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Israèl est contre TORAH

*"Les sionistes me dégoûtent autant que les nazis."
(Victor Klemperer, philologue allemand d'origine juive, 1881-1960)

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L’initiative sioniste de proclamer l’État d’Israël constitue une révolte contre la volonté divine, contre la Torah, une révolte qui a engendré une vague interminable de violence et de souffrance. À l’occasion de la fondation de l’État hérétique, les juifs fidèles à la Torah pleurent cette tentative d’extirper les enseignements de la Torah, de transformer les juifs en une « nation laïque » et de réduire le judaïsme au nationalisme.......Nous déplorons les tragédies que la révolution sioniste a provoquées chez les Palestiniens, notamment des déportations, l’oppression et la subjugation..Que nous méritions que cette année toutes les nations, en acceptant la souverainet

é divine, puissent se réjouir dans une Palestine libre et dans une Jérusalem libre! Amen. Offert par Netouré Karta International : www.nkusa.orglink

                                               


   

 


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Religion et Croyance

Mercredi 23 décembre 2009 3 23 /12 /2009 20:40

Le judaïsme, race ou religion?


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Mounadil Djazaïri
Mercredi 23 Décembre 2009

The Bayswater Synagogue in London. Photograph: Getty Images
The Bayswater Synagogue in London. Photograph: Getty Images
n internaute, Philippe, conclut "les juifs ne sont pas une race ce que prétendaient les partisans de l'apartheid. je vous signale d'ailleurs que les principaux blancs contre l'apartheid étaient des juifs ou, comme on dit sur ce site."
Je ne conteste pas que parmi les Blancs qui luttaient contre l'apartheid figuraient de nombreux Juifs comme Joe Slovo ou Ronnie Kasrils. Je me bornerai cependant à remarquer qu'ils n'étaient pas sionistes. Kasrils, qui se porte encore bien, n'a pas trahi ses idées anticolonialistes. A aucun moment on n'a postulé ici l'identité entre sionisme et judaïsme.

Maintenant, le judaïsme est-il une race ou une religion?

Philippe s'insurge contre cette question qui heurte effectivement une tradition française.  Les Juifs Français par exemple, avaient accueilli très favorablement la révolution française qui leur donnait la qualité de citoyens égaux en droit et en devoirs; et par la même occasion d'échapper à la tutelle pesante du rabbinat. Je ferai simplement remarquer que la France n'est pas le monde et qu'en Europe orientale, en Russie nommément, les juifs ont été considérés comme une nationalité au même titre que les Musulmans par exemple. C'est dans ce terreau d'Europe orientale qu'est né le sionisme politique.
Cette question du judaïsme comme race a défrayé la chronique [juive] tout récemment au Royaume Uni, ce bon vieux pays totalitaire.
De quoi retourne-t-il?
Tout simplement qu'une famille juive s'est vue refuser l'inscription de son enfant dans une école confessionnelle juive au motif que la maman était une convertie et que sa conversion n'était pas reconnue par la tendance orthodoxe [et majoritaire dans le monde juif] de cette école.
Et que cette famille a décidé de poursuivre en justice l'école en question pour infraction à la législation sur la discrimination raciale. Et que l'école a été condamnée pour avoir exclu des enfants non considérés comme ethniquement juifs du fait que leur mère n'est pas considérée comme juive (malgré une conversion!).
C'est bien le seul cas d'une religion où un acte de foi ne peut pas vous valoir la qualité d'adhérent de cette religion et est subordonné à un critère de lien de sang.
Alors à la question le judaïsme est-il une race ou une religion, la Cour Suprême britannique a répondu: il s'agit d'une "race" et les institutions juives ne sauraient donc discriminer à raison d'un motif racial, car c'est illégal. L'article oppose d'ailleurs cette pratique à celle des écoles catholiques qui demandent un certificat de baptême, ce qui ne se transmet pas par le sang.

Le judaïsme est-il une race ou une religion?
par Sholto Byrnes, The New Statesman (UK) 17 décembre 2009 traduit de l'anglais par Djazaïri

Les tribunaux commencent à en décider

Selon le verdict rendu hier par la Cour Suprême de Grande Bretagne, la JFS (anciennement Jewish Free School) du nord de Londres s'est rendue coupable de discrimination illégale en refusant l'inscription d'élèves dont elle ne considérait pas les mères comme des juives "convenables." Comme je l'avais déja écrit à propos de cette affaire, la décision d'inscrire ou pas les candidats dépendait de la reconnaissance par les services du Grand Rabbin de la qualité de juive de leurs mères - ce qui signifie plus précisément, juive orthodoxe. Ne saute-til pas immédiatement aux yeux qu'il serait juste que ceux dont les mères sont des Juives progressistes, libérales ou réformistes devraient pouvoir entrer eux aussi dans cette institution réputée?

Ceux qui n'aiment pas l'idée d'écoles religieuses se sont réjoui en bloc de cette décision en partant du principe qu'ils trouvent que tout critère d'admission religieux est détestable et discriminatoire. Mais nous nous trouvons désormais dans une situation où les écoles religieuses catholiques et musulmanes pourraient avoir une plus grande latitude pour déterminer l'éligibilité d'un élève que n'en disposera la JFS à l'avenir. Personne ne s'attend, par exemple, à ce que des écoles catholiques donnent la même priorité à des enfants d'Anglicans pratiquants. Mais la décision du tribunalsemble à coup sûr contraindre la JFS - une école orthodoxe - à âtre plus ouverte à d'autres branches du judaïsme.

Ce qui complique encore les choses est que le dossier a été plaidé sur la base de la discrimination ethnique, pas religieuse (raison pour laquelle je ne prends pas au sérieux la suggestion d'Ed Ball pour qui cette décision pourrait menacer les critères d'admission de toutes les écoles confessionnelles, conclusion alarmante à laquelle avait abouti le Daily Telegraph en conclusion de son article sur cette décision). La JFS, selon les attendus de la décision, a exclu des enfants qu'elle ne considérait pas ethniquement Juifs parce que, aux termes de la loi halachique, cette qualité n'est reconnue qu'à ceux qui ont une mère juive.

Comme le New York Times le rapporte, dans un article bien moins hystérique:

"Une chose est claire au sujet du critère matrilinéaire; c'est un critère d'origine ethnique," a affirmé Lord Phillips, président du tribunal, dans son arrêt rendu à la majorité des juges. Selon la loi, "Par définition, la discrimination basée sur ce critère est une discrimanation sur un principe racial."

Le Service de l'Education Catholique a déja riposté à la décision du tribunal en disant:

Ce qui constitue l'appartenance à une foi ou à une dénomination religieuse devrait être une matière à laisser à la détermination de cette confession. Que toute autre autorité envisage de le faire à la place du groupe religieux, ou qu'un corps extérieur à l'organisation religieuse affirme la prééminence de sa décision relative à l'appartenance religieuse est un état de fait triste et de nature à discréditer. 

Mais il ajoute aussi: "Il importe, tout en signalant notre sympathie avec nos frères et soeurs Juifs, de rappeler que ce jugement ne devrait pas avoir d'impact sur les écoles catholiques. Parce que la définition du catholique repose clairement sur le baptême et non sur un quelconque aspect ethnique ou autre."

Notes ces quelques derniers mots, "aspect ethnique ou autre." L'argument selon lequel les Juifs constituent un groupe ethnique aux termes du race relations Act de 1976 et du Public Order Act de 1986 a été un facteur important dans un procès à Leeds cette année où deux hommes ont été condamnés d'incitation à la haine raciale contre les Juifs (je dois ajouter que si la nature antisémite des matériaux qu'ils ont publié ne fait pas de doute, ils font appel de leurs condamnations sur d'autres bases).

Témoin appelé en qualité d'expert pour trancher cette affaire, le professeur Dan Coh-Sherbok, est un homme d'esprit libéral, un universitaire distingué et rabbin d'une synagogue réformée. Il n'est pas dans sa nature de pratiquer la discrimination contre quiconque, et encore moins d'agir d'une manière contraire à la préservation et à la bonne santé de la communauté juive. Il me semble néanmoins que si ce cas devait faire jurisprudence, laissant entendre que la judéité devrait être considérée comme une question d'ethnicité, le simple fait d'avoir des écoles juives pourrait poser problème.

Le New york Times cite aussi David Lightman, un ancien élève de la JFS dont la famille a été affectée par la politique de recrutement de l'école. "'Dieu peut arranger ça', a déclaré Lightman. 'C'est un grand garçon; il est dans les parages depuis longtemps. Il peur décider qui est Juif et qui ne l'est pas.' "on peut bien essayer d'être d'accord avec lui, il n'empêche qye la décision de la Cour Suprême signifie que ce n'est plus seulement l'affaire de Dieu ou du Grand Rabbin. La loi aussi a désormais son mot à dire sur cette question, -- et c'est quelque chose dont toutes les personnes concernées devraient en fin de compte se mordre les doigts.

http://mounadil.blogspot.com/ http://mounadil.blogspot.com/

http://www.alterinfo.net/Le-judaisme,-race-ou-religion_a40673.html
Par noesam - Publié dans : Religion et Croyance - Communauté : paix et tolérance
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 15:24

Le texte proposé ci-dessous n'engage que son auteur et ne reflète point l'opinion d'Alter Info

jean-marc.desanti@wanadoo.fr Mardi 3 Novembre 2009

Doutez de tout et surtout de ce que je vais vous dire


Bouddha






Février 1944 l’affiche rouge et le poème d’Aragon :


Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

RAYMAN, BOCZOV ,GRZYWACZ, ELEK, WAJBROT, WITCHITZ, FINGERWEIG …






A paris en 1944, l’armée du crime était une part de la dignité de la France.


On en demande toujours plus aux juifs … et il le faut. Toujours et encore plus jusqu’à la limite de l’insoutenable car le Judaïsme polymorphe - ce fouteur de merde- est une corde tendue entre l’aveugle et le voyant : L’Homme vivant, l’Homme debout, celui qui doute, celui qui ne fait d’aucune croyance un article de foi fanatique quel que soit le respect dont cette croyance est auréolée.


Claude Lévy écrivait dans Information juive : « Des historiens se disent abusivement «révisionnistes» alors qu’il apparaît beaucoup plus judicieux de les désigner du vocabulaire de «négationnistes» .».






Vaine querelle de mots ?






Voulons-nous ignorer l’importance vitale du sens ?


J.Trier ( Structures sémantiques et conceptives du monde ) démontre que par leur sens donné, les mots constituent un ensemble structuré à l’intérieur duquel chacun est sous la dépendance des autres. Ils sont donc un champ linguistique recouvrant le champ conceptuel et exprimant une vision du monde dialectiquement cohérente.






Par exemple si un historien se dit «révisionniste», il vise à préparer son interlocuteur à embrasser son opinion avec la déférence et le respect que la recherche historique a attaché à ce mot.
Le théoricien du Révisionnisme est Édouard Bernstein qui formula à la fin du XIX° siècle la remise en cause des fondements théoriques du marxisme. Puis, après lui, Kautsky, Bauer, Browder…


Puis très vite, les mots révisionniste et révisionnisme désignèrent tous ceux qui préconisent la révision d’une doctrine, d’une croyance, d’une vérité dogmatiquement fixée et érigée en tabou.


Ainsi les partisans du capitaine Dreyfus, les historiens qui avant l’aveu d’Eltsine


affirmaient que les massacres de Katyn étaient des crimes soviétiques, ceux qui veulent réviser les procès de Jeanne d’Arc, de Gilles de Rais, de Franco, de JFK …





Réviser un jugement, réviser l’Histoire.



Prenons louis IX dit Saint-Louis. Il condamna 100 000 juifs par édit royal à porter visiblement un signe distinctif sur leurs vêtements : la rouelle. L’étoile jaune avant Vichy. Saint-Louis faisant un procès inique au Talmud et brûlant 24 charretées de précieux manuscrits hébreux.
Faut-il rappeler qu’il toléra plus d’un pogrom quand il n’en fut pas l’instigateur ?






Alors Saint-Louis tabou ?






En matière d’horreurs historiques il nous faut tout dire et tout savoir : le pourquoi et le comment. Dans ce monde il n’y a ni saints ni maudits. Il n’y a que le frère face au frère : Et Caïn tua son frère Abel …


Alors si à l’évidence nous disons oui au révisionnisme, que dire aux négationnistes qui ne seraient que des révisionnistes infréquentables et falsificateurs ?






La réponse semble évidente et simple. Elle ne l’est pas. Il serait impossible et impensable de leur donner la parole, et pourtant ? En juillet 1965, le bulletin d’information de l’Alliance d’Abraham, ( Berite Abraham ) publiait un texte de Paul Rassigner ( ancien déporté politique à Buchenwald et Dora , ancien député socialiste, militant pacifiste et fondateur du négationnisme avec son livre: Le mensonge d’Ulysse, 1948 ) et une réponse du journal.






D’autre part, les meilleurs soutiens de Faurisson dans ses procès et dans sa polémique interminable avec Vidal-Naquet ont été José Benhamou, Jacob Assous et Jean-Gabriel Cohn-Bendit.






Que dire aussi de Michel de Bouard torturé, déporté à Mauthausen, professeur d’histoire, membre de l’institut, membre du Comité d’Histoire de la Deuxième Guerre Mondiale , ancien doyen de la faculté des lettres de l’Université de Caen et qui, démissionnant de la présidence des déportés du Calvados, déclara à Ouest-France : «Je me trouvais déchiré entre ma conscience d’historien et l’appartenance à un groupe de camarades que j’aime profondément mais qui refusent à traiter la déportation selon les méthodes d’une saine Histoire. Je suis hanté par la pensée que, dans cent ans ou même cinquante ans, les historiens s’interrogent sur l’holocauste et de ce qu’ils y découvriront. Le dossier est pourri…Je crois finalement que ces historiens se diront que la déportation a dû être un mythe. Voilà le danger.»


Que répondre à Yosef Hayim Yerushalmi qui dirige le Jewish and Israeli Studies Center à la Columbia University de New York et qui écrit: «L’holocauste, dans l’image qui s’en dégage, loin d’être forgé sur l’enclume de l’historien est fondu dans le creuset du romancier… curieusement, si les juifs ne rejettent pas l’histoire, ils ne sont pas pour autant préparés à lui faire face. Ils semblent au contraire attendre un mythe nouveau méta-historique.»






Et que répondre enfin, aujourd’hui même, à ceux qui insultent honteusement


Mathieu Kassovitz , allant jusqu’à le traiter de nazi malgré l’extermination d’une partie de sa famille à Auschwitz , simplement parce qu’il ose remettre en cause la version officielle des attentats sur le 11 septembre ?

Nous pouvons répondre ceci : le judaïsme à travers les siècles a justement démontré que sa différence était précisément liée à la lutte toujours recommencée contre l’idée même de tabou ( les juifs ces dégénérés ! ) .







On pourrait dire du judaïsme: c’est l’éthique, le rituel et l’électricité, plus le doute. Composante essentielle de l’humanisme face à la barbarie, le judaïsme surprend et se surprend lui-même. Le judaïsme n’est nation parmi les nations que par son enseignement, que par son message. Il ne dure que par la remise en cause de ce que Élie Wiesel appelle: l’Apostrophe de Dieu lui-même.






Au juif, on demande toujours plus: le Big Bang et le Trou Noir , la matière et l’anti matière, la bougie qui meurt et l’étincelle de vie, l’indicible et les mots pour le dire. Au tabou, la dialectique juive oppose radicalement, sans crainte, la confrontation des thèses et des idées. Noam Chomsky , l’un des grands esprits de notre temps, petit fils de rabbin, préfaça le livre de Faurisson Mémoires en défense , en écrivant ceci: «C’est précisément dans le cas des idées que l’on trouve les plus choquantes que le droit de la libre expression doit être défendu … soutenir le droit d’exprimer des idées qui sont généralement acceptées est évidemment dépourvu de signification.»






Pour vous, les sacrifiés d’hier, morts pour la France: Marianne Cohn, Elie Léopold Bloch, Olga Bancic, Joseph Epstein, nous nous interdisons de sortir la Shoah ou le 11 Septembre de la critique historique. Nous, juifs, n’avons peur de rien.






Brecht disait: «Celui qui ne sait pas est un imbécile, mais celui qui sait et qui ne dit rien est un criminel






Faire semblant de ne pas savoir , de ne pas vouloir savoir, n’est pas seulement inadmissible et criminel: c’est suicidaire.


La mort du judaïsme: le tabou.




Jean-Marc DESANTI




Par noesam - Publié dans : Religion et Croyance - Communauté : paix et tolérance
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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /2009 15:28

Jusqu'à une époque récente, les relations entre les organisations sionistes, CRIF en tête et les associations musulmanes de France (CFCM, UOIF, RMF et Grandes mosquées), n'étaient pas au beau fixe. En dépit de tentatives d'approches, timides et restées lettre-morte, le rejet et la défiance ont toujours constitué le cœur de leurs relations, à de rares exceptions près (1).

Mais depuis le lancement de son institutionnalisation sous la férule de l'État, l'islam de France semble devenu l'objet de toutes les attentions de la part des organisations sionistes.

Une attention qui bénéficie de la bienveillance du bureau chargé du culte, place Beauvau. En effet, quelques semaines après son élection au poste de président du CFCM en 2008, Mohamed Moussaoui a été convié à se rendre au mythique diner du CRIF. Devant un premier refus de l'intéressé, le bureau chargé des cultes aurait fait pression pour qu'il s'y rende. Ce que Moussaoui, le vague à l'âme, s'est résolu à faire (2).

Dans un tout autre registre, l'émergence subite de l'imam de Drancy, Hassan Chalghoumi, sur la scène médiatique a révélé les dessous d'une nouvelle stratégie du sionisme en France (3).

Cet imam, ami de Marek Halter, avait déjà participé, aux côtés de l'imam de Bruxelles, Yacob Mahi, du prêtre Mathieu Gosse et du rabbin français Michel Serfaty, à un voyage à Sderot, puis à Gaza, en mars dernier, pour parler paix et respect des religions. Ils y avaient rencontré, à grands renforts de publicités, quelques responsables palestiniens, dont un des imams de Gaza.

Depuis, Chalghoumi est devenu le chouchou des organisations départementales du CRIF (Seine-Saint-Denis). A présent, elles n'hésitent plus à le louer comme le modèle de l'imam républicain, ami d'Israël. "Il est pour nous un interlocuteur plus favorable que le CFCM, trop influencé par la politique internationale," (4) dira de lui Sammy Ghozlan, le responsable du Bureau national de vigilance de l'antisémitisme."C'est un homme d'une extrême courtoisie dont les embrassades médiatiques avec le rabbin Serfaty [l'un des responsables de l'Amitié judéo-musulmane] sont utiles pour le vivre ensemble", insiste Bernard Kanovitch, chargé au CRIF des relations avec les musulmans (5).

Le cas de Chalghoumi est emblématique de la nouvelle stratégie mise en place par les mouvements sionistes en France.

Jusqu'à présent, cette stratégie était classique : recours systématique à l'accusation d'antisémitisme pour disqualifier les opposants, instrumentalisation du génocide juif comme source de chantage permanent et de tension inter-communautaire, dont Roger Cukierman (6) s'était fait le champion.

Dorénavant, une autre stratégie est utilisée : la dépolitisation de la communauté musulmane au moyen du dialogue inter-religieux. Parler de dialogue inter-religieux sur la toile de fond du plus vieux conflit de notre époque, permet à ces acteurs de créer un contre-feu, de dépolitiser un conflit purement politique.

Cette nouvelle stratégie marche assez bien, d'autant plus que le CRIF est une organisation politique, rodée aux méthodes politiciennes, à la différence d'un Consistoire israélite, institution religieuse plus légitimement fondée à dialoguer avec les autres communautés.

On retrouve cette stratégie à l'œuvre avec des associations musulmanes ayant pignon sur rue, et d'autres moins connues.

Les Scouts musulmans de France, sous la houlette du Guide soufi Khaled Bentounès, se sont ainsi engagés dans un programme inter-culturel judéo-musulman prénommé le projet Aladin, “soutenu par de nombreuses personnalités parmi lesquelles plusieurs centaines d’intellectuels, historiens et personnalités de premier plan du monde arabo-musulman”. Ce programme “vise à rendre disponibles en arabe, en persan et en turc des informations objectives sur la Shoah, les relations judéo-musulmanes et la culture juive.” (7) On remarquera le terme objectif, dont les auteurs ont jugé l'emploi nécessaire, et les signataires. (8)

L'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93), organisé sur le modèle du CRIF, ne manque jamais d'inviter, à ses dîners, les responsables départementales du CRIF, à l'instar de Sammy Gozlan et du désormais protégé Hassan Chalghoumi.

Même l'UOIF n'a pas échappé à cette nouvelle donne. Si une rencontre entre elle et le CRIF avait déjà été organisée en catimini par un Sarkozy à l'époque ministre de l'intérieur, rencontre sans lendemain, certains cadres uoifistes n'ont plus de scrupules à devenir les interlocuteurs régionaux du CRIF. Tareq Oubrou en est l'exemple le plus célèbre.

Interlocuteur depuis des années de la section sud-ouest acquitaine du CRIF, Tareq Oubrou n'hésite pas à participer aux conférences et dîners de cette section, au grand dam de la cause palestinienne dont l'UOIF prétendait être l'un des plus ardents défenseurs. (9)

Tous ces cas illustrent la dérive patente des représentants religieux musulmans, devenus supplétifs objectifs du mouvement sioniste, avec comme conséquence fâcheuse, le discrédit et le déshonneur ainsi portés à la fonction d'imam.

Mais les choses ne s'arrêtent pas là. Les organisations sionistes seraient mal inspirées de se limiter à des officines en mal de reconnaissance et de légitimité par leurs bases. La conquête des jeunes entrepreneurs et des futurs acteurs économiques s'est donc vite imposée comme une nécessité.

Depuis peu, la fondation de Rothschild organise des séminaires judéo-musulman à destination du monde de l'entrepreneuriat, dont le but officiel est de “de promouvoir le dialogue interculturel et d’explorer les différentes voies possibles au dialogue entre les communautés musulmanes et juives et cela hors contexte du Moyen-Orient” (10). L'idée est “de dépasser le conflit israélo-palestinien”. Pour ses auteurs, “il ne faut pas que le dialogue soit pris en otage par celui-ci.”

Et en guise de bonne foi, la Fondation de Rothschild a inauguré ce dialogue par une conférence sur... l'islamisme et ses origines. On ne doute pas un instant des bonnes intentions de cette noble institution.

Si les premiers résultats de cette stratégie semblent porter leurs fruits, il parait évident qu'à long terme, elle n'est pas viable. La compromission morale et politique tant des institutions religieuses que des imams qui les entourent, ne manquera pas de produire une rupture de plus en plus violente avec la base, complètement ulcérée par ces formes de collaborations.

En attendant la mise en place d'une nouvelle stratégie....


1- Dalil Boubakeur est l'une de ces exceptions. Fidèle des banquets du CRIF et des réceptions mondaines, le recteur de la Mosquée de Paris a été fortement contesté au moment de son soutien d'Israël, peu de temps après les massacres de Gaza de l'hiver dernier.

2- D'après ses propres confidences à un responsable associatif parisien.

3- Sur l'affaire Chalghoumi, voir notre article : http://collineverte.over-blog.com/pages/Ces_imams_de_la_honte-1828177.html

4- Le Figaro, L'imam de Drancy prône l'ouverture, 27 mars 2009.

5- Le Monde, Des associations musulmanes laïques et religieuses émergent face au CFCM, 11 juin 2009.

6- Ancien président du CRIF. Il avait notamment déclaré au soir du premier tour de l'élection présidentiel, que le succès de Le Pen était “un message envoyé aux musulmans pour qu'ils se tiennent tranquille.” On se souvient dans le même ordre d'idée, de la déclaration d'Ariel Sharon invitant les juifs de France à s'exiler en Israël, au motif d'une nouvelle montée de l'antisémitisme et de la présence importante de musulmans.

7- in http://www.fondationshoah.org/FMS/spip.php?article884

8- ibid. Parmi eux, Jacques Chirac, Gérard Schroder, le Prince El Hassan ben Talal de Jordanie et d'anciens chefs d'états de pays musulmans.

9- Cette attitude schizophrénique de l'UOIF se retrouve également chez l'UAM 93 qui invite, parallèlement, le juge palestinien Cheikh Tayseer al Tamimi.

10- Lire l'interview de Firoz Ladak, sur saphirnews.com.

http://ism-france.org/news/article.php?id=12906&type=analyse http://ism-france.org/news/article.php?id=12906&type=analyse

Par noesam - Publié dans : Religion et Croyance - Communauté : paix et tolérance
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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /2009 15:23
par Philippe Messer

 
Il y a de cela à peu près deux mille ans, vivaient deux maîtres juifs : l’un s’appelait Hillel et l’autre Shammaï. Un jour, un païen décida d’aller se moquer d’eux. Il alla d’abord voir Shammaï et lui demanda d’expliquer toute la Torah (les rouleaux contenant les cinq premiers livres de l’Ancien Testament), en se tenant sur une seule jambe. A cette requête, Shammaï répondit simplement en chassant manu militari l’irrespectueux interlocuteur. Quand le païen fit la même demande à Hillel, ce dernier lui répondit : « Fils, aime ton prochain comme toi-même. Voilà le texte de la loi ; tout le reste est commentaire. Va et étudie . »

Le judaïsme, comme la plupart des religions, ne peut pas être étudié simplement par opposition aux autres religions, mais bien en mettant en avant les deux tendances qui s’y sont confrontées depuis à peu près cinq millénaires. La première de ces tendances, la plus importante et la plus déterminante durant tout le développement du judaïsme, c’est la tradition « universaliste » où l’homme agit par idéal constant de justice et d’amour. Elle s’oppose à la tendance « intégriste » où l’homme, replié sur lui-même, agit en confrontation constante avec le monde extérieur. Il est vrai que l’on retrouve ces deux tendances dans l’Ancien Testament ou dans le Talmud, les commentaires des rabbins au sujet de l’Ancien Testament. Mais considérant que la rédaction de la Bible a duré plus d’un millénaire, entre 1200 et 100 avant JC, et que la rédaction du Talmud a duré aussi longtemps, entre 200 et 1300 après JC, il est assez normal qu’on n’y trouve pas une uniformité parfaite. De la même manière, les idées universalistes seront exprimées différemment par Abraham, chef de tribu nomade et sans instruction, ou par Moïse éduqué par les prêtres égyptiens ou encore par Isaïe vivant un millénaire plus tard dans un des centres de la culture mondiale.

A l’image de Dieu
Rembrandt : Adam et Eve
Dieu, omnipotent, crée l’univers et toutes les choses vivantes et inanimées. Il est celui qui régit et mesure chaque chose et sa puissance opérante va donner forme au monde. « L’esprit du Seigneur planait au-dessus des eaux » et devient le principe premier et la cause première de toutes choses. Dès lors, il n’existe qu’un seul mode légitime de génération, une loi universelle. C’est donc un rejet de toute forme de relativisme qu’il soit culturel, racial,... puisque tout homme sera jugé suivant cette loi. On proclame qu’il existe une vérité et qu’elle est valable pour tout le monde : quelque chose est juste ou injuste pour un individu - peu importe sa religion, la couleur de sa peau ou ses coutumes. C’est une grande révolution qui vise à mettre fin aux lois arbitraires des païens où chacun faisait ce qu’il voulait au nom de « sa vérité » puisque chaque chose, chaque phénomène dépendait d’une divinité différente avec un mode et des lois différents. De plus, tous les individus humains se trouvent liés puisqu’ils descendent d’Adam et Eve. Le Talmud ajoute : « C’est pourquoi Dieu créa Adam seul (dont les descendants remplissent le monde entier), pour nous faire voir que celui qui sauve un seul être humain sauve le monde entier et que celui qui perd un homme doit être assimilé à celui qui perd le monde. »

Quant à la nature de l’homme, elle est aussi une rupture avec les croyances de l’époque : « Dieu dit : “ Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur les bestiaux, sur toutes les bêtes sauvages et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. ” Dieu les bénit et leur dit : “ Fructifiez et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. ” » L’homme n’est donc pas une créature comme les autres : il doit dominer la Nature du fait de son caractère divin. En effet, « être à l’image de Dieu » ne doit pas être pris au sens morphologique comme l’ont pensé de nombreux juifs - ce qui a amené la religion juive à interdire toute représentation de l’homme. Moïse Maïmonide, le philosophe juif du XIIème siècle, attaque cette conception matérialiste : « (...) à cause de l’intellect divin joint à l’homme, il a été dit de celui-ci qu’il était (fait) à l’image de Dieu et à sa ressemblance. » Ainsi, ce que l’homme reçoit de plus que les autres créatures, c’est la raison créative.

Salomon Ibn Gabirol, le philosophe juif du XIème siècle, explique ce qui est « le plus important de rechercher (...) à savoir pourquoi l’homme a été créé » dans un dialogue entre un Maître et un Disciple :

« Disciple : Qu’est-ce que l’homme doit rechercher dans cette vie ?

Maître : Puisque la partie connaissante de l’homme est la meilleure, ce qu’il faut surtout rechercher, c’est la connaissance. Mais ce qu’il est le plus nécessaire de connaître, en fait de connaissance, c’est de se connaître soi-même ; afin que de ce fait l’homme connaisse clairement les choses qui sont hors de lui, car son essence comprend toutes choses et les pénètre, et toutes les choses sont soumises à sa puissance. (...)

Disciple : Quelle est donc la cause finale de la génération de l’homme ?

Maître : L’attachement de son âme au monde supérieur, afin que chaque chose retourne à ce qui lui est semblable.

Disciple : Comment atteindrons-nous cela ?

Maître : Par la connaissance et l’action, parce que c’est par la connaissance et l’action que l’âme se lie au monde supérieur (...) la cause de la génération de l’homme, c’est le fait que la connaissance passe dans l’âme, de la puissance à l’acte. »

Il n’y a donc pas de séparation totale entre Dieu et l’homme. Philon d’Alexandrie, philosophe juif du début de l’ère chrétienne, dit que « le monde intelligible n’est rien d’autre que le Logos de Dieu, déjà en acte de créer, car la cité intelligible n’est rien d’autre que le calcul de l’architecte déjà en tant qu’il projette de fonder la cité » et en ce qui concerne l’homme, « Dieu semble ne s’être servi, pour le fabriquer, d’aucun autre modèle pris dans le devenir, mais uniquement de son propre Logos. (...) Tout homme, par son intelligence, est uni intimement au Logos divin, car il est une empreinte, un fragment, un reflet de la nature bienheureuse, et par la constitution de son corps il est uni au monde entier. »

Ainsi, l’homme peut, grâce à sa participation au Logos divin, comprendre les lois universelles, transformer et améliorer le monde dans lequel il vit. Cependant, cette qualité exceptionnelle - qu’aucune autre créature ne possède - existe en puissance. Adam et Eve sont comme l’enfant à sa naissance : ils ont un potentiel infini de développement, mais il n’est pas encore réalisé. Ce qui fait qu’au départ, Adam et Eve vivent tranquillement au jardin d’Eden sans se soucier de quoi que ce soit. La Nature pense et agit pour eux et, ainsi guidés par leur instinct, ils n’ont aucun effort à fournir pour satisfaire leurs besoins. Ils passent du désir à la jouissance et de la jouissance au désir. Ils sont tels des enfants qui ne savent pas ce qui est bien ou ce qui est mal. Dieu tient à préserver Adam et Eve dans cet état et leur interdit de toucher à l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal. Tentés par le serpent, Adam et Eve goûteront au fruit défendu. Même si leur désobéissance est une faute, cet acte les place pourtant à un niveau de conscience plus élevé. En effet, Dieu leur dit : « Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous (Dieu et les anges) pour connaître le Bien et le Mal ! Qu’il n’étende pas maintenant la main, ne cueille aussi de l’arbre de vie, n’en mange et ne vive pour toujours. » (Genèse 3 :22). Alors qu’on aurait pu craindre une déchéance de l’homme à cause de cette faute, Dieu affirme qu’il est devenu comme lui et se voit obligé de chasser Adam et Eve qui pourraient, après la connaissance du Bien et du Mal, devenir éternels.

Le judaïsme universaliste ne considère pas du tout cet acte comme étant le péché originel ou une faute qui « souillera » l’homme dès sa naissance, pour des générations et des générations. Adam et Eve sont, au début, comme des enfants : ils agissent « en toute innocence », tel un enfant qui ne peut être tenu pour responsable de ses actes tant qu’on ne lui a pas enseigné un jugement moral. Il fera quelque chose, que ce soit une bêtise ou non, par instinct plus que par raison. En fait, manger la pomme représente le premier acte raisonnable et véritablement souverain de l’homme, qui lui fera perdre son « innocence première » ou son état « naturel » pour accéder à un état moral. D’ailleurs, après cet acte, ils se rendront compte qu’ils sont nus et se cacheront, ayant honte de leur nudité : ils sont devenus conscients à part entière. Cette interprétation de la « chute » de l’homme, différente de l’interprétation habituellement admise du christianisme 1, se retrouve aussi chez Friedrich Schiller, le philosophe humaniste allemand du XVIIIème siècle, dans Quelques considérations sur la première société humaine, en prenant pour guide le témoignage de Moïse. Schiller explique en effet que l’homme aurait pu devenir le plus heureux et le plus intelligent des animaux, mais qu’il était destiné à autre chose : « Cette défection de l’homme envers l’instinct, qui porta, il est vrai, le mal moral dans la création, mais seulement pour y rendre possible le bien moral, est incontestablement le plus heureux et le plus grand événement de l’histoire de l’homme : c’est de ce moment que date sa liberté,... Celui qui enseigne le peuple a raison de considérer cet événement comme une chute de l’homme, et d’en tirer, si faire se peut, d’utiles leçons morales ; mais le philosophe n’a pas moins raison de féliciter la nature humaine en général de ce pas important vers la perfection. Le premier a raison de l’appeler une chute, car l’homme, de créature innocente, devint créature coupable ; d’élève parfait de la nature, être moral imparfait ; d’instrument utile, artiste malheureux. De son côté, le philosophe a raison de le nommer un pas gigantesque de l’humanité ; car l’homme devint par là, d’esclave de l’instinct qu’il était, une créature librement active ; d’automate, un être moral ; et ce pas, le premier, le plaça sur l’échelle qui, après bien des milliers d’années, doit le conduire à cette indépendance où il sera lui-même son maître. »

Ainsi, cet état naturel que l’homme avait acquis par la seule volonté de Dieu, maintenant il doit le retrouver guidé par sa raison. Contrairement aux autres espèces animales, l’homme n’est pas condamné à vivre sous le joug de ses instincts. Toutefois, afin d’être libre et souverain, il doit développer une autorité intérieure, conforme à la loi universelle et forgée par sa raison. Le sabbat, le seul des dix commandements à être de type rituel, vise à rappeler cela. L’homme, afin de commémorer la nouveauté de la création, ne doit accomplir aucun travail. Le sens du mot travail n’est pas du tout à prendre en tant qu’activité nécessitant un effort physique - les transactions commerciales, par exemple, sont interdites pendant le sabbat -, mais plutôt comme l’intervention de l’homme dans le monde « matériel ». Pendant le sabbat, l’homme doit se recueillir sans aucune préoccupation liée au maintien de son existence biologique ou à la lutte pour sa survie. Bref, c’est le moment où l’homme se consacre à son caractère spécifiquement humain, c’est-à-dire sa raison.

Philon dit que « ceux qui vivent selon [la Droite Raison] sont des hommes libres. C’est une loi infaillible que la Droite Raison, non pas une loi qui est inscrite par tel ou tel, œuvre périssable d’un mortel, sur le parchemin ou la pierre - loi sans âme sur des matériaux sans âme -, mais une loi impérissable, que l’immortelle nature a imprimée dans l’intelligence immortelle ». Si, au contraire, il accepte l’autorité de ses instincts, il dépendra entièrement de ses désirs et de ses besoins immédiats. Ce qui fait dire à Philon d’Alexandrie que les rois étaient plus souvent le troupeau que l’on mène que le berger qui le conduit, car ce qui motive les rois ce sont les convoitises, les plaisirs immédiats et les honneurs. Ainsi, pour Philon : « Si donc quelqu’un pense que deviennent aussitôt esclaves ceux qui ont été vendus à vil prix par des trafiquants d’hommes, celui-là est bien loin de la vérité. Car la vente ne fait de celui qui achète un maître et de celui qui est acheté un esclave. (...) les lois naturelles, plus fortes que celles d’ici-bas, les inscrivent au nom des hommes libres . »

L’affirmation du caractère divin de l’homme a amené le judaïsme à combattre sans relâche le culte des idoles. Le judaïsme est important non seulement en tant que première grande religion monothéiste déclarée et constante, où toute chose dans l’univers est régie par un principe cohérent et harmonieux de développement, mais il est aussi crucial du fait de la participation de l’homme à la création. Le culte des idoles est un retour à l’esclavage des instincts ; en effet, l’homme vénère un objet en espérant qu’il soit la solution à ses problèmes. Au lieu de transformer et améliorer le monde qui l’entoure, il se soumet totalement au soi-disant pouvoir de l’idole et devient impuissant face aux événements extérieurs. C’est le règne de l’irrationalité et de la superstition, tout au profit des dirigeants qui peuvent, de cette manière, contrôler la population. Moïse Maïmonide dit : « Tels furent les prophètes de Baal et les prophètes d’Aschérâ, dont il est parlé chez nous et dans lesquels s’étaient fortifiées ces idées, de manière qu’ils abandonnèrent l’Eternel et s’écrièrent : “ O Baal, exauce-nous ! ” (I Rois, 18 :26). Ce qui en fut la cause, c’est que les opinions étaient très communes, que l’ignorance s’était répandue et que le monde était alors plongé dans les folles imaginations de cette espèce ; il se forma donc chez eux (les Hébreux) des idées qui donnèrent naissance aux pronostiqueurs, aux augures, aux sorciers, aux enchanteurs, aux évocateurs, aux magiciens et aux nécromanciens. » L’individu, plongé dans son ignorance, nie ses qualités de raison et de créativité et perd automatiquement son caractère spécifiquement humain. Voici ce que dit le psaume 115 : « Elles (les idoles) ont des mains et ne touchent point, des pieds et ne marchent point, elles ne produisent aucun son dans leur gosier... Ils leur ressemblent, ceux qui les fabriquent ! » L’idole est un objet fini, mort et celui qui la vénère l’est aussi. Les prophètes définissent d’ailleurs l’idolâtrie comme une humiliation infligée à soi-même. Au contraire, le Dieu de la Bible est un Dieu vivant, comme le dit Jérémie : « Mais le Seigneur est un Dieu de vérité, il est un Dieu vivant... » L’idée du Dieu vivant est celle du Dieu en constant développement et en création permanente. Il est plus que tous les objets de l’univers, il est le principe premier et la cause première de toute chose. Mais surtout, l’homme, fait à l’image de Dieu, a une parcelle de puissance divine qui lui permet d’intervenir dans le monde et ne doit donc pas attendre ou implorer que Dieu résolve ses problèmes car il trouvera la solution dans sa raison créatrice. De ce fait, l’homme n’est pas prédestiné et tous ses malheurs ne peuvent être imputés à la fatalité, mais bien à ses propres actions. Maïmonide dit : « Le libre-arbitre est accordé à tout être humain. Si l’un d’eux désire se tourner vers le bon chemin et la vertu, il a le pouvoir de le faire. Si un autre veut se tourner vers le mauvais chemin et être méchant, il en a la liberté... Ne laissez pas pénétrer dans votre esprit la notion, exprimée par des gentils stupides et la plupart des gens insensés parmi les Israélites, qu’au début de l’existence d’une personne, le Tout-Puissant décrète qu’elle est vertueuse ou méchante... »

Même si, à de nombreuses reprises, Dieu intervient en accomplissant des miracles, il ne se comporte pas de la même manière qu’un dieu grec ou romain qui utiliserait ses pouvoirs afin de manipuler les hommes comme des marionnettes. En Egypte, par exemple, différents miracles se produisent, mais leur nature ne diffère pas des « tours de magie » des prêtres égyptiens, même si ces derniers seront ensuite battus sur leur propre terrain. A aucun moment ces miracles ne transformeront le cœur du pharaon, qui refusera toujours de laisser partir les Hébreux, pas plus qu’ils ne transformeront les Hébreux, qui n’abandonneront pas pour autant leurs idoles. Ils suivront Moïse à cause de sa supériorité sur les magiciens du pharaon, en pensant que le Dieu de Moïse est plus fort que ceux des Egyptiens. Ces miracles renforceront seulement une vérité historique, celle de la nécessité du peuple hébreux d’aller vers la Terre promise. Enfin, le miracle décisif qui va permettre aux Hébreux de se sauver ne surviendra pas sans un minimum de volonté de la part des Hébreux. En effet, quand Moïse fait rentrer son état-major dans la mer Rouge, les eaux ne se sont pas retirées ; c’est seulement lorsque les premiers Hébreux y ont pénétré qu’eut lieu le miracle. Ce qui fait dire à Maïmonide : « Quoique tous les miracles relatés dans l’Ecriture consistent dans le changement de la nature d’un être quelconque d’entre les choses qui existent, Dieu ne change pourtant pas par miracle la nature des individus humains. »

L’alliance

Au début, l’image de Dieu est celle du souverain absolu. Il a fait la nature et l’homme, et si ceux-ci lui déplaisent, il peut détruire ce qu’il a créé. Et c’est ce qu’il fera en décidant de détruire toute vie sur la terre parce que l’homme « est méchant ». Cette conception est alors semblable à celle de la mythologie babylonienne, dans laquelle les dieux font périr les hommes car ils sont « dérangés » par leur prolifération et leurs clameurs. Mais surgit une première évolution dans l’image du Dieu-souverain absolu car il se repent de sa décision et décide de sauver Noé, sa famille et chaque espèce animale. De plus, Dieu conclut une alliance symbolisée par l’arc-en-ciel, avec Noé et tous ses descendants : « J’établis mon alliance avec vous ; aucune chair ne sera plus exterminée par les eaux du déluge et il n’y aura plus de déluge pour détruire la terre. » (Genèse 9 :11) Dieu s’engage à un respect absolu de toute vie et ne se donne pas le droit de modifier ce droit à la vie. Cette alliance se fait avec toute l’humanité, puisqu’elle est conclue avec Noé et tous ses descendants. La bonté de Dieu vis-à-vis des hommes, l’amour qu’il manifeste à leur égard, rompt dès lors totalement avec le modèle babylonien du Maître égoïste, jaloux et vengeur.

Après cette première alliance de Dieu avec Noé, il en conclura une deuxième avec Abraham. Dieu dit : « Va-t’en de ton pays, de ta patrie et de la maison de ton père, dans le pays que je te montre. Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai : je rendrai ton nom grand, tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. » (Genèse 12 :1-3). Cette nouvelle alliance consiste à ce qu’Abraham soit à l’origine d’une multitude de nations, c’est-à-dire qu’il ne doit pas simplement suivre les préceptes de Dieu dans sa vie personnelle, mais que ces principes soient incarnés dans une nation. Ce n’est pas une alliance de type chauvin entre Dieu et les Hébreux : il n’est pas question de construire une nation sur des liens biologiques de race, de sol et de sang, mais sur les principes de justice et d’amour devant illuminer les autres peuples. C’est d’ailleurs dans ce sens que doit être comprise l’élection du peuple juif : en une plus grande responsabilité dans le développement des autres nations. Un passage du Lévitique (19 :33-34) condamne très clairement l’idée d’une nation pratiquant l’exclusion : « Si un étranger vient séjourner avec vous dans votre pays, vous ne l’opprimerez point. Vous traiterez l’étranger en séjour parmi vous comme un indigène du milieu de vous ; vous l’aimerez comme vous-mêmes, car vous avez été étrangers dans le pays d’Egypte. » Il n’existe pas dans le judaïsme véritable d’attachement biologique ou physique à une terre quelconque. D’ailleurs, l’homme dans la Bible est constamment en séparation avec son foyer. Que ce soit Adam et Eve qui sont expulsés du Paradis, Noé face au déluge, Abraham pour aller en terre de Canaan ou Moïse afin de sortir d’Egypte.

On retrouvera cette volonté de défendre les individus humains, sans considération de leurs origines, dans le rappel de la première alliance que fera Abraham à Dieu, en défense de Gentils. En effet, quand Dieu décide de détruire Sodome et Gomorrhe en raison de leur méchanceté et informe Abraham de son plan, ce dernier répondra : « Feras-tu aussi périr le juste avec le méchant ? Peut-être y a-t-il cinquante justes au milieu de la ville : les feras-tu périr aussi, et ne pardonneras-tu pas à la ville à cause des cinquante justes qui sont au milieu d’elle ? Faire mourir le juste avec le méchant, en sorte qu’il en soit du juste comme du méchant, loin de toi cette manière d’agir ! loin de toi ! Celui qui juge toute la terre n’exerce-t-il pas la justice ? » (Genèse 18 :23). Abraham n’est pas un rebelle, c’est simplement un homme libre rappelant à Dieu son engagement de la première alliance. Cependant, cette conception de Dieu, capable d’actes arbitraires, reste assez archaïque.

C’est avec Moïse que cette conception de Dieu disparaîtra et que se scellera une nouvelle alliance concrétisée sous la forme des dix commandements. L’Egypte, depuis 1700 avant JC, est au pouvoir des Hyksos, dynastie étrangère favorable aux sémites. Joseph, fils de Jacob, en devenant vizir du pharaon fera venir tout le clan des Hébreux qui souffrait de la famine. Les Hébreux recevront la terre de Gessen, au nord-est de l’Egypte. Plus tard un bouleversement politique, l’avènement de la 18ème dynastie, entraîne l’asservissement des Hébreux et le pharaon, voulant contenir ces deux millions d’âmes, fera tuer tous les nouveau-nés mâles, Moïse étant sauvé in extremis. A cette époque, les Hébreux vouent un culte aux idoles et Moïse a pu être préservé de ces croyances arriérées grâce à l’éducation qu’il reçut de certains prêtres égyptiens.

Ces prêtres avaient développé le monothéisme à l’intérieur du Temple. Ayant peur de faire effondrer tout l’édifice social et politique en révélant l’idée d’un Dieu unique, ils préférèrent garder une apparence polythéiste tout en préparant et éduquant la population au monothéisme. Ces apparences prenaient la forme de mystères qui, hélas, plus tard devinrent une fin en soi au lieu de disparaître au profit de la vérité. Ces prêtres reconnaissaient une cause unique et suprême de toutes les choses, mais à ce Créateur ils ne donnaient aucun nom : « Un nom ; disaient-ils, n’est qu’une nécessité de distinction ; celui qui est seul n’a pas besoin de nom, car il n’est rien avec quoi il puisse être confondu. » Et sur une statue d’Isis, on pouvait lire : « Je suis ce qui est » ou sur une pyramide à Saïs : « Je suis tout ce qui est, qui fut et qui sera ; aucun homme mortel n’a levé mon voile. »

Or, l’essence d’une idole réside justement dans le fait d’avoir un nom. Toute chose finie a un nom parce qu’elle est achevée dans le temps et dans l’espace. L’univers des idoles est un univers d’objets fixes placés les uns à côté des autres et dont les seules relations résident dans les rapports de force des différentes divinités. Aussi, lorsque Moïse rencontre Dieu et lui demande sous quel nom il doit le faire connaître aux Hébreux, Dieu lui dira : « Je suis celui qui est. Et il ajoute : C’est ainsi que tu répondras aux enfants d’Israël : Celui qui est m’envoie vers vous. » (Exode 3 :14). En hébreu, c’est Ehyé acher Ehyé. Ehyé est la première personne de l’imparfait du verbe être en hébreux. Il faut signaler ici qu’en hébreu le présent n’existe pas, seuls le parfait et l’imparfait existent. La forme parfaite exprime une action terminée et la forme imparfaite exprime une action non achevée. En fait, la traduction littérale serait : Je suis étant celui qui est étant. Ce qui veut dire que Dieu est dans le temps de tous les temps, passé, présent et futur. Aux yeux des hommes, il ne peut donc être considéré comme un objet fixe qu’on peut être certain de détenir, « une existence », mais comme unité s’exprimant dans le multiple connaissable, dans le devenir. Il est un processus en constant développement et non pas un objet fixe. Le philosophe Maïmonide ajoute : « (...), en exprimant le premier nom, qui est le sujet, par ehyé, et le second nom, qui lui sert d’attribut, par ce même mot ehyé, on a, pour ainsi dire, déclaré que le sujet est identiquement la même chose que l’atribut. C’est donc là une explication de cette idée : que Dieu existe, mais non pas par l’existence ; de sorte que cette idée est ainsi résumée et interprétée : l’Etre qui est l’Etre, c’est-à-dire, l’Etre nécessaire. » André Chouraqui note avec raison que le terme même de Dieu est une usurpation puisqu’il dérive du latin Deus, apparenté à Zeus. En fait le terme exact dans la Bible est celui d’Adonaï-Elohim : Adonaï étant l’Etre suprême, l’Unité et Elohim, un pluriel, se référant aux puissances créatrices de l’Etre. Ainsi, l’on ne se trouve ni en face d’un Dieu monolithique, ni de plusieurs dieux, mais en face d’un Etre regroupant paradoxalement les qualités d’unité et de multiplicité.

Rembrandt : Moïse montrant les tables de la Loi
Donc, ce Dieu sans nom, après avoir conclu deux premières alliances, va en conclure une nouvelle en donnant les dix commandements à Moïse :

« Moi, Yahvé, je suis ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison des esclaves. Tu n’auras pas d’autres dieux en face de moi.

Tu ne te feras pas de statue ni aucune forme de ce qui est dans le ciel en haut, ou de ce qui est sur la terre en bas, ou de ce qui est dans les eaux au-dessous de la terre.

Tu ne te prosterneras pas devant eux et tu ne les serviras pas : car moi, Yahvé, ton Dieu jaloux, châtiant la faute des pères sur les fils, sur la troisième et sur la quatrième génération pour ceux qui me haïssent, mais qui témoigne fidélité à des milliers pour ceux qui m’aiment et observent mes commandements.

Tu ne prononceras pas en vain le nom de Yahvé, ton Dieu ; car Yahvé ne laisse pas impuni celui qui prononce son nom en vain.

Tu te souviendras du jour de sabbat pour le sanctifier. Pendant six jours tu œuvreras et tu feras tout ton travail ; mais le septième jour est un sabbat pour Yahvé, ton Dieu. Tu ne feras aucun travail, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni ton résident qui est dans tes Portes. Car en six jours Yahvé a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve, mais il s’est reposé le septième jour. Voilà pourquoi Yahvé a béni le jour du sabbat et l’a sanctifié.

Tu honoreras ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent sur le sol que Yahvé, ton Dieu, te donne.

Tu ne tueras point.

Tu ne commettras pas l’adultère.

Tu ne voleras pas.

Tu ne déposeras pas contre ton prochain en témoin mensonger.

Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien de ce qui est à ton prochain. » (Exode 20 :1-17).

Dieu demande à Moïse de révéler la loi au peuple hébreu. Cependant, le judaïsme ne connaît pas de religion révélée. Comme le dit celui que Heine appelait « le Socrate juif », Moïse Mendelssohn : « Les Israélites ont une législation divine : lois, injonctions, commandements, règles de vie, enseignement de la volonté de Dieu concernant la manière dont ils doivent se comporter pour obtenir la félicité temporelle et éternelle ; ces propositions et prescriptions leur ont été révélées par Moïse d’une manière miraculeuse et surnaturelle ; mais on ne nous a pas révélé des doctrines, des vérités salvafiques ni d’axiomes raisonnables universels. L’Eternel nous révéla ces derniers, comme aux autres hommes, en tous temps, par la nature et les choses, jamais par la parole et les signes écrits. » D’ailleurs, Moïse brisera les tables de la loi en voyant les Hébreux célébrer le Veau d’or, comprenant que ce n’est pas la simple communication de ces lois, même de manière miraculeuse, qui changerait leur comportement.

Ces lois sont importantes car elles sont un moyen d’enseignement de vérités historiques entre les hommes, mais ne sont en aucune manière l’accès aux vérités éternelles. Mendelssohn dit : « En ce qui concerne les vérités éternelles, dans la mesure où elles sont nécessaires pour le salut et la félicité des hommes, Dieu les enseigne d’une manière plus appropriée à la divinité&nb-sp ; : non par des paroles et des écrits qui sont ici et là compréhensibles à celui-ci ou celui-là, mais par la Création elle-même et ses rapports internes, lisibles et compréhensibles par tous les hommes. Il ne les confirme pas par des miracles qui ne produisent que des croyances historiques, mais il réveille l’esprit qu’il a créé et lui donne l’occasion d’observer ces rapports entre les choses, et de l’observer lui-même et de se persuader des vérités qu’il est destiné à connaître ici-bas. » Dieu, dans sa bonté, a donné la raison aux hommes afin d’accéder à ses vérités éternelles, que ce soit par les sciences ou par les arts. En y regardant de plus près, on s’aperçoit que toutes les prescriptions de la loi mosaïque concernent les actions de l’homme : elle dit « tu dois faire ou tu ne dois pas faire ». A aucun moment, elle ne dit « tu dois croire ou tu ne dois pas croire », car la foi ne se commande pas, elle ne peut venir que par la voix de la raison puisqu’elle ne repose pas sur des préceptes moraux mais sur notre connaissance de la vérité et de l’erreur. C’est pour cela, souligne Mendelssohn, que dans l’ancien judaïsme il n’existe pas d’articles de foi ou de livres symboliques et que personne ne devait jurer sur des symboles ou n’était assermenté à des articles de foi.

Ces lois se fondent évidemment sur des vérités éternelles : elles ne sont pas arbitraires comme celles des divinités grecques, romaines ou babyloniennes, où le plus fort l’emporte sur le plus faible mais, au contraire, où le juste l’emporte sur l’injuste. La loi ne doit jamais être en contradiction avec les principes de respect de la vie et d’amour de son prochain. Tous les commandements, qu’il s’agisse du sabbat, des rituels relatifs à la nourriture, de la prière, ou de toute autre ordonnance, dont le respect est un devoir strict, sont suspendus si leur observance peut mettre la vie en danger. Il n’est pas seulement autorisé d’enfreindre ces lois en de telles circonstances : c’est un devoir de les enfreindre pour sauvegarder une existence, car il a été écrit dans le Lévitique (18 :5) : « Il vivra par eux (les commandements) mais ne mourra pas à cause d’eux . »

L’arche d’alliance, contenant les tables de la loi, sera placée au centre du Temple construit par le roi Salomon. Seule la partie la plus sainte sera inaccessible au public, car « le voile vous servira de séparation entre le Saint et le Saint des Saints » (Exode 26-34). Ce voile est toujours présent dans les synagogues, où il marque une séparation entre les hommes et la Torah. L’accès à celle-ci ne peut se faire qu’à partir de l’âge de treize ans, au moment où l’enfant devient adulte grâce à la cérémonie de la bar-mitsva. Le voile ne marque pas une rupture entre Dieu et les hommes mais fait allusion à ce que, à cause de la matière, nous sommes incapables de percevoir Dieu. Dieu n’est pas une idole que l’on puisse connaître par nos sens.

Le Temple ne représente pas une « forteresse » de la religion juive, mais a une vocation universaliste : Salomon, dans son discours après l’édification du Temple, explique que « même l’étranger, qui n’est pas de ton peuple Israël, et qui viendra d’un pays lointain à cause de ton Nom - car on entendra parler de ton grand Nom, de ta main forte et de ton bras étendu - s’il vient prier vers cette maison, toi, écoute aux cieux, le lieu de ta demeure, et fais tout ce pour quoi t’aura invoqué l’étranger, afin que tous les peuples de la terre connaissent ton Nom, (...) » (Rois 8 :41-42).

L’importance des prophètes

Dès la mort de Salomon, en 930, le royaume sera divisé en deux : les royaumes d’Israël et de Juda. Cette période d’instabilité permettra au culte de Baal de rentrer en force dans ces royaumes qui connaîtront les pressions et les dominations tantôt syrienne, tantôt assyrienne, tantôt égyptienne, et cela jusqu’à la destruction de Jérusalem et de son Temple par les Chaldéens, en 586 avant JC, avec déportation des élites à Babylone. Des prophètes comme Isaïe ou Jérémie seront la garantie de la continuation d’une pensée universelle et d’une résistance à l’oppresseur.

Maïmonide décrit la prophétie comme « une certaine perfection (existant) dans la nature humaine ; mais que l’individu humain n’obtient cette perfection qu’au moyen de l’exercice, qui fait passer à l’acte ce que l’espèce possède en puissance, (...). Si l’homme supérieur, parfait dans ses qualités rationnelles et morales, possède en même temps la faculté imaginative la plus parfaite (...), il sera nécessairement prophète ; car c’est là une perfection que nous possédons naturellement. (...) Dieu rend prophète qui il veut et quand il veut, pourvu que ce soit un homme extrêmement parfait et (vraiment) supérieur ; car pour les ignorants d’entre le vulgaire, cela ne nous paraît pas possible, - je veux dire que Dieu rende prophète l’un d’eux, - pas plus qu’il ne serait possible qu’il rendît prophète un âne ou une grenouille. Tel est notre principe (je veux dire) qu’il est indispensable de s’exercer et de se perfectionner, et que par là seulement naît la possibilité à laquelle se rattache la puissance divine. » Les prophètes ne sont donc pas des exaltés ou des fous de Dieu. Ils réaffirment à l’homme qu’il y a un Dieu unique, d’où leurs dénonciations constantes des idoles et des divinités comme Baal, Ishtar ou Astarté. Ils protestent quand l’homme prend le mauvais chemin et montrent les alternatives qui lui permettront de faire son choix. Ils ne présentent pas l’avenir comme une fatalité mais comme une conséquence des actes présents. Les prophètes apparaissent ainsi aux moments de crise pour apporter des solutions.

Rembrandt : Jérémie pleurant la destruction de Jérusalem
Les problèmes auxquels sont confrontés les prophètes sont multiples. D’abord, les Hébreux ont vidé les commandements de leur sens profond pour en faire de simples rituels qui en soi devraient les sauver : ils ont idolâtré les rituels. Par rapport à cela, Isaïe écrit : « Que me fait la multitude de vos sacrifices ? dit Yahvé. Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux gras ; et le sang des taureaux, et des agneaux et des boucs, je n’en veux pas ! (...) Vos noémies et vos solennités, mon âme les hait, elles me sont un fardeau, je suis las de les supporter. Quand vous étendez les mains, je ferme les yeux devant vous ; vous avez beau multiplier la prière, je n’écoute pas ! Vos mains sont pleines de sang. Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de devant mes yeux la malice de vos actions. Cessez de faire le mal, apprenez à faire le bien. Recherchez le droit, secourez l’opprimé, rendez justice à l’orphelin, défendez la veuve. » (1 :11-17). Jérémie voit même l’urgence d’établir une nouvelle alliance : « Voici venir le temps, déclare Yahvé, où Je conclurai avec Israël et Juda une Alliance nouvelle : non plus comme celle que J’avais conclue avec leurs pères, lorsque Je les pris par la main pour les tirer d’Egypte ; car ils l’ont violée, tant et si bien que J’ai dû les éliminer, déclare Yahvé. Voici donc ce que sera l’Alliance qu’après ce temps-ci Je conclurai avec Israël, déclare Yahvé : Je placerai Ma Loi à l’intérieur d’eux-mêmes et c’est au fond de leur coeur que Je l’inscrirai (...) » (31 :31-33).

Un autre problème surgit du fait des oppressions diverses : le repli sur soi. Le meilleur exemple est le message du prophète Ezéchiel qui va définitivement rompre avec l’esprit universaliste et de générosité de Jérémie et d’Isaïe. Ezéchiel, membre du clergé du Temple de Jérusalem, voit le message de Yahvé comme destiné aux seuls Israélites : « Ce n’est pas aux autres peuples, avec leurs inintelligibles parlers et leurs langues barbares, que tu es envoyé ; mais à la seule Maison d’Israël ! » (Ezéchiel 3 :5-6). Il contredit même le discours de Salomon à propos du Temple en disant : « Nul étranger, incirconcis de coeur comme de corps, n’aura le droit de pénétrer en Mon Sanctuaire ! » (44 :9). Ezéchiel défend donc le retranchement fanatique des Israélites sur Jérusalem et son Temple par simple prérogative de peuple de Dieu. Paradoxalement, en marge de ses préoccupations isolationnistes, Ezéchiel va introduire tout un cérémonial marqué par l’influence de la mentalité et du rituel de Babylone. En fait, en enlevant les fondements universels du judaïsme, Ezéchiel va le reléguer au niveau des autres cultes de l’époque. A partir de ce moment, la conception d’Ezéchiel du peuple élu rivalisera avec celle plus élevée d’Isaïe qui dit : « Voici Mon serviteur que Je soutiens, Mon élu, que Mon cœur préfère ! Je lui ai infusé Mon Souffle, pour qu’il révèle la Vérité aux Nations. Sans crier, ni hausser le ton, sans faire retentir sa voix au-dehors, sans briser le roseau cassé, sans éteindre la lampe vacillante, il révélera aux peuples la Vérité : lui-même ne sera vacillant ni cassé, tant que la Vérité ne sera pas instaurée sur la Terre et que les Iles espéreront sa doctrine ! » (42 :1-4).

Les prophètes sont aussi connus pour avoir annoncé la venue du Messie. L’ère messianique est une ère de paix, de raison et de réconciliation avec Dieu. La connaissance de Dieu recouvrira le monde et elle amènera le pardon, l’amour de la paix, du bien et de la justice. L’arrivée du Messie sera marquée par l’avènement d’une humanité parfaite. Voilà ce qu’en dit Isaïe (35 :5-10) : « Alors s’ouvriront les yeux des aveugles, s’ouvriront les oreilles des sourds ; alors le boiteux sautera comme un cerf, et la langue du muet éclatera de joie. Car les eaux jailliront dans le désert, et les ruisseaux dans la solitude ; le mirage se transformera en étang et la terre desséchée en sources d’eaux ; dans le repaire qui servait de gîte aux chacals, croîtront des roseaux et des joncs. Il y aura là un chemin frayé, une route, qu’on appellera la voie sainte ; nul impur n’y passera ; elle sera pour eux seuls ; ceux qui la suivront, même les insensés, ne pourront s’égarer. Sur cette route point de lion ; nulle bête féroce ne la prendra, nulle ne s’y rencontrera ; les délivrés y marcheront. Les rachetés du Seigneur retourneront, ils iront à Sion avec chants de triomphe, et une joie éternelle couronnera leur tête ; l’allégresse et la joie s’approcheront, la douleur et les gémissements s’enfuiront. » Daniel annonce aussi la résurrection des morts et Dieu lui-même est le rédempteur, l’auteur du miracle ultime qui parachèvera la création du monde.

L’imitation et la connaissance de Dieu

L’homme doit marcher aux côtés de Dieu et non pas en dessous. L’homme n’est pas Dieu, mais il a été fait à son image et est donc de même nature. Voici ce que dit un passage du Lévitique (19 :1-2) : « Le Seigneur parla à Moïse et dit : Parle à toute l’assemblée des enfants d’Israël et tu leur diras : Soyez saints, car je suis saint, moi, le Seigneur, votre Dieu ». La juste voie à suivre est donc l’imitation de Dieu. Cette imitation a pris la forme de lois ou de commandements ; la Torah en comporte 613. Moïse Maïmonide résumait le rôle de ces commandements à « ou produire une opinion saine, ou détruire une opinion erronée, ou donner une règle de justice, ou faire cesser l’injustice, ou former l’homme aux bonnes mœurs, ou le préserver des mœurs dépravées ». La Torah est la loi qui conduit l’homme à imiter Dieu en lui enseignant la juste façon d’agir, les dix commandements mosaïques étant le noyau central. Il est vrai, comme nous l’avons dit dès le début, qu’il existe certaines contradictions entre les différents textes. Dans l’Exode, par exemple,il est dit qu’une faute retombera sur les enfants de celui qui l’a commise jusqu’à la quatrième génération, tandis qu’il est dit dans le Deutéronome : « On ne fera point mourir les pères pour les enfants, et l’on ne fera point mourir les enfants pour les pères. » D’où l’importance de l’esprit dans lequel la loi sera abordée : appliquer la loi du talion etlescommandements de vengeance à la lettre ou privilégier la compassion pour le pécheur. A partir du premier siècle après JC, les rabbins vont commenter et interpréter la loi, car c’est « l’interprétation vivante de la loi qui vivifie la lettre ». Ces commentaires s’appellent la halakha ou - littéralement - la voie dans laquelle on doit marcher.

L’observance des principes d’amour et de justice, de ne pas blasphémer Dieu et de ne pas adorer les idoles sont de loin plus importants que les rituels. C’est pour cela que, pour les juifs, le salut universel ne dépend pas de l’adhésion au judaïsme et même pas du culte de Dieu. Le salut universel est accessible à tout le monde dès lors qu’il suit des principes justes. Le Talmud dit : « Les justes parmi les Gentils ont leur place dans le monde à venir. » Ou encore, Moïse Maïmonide disait : « Un païen qui accepte les sept commandements de Noé et les observe scrupuleusement est un païen juste et il aura sa part dans le monde à venir . »

Quant à ceux qui ne suivent pas cette voie, ils ne reçoivent pas les foudres d’un Dieu vengeur et en colère, comme on a souvent tendance à le croire, l’opposant ainsi au Nouveau Testament qui mettrait en scène un Dieu rempli d’amour et de miséricorde. L’Ancien Testament présente Dieu comme miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité. Sa compassion apparaît clairement dans l’Exode : « Longtemps après, le roi d’Egypte mourut, et les enfants d’Israël gémissaient encore sous la servitude et poussaient des cris. Ces cris, que leur arrachait la servitude, montèrent jusqu’à Dieu. Dieu entendit leurs gémissements et se souvint de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob. Dieu regarda les enfants d’Israël et connut leur condition. » (Exode 2 :23-25). Or les enfants d’Israël n’implorent pas Dieu et ne font pas de prières pour qu’il intervienne car, à cette époque, ils étaient idolâtres. Un commentateur dit d’ailleurs : « Bien que les enfants d’Israël ne méritassent pas d’être délivrés, leurs cris provoquèrent la compassion de Dieu à leur égard. » Ce principe sera à nouveau exprimé par le prophète Isaïe quand il dit : « Je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas. » (65 :1).

L’expression de cette compassion se retrouve aussi dans la manière dont le pécheur est traité. L’homme qui se repent est un homme qui revient sur ses pas, qui rentre dans le droit chemin, qui revient à Dieu et à lui-même. L’opinion de la tradition talmudique à l’égard du pécheur repentant est décrite par le terme : baal teshuvah, ce qui signifie littéralement le maître du retour. Le maître du retour n’est pas un homme honteux d’avoir péché, c’est un homme fier d’avoir réalisé son retour. Le Talmud va plus loin en disant que « même l’homme complètement juste ne peut atteindre la position des maîtres du retour ». Ceci est d’ailleurs aussi très explicite dans l’histoire du Fils prodigue. Un autre passage du Talmud dit ceci : « Quand un homme a péché, s’il a de bons avocats, il est sauvé, mais sinon il ne l’est pas. Et voici quels sont les bons avocats : le repentir et les bonnes actions. Et même si 999 plaident contre lui, il suffit qu’un seul plaide en sa faveur pour qu’il soit sauvé . »

Maintenant, en ce qui concerne la connaissance de Dieu, on peut constater deux écoles opposées au sein du judaïsme : la première considère qu’il faut seulement appliquer et interpréter les lois et que des règles comportementales suffisent pour suivre la bonne voie, l’autre école de pensée affirme qu’imiter Dieu nécessite de le connaître à travers sa création et grâce à la métaphysique. Les philosophes comme Moïse Maïmonide, Philon d’Alexandrie ou Salomon Ibn Gabirol, ont choisi la deuxième approche, ce qui les met quelquefois en marge de la religion juive officielle, mais certainement pas du judaïsme. Inspirés de la philosophie platonicienne, ces philosophes ne se sont pas contentés de commenter les Ecritures, ce qui choqua profondément de nombreux rabbins. Un texte du Talmud illustre parfaitement ce type de réaction : « Celui qui se demande ce qu’il y a en haut, ce qu’il y a en bas, ce qu’il y avait avant, mieux vaudrait pour lui n’avoir pas été créé » (‘Hagigah, 11b). Maïmonide polémiquera contre cette tentative de réduire le judaïsme à une série de lois et rituels, interdisant de ce fait un dialogue œcuménique et philosophique avec les autres religions. Il critique les Talmudistes « qui admettent par tradition les opinions vraies, qui discutent sur les pratiques du culte, mais qui ne s’engagent point dans la spéculation sur les principes fondamentaux de la religion, ni ne cherchent en aucune façon à établir la vérité d’une croyance quelconque. » Il faut donc suivre l’exemple de Moïse qui adressa cette prière à Dieu : « Fais-moi donc connaître tes voies, afin que je te connaisse pour que je trouve grâce à tes yeux ». Maïmonide précise que « celui-là seul qui connaît Dieu “trouve grâce devant ses yeux”, et non pas celui qui se borne à jeûner et prier. »

La vraie sagesse s’appelle ‘hokhma : elle est la réunion des qualités intellectuelles et morales dans le but de connaître Dieu - la fin dernière de l’homme. Cette connaissance de Dieu ne se fait pas par des voies symboliques, des apparitions ou par une extase mystique. Maïmonide dit : « Il n’y a aucun moyen de percevoir Dieu autrement que par ses œuvres ; ce sont elles qui indiquent son existence et ce qu’il faut croire à son égard, je veux dire ce qu’il faut affirmer ou nier de lui. Il faut donc nécessairement examiner les êtres dans leur réalité, afin que de chaque branche de science, nous puissions tirer des principes vrais et certains pour nous servir dans nos recherches métaphysiques. Combien de principes ne puise-t-on pas, en effet, dans la nature des nombres et dans les propriétés des figures géométriques, principes par lesquels nous sommes conduits à connaître certaines choses que nous devons écarter de la Divinité et dont la négation nous conduit à divers sujets métaphysiques ! Quant aux choses de l’astronomie et de la physique, il n’y aura, je pense, aucun doute que ce ne soient des choses nécessaires pour comprendre la relation de l’univers au gouvernement de Dieu, telle qu’elle est en réalité et non conformément aux imaginations ». On peut donc connaître Dieu que grâce, d’une part, aux sciences physiques, dans ses attributs affirmatifs (le problème, c’est qu’ils n’indiquent jamais qu’une partie de la chose qu’on veut connaître, soit une partie de sa substance, soit une partie de ses accidents) et, d’autre part à la métaphysique, dans ses attributs négatifs : en démontrant tout ce qu’il n’est pas. Cette connaissance est la seule dont on peut se glorifier. Jérémie dit : « Ainsi a parlé l’Eternel : Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, que le fort ne se glorifie pas de sa force, que le riche ne se glorifie pas de ses richesses ; mais ce dont il est permis de se glorifier, c’est de l’intelligence et de la connaissance qu’on a de moi, car je suis l’Eternel exerçant la bienveillance (‘hesed), la justice (michpat) et l’équité (tcedaka) sur la terre. » (Jérémie 9 :22-23). C’est ainsi qu’il faut non seulement connaître Dieu, mais prendre aussi modèle sur son ‘hesed, michpat et tcedaka et ne jamais séparer la connaissance des principes de justice et d’amour.

Note

  • Cette interprétation est en fait récente et opposée à l’esprit réel du christianisme. Ce sont en effet la Réforme et la Contre-Réforme qui consacrèrent toutes deux l’idée d’un homme marqué de manière indélébile par le « péché originel », et qui par conséquent définirent d’abord sa foi par et dans son repentir. Dans la doctrine des Pères de l’Eglise, et plus généralement en dehors du champ de la Réforme et de la Contre-Réforme, c’est dans la participation à la création que l’homme créé à l’image de Dieu exprime sa foi - sa capacité de créer - à l’image du Créateur (capax Dei). Faire le bien - les oeuvres - est ainsi l’expression de la foi, participation à la joie divine, et l’on ne se repent qu’ensuite de ne l’avoir pas fait ou d’avoir fait son contraire.

    En fait, la distorsion opérée par la Réforme et la Contre-Réforme relève d’un aristotélisme réducteur incapable de rendre compte de la Création et lui préférant un système à référence fixe. C’est pourquoi, dans cette conception, traquer le mal tient trop souvent lieu de Bien. De même, d’ailleurs, que dans les versions « castigatrices » du judaïsme ayant subi les mêmes influences déformantes.

Bibliographie

  • Les citations de l’Ancien Testament sont tirées de la traduction d’E. Osty et de J. Trinquet.
  • André Chouraqui, La Pensée Juive, Que sais-je ?, PUF, 1975.
  • André Chouraqui, Histoire du Judaïsme, Que sais-je ?, PUF, 1979.
  • Josy Eisenberg, Armand Abécassis, Et Dieu créa Eve, Collection A Bible ouverte, II, Présence du Judaïsme, Albin Michel, 1979.
  • Erich Fromm, Vous serez comme des dieux, Ed. Complexe, Bruxelles, 1975.
  • Salomon Ibn Gabirol, Livre de la Source de Vie, Aubier Montaigne, 1970.
  • Moïse Maïmonide, Le Guide des égarés, Collection Les Dix Paroles, Verdier, 1983.
  • Moïse Maïmonide, Le livre de la connaissance, Quadrige-PUF, 1990.
  • Moïse Mendelssohn, Jérusalem, Les Presses d’aujourd’hui, 1982.
  • Philon d’Alexandrie, De Opificio Mundi, Ed. du Cerf, 1961.
  • Philon d’Alexandrie, Quod omnis probus liber sit, Ed. du Cerf, 1974.
  • Friedrich Schiller, Quelques considérations sur la première société humaine, en prenant pour guide le témoignage de Moïse, Œuvres complètes, Hachette, 1860.
  • Friedrich Schiller, La mission de Moïse, Œuvres complètes, Hachette, 1860.




http://www.solidariteetprogres.org/article1588.html
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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /2009 11:10

Gilad ATZMON جيلاد أتزمون گيلاد آتزمون

Traduit par Marcel Charbonnier. Édité par Fausto Giudice

La question de savoir qui est juif (et qui ne l’est pas) est débattue en Israël depuis le jour même de la création de cet État. Dans l’Etat juif, les autorités gouvernementales, les rabbins et les médias  piochent sans la moindre honte dans les lignées génétiques de tout un chacun. Pour les Israéliens et les juifs orthodoxes, la judaïté est manifestement un concept relatif au sang. Toutefois, la judaïté et les préoccupations liées au sang sont en train de devenir le sujet d’un débat croissant… au Royaume-Uni. Ces jours derniers, les quotidiens The Daily Telegraph et The Guardian s’efforçaient de trancher : le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad est-il simplement un « juif haineux de lui-même » ou bien n’est-il qu’un simple antisémite ordinaire ? Comme les rabbins israéliens, ces journaux fouillent dans les ascendants génétiques de M. Mahmoud. Ainsi, samedi dernier, le Daily Telegraph révélait qu’Ahmadinejad aurait eu un « passé juif ».

D’après l’article, une photographie du président iranien exhibant son passeport durant des élections, en mars 2008, suggère « de manière très claire » que sa famille avait des racines juives. The Telegraph a même trouvé des « experts » qui ont suggéré l’idée que « le lourd passif de M. Ahmadinejad en matière d’attaques haineuses contre les juifs pourrait être une surcompensation visant à dissimuler son passé ». Inutile de préciser qu’Ahmadinejad n’a jamais proféré la moindre attaque « haineuse » contre des juifs, comme le suggère ce quotidien. Il est, à n’en pas douter, un détracteur déterminé de l’Etat juif et de sa raison d’être [en français dans le texte, NdT]. Il est également très critique à propos de la mobilisation manipulatoire de l’holocauste au détriment du peuple palestinien.

 


La "preuve révélée" par le Telegraph

  Ahmadinejad showing papers during election
"Ahmadinejad montrant ses papiers pendant les élections. Ils révèlent que l'ancien nom de sa famille était juif"


L’on est fondé à se demander comment il se fait qu’un média occidental s’engage ainsi, sélectivement, dans des questions relatives à l’origine raciale ou ethnique (appelez-la comme vous voudrez) du président iranien. A la fin des fins, la fouille dans le passé ethnique et dans la lignée familiale des gens n’est pas le genre de pratique banale à laquelle l’on s’attendrait de la part de la presse occidentale... ; c’est là quelque chose que l’on aurait tendance à laisser aux racistes, aux nazis et aux rabbins… Mais pour une raison que j’ignore, personne, dans le milieu de la soi-disant presse libre, ne s’est donné la peine de se pencher sur les liens étroits entre l’escroc multimilliardaire Bernie Madoff et sa tribu. La presse (dite) libre s’est dispensée, aussi, de creuser l’ethnicité de Wolfowitz, en dépit du fait que la guerre sioniste qu’il nous a imposée a coûté un million et demi de morts (pour l’instant, tout au moins). Si vous vous demandez comment il se fait qu’un média occidental « libre » fasse appel à la « pathologie » au sujet d’un président iranien, la réponse est simple, pour ne pas dire triviale :

L’ainsi dénommé « occident libéral » en est encore à tenter de trouver des réponses au Président Ahmadinejad dans le royaume de la raison. Il est dépourvu de la capacité argumentative qui lui permettrait de répondre à Ahmadinejad. En lieu et place, il insiste à inventer de toutes pièces des arguties racialement connotées qui ne tiennent absolument pas la route. « En faisant des déclarations anti-israéliennes », nous dit doctement le Daily Telegraph, « il [Mahmoud Ahmadinejad] est en train de chercher à repousser tout soupçon à propos de ses origines juives ». La réalité saute aux yeux : Ahmadinejad a d’ores et déjà réussi à rediriger un faisceau lumineux de raisonnement et de scepticisme précisément sur le recoin le plus obscur de notre hypocrisie, afin de le mettre en évidence aux yeux de tous. D’une certaine manière, Ahmadinejad réussit à nous rappeler, à nous tous, la signification du verbe ‘penser’.

Il est tout à fait impossible de nier le fait que l’approche qu’Ahmadinejad a de l’holocauste et d’Israël est cohérente, logique et valide. Par son discours, il semble viser trois questions principales :

1 – Près de soixante millions de personnes ont été tuées du fait de la Seconde guerre mondiale, en grande majorité des civils innocents. Comment se fait-il, demande Ahmadinejad, que nous insistions ainsi à nous concentrer sur la particularité des souffrances d’un groupe « très » particulier de personnes, à savoir les juifs ?

2 – Le Président iranien affirme à juste titre que ce chapitre de l’Histoire doit être examiné du point de vue de l’historien. Cela signifie aussi que tout événement passé doit être soumis à examen, à élaboration et à révision. « Si nous nous autorisons à remettre en question Dieu et les Prophètes, alors nous devons aussi nous autoriser à mettre en question l’holocauste » ;

3 – Sans égard pour la véridicité de l’holocauste, le fait que la souffrance des juifs, en Europe, n’avait strictement rien à voir avec le peuple palestinien est une vérité banale. Par conséquent, il n’y a aucune raison pour que le peuple palestinien ait à payer pour des crimes perpétrés par d’autres. Si certains dirigeants occidentaux se sentent coupables de crimes commis par leurs propres ancêtres à l’encontre des juifs (ce qu’ils semblent affirmer), ils feraient mieux d’allouer des terres aux juifs à l’intérieur de leurs territoires respectifs, plutôt que d’attendre des Palestiniens qu’ils continuent à porter le meurtrier fardeau sioniste.

Tout autant il est évidemment clair que les points ci-dessus, soulevés par Ahmadinejad, sont totalement valides, il est douloureusement transparent que l’Occident est dépourvu des moyens d’affronter ces questions. En lieu et place, nous semblons enclins à recourir à la suprématie et à un discours pseudo-scientifique faisant appel au sang, à la pathologie et à une psychanalyse de comptoir.

Aussi embarrassant que cela paraisse, en deux coups de cuiller à pot, Ahmadinejad réussit à mettre à nu le mode de discussion occidental actuel, qui se caractérise par la tromperie. De fait, il met le doigt sur l’holocauste, qu’il identifie comme étant le coeur de notre position hypocrite, une tendance qui a fini par faire voler en éclats notre jugement moral. L’holocauste n’avait pour seule raison d’être que de détourner l’attention des crimes colossaux perpétrés par les Alliés. Hiroshima, Nagasaki et Dresde ne sont que quelques-uns des exemples de génocide institutionnalisé perpétré par l’empire anglophone. L’holocauste a réussi à mûrir au point de devenir une nouvelle religion. Pourtant, il est dépourvu de théologie. Il n’autorise aucune forme de critique ou d’aggiornamento. C’est, de fait, une religion antioccidentale inspirée par la haine et par la vengeance. Cette religion est obscurantiste, elle est aveugle et elle est totalement dépourvue de tout sens de la miséricorde et de la compassion. C’est un credo qui déclare la guerre à toute forme de doute. C’est un système de croyance frustre et brutal, qui s’oppose aux notions de liberté et de bonté. Et (comme si cela ne suffisait pas) ceux qui adhèrent à cette religion sont complices d’une agression en cours contre la grâce et la paix.

En l’état actuel des choses, les médias britanniques doivent encore décider si Ahmadinejad est un « juif rebelle » ou simplement un « Meshugena Goy* ». Ainsi, le Guardian a été particulièrement prompt à publier sa propre approche du sujet, qui réfute la version dont nous a gratifié le Telegraph. Toutefois, une chose est claire : ni le Guardian ni le Telegraph, ni un quelconque autre media soi-disant « libre » ne le sont suffisamment (libres) pour répondre aux questions qu’Ahmadinejad soulève : 1 – Pourquoi seulement les juifs ? 2 – Pourquoi dites-vous NON à tout examen du passé ? 3 – Pourquoi les Palestiniens doivent-ils payer les pots cassés ?

Au lieu de s’attacher à traiter ces questions élémentaires et néanmoins cruciales, les journaux à grande diffusion britanniques succombent à une fouille de lignées ethniques non exempt de racisme.

Au lieu de s’abandonner à l’interrogation sioniste banale : « Qui est juif ? », je suggère que nous fassions quelque peu avancer le débat en posant cette question très simple : « Que signifie la judaïté ? »

* Meshugena Goy : Gentil fou (du yiddish meshuggener, fou) [NdE]



 


Source : l'auteur - Who Is a Jew? Reflections around Ahmadinejad's alleged 'Jewish past'

Article original publié le 6/10/2009
Sur l’auteur

Fausto Giudice est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

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Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /2009 16:16


Islamophobie: plainte à Paris contre le député néerlandais Wilders
Une organisation française, l'Association de défense des droits de l'homme, a porté plainte à Paris pour "incitation à la haine raciale" contre le député néerlandais d'extrême-droite Geert Wilders pour des propos islamophobes, selon des source
judiciaires.

"Les propos tenus par Wilders visent une communauté précise, les musulmans, cela entre bien dans le cadre de l'incitation à la haine raciale", a indiqué à l'AFP l'avocat de l'association, Me Yassine Bouzrou.

Au cours d'une conférence donnée à New York le 25 septembre 2008, Wilders, réalisateur de "Fitna", un film contre l'islam, avait notamment affirmé que Paris était "désormais encerclé par des quartiers musulmans".

Le député néerlandais avait également expliqué qu'"en France, les enseignants sont invités à éviter les auteurs considérés comme offensants pour les musulmans, y compris Voltaire et Diderot". Il avait en outre assuré que de "nombreux quartiers sont des zones interdites aux femmes non voilées".

Wilders, 45 ans, est déjà poursuivi aux Pays-Bas pour incitation à la haine et à la discrimination envers les musulmans. Le chef du Parti de la liberté (PVV, 9 députés sur 150) est également interdit de séjour en Grande-Bretagne depuis février.

Jeudi 26 Mars 2009

http://www.almanar.com.lb http://www.almanar.com.lb
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Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /2009 21:48

Les ratés de la "civilisation judéo-chrétienne"

Publié le 22-09-2008


Entre les affaires d’agressions "antisémites" qui ne sont pas antisémites, mais qui font grand bruit quand même à chaque fois, le cas du Grand Rabbin de Bordeaux, Marc Krief, 49 ans, condamné à trois mois de prison avec sursis pour avoir exercé des violences sur sa femme, n’a pas fait couler beaucoup d’encre.

Il est vrai que l’on trouve des intégristes partout, et des violents de même, mais certains défraient davantage la chronique, semble-t-il.

Dans le cas de ce grand rabbin, contre lequel l’épouse avait porté plainte pour des "faits de violence", en mars dernier, on a notamment passé sous silence le fait que ce monsieur avait refusé d’être jugé, bien que convoqué par la justice en juin.

Justice fut néanmoins rendue le 28 août dernier. Il fut condamné par le tribunal correctionnel, à trois mois de prison avec sursis. Et depuis cette affaire, le grand rabbin de Bordeaux a été remplacé, sans tambour ni trompettes.

CAPJPO-EuroPalestine

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Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /2009 21:41
Le nombre de talibans (élèves en religion) explose littéralement en Israël, selon des statistiques du ministère de l’Education rendues publiques mardi par le quotidien Haaretz.

Pas moins de 63.000 jeunes hommes devraient ainsi commencer leurs études religieuses au cours des prochains jours, auxquels il faut ajouter 30.000 élèves en deuxième année ou plus. En quinze ans, leurs effectifs ont tout simplement doublé.

Comme dans ce pays très laïque qu’est Israël, les études religieuses sont payées par l’Etat, il en coûtera environ 700 millions de shekels (130 millions d’euros) au budget du pays.

Les 93.000 talibans israéliens représentent à eux seuls plus de 3% de la population active masculine nationale. Partant du constat qu’en général ils ne travaillent pas, des économistes ont évalué le manque à gagner résultant de ce parasitisme à plusieurs milliards de shekels par an.

Tout espoir n’est cependant pas perdu : selon le ministère des finances, le nombre d’ultra-religieux acceptant d’exercer un emploi, grâce à un vaste programme gouvernemental d’incitations, ne cesse d’augmenter. Ce à quoi répond, goguenard, un internaute lecteur de Haaretz : « Si c’est pour avoir des gens dont le travail consiste à promouvoir la Torah et à recruter de nouveaux étudiants, on n’est pas sortis de l’auberge ».

Précision : en Israël, les talibans sont juifs, pas musulmans. Et il faut les respecter, sinon on est un antisémite.

CAPJPO-EuroPalestine

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Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /2009 20:55

Le nombre de jeunes filles embrassant l’Islam devrait doubler


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Nombre record de juifs se convertissant à l'Islam en Palestine occupée
Des chiffres de l’administration de la Population au ministère de l’Intérieur révèlent que l’année 2006 verra un nombre record de juifs se convertissant à l’islam en Israël. Durant les dernières années, ce nombre a été d’environ 35 par an, mais on s’attend à ce qu’il soit cette année de 70.


Selon les chiffres publiés ces jours derniers par le journal Yediot Aharonot, 27 personnes se sont converties en 2004 et 33 en 2005. Mais la situation a changé cette année, les chiffres du ministère de l’Intérieur indiquant que 42 personnes ont embrassé l’islam durant la première moitié de 2006. Et on s’attend à un chiffre analogue pour la seconde moitié de l’année. Par ailleurs, les chiffres montrent que les femmes juives s’étant converties après leur mariage avec un musulman représentent la majorité des convertis.

On apprend également que les « formalités de conversion à l’islam ont lieu au Tribunal religieux – qui fonctionne selon la loi islamique – et qu’à la différence des formalités de conversion au judaïsme, qui prennent de longs mois et parfois des années, la conversion à l’islam n’exige pas de procédures compliquées, et qu’il suffit de déclarer ses intentions devant le Tribunal religieux.

Cette semaine, le rabbin Shalom Dov Lipschitz, président de l’organisation Yad Leahim, a fait allusion à la gravité de la situation, affirmant : « Nous sommes parfaitement au courant de ces chiffres, qui montrent clairement la perte des valeurs chez les habitants juifs d’Israël, du fait de l’absence d’un enseignement juif de base ».

Nombre record de juifs se convertissant à l'Islam en Palestine occupée
Lipschitz a lié ces chiffres aux informations parvenant à son organisation concernant les écoles mixtes judéo-arabes, comme l’école bilingue du quartier de Bat à Jérusalem, contre laquelle l’organisation mène une violente campagne de protestation. Le rabbin Lipschitz a affirmé que ces informations montraient que ces écoles étaient l’une des causes des conversions des femmes juives à l’islam.

Des sources à l’organisation ont indiqué cette semaine que la crainte suscitée par ces chiffres réside dans le fait que l’Etat d’Israël pourrait devenir prochainement un centre pour les mariages mixtes. Et d’ajouter : « Le nombre des jeunes filles ayant une relation avec un jeune musulman et qui se convertissent à l’islam est faible. C’est pourquoi le problème est compliqué. Car les chiffres que nous possédons indiquent que leur nombre atteint des centaines chaque année ».

L’organisation organise entre autres des rencontres avec les employeurs qui font travailler des ouvriers arabes, de crainte que leur présence dans des centres de population juive toute la journée ne conduise en fin de compte à la situation actuelle. A côté des actions de protestation, l’organisation a également commencé à organiser des permanences sous la responsabilité d’observateurs pour s’assurer de la régression du phénomène des relations entre jeunes filles juives et travailleurs arabes, en coordination avec l’organisation et les rabbins de quartier. Les responsables de l’organisation ont refusé cette semaine de donner d’autres détails sur la question, mais ils ont indiqué que des observateurs spéciaux affectés aux travailleurs appartenant aux minorités avaient été nommés dans de nombreux centres de population haredi, outre les inspecteurs chargés de la nourriture légale.

source: www.inn.co.il

Post-Zionist Jewish Academic Converts to Islam
by Hillel Fendel


Uri Davis, un activiste anti-sioniste juif israélien se convertit à l'islam et .... épouse une activiste musulmane à Ramallah.
source :Public Diplomacy 24/8/2008

Lundi 09 Février 2009
masjiddarwa@yahoo.fr
http://www.alterinfo.net/Nombre-record-de-juifs-se-convertissant-a-l-Islam-en-Palestine-occupee_a29609.html
Par noesam - Publié dans : Religion et Croyance - Communauté : paix et tolérance
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Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /2009 09:40
Par noesam - Publié dans : Religion et Croyance - Communauté : paix et tolérance
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Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /2009 20:55

 

lundi 2 février 2009, par Olivier Carré

« On ne devrait critiquer que les ouvrages qu’on a lus, voire ceux dont on n’a pas encore oublié le contenu ! » - ( Max Weber )

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Nous avons depuis quelques années un bon guide de lecture de Weber sur l’islam : l’ouvrage de Bryan S. Turner ([1974], 1978), corrigé discrètement ou complété dans quelques pages postérieures (1981). Quant aux réflexions de Maxime Rodinson (1966), elles concernent marginalement la pensée de Weber lui-même et entrent dans la vaste accolade des post-wébériens, pro- et anti-, que P. Besnard (1970) a établie naguère.

En effet, Rodinson entend Islam et capitalisme au sens de « idéologie islamique » (« coranique » puis « postcoranique ») et toute « formation socio-économique capitaliste », et non pas, comme l’entend Weber, éthique islamique (ensemble de règles de vie sociale et économique de caractère sacré et sous contrôle d’un « clergé ») et esprit (Geist) du capitalisme d’entreprise moderne à sa naissance. Sa réfutation de la thèse selon laquelle « le capitalisme ne s’était pas développé en islam parce que l’idéologie régnant dans le monde musulman avait été opposée au rationalisme nécessaire à ce développement » (p. 116) tombe à côté de Weber, car telle n’est pas l’idée de Weber. On connaît la belle colère de ce dernier : « On ne devrait critiquer que les ouvrages qu’on a lus, voire ceux dont on n’a pas encore oublié le contenu ! » (1964 : p. 76, note 27). Une autre indignation de Weber nous paraît encore plus pertinente, dans la situation française présente où le journaliste est roi, par écrit et par écran : « les hommes de lettres croient aujourd’hui pouvoir se passer du spécialiste, ou bien le ravaler au rôle de collaborateur subalterne du "voyant" (Schauender). Si le dilettantisme était le principe de la science, il en serait aussi la fin. Que celui qui désire "voir" aille au cinéma. D’ailleurs, ne lui offre-t-on pas aujourd’hui, sous une forme littéraire, une masse de choses qui appartiennent au champ de nos investigations ? Rien n’est plus éloigné d’études sérieuses et strictement empiriques que semblable attitude » (1964 : p. 28). Depuis quelques années, concernant l’islam politiquement actif, c’est ce dilettantisme de quelques « voyants » qui est écouté et même recommandé jusque dans les sanctuaires supposés des études sérieuses : le spécialiste, au nom d’une étrange « valorisation de la recherche », peut bien d’office être « ravalé au rôle de collaborateur subalterne » de ces « voyants ». Les ministères peuvent préférer financer des projets « voyants » que des spécialistes. D’où le cas typique du chercheur en « science politique » parasite du journaliste et réciproquement (1). Weber nous mettait en garde d’une manière générale. De plus, un antisémitisme hérité de Renan, épistémologique d’une part (la rationalité n’est pas sémite), politique et civilisationnel d’autre part (l’avenir de la civilisation exige la « destruction de l’islamisme », Renan) (2), se réclame volontiers de Max Weber. C’est la masse des post-wébériens (Parsons [1949] et ses petits) qui a standardisé cette idée simple en la marquant du sceau de la « science politique » du Moyen-Orient et de l’Asie. Ainsi la scolastique « science politique » du XXe siècle prend brillamment le relais de celle, théologique, du Moyen-âge : le même refus de la possibilité même d’existence de l’islam. Il convient donc de voir d’un peu plus près ce que dit réellement Weber sur l’islam.

Bien que Renan, fidèle en cela à Spinoza (Tractatus, 1965), ait très clairement rejeté le positivisme d’Auguste Comte (3), on peut voir en lui « l’Auguste Comte de l’orientalisme » (B. Turner, 1981, p. 261), par sa « philologie comparative » en vue de définir le monde sémitique, ou l’Orient en général, par ce qu ’ils n ’ont pas. Marx et Weber tablent sur cette tradition orientaliste toute fraîche, sans guère y ajouter. L’Orient - en particulier l’islam -, c’est ce qui n’a pas de science, ni de démocratie, ni de liberté d’opinion, ni de propriété privée, ni d’ascétisme religieux, ni - donc ! - de progrès industriel. D’un autre point de vue, on parlera de « despotisme oriental » pour caractériser ce non-Occident, qui est même vu comme un contre Occident qui, par ce despotisme congénital et contagieux, a pu miner de l’intérieur l’authentique socialisme européen (4). C’est oublier combien le totalitarisme nazi, par exemple, est un phénomène typiquement lié à la modernité européenne individualiste (Louis Dumont, 1983, p. 134-62). Nous y reviendrons.

Donc Weber répercute l’orientalisme reçu de l’époque, en particulier l’islamologie (très remarquable) de son ami C.H. Becker qui, à la différence des autres grands islamologues d’alors, insiste beaucoup sur l’impact économique formidable de l’éthique coranique puis musulmane, et sur l’organisation économique des États musulmans classiques. Autre idée reçue (cf. Besnard, 1970, p. 8), corrélative à l’idée orientaliste : celle du lien entre l’éthique calviniste et l’essor du capitalisme d’entreprise. Weber, contrairement à ce que croit Rodinson (1966, p. 91-129), a discuté, corrigé, modifié, retourné même, cet énoncé stéréotypé, en repoussant la notion de causalité univoque, en envisageant plutôt des homologies de structures, des « affinités électives », non pas entre une foi, une idée, et l’évolution socio-économique, mais entre une éthique, un réseau de règles de conduite socio-économique propre aux communautés calvinistes tardives, et la naissance d’un état d’esprit (Geist) très particulier, anormal, de brève durée, et dont la mécanique capitaliste, une fois enclenchée, n’a plus besoin.

Corrélativement à cette idée - à la fois reçue et retournée -, Weber aborde l’islam, qu’il voit à juste titre comme l’héritier fidèle du judaïsme en matière d’éthique sociale et économique (Weber, 1970, p. 22), grâce à sa lecture de Becker, en se posant la question suivante : pourquoi l’islam, religion intra-mondaine, prophétique, monothéiste et de salut, n’a-t-il pas réussi à faire naître chez lui l’état d’esprit collectif de la rationalisation capitaliste (Turner 1981, p. 271) ? Turner va trop loin dans son interprétation de Weber sur ce point puisqu’il dit que selon Weber l’islam « a échoué à produire une éthique compatible avec la rationalité » (ibid), ce qui n’est pas l’idée de Weber. Au contraire, cette éthique existe, la communauté fervente de Médine sous le contrôle de Mahomet est comparable, dans ses effets économiques, à celle de Genève autour de Calvin (Weber, 1971, p. 468 et 624). Les musulmans tartares sont d’audacieux entrepreneurs, individuellement pris (Weber, 1968, p. 1095), et - ajoutera P. Bourdieu (1958, p. 43-58) dans la même inspiration - les Ibadites (musulmans conséquents, puritains si l’on peut dire, mais sans credo propre) du Mzab algérien, sont de longue date d’excellents exploiteurs de palmeraies et de parfaits négociants. Sur ce point, Rodinson (1966, p. 93 sq.) argumente parfaitement, mais dans le sens de Weber, et non contre lui. Même argumentation que celle concernant les Jaïn et les Quakers (Nevaskar, 1971) : Rodinson met à contribution Becker, alors que Weber, le plus souvent, ne fait que répercuter ce dernier afin de montrer combien l’islam originel était a priori éminemment favorable à une activité économique rationalisée. A la différence des post-wébériens Parsons et (sur la Chine et la « négativité propre à l’Asie », in Turner, 1981, p. 278) Bendix, Weber ne met pas en avant une « mentalité asiatique », en particulier islamique, mais des structures économiques et surtout politico-militaires (Turner, 1981, p. 286).

Ce noyau de la pensée wébérienne est, étrangement, ignoré par Rodinson qui se situe, à la suite de Liithy (1965) (cf. Rodinson, 1966, p. 273, note 3), dans une polémique, artificielle pour l’essentiel, entre Weber et Marx (5). Les deux avaient le même bagage orientaliste et aussi les mêmes idées reçues sur le semi-féodalisme asiatique, ou « prébendaliste » (Weber) ou « mode asiatique de production » (Marx) (cf. Turner 1978, p. 2, 16-19, 78). Là où Weber est original et se démarque franchement de Marx, c’est en insistant sur les structures politiques du monde musulman : patrimonialisme et plus tard sultanisme, qu’il enracine dans la carrière sociale de guerrier qu’a dû suivre la « prophétie éthique » coranique, et ce, par la volonté et du vivant même de Mahomet (cf. Weber, 1966, p. 51, 87 ; 1968, vol. 2, p. 626, etc.). (Turner, 1981, p. 274 sq.) Le monothéisme ascétique extramondain originel est transformé en une éthique de la conquête militaire. Le martyr musulman est celui, en effet, qui meurt dans la guerre pour Dieu, pour le territoire de Dieu. C’est bien là un trait caractéristique de l’islam. Weber en conclut que c’est cette éthique guerrière - et les structures patrimoniales et de prébende qu’elle détermine - qui géna l’essor de l’état d’esprit du capitalisme moderne (cf. Turner, 1978, p. 2). C’est l’État islamique, en tant qu’État militaire religieusement légitimé, avec sa bureaucratie propre et sa jurisprudence, qui faisait obstacle. L’historien de l’islam n’aura pas de mal à discuter cette affirmation, à la nuancer fortement selon les époques.

Mais restons chez Weber. La Chari’a, dit-il, a deux aspects. Comme Règle sacrée intangible assimilée au Coran divin (à tort d’ailleurs, Weber le montre bien en parlant non pas d’une Loi divine et révélée comme le Décalogue, mais d’un Droit de jurisconsultes, créé par eux tardivement), elle fournit un cadre rigide, une norme absolue, inapplicable telle quelle, sans influences causales directes sur les conduites économiques. Seulement, en tant que telle, elle sert de référence à toute poussée intransigeante radicale, puritaine, réformiste. L’écart évident et permanent entre la Norme divine et la pratique est un ferment permanent de changements possibles, (cf. Turner, 1981, p. 274). Ce point a une grande importance, car il démolit les a-priori usuels sur le caractère figé de la théocratie ou nomocratie islamique. En parlant de phénomènes actuels, on peut dire que le « réformiste puritain nouveau style » penche nécessairement vers le « révolutionnaire social » (Gellner, 1981, p. 67). Ajoutons que la lutte armée révolutionnaire (de guérilla, de piraterie, de terrorisme suicidaire) est de nos jours islamisée sans difficulté, par une relecture coranique obvie du thème de la guerre pour Dieu (Jihâd dans la Chari’a, qitâl dans le Coran) (cf. Carré, 1984, p. 136-42). Seulement, ces guerriers de Dieu nouveau style n’entendent nullement étendre le territoire, se fournir du butin, répartir des « cures » -iqta, que Weber traduit par beneficium ou prébende : Weber, 1968, p. 1076-, payer des gardes mercenaires non musulmans et étrangers... Ils entendent au contraire détruire les choses actuelles dans leurs pays et, tout simplement, « appliquer la Chari’a » intégralement.

L’autre aspect de la Chari’a, c’est, selon Weber qui insiste surtout là-dessus, la « domination patrimoniale », avec l’arbitraire et le caractère imprévisible des décisions judiciaires : instabilité du droit (6). Vieille idée, que Weber rapproche de la « Kadi-justice » anglaise, sans formalisation systématique, ce qui, note-t-il, n’a pas empêché le capitalisme d’entreprise de naître précisément en Angleterre. Ainsi les deux aspects de la Chari’a - Norme sacrée intangible, jurisprudence arbitraire -ne sont pas de soi anti-modernes, ni anti-radicalisme puritain. La « prophétie éthique » d’un réformiste convaincu peut en quelques jours transformer des « normes stéréotypées » en « une disposition intérieure sacrée que diverses maximes de comportement peuvent sanctionner selon la situation » (Weber 1971, t. 1, p. 586), texte capital sur lequel nous reviendrons.

La bureaucratie musulmane, quant à elle, est vue par Weber (7) comme très étendue, plus anonyme que la relation féodale européenne, donc très rigide, mais quand même avec une essentielle dépendance personnelle (et non interdépendance) : le favoritisme. Bureaucratie considérable donc, mais « patrimoniale », pas « rationnelle » au sens de la bureaucratie moderne vue comme entièrement détachée du clientélisme et des liens familiaux (cf. Lerner, 1964). Au début, selon Weber, il y a le patriarche omnipotent dans sa maisonnée, avec pour seul personnel administratif sa famille étendue. Puis ce « patriarcalisme » wébérien s’élargit, par les nécessités de sa prospérité, en « patrimonialisme », dans lequel le personnel administratif est constitué en majorité d’individus dépendants extérieurs à la famille élargie (8) : esclaves, colons, mercenaires. Aussi le « patrimonialisme » tourne-t-il au « sultanisme », lequel met en œuvre la contradiction entre la dépendance de cette armée de clients d’un côté et la dépendance (normalement inexistante, mais de plus en plus croissante et menaçante) du patron, du « sultan », à l’égard de ses clients, qui détiennent non pas le droit légitime de violence mais les instruments de la violence. D’où les incessantes « révolutions traditionnelles » de palais, l’instabilité des équipes administratives, sur un fond de structures sociales figées.

N’insistons pas sur ces analyses wébériennes, voire marxistes, là encore très voisines (cf. Turner, 1978, p. 81 ; et aussi, Insel, 1984), ni sur les conséquences concernant, selon la doctrine reçue héritée de Becker, mais déjà de Adam Smith, James Mill (sur l’Inde), John Stuart Mill (cf. Turner, 1978, p. 16) : la ville musulmane comme lieu seulement de l’administration islamique centrale, du commerce et de la religion, sans corporations, sans culture civique de communauté citadine, sans cohésion sociale propre, bref sans bourgeoisie proprement dite (cf. Turner, 1978, p. 103). D’où, dit-on, piété sunnite de Chari’a pour les oulémas et les notables, mais non pas cette piété puritaine du bourgeois européen. La « mentalité Chari’a » servirait à rassurer l’individu en inversant dans l’imaginaire l’insécurité et l’instabilité de la vie quotidienne... Et Turner de pousser l’argumentation en recourant à Ibn Khaldoun. Pas de ’açabiyya (cohésion) propre à la cité comme telle, dit-il, en islam : la mentalité Chari’a fut incapable de produire l’équivalent urbain de la ’açabiyya tribale rurale. Le soufisme, lui non plus, ne favoriserait pas l’indépendance urbaine. (Turner, 1978, p. 105).

Il faudrait, pensons-nous, corriger cette vue cavalière. Ibn Khaldoun décrit et analyse, abondamment et avec précision, les solidarités propres aux groupes sociaux urbains : ’açabiyya militaire en milieu urbain récent ; ’açabiyya des professions en milieu urbain moins récent (cf. Carré, 1982). Il souligne bien, en revanche, que c’est la cohésion de type tribal (’açabiyya), disons « patrimoniale » pour plaire à Weber, qui se perpétue dans les villes ; pour Ibn Khaldoun, le tribal n’est pas nécessairement rural ou bédouin, encore moins nomade. Le parallèle entre la typologie khaldounienne des cohésions et des types de pouvoir politique qu’elles favorisent, et la typologie wébérienne est suffisamment frappant pour qu’on en parle quelque peu, puisque Turner s’est contenté d’une référence stéréotypée à Ibn Khaldoun. Ibn Khaldoun a, en effet, comme Weber, l’avantage hagiographique d’être sans cesse défiguré par les post-khaldouniens tant orientalistes qu’orientaux. La solidarité agnatique restreinte à la base d’un pouvoir « rationnel-et-religieux » correspond au « patriarcalisme » wébérien. La solidarité de type agnatique, mais étendue par les esclaves et clients et par la confédération de tribus, à la base d’un pouvoir « rationriel-et-religieux » correspond au « patrimonialisme » wébérien. Le « sultanisme » wébérien correspond à un « pouvoir rationnel-et-religieux dans l’intérêt du détenteur du pouvoir », sur une base (précaire) de groupes solidaires militaires en milieu urbain florissant, dans la vue khaldounienne. Il convient, une fois encore, de rappeler que ce dernier ne distingue pas le « rationnel » du « religieux », mais de l’« idéal » (soit « utopique » à la manière de la République de Platon et de la Cité vertueuse de Farabi etc., soit historique mais non renouvelable, « miraculeux », à savoir les quelques années de la communauté musulmane prophétique à Médine). Le religieux (islamique) peut caractériser « l’idéal » (c’est le cas de Médine primitif) et le « rationnel » (c’est le cas des États musulmans, califats, sultanats, émirats). Routinisation du charisme originel, passage de « l’éthique de la conviction » à une « éthique de la responsabilité » - donc fortement rationnelle et adaptée aux conditions nouvelles de vie -, aboutissement nécessaire (et fructueux et « profondément révolutionnaire ») de la prophétie (solitaire, décalée, irrationnelle à première vue) à une rationalisation croissante et nouvelle des méthodes de vie, tout cela est assez clairement analysé par Ibn Khaldoun - avec des notions souvent équivalentes de celles de Max Weber. Le « désenchantement » khaldounien est, lui aussi, très visible sur deux points précis. Primo, la plupart des pouvoirs - aussi religieux et/ou rationnels qu’ils soient - tendent à la défense des intérêts propres du détenteur du pouvoir aux dépens de l’ intérêt public. Weber - on oublie souvent de le dire quand on parle des vues wébériennes sur l’islam - savait très bien que le capitalisme moderne dans ses phases actuelles produisait de nouveaux clientélismes, de nouveaux « sultanismes » pour ainsi dire, symbolisés par le thème de la « cage de fer ». Gomme Musil et Kafka, il sentait bien la tendance, « l’affinité élective », au totalitarisme à base individualiste (cf. L. Dumont 1983) qu’a la rationalisation bureaucratique. Ibn Khaldoun parlait de l’agonie des solidarités, même mi-tribales, mi-professionnelles, en milieu urbanisé décadent fortement menacé par des solidarités rurales environnantes. Cet individualisme peut même être vu comme surpassant la solidarité des groupes d’alentours ou comme rejoignant, hors les murs, l’individualisme primitif des groupements archaïques que Ibn Khaldoun décrit également. Le « tous contre tous » devient alors la devise des totalitarismes européens contemporains (cf. Dumon, 1983, p. 154). Devise essentiellement individualiste, non holiste.

Ajoutons l’autre trait du pessimisme khaldounien qui s’apparente au désenchantement wébérien : au grand dam des « revivalistes » islamiques révolutionnaires actuels, Ibn Khaldoun exclut à tout jamais le renouvellement durable et conséquent de l’idéale et prophétique communauté fervente médinoise. Elle est, après 632 (mort du Prophète) ou, du moins, après 661 (mort du dernier calife saint, Ali), aussi utopique que la République platonicienne. Notons que Weber marque le terme du « conventicule piétiste » très vite après l’an 622. (Weber, 1971, p. 624). Ibn Khaldoun, très sceptique sur le califat (comme son aîné Ibn Taymiyya, pour des raisons voisines : même constat d’échecs colossaux), n’envisageait pas la mort du religieux, comme le fait Wéber après bien d’autres. Du moins, contre Ibn Taymiyya même s’il ne le nomme pas, en tout cas expressément contre la primitive tradition chiite, Ibn Khaldoun affirme-t-il puissamment que le pouvoir politique avec toutes ses fonctions n’a nullement besoin, pour s’instaurer, durer et fonctionner, d’une légitimation religieuse. Cela fait de Ibn Khaldoun, presque ignoré des musulmans eux-mêmes jusqu’au milieu du XIXe siècle, un penseur moderne, un chantre, selon certains (Abdel Razeq, 1933 ; Laroui, 1981) de la laïcité, au sens de séparation entre le politique et le religieux.

Turner, sur ces points (laïcité, totalitarisme) apporte de précieuses réflexions, que confirment les perspectives très sages et excitantes de L. Dumont déjà mentionné et de CAO. van Nieuwenhuijze - deux auteurs que Rodinson (1966, p. 213-216,220) stigmatise comme pratiquant la « méthode idéaliste », c’est-à-dire, selon sa propre vue de Weber, wébérienne. En fait, nous allons le voir, c’est Rodinson qui est profondément conforme à la vulgate post-wébérienne de la modernité univoque, tandis que les autres, les « idéalistes », plus wébériens, sont par là plus utiles pour tâcher de comprendre le monde actuel de l’islam en pleine modernisation non-occidentale, non post-wébérienne standardisée.

Avec raison donc Turner rappelle que l’absolutisme, phénomène occidental des XVIIe et XVIIIe siècles, est la condition nécessaire à l’essor du capitalisme selon certains (Poggi, 1978), ou l’ultime défense de la classe féodale face à la classe marchande montante et face à la paysannerie selon d’autres. Turner essaie d’expliquer que la centralisation du pouvoir politique par un régime absolutiste était inévitable pour le développement du capitalisme plus tardif (« later developers ») : non pas en Angleterre où il naquit grâce au laissez-faire politique, mais en France, en Allemagne, en Italie, en Russie où l’État devait - et de manière accélérée pour rattrapper l’avance anglaise - jouer le rôle du principal agent du développement capitaliste en lieu et place d’une bourgeoisie urbaine faible et sous-développée (cf. Gerschenkron, 1962).

Ainsi l’argument développementaliste univoque des politologues « orientalistes » (Alexander, Halpern, Meyer, Perlmutter, 1977, etc.) est à appliquer d’abord au capitalisme européen continental. En regard, c’est plutôt la faiblesse de l’État en Orient - par exemple en Perse puis en Iran - qui, subordonné qu’il était aux intérêts économiques britanniques, français, russes, empêchait les changements économiques (Turner, 1981, p. 217). Ainsi le « despotisme oriental » relevait peut-être de la projection sur l’Orient (sur l’islam en particulier) des hontes de la nouvelle société europénne capitaliste. Ce processus de projection a été bien identifié à propos de l’antisémitisme contre les Juifs au cours du XXe siècle : le complot totalitaire planétaire « des Sages de Sion » n’était, on le sait, que la transposition franco-russe brute (sans arrangements littéraires notables) d’un pamphlet très argumenté contre l’absolutisme de Napoléon III (Cohn, 1963). Nous pensons, en fait, que le même processus continue d’être à l’œuvre, dirigé désormais contre l’islam plutôt que contre le judaïsme. La théorie développementaliste univoque des post-wébériens actuels n’est-elle pas foncièrement antisémite dans le sens où Renan parlait de la destruction de la « chose sémitique » ? Ce qu’on peut appeler paradoxalement l’illusion totalitaire « stalino-rostowienne » (M. Chatelus, 1983, p. 9) émane directement de ces certitudes post-wébériennes : encourager et soutenir, au nom du développement économique autoritaire accéléré en cinq étapes (W.W. Rostow, 1959), un régime policier à l’école stalinienne (souvent directement, par la formation d’experts chez le « grand frère » ou par la présence locale de conseillers staliniens, associés parfois à des spécialistes nazis réfugiés, comme ce fut le cas en Syrie et en Egypte).

Turner insiste sur l’Iran du Shah avec, dans les années 60, la « Révolution blanche ». Le régime totalitaire conforme aux vœux de Kennedy et de son équipe (dont Samuelson et W. Rostow), avait pour fonction une réforme agraire autoritaire, une industrialisation centralisée (avec un large secteur d’équipement militaire), une dictature accentuée et techniquement très avancée. Les post-wébériens verront là aisément la continuité de l’État-patron militaire des Safavides (avant les Qajar), bref l’éternel « despotisme oriental ». Turner (avec Halliday, 1979, p. 29 sq) a raison de montrer que ces dictatures modernisatrices sont en rupture radicale avec les régimes anciens (Turner, 1981, p. 225). Elles sont les copies des totalitarismes foncièrement individualistes de l’Europe capitaliste « tardive » post-populiste, en Allemagne et en Russie notamment : la concomitance, la communauté d’origine et d’objectif, du nazisme et du stalinisme, leur caractère essentiellement individualiste et non holiste, ont été montrés par L. Dumont (1983), contre Arendt. Car il y a un simulacre holiste efficace, mais entièrement réorienté vers le « tous contre tous » : l’État proprement dit n’existe pas, la « nation » sert exclusivement au succès du parti, et la réussite économique supposée et planifiée justifie toutes les liquidations administratives d’individus, de groupes ethniques et de la race menançante (juive ou, plus largement, sémite). Cette « race » qui complote contre le monde civilisé moderne, on y projette tout ce qui relève du mauvais et nostalgique holisme social de jadis : les solidarités primordiales, le tribalisme, la famille élargie, les religions, ferventes ou légalistes, bref toutes les formes de la ’açabiyya standardisée khaldounienne (Gemeinde, Gemeinsam wébériens), tout ce que la sociologie de la modernisation ou de la mobilisation considère comme ayant disparu à jamais dans les sociétés « modernes », développées, « rationnelles ». Parmi d’autres, Boudon (1982, p. 370, 461) dégonfle judicieusement ces certitudes qui, selon nous, relèvent de l’antisémitisme épistémologique de Renan et de sa suite, dont Weber en partie.

A propos du religieux et des religions, il était admis que la sécularisation, la laïcisation, voire l’irréligion et l’athéisme, sont le passage obligé de toute modernisation. C’est même cet a-priori non discuté qui permit le contresens important déjà noté sur Ibn Khaldoun : « le rationnel » est, pensait-on, évidemment opposé au « religieux » (Lacoste, 1972 ; L’aroui, 1981). N’insistons pas sinon pour appuyer la remarque de Turner (1978, p. 162-70) concernant la laïcisation turque des années 20 et 30 : contrairement aux idées reçues chez les politologues en général (post-wébériens parsoniens : Lerner, Mac Intyre, etc.) : l’exemple de la modernisation turque de Mustafa Kemal Ataturk ne démontre pas la validité infaillible de l’idée wébérienne selon laquelle la sécularisation, qui est le produit social nécessaire du capitalisme moderne et de l’éthique protestante ascétique intra-mondaine (Weber), est aussi globale et mondiale pour ce « Brave New World » (Aldous Huxley) dont on connaît la célèbre devise : « Communauté, identité, stabilité ». En réalité, la sécularisation turque est à voir comme un mimétisme volontaire de l’Occident supposé laïcisé. C’est une certaine élite turque, formée en France et influencée par Durkheim notamment - mais aussi, Turner ne le dit pas, par l’orientalisme hérité de Renan - et par une ambiance post-wébérienne diffuse (P. Dumont, 1983, p. 165 et 191). Ajoutons que, parallèlement, une certaine élite intellectuelle syrienne a subi un peu lus tard les mêmes influences parisiennes : Arsouzi, Aflaq, Bitar notamment, fondateurs du système philosophique du « nationalisme arabe » de tendance non confessionnelle. L’islam comme religion n’est pas supprimé, mais considéré comme étant éminemment la cohésion sociale même des société de culture musulmane. D’où les effets - lourds de conséquences ultérieures très graves - de cette sécularisation de modèle kémaliste : l’élite est scindée, l’une religieuse, l’autre laïque, cette dernière seule étant encouragée et favorisée. L’élite religieuse, privée de moyens, dévalorisée par le pouvoir, privée de fonctions importantes comme l’éducation (même religieuse) et la judicature, ne progresse certes pas en valeur intellectuelle, en inventivité, en recherche théologique. Un « populisme » turc, naturellement cristallisé sur l’islam non kémaliste, non laïcisé pour ainsi dire, ne peut aujourd’hui compter - comme en Iran contre le Shah, ou en Egypte et en Syrie, au Liban, en Irak contre la « galaxie nasséro-baassiste » - que sur une élite religieuse intellectuellement faible, peu cultivée, aigrie, et, donc, aisément intégriste. La culture populaire islamique se trouve aujourd’hui trahie successivement par le laïcisme post-wébérien à la manière kémaliste, nasséro-baassiste, « stalino-rostowienne » - tant célébré par les post-wébériens -, puis par les révolutions islamiques récentes. Donc, disons que les théories globalistes de la modernisation laïque sur un modèle unique ne sont nullement étayées par l’exemple de la Turquie kémaliste (Turner, 1978, p. 175) et d’autres expériences comparables, comme celle de l’Iran du Shah (Turner, 1981, p. 217 sq., qui assimile à juste titre Reza Shah à Ataturk). Il nous semble, en regard, que le modèle de développement d’un « monde unique pluriculturel et donc polynormatif » (CAO. van Nieuwenhuijze, 1982) est beaucoup plus proche d’un possible vrai « Brave New World » (9). Bien entendu - contre la théorie des « élites occidentalisées » seules « porteuses du progrès modernisateur » (ainsi Rodinson, 1980, XLVI) et contre celle des minorités révolutionnaires -, ce sont les sections non extrêmes du spectre des sociétés musulmanes actuelles, ce sont « les groupes sociaux du milieu », qui, ambigus par essence, et donc porteurs d’avenir, se gardent de l’extrémisme fondamentaliste d’une part (tout en s’y ralliant parfois) et de l’extrémisme laïciste d’autre part (en s’y ralliant aussi parfois). (CAO. van Nieuwenhuijze, ibid.). Ces « groupes médians », dans un second temps, rationaliseront la « prophétie éthique » de pure « conviction », irresponsable encore, des actuels extrémistes islamiques comme celle des ci-devant extrémistes laïcistes. Ceci suppose que l’on partage, avec Weber (et contre la plupart des post-wébériens), l’idée selon laquelle la rationalité et la rationalisation des règles et des conduites économiques modernes (issues du capitalisme d’entreprise né en Europe de l’Ouest), ont des formes variables. Il s’agit de la raison pratique. Les moyens, les modes de mobilisation, les lieux des réserves d’énergie humaine individuelle et collective etc., sont divers selon les cultures. C’est précisément cette diversité qui a motivé les recherches comparatives de Weber, qui s’attachait à ce qui distingue éminemment : les traditions religieuses. La « compréhension » wébérienne n’est certes pas (comme semble le croire Turner, 1974, p. 38) phénoménologiste au sens que seuls des musulmans savent parler de l’islam, mais elle est la rationalisation méthodologique rigoureuse à l’aide de la construction de types purs (Séguy, 1980 ; Boudon, 1982, p. 366). Il s’agit là, par a-priori méthodologique, on le voit, d’un désir de cerner des choses singulières et diverses (10). Enfin, pour donner rationnellement leur chance aux extrémistes islamiques actuels, on peut adhérer à l’analyse que fait Weber (1971, p. 585-86) de l’œuvre de « profondes révolutions » - économiques en particulier - que réalise un mouvement puritain actif. Il « fait éclater les normes religieuses stéréotypées » (11) pour les faire passer au tamis de la conviction prophétique aux fins d’adapter aux situations nouvelles, avec une souveraine liberté, non pas les anciennes normes stéréotypées (qu’a déjà « fait éclater l’éthique de la conviction »), mais la « disposition intérieure sacrée » elle-même, « maximes de comportement » qui contribueront - après la période de la « conviction » non responsable - à une rationalisation d’un nouveau type, mais sur les mêmes bases, les mêmes racines, la même culture, les mêmes valeurs centrales et les mêmes normes fondamentales que celles de la prophétie éthique fervente. Voilà pourquoi le piétisme ascétique intra-mondain des groupes islamiques activistes, loin d’échapper aux hypothèses wébériennes, entre au contraire de manière frappante dans le champ de vision de Weber. Tous les documents produits par ces groupes, à première vue insignifiants, lourdement apologétiques, répétitifs des antiques normes sacrées immuables de la Chari’a abstraite, s’ils sont lus dans leur contexte propre, et mis en « compréhension » à la manière wébérienne, deviennent d’inestimables documents d’un fait social mondial considérable (cf. Kepel, 1984 ; Carré, 1984). Le schéma de van Nieuwenhuijze est beaucoup plus proche de cette « compréhension » wébérienne que celui de la modernisation univoque. Ajoutons, précisément pour comprendre l’efficacité de ces groupes fervents musulmans, que la « théodicée » proprement islamique, comme Weber l’a bien noté (Weber, 1964, p. 130-31, note 17) (12), est centrée sur la. prédétermination et sur l’absolue responsabilité individuelle devant Dieu seul. Prédétermination, non prédestination. Pourquoi confondre les deux notions (ainsi Rodinson, 1966, p. 106) ? Les tortures de la solitude absolue du « prédestiné » calviniste tardif, méthodiste ou baptiste, tels que les voit Weber, n’existent pas en spiritualité musulmane revivaliste. L’obsession de la besogne pour elle-même est un fait original, un hapax probablement. En revanche, la sensibilité extrême à la prédétermination divine jointe au sens de l’immédiate responsabilité individuelle intra-mondaine situe « l’islamiste » dans l’action mondaine individuelle, violente s’il le faut, de type millénariste, tandis que le calviniste wébérien a d’abord affaire à sa destinée éternelle, extra-mondaine. D’où cette redoutable conviction et maxime de vie de l’islamiste typique : « Chez les peuples antérieurs, Dieu lui-même le Très Haut, faisait descendre contre les impies et les ennemis de sa religion des châtiments naturels : incendies, tonnerre, foudre, tempêtes, ouragans. Il en est tout autrement depuis l’existence du peuple de Mohammad. Ce sont les mulsumans qui doivent faire la guerre de leurs propres mains, et ensuite Dieu le très Haut fait intervenir les lois de la nature ». (Farag, 1981, trad. in Carré, Michaud, 1983, p. 102). On est tenté de rapprocher de ce texte celui-ci, de Weber (1971, p. 599), sur la mission des calvinistes radicaux, (qui, orientés sur le politique, sont sans utilité pour la besogne économique) : « Parenté certaine (de l’islam originel) avec le calvinisme radical qui pose comme voulue par Dieu la domination (politique, Herrschaft) des virtuoses religieux de l’Église pure sur ce monde pécheur afin de le mater ».

Weber note, plus qu’on ne le dit, l’existence de certains citadins musulmans enrôlés dans des confréries qui, par leurs inspirations extra-mondaines, contrôlent les conduites mondaines de leurs adhérents (Weber, 1971, p. 501,566,626). Ce piétisme citadin musulman relève de la lignée des confréries « laïques ». On a tort de cacher ces lignées d’ordres laïques par les confréries conventuelles de « clercs » spécialisés et « payés » pour leur fonction exclusivement extramondaine. Gilsenam (1973) et de Jong (1978) insistent à bon droit sur l’accentuation contemporaine des confréries de « laïcs », en particulier la Châdhiliyya Hamidiyya en Egypte. Ce n’est pas un hasard si l’association des Frères musulmans est issue, en 1928, de cette confrérie-là précisément, et si Farag en 1981 (dont nous citons le texte) est l’un des héritiers extrémistes de cette association (cf. Carré et Michaud, 1983). « Derviches » politiques évoqués par Weber (1971, p. 597-600) sous le nom de « mahdismes », qu’il assimile clairement aux « calvinismes radicaux ». Enfin, remarquons combien Weber, fidèle à Becker et à la cohorte des orientalistes contemporains, insiste sur Finséparabilité du politique du mondain, et du religieux en islam. C’était là déjà le caractère scandaleux de l’islam selon Renan. M. Arkoun (1984) part en guerre contre cette interprétation qui singularise l’islam. Weber, quant à lui, estime, certes, que le « conventicule piétiste » de Mahomet à La Mecque est éclos dans le milieu citadin du récent grand commerce international et contre les vices propres à ce milieu (Weber, 1971, p. 468, 624). Mais très vite, selon Weber (1971, p. 468, 497, 509, 624), ce groupe piétiste, « extra-mondain » pense-t-il (le Coran mekkois), devient intra-mondain en recourant à l’antique « guerre sacrée » du judaïsme ancien : guerre d’acquisition de terres, non pas guerre de conversions, note Weber. De là, selon lui, le caractère substantiellement politique de l’islam après l’hégire (exode à Médine). Ce qui est impératif, dès lors, c’est l’exercice d’un pouvoir politique musulman sur des populations non musulmanes. Aussi la société islamique a-t-elle congénita-lementune structure binaire : musulmans, non-musulmans (Weber, 1971, p. 603). Weber prétend même qu’il est plus facile pour une éthique religieuse de s’adapter à des conduites économiques moralement douteuses (prêt à intérêt, contrôle des naissances, Weber, 1971, p. 586), que de pactiser avec l’exercice du pouvoir politique (Weber, 1971, p. 598) c’est-à-dire, selon la théorie wébérienne du pouvoir, avec la pratique de la violence à l’extérieur (guerres) et à l’intérieur (coercition). Or l’islam, dit-il (1971, p. 598-99), seul parmi les religions éthiques modernes excepté le calvinisme radical, sacralise la violence. Cette prééminence du politique détermine d’autre part le « capitalisme politiquement orienté » de l’histoire musulmane (Weber, 1968, p. 1091 ; Weber, 1971, p. 246-47,468, 501,624-25) : prébendalisme, etc., dont nous avons parlé.

Sur cette essence politique de l’islam post-mecquois, post-hégirien, notons ceci : la grande tradition sunnite, et même chiite, à partir du XIe siècle, a sanctionné et théorisé doctrinalement la séparation entre les pouvoirs politiques et la religion (A.K. Lambton, 1981). Vue quiétiste à l’intérieur (ne pas se rebeller contre un pouvoir non vraiment islamique) et à l’extérieur (ne plus acquérir de nouveaux territoires), qui est a bon droit revendiquée par les auteurs actuels de toutes tendances contre les extrémistes (Farag notamment). Ces derniers, en revanche, se trouvent en prise sur l’expérience activiste essentiellement politique de Mohamet et de sa première communauté. D’où l’actualité, insoupçonnée, de Weber semble-t-il, en tous cas des post-wébériens, de l’analyse wébérienne du fait coranique, de l’islam primitif et des « mahdismes ».

Olivier CARRÉ
Fondation Nationale des Sciences Politiques CERI

Arch. Se. soc. des Rel, 1986, 61/1 (janvier-mars), 139 - 152 Olivier CARRÉ

NOTES :

(1) Cf. J-P. Péroncel-Hugoz dans Le Monde : différents articles polémiques, dans la veine médiévale, contre l’islam, repris et amplifiés dans Le Radeau de Mahomet, Paris, Lieu Commun, 1983. Cet essai, dont presque aucune affirmation sur la pensée et l’histoire musulmanes n’est exacte, a pourtant été immédiatement encensé par certains universitaires (cf. Maxime RODINSON, dans Le Nouvel Observateur, 6-12 mai 1983, p. 115 ; Gilles KEPEL, dans Le Prophète et pharaon..., Paris, La Découverte, 1985, p. 235 ; et dans « Rencontre du CERI », janvier 1985, (ronéo, FNSP-CERI). En revanche, ce pamphlet déclare, preuves à l’appui, avoir influencé, avant l’impression, le maire de Marseille alors ministre de l’Intérieur (p. 47-50) : cette affirmation constitue la seule valeur (en sociologie politique) de l’ouvrage, comme je l’avais écrit pour un compte rendu (non signé) de la Revue française de Science Politique (octobre 83), mais cette notation a été censurée par la rédaction. Rappelons les accusations anti-islamiques de Mauroy et Defferre à l’occasion de grèves, cette même année, et, en 1982-1983, les 43 crimes nettement anti-musulmans en France. Des lois et ordonnances ultérieures (justifiées « académiquement » par Gaston DEFERRE dans Les Temps Modernes, mars-mai 84) en particulier la loi de juin 1984 renoncent franchement à cette « société pluri-éthinique et multiculturelle » que Christian DELORME (Non violence politique, octobre 1984) préconise pour neutraliser le succès du racisme théorique et pratique, que, prudemment, il n’attribue qu’à Le Pen.

(2) Cette position de Renan est constante, depuis sonAverroès et l’averroïsme jusqu’à Marc-Aurèle, et, notamment dans « L’islamisme et la science », 1883, et « De la part des peuples sémitiques dans l’histoire de la civilisation », 1862, d’où est tirée l’expression citée ici (Renan, 1977, p. 69).

(3) Ernest RENAN, 1969, p. 849 (in « L’avenir de la Science »). Le vrai père de l’exégèse rationaliste est Spinoza (1965), contre Bossuet II évite l’antisémitisme de Renan : p. 26, 145, 16.

(4) C’est l’une des explications de la perversion stalinienne du socialisme. Cf. Alain TOURAINE, Le Retour de l’acteur, Paris, 1984.

(5) Position inchangée de Rodinson (cf. la traduction anglaise de son Islam et capitalisme, 1966, (en 1974) concernant Weber.

(6) M. WEBER, 1968, p. 976, 1096, 1185-186.

(7) M. WEBER, 1971, p. 234-35 ; 1968, p. 821, 1019, 1031-038.

(8) M. WEBER, 1968, p. 1116 : recrutement « extrapatrimonial » au service de la « domination patrimoniale ».

(9) Cette formulation sur l’avenir de la planète correspond exactement à celle de Ch. Delorme sur l’avenir de la France : cf. note 1. Ce n’est pas fortuit. La vulgate post-wébérienne, aujourd’hui bien stéréotypée, s’oppose vivement aux deux formulations ensemble, en particulier la gauche française non-extrême : cf. Olivier MILZA « la gauche française, la crise et l’immigration », in Vingtième Siècle n° 7, juillet-septembre 1985 : p. 127

(10) Sur la variété des rationalisations pratiques autres que celle qui est typique de l’Européen moderne, cf. Max Weber, 1964, p. 24-26 et 247 ; 1971, p. 591 ; Raymond Boudon, 1982, p. 366-70.

(11) Weber mentionne ici comme exemple la Chari’a dans l’État ottoman et en Perse de son temps.

(12) « Pour l’islam il y a prédétermination et non pas prédestination, parce qu’il s’agit de la destinée en ce monde et non pas du salut dans l’autre et qu’en conséquence l’élément éthiquement le plus important, la « confirmation » du croyant dans sa prédestination, ne joue plus aucun rôle ». Weber évite ici l’aspect post-mondain de la foi musulmane : le Salut dans l’autre monde comme sanction éternelle.

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Par noesam - Publié dans : Religion et Croyance - Communauté : paix et tolérance
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Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /2009 20:15



La radiographie des peuples dans le miroir de leurs dieux Jahvé et Allah, par Manuel de Diéguez

Aux yeux des historiens prospectifs de l'histoire de la planète des armes et des songes, il y aura un avant Gaza et un après Gaza de la radiographie des peuples dans le miroir de leurs dieux. En lieu et place de l'affrontement prophétisé par le professeur Huddington entre l'Islam et la démocratie mondiale, une course de vitesse s'engagera entre une géopolitique de la dignité humaine dont l'élan sera nourri par la ferveur et la fureur de l'opinion publique de la planète, d'une part et, d'autre part, un Occident dont la vassalisation sous la houlette de leurs Etats républicains illustrera un culte de la "Liberté" complice d'un génocide.

Deux formes de la lente conquête de leur maturité politique par les peuples nés des idéaux de 1789 se partageront alors le destin du monde: on verra les masses arabes tenter de secouer le joug de leurs dirigeants aussi corrompus par leur piété ritualisée que le haut clergé chrétien du Moyen-âge par le trafic des indulgences, de l'autre, on verra l'Europe laïque mener le même combat contre sa classe dirigeante pourtant élue au suffrage universel. Car deux siècles après la Révolution française, le vote populaire se trouve encore si peu informé des arcanes de la politique internationale qu'il a autant de retard à rattraper dans ce domaine que les foules musulmanes rigidifiées à l'école de la falsification du Coran par leurs nababs du pétrole.

Le "génocide démocratique" de Gaza aura du moins révélé que l'obscurantisme politique des masses républicaines de l'Europe est devenu parallèle à celui des souverains arabes, qui feignent de se plier aux vrais enseignement de Mahomet, à l'image des gouvernements occidentaux, qui récitent leur credo à se prétendre les pieux serviteurs de deux déesses, la Liberté et la Justice - mais qui n'ignorent en rien qu'ils s'agenouillent seulement devant deux totems verbaux importés d'Outre-Atlantique. Les rois arabes, eux, ne sont pas encore tous entièrement placés sous le commandement direct d'un empire de Manès qui entend diriger le globe terrestre au nom du combat éternel du Bien contre le Mal.

Les peuples européens ont donc un adversaire beaucoup plus coriace à combattre et plus difficile à vaincre que les peuples du Coran, qui se trouvent encouragés à soutenir une éthique mondiale de la dignité humaine dont les massacres de Gaza ont puissamment ravivé la flamme. Comment l'Europe combattra-t-elle une servitude politique cachée sous le goupillon d'une sainteté démocratique coupable de crimes de guerre hilares? L'Amérique et l'Europe sont censées se partager les autels de la même divinité - mais comment balancer les mêmes ostensoirs sans tomber dans une confusion mentale plus épineuse à dissiper qu'au sein de l'Islam? Il appartient aux peuples du Vieux monde d'acquérir une pénétration d'esprit et une acuité intellectuelle peu communes s'ils entendent apprendre à dissocier les friandises cultuelles que leurs catéchistes de la démocratie leur présentent d'un côté des ambitions féroces dont ces mêmes bons apôtres se nourrissent de l'autre. Mais les peuples de l'Islam espèrent qu'au spectacle des exactions barbares d'Israël leurs dirigeants se trouveront bientôt contraints de se rallier à l'enseignement véritable d'Allah, tandis que l'Occident complice porte au doigt l'anneau de Gigès qui rend ses forfaits invisibles.

Mais puisque les massacres pseudo-légitimés par la pseudo-démocratie israélienne se poursuivront immanquablement au Moyen Orient, ils auront rapproché l'heure du rendez-vous de l'Histoire avec la furonculose générale dont l'anthropologie critique tente de formuler le diagnostic. Quand, en dernier ressort, l'Amérique et le Vieux Monde auront dû se résoudre à ausculter ensemble une pathologie qui interdit à l'Etat juif de jamais renoncer ni à conquérir la Cisjordanie, ni à renoncer à ses conquêtes territoriales antérieures à 1967, la planète des démocraties se trouvera au pied du mur: ou bien elle soutiendra l'axe cancérigène Washington-Tel-Aviv et elle se marginalisera sur un globe pourrissant sous l'égide des démocraties devenues purement nominales, ou bien elle basculera résolument du côté d'une nouvelle éthique internationale de la dignité humaine, afin de construire, aux côtés du monde musulman et à l'aide de la Russie, de la Chine, de l'Inde et de l'Amérique du Sud, le nouveau centre civilisateur de la planète du XXIème siècle.

L'Histoire est un mastodonte lent et aveugle. Son mufle met une vingtaine d'années à rencontrer le fleuve qui l'attend. Mais le véritable enjeu de la bucherie de Gaza est devenu visible à l'horloge du destin: si le monde ne retrouvait pas ses repères dans le pacte bimillénaire de l'Europe avec un monde en marche vers les sciences et le droit, jamais l'Europe ne redeviendra le foyer incandescent d'un nouveau centre de gravité du monde de l'esprit. Alors la planète se divisera entre la gangrène du manichéisme américain, d'un côté et, de l'autre, un "reste du monde" privé de la forge des sacrilèges créateurs sans lesquels il n'y aura plus de civilisation en marche vers un avenir iconoclaste de l'intelligence et de la pensée.

Telle est la problématique générale qui se trouve à l'arrière-plan des considérations anthropologiques qui suivent. .

1 -Penser inutilement et agir trop tard?
2 - La liberté et Allah
3 - Un Allah moqueur
4 - A la recherche d'Allah
5 - Les Isaïe d'aujourd'hui
6 - Le corps invisible de la justice
7 - Encore le verbe attendre
8 - Le vrai corps de la France
9 - Les yeux d'Isaïe de la France
10 - Monsieur le Président de la République

1 - Penser inutilement et agir trop tard

Les lecteurs de ce site ne considèrent nullement d'un œil étonné le primate quadrumane dont un certain Charles Darwin a identifié la fourrure en 1859 et dont l'encéphale se trouve irrémédiablement scindé entre deux lobes en querelle avec le monde et avec eux-mêmes: ils savent depuis longtemps que l'anthropologie politique et critique est une discipline devenue expérimentale à la suite de l'explosion de la bombe atomique sur Hiroshima en 1945. Mais soixante ans après la parution de mon modeste La Barbarie commence seulement, le laboratoire à ciel ouvert de Gaza soulève une question nouvelle, celle de savoir si le capital psychobiologique des peuples est transportable sous toutes les longitudes et les latitudes et si, dans ce cas, le climat et la configuration du sol modifient les gènes de la nation déplacée ou les laissent inchangés.

Dans l'espoir de civiliser gentiment Israël, faut-il accueillir un génocidaire et un criminel de guerre au sein de l'Europe des démocraties? Le danger de nous laisser contaminer peut-il être calculé? Que disent les pédagogues et les martyrs qui tentent de mettre les peuples et les nations en apprentissage de la pensée? Faut-il leur faire boire la ciguë ou leur demander de couper en deux l'idée de justice? On sait qu'ils sont rebelles à conclure des compromis avec les voix de l'agora. L'Europe d'une justice faisandée passera-t-elle un marché avec un gouvernement étranger qui lance des bombes au phosphore blanc sur des populations innocentes? Tout Européen n'est pas un stoïcien de l'éthique. Mais la barbarie est une gangrène des cœurs dont la contagion entraîne un cancer mortel. Aujourd'hui, l'intellectuel a pour vocation de peser la civilisation européenne à l'école de ses chancres. Le premier guerrier des incorruptibles de l'intelligence qui enseigna à "vomir la tiédeur" et qui fit débarquer le feu des prophètes dans la philosophie n'est pas un personnage de tout repos. Depuis vingt-cinq siècles, les Etats entourent cet abcès galopant de bandages.

2 - La liberté et Allah

Depuis que les apprentis des simulacres, subterfuges et stratagèmes qui servent de ressorts à la déesse Liberté ont réussi à enraciner Jahvé, le cultivateur de la Judée et de la Samarie, au milieu d'un peuple abondant de fidèles d'Allah dont la population s'élève à plus d'un milliard d'âmes dispersées sur tous les continents, mais rassemblés à l'écoute de la voix de leur prophète, demandons-nous si cette paire de géniteurs mythiques du cosmos scelleront une alliance, sinon indissoluble, du moins féconde entre leurs Ecritures respectives ou s'ils vont s'entredéchirer sans relâche en Palestine. Quelle est la complexion, donc la psychophysiologie des deux nations qui ont enfanté des divinités aussi dissemblables en apparence et pourtant conciliables, puisqu'Allah a fait droit aux vœux et même aux revendications impérieuses d'Isaïe.

Aux yeux de l'anthropologie critique, les trois dieux uniques nous livrent les prémisses de la future science de l'esprit religieux des divers peuples de la terre. Quel est le message d'Allah? Pourquoi fait-il semblant de disputer son vieux sceptre et ses écrits tardifs à son rival de l'encrier, alors que le calame féroce du Jahvé des origines s'est tellement amolli que cette idole a fini par partager les frasques de Zeus, ce qui lui a permis de féconder une mortelle et d'en faire naître un héritier qu'il immolera à sa propre gloire jusqu'à la fin du monde. Un dieu doté d'un foie, d'un estomac et d'entrailles est un demi dieu païen. Seuls trois dramaturges, Jahvé, Allah et la déesse Liberté, demeurent donc en lice. Ce trio va-t-il évoluer cérébralement et moralement sur un seul et même échiquier ou bien leur dramaturgie partagée va-t-elle poser à l'Europe la double question de savoir quelle est l'identité réelle de notre propre cosmologie mythique et si nos tréteaux des nues seront en mesure de civiliser Israël?

Quelques anthropologues de notre théâtre céleste soutiennent que Jahvé et Allah étant tous deux demeurés des célibataires obstinés, ce point commun serait suffisant pour rapprocher leurs écrits et leur ciel à tel point qu'ils pourraient réconcilier solennellement leurs arpents respectifs en Judée, puisque tous deux s'entêtent, de surcroît, à refuser d'élever leur prophète principal - Moïse et Mahomet - au rang d'une divinité et de se proclamer tout ensemble le père et le poète de leur progéniture. Mais d'autres parmi les biographes de nos héros du vide allèguent que, pour sa part, la Liberté serait devenue la Sainte Vierge de la démocratie mondiale et qu'à l'instar de son émule de Nazareth, elle aurait été conçue sans péché.

Les secrets du statut des demi dieux et des demi déesses ont longtemps posé des problèmes embarrassants à l'anthropologie critique. Mais les événements de Gaza ont ouvert un champ expérimental fructueux à cette discipline, puisqu'ils ont permis à Allah de démontrer l'immaturité théologique de sa rivale, la déesse des démocraties; car il est apparu que cette dernière se trouve ridiculement scindée par ses propres Ecritures entre Jahvé et le Coran. La preuve? Tantôt sa dichotomie cérébrale lui fait légitimer pleinement la volonté d'Israël à s'agripper au sol de ses ancêtres, donc de fonder un Etat prédateur, tantôt célébrer le droit d'Allah d'enraciner ses fidèles dans la terre de leur patrie - et cela au seul nom de la dignité humaine. Le retard théologique de la déesse Liberté résulte donc de sa schizoïdie politique: elle demeure ridiculement à califourchon entre l'universel et la terre ferme, tandis qu'Allah est un souverain de toute justice et qu'à ce titre, il légitime les patries.

3 - Un Allah moqueur

L'embryon de raison dont la classe politique des démocraties jouit à l'échelle de la planète lui permet tout juste de rassembler quelques bribes d'une véritable science de l'encéphale des peuples ; néanmoins, et malgré sa maigreur, cette discipline naissante permet d'ores et déjà de démontrer que si le peuple juif est un fauve lâché parmi les descendants longtemps endormis d'Ismaël, ces derniers sont demeurés en retard dans l'art de porter les armes d'un siècle plus meurtrier que les précédents, de se fabriquer des machines de la mort aussi ingénieuses qu'instantanées et de les transporter à toute allure d'un lopin à un autre de notre astéroïde. "L'Amérique a détruit le cerveau arabe, écrit le philosophe musulman Chahid Slimani. "Jour après jour, la cause palestinienne a été gommée de nos esprits, de nos cœurs, de nos consciences, de nos mémoires, de nos bibliothèques, de nos médias, de nos festivals, de nos musées, de nos lois, de notre horizon quotidien. " (Génocide à Gaza : Fin de la récréation arabe.) http://chahids.over-blog.com/100-comments-26612992.html )

Dans ces conditions, il paraît évident aux précurseurs d'une simianthropologie européenne qui aura brisé le berceau de la candeur renacentiste de notre civilisation que le peuple élu par son Titan du cosmos - un certain Jahvé - est voué à conquérir hectare par hectare la terre des indigènes, mais que les autochtones ne se trouveront pas longtemps réduits à se défendre avec des arcs et des flèches, parce qu'Allah l'omniscient réfutera la théologie schizoïde des démocraties de la Liberté. Comment son intelligence apportera-t-elle le soutien de sa foudre et de sa colère aux fils du géant des Sourates? Certes, la justice du monde est fantasque et changeante, certes, elle se révèle plus verbifique que toutes les idoles d'autrefois, certes, il s'agit d'une prédatrice impitoyable; mais sa faiblesse, aux yeux d'Allah, réside dans ses saintes écritures elles-mêmes, qui violent leurs propres commandements. Les idoles devant lesquelles la déesse Liberté demande que ses fidèles s'agenouillent ne sont que des héroïnes de roman - qu'on appelle aussi des principes. Mais Allah le Sage sait que la justice des démocraties n'est qu'une beauté changeante et fantasque, Allah l'omniscient sait que cette élégie sentimentale de l'Occident usurpe la tiare et le sceptre d'une civilisation privée d'ascension intérieure.

Si vous saviez combien Allah se moque des autels, des psaumes et des liturgies qui conviennent aux cantates de la Liberté européenne, si vous saviez combien Allah se marre d'une orthodoxie de la Justice qui change de bécarres et de bémols au gré des longitudes et des latitudes où elle transporte le drapeau, les ciboires et les dentelles de la démocratie, si vous saviez combien Allah se tient les côtes de rire au spectacle d'un culte de la Liberté armé de millions d'yeux aveugles et d'oreilles bouchées à la cire, si vous saviez comment Allah radiographie le langage et le style d'une Liberté aussi arythmique que le solfège des dieux des païens, si vous saviez comment Allah méprise le chaos cérébral dont témoigne la grammaire de la déesse Liberté, si vous saviez comment Allah fait la grimace quand il entend cette déesse des mécréants légitimer à la fois les droits des conquérants et ceux des premiers habitants du pays! Allah vomit la déesse des totems de la Liberté, Allah enseigne que cette déesse n'arme jamais que les derniers arrivés, Allah accuse l'idole de n'orchestrer qu'à voix basse le droit des vaincus de survivre aux côtés des vainqueurs, Allah foudroiera une Liberté qui méprise les affamés et bénit les affameurs.

Apprenons à l'écoute de l'Orphée du Coran à observer notre espèce avec les yeux d'Allah! En vérité, l'ignorance congénitale à l'Europe de la Justice nous rappelle un problème de stylistique de l'Histoire bien connu des augures antiques, celui d'apprendre à interpréter les dispositions favorables et défavorables des entrailles des évadés du règne animal. Pourquoi l'examen des viscères de leur bête du sacrifice - ils l'appellent la Liberté - les fait-il choir dans la fausse justice de leur espèce de démocratie? C'est que la Thémis des idolâtres juge qu'une véritable science du genre simiohumain devra éviter les dissonances sacrilèges. C'est pourquoi le totem de la justice des païens enseigne que notre espèce n'enfante jamais que des spécimens coulés dans un moule unique. C'est donc blasphémer, dit leur idole d'une justice faussée, de prétendre distinguer à l'œil nu les lions des gazelles. A l'entendre, les oppresseurs et les opprimés affichent des poids égaux sur les plateaux de sa balance truquée, à l'entendre, la justice doit rendre ses verdicts à l'écoute d'un fléau aimanté, à l'entendre, le juge est un saint défenseur de l'idole qui l'inspire.

4 - A la recherche d'Allah

Comment se fait-il que le peuple des justes que Jahvé avait élus parmi les justes pour l'adorer et le servir soit devenu un criminel de guerre, comment se fait-il qu'il échoue jour après jour à exterminer les peuples qu'Allah a semés en ces lieux il y a quatorze siècles seulement, comment se fait-il que les défroques et les guenilles de notre idole à nous, la Liberté, suffisent tout juste à protéger les disciples du Coran d'un massacre plus expéditif? Certes, toutes les idoles sont génocidaires en diable. Mais il se trouve que les foudres et les fulminations de la Liberté se partagent entre deux incantations aussi trompeuses les unes que les autres et de surcroît, rivales entre elles, celles des fatalistes du salut et de la damnation, d'une part, qui soutiennent mordicus - mais en se voilant la face - que l'extermination des plus faibles serait inscrite dans le Décalogue véritable, mais secret de la démocratie et que les bons sentiments font les mauvais jésuites des droits de l'homme, et celles, d'autre part, des entêtés de la grâce démocratique, qui prétendent que les fidèles du ciel d'Allah et les adorateurs de celui de Jahvé sont tous deux des violonistes en apprentissage d'une divinité en perpétuel devenir.

Mais comment le sang dont tous les cultes du monde aspergent leurs autels ne ferait-il qu'une seule coulée? Comment la Liberté reconnaîtrait-elle les siens à titre posthume si, comme l'écrit Isaïe, il existe au-dessus de Jahvé un autre Jahvé, qui aurait horreur des sacrifices? Où est-il, le maître de Jahvé, celui qui aurait dit au Jahvé d'Israël que le sang dont les mains de ses prêtres sont tachées le faisait vomir? Mais alors, le Jahvé d'Israël serait-il un petit garçon à renvoyer sur les bancs de l'école? La déesse panoculaire et panauriculaire que nous appelons la Liberté est une idole digne de celle d'Israël . Car ses carnages marient, eux aussi, les grandes orgues de la justice de l'Etat juif à la chorale criarde de ses sacrificateurs aux mains ruisselantes de sang.

5 - Les Isaïe d'aujourd'hui

Car enfin, Israël a lâché les bombes au phosphore blanc du totem Liberté sur Gaza; et cette idole du peuple hébreu immole les mêmes victimes que les prêtres de Jahvé, qui lâchent des bombes à l'uranium appauvri sur les autels d'Abraham. C'est donc que le drapeau bleu des Nations Unies ne protège les brebis des foudres d'aucune idole. Mais l'Europe d'Isaïe peut-elle accueillir avec des hosannahs le peuple de Caïn dans son sein, ou bien doit-elle le chasser de son enceinte? Que disent de Jahvé les Isaïe d'aujourd'hui?

"Voilà près de soixante-dix ans, lors de la seconde guerre mondiale, un crime affreux fut commis dans la ville de Leningrad. Pendant plus de mille jours, un gang d'extrémistes appelé "l'Armée Rouge" a pris en otage des millions d'habitants et ils ont provoqué les représailles légitimes de la Wehrmacht, car les Allemands n'ont eu d'autre choix que de bombarder la population et d'imposer un blocus qui a entraîné la mort de centaines de milliers de personnes.

Quelque temps auparavant, un crime semblable avait été commis en Angleterre. Le gang Churchill s'est dissimulé au sein de la population de Londres et il s'est servi sans vergogne de millions de citoyens au titre de boucliers humains. Les Allemands se sont vus contraints de leur envoyer les bombardiers de la Luftwaffe. Malgré leurs réticences, les Allemands ne purent empêcher que la ville fût réduite à un tas de ruines. Ils ont appelé cela le Blitz.

Tels sont les récits que l'on lirait aujourd'hui dans les livres d'histoire si les Allemands avaient gagné la guerre."

Qu'écrit encore le Jahvé d'Ezéchiel?

"Il en est allé de même concernant les autres atrocités. Sitôt mort, chaque bébé se métamorphose en terroriste du Hamas. Chaque mosquée bombardée devient une base du Hamas, chaque immeuble se change en une cache d'armes, chaque école se métamorphose en un poste de commandement du terrorisme, tout bâtiment du gouvernement civil se mue en un "symbole du pouvoir du Hamas". C'est ainsi que l'armée israélienne peut garder sa pureté, sa réputation "d'armée la plus morale au monde".

Qu'écrit encore le Jahvé de Jérémie?

"Même si l'armée israélienne tuait les membres du Hamas jusqu'au dernier, le Hamas en sortirait victorieux. Les combattants du Hamas seraient des héros de la nation arabe, des héros du peuple palestinien, des héros à imiter aux yeux de toute la jeunesse du monde arabe. Alors la Cisjordanie tomberait comme un fruit mûr entre les mains du Hamas, le Fatah sombrerait dans un océan de mépris, et les régimes arabes seraient menacés d'effondrement." (Uri Avnery, Israël face à la conscience des peuples (http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2484)

6 - Le corps invisible de la justice

Savez-vous que nos intellectuels sont inquiets et qu'ils commencent de se murmurer les uns aux autres: " Nous lancerons-nous à la recherche du corps invisible de la justice de Jahvé et d'Allah? Si nous devions échouer à interpréter l'oracle qui crie: "Justice, Justice!" dans le désert, nous nous mettrions dans le même embarras que feu les ennemis de Hitler et de Staline, dont nous savons que les uns ont dû attendre une guerre à mort pour en découdre avec la fausse justice du premier, les autres l'heure où l'Eglise de l'utopie s'est effondrée toute seule - mais ils n'ont pas réussi à autopsier le fantôme qu'ils appelaient la Justice. Que signifie le verbe "attendre" si nous attendons le personnage que nous appelons la justice?"

"Si notre corps véritable est celui de la justice d'Isaïe, d'Ezéchiel, de Jérémie et si ce corps-là est invisible, avons-nous quelque chance de le rencontrer? Car enfin, si Isaïe a parlé au nom de la vraie justice de Jahvé, alors nos idoles simiohumaines sont construites en poupées russes et Allah tue nos idoles à les rendre bien visibles en leur chair à nos yeux dessillés. De quels yeux le vrai Jahvé d'Israël est-il doté? Allons-nous jeter ce trésor-là à la poubelle, alors que tout prophète enfante un Jahvé nouveau ? Mais alors, quel Jahvé nouveau Mahomet nous a-t-il donné? Peut-être comprendrons-nous un jour la parole des Isaïe d'aujourd'hui qui disent: "En fin de compte, cette guerre est également un crime contre nous-mêmes, un crime contre l'État d'Israël." (Uri Avnery, op. cit.) Où habite-t-il, ce Jahvé-là ?

Dans le cas où le peuple élu de la Genèse serait devenu à lui-même son Isaïe, dans le cas où il incarnerait l'esprit de justice du Jahvé qu'enfantent les prophètes, qu'en serait-il de l'autre Jahvé d'Israël, celui qui coupe la gorge aux fidèles d'Allah en Judée? Et si cette chair-là du Jahvé d' Israël se faisait haïr sur tous les arpents et lopins de la terre habitée, que signifiera attendre aux yeux de l'Europe de l'esprit ? La civilisation de la Liberté et de la Justice d'Allah ne saurait attendre de protéger Caïn contre le reste du monde. Car le Jahvé d'Isaïe a écrit: "Quiconque tuera Caïn subira sept fois ma vengeance." (Genèse, 4 15) Mais cessons de légitimer le retour du tueur d'Abel sur les terres de son frère - sinon comment réfuterons-nous jamais la candeur de l'Assemblée Générale des Nations Unies qui a ouvert les portes de la Judée et de la Samarie à une nation ignorante des lois de la guerre?

Où se cache-t-il donc, le vrai corps de l'esprit de justice de Jahvé et d'Allah? Puisse un dieu de la pensée européenne courir sur les traces de la chair absente de l'esprit de justice des prophètes. Son glaive serait-il celui du totem Majorité? Mais comme ils sont falsifiés, les titres de gloire de ce faux dieu ! D'où le plus grand nombre détiendrait-il l'autorité d'Isaïe, depuis quand les foules tiennent-elle entre leurs mains le sceptre de l'esprit de justice et de vérité de Jahvé et d'Allah ? Car enfin, notre fausse justice est née de nos couperets; et les têtes coupées que nous avons fait tomber dans le panier du bourreau avaient les yeux d'Isaïe. Depuis lors, le vrai corps de notre justice est devenu tout isaïaque; et nous sommes devenus les Isaïe de la République.

Mais aussitôt la France est devenue un corps invisible; et le vrai corps de l'Europe, nous l'avons appelé une civilisation. Comment une civilisation ferait-elle tomber des têtes dans le son ? Quel est donc notre autre "corps de justice", celui de la chair de Jahvé, celui qui a coupé le cou à nos ennemis? Apprenons à reconnaître le corps de justice assassin et enragé d'Israël et apprenons à le séparer du corps invisible de Jahvé. C'est cela qui fera de nous les juges des enfers devant lesquels, selon Platon, les hommes paraissaient nus et dépouillés des affûtiaux de leur fausse justice. Selon que nous ferons entrer le corps de justice d'Isaïe ou celui d'Israël dans l'Union européenne, le destin politique de notre continent sera celui d'Abel ou celui de Caïn.

7 - Encore le verbe attendre

D'aucune nous disent : "Laissez donc cette question embarrassante aux bons soins de votre classe dirigeante. Certes, elle est aveugle et sourde. Mais sa fonction n'est-elle pas de gérer au mieux votre histoire réelle, celle que vous avez écrite à l'école de votre ignorance? Etes-vous responsable du corps invisible de la justice de Jahvé et d'Allah?" Mais si nous apprenions à devenir de vrais peseurs du corps invisible des civilisations, nous aurons des comptes à rendre sur l'agora. Acquérons donc en toute hâte le "Connais-toi" qui nous donnera les yeux du corps de justice invisible de l'Allah de Mahomet du Jahvé d'Isaïe.

Alors seulement nous deviendrons des sacrificateurs armés pour respirer l'odeur nauséabonde du dieu trop visible, de notre dieu de chair que nous appelons la Démocratie et que ses glandes endocriniennes font tituber dans les ruines de Gaza. Avant même qu'il se décompose, avant même qu'il descende dans sa bière, il exterminera en Judée et en Samarie soit le peuple de Jahvé, soit celui d'Allah, soit les deux. L'ombre errante d'Israël nous demande d'apprendre à distinguer le corps véritable du peuple juif de son corps de tueur. Seuls nos corps invisibles seraient-ils les vrais ? Mais si nous attendons Godot plus longtemps, nous assisterons, l'arme au pied, et les bras croisés à la confiscation mètre carré par mètre carré de la Palestine par les ossatures et les muscles du corps devenu fou de l'espèce de justice du Jahvé dont Israël a fait un Caïn.

8 - Le vrai corps de la France

Voyez comme la justice de chair et de sang d'Israël est rusée, voyez comme son corps a mauvaise odeur. Mme Livni est venue à Paris en martyre, et c'est au nom d'un Olympe malodorant de la Liberté, au nom du corps visible d'une fausse Justice, au nom du corps visible d'une fausse Démocratie qu'elle a brandi le glaive de Caïn en Judée ; et M. Nicolas Sarkozy lui a répondu au nom de la République de Caïn. Mais le peuple français n'a pas reconnu pour sienne cette justice-là de la France, le peuple français a répondu au chef de l'Etat que cette République-là lui est étrangère, le peuple français a déclaré que la vraie République est celle de son esprit de justice.

Nos élites politiques s'étaient dit entre elles: "Faisons semblant de défendre la vraie justice à Gaza, confessons du bout des lèvres notre foi en la justice d'Isaïe, attendons que le peuple français s'apaise, attendons que son émotion retombe dans les facilités de notre fausse justice. Les Français ne sont-ils pas fébriles et instables? Leurs indignations ne sont-elles passagères et tout en foucades? Il n'y a pas de continuité dans leurs apparentes volontés, et nous savons que leurs réflexes sont seulement affectifs. Quelques jours suffiront à calmer leur soif de justice. Attendons qu'ils retrouvent leur inconstance native. La justice de la France a peu de cervelle, la justice de la France est née des barricades et de la guillotine."

Et voici que la France porte soudainement les yeux sur une autre Justice, voici qu'elle en fait le guide invisible de sa raison politique, voici que le vrai corps de la justice lui montre les chemins qui attendent la postérité des descendants du chimpanzé, voici que l'Histoire change d'assiette anthropologique, donc d'assise de la connaissance de l'humanité, voici que l'Europe de la justice cesse de chercher une "solution" à un prétendu "problème palestinien", qui ne traduit que l'infirmité de la science de la justice de l'Occident, voici que notre espèce est saisie de pitié au spectacle des victimes de l'injustice . En vérité, la pitié est un sentiment très ancien - nos simiologues nous en ont fourni des exemples nombreux et probants chez les chimpanzés, nos ancêtres. Si les massacres de la Terreur s'étaient déroulés sur Internet, si nous avions assisté à la décapitation de Louis XVI dans nos fauteuils, si nous avions vu Marat baigner dans son sang, si nous avions suivi des yeux la retraite de Russie, si le passage de la Bérésina nous avait donné rendez-vous dans nos demeures, nos yeux d'Isaïe nous enseigneraient la pitié .

Réflexions sur le génie de la France,15 sept.08

9 - Les yeux d'Isaïe de la France

Cela, les peuples du monde entier le savent depuis des millénaires; mais maintenant, ils l'ont crié dans les rues et à la face d'une classe politique en retard d'une renaissance du cœur, maintenant la France de la justice se demande de quel œil ses élites dites démocratiques regardent de haut en bas les peuples qu'elles dirigent; maintenant la France de la Justice se demande quel regard les peuples apprendront en retour à porter sur la fausse justice de leurs dirigeants; c'est que le vrai corps de la France est devenu invisible. Quels seront les vrais yeux de la France, les yeux de son esprit de justice? La Révolution de 1789 n'avait ouvert les yeux du peuple que sur les privilèges des riches et des aristocrates; la révolution de 2009 ouvrira les yeux des peuples du monde entier sur l'âme et l'esprit contrefaits des dirigeants actuels du monde. Comment cette révolution ne serait-elle pas tellement nouvelle qu'elle réduira la première au rang d'un pâle prélude?

Car les peuples se diront: "Nos classes dirigeantes sont cyniques. C'est la chair dont leur justice se nourrit qui leur dit qu'elles ont grand intérêt à ignorer la justice, c'est leur corps de chair qui leur enseigne que leur iniquité met les rênes du pouvoir entre leurs mains. Mais si c'est seulement leur corps de chair qui légitime leur autorité, si c'est seulement leur corps chair qui foule aux pieds la dignité des peuples et des nations, si c'est seulement leur corps chair qui leur enseigne que les majorités populaires ont longtemps préféré la force injuste à la Justice qu'elles feignaient pourtant de réclamer en tous lieux et à grands cris, emparons-nous du vrai flambeau de l'intelligence politique et demandons-nous pourquoi, hier encore, nous ne nous émouvions qu'un quart d'heure au spectacle de la cruauté et du cynisme de nos dirigeants. Leur instinct de conservation continue de les convaincre que l'ordre injuste est préférable aux turbulences dans lesquelles la vraie justice peut précipiter les sociétés. Mais nous aussi, hier encore, rien ne nous paraissait aussi inquiétant qu'un chaos momentané, hier encore, la vraie justice nous effrayait."

C'est ainsi que le peuple français commence de peser la justice du monde sur les balances de l'esprit de justice de la France. Comme ce peuple va souffrir dans sa chair pour l'esprit de justice qui va l'habiter ! Car déjà les foules qui descendent dans la rue sont devenues des flambeaux de la justice, déjà le vrai corps de la nation commence d'apparaître. Décidément les crimes d'Israël enseignent à tous les peuples de la terre à connaître leur corps invisible, celui de leur esprit de justice.

10 - Monsieur le Président de la République

M. le Président de la République, le 1er janvier de l'an 2009, vous êtes apparu tout souriant et quasiment bouche à bouche aux côtés de Mme Livni. La France de l'esprit de justice vous accuse d'avoir comblé de grâces une tueuse, la France de l'esprit de justice de la nation vous rappelle que les grands chefs d'Etat sont présents au rendez-vous des peuples avec le corps invisible de la justice.

Seuls vos yeux de chair ont vu un peuple de plus d'un million et demi d'hommes, de femmes, de vieillards et d'enfants privés d'eau, de nourriture de feu, d'électricité, seuls vos yeux de chair ont vu les hôpitaux des vaincus vomir leurs cadavres, seuls vos yeux de chair ont vu les affamés de Gaza ronger un quignon de pain ou avaler une soupe d'herbe, mais ce ne sont pas les yeux de chair de la France qui ont vu Mme Livni refuser à vos côtés une trêve de deux jours aux agonisants de Gaza, parce qu'il n'y avait pas, disait-elle, de "problème humanitaire" dans ce camp de concentration-là.

Voyez-vous le vrai corps du peuple français est devenu celui de son esprit de justice. Entrerez-vous à l'école d'apprentissage du corps invisible de la France ? Quand une balance à peser le dégoût , le mépris, la honte, la fureur de la France de l'esprit se trouvera placée entre vos mains, vous apprendrez, M. le Président, que l'histoire de Gaza a commencé avec le Déluge, vous apprendrez qu'elle s'est poursuivie à l'école des tortures éternelles que la justice dite divine inflige saintement aux damnés sous la terre, vous apprendrez que l'esprit de justice de la France a fait une grande découverte: les crimes de l'idole de la justice étaient les nôtres.

Depuis Homère, Clio se cherchait un pilote de l'esprit de justice des nations. Mais pour le trouver, il nous fallait construire une balance à peser la justice des Etats; et la pesée de la justice des Etats se trouvait entre les mains de nos idoles. C'est pourquoi l'autopsie de la justice des démocraties deviendra la clé de la science historique de demain.

- Hélène Carrère d'Encausse et le destin de la science historique européenne, 12 janvier 2009

Alors Gaza servira de port d'attache aux Isaïe de la mémoire, qu'on appellera encore, par convention, des historiens - mais quand l'œil de la justice sera devenu celui de la France, il fera comparaître le Jahvé des tueurs à la barre de son tribunal. Quand la science des assassinats qui nous attend sera celle des visionnaires de la conscience, nous verrons le spectre de l'idole du Déluge se dresser derrière l'Etat juif et prêter la voix de sa fureur à "l'esprit de justice" d'Israël!

Savez-vous que l'ubiquité de l'image a bouleversé les paramètres de la conscience universelle ? Savez-vous que l'Assemblée de Strasbourg, elle, a enregistré le tremblement de terre que l'esprit de justice d'une civilisation déclenche sur l'échelle de Richter de l'Histoire ? Savez-vous, M. le Président de la République, que vous échouerez à faire entrer un criminel de guerre dans l'Union européenne? Voyez-vous, M. le Président, l'art de la communication, comme vous l'appelez, est une voix de l'âme, et cette voix enseigne que les corps ne sont jamais que ses humbles serviteurs.

2 février 2009


Lundi 02 Février 2009

http://pagesperso-orange.fr/aline.dedieguez/tstmagic/1024/tstmagic/moyen_orient/miroir.htm http://pagesperso-orange.fr/aline.dedieguez/tstmagic/1024/tstmagic/moyen_orient/miroir.htm


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Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /2009 23:15

SIONISME N'EST PAS JUDAÏSME, Mediane.tv


Je vous présente la vidéo "Sionisme n'est pas Judaïsme", filmée lundi 26 janvier 09 à une Conférence de Presse qui n'a pas été mentionnée dans les "grands" médias du "monde libre", pourtant bien invités par les organisateurs! Avec nos remerciements à Mediane.tv

link : http://www.mediane.tv

http://www.mediane.tv   La télévision qui vous donne la parole…

Sœur Enissa KELIF

01-02-2009 om 09:49 geschreven door Naphtali HIRSCH  

http://www.bloggen.be/yechouroun/
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Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /2009 23:10


Encore une petite leçon de théologie judéo-chrétienne
En France, comme dans d'autres pays européens, on se soucie énormément de la mémoire de ce qu'on appelle l'holocauste.
Au point que la deuxième guerre mondiale tend à se résumer aux persécutions dont ont fait l'objet les Juifs de la part des régimes fascistes.
Les affaires qui mettent en cause des personnes qui nient cet holocauste où qui le nieraient peut-être en leur for intérieur occupent assez souvent nos journalistes (pensez à Dieudonné, Faurisson par exemple).
s
Comme vous l'aurez deviné, l'entité sioniste n'est pas la dernière à s'intéresser à cette mémoire de l'holocauste. Ainsi, une visite du mémorial de Yad Vashem est une figure imposée pour tous les politiques étrangers en déplacement dans l'entité sioniste.
L'intérêt de l'entité sioniste pour cette mémoire de l'holocauste se marque aussi dans toutes les interventions de ses relais à l'étranger comme le Centre Simon Wiesenthal (du nom d'un pseudo chasseur de Nazis), la LICRA ou des personnages comme Marek Halter ou Elie Wiesel.
d
Un des aspects de cette culture (culte?) mémorielle est l'entretien de la culpabilité de l'église catholique qui aurait contribué activement ou passivement à la mort de six millions de Juifs en Europe.
Ce culte mémoriel nous offre l'opportunité d'une nouvelle leçon de théologie judéo-chrétienne car le dernier épisode de la persistance de l'accusation portée au catholicisme se déroule en ce moment avec la réintégration dans l'église par le Pape Benoît XVI d'un évêque, Richard Williamson (allez voir ce lien pour découvrit une plaidoirie affligeante), de la mouvance intégriste du catholicisme. Ce qui est reproché par les organisations et le gouvernement sionistes à ce prêtre n'est pas tant sa qualité d'intégriste mais le fait qu'il conteste que des chambres à gaz aient servi à tuer des Juifs dans les camps de concentration nazis.
d
On se demandera ce que la négation de l'existence des chambres à gaz entretient comme rapport avec la doxa catholique, à moins que cette croyance ait été introduite dans le culte catholique à l'insu des différents Papes et autres cardinaux.
Toujours est-il que de nombreuses voix cléricales se sont levées, notamment dans l'épiscopat français pour condamner les propos négationnistes de Mgr Williamson. Apparemment les chambres à gaz font réellement partie de la doctrine catholique et de la catéchèse en France.
Le Pape a également battu sa coulpe sans toutefois revenir sur sa décision.
Décision qui marque d'ailleurs un progrès décisif dans la défintion de cette aberration qu'on appelle judéo-christianisme puisque la communauté juive (laquelle ou lesquelles, Le Figaro ne le précise pas vraiment) demande des excuses et que le Grand Rabbinat de l'entité sioniste gèle les relations judéo chrétiennes.
Dans le même article du Figaro, il est d'ailleurs intéressant de constater qu'un des prêtres catholiques négateurs des chambres à gaz s'appelle Floriano Abrahamowicz, un Juif converti donc, et qui doit bien avoir quelques informations précises sur la question.
d
Il est temps de fermer ce dossier catholico-holocaustique en soulignant simplement que si, pour les sionistes, la mémoire de l'holocauste a une importance idéologique (justification de l'existence de l'entité sioniste) et pratique (outil de pression sur les politiques et d'inculcation aux masses Goyim), l'entité sioniste n'a pas grand chose à foutre des survivants de l'holocauste en tant qu'êtres vivants. Cet aspect a déjà été documenté sur ce blog et vient de connaître un rebondissement avec l'association au Sionistan entre le Parti La Feuille Verte [pour la légalisation du cannabis] et le parti des survivants de la shoah.
d
Quand on pense que les sionistes n'ont de cesse de culpabiliser non seulement les dirigeants des pays qui ont effectivement déporté des Juifs mais aussi ceux qui n'ont joué aucun rôle dans cette affaire!
d
Un exemple supplémentaire du culot sioniste.

http://mounadil.blogspot.com/


Dimanche 01 Février 2009
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Samedi 31 janvier 2009 6 31 /01 /2009 22:21
David et Goliath ou le mythe historique inversé
publié le jeudi 29 janvier 2009

Shlomo Sand.
 
Le dernier massacre à Gaza, qui répondait, entre autres, à des objectifs électoraux, n’aura aucunement fait évoluer la situation dans le bon sens et, a fortiori, n’aura pas conforté le droit d’existence d’Israël au Moyen-Orient.

Depuis l’origine de son entreprise de colonisation, il y a à peu près un siècle, le mouvement sioniste, et l’Etat d’Israël par la suite, s’est vu comme une minorité persécutée et faible, aspirant à se faire une place au soleil. Brandissant la Bible comme droit de propriété et portant en bandoulière le terrible capital de souffrance des pogroms et des massacres nazis, le projet sioniste a réussi au-delà de tout pronostic : il a fondé un « petit Etat juif » au cœur et aux dépens d’une population arabe infiniment supérieure en nombre.

De nos jours, les historiens savent que, dès la guerre de 1948, le rapport des forces militaires penchait déjà en faveur du jeune Etat, bien au-delà de la représentation que s’en firent les premiers Israéliens. Lors des trois guerres suivantes : 1956, 1967 et 1973, la puissance des forces armées israéliennes s’était encore notablement accrue et, à l’aide d’armements fournis par la France puis par les Etats-Unis, elle s’imposa face aux forces arabes qui lui étaient opposées.

Toutefois, depuis la guerre de Kippour, en 1973, l’armée israélienne n’est manifestement plus confrontée à une menace militaire sérieuse ; et de même, depuis lors, l’existence d’Israël ne s’est plus trouvée en danger. Les pilotes de l’armée israélienne ont cessé, depuis longtemps, d’accomplir des missions de combat ; à l’instar de la majorité des soldats, ils effectuent essentiellement des tâches de police. Force est de reconnaître que les principales missions dévolues à l’armée d’Israël, dotée des armes américaines les plus sophistiquées (chasseurs-bombardiers, drones, fusées guidées, tanks, gilets pare balles…) consistent à réprimer la population des territoires occupés qui de temps à autre tente, de façon désespérée et violente, de se révolter contre son triste sort.

« Tout Etat normal a le droit de défendre ses frontières et de répliquer lorsqu’il subit des bombardements de roquettes », affirment les porte-parole d’Israël dans leurs vibrantes justifications de l’agression brutale contre Gaza. « Certes », pourrait répondre le premier contradicteur venu, « mais tout Etat normal sait aussi où sont ses frontières ! ». Or, Israël ne satisfait pas à ce critère de logique politique de base. Depuis 1967, il n’a pas cessé d’implanter des colonies dans des territoires qui ne sont pas reconnus comme lui appartenant, tout en se gardant, par ailleurs, de les annexer juridiquement afin de ne pas devoir accorder l’égalité civique à leurs habitants.

Si, jusqu’en 2002, Israël a pu justifier l’occupation de ces territoires au motif que le monde arabe n’est pas disposé à reconnaître son existence, cette ligne de défense rhétorique est tombée lorsque la Ligue arabe, incluant l’Organisation de la libération de la Palestine (OLP), a déclaré reconnaître Israël dans les frontières de 1967. L’Etat d’Israël n’a aucunement relevé ce défi diplomatique que tous ses dirigeants ont superbement ignoré. Il s’est retranché derrière une haute muraille de béton, tout en continuant de mordre dans les terres palestiniennes, d’élargir ses colonies et de maintenir son contrôle et sa présence militaires sur toute la Cisjordanie

« Nous sommes sortis de Gaza », affirme Israël. « Alors, pourquoi les Palestiniens continuent-ils de nous attaquer à partir de là ? ». En fait, le retrait israélien de Gaza n’a constitué ni un geste envers les Palestiniens ni un premier pas vers la paix. Bien au contraire ! Tout comme M. Ehoud Barak a effectué le retrait du Liban sans accord afin de se soustraire à toute discussion sur l’évacuation du plateau du Golan, M. Ariel Sharon est sorti de la bande de Gaza pour ne pas avoir à conclure avec les Palestiniens un accord de paix qui aurait également comporté l’évacuation complète de la Cisjordanie et la renonciation à la partie arabe de Jérusalem. En fin de compte, les habitants du sud d’Israël qui subissent les bombardements de roquettes paient le prix fort pour préserver l’intégralité et la tranquillité des colonies.

En vérité, Israël n’a jamais réellement quitté Gaza et n’a jamais accordé aux Palestiniens qui y résident ne serait-ce qu’un semblant de souveraineté. Dès l’origine, l’intention était de créer une vaste « réserve indienne » enclose, préfigurant l’instauration d’autres « réserves » similaires en Cisjordanie ; au cœur d’Eretz Israël. Si les Palestiniens disposaient au moins d’une authentique poignée de souveraineté sur une parcelle de territoire, ils ne se verraient pas accusés d’introduire en contrebande des armes dans une zone relevant officiellement de leur autorité ; ils le feraient en pleine légalité et Israël serait obligé de reconnaître la légitimité de leur Etat. En fait, Israël récuse toute notion d’égalité, même fictive, entre elle-même et les Palestiniens : elle leur dénie tout droit de se défendre. Le droit de se défendre doit demeurer un privilège israélien exclusif. C’est ainsi qu’Israël a catégoriquement rejeté la proposition faite par le Hamas d’une accalmie générale, incluant la Cisjordanie, où l’Etat hébreu continuait de pratiquer sans retenue les « assassinats ciblés » de Palestiniens armés. Il est donc reconnu et admis que le droit d’Israël « de se défendre » implique la neutralisation totale de toute force de résistance palestinienne.

Ce fut pour Israël une véritable aubaine de voir le Hamas remporter à Gaza les élections dont le caractère légal et régulier a été reconnu. Le refus de l’OLP d’accepter le verdict des urnes entraîna la scission du camp national palestinien et la création de deux zones d’influences distinctes. Gaza s’en trouva plus isolée, plus étranglée, plus violente et, surtout, plus ostracisée aux yeux du monde occidental. En Cisjordanie, où l’on souriait encore à Israël, des pourparlers de paix s’ouvrirent avec les Palestiniens « modérés ». L’humiliation et l’absence de contenu effectif des interminables discussions avec l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas ne suscitèrent pas la moindre tendance au compromis et eurent pour seul effet de conforter le Hamas intransigeant. Tout Palestinien raisonnable est à nouveau porté à se dire qu’Israël n’a cessé de duper l’Autorité palestinienne, administrant la preuve que le seul langage qu’il entende est bien celui de la force.

« Le pouvoir corrompt, et le pouvoir absolu corrompt absolument », a déclaré, en son temps, Lord Acton. Israël dispose d’un pouvoir absolu comme vient de l’illustrer sa récente agression contre Gaza. Israël a également montré que, pour économiser la vie des « soldats juifs », elle est prête à sacrifier plusieurs centaines de civils « non juifs ». La majorité des victimes à Gaza ont été des femmes, des enfants, des vieillards. La plupart des combattants palestiniens ont été tués dans les bombardements aériens, par des tirs d’hélicoptères ou d’artillerie effectués depuis les tanks ou les navires de guerre, bien avant l’entrée en lice des forces d’infanterie terrestres. Ce type d’affrontement n’a pas empêché les communicants israéliens de magnifier avec fierté la « victoire sans précédent ! ».

Non loin des lieux mêmes où la mythologie biblique en avait fait le récit, le géant Goliath est revenu, équipé, cette fois-ci, d’une énorme panoplie militaire. Mais les rôles sont désormais inversés : Goliath est devenu « juif » et il est le « vainqueur ». Le petit David est maintenant un « musulman », réprouvé et piétiné lors d’affrontements interminables. Il faut bien, hélas, le reconnaître : c’est précisément cet énorme déséquilibre des forces entre Israël et les Palestiniens qui perpétue l’occupation de la Cisjordanie et rend la paix impossible.

Le dernier massacre à Gaza, qui répondait, entre autres, à des objectifs électoraux, n’aura aucunement fait évoluer la situation dans le bon sens et, a fortiori, n’aura pas conforté le droit d’existence d’Israël au Moyen-Orient. Tant que les Israéliens ne voudront pas se souvenir que les tireurs de roquettes artisanales sur la ville d’Ashkélon sont aussi les fils et les petits-fils de ceux qui en furent expulsés vers Gaza en 1950, il n’y aura pas d’avancée dans la solution du conflit. Celle-ci implique, en effet, de mieux comprendre la profonde colère de ceux qui subissent l’occupation, depuis au moins quarante et un ans ! Peut-on au moins espérer que ce massacre obligera enfin les Etats-Unis et l’Europe à se départir de leur indifférence afin d’obliger les réfractaires à la paix, héritiers des victimes juives d’hier, à un compromis plus équitable avec les victimes de la tragédie palestinienne qui dure encore aujourd’hui ?

 

Shlomo Sand Historien, professeur à l’université de Tel-Aviv, auteur de Comment le peuple juif fut inventé, Fayard, 2008.

Traduit de l’hébreu par Michel Bilis

publié en français par le Monde diplomatique

http://www.monde-diplomatique.fr/2009/02/SAND/16841

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