aide à ce processus en distribuant des informations sur comment chaque Sénateur a voté sur des sujets d’intérêt pour AIPAC. En 1982, Dine a embauché M.J Rosenberg pour être le distributeur en chef de ces informations en éditant un bi hebdomadaire « Near East Report » qu’AIPAC envoie à tous les membres et supporters.

Dine a également passé durant ces années au service d’AIPAC de longs moments à discuter avec le premier ministre israélien Isaac Rabin. «Ce n’est pas un secret qu’il était alcoolique- - ou qu’il aimait bien boire. J’avais l’habitude de lui acheter son Johnny Walker Red. Il buvait une bouteille d’un trait. Les meilleures conversations que j’ai eu avec lui c’était dans les années 80 alors qu’il n’occupait plus de fonction politique, des conversations à un niveau intellectuel profond. La majeure partie de ces discussions portaient sur la défense d’Israël. La première Intifada a été un tournant pour lui quand il est revenu au pouvoir (comme premier ministre) en 1992, il était prêt pour la paix ».

Dans la communauté juive pro sioniste américaine, la victoire de Bill Clinton en 1992 a été accueillie avec enthousiasme. Clinton venait de battre Bush père quelques mois après que celui-ci ait osé lier l’octroi d’un emprunt de 10 milliards de $ au gel des constructions dans les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée. De plus, Clinton avait un grand nombre de conseillers pro-sionistes. Son premier responsable pour les questions du Moyen Orient au Conseil National de Sécurité était Martin Indyk, un australien rapidement naturalisé américain qui avait été vice directeur de recherche d’AIPAC avant de le quitter en 1985 pour fonder une boîte à penser très pro Israël, Le Washington Institute for Near East Policy.

Mais pendant la période Clinton, Dine n’a pas fait long feu. En 1993, il a du démissionner après qu’un journaliste israélien ait publié un livre dans lequel il était cité disant : «je ne pense pas que le commun des Juifs se sente à l’aise avec les ultras orthodoxes …Leur image sent mauvais». C’est Steve Rosen qui a orchestré son limogeage, selon Dine, lui étant plutôt libéral alors que Rosen est un Likudnik. Plus tard, Rosen a lui aussi été limogé d’AIPAC après avoir été accusé d’espionnage pour le compte d’Israël en 2005.

Après son éviction d’AIPAC, Dine est devenu président de Radio Free Europe/Radio Liberty, une radio financée par le gouvernement US et dont les principales activités sont de déverser sur les ondes la propagande américaine. Il a fait de RFE/RL le bras « soft » de la propagande US dans les pays musulmans, mais aussi en Europe de l’Est, où elle émet des Balkans jusqu’en Afghanistan. Il a passé 8 ans au QG de RFE/RL à Prague.

En 2007 il est retourné à Washington et est devenu haut conseiller politique pour l’Israël Policy Forum de tendance libérale sioniste. En 2008, l’organisation Search for Common Ground basée à Washington cherchait à recruter quelqu’un pour diriger un projet pour améliorer les relations US Syrie. Dine a fait acte de candidature et depuis il s’est rendu 4 fois en Syrie.

Mais malgré cette « ouverture » en direction de pays « ennemis » de l’état sioniste, Dine reste proche de la position traditionnelle d’AIPAC : soutien inconditionnel à Israël. Questionné sur le fait que résoudre le conflit israélo palestinien était dans l’intérêt des Etats Unis, au lieu de répondre à cette question il a expliqué pourquoi le résoudre était dans l’intérêt d’Israël.

On évoque souvent dans le cas des Sionistes juifs américains le problème de double allégeance. Pour ce qui est de Dine, et de tout ceux qui soutiennent et agissent pour le compte d’AIPAC, la question ne se pose pas. Ils agissent d’abord et exclusivement pour satisfaire les intérêts du régime sioniste. Cela vaut aussi pour les pro-sionistes qui s’activent dans les hautes sphères politiques en Europe.

Pour mieux défendre les intérêts du régime sioniste le Congrès Juif Européen ouvre un bureau à Bruxelles

Récemment, le Congrès Juif Européen a ouvert un bureau permanent à Bruxelles pour, selon ses dires, «encadrer le conflit israélo arabe». Sous couvert de « combat contre l’antisémitisme et de défense des causes juives » c’est à un véritable Lobbying intensif auquel veut se livrer le CJE. Selon son président, Moshé Kantor, le nouveau bureau de Bruxelles (de facto capitale de l’Union européenne) situé Porte de Namur, permettra au CJE de mener «un travail constant et quotidien auprès des parlementaires européens, de rendre visite à des personnalités politiques, et à d’autres groupes de Lobbying». Le bureau du CJE (EJC en anglais) Bruxelles a 4 employés qui vont prendre le relais du bureau de Paris, qui lui emploie 6 personnes, afin de défendre sur place la position d’Israël auprès de l’UE.

L’inauguration de ce bureau de Lobbying sioniste a donné lieu à une cérémonie où on a pu croiser le président de la commission européenne, Jose Manuel Barroso, et celui du parlement européen, Jerzey Buzek.

Au menu du Lobbying, l’Iran et son programme nucléaire. Mais c’est le rapport Goldstone qui a suscité le lancement d’une première campagne de Lobbying intense, le CJE/EJC faisant pression avant son vote au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU à Genève pour que les pays européens votent contre.

Le message distillé à Bruxelles et Paris a été reçu 5 sur 5 par la Sarkosie qui a refusé de participer au vote, une manière de cracher sur ce qui a fait la réputation de la France à l’étranger : la défense des droits de l’homme.

Jeudi 22 Octobre 2009

http://www.planetenonviolence.org/Fonctionnement-D-AIPAC-Vu-De-L-interieur-AIPAC,-Un-Etat-Etranger-Dans-L-Etat-Americain_a2041.html http://www.planetenonviolence.org/Fonctionnement-D-AIPAC-Vu-De-L-interieur-AIPAC,-Un-Etat-Etranger-Dans-L-Etat-Americain_a2041.html

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Vendredi 16 octobre 2009
Par la voie de la duperie, tu feras la guerre » voila la devise du Mossad

 
 Moins d'une semaine après qu’Ankara ait annulé un exercice aérien avec Israël, la chaîne d’Etat TRT1diffuse « Ayrilik » (« adieu »), une nouvelle émission télévisée en prime-time, qui dépeint les vraies images des opérations militaires génocidaires d'Israël à Gaza en Janvier passé.  
 
 Les Israéliens ne sont pas contents. « Diffuser cette série est un cas sérieux d'incitation soutenue par l'État. …, » a dit ce matin le Ministre des Affaires Etrangères Israélien, Avigdor Lieberman. « Une telle série, qui n'a pas même un faible rapport avec la réalité, montre les soldats de l’IDF comme des assassins d’enfants innocents…. ». Je me demande si on doit rappeler à l’extrémiste Lieberman, qui est considéré comme un partisan de l’épuration ethnique et un fier raciste de la suprématiste Juive, que la réalité du terrain en Janvier dernier était « assez en rapport » pour établir une enquête pour génocide et crime contre l'humanité. Ces opérations ont couté la vie à 1400 Palestiniens, et laissé des milliers de blessés, dont la plupart sont des enfants, des femmes et des personnes âgées.
Le show télévisé Turque dépeint en effet les soldats de l’IDF comme des assassins de femmes, d'enfants et de personnes âgées, ce qui est la réalité des soldats Israéliens, et exactement ce que représente Israël politiquement, symboliquement, idéologiquement et dans la pratique.  
 
 Bien que Lieberman essaye d'apaiser la foule israélienne et pourrait même réussir, ses chances de monter la pression contre la télévision et le gouvernement turque sont plutôt limitées. À ce jour, tout le monde sait qu'Israël consiste en l'établissement d'un « Etat seulement pour les Juifs » sur une terre volée appelée la Palestine.  
 
 Pendant ce temps, nous passons beaucoup de temps à écrire et à analyser le conflit israélo-palestinien. Mais les faits sur le terrain sont en réalité très simples. Le sionisme est une idéologie qui aspire au pillage de la Palestine. Israël a mis en pratique le vol de la Palestine et des Palestiniens.
Nous parlons ici d'un projet de renaissance nationale qui a lieu aux dépens d’autres personnes. C'est un projet meurtrier inspiré en soi par la Bible et par le projet immoral de pillage de « terre promise ». C'est une combinaison mortelle de certaines interprétations violentes de l’Ancien Testament avec un présent immoral. La seule question à se poser est de savoir comment ils en sont arrivés la ? Comment ont-ils pu continuer leurs pillages, meurtres, utilisation de phosphore blanc et accumulation d’armes nucléaires ?
 
 La duplicité, la tromperie et les mensonges sont la réponse  
 
 Il y a quelques semaines, le Premier Ministre Israélien, Benjamin Netanyahu, s'est tenu devant l'ONU brandissant les protocoles de la conférence de Wannsee , suggérant qu'il détient la preuve de «  l'extermination nazie de la juiverie Européenne ». Avec le scénario habituel, il a plaidé pour l'empathie des nations. « Est-ce un mensonge ? » il a pleuré. Assez embarrassant, bien que le document qu'il a présenté à l'assemblée était authentique, il a joué en réalité le jeu habituel des sionistes. Le protocole de Wannsee se réfère d'une façon plutôt générale, à la déportation à l'est de l’ensemble de la population juive des territoires occupés Allemands et de l'Allemagne. Bien que le document se réfère à la « solution finale », la solution même qu'il prescrit est assez différente de l'interprétation commune que l’on trouve dans les récits de la Shoa Sioniste. Le protocole de Wannsee se réfère à la base à un sinistre plan pour épuiser les juifs déportés dans des camps de travail effectuant des travaux routiers.  
 
 Pour autant que le document de Wannsee soit dévastateur, sa pertinence avec l'histoire de l'holocauste est plutôt limitée, car le « plan de Wannsee » ne s’est jamais concrétisé en un programme réel effectif. Il n'a, en fin de compte, rien à voir avec l’historique de l'extermination des juifs connu sous le nom de la Shoa. Il ne prévoit aucun plan pour les camps d'extermination ou les chambres à gaz ou quelque chose du genre. En tant que document juridique, il ne prouve rien d’autre que les tendances générales nazies. En tant que document historique il ne « prouve » nullement la Shoa et l'extermination des juifs, il affirme juste que le régime nazi est engagé dans l'idée de Judenreine (épuration des juifs). Cependant, ce fait est bien établi et est même largement admis par les la plupart, si ce n’est, tous les révisionnistes de l'holocauste. Pour autant que Netanyahu ait insisté pour amplifier l'holocauste avec une nouvelle crédibilité, il finit en brandissant devant les nations un papier relativement insignifiant. Inutile de dire qu’il s’en est tout de même tiré.  
 
 Cependant, bien plus crucial est le fait que les directives du protocole de Wannsee composent un programme qui n'est pas si différent du plan criminel de Lieberman pour les Palestiniens. En réalité c'est l’Etat Juif qui assassine les Palestiniens en masse et prive de nourriture ceux qui survivent.
D'ailleurs, il est également très intéressant de se pencher sur les questions suivantes : comment se fait- il que le leader de l'Etat Juif se tienne devant la nation et pavoise au grand jour au nom d'Israël et au nom des juifs ? Qu’apprenons-nous en voyant un leader Israélien essayer de duper l’assemblé de l’ONU tout entière ? Comment se fait-il que le Premier Ministre Israélien parvienne à détourner si facilement l'attention de ses propres crimes contre l'humanité qui, eux, ont bien eu lieu dans le présent, avec un document historique relativement insignifiant ? En bref, comment arrive-t-il à s’en tirer avec ça ?
 
 La réponse pourrait être assez triviale. Comme avec la devise du Mossad, ils font leurs guerres par la duperie. L’ensemble du projet de la renaissance juive repose sur un tas de mensonges. L’ensemble du mythe juif « de terre promise » n'est rien de moins qu'un crime collectif, commis en plein jour, basé sur de faux arguments et sur des mensonges, encore. Initialement, les Sionistes trompaient leurs semblables juifs, mais avec le temps qui passe, ils ont élaboré d’autres tactiques. Depuis un bon moment, ils se jouent de nous tous. Les Israéliens et les Sionistes sont nés d’un mensonge, ils vivent dans un mensonge, ils croient qu'ils peuvent s’en tirer avec des mensonges et de la tromperie, et cette triste vérité doit être dite. D’autant plus que les leaders mondiaux le savent. Comme nous le savons, pas un seul leader mondial n’a protesté à l’ONU contre les entourloupes de Netanyahu. Plus dérangeant est le fait que pas un seul historien ou intellectuel, n’a essayé de montrer au Premier Ministre Israélien, que plus que tout, le protocole de Wannsee décrit en réalité sa propre politique.  
 
 
 Très peu de leaders mondiaux ont la trempe pour s'opposer à l'opération de mystification sioniste. Récemment nous avons eu l’exemple du courageux Iranien Mahmoud Ahmadinejad, du Vénézuélien Hugo Chavez et du Premier Ministre Turc, Tayyip Erdogan. Rares sont ceux qui prennent en considération l’ampleur des atrocités colossales commises par l'Etat Juif. Mais, c’est tout de même mieux que rien.  
 
 La bonne nouvelle est que l'humanisme et l'humanité ne sont pas exactement en possession des politiciens ou des soi-disant « leaders mondiaux ». C'est en fait notre propriété, les membres de la race humaine, les personnes de là-bas (les Palestiniens) qui s'avèrent justement être témoin du mal naissant. La vraie humanité et l'humanisme s’obtiennent par la bonté et l’aspiration à éthique et la véracité des faits. Dans la plupart des cas, ce sont en fait les artistes et les anonymes qui transforment l'humanisme en message vivifiant. Nos interventionnistes d’élus, pour des raisons inconnues, insistent pour tous nous traîner de plus en plus dans les guerres sionistes au nom de l'holocauste, de la démocratie et de la liberté.  
 
 Assez tragiquement, nos leaders Occidentaux sont encore mis sous silence ou « du moins captifs » des mensonges sionistes. Mais ceci ne sera plus un souci majeur. La trahison des idéologies occidentales (parti de droite, gauche et du centre), des politiciens et des institutions sont un fait établi. Succomber aux mensonges sionistes est apparemment juste un symptôme parmi un trop grand nombre d’autres. Non seulement la vérité vaincra, mais elle gagne déjà en réalité. L'identification du mensonge sioniste est de plus en plus de notoriété publique. Comme le nuage brumeux de la brutalité sioniste s’épaissit, nous développons tous une aspiration croissante aux quelques faisceaux de vérité et de grâce. Nous commençons à saisir qu'ils font leurs guerres sur des mensonges. Ils peuvent encore gagner quelques batailles à la pyrrhus, mais ils perdront la guerre.

Traduction Alter Info
 
[http://www.gilad.co.uk/writings/deception-spin-and-lies-written-by-gilad-atzmon.html]url: http://www.gilad.co.uk/writings/deception-spin-and-lies-written-by-gilad-atzmon.html

Par noesam
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Jeudi 8 octobre 2009
No future pour l’entité sioniste selon l’écrivain néerlandais Leon De Winter qui fixe l’échéance fatale à 2024. Du moins dans son dernier roman qui a provoqué de sacrées secousses en Allemagne. Il en ferait probablement autant en France s’il était traduit dans la langue de Molière, ce qui ne devrait sans doute pas trop tarder.

Mais attention, De Winter n’est ni antisioniste ni pro arabe ou pro palestinien. En effet, De Winter se présente lui-même comme un sioniste néerlandais qui, s’il dit adorer l’entité sioniste et son armée, est d’accord avec Mahmoud Ahmadinejad en ce sens qu’il aurait préféré que l’Etat juif voie le jour ailleurs, par exemple au Surinam, ex colonie hollandaise, au Montana ou mieux encore dans l’ex république Démocratique Allemande (RDA).

Tout ça sent bien l’antisémitisme, et il y a tout lieu de penser que De Winter n’est en réalité que le faux nez d’un Mahmoud Ahmadinejad devenu écrivain. Et comme, dit-on, Mahmoud Ahmadinejad serait juif, cette hypothèse farfelue à priori semble finalement tout à fait plausible.

Si je me garderai bien de fixer l’échéance à 2024 comme le fait De Winter, il est néanmoins clair que son roman, tout en faisant appel bien entendu à sons sens de la fiction, extrapole comme il l’explique lui-même à partir de tendances lourdes actuelles.
Et sa conclusion est sans appel : la majorité des Juifs subsistant dans ce qui restera dans l’entité sioniste (dont ceux qui ont un casier judiciaire) chercheront à rentrer chez eux en... Russsie. Tiens, tiens !
A part ça, l’interview de De Winter nous montre quelqu’un très au fait des problèmes politiques du Proche Orient mais qui a du mal à se départir d’une vision à la fois européo et judéocentrique. Ce qui donne finalement un discours assez étrange.
Mais après tout, nous avons ici affaire à un écrivain et non à un spécialiste des questions de stratégie. Quoique, il pourrait sans doute en remontrer à certains.
Questions-réponses avec le réalisateur et romancier Leon De Winter
Christian Science Monitor (USA) 6 octobre 2009traduit de l’anglais par Djazaïri
Nathan Gardels: Pour ceux d’entre nous qui n’ont pas eu l’occasion de lire votre livre “Droit au retour” qui imagine Israël en 2024, quel tableau en brossez-vous ?
Leon De Winter: Je décris un Israël qui est pour l’essentiel le Grand Tel Aviv et la partie nord du Néguev, dont Dimona. Le Nord n’en fait plus partie, le Sud et Jérusalem non plus. Le pays s’est effondré à cause de la pression externe – des bombardements incessants de roquettes – qui a conduit les familles à s’en aller, et à cause d’une érosion interne : les Arabes Israéliens et les Juifs ultra orthodoxes se sont éloignés du centre juif sécularisé de la nation. Ceux qui ont un casier judiciaire, les vieux, et ceux qui veulent simplement rester et défendre le pays quoi qu’il advienne ont été laissés en arrière [c.à.d. dans le grand Tel Aviv].
Mais ce n’est que le cadre, le contexte. Le livre est centré sur Bram Mannheim, un Juif d’origine hollandaise qui a fait l’aliyah à l’âge de 18 ans et devient très jeune un professeur réputé. Il enseigne l’histoire du Moyen Orient à l’université de Tel Aviv. Mais le malheur le frappe quand, en 2008, il s’installe à Princeton avec son épouse et leur jeune fils pour enseigner là bas. Son fils âgé de quatre ans disparait. Soudainement.
Son mariage se brise, sa vie s’arrête et il devient temporairement fou, un psychotique qui vagabonde à travers les USA. Son vieux père le retrouve et le ramène à Tel Aviv. En 2024, Bram dirige un petit bureau qui aide les parents dont les enfants ont aussi disparu dans sa cité ghetto juive appelée Israël. Et, après un attentat dévastateur, apparemment exécuté par un jeune Juif qui avait disparu au même moment que son enfant, Bram reprend espoir, commence à penser que son fils est peut être encore vivant, exactement comme ces autres garçons Juifs qui ont été kidnappés et entrainés à devenir des commandos kamikazes musulmans, des gosses Juifs qui reviendront en Israël pour tuer leurs parents.
Gardels: Votre livre a provoqué une vive émotion en Allemagne où il vient juste de paraître. Certains critiques vous accusent d’avoir une vision sombre de l’avenir à l’instar de voix de plus en plus nombreuses qui soutiennent que la création d’Israël était une erreur dès le début.
De Winter: Permettez moi d’être clair sur mes allégeances personnelles (qui ne sont pas toujours identiques à mes allégeances en qualité d’écrivain): je suis un admirateur du projet sioniste, de la nécessité historique, pour le dire en termes marxistes, de créer un havre de sécurité pour les Juifs Européens en réaction à l’antisémitisme du 19ème siècle.
Ce fut une aventure haletante – mais elle ne s’est pas réalisée dans un vide géographique, culturel ou historique. Elle s’est réalisée alors que le monde musulman se réveillait lentement du coup énorme que lui avaient asséné des forces européennes colossales, à commencer par la facile marche de Napoléon sur l’Egypte en 1798, et que les intellectuels Arabes et Musulmans cherchaient leurs propres réponse sur les motifs de l’effondrement de leur univers.
Il y avait des arguments très forts en faveur d’un Etat juif en Palestine (un nom donné par les Romains à la région – jusqu’à récemment, il n’y a jamais eu de tribu arabe se désignant palestinienne), mais maintenant, des décennies plus tard, si ce n’était que de moi, j’aurais choisi une autre région, comme l’ancienne colonie hollandaise du Surinam, ou le Montana, ou le Nouveau Mexique.
Ou mieux: une région avec de l’or et du pétrole sous terre. Exactement comme les Etats Unis d’Amérique, Israël est l’expression d’une idée et, en tant que telle, elle peut être discutée, son existence peut même être déniée – contrairement à la Chine ou à la France qui sont des entité historiques et non des concepts intellectuels par nature. Mais Israël est là, j’aime y aller, l ‘admirer, je suis ému aux larmes quand j’entends son hymne national ou que je vois ses avions de combat, et en même temps, je suis très inquiet pour son avenir.
Les choses auraient été plus faciles si elle avait été crée juste après la deuxième guerre mondiale dans ce qui devait devenir très vite la République Démocratique Allemande. N’aurait-ce pas été une manière élégante pour les Allemands de payer une partie de leur dette envers les Juifs ?
Gardels: Comment répondez-vous aux critiques qui disent que vous faites du tort à Israël en prédisant un sombre avenir à l’Etat juif ?
De Winter; Aurait-ce été plus réaliste, si j’avais écrit un roman montrant comment, en 2024, les Juifs vont faire du tourisme à La Mecque, comment les princes Saoudiens apprécieront leurs séjours dans les suites luxueuses du Hilton de Tel Aviv, comment le désert jordanien fleurira ; comment les bidonvilles du Caire auront été transformés en banlieues coquettes et que le Moyen Orient respirera la paix, la joie et la félicité ?
J’ai simplement suivi et approfondi les tendances actuelles. J’ai fait mon boulot de manière très réaliste. Je crains qu’Israël ne voie pas son premier centenaire. Pas par manque de vitalité ou d’engagement, mais parce qu’après plusieurs décennies dans une région où ils ont été accueillis avec de la violence, des guerres et de la haine, les Juifs Israéliens concluront qu’ils aiment plus leurs enfants que leur pays.
Gardels : Qu'est-ce qui vous a incité à écrire un tel livre ?
De Winter Des nuits sans sommeil.
Gardels: Que doit-il se produire – ou ne pas se produire – vers 2024 pour que votre vision ne devienne pas réalité?
De Winter: Un miracle, de préférence. L’arrivée du messie serait une bonne surprise, ne croyez-vous pas ? Si ce n’est pas possible, une révolution de la société civile dans le monde arabe serait aussi un événement positif – désolé, ça fait aussi partie de la solution miraculeuse. Je veux dire qu’il n’y a pas de solution. C’est un vieux conflit tribal, atavique. Il n’y a guère de conflits de ce genre dans notre monde actuel, mais ils ont été fondamentaux dans le développement de notre monde : la lutte pour la terre.
Autrefois, ces conflits se résolvaient très simplement. Un groupe exterminait l’autre. Fin du conflit. Nous n’acceptons plus ce genre de traitement du problème, à juste raison. Nous demandons du bon sens, des compromis. Mais ce conflit se définit par deux groupes avec de très fortes revendications et traditions. Ils excluent l’un chez l’autre l’idée de raison. Ils doivent abandonner certains aspects de leurs revendications qu’ils considèrent comme sacrés. Du temps, plus de temps pourrait aider, si le peuple iranien parvient à transformer la révolution chiite en révolution civile – ce serait un événement étonnant, avec de vastes répercussions pour le monde entier.
Gardels : Vous avez dit que vous ne vivriez pas en Israël. Pourquoi ? Comment Israël a-t-elle évolué ?
De Winter: Je ne veux pas vivre là bas parce que je pense que d’autres pays ont le droit, eux aussi, d’avoir pour citoyens des Juifs comme moi, entêtés, pénibles, qui sont toujours à se plaindre
Gardels: Où selon vous vivra la majorité des Juifs dans 20 ans? A nouveau en Europe ? Aux USA ?
De Winter: Dans mon roman, les Juifs qui restent encore à Tel Aviv veulent tous aller à Moscou, comme dans une pièce de Tchékhov. Poutine est président de la Russie pour la troisième fois. En 20024, on le considère comme l’homme d’Etat le plus important dans le monde. La Russie est riche ; dans les principales villes russes, des Juifs jouent à nouveau dans des orchestres symphoniques, il y a des restaurants chics, la nui, les rues sont illuminées et des femmes sont en manteau de vison avec des hommes vêtus élégamment vont au théâtre, et ils goûtent de magnifiques petits gâteaux, des petits fours, dans des cafés avec des chandeliers.
Malgré le vieil antisémitisme russe, il y a eu un lien très fort entre les Juifs et la Russie – il y a une mélancolie partagée par les Juifs et les Russes, un sens de l’écoulement dramatique du temps, et l’attente d’une terre lointaine, au delà de l’horizon. Donc, les Juifs de mon roman rêvent de rentrer chez eux à Moscou.
Leon de Winter est un cinéaste Hollandais et un des romanciers néerlandais les plus appréciés. Il est issu d’une famille de Juifs orthodoxes qui, grâce à un réseau de résistance catholique, échappa à la capture par les nazis. Dans ses romans, dont « Zionoco » et « God’s Gym, » les protagonistes sont en quête de leur identité juive. Son nouveau roman sujet à controverse s’intitule « Droit au retour. » Il n’est pour l’instant disponible qu’en néerlandais et en allemand.


Nathan Gardels est rédacteur en chef de New perspectives Quarterly et de The Global Viewpoint Network

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Vendredi 3 avril 2009

Entre le Pin et l’Olivier

Par Maria Poumier

 

Le dernier ouvrage en date d’Israël Adam Shamir, Le Pin et l’Olivier, éd. Booksurge, (http://www.amazon.com/lolivier-charmes-discrets-Terre-sainte/dp/141966056X a France: EPE, chez M. Sfar, 1 rue Cassini 75014, Paris; plumenclume@yahoo.com) est le couronnement de sa réflexion sur la Palestine, parce que c’est une encyclopédie (382 pages très serrées) sur cette intersection des civilisations, et que l’auteur y déploie la méthode dialectique dont ses articles de combat semblent parfois nous éloigner, par leur tir à répétition sur une cible privilégiée, l’idéologie judaïsante, ses métastases cachées et ses méfaits qui crèvent les yeux. Depuis la nuit des temps, le messager de nouvelles qui font mal attire sur lui la haine. Mais la haine hystérique des borgnes et des aveugles est en elle-même un certificat de qualité, de lucidité. Plaignons-les, les « malsins »[1], ces formatés par la terreur à l’intérieur d’un quelconque ghetto de leur choix, qui ne savent échapper à leurs hantises que par la manie du harcèlement policier, partout où la pensée respire, où la pensée déborde !

 

« La mauvaise monnaie chasse la bonne […] et nous qui avons survécu [à cette loi de la sélection dans notre monde docile au marché] , nous sommes peut-être la mauvaise monnaie chassant la bonne», écrit Shamir (p. 31). Avec ce « nous », l’essentiel du livre est dit. Nous, c’est le couple infernal, les Guëlfes et Gibelins du temps présent, ceux que le camp dominant appelle les Juifs et les Antisémites, « nous », c’est cette médiocrité commune qui nous ressemble et nous rassemble. Shamir écrit à partir de son horizon russo-palestinien, c'est-à-dire eurasiatique, pour des lecteurs occidentaux. Avec une prudence louable et respectable, il évite de s’engager sur les terrains culturels qu’il connaît moins. Dans ce livre, son « nous », ce sont d’abord les gens qui lisent en russe, la langue originale de ce livre, certainement ses lecteurs les plus exigeants, parce qu’ils glosent avec lui le même héritage, les mêmes aïeux et les mêmes livres inépuisables ; puis la famille de Shamir s’est élargie, depuis le début du siècle et de l’intifada, moment où il a choisi de s’exprimer en anglais et de prodiguer son talent dans le monde riche, celui pour qui le web est une caverne d’Ali Baba, un inépuisable gisement des joyaux de la féerie mentale. La première traduction de Le Pin et l’Oliver est cependant la traduction française, parfaitement maîtrisée [2]. A partir de ce moment, le « nous » du livre est devenu un nous français, Shamir a trouvé une nouvelle écoute privilégiée, celle du pays agité dont le Finisterre regarde toujours un peu plus loin, un peu avant les autres, à la pointe de l’Eurasie. 

 

Pour retrouver une monnaie de bon aloi, en soi et en nous autres, Shamir s’enfonce dans les époques les plus reculées, pré-bibliques, ces temps sur lesquels les militants ordinaires, lecteurs de ses articles, croient n’avoir nulle prise, et s’en remettent aux spécialistes, abdiquant leur esprit critique, et manifestant parfois un ressentiment d’esclaves, devant des herméneutes moins submergés qu’eux par la matière. Première leçon de méthode : les origines sont là, elles ne nous quittent pas, les ancêtres réclament en offrande notre reconnaissance de leur existence pleine, augmentée, et non pas amoindrie, du poids des millénaires. Shamir introduit d’ailleurs, comme d’autres penseurs occidentaux, une réhabilitation du polythéisme, dit primitif, qui ouvre d’immenses perspectives, pour sortir des impasses monothéistes ou se disant athées. [3]

 

Pour fil d’Ariane, dans ce voyage au centre, cette recherche du plus profond dans les évènements disparates et les imprévisibles du passé, le pas d’un âne. Dans son ouvrage antérieur Pardes, une étude de la Kabale, Shamir avait déjà fait une place de choix à cet animal. [4] Dans d’autres articles, il a repris plusieurs vieilles fables palestiniennes qui ont pour personnage central un âne, sans oublier celui qui porte Jésus à Jérusalem le dimanche des Rameaux. Ici, c’est l’ânesse Linda qui commande : elle a promené Shamir de Judée en Samarie et Galilée, dans les années où, jeune immigrant soviétique, il découvrait son nouveau pays. La deuxième leçon de méthode, c’est donc Linda : les bêtes tracent les chemins des hommes, et ce sont elles qui nous portent. Le sens de l’histoire, l’homme le trouve à parcourir son territoire, au pas sûr de plus petit et plus solide que soi. Et c’est le paysage qui révèle, qui est le grand tableau divinatoire.

 

Le Pin et l’Olivier est donc un récit de voyage, écrit à la façon des romantiques, le voyageur rêveur étant en lui-même la mesure de toutes les curiosités. En parfait respect des priorités naturelles, c’est entre autres qualités un guide de la gastronomie palestinienne, et un guide des chemins de traverse  pour touristes et pèlerins de toute farine.

 

Les époques, les invasions, batailles, énigmes, forteresses, clochers, minarets, palaces et ruines se succèdent et s’entassent : Sarrazins, Croisés, Perses, Grecs, Turcs, Byzantins,  Thaïlandais, Ethiopiens, Marocains ou Russophones : la leçon pour le présent en est que l’invasion ashkénaze du XXème siècle est bien moins singulière qu’il ne nous paraît : comme les autres, elle sera absorbée, naturalisée, digérée par la terre. La singularité de notre temps est dans le fait que nous en ayons été pris tellement au dépourvu, nous, les Occidentaux suffisants. Shamir reste froid et hardi, dans l’analyse du mal comme dans les remèdes : « La perte de l’indépendance n’est pas plus mortelle que celle de la virginité » (p. 96).

 

 

Cette grande compilation de batailles et de sièges témoigne du goût imperturbable de l’auteur, (fier des qualités de Tsahal, dont il a été), pour la guerre. Comme pour ses héros, les blessures que tentent de lui infliger ses ennemis, les parangons du  venimeux, n’en sont pas pour lui. Entre les lignes, voici ce qu’on entend, surtout dans la dernière partie du livre : Raciste, moi ? Si je ne m’apitoie pas, comme il est de bon ton de le faire, sur les souffrances des vaincus ni même celles des juifs, c’est parce que je suis capable d’en supporter bien plus encore, des coups d’épingle empoisonnée de vos hypocrisies féroces ;  et je tiens à porter le fer dans la plaie parce que la douleur que j’inflige fait hurler et donc parler, vous fera cracher votre vérité. Je vous attends au tournant, je vous laisse venir, vous les véritables racistes, dans toute la dimension hideuse de la chose ! Dégoisez, dégoisez, j’écoute… Shamir donne d’ailleurs une clé de déchiffrement du racisme institutionnel et actif même chez les contempteurs officiels des discriminations, à partir du cas des Israéliens de gauche qui agissent « comme les Américains d’aujourd’hui renient les colons qui ont égorgé les Indiens, sans pour autant renoncer au territoire de l’Amérique qu’ils ont acquis par cet égorgement » (p. 240). Le nez écrasé dans ce cinglant portrait qui englobe tout l’Occident, il nous faudra bien un jour aller au-delà des  « yaka » incantatoires…

 

De fait, la parole brûlante de Shamir, qui fait glapir les douillets, nous a déjà rendu beaucoup de santé. L’idée impensable d’un seul Etat pour tous, avec le miracle sud-africain pour modèle, il en a été le pionnier. Malgré la farouche obstination de l’antisionisme officiel, celui qu’Israël considère comme tout à fait tolérable dans ses marges, l’idée du mariage forcé et fécond entre le Blanc et le Noir, la Victime et le Bourreau, le Néo-nazi juif et le Palestinien normal, sur tout le territoire naturellement délimité du Jourdain à la mer, et du Liban à l’Egypte, cette idée, la seule digne de ce nom, avance, et commence à percer avec force (voir Steven Friedman et Virginia Tilley - " Taken for a ride by the Israeli Left ", The Electronic Intifada, 26 janvier 2007, traduit par Michel Ghys sur  http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=682&var_recherche=+virginia+tilley ).

 

Un chapitre dans Le Pin et l’Oliver, surprend, c’est « L’intermède espagnol » ; l’auteur tire d’un parcours de Tolède à Gibraltar la conclusion qu’on n’attendait pas de celui qui a été sacré champion de l’antisémitisme érudit par ses ennemis incultes, et insensible à la  bienséance idéologique : les chrétiens étaient les sionistes de leur époque, et les Rois catholiques n’auraient pas dû expulser ni les Juifs ni les Maures, ils ont entamé le processus de désertification spirituelle de l’Andalousie ; la preuve en est, cinq cents ans plus tard, que les habitants côtiers vendent stupidement leurs rivages aux promoteurs véreux qui ont en un demi-siècle défiguré le littoral ; les Andalous ont perdu leur ressort, leur lien viscéral et sacré avec leur propre paysage. Le raccourci dans le temps est osé, les antisémites (im)purs et (dur)durs vont pousser de hauts cris : voilà le juif qui montre le bout de l’oreille, au final ! A travers la métaphore espagnole, ce qu’il suggère, c’est que les Palestiniens gardent les juifs envahisseurs parmi eux, comme si de rien n’était, comme si cette racaille n’allait pas aussitôt recommencer à les saigner ! [5] Mais Shamir est aussi le traducteur de Abraham Zacuto[6], le grand géographe et penseur judéo-espagnol du XVème siècle, et il sait de quoi il parle, en matière de judaïsme, hispanique ou autre. Quoi qu’il en soit, d’ailleurs, ce chapitre nettement philosémite ne calmera en rien le zèle inquisitorial des judaïsants espagnols contemporains. Il est probable que Shamir ne l’a pas rédigé pour rentrer dans leurs bonnes grâces, et un jour viendra où les meilleurs parmi les Espagnols classeront Shamir comme un des leurs, un héritier fidèle de la grande famille des  juifs sincèrement convertis saint Jean de la Croix, Bartolomé de las Casas, sainte Thérèse d’Avila, écrivains, batailleurs et bâtisseurs autrement profonds que les censeurs de Shamir.

 

Shamir surprend, parce qu’il voit plus loin que ses lecteurs, non seulement dans le passé mais aussi dans l’avenir.

 

Entre le Pin, l’arbre que les immigrants russes et canadiens ont planté pour rayer de la mémoire les villages palestiniens, et l’Olivier tragique qu’on arrache tous les jours à ses cultivateurs, il y a tout ce qui fleurit : le bon sens chevronné, celui des fables datant d’Adam et Eve, celui des blagues de la rue anonyme (celle qui nous venge des censeurs de tout poil), l’élégance dans le récit et la fulgurance argumentaire; il y a aussi le parfum que la terre saignante elle-même exhale : le chapitre sur le péché originel de l’Etat d’Israël, le vol des terres, est une ancre, qui ramène chaque autre crime à ses proportions subséquentes : « Deir Yassine Remember », reste le mot d’ordre de toute réparation vraie (« La source du mal », pp. 160 et suivantes).

 

Shamir, qui n’a même pas peur de son ombre, raconte et explique son étape sioniste, dans le sillage de Gershom Scholem, avec émotion, et fierté. On comprend ses contradictions lorsqu’il fait la comparaison avec d’autres épisodes historiques sur lesquels l’amnésie sélective semble la seule issue de secours du croyant: « Aujourd’hui, il est difficile d’ajouter foi aux belles chansons de Palmah, comme aux belles chansons des constructeurs du Komsomolsk: l’expulsion, comme le Goulag, recouvre tout ce que l’époque eut de bon (p. 181).

 

Le livre se termine par des développements sur les différentes tendances du judaïsme à l’époque moderne, et les occasions qui se sont présentées pour que cette religion retrouve une validité universelle, échappe à son usage actuel et trivial, tribal et sans scrupules. Le commentaire sur l’apostasie de Sabbataï Tsevi, « le Messie hérétique » du XVIIème siècle, (pp. 359-367) peut être lu comme fable résumant les rapports entre le mythe et l’histoire factuelle. La source en est Renan.

 

Encore une fleur à cueillir au passage, dans ce livre paysage et fourmillant : l’origine de la parabole du bon Samaritain, l’une des plus révolutionnaires de l’Evangile ; et Shamir tend la main aux athées honnêtes dans sa conclusion : « Jésus, descendant de l’antique famille royale juive et d’un lignage sacerdotal, rendit les idées de la Tora à toute l’humanité, et son origine sacerdotale et royale nous rappelle les nobles qui, comme Lénine, Mirabeau ou les Gracques, prirent le parti du peuple contre « leurs frères de classe » (p. 140).

 

Ce livre donne sens à la Palestine en tant que Terre sainte pour tous, sans la moindre bigoterie. Il nous concerne tous, nous qui pouvons le lire. Les leçons qu’il donne, à nous de les transposer sur chaque autre Terre sainte où se posent les questions des invasions et du pillage des richesses naturelles et spirituelles. Nous sommes la fausse monnaie, oui, il faut le reconnaître, falsifiée par l’arrogance tartuffique que nous admirons, partageons et attribuons parfois aux sionistes seuls, dans un effort incomplet de distanciation ; par la vertu de l’esprit, « la fontaine miraculeuse, la seule : plus on y puise, plus il y en a », nous pouvons, c’est à portée de flèche, redevenir personnes ne bon aloi, la bonne monnaie qui permet le véritable échange.

 

Les musulmans qui aiment Shamir considèrent qu’il est à mi-chemin de sa conversion à l’Oumma. Inch Allah, que Dieu lui prête vie pour découvrir encore d’autres territoires, encore plus universels que ceux qu’il connaît à ce jour. Il faut d’abord qu’il soit lu, pour que lui revienne en miroir ce qui, dans ses écrits, vaut le plus, est fondateur, et ce qui, comme en chacun de nous, n’est guère que le reflet indompté de préjugés dont il a hérité, et qui peuvent être surmontés.

 

De cet écrivain rare que recherchent les assoiffés de justice et de sens, une forte métaphore, en  sa forte traduction par Marie Bourrhis : «  J’aime à cheminer dans le désert sans gourde: ainsi, mourant de soif, j’atteins à grand-peine une source et je m’y jette pour boire jusqu’à plus soif. Pour moi, c’est une métaphore de la vie en soi: un désert avec des sources; dans la vie aussi, je vais sans gourde et un jour peut-être, je ne trouverai pas la source de l’eau, ou de l’argent, ou de l’amour. Cette incertitude fatale est le prix de l’insouciance. Mais si l’on cède à la tentation de rester à la source, on se souvient des autres sources, celles que l’on ne connaît pas encore, et l’on reprend la route. » (Le Pin et l’Olivier, p. 142)

 

Notes :

 

[1] « Malsines » est le nom espagnol des délateurs qui, dans les communautés juives médiévales, mettaient tout leur zèle à renseigner les autorités rabbiniques sur les mal pensants ; les historiens espagnols considèrent qu’ils se sont recyclés parmi les rabatteurs pour l’Inquisition catholique, dans le sillage de Torquemada, juif converti.

[2] Le livre peut être commandé, pour l’instant, dans toutes les librairies franchement malpensantes, sur les sites de vente par internet, et à l’association Entre la Plume et l’Enclume, chez M. Sfar, 1 rue Cassini, 75014, Paris, accompagné d’un chèque de 28 euros, incluant les frais de port pour la France.

[3] « L’origine commune du judaïsme, de l’orthodoxie, du christianisme latin et des deux

rameaux de l’islam entretiennent l’illusion que le monothéisme est une évidence. On

parle «du dieu unique» en regardant de haut les polythéistes. Mais ce n’est qu’une aberration

culturelle. Comme toutes les théories religieuses propagées de nos jours (le léninisme,

le maoïsme, le monétarisme de Milton Friedman), le monothéisme donne l’impression

d’être le seul possible et le seul exact. Mais si on réfléchit, la vision du monde

d’Homère correspond bien davantage à la réalité. Il est bien plus facile et bien plus

logique d’expliquer les malheurs et le salut, les catastrophes et l’épanouissement par

un conflit entre plusieurs dieux, que par un changement d’humeur du dieu unique.

Pour expliquer pourquoi le bon souffre tandis que le méchant prospère, le monothéisme

doit introduire le concept de vie après la mort où tous seront traités selon leurs mérites.

Le bouddhisme, quant à lui, recourt à la réincarnation et au rachat des péchés dans une

prochaine vie, alors que les polythéistes l’expliquent plus simplement par l’intercession ou

l’hostilité de tel ou tel dieu. Dans ces conditions, plus besoin de vie éternelle ou de

métempsychose.[…] Nous rencontrons de plus en plus souvent cette idée: Marek Glogoczowski, philosophe hérétique polonais, propose d’identifier «le dieu «juif» avec Mammon et attrtibue à Allah la destruction de son temple à New-York. Il est tout simplement impossible d’expliquer les catastrophes naturelles sans le polythéisme: la Bible elle-même a

dû introduire Satan (dans le livre de Job) comme divinité inférieure. Les cabalistes juifs

sont carrément revenus à un polythéisme évolué. Conscients des insuffisances du monothéisme, les orthodoxes et les catholiques ont complété laTrinité avec le culte des saints, et Daniil Andreïev a élaboré un système néoolympien fondé sur les Outsraors. Et maintenant que l’européocentrisme du XIXe siècle a disparu et qu’on s’est familiarisé avec le polythéisme de nations évoluées comme la Chine, le Japon, l’Inde, on comprend plus facilement le polythéisme antique ». (p. 334-335)

[4] « L’Ane du Messie », selon le prophète Zacharie, l’âne d’Abraham, celui de Moïse, et d’autres ; voir Pardes, Une étude de la Kabbale, éd. Alqualam, 2004 (diffusion : association Entre la Plume et l’Enclume, plumenclume@yahoo.net )

[5] « Ce qui s’est passé il y a si longtemps en Espagne peut se comparer à l’histoire de

la Palestine. Les chrétiens d’Espagne, repoussés vers le Nord, ont choisi une idéologie

qui ressemblait beaucoup au sionisme. Ils se sont efforcés de reprendre leurs lieux symboliques: toute l’Espagne était chrétienne, en effet, à l’arrivée des Maures. Ils ignorèrent

le fait que la majorité de la population du Sud de l’Espagne était restée sur place

et s’était en partie convertie à l’islam, et que même ceux qui étaient restés chrétiens

avaient subi l’influence tolérante du califat de Cordoue avec son pluralisme. Ils ignorèrent

le fait que la population du centre et du sud de l’Espagne s’était jetée dans les

bras des Maures et que les envahisseurs et les gens du pays étaient de la même famille

ethniquement et culturellement. Les chrétiens du Nord préférèrent une histoire mythique plus simple: les Maures avaient conquis l’Espagne, il fallait les chasser et rendre l’Espagne aux Espagnols, comme s’il s’agissait d’un peuple étranger qu’on pouvait chasser en conservant son propre peuple et sa propre terre ». (p. 249) « L’exemple espagnol devrait être présent aux yeux des Israéliens et des Palestiniens: l’expulsion en masse de la population détruit un pays non pas pour des années mais pour des siècles, et la richesse confisquée aux expulsés est une malédiction. Dans la lutte contre la culture de l’autre, la culture du destructeur périt elle aussi, tandis que la persécution d’une minorité ethnique peut amener la perte des libertés de la majorité. » (p. 256)

[6] Rabbi Abraham Zacuto, The book of Lineage or Sefer Yohassin, Translated and Edited by Israel Shamir, Zacuto Foundation, 2005.

  http://www.israelshamir.net/French/Poumier3.htm

Par noesam
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Lundi 30 mars 2009
Négociations secrètes entre Israël et le Fatah à Washington



Des consultations secrètes se sont ouvertes, mercredi 18 mars à Washington, entre Israël et le Fatah, indique-t-on de source bien informée.

Les rencontres sont présidées par Martin Indyk (ancien directeur de l’AIPAC et ancien ambassadeur en Israël). La délégation palestinienne est conduite par Saeb Erekat (éternel négociateur du Fatah, des Accords d’Oslo à la conférence d’Annapolis). La délégation israélienne, quant à elle, est conduite par le général Gabi Ashkenazi (chef d’état-major).

Officiellement l’ambassadeur Indyk [photo] ne fait pas partie de l’administration Obama et on ignore à quel titre il a convoqué cette réunion.

Il semble que les débats portent entre autres sur la proposition russe de conférence de paix à Moscou.


17 mars 2009
La CIA envisage l'afflux de 2 millions de réfugiés israéliens aux USA
La CIA envisage l’afflux de 2 millions de réfugiés israéliens aux USA
 
  14 mars 2009
Chuck Norris organise la première réunion de milices pour la sécession du Texas
Chuck Norris organise la première réunion de milices pour la sécession du Texas
 
  11 mars 2009
Obama dans la continuité de Bush en Amérique latine
Obama dans la continuité de Bush en Amérique latine
 
http://www.voltairenet.org/article159366.html
Par noesam
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Jeudi 26 mars 2009
Crimes De Guerre D'Israël/Sanctions/Justice

La Banalisation Du Mal Sioniste Imprimée Sur Des T Shirts

Autrefois le slogan des SS - Soldats Sionistes- c'était "je tire je pleure". Actuellement c'est " je tire je jouis". Un article d' Uri Blau du 20/03/09 publié sur www.haaretz.com, décrit la Banalisation du Mal Sioniste en paroles et en images. A voir courte vidéo de ces T Shirts montrant la Folie Sioniste. Ce n'est même plus Sionisme = Nazisme, mais Sionisme PIRE que Nazisme, parce que le Mal Nazi a été combattu alors que celui du Sionisme est activement soutenu par les gouvernements des grandes puissances occidentales, et toléré par d'autres ( Inde, Chine, Japon...) dans l'indifférence générale d'une opinion publique QUI SAIT.



1 Tiré 1, 2 Tués
1 Tiré 1, 2 Tués

Note Editoriale

Plus c'est petit plus c'est difficile (à tirer)
Plus c'est petit plus c'est difficile (à tirer)
Nous publions ci dessous des extraits " à charge" de cet article.

Israël est devenu expert en matière de "soul searching" (débat intérieur), auto analyse, critique narcissique, pour

1) minimiser les atrocités commises,

2) se donner bonne conscience en adoptant une telle démarche,

3) pour que les sionistes israéliens après avoir suivi ce type de "thérapie" puissent, ayant "soulager leur conscience" continuer à massacrer les Palestiniens.


En aucune façon nous ne voulons contribuer à cette forme d'auto justification particulière souvent empreinte d'ailleurs d'une touche de victimologie. Les médias israéliens font leur sale boulot de "contrôle des dommages" de l'image de l'armée israélienne suite à l'Opération barbare Plomb Durci contre la population palestinienne de Gaza. Ils sont soutenus en cela par des médias occidentaux comme ARTE, qui vient de diffuser ( 17/03/09) un film de propagande d'un israélien, Yaniv Mozer, intitulé " Ma Première Guerre" (guerre du Liban 2006) qui entre tout à fait dans cette démarche. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard si ce film vient d'être diffusé peu de temps après les massacres de Gaza.

Il s'agit de "blanchir" encore une fois l'armée israélienne. Nous refusons de participer à ce blanchiment.

La Mode 2009 Style IDF : Bébés Palestiniens Morts, Mosquées Bombardées - Extraits

Obscénités Sionistes
Obscénités Sionistes
"Le bureau de l'atelier d'impression Adiv au Sud de Tel Aviv s'occupe d'un flot constant de clients, dont un grand nombre sont des soldats en uniforme qui viennent pour commander des vêtements portant l'insigne de leur unité, habituellement accompagné par un slogan et un dessin de leur choix. Ailleurs dans les locaux, les esquisses sont transformées en plaques utilisées pour imprimer ce qui a été commandé, principalement des T Shirts et des casquettes de baseball, mais aussi des cagoules, des polaires et des pantalons. Un jeune arabe de Jaffa supervise les travailleurs qui impriment les mots et images, et remet ensuite le produit fini.

"Des bébés morts, des mères pleurant sur la tombe de leurs enfants, un fusil pointé vers un enfant et des mosquées détruites par des bombardements - quelques exemples des images que les soldats de l'armée israélienne dessinent ces temps ci pour être imprimés sur leurs T Shirts qu'ils commandent pour marquer la fin de leur entraînement, ou de leur service sur le terrain. Les slogans accompagnant les dessins ne sont pas non plus anodins : un T Shirt pour des tireurs d'élite de l'infanterie porte inscrit à côté d'un dessin d'un bébé palestinien mort avec sa mère pleurant et un ours en peluche à côté de lui : " Mieux Vaut Utiliser Durex" (Durex est le nom d'un préservatif ndlt). Un T Shirt d'un tireur d'élite du bataillon Shaked de la Brigade Givati montre une femme enceinte avec surimposé sur son ventre l'oeil du fusil qui permet de viser et le slogan en anglais, " 1 tiré, 2 tués". Un T Shirt de "remise de diplôme" pour ceux qui ont terminé un autre cours de tireur d'élite décrit un bébé palestinien qui devient un gamin combatif et puis un adulte armé, avec les inscriptions : " Peu importe comment cela commence, on y mettra fin".

"Il y a également plein de T Shirts portant des messages sexuels évidents. Par exemple, le bataillon Lavi a sorti un T Shirt avec un dessin d'un soldat près d'une jeune femme portant des ecchymoses et le slogan : " je parie que tu as été violée!". Un certains nombre d'images mentionnent des actions dont l'armée officiellement nie l'existence - comme le " confirmation de tuer" ( tirer une balle dans la tête d'une victime ennemie à bout portant, pour s'assurer qu'il est mort), ou faire du mal à des femmes et enfants non combattants, ou endommager des sites religieux.

"Dans de nombreux cas, le contenu est soumis pour approbation à l'un des commandants de l'unité Ces derniers cependant n'ont pas toujours le contrôle de ce qui est imprimé car le dessin est une initiative privée des soldats dont ils n'entendent jamais parlé. Des dessins et slogans auparavant interdits dans certaines unités ont été approuvés pour distribution ailleurs. Par exemple, des T Shirts déclarant : " nous ne décompresserons pas tant que nous ne confirmerons pas la tuerie" ont été interdits par le passé ( l'armée israélienne affirme que cette pratique n'existe pas) pourtant le bataillon Heruv en a imprimé certains l'année dernière.

"Le slogan " que chaque mère arabe sache que le sort de son fils est entre nos mains ! " avait auparavant été interdit d'utilisation sur un autre T Shirt d'une unité d'infanterie. Cependant, cette semaine, un soldat de Givati a dit qu'à la fin de l'année dernière son régiment a imprimé des douzaines de T Shirts, polaires et pantalons portant ce slogan.

"Ce slogan est accompagné d' un dessin représentant un soldat ressemblant à l'ange de la mort près d'un fusil et d'une ville arabe. Le soldat explique. " Le texte était très puissant. Le plus drôle c'est que quand nos soldats sont venus chercher les T Shirts, l'homme qui les a imprimés était un Arabe, et le soldat s'est senti si mal à l'aise qu'il a demandé à la fille au comptoir de les lui apporter".

"L'esquisse est-elle présentée au commandant ?

"Le soldat Givati : " habituellement les T Shirts font l'objet d'un processus de sélection par un officier, mais dans ce cas, ils ont été approuvé au niveau du sergent du régiment. Nous avons commandé des T Shirts pour 30 soldats, et ils étaient vraiment tous emballés, et chacun en voulaient plusieurs exemplaires, et a payé en moyenne 200 Shekels". ( environ 37 Euros ndlt)

"Que pensez vous du slogan imprimé ?

"Je ne l'aimais pas trop mais la plupart des soldats le voulaient".

"Un grand nombre de T shirts controversés ont été commandés par des soldats diplômés des cours de tireurs d'élite, regroupant des soldats de d'unités diverses. En 2006, des soldats du cours "Carmon Team" destiné aux soldats sélectionnés pour les unités d'élite ont imprimé un T Shirt portant un dessin avec dans la ligne de mire d'un fusil un palestinien brandissant un couteau et le slogan, "tu dois courir vite, courir vite, courir vite, avec que tout soit fini". il y a un dessin de femmes arabes pleurant au dessus d'une tombe et les mots : " et après elles pleurent, et après elles pleurent" ( Ces mots reprennent le couplet d'une chanson israélienne célèbre). Un autre T Shirt de tireur d'élite montre un homme arabe dans la ligne de mire, et l'annonce : " Tout est fait avec les meilleures des intentions" ...

" Quand ces T Shirts sont-ils portés ?

"G. " Ce sont des T Shirts portés à la maison, pour faire du jogging, dans l'armée. Pas pour sortir. Parfois des gens vous demanderont de quoi il s'agit"....

"... Pourquoi dessiner une cible sur un enfant - tirer vous sur des enfants ?

"" Comme tireur d'élite, on a beaucoup de situations extrêmes. Vous voyez brusquement un petit garçon qui ramasse une arme et c'est à vous de décider de tirer ou pas...."

"...Avez vous rencontré une telle situation ?

""Heureusement non pas impliquant un enfant mais une femme - oui. Il y avait quelqu'un qui tenait une arme, mais elle était près d'une zone interdite et aurait pu constituer une menace."

"Qu'avez vous fait ?

""Je n'ai pas pris de risque ( j'ai tiré)."

"Je suppose que vous ne le regrettez pas.

""Non. Je devais tirer sur quiconque, j'ai tiré."...

"Un T Shirt imprimé après l'Opération Plomb Durci à Gaza pour le Bataillon 890 de parachutistes montre un soldat ressemblant à King Kong dans une ville attaquée. Le slogan est sans ambiguïté : " si vous croyez qu'on peut s'en occuper, alors croyez qu'on peut détruire."

"Y. un soldat d'une Yeshiva ( école religieuse) a conçu le T shirt : " vous prenez quiconque (dans l'unité) sachant dessiner et vous le donnez aux commandants avant l'impression," a-t-il expliqué.

"Qu'est ce que le soldat tient dans sa main ?

"" Une mosquée. Avant de dessiner le T Shirt j'ai eu quelques craintes, car je voulait qu'il ressemble à King Kong, mais pas trop monstrueux. Celui qui tient la mosquée - je voulait qu'il ai un visage plus normal, pour que cela n'ai pas l'air d'une caricature antisémite. Certaines personnes qui l'ont vu m'ont dit : " est ce que c'est ce que tu as à montrer de l'IDF ? Qu'elle détruit des maisons ? Je peux comprendre les gens qui regardent cela de l'extérieur, et le percevoir ainsi, mais j'étais à Gaza et ils mettaient continuellement l'accent sur le fait que l'objet de l'Opération c'était de semer la destruction sur les infrastructures, de sorte que le prix payé par les Palestiniens et la direction leur fasse comprendre que cela ne vaut pas la peine de continuer à tirer. Donc, dans le dessin, c'est l'idée que nous venions pour détruire"....

"... Après l'Opération Plomb Durci des soldats de ce bataillon ( régiment de démolition du Bataillon 13 des Golani dénommé les "Prédateurs de Nuit") ont fait imprimer un T Shirt décrivant un vautour pénétrant sexuellement le premier ministre du Hamas, Ismail Haniyeh, avec un slogan particulier accompagnant le graphique. S. un soldat de ce régiment qui a commandé le T Shirt, a dit que l'idée venait d'un T Shirt identique imprimé après la Seconde Guerre du Liban qui montrait Hassan Nasrallah au lieu de Haniyeh...."

Pour visionner quelques T Shirts

http://news.sky.com/skynews/Home/World-News/Israeli-Army-T-Shirt-Controversy-Images-Slogans-Mock-Gaza-Killings/Media-Gallery/200903315245923?lid=GALLERY_15245923_


Article du Haaretz en anglais : http://www.haaretz.com/hasen/spages/1072466.html

Samedi 21 Mars 2009
Mireille Delamarre
http://www.planetenonviolence.org/La-Banalisation-Du-Mal-Sioniste-Imprimee-Sur-Des-T-Shirts_a1853.html
Par noesam
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Samedi 14 mars 2009
Anti -Sionisme

Bollywood Et L'Industrie De L'Armenent Israelien : Un Couple Hilarant

Pour finir la semaine hilare, vous pouvez visionner un clip vidéo de 3'24 réalisé en s'inspirant des pires navets de Bollywood par l'entreprise gouvernementale israélienne d'armement Rafael .




Bollywood Et L'Industrie De L'Armenent Israelien : Un Couple Hilarant

Rafael, l'entreprise gouvernementale israélienne productrice de systèmes avancés de défense de missiles anti missiles a crée un clip vidéo pour l'exposition Aero India, qui s'est tenue au Bangladesh le mois dernier, et ce afin de renforcer les liens commerciaux dans le domaine de l'armement entre l'Inde et Israël. Israël est devenu récemment le premier fournisseur d'armement de l'Inde devançant la Russie. En août de l'année dernière, le ministre de la défense indien a approuvé un accord passé entre IAI-Rafael de 2,5 milliards de $ pour développer conjointement une nouvelle version plus moderne du système de missiles sol air Spider. En fin de mois, l'Inde va recevoir le premier de trois nouveaux systèmes aériens d'alerte et de contrôle Phalcon (AWACS) développé par l'IAI pour l'armée de l'air indienne. Des pourparlers sont en cours pour l'achat par l'Inde de trois autres systèmes AWACS.

Après l'initiative de l'armée israélienne pour corriger son image et la rendre plus attractive en acceptant que des SexSoldates posent en petite tenue pour le magazine Maxim*, ce clip vidéo (coût 15 000$) en dit long sur la mentalité "raffinée" des marchands d'armement Sionistes.

Dans la vidéo, créee par un producteur indépendant israélien, Avishai Kfir, pour le compte de Rafael, on voit un Gigolo en veste de cuir danser en compagnie de plusieurs pseudo indiennes en Sari, en fait des Israéliennes d'origine géorgienne et indienne, dans un décor kitch type Bollywood avec des faux missiles décorés de fleurs. Dans ce cadre "romantique" les paroles fredonnées sur un air de pop musique célèbre Together Forever , sont tout simplement hilarantes. A un moment donné, l'une des femmes en Sari chante :

" J'ai besoin de me sentir en sécurité et protégé. Sécurité et protection. Engagement et perfection. Defense et dévouement".

Le Gigolo, qui apparemment représente Israël, se joint à elle, qui représente l'Inde, et tous deux entonnent :

"Ensemble pour toujours, je te tiendrai dans mon coeur. Ensemble pour toujours, nous ne nous séparerons jamais".

Puis le Gigolo continue seul et clame :

" Je promets de te défendre. Remplir tes attentes. T'abriter et t'entretenir. Remplir mes obligations".

Tout cela agrémenté d'un refrain particulièrement charmant : " dinga dinga dinga dinga dinga ...dee"

Le marchand d'armement Rafael aurait répondu à ses détracteurs que les années précédentes il avait été récompensé pour ses techniques de marketing lors d'expositions à l'étranger.

Encore une contribution "culturelle" de la quatrième puissance militaire mondiale, qui se revendique être "une lumière parmi les nations".

Comme le dit une blague israélienne :

A l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv l'ultime message à s'afficher après l'effondrement du régime Sioniste sera :

"le dernier à embarquer est prié d'éteindre la lumière."

Visionner le Clip Video

*SexeSoldates de l’Armée Sioniste dans le Magazine Maxim

Jeudi 12 Mars 2009
http://www.planetenonviolence.org/Bollywood-Et-L-Industrie-De-L-Armenent-Israelien-Un-Couple-Hilarant_a1847.html
Par noesam
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Samedi 14 mars 2009
Le Lobby Macarthiste : CRIF AIPAC ADL...

Washington: Freeman Renonce Au Poste de Président Du NIC Suite A Une Violente Campagne De Diffamation Du Lobby Sioniste

L'ex ambassadeur Charles W. Freeman , qui avait été choisi par le directeur du Renseignement National (DIN) US, l'Amiral Dennis. C. Blair, pour occuper le poste de président du NIC ( National Intelligence Service) a renoncé à ce poste après une violente campagne de diffamation menée par le Lobby Sioniste AIPAC et ses alliés républicains néo conservateurs. Freeman avait - crime de lèse Sionisme - critiqué Israël. Il explique lui même clairement sa décision dans un message publié dans le Wall Street Journal dans lequel il condamne sans embage et avec beaucoup de courage le Lobby Sioniste.



Washington: Freeman Renonce Au Poste de Président Du NIC Suite A Une Violente Campagne De Diffamation Du Lobby Sioniste

Freeman renonce au poste de président du NIC, une victoire pour le Lobby Sioniste à Washington

Mardi, une note brève postée sur le site du DNI ( Director of National Intelligence) déclarait que " le Directeur du Renseignement National (National Intelligence) Dennis Blair a annoncé aujourd'hui que l'ambassadeur Charles W. Freeman Jr, avait demandé que sa sélection comme directeur du National Intelligence Council ne soit pas entérinée. Le directeur Blair a accepté la décision de Freeman avec regret".

Cette décision a crée la surprise à Washington, surtout parce qu'elle a été rendue publique alors que l'Amiral Dennis Blair avait soutenu avec force Freeman lors de sa déposition devant le Congrés, et écrit dans une lettre qu'il lui apportait sont total soutien et le considérait comme quelqu'un ayant " un talent exceptionnel et de l'expérience". Dans les milieux professionnels de la diplomatie et du renseignement, ainsi que dans certains milieux journalistiques, nombreux sont ceux à avoir également pris position en sa faveur. La semaine dernière, 17 ex ambassadeurs ont écrit une lettre publiée dans le Wall Street Journal dans laquelle ils faisaient l'éloge de Freeman " un homme intègre, doté d'une grande intelligence qui ne laissera jamais ses opinions personnelles faire de l'ombre où dénaturer les estimations du Renseignement". Parmi les responsabilités du NIC, il y a celle de produire des estimations (NIEs) regroupant des jugements consensuelles de la totalité des 16 agences de renseignement US. Par exemple, la NIC a publié fin 2007 un rapport d'estimation sur les capacités nucléaires de l'Iran révélant que l'Iran avait abandonné tout programme militaire nucléaire en 2003. La publication de ce rapport avait alors provoqué de vives protestations de Tel Aviv qui cherchait et continue de chercher par tous les moyens à pousser Washington à attaquer l'Iran y compris en produisant de faux documents sur les capacités nucléaires militaires de l'Iran et des rapports complètement partiaux pour accuser Téhéran de représenter une "menace existentielle" pour le régime Sioniste.

Freeman, un polyglotte qui a une vaste expérience en matière de politique étrangère - il a été notammment ambassadeur en Arabie Saoudite, assistant secrétaire de la défense pour les affaires de sécurité internationale - est également connu pour son franc parlé et ses points de vue politique plutôt caustiques. Il a surtout été trés critique sur la conduite de l'Administration Bush concernant la "guerre contre le terrorisme" et sur les politiques israéliennes dans les territoires occupés palestiniens de même qu'il a critiqué les violations des droits de l'homme en Chine.

Mais c'est surtout ses critiques des politiques israéliennes contre les Palestiniens qui ont déclanché dés Février une virulente campagne fièleuse de diffamation à son égard menée par le Lobby Sioniste AIPAC et ses soutiens dans le camp des néo conservateurs républicains notamment au Congrés. Le Sénateur Chuck Schumer, l'un de ceux qui doivent leurs postes au Congrès grâce au financement de leur campagne par l'AIPAC, ce très puissant Lobby Soniste, s'était empressé de critiquer cette nomination et avait transmis ses critiques à Obama via son secrétaire général à la Maison Blanche, le Sioniste Rahm Emanuel. Apprenant que Freeman avait renoncé au poste, il a déclaré : " Charles Freeman était la mauvaise personne pour ce poste,... ses déclarations contre Israël dépassaient les limites et étaient hors position de l'Administration. J'ai à plusieurs reprises pressé la Maison Blanche de rejeter cette nomination, et je suis heureux qu'ils aient fait ce qu'il fallait".

La campagne au vitriol contre Freeman a été menée par Steve Rosen - un ancien responsable d'AIPAC qui est sous le coup d'une inculpation pour espionnage au profit d'Israël , accusé d'avoir passé des documents classés top secret au gouvernement israélien - avec l'appui de certains commentateurs de médias dans le Wall Street Journal, le Weekly Standard, le New Republic. Ils ont également fait circulé des rumeurs comme quoi Freeman aurait reçu de l'argent de l'Arabie Saoudite ou même qu'il serait un "pantin" des Saoudiens parce qu'il a dirigé une boîte à penser, le Middle East Policy Council, qui a reçu des financements de la famille royale saoudienne. 11 représentants au Congrés dont plusieurs avec des liens financiers avec AIPAC et d'autres groupes de droite pro Sionistes, avaient demandé à l'inspecteur général du DNI de lancer une enquête sur les liens financiers entre Freeman et l'Arabie Saoudite.

Mardi, plusieurs anciens hauts responsables du Renseignement ont écrit à Blair pour soutenir Freeman. Ils ont dit que les attaques contre Freeman etaient " sans précédent par leur violence, leur envergure, et leur objectif" et perpétrées par des " experts et personnalités connues... ( qui sont) horrifiés par la nomination d'une haut responsable du Renseignement capable d'adopter un point de vue plus équitable sur le problème arabe -israélien"

Malgré tous ces soutiens, Charles Freeman a décidé de ne pas accepter ce poste et il explique pourquoi dans un message paru sur le Wall Street Journal.

Source de certaines informations : Inter Press Service

Message de Charles Freeman

A tous ceux qui m'ont soutenu ou mon transmis des paroles d'encouragement lors de la controverse de ces deux dernières semaines, vous avez ma reconnaissance et mon respect.

Vous avez à l'heure actuelle vu la déclaration du Directeur du Renseignement National Dennis Blair, rapportant que je suis revenu sur ma décision précédente d'accepter, à son invitation, de présider le National Intelligence Council (Conseil National du Renseignement)

J'ai conclu que le barrage de distorsions diffamatoires sur mon passé ne cesserait pas à ma prise de fonction. Au lieu de cela, l' effort déployé pour me salir et pour détruire ma crédibilité continuerait. Je ne crois pas que le Conseil National du Renseignement pourrait fonctionner efficacement tandis que son président serait sous attaque constante par des gens sans scrupule qui ont un attachement passionnel à des points de vue d'une faction politique d'un pays étranger. J'ai accepté de présider le NIC pour le renforcer et le protéger contre la politisation, et non pas pour que les efforts d'un groupe d'intérêt lui permettent d'y pénétrer pour en prendre le contrôle par le biais d'une campagne politique prolongée.

Comme ceux qui me connaissent le savent, depuis ma retraite du gouvernement j'ai beaucoup apprécié la vie. Rien n'était plus éloigné de mon esprit que de revenir dans la fonction publique. Quand l'Amiral Blair m'a demandé de présider le NIC, j'ai répondu que j'avais compris qu'il " me demandait de renoncer à ma liberté de parole, mes loisirs, la plus grande partie de mes revenus, de me soumettre à un examen au polygraphe et de reprendre le trajet quotidien à un poste avec de longues heures de travail et un lot quotidien d'abus politique" J'ai ajouté que je me demandais " s'il n'y avait pas une sorte d'inconvénient dans cette offre". J'avais en tête que personne n'est indispensable; je ne suis pas une exception. Cela m'a pris des semaines de réflexion avant de conclure que, étant donné les circonstances sans précédent de défis dans lesquels se trouvent notre pays à l'étranger et à l'intérieur, je n'avais pas d'autre choix que d'accepter l'appel à retourner dans la fonction publique. J'ai par conséquent démissionné de tous les postes que j'occupais et toutes les activités auxquelles je m'étais engagé. Maintenant j'attends avec impatience de retourner à ma vie privée, libéré de toutes les obligations précédentes.

Je ne suis pas si immodeste au point de croire que cette controverse portait sur moi plutôt que sur des questions de politique publique Ces problèmes avaient peu de chose à voir avec le NIC et n'étaient pas au coeur de ce à quoi j'avais espéré contribuer, la qualité d'analyse disponible pour le Président Obama et son Administration. Néanmoins je suis attristé par ce que cette controverse et le vitriol public déversé par ceux qui se sont acharnés à la soutenir ont révélé sur l'état de notre société civile. Il semble que nous Américains ne puissions plus mener une discussion publique sérieuse ou émettre un jugement indépendant sur des sujets de grande importance pour notre pays de même que pour nos alliés et amis.

Les diffamations contre moi et leurs traces emails facilement vérifiables montrent avec certitude qu'il y a un lobby puissant déterminé à empêcher qu'un autre point de vue que le sien soit émis, encore moins pour prendre en compte la compréhension américaine des courants et évènements au Moyen Orient. Les tactiques du lobby d'Israël touche le fond du déshonneur et de l'indécence, et incluent la destruction d'une réputation, citation erronée sélective, déformation voulue du passé, fabrication de mensonges et un total mépris de la vérité. Le but de ce Lobby est de contrôler le processus politique via l'exercice d'un veto sur la nomination de personnes qui remettent en question la sagesse de ses points de vue, la substitution du politiquement correct à l'analyse, et l'exclusion de toutes les options de décision par les Américains et notre gouvernement exception faite de celles qui ont sa faveur.

Il y a une ironie spéciale dans le fait d'avoir été accusé de faire preuve d'une considération malvenue pour les opinions de gouvernements et sociétés par un groupe dont l'intention claire est de forcer l'adhésion à des politiques d'un gouvernement étranger - dans ce cas, le gouvernement d'Israël. Je crois que l'incapacité du public américain de discuter, ou du gouvernement d'envisager, toute option de politique US concernant le Moyen Orient opposée à la faction qui dirige la politique israélienne a permi à cette faction d'adopter et de maintenir des politiques qui finalement menacent l'existence même de l'Etat d'Israël. Ce n'est pas permis ici aux Etats Unis de le dire. Ce n'est pas simplement une tragédie pour les Israéliens et leurs voisins au Moyen Orient, mais cela cause de vastes dommages à la sécurité nationale des Etats Unis.

L'agitation outrancière qui a suivi la fuite de ma nomination imminente sera perçue par un grand nombre comme soulevant de sérieuses questions sur le fait que l'Administration Obama soit capable de prendre ses propres décisions concernant le Moyen Orient et sur des questions qui y sont liées. Je regrette que ma volonté de servir la nouvelle Administration ait fini par jeter un doute sur sa capacité à envisager, encore moins à décider, quelles politiques pourraient le mieux servir les intérêts des Etats Unis plutôt que ceux d'un Lobby qui a l'intention d'imposer la volonté et les intérêts d'un gouvernement étranger.

Au tribunal de l'opinion publique, à la différence du tribunal judiciaire, quelqu'un est coupable tant qu'il n'a pas été prouvé qu'il était innocent. Les citations empruntées à des déclarations ont été sorties de leur contexte et sont disponibles pour quiconque est intéressé à lire la vérité. L'injustice des accusations portées contre moi était évidente pour ceux à l'esprit ouvert. Ceux qui ont cherché à contester ma réputation ne sont pas intéressés par toute réfutation que moi-même ou quelqu'un d'autre pourrait faire.

Néanmoins, pour enregistrement : je n'ai jamais cherché à être payé ou accepté un paiement d'un gouvernement étranger, incluse l'Arabie Saoudite ou la Chine, pour un quelconque service, je n'ai pas non plus parlé pour un gouvernement étranger, ses intérêts, ou ses politiques. Je n'ai jamais fait de lobbying auprès d'une institution de notre gouvernement que ce soit pour une cause étrangère ou intérieure. Je n'appartiens qu'à moi-même, et ne sert personne d'autre, et avec le retour à ma vie privée, je ne servirai de nouveau - pour mon plaisir - aucun autre maître que moi même. Je continuerai à parler comme bon me semble sur des questions me concernant et concernant d'autres Américains.

Je conserve mon respect et ma confiance pour le Président Obama et DNI Blair. Actuellement, notre pays est confronté à des défis à l'étranger de même qu'à l'intérieur. Comme tous les patriotes américains je continue de prier pour que notre Président puisse avec succès nous conduire à les surmonter.

Charles Freeman 10/03/09 Wall Street Journal - www.online.wsj.com


http://www.planetenonviolence.org/Washington-Freeman-Renonce-Au-Poste-de-President-Du-NIC-Suite-A-Une-Violente-Campagne-De-Diffamation-Du-Lobby-Sioniste_a1846.html
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