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Israèl est contre TORAH

*"Les sionistes me dégoûtent autant que les nazis."
(Victor Klemperer, philologue allemand d'origine juive, 1881-1960)

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L’initiative sioniste de proclamer l’État d’Israël constitue une révolte contre la volonté divine, contre la Torah, une révolte qui a engendré une vague interminable de violence et de souffrance. À l’occasion de la fondation de l’État hérétique, les juifs fidèles à la Torah pleurent cette tentative d’extirper les enseignements de la Torah, de transformer les juifs en une « nation laïque » et de réduire le judaïsme au nationalisme.......Nous déplorons les tragédies que la révolution sioniste a provoquées chez les Palestiniens, notamment des déportations, l’oppression et la subjugation..Que nous méritions que cette année toutes les nations, en acceptant la souverainet

é divine, puissent se réjouir dans une Palestine libre et dans une Jérusalem libre! Amen. Offert par Netouré Karta International : www.nkusa.orglink

                                               


   

 


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Palestine:histoire et peuple

Mardi 10 novembre 2009

"Nous appelons à la formation d’une direction nationale unie pour diriger un soulèvement populaire de masse dont tout le peuple palestinien, les organisations et les factions politiques seront partie intégrante."

Saed Bannoura - Imemc

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Déclaration des habitants de Bil’in qui ont démoli une section du Mur d’annexion

Des Palestiniens marquent la chute du Mur de Berlin en abattant un tronçon du Mur d’annexion à Bil’in



Des dizaines de manifestants ont rejoué, 20 ans plus tard, la scène de la chute du Mur de Belin en abattant une partie du Mur d’annexion israélien construit sur des terres palestiniennes près de l’aéroport de Qalandya, au nord de Jérusalem.

L’armée est arrivée en trombe sur le secteur, lançant des grenades lacrymogènes sur les manifestants.

C’est la seconde fois que des Palestiniens démolissent une partie du mur cette semaine.

Lundi, des centaines de militants palestiniens, brandissant des drapeaux palestiniens et portant des vestes fluorescentes ont abattu un tronçon de mur et chanté : « Nous allons à Jérusalem, Martyrs par millions », se référant au droit des Palestiniens à Jérusalem.

Ce chant est lui-même devenu très célèbre en Palestine car il était repris très souvent par le défunt Président Yasser Arafat dans ses discours.

Abdullah Abu Rahma, du Comité populaire contre le Mur à Bil’in, indique qu’il s’agit de la première étape de toute une série d’activités prévues dans les jours à venir pour exprimer la ténacité des Palestiniens et leur refus du Mur d’annexion sur leurs terres.

« Aujourd’hui, nous célébrons ce 20è anniversaire de la chute du Mur de Berlin, » dit Abdullah Abu Rahma, animateur de la Campagne populaire pour combattre le Mur. « C’est la première étape d’une série d’activités que nous tiendrons dans les jours à venir pour exprimer notre attachement ferme à notre terre et notre refus de ce mur ».

En 2004, la Cour internationale de La Haye a rendu une décision non contraignante déclarant que le Mur était illégal et qu’il devait être démantelé car construit en profondeur sur le territoire palestinien et il coupait les habitants les uns des autres, et de leurs vergers et terres agricoles.



Déclaration des habitants de Bil’in qui ont démoli une section du Mur d’annexion

"Le 9 novembre 1989, le monde a assisté à ce moment de la démolition du Mur de Berlin. De la même façon, à ce moment, vingt années plus tard, un groupe de Palestiniens démolit une partie du Mur d’apartheid autour de Jérusalem.

Jérusalem, qui saigne jour après jour... Jérusalem dont les enfants sont sans abri, sous la pluie. Ces jeunes garçons et filles à qui le martyr président Yasser Arafat a promis qu’ils hisseraient le drapeau palestinien sur les églises et mosquées de Jérusalem.

Les mosquées et églises dont l’inviolabilité est profanée pendant que nous attendons passivement le salut, inconscients que la responsabilité en repose sur nous-mêmes. Reconstruire la résistance populaire est essentiel pour Jérusalem et la Palestine.

Par cette initiative, nous appelons à revenir aux succès du soulèvement populaire commencé le 9 décembre 1987. Cette année, pour le 9 décembre, nous appelons le peuple à se diriger en masse vers Jérusalem.

Nous appelons à la formation d’une direction nationale unie pour diriger un soulèvement populaire de masse dont tout le peuple palestinien, les organisations et les factions politiques seront partie intégrante.

Ce soulèvement populaire sera dynamique et novateur, avec une stratégie pour mobiliser un soutien international pour la justice de notre cause, comme moyen de sortir de l’impasse politique actuelle.

Nous utiliserons ce soutien pour faire naître une pression internationale qui fasse cesser l’occupation, pour créer un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem comme capitale, et pour restaurer l’union au sein de notre peuple, de Cisjordanie à Gaza."


Voir aussi :

-  Des Palestiniens qui voient la non-violence comme une arme - Richard Boudreaux, Los Angeles Times

IMEMC - traduction : Info-Palestine.net
Par noesam
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Mardi 10 novembre 2009

Illustration: Avec le président palestinien Yasser Arafat au Sommet des non-alignés à Harare (Zimbabwe), juin 1988, à la suite du discours dans lequel le chef de l’Organisation de Libération de la Palestine souscrivait pour la première fois à la
Illustration: Avec le président palestinien Yasser Arafat au Sommet des non-alignés à Harare (Zimbabwe), juin 1988, à la suite du discours dans lequel le chef de l’Organisation de Libération de la Palestine souscrivait pour la première fois à la

Paris, 7 novembre 2009. Rien, absolument rien, ne sera épargné à celui que l’on a surnommé parfois, à juste titre, « le plus célèbre rescapé politique de l’époque contemporaine », et ce prix Nobel de la Paix, un des rares arabes à se voir attribuer un tel titre, boira la coupe jusqu’à la lie.
Le chef palestinien décédera pourtant le 11 novembre 2004, sans n’avoir cédé rien sur rien, sur aucun des droits fondamentaux de son peuple, pas plus sur le droit de disposer de Jérusalem comme capitale que sur le droit de retour de son peuple dans sa patrie d’origine. Sa stature sans commune mesure avec celle de son terne successeur, Mahmoud Abbas, un bureaucrate affairiste sans envergure et sans charisme, hante encore la conscience occidentale, cinq ans après sa mort.

L’implosion politique de Mahmoud Abbas, le 5 novembre 2009, à six jours de la commémoration décès de Yasser Arafat justifie a posteriori le scepticisme du chef historique des Palestiniens à l’égard des pays occidentaux et porte condamnation de la complaisance de son successeur à l’égard de la duplicité occidentale, en même temps qu’elle révèle la servilité de la diplomatie américaine et de son chef, Hillary Clinton, secrétaire d’état, à l’égard d’Israël.

Carbonisé par ses atermoiements dans l’affaire du rapport Goldstone sur Gaza et par la rebuffade américaine à propos des colonies de peuplement, sa renonciation à une nouvelle mandature présidentielle apparaît d’autant plus cruellement pathétique qu’elle a coincidé avec une cinglante leçon de courage que lui ont assénée de jeunes palestiniens et des pacifistes israéliens en opérant, non sans risque, une percée dans le mur d’apartheid à l’occasion de la commémoration du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, une action qui a retenti comme un camouflet à Mahmoud Abbas et à Israël  un défi à la léthargie des instances internationales, un cadeau posthume à Yasser Arafat, initiateur de la lutte armée palestinienne.

Retour sur une vie de combat à l’occasion de la commémoration du 5 ème anniversaire de la mort de Yasser Arafat à l’hôpital militaire de Clamart (région parisienne), l’homme sans lequel la Palestine aurait été rayée de la carte du monde.


I. Le keffieh palestinien, c’est lui.

Le keffieh palestinien, c’est lui. Son portrait en lunettes noires et Keffieh, en couverture du magazine «Time», dans la foulée du premier fait d’armes palestinien contre l’armée israélienne, lors de la légendaire bataille d’Al-Karameh, le 20 mars 1968, provoquera un choc psychologique majeur au sein de l’opinion internationale, contribuant grandement à la prise de conscience de la lutte du peuple palestinien pour la reconnaissance de son identité nationale.

Plusieurs dizaines de fedayin palestiniens, sous le commandement direct de Yasser Arafat présent dans le camp assailli, se laisseront ce jour là décimés sur place forçant l’armée israélienne à battre en retraite sous le regard impassible de l’armée jordanienne, demeurée durant la première phase de la bataille l’arme au pied dans la vallée du Jourdain.

La bataille d’Al Karameh tire son nom, par un curieux clin d’oeil du destin, du lieu de la localité d’Al Karameh, la bourgade où s‘est déroulée ce fait d’armes. Acte fondateur du combat palestinien sur le plan international, elle sera perçue et vécue comme «la bataille de la dignité retrouvée» en ce qu’elle lavera dans l’imaginaire arabe la traumatisante défaite de juin 1967, infligeant aux israéliens des pertes humaines plus importantes que celles subies sur le front jordanien un an plus tôt (1). Elle galvanisera longtemps la jeunesse arabe dans son combat politique et propulsera la lutte du peuple palestinien au sein de la jeunesse du Monde. Par sa portée symbolique, elle passera à la postérité pour l’équivalent palestinien de l’antique bataille des Thermopyles (2), en ce qu’elle signait par le sang et le sacrifice suprême l’esprit de résistance des palestiniens et leur détermination à prendre en main leur propre combat.

Publiée par la revue américaine, la photo du chef palestinien jusque là anonyme popularisera et le porte-parole de la cause palestinienne et le symbole de l’identité palestinienne. Elle précipitera la mise à l’écart de son calamiteux prédécesseur Ahmad Choukeiry et propulsera, dans le même temps, le Keffieh, la coiffe traditionnelle palestinienne, au rang de symbole universel de la révolution. Le Keffieh, à l’origine en damier noir et blanc, sera décliné depuis lors dans toutes les couleurs pour finir par devenir le point de ralliement de toutes les grandes manifestations de protestation à travers le monde de l’époque contemporaine.

«Tout cela était possible à cause de la jeunesse (…), d’être le point le plus lumineux parce que le plus aigu de la révolution, d’être photogénique quoi qu’on fasse, et peut-être de pressentir que cette féerie à contenu révolutionnaire serait d’ici peu saccagée: les Fedayine (les volontaires de la mort) ne voulaient pas le pouvoir, ils avaient la liberté», prophétisait déjà en ces termes l’écrivain français Jean Genêt, un de leur nombreux compagnons de route de l’époque, qu’il immortalisa dans son inoubliable reportage sur le massacre des camps palestiniens de Sabra-chatila, dans la banlieue de Beyrouth. (Cf. Jean Genêt «Quatre heures à Sabra-chatila», in Revue d’Etudes Palestiniennes, N° 6 Hiver 1983).

Dans une séquence historique arabe riche de personnalités charismatiques, (décennies 1960 -1970), Gamal Abdel Nasser (Egypte), Hafez Al-Assad (Syrie), Houari Boumediene (Algérie), Saddam Hussein (Irak), Faysal d’Arabie, beaucoup lui en tiendront rigueur de sa popularité et de son prestige. Israël, d’abord et toujours, constamment, sans répit, voudra neutraliser la charge explosive de la mystique révolutionnaire que le mouvement national palestinien véhiculait au sein du tiers monde.


Dans le camp arabe, le Roi de Jordanie, Hussein le Hachémite, s’appliquera en premier, en septembre 1970, à le mettre au pas dans un épouvantable bain de sang, le premier du supplice palestinien, alors que les autres pays arabes s‘emploieront à limiter sa marge de manœuvre, en infiltrant la centrale palestinienne, l’Organisation de Libération de la Palestine, de mouvements fantoches, désormais fossiles, à l’instar d’Al-Saika pro syrienne, du Front de Libération Arabe pro-irakien ou du Front de libération de la Palestine pro égyptien ou encore de la duplicité marocaine qui compensait un soutien affiché à la cause palestinienne par une collaboration souterraine avec les services marocains. De tous les grands pays arabes, seule l’Algérie accordera un soutien sans faille à la guérilla palestinienne, «Zaliman kana aw Mazloum», oppresseur qu’il soit ou opprimé, selon l’expression du président Boumediene (3).

La guerre d’octobre 1973 et la destruction des fortifications israéliennes de la ligne Bar lev, le long du Canal de Suez, mettront en sourdine les conflits interarabes donnant du répit à la guérilla palestinienne, dégageant la voie à l’envol de Yasser Arafat sur la scène internationale. Prenant par surprise New York au saut du lit, Yasser Arafat débarque le 13 novembre 1974 d’un avion spécial algérien dans la métropole américaine pour s’adresser, fait sans précédent dans les annales diplomatiques, devant l’assemblée générale des Nations unies, présidée à l’époque par le fringant ministre de affaires étrangères de Boumediene, Abdel Aziz Bouteflika.

Fraîchement sacré par ses pairs arabes porte-parole exclusif des Palestiniens, le chef de l’OLP plaide la cause de son peuple, inexistant juridiquement, et inaugure solennellement une stratégie combinant la lutte armée et l’action diplomatique – «le fusil et le rameau d’olivier», selon sa formule, pour retrouver une patrie, la Palestine, rayée depuis un quart de siècle de la géographie politique.

Dans ce discours répercuté depuis la plus grande ville juive du Monde jusqu’aux confins de la Péninsule arabique, le dirigeant palestinien, dix ans après la fondation de son mouvement au Caire, en 1964, évoque timidement la possibilité d’une coexistence judéo arabe. Arafat est au Zénith, secondé par la nouvelle puissance pétrolière arabe révélée par la guerre d’octobre 1973.

Dans la brèche ouverte par l’OLP, dix sept mouvements de libération africains se verront reconnaître le statut d’observateur à l’ONU. Cinq d’entre eux, ceux de Guinée portugaise, d’Angola, de Mozambique, de Zimbabwe notamment conduiront quelques années plus tard leur pays à l’indépendance.


L’euphorie sera de courte durée. Six mois après son sacre onusien, la guerre éclate à Beyrouth, sombre présage, le 13 avril 1975, dans la quinzaine qui voit la chute de Pnom-Penh et de Saigon, les deux bastions américains en Asie. A son corps défendant, Arafat s’y engouffre, puis inexorablement s’embourbe dans ce qui n‘était au départ qu’une guerre inter factionnelle et qui se transformera en première guerre civile urbaine de l’époque contemporaine. Les rebondissements de ce conflit à projection régionale et internationale vont faire voler en éclats, au fils de sept années (1975-1982), la cohésion libanaise, la cohabitation libano palestinienne et la solidarité arabe.
L’Egypte fait la paix avec Israël et l’Amérique se lie par la clause Kissinger, qui subordonne tout contact avec l’OLP à des conditions équivalant, selon les Palestiniens, à une capitulation sans condition. Happé par la tourmente, Arafat touchera le fond de l’abîme, en juin 1982, dans Beyrouth assiégée, devenue pour ses adversaires le «foyer du terrorisme international», et, pour ses sympathisants, le «vivier de l’opposition tiers-mondiste». Abandonné de tous, il assure avoir humé dans son ancien sanctuaire transformé en camp retranché les «senteurs du paradis» (Rawaeh al Janna), le pressentiment de l’au delà. Il quitte son fief de Beyrouth avec les honneurs de la guerre, mais, exsangue, son organisation, le plus important mouvement de libération du tiers monde, quasiment désarticulée.

Douze ans après le septembre noir jordanien (1970), où les bédouins du Roi hachémite s’étaient donnés à cœur joie contre les Fedayine palestiniens, les Israéliens se livrent, à leur tour, à une chasse aux Palestiniens, dans Beyrouth, haut lieu de la contestation arabe, assiégée sous le regard impavide des dirigeants arabes. Pour la deuxième fois de son existence, Yasser Arafat, au prix de prodiges diplomatiques et d’une résistivité à tout crin, se sort d’un siège militaire dans lequel voulaient l’enterrer ses ennemis
Fort du capital de sympathie qu’il a accumulé au cours des 65 jours de siège, il se lance alors à la quête d’une nouvelle consécration internationale. C’est la période de la diplomatie volante. Reçu en grande pompe par un aréopage de chefs d’état arabes à Fès (Maroc), puis par le pape Jean Paul II, le président italien Sandro Pertini, en septembre 1982, les pays d’Europe du Nord, le Sommet des non-alignés de New Delhi, en février mars 1983, il butte, à l’instigation des Etats-Unis, sur les réticences du noyau central de l’Europe occidental: la France, le Royaume Uni et la RFA, mus, selon les Palestiniens, par une sorte de «solidarité expiatoire» à l’égard d’Israël, lui refuseront un droit de cité.

Les Etats-Unis, meilleurs alliés d’Israël dans le Monde, paient le tribut le plus lourd de la radicalisation du Proche-orient. En deux ans, 1982-1984, l’ambassade des Etats-Unis à Beyrouth Ouest, le quartier général des Marines, puis la mission américaine dans le réduit chrétien, seront tour à tour balayés par des attentats meurtriers, la cellule Moyen-orient de la CIA décapitée, de même que le quartier général des Français, ainsi que le quartier général phalangiste des milices chrétiennes.
Dans le même temps, certains des principaux protagonistes de l’intervention israélienne disparaissaient de la scène publique: Alexander Haig, secrétaire d’état et son ami le premier ministre israélien Menahem Begin, le chef des milices chrétiennes libanaises, Bachir Gemayel, l’officier félon libanais pro israélien Saad Haddad, alors qu’Ariel Sharon, l’artisan de l’invasion du Liban, était contraint à la démission pour sa responsabilité dans les massacres des camps palestiniens de Sabra-chatila, en septembre 1982.
Les survivants de cette hécatombe politique – Arafat et le président syrien Hafez Al Assad, le grand vaincu de l’été 1982 revigoré par l’armement sophistiqué soviétique- se livrent alors à un impitoyable règlement de compte. La centrale palestinienne est secouée de forces centrifuges, amplifiées par les déboires de leur chef dans sa politique d’ouverture vers l’Occident et les pacifistes Israéliens, dont les massacres de Sabra-chatila, dans la banlieue sud de Beyrouth, en seront l’illustration tragique.
arafat beyrouth

Premier coup de semonce, Issam Sartawi, l’homme de l’ouverture pro-occidentale, est assassiné, puis, fait inconcevable à l’époque, deux des plus fidèles lieutenants d’Arafat -Abou Saleh et Abou Moussa- entrent en dissidence, plus grave encore, le chef de l’OLP, fait unique dans l’histoire, est expulsé de Syrie en juin 1983.
C’est la fêlure: les guérilleros se muent en desperados. Des Palestiniens portent les armes contre d’autres Palestiniens. Pour la troisième fois de son existence mouvementée, Arafat, comme il y a treize ans à Amman et l’année précédente à Beyrouth, est assiégé à Tripoli (Nord Liban), cette fois par les Syriens et les Israéliens.
Privé désormais de toute autonomie territoriale, il est sauvé in extremis, pour la deuxième fois en un an, par les Français agissant sous le couvert des Nations Unies. La presse internationale évoque le crépuscule du chef palestinien. Il réussit néanmoins au Sommet islamique de Casablanca à entrebâiller la porte du retour de l’Egypte dans le giron arabo-islamique d’où elle était exclue depuis cinq ans. De son exil de Tunis, à deux mille km du champ de bataille, il tente de recoller les morceaux de ce qui demeure le vecteur de la revendication nationale palestinienne.

Le président Assad ne décolère pas, malgré les bons offices de l’Algérie, du Sud Yémen et de l’Union soviétique. Par quatre fois cette année, Arafat est contraint, à l’automne 1984, de renoncer à convoquer le parlement palestinien en vue de se faire confirmer son leadership et éviter l’atrophie de la centrale palestinienne. Par crainte de scinder définitivement son mouvement, mais faute aussi de trouver l’hospitalité d’un pays pour y tenir ses assises. Une situation paradoxale pour un chef jadis incontesté d’une organisation reconnue par cent dix Etats. Paradoxale pour le symbole même de l’exil du peuple palestinien de se vouer à la recherche d’un refuge pour ses parlementaires en exil, cruelle ironie de l’histoire, illustration tragique du drame palestinien.
Amputé de ses deux principaux adjoints, Khalil Wazir, Abou Jihad, l’adjoint opérationnel sur le plan militaire, et, Abou Iyad, le responsable des renseignements, de son homme de confiance, Ali Hassan Salameh, officier de liaison auprès de la CIA, tous trois éliminés par les services israéliens pour tuer dans l’œuf tout dialogue entre Palestiniens et Américains,Yasser Arafat va faire l’objet d’un processus de diabolisation, qui débouchera quinze ans plus tard sur son confinement arbitraire sur ordre du boucher de Sabra-chatila, le général Ariel Sharon, sous le regard indifférent des pays occidentaux.

L’invasion du Koweït par l’Irak, en 1990, fera fondre sur lui le souffle du boulet. Plutôt que de se ranger dans un camp conte un autre et accentuer la division du Monde arabe, Arafat choisira d’endosser le rôle de médiateur entre Saddam Hussein et le Roi Fahd d’Arabie, talonné par l’Egyptien Hosni Moubarak trop heureux par son activisme belliqueux de restaurer le rôle moteur de l’Egypte sur la scène diplomatique arabe et justifier sa fonction de sous traitant régional de la diplomatie américaine.
Yasser Arafat sera mis au ban de la communauté arabe et internationale, plus précisément au ban de la coalition occidentale, l’alliance de vingt six pays occidentaux et arabes mise sur pied pour châtier Saddam de son outrecuidance à l’égard d’une principauté pétrolière, le Koweït. Il ne devra son salut qu’à l’accord israélo-palestinien d’Oslo conclu quasiment à l’insu des chancelleries occidentales.

L’homme, pour son audace, se verra gratifier du Prix Nobel de la paix, le 14 octobre1994, en compagnie des co-auteurs israéliens de l’accord d’Oslo, le premier ministre Itzhak Rabin et le ministre des affaires étrangères Shimon Pères. Conclu le 13 septembre 1993, l’accord d’Oslo devait conduire à l’autonomie de la bande de Gaza et la zone de Jéricho (Cisjordanie) avant de déboucher cinq ans plus tard sur la proclamation d’un Etat palestinien. Il ne tiendra pas un an.


II. La coupe jusqu’à la lie

En 1995, Benyamin Netanyahu, le chef de Likoud, nouveau premier ministre israélien, freinera l’application de l’accord avant de le vider complètement de sa substance dans l’indifférence des pays occidentaux. En toute impunité. C’est une nouvelle descente aux enfers pour Yasser Arafat dont le Nobel sera de peu de poids face aux avanies que les alliés occidentaux d’Israël vont lui infliger régulièrement.

Rien, absolument rien, ne sera épargné à celui que l’on a surnommé, parfois, à juste titre, «le plus célèbre rescapé politique de l’époque contemporaine», et ce prix Nobel de la Paix, un des rares arabes à se voir attribuer un tel titre, boira la coupe jusqu’ à la lie.

C’est ainsi qu’à l’occasion des cérémonies marquant le 50eme anniversaire de la fondation des Nations Unies, Yasser Arafat, fraîchement auréolé des accords israélo-palestiniens d’Oslo et du Nobel de la paix (1993), celui qui symbolise pour la grande majorité des siens la renaissance du peuple palestinien, le symbole de la revendication nationale palestinienne, va être rabroué d’une cérémonie à New York, fin octobre 1995, comme un vulgaire intrus.

Suprême infamie, l’interdit proviendra du sulfureux du Maire de New York, Rudolph William Louis Giuliani III, un italo-américain, au motif que les mains du dirigeant palestinien étaient souillées du sang d’américains. Comme si les américains n’avaient pas sur la conscience la mort de palestiniens. Comme si les américains n’avaient pas sur la conscience l’extermination des indiens d’Amérique, dont l’éradication a permis à ce fils d’immigrés italiens de prospérer à New York sur la terre de leurs ancêtres spoliés. Comme si des responsables américains n’avaient pas durant la Deuxième guerre mondiale, pour préparer le débarquement en Italie, pactisé avec la mafia d’origine italienne surchargée de sangs d’innocentes victimes américaines. Un autre dirigeant arabe, un chef fier, le président Soleimane Frangieh, débarquant à New York, en novembre 1974 pour parrainer la première grande campagne diplomatique de Yasser Arafat, avait eu droit à une fouille humiliante de la part de la brigade canine de l’office de lutte contre les stupéfiants. L’outrage fit du président libanais, le dirigeant politique arabe le plus résolument antiaméricain. Et cette tradition s’est perpétuée avec sa descendance.

Au vu de ces expériences, il parlait difficile de blâmer ceux qui, à l’habit diplomatique, continuent de préférer le treillis. Loin s’en faut qu’il s’agisse d’une simple coquetterie vestimentaire. Fidel Castro, par exemple. Le dirigeant cubain, un des derniers survivants de l’épopée révolutionnaire de l’après guerre, a eu droit à une ovation de douze minutes pour cinq minutes d’intervention devant l’assemble générale de l’ONU à l’occasion du 50 me anniversaire de la fondation de l’organisation internationale, alors que le président William Clinton, pour un discours de 17 minutes n’a eu droit, en cette circonstance, qu’à des applaudissements de circonstance.

La suite est connue et porte condamnation de l’Occident et de ses pratiques déshonorantes: la pression finale mise par Bill Clinton, en 1999, pour arracher un accord israélo-palestinien en vue de redorer la fin de son mandat éclaboussé par le scandale Monika Lewinsky. Décrié par ses ennemis, dénigré par ses faux frères arabes, Arafat, seul contre tous, face au déchaînement médiatique sur les prétendues offres généreuses de Ehud Barak, ne cédera pas, sur rien.

Deux ans plus tard, les attentats du 11 septembre 2001 contre les symboles de l’hyper puissance américaine mettent au goût du jour la thématique de la «guerre conte le terrorisme», une aubaine pour son implacable ennemi Ariel Sharon et son disciple américain George Bush qui diaboliseront à outrance Yasser Arafat pour en faire l’incarnation du mal absolu, quand bien même le commanditaire de l’opération, Oussama Ben Laden, le chef d’Al Qaïda, n’était autre que l’ancien sous traitant des américains, celui là même qui aura détourné vers l’Afghanistan des milliers de combattants musulmans pour faire la guerre aux soviétiques, les principaux alliés alors de Yasser Arafat du temps du siège de Beyrouth en 1982.

2003, l’invasion américaine de l’Irak offre à Ariel Sharon l’occasion de confiner Yasser Arafat dans sa résidence administrative, avec la complicité honteusement passive des pays occidentaux, et, toute honte bue, certaines des plumes les plus réputées du Monde arabe, tels des mercenaires de la presse, participeront à la curée.

Calfeutré dans sa luxueuse résidence londonienne à l’abri du risque et du besoin, Jihad el Khazen, le plus en vue des journalistes pétro monarchiques, directeur du journal «Al-Hayat» et caution palestinienne du journal saoudien, réclamera ainsi la démission non du boucher de ses compatriotes palestiniens de Sabra-chatila, le général Ariel Sharon, ou de son complice George Bush, du trublion libyen ou des gérontocrates du Golfe, tous les fossoyeurs de la cause nationale arabe, mais, paradoxalement, la démission de Yasser Arafat, le chef assiégé du mouvement palestinien, celui là même qui était alors à portée des fûts des canons des chars israéliens, le symbole de sa résistance nationale, la légende vivante du combat arabe.

Illustration pathologique de la décomposition mentale d’une fraction de l’élite intellectuelle arabe gangrenée par les pétrodollars monarchiques, sa prescription saugrenue est intervenue le 18 mai 2004 au lendemain de la destruction du camp palestinien de Rafah par l’aviation israélienne, moins d’un mois après les assassinats extrajudiciaires des chefs charismatiques du mouvement islamique palestinien Hamas, Cheikh Ahmad Yacine et Abdel Aziz Al-Rantissi. Elle lui vaudra de la part de l’étoile montante du journalisme arabe, l’éditorialiste vedette d’«Al-Qods Al-Arabi», Abdel Bari Atwane, un robuste rappel à l’ordre déontologique sur les règles élémentaires de la décence dans le combat politique.
arafat siege ramallah

Dix huit mois de réclusion n’entameront pourtant pas la volonté de résistance du chef palestinien, qui décédera le 11 novembre 2004, sans n’avoir cédé rien sur rien, sur aucun des droits fondamentaux de son peuple, pas plus sur le droit de disposer de Jérusalem comme capitale que sur le droit de retour de son peuple dans sa patrie d’origine. Mieux, comme un intersigne du destin, son bourreau, Ariel Sharon, sera réduit, treize mois plus tard, le 5 janvier 2006, à un état végétatif de mort-vivant, transformé en «légume» selon le jargon médical, plongé dans un coma, à l’image de sa politique belliciste.

Sa stature sans commune mesure avec son terne successeur, Mahmoud Abbas, un bureaucrate affairiste sans envergure, sans charisme, hante toujours la conscience occidentale, cinq ans après sa mort. Elle conduira les dirigeants occidentaux, sans crainte du ridicule, à de pathétiques contorsions: Hillary Clinton, Secrétaire d’Etat américain, en tournée au Moyen-Orient, de même que son prédécesseur républicain Condoleeza Rice, tel un rituel immuable, fleurissent régulièrement à chacun de leur passage à Beyrouth la tombe de Rafic Hariri, l’ancien premier ministre libanais assassiné, mais persistent à négliger à leur passage à Ramallah (Cisjordanie), le mausolée de Yasser Arafat. Il en est de même de Nicolas Sarkozy, autoproclamé «ami du peuple palestinien», qui contournera Ramallah, le siège du pouvoir légal palestinien, pour rencontrer Mahmoud Abbas à Jéricho, lors de son voyage en juin 2008. Comme si un Prix Nobel de la Paix palestinien constituait une monstruosité infamante, comme si le porte étendard de la revendication nationale palestinienne était pestiféré même au delà de la mort.

Qu’il est dérisoire de contourner sa conscience par un chemin de traverse. Pathétique de se voiler la face devant ses propres forfaitures: George Bush et Condoleeza Rice ont rejoint depuis belle lurette les oubliettes de l’histoire et leur compère Ariel Sharon a déserté depuis longtemps la mémoire des hommes, mais le mausolée de Yasser Arafat trône, lui, toujours devant le siège de l’autorité palestinienne, objet de l’hommage régulier de tout un peuple, comme une marque de gratitude indélébile à l’égard de son combat pour la renaissance de la nation palestinienne.


Au hit parade du leadership palestinien, Yasser Arafat pâtissait de l’aspect théâtral de certains de ses comportements, et sur ce créneau là, Abou Ammar était supplanté par deux personnalités aussi discrètes qu’efficaces: Georges Habbache, le charismatique dirigeant de l’organisation marxisante Front populaire de Libération de la Palestine, à la voix de stentor, d’une rigueur de vie exemplaire, le médecin des pauvres d’où son surnom «Al Hakim», l’ancien chef du mouvement nationaliste arabe, tombeur du protectorat britannique d’Aden (Yémen du sud), et Khalil Wazir, alias Abou Jihad, commandant en chef adjoint de la guérilla palestinienne, et, à ce titre, l’animateur clandestin de l’Intifada palestinienne.

Mais Yasser Arafat focalisera à lui seul la totalité de l’ostracisme israélo américain, concentrant sur sa personne les vexations infligées à travers lui au peuple palestinien, sans doute en raison du fait qu’il passera à la postérité pour avoir été l’homme sans lequel la Palestine aurait été rayée de la carte du monde.

L’implosion politique de Mahmoud Abbas, le 5 novembre 2009, à six jours de la commémoration décès de Yasser Arafat justifie a posteriori le scepticisme du chef historique des Palestiniens à l’égard des pays occidentaux et porte condamnation de la complaisance de son successeur à l’égard de la duplicité occidentale, en même temps qu’elle révèle la servilité de la diplomatie américaine et de son chef, Hillary Clinton, secrétaire d’état, à l’égard d’Israël.

Carbonisé par ses atermoiements dans l’affaire du rapport Goldstone sur Gaza et par la rebuffade américaine à propos des colonies de peuplement, sa renonciation à une nouvelle mandature présidentielle apparaît d’autant plus cruellement pathétique qu’elle a coincidé   avec une cinglante leçon de courage que lui ont assénée de jeunes palestiniens  et des pacifistes israéliens  en opérant, non sans risque, une percée dans le mur d’apartheid à l’occasion de la commémoration du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, une action qui a retenti comme un camouflet à Mahmoud Abbas et à Israël , un défi à la léthargie des instances internationales, un cadeau posthume à Yasser Arafat, initiateur de la lutte armée palestinienne.

L’Etat palestinien qui se profile désormais inéluctablement à l’horizon, compensation au rabais des turpitudes occidentales à l’égard du peuple palestinien innocent, retentit aussi rétrospectivement comme le triomphe posthume de Yasser Arafat, un hommage rétroactif au combat du chef historique du mouvement national palestinien, un hommage au porteur du keffieh palestinien, le symbole de l’identité palestinienne, promu désormais au rang de symbole universel du combat contre l’oppression.


Références:

1– Au soir du 20 Mars 1968, l’armée israélienne attaque par surprise le camp palestinien installé dans la bourgade d’AL Karameh, dans la vallée du Jourdain, déclarée par Moshé Dayan, alors ministre de la Défense, «repaire du Fatah». Selon l’historien Benny Morris, les pertes israéliennes se sont élevées à 33 tués et 161 blessés. Sur le plan matériel, Israël enregistrera la perte de quatre chars de combat, 3 half-tracks, 2 voitures blindés ainsi qu’un avion, au cours de cette bataille qui aura duré 15 heures. Du côté palestinien, Kenneth Michael Pollack, ancien analyste de la CIA, estimera les pertes palestiniennes à 100 tués et 100 blessés, soit un tiers des combattants engagés tués ou blessés.

2- L’un des plus célèbres faits d’armes de l’histoire antique, la bataille des Thermopyles de 480 av. JC deviendra l’emblème de la résistance grecque à l’envahisseur, car malgré la prise d’Athènes par les Perses, les Grecs purent faire reconnaître leur indépendance, après leur triomphe à Salamine, le 22 septembre 480 av. JC. Trois cents spartiates commandés par le roi Léonidas Ier, prendront position à l’entrée du passage des Thermopyles, et combattront jusqu’au sacrifice, pour laisser aux Grecs le temps d’organiser leur défense. Au sommet du Kolonós, théâtre de l’ultime résistance spartiate, sur lequel fut érigé un mausolée, une inscription du poète Sémonide de Céos (556-467 av. JC), commémore cette action: «Étranger, va dire à Sparte qu’ici trois cents des siens sont morts pour obéir à ses lois».
3- Sur le rôle de l’Algérie: L’honneur de l’Algérie




Source: http://www.renenaba.com/?p=2143

Pour aller plus loin

Livre Achcar

Gilbert ACHCAR

Les Arabes et la Shoah
La guerre israélo-arabe des récits
Sindbad
L’Actuel

octobre 2009  / 14 x 22,5 / 528 pages
ISBN 978-2-7427-8242-0
prix indicatif : 26,00 €


Gilbert Achcar, professeur à la School of Oriental and African Studies (SOAS) de l’université de Londres.

Il est l’auteur, conjointement avec Noam Chomsky, de La Poudrière du Moyen-Orient (2007).


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Par noesam
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Dimanche 8 novembre 2009
29 novembre 1947 : l'ONU adopte un plan de partage de la Palestine en deux Etats indépendants, un juif et un arabe. Jérusalem est placé sous régime international.
14 mai 1948 : à la fin du mandat britannique sur la Palestine, David Ben Gourion, président du Conseil national juif, proclame l'indépendance de l'Etat d'Israël. Le 15, éclate la première guerre israélo-arabe, les pays arabes refusant le plan de partage. Début de l'exode des Palestiniens. Les combats prennent fin en 1949 avec les accords de Rhodes fixant une ligne de démarcation qui demeurera jusqu'en 1967.
24 avril 1950 : la Cisjordanie est annexée par le roi Abdallah de Jordanie. L'Egypte contrôle la bande de Gaza.
Octobre-novembre 1956 : après la nationalisation du canal de Suez par le président égyptien Nasser, la seconde guerre israélo-arabe est déclenchée. A la fin de 1956, les Israéliens commencent à évacuer le Sinaï. Israël retrouve ses frontières de 1949.
Octobre 1959 : premier congrès du Fatah, créé au Koweït.
28 mai 1964 : création de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), présidée par Ahmed Choukeiry.
5/10 juin 1967 : Israël déclenche la troisième guerre israélo-arabe dite des "Six jours", et occupe le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie, Jérusalem-Est et le plateau du Golan.
22 novembre 1967 : le Conseil de Sécurité de l'ONU adopte à l'unanimité la résolution 242 qui prévoit l'évacuation " des " (ou " de ", selon la version anglaise) territoires occupés, en échange de la reconnaissance mutuelle de tous les Etats du Proche-Orient.
Février 1969 : Yasser Arafat est élu président du Comité exécutif de l'OLP.
1969-1970 : une crise oppose, au Liban et en Jordanie, l'OLP aux gouvernements en place qui n'acceptent pas une présence palestinienne jugée envahissante.
17 septembre 1970 : l'armée jordanienne liquide les forces combattantes palestiniennes après la destruction de 3 avions de ligne occidentaux sur le territoire jordanien. les combats entre armée jordanienne et fedayins palestiniens font des milliers de victimes civiles palestiniennes ("Septembre noir").
5 septembre 1972 : un commando palestinien tue onze membres de la délégation israélienne aux Jeux olympiques de Munich.
6/25 octobre 1973 : quatrième guerre israélo-arabe dite "guerre de Kippour" ; l'armée égyptienne pénètre dans le Sinaï occupé mais doit se retirer.
22 octobre 1973 : le Conseil de sécurité de l'ONU adopte la résolution 338 qui appelle à un cessez-le-feu et à des négociations.
28 novembre 1973 : la Ligue arabe reconnait l'OLP en tant que seul représentant du peuple palestinien.
13 novembre 1974 : discours de Yasser Arafat à l'ONU. Le 22, l'Assemblée générale de l'ONU reconnaît le droit des Palestiniens "à la souveraineté et à l'indépendance nationale".
13 avril 1976 : élections municipales en Cisjordanie et à Gaza occupés. Les candidats proches de l'OLP remportent 80% des sièges.
13 juin 1980 : le Conseil européen adopte une résolution affirmant que le "peuple palestinien doit exercer son droit à l'autodétermination" et que "l'OLP doit être associée à toute négociation".
1980 : naissance du Djihad islamique, scission des Frères musulmans, qui se cantonnent à l'action sociale.
Mars-avril 1982 : insurrection palestinienne dans les territoires occupés. Les maires élus sont destitués.
6 juin 1982 : l'armée israélienne envahit le Liban -opération "Paix en Galilée"- et chasse de Beyrouth les organisations palestiniennes, dont l'OLP.
17-18 septembre 1982 : assassinat à Beyrouth du président libanais Bechir Gemayel. Les Israéliens entrent à Beyrouth-Ouest. Massacre de civils par les milices chrétiennes dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila, avec la complicité passive de l'armée israélienne.
1er octobre 1985 : un raid de l'aviation israélienne contre le quartier général de l'OLP à Tunis fait 70 morts.
6 août 1986 : le Parlement israélien vote une loi interdisant tout contact avec des dirigeants de l'OLP.
7 décembre 1987 : début de l'Intifada (soulèvement en arabe), également appelée "guerre des pierres" dans les territoires occupés.
9 décembre 1987 : création du Hamas (mouvement de la résistance islamique) par la société des Frères musulmans.
15 novembre 1988 : à Alger, le Conseil national palestinien (CNP, parlement en exil), proclame l'Etat palestinien indépendant et accepte les résolutions 242 et 338 de l'ONU, reconnaissant ainsi implicitement l'existence d'Israël. En décembre, devant l'ONU à Genève, Yasser Arafat, chef de l'OLP, reconnaît le droit d'Israël à vivre "en paix", et déclare renoncer totalement au terrorisme.
 
1989
2 mai : en France, Yasser Arafat est reçu pour la première fois à l'Elysée par François Mitterrand.
2 janvier : Ezer Weizman, ministre des Sciences (et futur chef de l'Etat israélien) est limogé pour avoir rencontré un membre de l'OLP.
 
1991
12 mars : le secrétaire d'Etat américain James Baker rencontre pour la première fois des personnalités palestiniennes des territoires occupés.
30 octobre : ouverture à Madrid (Espagne) d'une conférence de paix. Israéliens, Palestiniens -des territoires occupés, et non de l'OLP- , Jordaniens et Syriens se rencontrent sous le co-parrainage de George Bush (père) et de Mikhaïl Gorbatchev.
 
1992
14 janvier : les Palestiniens remettent à la délégation israélienne leur projet d'autonomie dans les territoires occupés.
27 avril : une session de pourparlers se déroule pour la première fois en présence d'observateurs de l'OLP à Washington
16 décembre : à la suite de l'assassinat d'un soldat israélien par le Hamas, Ie gouvernement expulse plus de 400 islamistes palestiniens au Sud-Liban.
 
1993
19 janvier : le Parlement israélien abroge la loi interdisant les contacts avec l'OLP.
Juillet-août : des rumeurs font état de contacts secrets entre Israël et l'OLP.
13 septembre : Israël et l'OLP signent à Washington un accord de principe ("Oslo I") sur une autonomie palestinienne transitoire de cinq ans. Le Premier ministre israélien Itzhak Rabin et Yasser Arafat échangent une poignée de main historique.
 
1994
25 février : un extrémiste juif, le docteur Baruch Goldstein, massacre 29 Palestiniens en prière au Caveau des patriarches à Hébron.
4 mai : accord du Caire sur l'autonomie de la bande de Gaza et de la ville de Jéricho (Cisjordanie). L'Autorité palestinienne s'installe dans les zones nouvellement autonomes.
1er juillet : retour de Yasser Arafat à Gaza.
 
1995
28 septembre : Israël et l'OLP signent à Washington l'accord négocié à Taba ("Oslo II") étendant l'autonomie en Cisjordanie et prévoyant une série de retraits israéliens par étapes.
Fin 1995 : Israël se retire de six villes de Cisjordanie qui deviennent autonomes.
 
1996
20 janvier : Yasser Arafat est élu président de l'Autorité palestinienne et ses partisans remportent les 2/3 des 80 sièges du Conseil législatif.
24 avril : le CNP (parlement palestinien en exil), réuni pour la première fois en Palestine, élimine de sa charte les articles mettant en cause le droit à l'existence de l'Etat d'Israël.
29 mai : les Israéliens élisent comme Premier ministre Benyamin Netanyahu, chef de la droite nationaliste, opposé aux accords d'Oslo.
24 septembre : l'ouverture par Israël d'un tunnel sous l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem provoque de violents affrontements entre l'armée israélienne et des manifestants palestiniens, qui font plus de 70 morts.
 
1997
15 janvier : Netanyahu et Arafat concluent un accord sur un retrait partiel israélien de la ville d'Hébron en Cisjordanie.
7 mars : l'annonce unilatérale par Israël d'un retrait de 9 % de la Cisjordanie (les Palestiniens réclament 30%) provoque une nouvelle crise.
18 Mars : Israël met en chantier une nouvelle colonie juive à Abou Ghneim (Har Homa) près de Bethléem, dans la partie occupée de Jérusalem-Est, ce qui enlise un peu plus le processus de paix.
30 novembre
: Israël accepte le principe de retrait limité de Cisjordanie (sans en fixer l'ampleur ni la date), assorti de conditions draconiennes. La presse israélienne parle de 6 à 8% de territoires évacués.
 
1998
14 janvier : Israël annonce qu'il gardera sous son contrôle de larges parties de la Cisjordanie, même en cas d'accord de paix avec les Palestiniens.
21 juin
: en dépit des critiques des Etats-Unis et de l'Union européenne, le gouvernement israélien décide la création d'une super-municipalité de Jérusalem qui englobe plusieurs colonies de Cisjordanie, et double ainsi de volume.
23 octobre : Arafat et Netanyahu signent à Wye Plantation (Etats-Unis) un accord destiné à sortir le processus de paix de l'impasse : Israël transfèrera à l'administration palestinienne, en trois étapes, 13% supplémentaires du territoire de la Cisjordanie encore sous son contrôle.
Décembre : Bill Clinton est le premier président américain reçu en visite officielle par un Etat Palestinien virtuel. Inauguration de l'aéroport de Gaza, sous contrôle israélien.
 
1999
17 mai : les Israéliens élisent Ehud Barak (travailliste) au poste de Premier ministre.
4 septembre : signature, à Charm-el-Cheikh (Egypte), d'un accord fixant les dates des retraits israéliens de Cisjordanie, afin de relancer le processus de paix moribond.
 
2000
13 février : nouveau retard dans les négociations ; les deux parties ne parviennent pas à signer un accord-cadre définissant les grandes lignes d'un règlement final, conformément au mémorandum signé à Charm-el-Cheikh en septembre 1999.
21 mars : avec un nouveau retrait de l'armée israélienne de 6,1% de Cisjordanie, l'Autorité palestinienne contrôle désormais, partiellement ou totalement, 40 % du territoire.
15 mai : le parlement israélien vote le transfert à l'autorité palestinienne de 3 localités proches de Jérusalem, dont Abou Dis, souvent présentée comme le siège de la capitale d'un futur Etat palestinien.
11-25 juillet : échec du sommet israélo-palestinien de Camp David. Aucun accord n'est conclu entre les deux parties.
28 septembre : la visite du chef du Likoud, Ariel Sharon, sur l'Esplanade des Mosquées (Jérusalem-est), troisième lieu saint de l'islam, provoque de violentes émeutes en Israël et dans les territoires palestiniens, faisant plus de 90 victimes. C'est le début de la deuxième Intifada (2000-2005).
 
2001
29 janvier : Israël et les Palestiniens annoncent avoir réalisé de sérieux progrès dans les négociations de Taba. Ehud Barak décide de les ajourner jusqu'à l'élection du chef du gouvernement le 6 février, estimant impossible un accord avant cette date.
6 Février : Ariel Sharon est élu premier ministre en Israël avec une avance de 25 points sur Ehud Barak.
4 décembre : Israël lance des raids d'ume ampleur sans précédent dans les territoires palestiniens. Yasser Arafat, déclaré «hors-jeu» par Ariel Sharon, ne peut plus sortir de Ramallah, encerclée par l'armée israélienne.
 
2002
29 mars : l'état hébreu lance une offensive dans les territoires occupés baptisée «rempart défensif». La Mouqataa, le quartier général d'Arafat à Ramallah, est partiellement détruit et le leader palestinien est coupé du monde.
15 avril
: Marwan Barghouti, le chef du Fatah en Cisjordanie, est capturé par l'armée israélienne.
 
2003
14 février : cédant aux pressions internationales pour des réformes au sein de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat donne son accord à la nomination d'un Premier ministre.
19 mars : Yasser Arafat propose de nommer Mahmoud Abbas, un pragmatique notoire, au poste de Premier ministre.
29 avril : Mahmoud Abbas et son cabinet reçoivent l'investiture du parlement palestinien Son investiture lève le dernier obstacle à la publication de la «feuille de route», plan de paix international prévoyant la création d'un Etat palestinien d'ici à 2005.
29 juin: Mahmoud Abbas obtient du Hamas, du Jihad islamique puis du Fatah, une trêve temporaire des attaques anti-israéliennes.
20 août: au lendemain d'un attentat suicide qui fait 21 morts et une centaine de blessés à Jérusalem-ouest, Mahmoud Abbas rompt les contacts avec les groupes du Hamas et du Jihad islamique.
25 août: à l'insu du premier ministre, Yasser Arafat nomme l'ancien chef de la Sécurité préventive en Cisjordanie, Jibril Rajoub, au poste de conseiller aux affaires de sécurité.
6 septembre: Mahmoud Abbas annonce sa démission au Parlement palestinien, invoquant des obstacles intérieurs, israéliens et américains à son action.
7 septembre: Yasser Arafat offre au président du parlement, Ahmed Qoreï, le poste de premier ministre.
5 octobre: Yasser Arafat décrète l'état d'urgence dans les territoires, au lendemain d'un attentat suicide en Israël qui a tué 20 personnes.
2004
2 février: Ariel Sharon annonce son intention de démanteler toutes les colonies de la bande de Gaza (regroupant un total de 7 500 habitants).
22 mars: Cheikh Yassine, le fondateur du Hamas, est assassiné lors d'un raid israélien devant une mosquée de Gaza.
17 avril: le nouveau chef du Hamas, Abdelaziz al-Rantissi, est tué par un raid aérien israélien à Gaza.
6 juin: le cabinet israélien adopte le principe d'un retrait échelonné de la bande de Gaza, qui devrait être terminé à la fin de l'année 2005.
13 juillet: l'envoyé spécial de l'ONU dans les territoires palestiniens, Terje Roed-Larsen, adresse de vives critiques à Yasser Arafat, estimant que la situation dans les territoires «tourne progressivement au chaos».
16 juillet
: une série de rapts est organisée dans les territoires par des groupes armés qui entendent protester contre la corruption de l'Autorité palestinienne.
17 juillet : Yasser Arafat annonce une refonte des services de sécurité, après qu'Ahmed Qoreï a proclamé son intention de démissionner. Le Raïs nomme à la tête du service de sécurité générale son neveu, Moussa Arafat. La nomination de ce dernier, soupçonné de corruption, entraîne de violentes manifestations. Il est rétrogradé quelques jours plus tard.
29 octobre : Yasser Arafat, 75 ans, dont l'état de santé s'est dégradé subitement, est hospitalisé en France.
11 novembre: mort de Yasser Arafat à Paris. Sa dépouille est inhumée à Ramallah le lendemain, après des funérailles au Caire.
14 novembre : Mahmoud Abbas est choisi par le Fatah comme candidat officiel pour les élections présidentielles palestiniennes qui se tiendront le 9 janvier 2005.
16 novembre: le chef du Hamas dans la bande de Gaza, Mahmoud Zahar, annonce que son mouvement boycottera l'élection présidentielle de janvier.
 
2005

9 janvier
: Mahmoud Abbas, est élu à la tête de l'autorité palestinienne avec 62,5% des suffrages.
15 janvier: prestation de serment de Mahmoud Abbas. Ahmad Qoreï est reconduit à la tête du gouvernement.
27 janvier: élections municipales partielles dans la bande de Gaza ; le Hamas sort grand vainqueur.
8 février: sommet Abbas-Sharon à Charm-el-Cheikh (Egypte); ils proclament la fin des violences entre Israéliens et Palestiniens.
12 mars: le Hamas annonce sa participation aux élections législatives, prévues en juillet (puis reportées en janvier 2006).
5 mai: nouvelle série d'élections municipales partielles, à Gaza et en Cisjordanie. Le Hamas s'impose dans les grandes villes.
22 août: fin de l'évacuation des colons israéliens de Gaza.
12 septembre: retrait des derniers soldats israéliens de la bande de Gaza. Les forces de l'ordre palestiniennes entrent dans les 21 colonies démantelées.
29 septembre: le Fatah remporte l'emporte largement lors de municipales partielles en Cisjordanie.
25 novembre: réouverture du terminal de Rafah, poste frontière entre Gaza et l'Egypte, sous le contrôle conjoint des Palestiniens et d'observateurs européens.
Décembre
14: un groupe de jeunes dirigeants du Fatah crée une liste concurrente en vue des législatives pour protester contre la main mise de la vieille garde sur le parti.
15: le Hamas devance largement le Fatah dans les principales villes de Cisjordanie à l'occasion d'élections municipales partielles.
28: mettant fin à ses divisions, le Fatah inscrit une liste unifiée pour les législatives. La liste, dirigée par Marwan Barghouti, toujours emprisonné, fait la part belle à la jeune garde du parti.
 
2006
25 janvier: le Hamas remporte la majorité absolue aux élections législatives, avec 74 sièges sur les 132 que compte le Conseil législatif, contre 45 sièges pour le Fatah. Le premier ministre Ahmed Qoreï démissionne.
18 février: prestation de serment du nouveau parlement dominé par le Hamas ; le lendemain, le gouvernement israélien cesse de verser les taxes dues à l'Autorité palestinienne, correspondant au produit de la TVA et aux droits de douane prélevés sur les produits importés dans les territoires palestiniens et transitant par Israël.
21 février: un des responsables du Hamas, Ismaïl Haniyeh, est chargé de former le gouvernement.
29 mars: le gouvernement du Hamas prête serment.
7 avril: l'Union européenne suspend son aide directe au gouvernement dirigé par le Hamas.
10 mai: des responsables palestiniens emprisonnés en Israël, dont Marouan Barghouti (Fatah) et le cheikh Abdel Halek Al-Natshé (Hamas), font des propositions pour sortir de la crise opposant le Fatah et le Hamas. Figurent notamment l'idée d'un gouvernement de coalition Fatah-Hamas, la fin des attaques en territoire israélien, et la création d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967.
19 mai : un porte-parole du Hamas est arrêté au point de passage de Rafah, à Gaza, cachant une somme d'environ 1 million de dollars. En raison du blocus financier imposé aux Palestiniens, les ministres du Hamas se feront à plusieurs reprises «transporteurs de fonds».
14 juin: Mahmoud Abbas et le premier ministre Ismaïl Haniyeh parviennent à un accord sur l'intégration d'une force paramilitaire du Hamas à la police, dont la plupart des membres sont fidèles au Fatah.
27 juin: le Hamas accepte de signer le document d'«entente nationale» reconnaissant implicitement l'existence d'Israël.
28 juin: début d'une vaste offensive terrestre et aérienne dans la bande de Gaza, surnommée «Pluies d'été». L'armée israélienne arrête huit ministres, des dizaines de députés et autres responsables du Hamas.
Fin juillet: 29 personnes sont tuées lors d'une incursion terrestre dans Gaza. L'offensive israélienne dans les territoires palestiniens est étendue à la Cisjordanie.
1er septembre: la communauté internationale s'engage à verser 500 millions de dollars d'aide aux Palestiniens, lors d'une réunion de donateurs à Stockholm. Les Territoires palestiniens traversent une grave crise financière depuis la suspension de l'aide internationale et le gel des droits de douane par Israël au printemps 2006.
1er octobre: affrontements sanglants entre milices du Hamas et du Fatah.
1er-8 novembre: une offensive terrestre et aérienne israélienne provoque la mort de près de 60 palestiniens.
14 décembre: le convoi du Premier ministre Ismaël Haniyeh est pris pour cible par des tirs en traversant la frontière entre l'Egypte et Gaza. Le Hamas accuse le Fatah. Des affrontements armés éclatent entre les partisans des deux mouvements. En neuf mois, les violences interpalestiniennes ont fait 320 morts.
 
2007
 
6 janvier: Mahmoud Abbas déclare hors-la-loi la «force exécutive», groupe paramilitaire de 5 000 hommes créé en avril 2006 par le ministère de l'intérieur que contrôle le Hamas.
8 février : le Hamas et le Fatah signent en Arabie saoudite un accord sur la formation d'un gouvernement d'union censé mettre un terme aux violences interpalestiniennes.
17 mars : reconduit dans ses fonctions, Ismaïl Haniyeh, forme un gouvernement d'union nationale avec le Fatah, comprenant des personnalités indépendantes aux ministères clés.
Mai-juin : nouveaux affrontements Hamas-Fatah dans la bande de Gaza.
14 juin : le Hamas met en déroute les combattants du Fatah et prend le contrôle de la totalité du territoire de Gaza. Mahmoud Abbas déclare l'état d'urgence, limoge le gouvernement d'union nationale et charge Salam Fayyad, ancien ministre des finances de former un cabinet d'urgence.
18 juin : l'Union européenne, suivie par les États-Unis, décide de rétablir son aide financière directe à l'Autorité palestinienne et de normaliser avec elle ses relations, suspendues en mars 2006, après la victoire électorale du Hamas.
28 octobre : Israël impose des sanctions économiques à la Bande de Gaza décrétée "entité ennemie".
26-28 novembre : conférence internationale à Annapolis (Etats-Unis). Ehud Olmert et Mahmoud Abbas s'engagent à conclure un traité de paix avant la fin 2008.
 
2008
 
Février-mars : offensive de l'armée israélienne contre la Bande de Gaza pour tenter  de mettre fin aux tirs de roquettes depuis la Bande de Gaza. Elle provoque la mort de près de 130 Palestiniens, sans pour autant mettre fin aux tirs du Hamas.
19 juin : après des mois de médiation égyptienne, un cessez-le-feu est conclu pour six mois entre Israël et le Hamas à Gaza. Israël s'engage à lever progressivement le blocus imposé depuis le coup de force du Hamas sur le territoire palestinien en juin 2007.
Juillet-août
: à la suite d'un attentat meurtrier à Gaza imputé au Fatah, la police du Hamas déclenche des opérations de répression sur le territoire. Elle attaque le bastion du clan familial Helles (pro-Fatah). A la demande de Mahmoud Abbas, Israël accepte de secourir 180 membres du clan, pour leur permettre de se réfugier dans l'Etat hébreu.
25 août : Israël libère 198 prisonniers palestiniens.
Septembre : après la mort d'un policier abattu à Gaza par des membres du clan Doghmouch, famille liée à des organisations criminelles, les forces de sécurité du Hamas attaquent le bastion du clan pour arrêter les suspects. Les combats font onze mort.
4 novembre : l'armée israélienne effectue une incursion à Gaza causant la mort de six activistes palestiniens. Le Hamas réplique en tirant une cinquantaine de roquettes en direction du territoire israélien.
14 décembre : Khaled Mechaal, dirigeant en exil du Hamas, annonce que la trêve avec Israël ne sera «pas renouvelée» le 19 décembre en raison de la poursuite du blocus de la bande de Gaza.
15 décembre : Israël libère 227 prisonniers palestiniens.
16 décembre : Mahmoud Abbas, dont le mandat s'achève en janvier 2009, annonce qu'il va convoquer prochainement des élections présidentielles et législatives. Le Hamas récuse les élections législatives, le terme légal du parlement palestinien s'achevant normalement en janvier 2010.
20 décembre : les Brigades Ezzedine Al-Qassam, branche armée du Hamas, revendiquent les premiers tirs d'obus de mortier sur Israël depuis la fin de la trêve.
27 décembre : Israël lance une attaque aérienne massive contre la bande de Gaza, baptisée "Plomb durçi".
 
2009
 
3 janvier : début de l'offensive terrestre à Gaza.
6 janvier : au moins 40 personnes qui s'abritaient dans une école gérée par l'ONU sont tuées par un tir israélien dans le camp de réfugiés de Jabalia.
17 janvier
: cessez-le-feu. En trois semaines, l'offensive israélienne a fait 1 330 morts palestiniens, dont plus de 430 enfants, et 5 450 blessés, selon les services médicaux palestiniens. Côté israélien, 10 militaires et 3 civils ont péri, selon les chiffres officiels.
2 mars : la communauté internationale promet quatre milliards et demi de dollars pour la reconstruction de Gaza dévasté par 22 jours de bombardements israéliens en janvier.
11 août : après avoir reconduit Mahmoud Abbas à la tête du Fatah, le Congrès général du mouvement rajeunit sa direction avec 14 nouveaux membres du Comité central sur 18, dont Marwan Barghouthi, symbole de la "résistance", emprisonné à vie en Israël.
15 septembre : un rapport de l'ONU sur la guerre de Gaza en janvier 2009, conduit par le juge Richard Goldstone, accuse Israël et le Hamas de "crimes de guerre" et de possibles "crimes contre l'humanité". Celui-ci recommande de demander au Conseil de sécurité de saisir le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) si aucun progrès n'est réalisé d'ici six mois dans les enquêtes menées par les autorités israéliennes et l'Autorité palestinienne.
2 octobre : sous pression américaine, l'Autorité palestinienne accepte le report de l'examen, par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, du rapport Goldstone.
6 octobre : devant la levée de bouclier provoquée par la décision du 2 octobre, Mahmoud Abbas, annonce son intention de recommander de référer devant l'ONU le rapport Goldstone.
16 octobre : le Conseil des droits de l'homme de l'ONU adopte une résolution approuvant le rapport Goldstone et renvoie de facto le dossier au Conseil de sécurité à New York.
23 octobre : Mahmoud Abbas convoque des élections législatives et présidentielle pour janvier 2010. Le Hamas refuse la tenue d'élections à Gaza.
5 novembre : l'Assemblée générale de l'ONU adopte une résolution donnant trois mois à Israël et aux Palestiniens pour ouvrir des enquêtes indépendantes sur les allégations de crimes de guerre commis lors du conflit de Gaza l'hiver dernier.
Mahmoud Abbas annonce qu'il ne briguera pas de nouveau mandat.
Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël

http://www.aloufok.net/spip.php?article1048 http://www.aloufok.net/spip.php?article1048
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Dimanche 18 octobre 2009

Yasser ARAFAT, intime

Communiqué de presse

À l’approche du 11 novembre 2009,
Jour du 5e anniversaire de la mort du leader palestinien,
les éditions Demi-Lune sont fières d’annoncer la parution du livre

Yasser ARAFAT, intime
La passion de la Palestine

d'Isabel PISANO



« Très accessible et particulièrement intéressante, cette biographie personnelle et libre offre une autre image du leader palestinien... L’ouvrage donne, sur le plan humain, personnel et sentimental, une idée plus proche, plus intime, de la personnalité de Yasser Arafat… Un livre utile également parce qu’il permet de rappeler les mensonges et les hypocrisies qui continuent d’entourer la lutte légitime et digne du peuple palestinien... »

- Préface de Tariq RAMADAN



Célèbre journaliste de la presse espagnole, Isabel PISANO a interviewé de nombreux hommes d’État, politiciens, artistes, intellectuels et personnalités du show-biz. Elle a été correspondante dans des zones de conflit, couvrant les guerres du Liban, du Tchad, d’Irak, de Bosnie, de Somalie. Elle fut la seule journaliste présente pendant les bombardements de Mossoul et Bassora (Irak) en 1993. Considérée comme la « meilleure journaliste de l’année 2002 » par l’Association des magazines d’information (ARI) pour la qualité de ses reportages internationaux, spécialement ceux réalisés en Palestine, au Nigeria et en Afghanistan, elle est également l’auteur de plusieurs ouvrages publiés en espagnol, comme Moi, terroriste, les protagonistes parlent et Moi, pute, les prostituées parlent, best-seller qui a donné lieu à la réalisation d’un film.


MILITANT


Après la mort du leader palestinien, Isabel Pisano s’est décidée à raconter l’histoire de Yasser Arafat, en décrivant avec précision la véritable personnalité de cet homme qu’elle a connu dans l’intimité : un leader marqué par le destin de son peuple, un fin politique et un combattant entouré de mystère.
 
L’auteur équilibre avec talent l’histoire de la lutte politique d’Arafat avec l’OLP et le Fatah, et celle de leur improbable relation sentimentale. De manière personnelle et souvent drôle mais sans aucune concession ni apitoiement, elle décrit les coulisses du pouvoir palestinien, son entourage, les enjeux, les trahisons, les souffrances, les victoires comme les échecs du leader dans un cadre marqué par la violence et la guerre. Femme et journaliste, elle nous offre son regard privilégié et authentique sur un homme mal connu qui fut longtemps diabolisé par les médias.
 
Le témoignage d’Isabel Pisano apporte une perspective entièrement différente sur un homme politique qui a marqué l’un des plus vieux conflits au monde ; un conflit qui, 5 ans après la mort du dirigeant palestinien dans des conditions aussi mystérieuses que controversées, reste malheureusement toujours d’actualité.




Le livre Yasser ARAFAT, intime disponible en librairie le 17 octobre 2009

Vous habitez Paris ou la région parisienne ?
Venez écouter et rencontrer l’auteur !
Présentation de son livre le samedi 31 octobre à 17h30 à la librairie Résistances
<http://www.librairie-resistances.com/spip.php?article16>
4 rue Villa Compoint, Paris 17° (métro Guy Moquet ou Brochant, ligne 13)

***
En coédition avec Timéli
Texte: Isabel PISANO - Traduit de l’espagnol par Gisela BULWA
Caractéristiques techniques
Livre à la française - Format 15 x 23 cm - Couverture brochée, pelliculage mat, vernis sélectif, dos carré collé -
 Poids indicatif 550 g - 416 pages – Plus de 70 illustrations (photos et cartes)
N° ISBN : 978-2-917112-06-9
N° EAN : 9782917112069
Prix indicatif : 20 €




Pour commander, consulter la page :
<http://www.voltairenet.org/librairie/product_info.php?products_id=102>
Cet ouvrage est le 13e de la collection Résistances
Collection Résistances, vous n’êtes pas au bout de vos surprises...  


 
Cordialement,
 
Arno MANSOURI,
directeur éditorial

__________________
 Editions Demi-Lune
18 rue Eugène Sue
 75018 Paris, France

Tel: +33 (0)1 42 64 37 96

 <http://www.editionsdemilune.com>



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Vendredi 3 avril 2009
Klik hier om een link te hebben waarmee u dit artikel later terug kunt lezen.L'avenir de la Résistance palestinienne (1) Palestine Info Klik op de afbeelding om de link te volgen

L’avenir de la résistance palestinienne (1)
Par Palestine Info  09 04 02
Le rapport écrit par le Centre Az-Zaytouna d’études et de conseils, résumé et traduit par nos soins, est basé sur une étude écrite par Dr. Abdou As-Sattar Qassim.

Après la guerre agressive israélienne menée contre Gaza et la baisse des opérations de résistance en Cisjordanie, une grande interrogation se pose sur l’avenir de la résistance palestinienne. Les données actuelles indiquent que la résistance passe une période difficile, que des frappes l’attendront dans un avenir proche. De la même façon qu’"Isra-l" souffre de crises, sur le niveau intérieur comme sur le niveau extérieur. Il faut indiquer que la résistance est désormais soutenue politiquement comme populairement. En général, la résistance est en ascension. Tout le monde devra la prendre en considération.

Préambule

La résistance vit une période exceptionnelle. Une partie du peuple palestinien est contre elle. Cette partie va jusqu’à arrêter toute personne qui porte l’arme contre l’occupant. Plusieurs pays arabes travaillent contre elle et participent au blocus imposé sur elle. Il y a également cette guerre agressive israélienne menée contre Gaza. Toutes ces données et tant d’autres font que se pose une vraie interrogation sur l’avenir de la résistance palestinienne.

La résistance à l’intérieur comme à l’extérieur

La résistance palestinienne se fait sur deux volets. A l’intérieur se trouvent les mouvements du Hamas, du Djihad Islamique, de la Résistance Populaire, des Saraya Al-Djihad et d’Abou Ali Mostapha. A l’extérieur, il y a le Front Populaire, le Fatah Intifada et d’autres qui se trouvent dans des camps du Liban.

C’est la résistance de l’intérieur qui se trouve au milieu du combat, au front face à l’ennemi sioniste.

La résistance de l’extérieur, bien qu’elle soit toujours prête, est enchaînée par des donnes arabes et internationales : les relations avec le gouvernement libanais, le conflit entre les Syriens et les Israéliens… Sans oublier que l’extérieur est le reflet de l’intérieur et vice-versa.

Pourquoi freiner la résistance ?

De plusieurs problèmes, difficultés, ennuis et soucis souffre la résistance palestinienne.

Premièrement : La résistance est toujours sur le qui-vive, étant toujours face à "Isra-l" qui possède une machine de guerre impressionnante, des plus grandes. La résistance fait avec, baisse et monte en puissance. Mais elle améliore toujours sa capacité, son endurance face à cette machine.

Deuxièmement : La résistance devra faire face à un grand défit intérieur. En effet, la déclaration de Yasser Arafat, président de l’OLP, de laisser tomber le terrorisme (la résistance armée), faite en 1985, constitue un point tournant contre la lutte armée, confirmé par l’accord d’Oslo, entre autres. De tels accords obligent des Palestiniens à interpeller d’autres Palestiniens, pour protéger la sécurité d’"Isra-l" !

Une armée de Palestiniens commence à poursuivre tout Palestinien qui pense à la résistance contre l’occupation. En plus de cela, la résistance est en face de défis : défis d’organisation, d’armement, de financement…

Troisièmement : Il y a aussi ces pays arabes qui contrarient la résistance, en préférant reconnaître "Isra-l" et une normalisation des relations avec elle. Ils vont jusqu’à participer au blocus mené contre la bande de Gaza. Quelques-uns d’entre eux étaient même aux côtés des occupants durant la guerre agressive israélienne menée contre Gaza (2008-2009), en participant au contrôle d’armes arrivées aux résistants.

Certains sont de mèche avec des pays occidentaux qui frappent la bande de Gaza par un blocus financier. De plus, les pays arabes qui payent 53% des salaires des fonctionnaires de l’autorité palestinienne font des pressions sur les Palestiniens pour qu’ils reconnaissent "Isra-l" et respectent les accords signés par l’OLP.

Quatrièmement : Au niveau international, il y a de grandes puissances telles l’Amérique et l’Europe qui font opposition à la résistance palestinienne. Elles se réunissent derrière "Isra-l" pour la protéger et pour étouffer la résistance palestinienne, politiquement, médiatiquement et militairement. De cette façon, on comprend bien combien les défis qu’envisage la résistance sont grands, difficiles, durs de conséquences, pour une résistance déjà vulnérable.

Cinquièmement : Une partie des intellectuels palestiniens, notamment en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, sont pris par l’ambiance de négociations avec "Isra-l". Ils appellent désormais à la reconnaître et à arrêter la résistance. Ils croient qu’il faut donner une chance à l'établissement de l’Etat palestinien par des moyens pacifiques. Sur la scène palestinienne, la situation est telle qu’il y a des Palestiniens qui haïssent d’autres Palestiniens – des résistants. Ils vont jusqu’à louer la coopération avec l’ennemi et l’attaque contre la résistance comme un service fait à la patrie !

03-04-2009 om 12:50 geschreven door Naphtali HIRSCH http://www.bloggen.be/yechouroun/

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Lundi 30 mars 2009
Le Hamas possède désormais l’arme ayant permis au Hezbollah de vaincre Israël



De fabrication russe et mis en service pour la première fois en 1994, le missile antichar lourd Kornet est une arme mobile et fiable permettant de détruire à distance tous les types de blindés modernes, de jour ou de nuit et dans n’importe quelles conditions météorologiques. Son système de guidage laser permet même d’atteindre les hélicoptères volant à basse altitude.
On rapporta son utilisation par la Résistance irakienne lors de l’invasion états-unienne en 2003, mais il s’avéra plus tard que les blindés en question avaient été détruits par des tirs amis.
Il est en revanche certain qu’il contribua largement à la défaite d’Israël au Liban en 2006, au point que les responsables de l’entité sioniste s’en plaignirent ultérieurement auprès du Kremlin. Ils accusèrent alors la Syrie de les avoir livrés au Hezbollah.

Le Réseau Voltaire a appris de source sure que des missiles Kornet ont été livrés au Hamas. Ceux-ci sont arrivés à Gaza deux jours avant la fin de l’opération israélienne « Plomb durci ». Les envoyés spéciaux du président-élu Obama ayant exigé la fin des hostilités avant le début des cérémonies d’investiture du nouveau président US, Israël et le Hamas ont chacun annoncé un cessez-le-feu unilatéral sans avoir le temps de conclure une trêve. Le Hamas a décidé de ne pas utiliser ces missiles au cours des deux derniers jours de combat de manière à ne pas gêner la Russie et à disposer d’un surprise stratégique lors d’une prévisible reprise des hostilités.

(Illustration : un char lourd israélien Merkava détruit par le Hezbollah, été 2006)


http://www.voltairenet.org/article159389.html
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Mercredi 4 mars 2009

interview exclusive Haniyeh : Le dialogue n’est pas une tactique politique, la priorité est la réconciliation



interview exclusive Haniyeh : Le dialogue n’est pas une tactique politique, la priorité est la réconciliation





Ismaël Haniyeh, premier ministre palestinien, a accordé à notre Centre Palestinien d’Information (CPI) une interview exclusive, la veille du jour du lancement du dialogue inter-palestinien du Caire, le jeudi 26 février 2009.

La réconciliation nationale reste la priorité du mouvement du Hamas et son cabinet, insiste-t-il à dire.

Le dialogue est le sentier vers l’attachement aux principes et aux droits palestiniens.

L’OLP doit être restaurée sur de nouvelles bases démocratiques, loin de toutes pressions et conditions imposées de l’extérieur, pour qu’il garde au peuple palestinien son droit à la résistance.

« Partenaires dans la résistance, partenaires dans la reconstruction » est un slogan donné par Ismaël Haniyeh, premier ministre palestinien. Il faut mettre les bouchées doubles pour cette reconstruction pour mettre fin aux souffrances de nos familles de la bande de Gaza, souffrances causées par l’affreuse guerre menée par l’armée israélienne pendant 23 jours consécutifs.

Pour ce qui est des bonnes relations avec l’Egypte, Haniyeh les considère comme un choix stratégique et non une relation d’intérêts.

A travers cette interview, Ismaël Haniyeh lance un appel au monde arabo-islamique et au monde entier pour garder l’élan vu pendant et après la dernière guerre israélienne.

La résistance du peuple palestinien et son attachement à ses droits mettront les rêves des occupants israéliens dans l’embarras.

Il nous donne son point de vue sur ces sujets et tant d’autres, dans l'interview ci-après, traduite de l'arabe et résumée par nos soins.

Le dialogue et la réussite

CPI : Les rencontres entre les mouvements du Hamas et du Fatah se multiplient, en préparation pour un dialogue total. Mais il y a ceux qui parlent du doute qu’on puisse arriver à quelque chose de positif. Qu’en dites vous ?

Ismaël Haniyeh : Il faut commencer par dire que la division palestinienne n’est point un phénomène normal. Il faut à tout prix en sortir et recommencer à travailler selon les règles constitutionnelles et pour réaliser les intérêts suprêmes palestiniens dont surtout l’unité entre la Cisjordanie et la bande de Gaza.

La forme du dialogue

CPI : Quelle sera la forme du dialogue et ses résultats ?

Ismaël Haniyeh : Nous sommes pour un dialogue national sérieux, honnête et approfondi, un chemin vers les principes et les droits palestiniens qui préservera pour notre peuple palestinien sa dignité et ses victimes. Il faut restaurer l’OLP sur de nouvelles bases, démocratiques. Il faut un gouvernement national, loin de toutes pressions et conditions étrangères. Il faut reconstruire les services de sécurité, loin de toute coopération avec l’occupation israélienne. Il faut assurer au peuple palestinien son droit de résistance.

Réconciliation

CPI : Quelques-uns refusaient le dialogue, catégoriquement. Ce sont eux qui maintenant l’exigent. Quelle en serait l’explication selon vous ?

Ismaël Haniyeh : Nous ne voulons pas parler des raisons des autres. Après la ténacité historique de notre peuple, de notre gouvernement et de notre mouvement dans la bande de Gaza, la priorité pour nous est actuellement de réaliser une réconciliation nationale réelle et exhaustive. Une réconciliation qui rendra aux Palestiniens l’unité afin de pouvoir faire face à l’avenir.

Un dialogue possible

CPI : Le dialogue pourra-t-il donner quelque chose ?

Ismaël Haniyeh : Nous avons beaucoup de choses qui peuvent nous aider à un dialogue attendu par notre peuple : l’accord du Caire, l’accord d’entente nationale, l’accord de la Mecque…

Et pour un climat propice, des décisions doivent être prises : fermer le dossier de l’arrestation politique, cesser les campagnes sécuritaires, rouvrir les établissements…

Joie et doute

CPI : Les derniers jours ont connu de telles décisions, sans pour autant qu’elles soient appliquées, alors qu’en est-il ?

Ismaël Haniyeh : Notre cabinet a reçu avec beaucoup de satisfaction les accords de principes conclus entre les deux mouvements… Malheureusement, les nouvelles venant du terrain ne reflètent rien de bon, même en ce qui concerne la torture.

Et Gaza ?

CPI : On dit qu’à Gaza, la situation est identique. Est-ce vrai ?

Ismaël Haniyeh : Chez nous également, il y a des erreurs. Personne n’est parfait. Cependant, nous essayons de tout revoir pour établir de nouvelles règles…

Nous savons que le chemin du dialogue est difficile. Le dialogue fait cependant partie des intérêts nationaux supérieurs. Il faut le réussir, loin de tout intérêt partisan.

Les priorités

CPI : Après la dernière guerre israélienne menée contre Gaza, que seront les priorités ?

Ismaël Haniyeh : La formidable relation établie entre la résistance et le peuple était l’une des factures de la victoire dans la bataille « Al-Forqane ». L’agression israélienne n’a pas réussi à semer la zizanie entre le peuple, le gouvernement et la résistance. Nous essayons, plus que jamais, de nous rapprocher du peuple. Nos priorités sont désormais les suivantes :

1- Secourir d’urgence les victimes de la guerre, les familles des martyrs, les blessés, les ouvriers…

2- Mettre tous les efforts pour lever le blocus et ouvrir les points de passage…

3- Reconstruire Gaza. Une commission parlementaire comportant des personnalités indépendantes doit superviser le projet de reconstruction, loin de toute politique. Il est urgent de soigner les blessures.

« Partenaires dans la résistance, partenaires dans la reconstruction » est notre slogan. Nous ne sommes pas pressés de recevoir de l’argent, mais de commencer à mettre fin aux souffrances de nos familles.

L’accalmie et l’échange de captifs

CPI : Et pour ce qui est de la trêve et de l’échange de captifs ?

Ismaël Haniyeh : Nous allons où va l’intérêt de notre peuple palestinien. L’accalmie a été accomplie dans ce dessein, à plusieurs reprises. Et après l’agression israélienne, nous allons dans la même direction, pour protéger notre peuple, ouvrir les points de passage, mettre fin au blocus. On était sur le point d’accomplir une trêve, sauf qu’au dernier moment, les Israéliens se sont retirés et ont mis le dossier du soldat Chalit avec l’affaire de l’accalmie.

Le retrait israélien

CPI : A votre avis, pourquoi l’occupation israélienne s’est retirée de l’accord d’accalmie ?

Ismaël Haniyeh : L’occupant israélien essaie d’accomplir la trêve selon ses désirs, inacceptables par notre peuple palestinien.

Notre peuple veut arriver à un échange de prisonniers, mais les Israéliens ne cessent de mettre des bâtons dans les roues.

Les relations avec l’Egypte

CPI : Certains essaient de laisser comprendre que le Hamas représente un danger pour la sécurité nationale égyptienne ?

Ismaël Haniyeh : Notre relation entre le peuple palestinien et l’Egypte est une relation stratégique…

Nous confirmons que le Hamas réagit de façon à protéger la sécurité nationale égyptienne et ne fait aucune ingérence dans l’affaire interne égyptienne. Les points de vue différents en ce qui concerne le conflit avec l’occupation israélienne ne pourront entamer nos relations basées sur le respect mutuel.

Une nouvelle émigration

CPI : On parle d’une émigration vers le Sinaï ?

Ismaël Haniyeh : Notre peuple est enraciné sur sa terre. Il ne la quitte pas, ni pour la Sinaï ni pour ailleurs. Même ceux qui étaient à l’extérieur de la Bande, pendant la guerre, sont revenus.

Le point de passage de Rafah

CPI : Et pour ce qui est de votre demande permanente d’ouvrir le point de passage de Rafah ?

Ismaël Haniyeh : Nous croyons que les frères d’Egypte sont capables de prendre des décisions afin d’ouvrir le point de passage de Rafah, non seulement pour des buts humanitaires, mais également politiques.

Et il nous faut un gouvernement d’unité nationale pour qu’il y ait un contrôle total du point de passage.

Les visites de Gaza

CPI : Comment voyez-vous les visites effectuées dans la bande de Gaza ?

Ismaël Haniyeh : Nous saluons tout un chacun qui est venu rendre visite à la bande de Gaza, pendant l’agression ou après. Nous regardons avec satisfaction les visites de parlementaires et de ceux qui y viennent pour collecter des informations concernant les crimes de guerres israéliens.

Néanmoins, la population aime beaucoup voir des résultats concrets de ces visites : reconstruction, ouverture de points de passage, jugements de criminels de guerre…

CPI : Certaines délégations n’ont pas traité avec le Hamas ?

Ismaël Haniyeh : Malgré cela, ces visites représentent en elles-mêmes un changement de leur politique, probablement qu’un nouvel équilibre politique est à l’horizon.

La bataille « Al-Forqane »

CPI : Comment était le mouvement arabo-islamique pendant la bataille « Al-Forqane » ?

Ismaël Haniyeh : C’était un élan populaire sans précédent que le monde a connu. Cet élan de solidarité avec la cause palestinienne l’a remis à sa juste place…

Nous espérons que cet élan continue, surtout que le blocus, les menaces de l’ennemi, le danger qui menace la ville d’Al-Quds sont toujours là. Nous appelons à organiser le travail populaire de manière stratégique pour qu’il puisse profiter à la victoire de Gaza.

Les élections israéliennes

CPI : La droite israélienne extrémiste a gagné, où va l’Entité sioniste ?

Ismaël Haniyeh : Les résultats des dernières élections ne faciliteront pas la chose dans l’Etat d’occupation. La décision politique connaîtra plus d’incertitude. Les élections anticipées n’ont non seulement pas résolu la crise politique, mais y ont de plus ajouté de nouvelles complications.

Et ceux qui avaient mené la guerre contre la bande de Gaza pour des raisons électorales ont connu un échec cuisant. C’est un signe que la résistance de notre peuple et son attachement à ses droits coûteront beaucoup aux chefs de l’occupation israélienne.

Plus d’un expriment leur peur de la droite israélienne, mais nous ne faisons que répéter la parabole d’Allah (le Tout Puissant) :

{C'est le Diable qui vous fait peur de ses alliés. N'ayez donc pas peur d'eux. Mais ayez peur de Moi, si vous êtes croyants} (Le Saint Coran, Sourate 3, verset 173)



Mercredi 04 Mars 2009

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Jeudi 26 février 2009
AbdelFattah Abu Srour, directeur du centre culturel Al-Rowwad, dans le camp de réfugiés d’Aïda, s’adresse au président de l’Autorité palestinienne en ces termes /

Cher M. le Président de l’Autorité Palestinienne

Je m’appelle Abdelfattah Abdelkarim Hasan Ibrahim Mohamad Ahmad Mostafa Ibrahim Srour Abusrour. Je suis né au camp de réfugié d’Aida, sur un terrain loué pour 99 ans par l’UNRWA des propriétaires Palestiniens de la ville de Bethléem. Mes deux frères ainés, mon père ainsi que son père et tous ceux qui sont nés avant eux, sont nés dans le village de Beit Nateef, un des villages détruits le 21 Octobre 1948 par les bandits sionistes. Ma mère est née dans le village de Zakareyya, aussi détruit en 1948. Ce sont deux villages parmi les 534 villages détruits par les bandits Sionistes.

J’ai grandi dans le camp de réfugié d’Aida. Lorsque j’avais 4 ans, je me souviens que la plupart des habitants de camp se cachaient dans le cave derrière notre maison. Je me souviens des vieux parlant de la guerre. Je me rappelle que le ciel était incrusté d’avions, et que nous les enfants, nous étions couverts par des couvertures noires, dans les soins de nos mères.

Je me souviens le premier couvre-feu après l’occupation Israélienne dans le camp Aida en 1968. Je me souviens de premier soldat israélien, qui était un vieux Juif Irakien d’environ 60 ans, qui était positionné juste devant la porte de notre maison. Je me souviens de jour où mon deuxième frère était invité pour un entrevu chez l’administration de l’occupation militaire en 1972. Il n’est jamais revenu à la maison. Je me souviens de son exile après six mois en prison, sans confession et sans jugement.

Je me rappelle les premiers points collectifs de distribution d’eau dans le camp. Il y avait quatre points avec quatre robinets chacun pour toute la population de camp. Je me souviens aussi de premiers WC collectifs. Il y avait aussi quatre points, chaque point est composé d’un WC male et un femelle. Je me souviens de terrains autour de camp, où nous avions l’habitude de jouer, de présenter nos petits spectacle de théâtre dans la nature. Je me souviens des grands trous dans la terre ; lorsqu’ils se replissaient d’eau, ils devenaient nos piscines.

Je me souviens de la première colonie Israélienne autour de camp, la colonie Gilo… Les grues y travaillent toujours depuis les débuts des années 70.Je me souviens des religieux Juifs venant à la Mosquée de Bilal Ibn Rabah, qui était transformé en Synagogue après l’occupation de 1967, et rebaptisé le Tombeau de Rachel pour faire leurs prières. Nous nous étions plus permit de laver nos morts et faire une dernière prière sur eux avant de les enterrer, dans la cimetière juste à côté.

Je me souviens de premiers points de contrôle militaire israéliens entre Bethléem et Alquds-Jérusalem. Je me souviens des premiers permis exigés par les Israéliens, et toutes les routes alternatives et les chemins pour contourner les points militaires pour ceux qui n’avaient pas de permis.

Je me souviens de l’évolution de mur de séparation de l’état où il n’était qu’un amas de terre et d’énormes trous dans les routes et les rues, et puis en barbelé, et ensuite en block de ciment de 2 mètres, et 4 mètres et 8 à 12 mètres d’hauteur. Je me souviens de tous les temps où j’ai été capturé par les soldats Israéliens sur le chemin vers ma famille à Jérusalem- mon épouse est de Jérusalem Est. Je me souviens de 6 ans sans permis om j’ai pris tous les chemins connus ou inconnus de Bethléem à Alquds, que ce soit par l’Est ou par l’Ouest, par les routes principales, ou par les vallées ou les collines.

Je me souviens de cet espace qui s’est rétrécit dans le camp, et que cette population croissante d’environs 5000 habitants originaires de 41 villages détruits par les bandits sionistes, où 66 pourcent on moins de 18 ans, où la rue est le seul espace de jeu. Des murs ont été construits encerclant le camp de l’Est, du Nord et de l’Ouest.

Je me souviens de cet accord de Jéricho, où le check point à la sortie de Jéricho ne devrait être que symbolique, et où on passe des heures pour sortir de Jéricho parce que c’est la volonté de n’importe quel petit soldat d’une armée d’occupation Et nous négocions maintenant un passage vers la vielle ville de Jérusalem, sous contrôle de cette même armée d’occupation Israélienne.

Je me souviens qui nous étions nourri l’amour de ce pays occupé, parce qu’il est le nôtre. Je me souviens des clés rouillées des nos maisons dans notre village de Beit Nateef, des clés pour des portes qui n’existent plus, des clés qui ont leurs portes dans nos cœurs et dans notre imagination…. Des clés pour des portes qui étaient réelles et qui ont existées, pour des maisons réelles et qui avaient existées, où des vrais gens ont vécus et ont élevés leurs enfants. Ces clés rouillées sont encore avec moi. Je me souviens qui nous étions élevés avec cette croyance éternelle que le droit est le droit, et que rien ne justifie de l’ignorer. Je me souviens que notre droit au retour dans nos maisons et nos villages d’origine est un droit eternel, et rien ne puis le changer, ni ce qu’on appelle « les réalités sur le terrain », ni les accords politiques, parce que ce n’est pas seulement un droit collectif mais un droit individuel…. C’est de mon droit M. le Président, et le droit de mes enfants et mes grands enfants et tous ceux qui suivrons peu importe où ils seront nés.

Cher M. le Président

Je me rappelle le décès de ma mère, le 9 Septembre 2003. Elle avait 75 ans. Je me rappelle la mort de mon père le 26 Décembre 2006. Il avait 96 ans. Ma mère et mon père espéraient être enterrés dans leur village de Beit Nateef, là où ils se sont mariés, là où ils ont élevés quelques uns des leurs enfants, là où ils ont irrigués leur terre de sueur, de sangs et de larmes, là où ils ont rempli la terre de joie, de bonheur, de rires et de chuchotements.

Mes parents sont enterrés dans le cimetière du camp Aida. Le tombeau de ma mère est juste sous le tour de sniper militaire, entourés de barbelés. Le tombeau de ma mère ne m’est pas accessible. Je ne peux même pas la rendre visite un jour de fête ou un autre jours pour lui réciter un surate de Coran.

Cher M. le Président

J’ai été rempli d’espoir qu’après 60 ans d’occupation, qu’après 60 ans de résistance armée et non-armée, que nous pourrions réaliser quelque chose autre que les promesses futiles. J’ai été plein d’espoir que nous ne rendrons jamais nos droits, que nos droits sont reconnus par le monde entier, même si le monde entier reste complice avec l’injustice. J’ai été rempli d’espoir que rien ne justifie que nous renonçons à nos droits, malgré toutes « les réalités sur le terrain » comme ils le disent. Autrement, quel héritage nous laissons à nos enfants et les générations à venir. Faut-ils leur dire : Allez et laissez-vous emporter par le vent… Ne résistez jamais l’oppression, et ne levez vous pas devant l’injustice. L’importance de rester vivant, même si cette vie n’est qu’une vie d’humiliation et non reconnaissance d’appartenance à la race humaine.

Où est-ce que vous nous amener M. le Président ? A quel désert vous nous guidez ? A quelle catastrophe ? Comment osez-vous décider combien de réfugiés puissent ou ne puissent pas retourner chez eux ? Qui vous a donné la permission de parler en mon nom, et au nom de mes enfants ? Qui vous a demandé de déclarer les soldes sur nos droits ? Quel est le prix de telles soldes sur les droits de gens et leurs sacrifices pendant 60 ans ?

Là où les résolutions des Nations Unies parlent de DROIT AU RETOUR ET DROIT à la Compensation pour toutes les souffrances dans l’exile et dans les camps de refuge, pour toutes ces exploitations de nos terres et nos propriétés, pour toutes ces années d’humiliation et de torture qui s’empirent chaque jour, vous osez dire que pas tout le monde veut retourner dans leur village d’origine ? Même si c’était le cas, cela ne leur enlève aucunement leurs droits dans leurs maisons et leurs terres d’origines, qu’ils veulent retourner ou pas. S’ils veulent vendre aux autres, c’est leur choix, mais il n’est aucunement le droit de quiconque d’autre de décider qui veut et qui ne veut pas retourner. Ce n’est pas votre droit, et le droit de quiconque d’autre de dire « ceux qui ne veulent pas retourner, il faudrait les compenser ». Chaque refugié et fils de refugiés et grand fils ou fille de refugié a droit à la compensation pour ces 60 ans de Nakba, ceux qui ont quitté ou qui ont été forcé de quitter… ceux qui étaient propriétaires des terres, qui avaient leur champs d’orangeries et des arbres fruitiers. Oui, les oranges de Jaffa existaient avant Israël, et conduirons à exister après Israël, si Israël ne fini pas par les détruire aussi comme les oliviers millénaires qu’il a détruit.

Vous n’avez pas été élu M. le Président pour renoncer à nos droits … ou pour abandonner nos espoirs et nos rêves et les droits de notre people qui est encore dans les camps de refuge, vivant sur des terrains loués, des réfugiés dans notre propre pays ou ailleurs, et qui attendent toujours ce retour dans les maisons d’origine pour 60 déjà.

Jour après jour, semaine après semaine, mois après mois et année après année nous vivons dans le mensonge, et des promesses brisées d’un changement…. Mais le changement arrive mais pour le pire et non pas pour le mieux. Rien ne s’améliore avec toutes ces négociations M. le Président ? Faut-il que nous nous déshabillons et montrer notre nudité pour qu’Israël et ses leaders et ses forces d’occupation soient satisfaits que n’avons plus rien à cacher ?

Hier, des Israéliens ont distribué des papiers à Jérusalem Est utilisant le Coran Sacré et leur Torah disant qu’ils ne font qu’accomplir la promesse de Dieu pour peupler Israël et chasser tous ceux qui ne sont pas Juifs. Et il faudrait que nous comprenions ce qu’ils demandent et leurs aider, en quittant notre pays parce qu’il y a tellement d’autres pays arabes pour nous accueillir ? Après cela nous pouvons vivre en paix, et nos enfants peuvent être heureux avec leurs enfants, et tout sera merveilleux. Est-ce la prochaine étape M. le Président ? Est-ce parce que les colonies sur le terrain s’étendent tellement, et que nous ne pouvons pas forcer notre présence en Israël, alors il faut que nous soyons gentils pour que le monde entier nous soit sympathique, et faire ce qu’Israël veut que nous fassions ? Et ensuite, nous allons parlé des compromis terribles et des solutions difficiles, et donc c’est à nous d’être les plus gentils et offrir le plus de compromis, et pardonner, et oublier, et abandonner nos droits, et quitter le pays ou mourir, et comme cela tout sera résolu ?

M. le Président,

Je ne suis pas prêt pour quitter mon pays. Je ne le quitterai jamais de plein gré, même si c’était le seul moyen pour gagner ma vie. Je ne renoncerais jamais à mon droit de retour dans mon village d’origine, même si j’ai un forteresse au Royaume Unit, et un château en France, et un chalet à la mer rouge, et une propriété au Bahamas. Mon droit est le mien, et donc ni vous ni aucune autre personne n’a le droit d’effacer mon droit, de l’échanger ou de jouer avec.

Nous avions l’habitude d’entendre parler des lignes rouges qu’aucun négociateur ne franchira. Que reste-t-il de ces lignes rouges M. le Président ? Nous entendions parler de la ligne verte… qui est devenue la ligne grise du mur de séparation. Les lignes rouges sont devenues des lignes roses et sont tellement diluées dans le blanc qu’elles sont devenues invisibles. Est-ce ce qui nous reste de notre résistance historique, et de tout le sang des martyrs et des années d’emprisonnement ?

J’espère sincèrement que vous quittez de votre tour d’ignorance des besoins de votre peuple et que vous descendez un peu sur le terrain et regardez les yeux de ceux qui ont encore la passion pour ce pays malgré ces désastres dans lesquelles nous sommes plongées au milieu de ces négociations futiles et non productives, pendant que le sang Palestinien est versé tous les jours par ceux avec qui vous négociez. N’avons-nous plus de honte pour arrêter ce cirque de continuer ?

J’aurais beaucoup aimé M. le Président qu’une telle énergie de négocier avec les israéliens soit investie pour unir les Palestiniens qui sont encore en dispute, et à cause d’un tel entêtement de nos leaders politiques, ce n’est point vous les leaders qui souffrez, mais votre peuple. Sommes-nous tellement sans valeur que nous ne méritions point votre temps et votre énergie pour arrêter cette mascarade et unir votre peuple au lieu de chercher toujours ce qui divise ces âmes torturés ? Ne suffit-il pas que nous sommes considérés comme un cas humanitaire tout simplement, qui ne vaut pas plus qu’un sac de farine ou une bouteille d’huile ou un médicament périmé ? Ne suffit-il pas que toute une population soit transformé en mendiants et soit mise dans la pauvreté, dépendant de la charité au lie de l’aider à produire en gardant leur dignité intacte ? Ne suffit-il pas l’humiliation de l’occupation que nous soyons forcés à subir toutes ces humiliations à venir ?

Je suis entièrement croyant dans la paix et le non-violence. Je suis entièrement croyant dans l’espoir, le droit et la justice. Je suis entièrement croyant dans les valeurs qui font de l’humanité ce qu’elle est. Je n’ai jamais appris à haïr. Je n’ai jamais haï personne. Mes parents étaient une source d’amour et de paix. Ils ne m’ont jamais appris à moi et à mes frères quelque chose d’autre que le respect des autres et un amour infini à donner et à aider les autres. Ils nous ont appris que lorsqu’on pratique la violence, on perd un parti de son humanité. Mais en même temps, ils nous ont appris à défendre le droit et ce qui est juste et de s’élever contre tout ce qui injuste, faux et mal. Alors M. le Président, j’ose vous dire que vous n’avez aucun droit, même en étant le Président d’une autorité qui n’a aucune autorité sur quoi que ce soit- à l’exception probablement de nous- mais qui ne peut nous protéger ou même se protéger contre n’importe quel petit soldat ou soldate israélien, pour renoncer à nos droits, les droits de deux tiers de votre peuple pour retourner avec dignité dans leurs villages et terres et propriétés détruits, et qu’ils soient compensés pour toutes leurs souffrances et leur exile, et l’exploitation par les sionistes de leurs champs et terres, et le vol de leurs propriétés et comptes dans les banques anglaises ou autres.

M. le Président

Je ne sais pas si vous allez lire ces mots ou pas. Je ne sais pas si je vais rester en vie lorsque vous les lisez ou pas… Mais en tous les cas, j’espère que ces mots qui viennent de cœur vont dans votre cœur M. le Président, et que vous puissiez trouver l’espoir et la force que notre peuple garde encore en lui. Nous ne renonçons pas à nos droits. La paix peut être construite seulement avec la Justice. La paix réelle peut être bâtie avec une justice réelle…. Toute autre chose n’est qu’une plaisanterie dans la face de l’histoire.

Je m’appelle Abdelfattah Abdelkarim Hasan Ibrahim Mohamad Ahmad Mostafa Ibrahim Srour Abusrour. Je suis encore refugié dans mon propre pays avec deux clés rouillé à la maison.

AbdelFattah Abusrour, PhD Ashoka Fellow Director of Al-Rowwad Cultural and Theatre Training Center

alrowwadtheatre@gmail.com or aabusrour@gmail.com http://alrowwad.virtualactivism.net http://www.amis-alrowwad.org

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Jeudi 26 février 2009
Trois films qui passent en ce moment, à voir et à conseiller à tous vos amis ! Parfois, vous aurez l’embarras du choix, deux films intéressants étant malheureusement projetés ce même vendredi soir.


- "Nakba Palestine 19 48" de Ryuichi HIROKAWA

Dans le cadre du festival Ciném’Aligre , le film de Ryuichi HIROKAWA sera projeté le vendredi 12 septembre à 20h30.

La séance se tiendra en plein air Place d’Aligre, 75012 Paris et l’entrée est gratuite.

C’est l’histoire véridique d’un jeune japonais qui commence par aller travailler dans un kibboutz israélien, pui commence à découvrir l’existence des Palestiniens ... et à s’interroger.

* * *

- "Souha Bechara, survivre à l’enfer" de Randa Chahal

En hommage à la réalisatrice libanaise, Randa Chahal, décédée le 25 août denrier, projection vendredi 12 septembre à 21h au Cinéma les 3 Luxembourg, 67 rue Monsieur le Prince. 75006 Paris - Métro : Odéon / RER B : Luxembourg. PAF : 5 EUR.

La projection sera suivie d’une discussion avec Souha Bechara.

Inscription requise sur http://app.expressemailmarketing.com/get.link ?linkid=908222&subscriberid=52675672&campaignid=265260&linkurl=http://www.pourquelelibanvive.com/

Originaire du Sud-Liban qu’elle a toujours connu sous occupation israélienne, Souha Bechara tente d’assassiner le général Lahad, chef de l’Armée du Liban-Sud, milice supplétive d’Israël. Elle est emprisonnée et torturée. Elle a 21 ans et passera dix ans au camp de Khiam, dont six en isolement total, avant qu’elle ne soit libérée en 1998, à l’issue d’une campagne internationale menée en sa faveur.

Le 24 mai 2000, après 23 années d’occupation, Israël se retire du Sud-Liban. Le camp de Khiam est pris d’assaut par la foule. Le film retrace le retour de Souha dans son village de Deir Mimas, au camp de Khiam à l’endroit même où elle a tenté d’assassiner le général Lahd.

(Durée : 57mn)

Née à Tripoli en 1953, Randa Chahal Sabbag est décédée des suites d’un cancer le 25 août 2008 à Paris. Après des études de cinéma à l’Ecole Nationale Louis Lumière à Paris, elle réalise, "Liban d’autrefois", un premier court-métrage qui lui vaut le prix du Jury au festival de Carthage. En 1991, son premier long-métrage "Ecrans de Sables" est présenté dans de nombreux festivals (sélection officielle du festival de Venise 1991) et reçoit le Prix de la mise en scène au Festival de Valence. En 1997, elle réalise pour la chaîne Arte "Les Infidèles", sélectionné en compétition officielle au Festival de Locarno. "Civilisées" est sélectionné au Festival de Venise en 1999. En 2003, elle reçoit le Lion d’argent à la Mostra de Venise pour son film "Le cerf-volant".

Randa Chahal est également l’auteur de plusieurs documentaires : "Pas à Pas" (1978), consacré à la guerre civile au Liban, "Cheikh Imam" (1984), sur un chanteur égyptien, "Nos guerres imprudentes" (1995) et "Souha, survivre à l’enfer" (2000).

* * *

- "Sel de la mer" : d’Annemarie Jacir

Un excellent de film que beaucoup d’entre nous ont vu et apprécié ces jours-ci. Il entame aujourd’hui sa deuxième semaine dans de nombreuses salles en france. Il faut absolument aller le voir pendant qu’il est temps et pour que l’affluence lui permette de rester le plus longtemps possible à l’affiche.

Primé au dernier festival de Cannes, ce film raconte l’histoire de Soraya, née et élevée à Brooklyn, qui décide de rentrer s’installer en Palestine, le pays d’où sa famille s’est exilée en 1948. Sa route va croiser celle d’Emad, un jeune palestinien qui, au contraire, ne souhaite qu’une chose, partir pour toujours. Leur aventure, leurs réflexions, les humiliations, le rire et les larmes.

Avec : Suheir Hammad, Saleh Bakri, Riyad Ideis. JBA Production. (Dany GLOVER, est co-producteur).

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Jeudi 26 février 2009
Primé au dernier festival de Cannes, ce film de Annemarie Jacir sort la semaine prochaine dans 41 salles en France. Si nous souhaitons qu’il reste longtemps à l’affiche, c’est dès le 3 septembre qu’il faut aller le voir !

Soraya, née et élevée à Brooklyn, décide de rentrer s’installer en Palestine, le pays d’où sa famille s’est exilée en 1948.

Dès son arrivée à Ramallah, Soraya cherche à récupérer l’argent de ses grands-parents gelé sur un compte à Jaffa mais elle se heurte au refus de la banque. Sa route croise alors celle d’Emad, un jeune palestinien qui, au contraire d’elle, ne souhaite qu’une chose, partir pour toujours.

Pour échapper aux contraintes liées à la situation du pays mais aussi pour gagner leur liberté, Soraya et Emad devront prendre leur destin en main quitte à transgresser les lois. Dans cette course à la vie, ils nous emmèneront sur les traces de leur Histoire en Palestine perdue.

Avec : Suheir Hammad, Saleh Bakri, Riyad Ideis

Scénario : Annemarie Jacir

Réalisation : Annemarie Jacir

JBA Production

A noter que le célèbre Dany GLOVER, est co-producteur de ce film.

Récompenses  : http://www.festival-cannes.fr/en/article/56057.html • Sopadin Finalist, Grand Prix Best Screenplay • Special Jury Prize, Osians Asian & Arab Film Festival • International Critics Award (FIPRESCI Prize) 2008, Osians

Site web : [http://www.philistinefilms.org-

Salles parisiennes qui projetteront "Sel de la Mer" dès la semaine prochaine :

Sept Parnassiens, Lincoln, MK2 Quai de Seine, Racine, Gaumont Opéra Cinéma des Cinéastes

Il de France :

ST OUEN L’AUMONE, MONTREUIL, RIS ORANGIS, VERSAILLES

... Et toutes les grandes villes du pays.

A nous de jouer en faisant passer l’info !

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Par noesam
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Jeudi 26 février 2009
Accord au Caire en vue d’un gouvernement palestinien d’entente nationale jeudi 26 février 2009, par La Rédaction
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Les factions palestiniennes, dont le Fatah et le Hamas, sont convenues jeudi au Caire d’enterrer la hache de guerre pour négocier le mois prochain la création d’un gouvernement d’entente nationale. S’engageant à tout faire pour mettre fin à deux ans de divisions, parfois fratricides, ces factions ont annoncé dans un communiqué s’être fixé comme objectif la formation d’un tel gouvernement avant la fin mars. "Cinq commissions ont été mises en place pour se charger de la formation d’un gouvernement d’entente nationale, la refonte des services de sécurité, de la réorganisation de l’OLP, et de préparer les élections présidentielle et législatives dans les délais prévus par la loi", selon le texte. "Le travail des commissions commencera le 10 mars et devra s’achever avant fin mars", souligne le texte, lu par Ahmad Qorei, chef de la délégation du mouvement Fatah. C’est un "jour historique", a dit le négociateur du mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas, lors d’une conférence de presse, ajoutant qu’avec "le début du dialogue, une page douloureuse est tournée". Moussa Abou Marzouk, numéro deux du bureau politique du Hamas, en exil à Damas, a aussi célébré "une journée historique", évoquant une "page blanche" a écrire pour le dialogue interpalestinien. Pour M. Marzouk, la création d’un gouvernement d’entente "suivra immédiatement" les conclusions de la commission en charge d’étudier sa mise en oeuvre, c’est à dire fin mars. "L’entente sera immédiatement appliquée, un gouvernement sera immédiatement formé et il prendra immédiatement et totalement ses fonctions en Cisjordanie et à Gaza", a-t-il dit, à l’unisson d’autres responsables palestiniens. Plus d’une trentaine de responsables palestiniens, dont des chefs du Fatah et du mouvement islamiste Hamas, maître de Gaza, s’étaient réunis pendant sept heures au siège des renseignements égyptiens à Héliopolis, près du Caire. Cette réunion s’est tenue alors que la communauté internationale doit s’engager lundi en Egypte à apporter une aide massive à la reconstruction de Gaza. La réunion du Caire a été "très importante", a affirmé Jamil al-Majdalawi, un chef du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), soulignant que "les discussions devaient aboutir pour que voit le jour un gouvernement d’entente nationale avant la fin mars". C’est l’Egypte qui, après avoir essuyé un échec en novembre dernier, avait relancé ce processus de dialogue dès la fin de la meurtrière guerre de Gaza menée par Israël (27 décembre - 18 janvier) contre le Hamas. "Il a été convenu de mettre fin aux divisions, reconstruire les institutions, commençant par l’OLP et l’Autorité palestinienne, sur des bases démocratiques", affirme le texte. Le Hamas et le Fatah sont en conflit ouvert depuis que le mouvement islamiste, qui avait remporté les législatives de 2006, a délogé de Gaza par la force les fidèles du Fatah en juin 2007. Ils étaient convenus mercredi, lors d’une réunion bilatérale préparatoire, de libérer progressivement des prisonniers faits de part et d’autre en Cisjordanie ou dans la bande de Gaza. Les factions palestiniennes "ont convenu de procéder dans l’immédiat à la libération de tous les détenus et de cesser les détentions à caractère politique", a déclaré à l’AFP Mohamad al-Hindi, numéro deux du Jihad islamique ( Jeudi, 26 février 2009 - Avec les agences de presse ) Pétition Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
http://www.aloufok.net/spip.php?article2


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http://www.aloufok.net/spip.php?article224
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Dimanche 15 février 2009

dimanche 15 février 2009 - 07h:31

Ramzy Baroud

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L’appel de Mashaal à une refonte de l’OLP a soulevé dans la vieille garde du Fatah plus de réprobation que les crimes commis par Israël dans Gaza... explique Ramzy Baroud.
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Dirigeants de la résistance palestinienne, lors d’une récente réunion à Damas. Khaled Mashaal du Hamas est à droite sur la photo à côté d’Ahmed Jibril du PFLP.

Lorsque le 28 janvier Khaled Mashaal, le responsable a avoué devant une foule enthousiaste à Doha, au Qatar, le besoin d’une nouvelle direction, ses mots ont provoqué la panique parmi des dirigeants de l’autorité palestinienne (AP) basée en Cisjordanie aussi bien que parmi les élites palestiniennes traditionnelles basées dans diverses capitales arabes.

La réaction à l’appel de Mashaal montrait plus de colère que la plupart des communiqués publiés par l’autorité palestinienne et ses affidés durant l’assaut israélien de 23 jours contre la bande de Gaza qui a tué et blessé des milliers de Gazans innocents.

Mashaal, qui s’exprimait triomphalement au Qatar a défendu l’idée que l’AP « dans son état actuel n’est en rien une autorité. » « Elle exprime impuissance, et abus et [elle est un] outil pour approfondir les divisions, » at-il insisté. Il a réclamé la création d’une nouvelle représentation qui inclurait tous les Palestiniens.

Mashaal est resté ambigu intentionnellement concernant la nature de cette nouvelle structure, peut-être pour étudier les réactions à son appel avant d’avancer un projet concret.

Comme on pouvait s’y attendre, la vieille garde qui était en grande partie restée silencieuse pendant l’assaut contre Gaza, a réagi avec colère à ce qu’ils ont interprété comme une tentative du Hamas de déconsidérer l’OLP [Organisation de Libération de la Palestine], qui pour eux représente un enjeu de pouvoir et de statut personnels. Mais il y a eu quelques éléments éloignés de l’appareil de la vieille garde de l’AP qui a rejeté toute idée d’une alternative à l’OLP en raison de ce que l’organisation a longtemps représenté, c’est-à-dire une plate-forme qui a guidé et sauvegardé les revendications nationales palestiniennes pendant de nombreuses années.

Mais pourquoi une alternative à l’OLP, et pourquoi une telle fureur suite à un appel pour une nouvelle structure de direction ?

Les deux principales organisations palestiniennes, le Hamas et Fatah ont accepté au Caire en 2005 de réformer l’OLP, de façon à permettre au Hamas et à d’autres organisations, qui militent en dehors de ses structures politiques, de s’y joindre. Mais l’accord n’a été jamais activé. Chaque côté a accusé l’autre de retarder cette réforme tellement nécessaire. Puis le désaccord est apparu politique et organisationnel, plutôt que sur le fond et les questions de base.

Mais la guerre israélienne contre Gaza a créé une réalité politique qui n’est pas être considérée comme une question de factions. En effet les effets de la période qui suit la guerre contre Gaza peuvent être ressentis dans l’ensemble du Moyen-Orient, et même au-delà, et il faudra un certain temps avant que ne soit estimé le plein impact politique et non-politique de la guerre. Cependant, en ce qui concerne la politique intérieure palestinienne, la guerre contre Gaza a distinctement mis en évidence deux différents groupes, un qui est de plus en plus désigné sous le nom de « organisations de la résistance » (le mouvement Hamas, le Jihad islamique et d’autres groupes socialistes et nationalistes) et l’autre de groupe d’Oslo (principalement le Fatah, mais avec quelques autres groupes moins connus), nommé ainsi parce qu’il a intégré la culture du « processus de paix » d’Oslo dans la société palestinienne. Le Fatah domine l’OLP, qui inclut également des groupes qui sont solidaires du Hamas dans Gaza et à Damas.

Après la signature des accords d’Oslo en septembre 2003, l’AP, avec une juridiction limitée, si tant est qu’elle en ait eue, a été mise en place aux dépens de l’OLP qui était considérée par le passé comme l’organisation représentant les Palestiniens où qu’ils soient. Cette dernière autorité [l’OLP], dont le statut international et la pertinence politique ont disparu avec le temps, s’est transformé en une institution qui ne fait que représenter ses membres ou au mieux une faction spécifique, le Fatah. L’OLP refait surface de temps à autre pour servir de tampon en caoutchouc aux politiques adoptées par l’AP, et a depuis longtemps cessé de représenter tous les Palestiniens ou de jouer un quelconque rôle politique important face aux réalités politiques en Palestine occupée ou n’importe où ailleurs.

L’état d’apathie de l’OLP est un phénomène relativement récent. L’OLP a été créée en 1964 à la demande de Jamal Abdul-Nasser, le président égyptien. Elle jouait alors un rôle d’appoint, mais elle s’est ensuite développé indépendamment de l’Egypte mais pas totalement de la politique arabe ou de l’hégémonie de dirigeants et d’organisations spécifiques. Néanmoins l’OLP a joué un rôle important au cours des années car elle intégrait diverses institutions palestiniennes tels que le Conseil National de la Palestine (CNP), l’Armée de Libération de la Palestine (ALP), les fonds nationaux de la Palestine (PNF) et d’autres.

Mais Oslo a exigé un nouvel accord politique qui supposait qu’un corps non-démocratique représente les Palestiniens, pour des raisons évidentes. Ainsi, l’OLP s’est trouvée presque entièrement marginalisée. Les Palestiniens dans la Diaspora, en particulier ceux qui languissent dans des camps de réfugié au Liban, en Jordanie et ailleurs, se sont sentis trahis parce que l’AP ne les a en rien représentés et l’OLP n’était plus cette organisation formidable qui agissait de tant de manières si efficaces.

L’OLP a cependant continué à exister dans les esprits de quelques-uns comme le symbole d’un organisme d’unification qui exprimait les aspirations politiques d’une nation. Pour d’autres, c’était un outil utile que l’on convoque pour approuver le programme politique de l’AP lorsque c’est nécessaire. Par exemple, sous la pression des Etats-unis et d’Arafat, les membres du PNC se sont réunis pour annuler les clauses de la constitution palestinienne qui niaient le « droit d’exister » d’Israël, puis à nouveau en 1998 sous la pression israélienne et en présence de l’ancien Président des États-Unis Bill Clinton ils ont été sommés à nouveau de confirmer ce droit d’Israël à exister.

Le PNC n’a plus jamais été convoqué depuis.

L’émergence du Hamas comme puissance politique en 2006 a été perçue comme une grande menace pour la vieille garde, parce que la prise en compte du Hamas risquait de rendre caduques toutes les « réalisations » mises en avant par l’AP depuis Oslo. D’où le retard à mettre en application l’accord du Caire.

La guerre contre Gaza qui était censée écraser le Hamas a plutôt encouragé et fait monter en puissance le mouvement et ses partisans, lesquels insistent maintenant sur le fait que n’importe quelle unité nationale devra s’adapter aux réalités de l’après-Gaza. En d’autres termes, la « résistance » devra être affirmée comme « choix stratégique. » De plus, une OLP remise à niveau sur la base de compromis qui satisferaient les deux camps pourrait également signifier la fin des privilèges et de la domination de la branche de Ramallah sur les affaires palestiniennes. D’où le tohu-bohu déclenché par la déclaration de Mashaal.

Beaucoup de Palestiniens espèrent toujours que l’OLP puisse être réformée sans besoin de plus de division. Mais depuis que ni l’OLP d’aujourd’hui ni l’AP ne sont véritablement des corps indépendants, il faut se demander si l’unité nationale dans les circonstances présentes est finalement quelque chose de réalisable.

(JPG)

* Ramzy Baroud est écrivain et rédacteur en chef de « PalestineChronicle.com ». Ses écrits ont été publiés dans de nombreux journaux, magazines et anthologies dans le monde entier.
Son dernier livre est « The Second Palestinian Intifada : A Chronicle of a People’s Struggle » (Pluto Press, London).

Site Internet : www.ramzybaroud.net

Du même auteur :

-  Pour les Palestiniens, le message d’Obama est limpide - 10 février 2009
-  Briser la volonté de Gaza ? Un fantasme israélien... - 29 janvier 2009
-  Un nouveau Moyen-Orient en effet - 23 janvier 2008
-  Gaza et le reste du monde : mais rien ne changera donc jamais ? - 2 janvier 2009
-  Gaza : un salut qui viendra d’un bulletin d’informations ? - 13 décembre 2008

9 février 2009 - Communiqué par l’auteur
Traduction de l’anglais : Claude Zurbach

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6119

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Rompre l’impasse palestinienne

samedi 14 février 2009 - 06h:55

Arjan El Fassed - The Electronic Intifada

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Des élections au Conseil National Palestinien (CNP) devraient constituer une toute première priorité pour toutes les parties palestiniennes en vue de sortir de l’impasse politique.
(JPG)
Mahmoud Abbas, dont le mandat de président de l’AP expirait le 9 janvier dernier, tente à présent de se cramponner au pouvoir en tant que Secrétaire général et chef de l’OLP - Photo : Thaer Ganaim/MaanImages

Naguère organe central de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), ses vestiges manquent de toute légitimité.

Récemment le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Meshal, a suscité des protestations en déclarant que, dans sa forme actuelle, l’OLP n’est plus un point de référence pour les Palestiniens. Mahmoud Abbas, dont le mandat de Président de l’Autorité Palestinienne basée à Ramallah expirait le 9 janvier dernier, a réagi avec fureur. Ayant lui-même perdu toute légitimité légale et politique, Abbas a déclaré devant une foule, au Caire, « qu’il n’y aurait pas de dialogue avec ceux qui rejettent l’OLP ».

Bien sûr, Meshal ne rejetait pas l‘OLP, mais il a affirmé que l’OLP est devenue « un centre de division pour le foyer palestinien ». S’adressant à Al-Jazeera ce 30 janvier, Osama Hamdan, porte-parole du Hamas, clarifiait : « l’OLP représente un bon cadre pouvant servir à résoudre beaucoup de nos problèmes et querelles ». Hamdan ajoutait que l’institution « est la seule organisation qui soit capable de poursuivre les négociations et de signer des accords politiques avec des factions internes tout autant qu’avec des parties externes ». Fawzi Barhoum, autre porte-parole du Hamas, déclarait à des journalistes que lorsque le Hamas suggérait de créer « une nouvelle représentation », il ne s’agissait pas de créer une alternative à l’OLP. « Nous souhaitons ajouter des factions de l’opposition à l’OLP, factions qui ne sont toujours pas intégrées dans l’institution ».

Mais la réaction même d’Abbas à ce défi de réactivation et de démocratisation de l’OLP a montré pourquoi cette organisation, naguère si représentative symboliquement, a perdu autant de crédibilité. Tentant d’étayer les apparences de la légitimité, Abbas a convoqué les membres non-élus survivants du CNP à une réunion d’urgence à Ramallah. Seules quelques reliques opportunistes sont apparues. Salim Zanoun, président du CNP, a sommé le Hamas de retirer ses déclarations. Salih Rafat, secrétaire-général de Fida, groupuscule pro-Oslo dissident du Front Démocratique pour la Libération de la Palestine, a suggéré que l’OLP tienne des élections “internes” - quoi qu’il ait voulu dire - et s’étende de manière à inclure toutes les parties palestiniennes. En effet, l’accord du Caire de 2005 entre la faction du Fatah d’Abbas, qui a longtemps dominé l’OLP, et les autres groupes, notamment le Hamas, réclamait réformes et démocratisation. Mais pendant quatre ans, le Fatah s’est servi de sa prédominance au sein de l’OLP pour résister farouchement à toute réforme. Ce genre de tactique non démocratique ne date pas d’hier.

Avant que l’OLP n’entame des négociations secrètes avec Israël à Oslo en 1992, l’ancien leadership du Fatah avait refusé de mobiliser les différentes bases dispersées, « pour attirer les meilleurs talents de son peuple » selon les termes de feu Edward Said. Dès 1993, Edward Said écrivait : « Au coeur de la pensée de l’opposition, il y a le besoin désespéré de réforme interne au sein de l’OLP, qui doit savoir maintenant que les bruyants appels à « l’unité nationale » ne peuvent plus désormais servir d’excuse à l’incompétence, à la corruption, à l’autocratie ». Il ajoutait qu’ « une telle opposition ne peut pas, sauf selon une logique grotesque et sournoise, être ramenée à de la trahison ou de la traîtrise » ("The lost liberation," The Guardian, 9 Septembre 1993). Said avait des mots très durs pour Yasser Arafat, le prédécesseur d’Abbas.

« En signant un accord avec Israël afin d’être le collaborateur d’Israël dans l’occupation » écrivait Said, « [Arafat] a laissé l’OLP - institution qui a un jour représenté les aspirations palestiniennes et qui était vue dans tout le tiers-monde comme une organisation de libération particulièrement assiégée mais néanmoins authentique, reconnue par Nelson Mandela lui-même - se flétrir à l’étranger ». (Edward Said, Peace and its discontents (London : Vintage), p.167).

Pendant les récents massacres israéliens à Gaza, les Palestiniens de Cisjordanie qui essayaient de manifester leur solidarité avec leurs frères et sœurs assiégés ont sévèrement été réprimés par les forces de sécurité d’Abbas. L’utilisation scandaleuse de forces de police à des fins de bénéfice politique partisan et pour écraser l’opposition a déclenché colère et ressentiment chez les Palestiniens, tout en démontrant clairement que le Fatah critiqué par Said n’avait fait que changer en pire. Les milices armées d’Abbas sont financées et entraînées par des gouvernements occidentaux, aidées et encouragées par Israël pour jouer le rôle d’exécuteurs autochtones de l’occupation. Alors que la grande majorité des Palestiniens, peu soucieux de scandale, voulaient exprimer leur solidarité avec Gaza, le régime de Ramallah n’était obsédé que par le maintien de bonnes relations avec ses donateurs étrangers, ce qui signifiait : réprimer son propre peuple. Israël tient Abbas pour responsable du maintien de la sécurité en Cisjordanie en vue d’une occupation et d’une colonisation militaire prolongée, réduisant Abbas aux yeux de son peuple à un Buthelezi palestinien (le chef zoulou qui s’allia au gouvernement d’apartheid en Afrique du Sud).

Dans ce processus d’asservissement à Israël, Abbas a perdu toute légitimité et tout soutien parmi les Palestiniens - sauf ceux dont la loyauté a été achetée par des salaires financés par l’Union Européenne. Au lieu de fournir tous les efforts possibles pour une réconciliation nationale et une réforme de l’OLP, Abbas visite Strasbourg, Londres, Paris et Rome et fait des discours aux parlementaires et responsables européens, dont il reçoit davantage de soutien qu’il n’en reçoit à Gaza, Naplouse ou tout autre lieu où habitent des Palestiniens.

Son mandat à la présidence de l’AP ayant expiré, Abbas se sert à présent de son titre de chef de l’OLP comme d’un moyen pour s’accrocher au pouvoir. Mais la seule manière de s’y maintenir est de s’assurer qu’il n’y ait ni démocratie ni responsabilité. Et tandis qu’il bloque toute réforme, il continue de souligner que le mastodonte rouillé qu’est l’OLP qu’il dirige est « l’unique représentant légitime » du peuple palestinien. Il n’y a aucune raison de ne pas tenir d’élections au CNP, sinon le maintien en place d’Abbas et de son entourage. Seule une OLP regagnant sa légitimité grâce à un CNP élu peut représenter tous les Palestiniens - y compris ceux qui vivent en exil et ceux qui sont sous l’occupation en Palestine - et peut formuler et appuyer une stratégie commune de libération.

* Arjan El Fassed est cofondateur de The Electronic Intifada et auteur de ”Niet iedereen kan stenen gooien” [« Tout le monde ne peut pas lancer des pierres »] (éditions Uitgeverij Nieuwland, 2008).

9 février 2009 - The Electronic Intifada - Vous pouvez consulter cet article à :
http://electronicintifada.net/v2/ar...
Traduction de l’anglais : Marie Meert

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6103


Par noesam
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Dimanche 15 février 2009

Eva Bartlett - The Electronic Intifada

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Il existe de nombreuses histoires. Chaque compte-rendu est important : personne assassinée ou blessée, maison explosée et démolie, fenêtre brisée, cuisine saccagée, vêtements éparpillés, chambre sans dessus-dessous, impact de balle et trous d’obus dans les murs, graffitis injurieux de l’armée israélienne...

Lisez la première partie ici

Chez Samir Abed Rabu, la visite commence de la même façon que chez les autres : tout est cassé et sans dessus dessous, il y a les déchets des soldats israéliens (nourriture, jeux de cartes, excréments) et des graffitis : « Rejoignez l’armée israélienne aujourd’hui ! » et d’autres slogans des forces d’occupation et d’invasion.

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Ce qu’il reste de la maison Samir Abed Rabu

La maison a plus de trous que de murs, causés par les multiples tirs automatique d’obus tirés par les chars. Voir autant de maisons détruites, intentionnellement et en tant que moyen détourné, banalise l’idée des dégats. Mais étrangement certaines choses ressortent de manière étrange ou notable parmi l’étendue de la destruction. Entrailles des plafonds et poutres de soutènement pendent comme à un fil. Un fauteuil est éventré.

Et toujours les trous des tireurs isolés. Je regarde au travers du trou qui s’ouvre sur la rue Salah al-Din, au croisement des rues Dawwar et Zimmo, et je me rends compte que c’est exactemnte à partir de l’un de ces trous que l’urgentiste médical Hassan a été visé, heureusement pas tué (contrairement aux 13 autres secouristes médicaux). Heureusement, nous non plus n’avons pas été abattus. Ces trous des tireurs massacrent les murs de toutes les maisons de Jabaliya, al-Tatra, al-Zeitou - partout dans la bande de Gaza.

La chambre du bébé n’a pas été épargnée par les attaques. Un mur plein de joyeux dessins animés et d’affiches de mignons bébés contraste avec la laideur des plaies béantes des bombardements, un rappel que rien n’est sacré pour une armée qui tire sur les enfants à bout portant.

La charogne de l’âne explique l’odeur, une odeur légèrement différente de celle habituellement laissée par les soldats [israéliens].

Quittant les ruines de la maison de Samir Abed Rabu, je vois une nouvelle famille de sans-abri en train de faire du thé sur un feu, derrière les décombres de leur ancien domicile.

Saed Azzat Abed Rabu se tient sous le trou laissé par un missile dans le plafond de sa chambre ; il explique que le premier jour de l’offensive terrestre, lui et sa famille se trouvaient dans la maison quand un missile a frappé. Ils ont évacué dans la panique vers une école et ont appris l’occupation de leur maison seulement au retour après le départ des soldats israéliens.

Elle est comme les autres : ravagée, envahie par les déchets des soldats et les bouteilles de vin — étiquette écrite en Hébreu (de toute façon le vin n’est pas disponible ici, aussi la question de qui a bu du vin ne se pose même pas) — le réservoir d’eau sur le toit a explosé, et la terrasse du toit permet d’encore mieux voir les destructions qui affectent le voisinage et les plans de citronniers plantés jadis près de la maison de Saed Abed Rabu.

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Yousef Shrater et ses enfants

J’ai quitté Abed Rabu ce jour-là, me faufilant entre taxis, motos, camions et charrettes remplies d’affaires et de gens qui n’ont plus de domicile, qui viennent seulement pour récupérer ce qu’ils peuvent de leur ancienne vie. J’ai vu plus que ce que je sentais pouvoir assimiler ou transmettre aux autres, mais je savais que je reviendrais pour d’autres récits parce qu’il y en avaient d’autres.

Plus que ce je suis en mesure d’entendre ou de retransmettre.

Le viol d’une maison

Bizarrement, l’escalier de la maison bombardée et brûlée de Yousef Shrater est encore intact, de même qu’ont survécu les 14 personnes qui composent les trois familles qui vivaient là. Shrater, un père de quatre enfants, marche sur les blocs de ciment, les croisements de tiges de soutènement brisées, sur les marches d’escalier encombrées de débris et de déchets abandonnés par les soldats israéliens, et sur d’autres décombres de la maison bombardée puis occupée.

Dans la pièce face à la rue au deuxième étage, la fenêtre est percée de trous béants visibles aussi sur le mur touchés par les obus des tanks qui ont pris pour cible sa maison. « Ils étaient là-bas, » indique Shrater, montrant à quelques centaines de mètres Jabal Kashef, le sommet dominant le secteur au nord d’Ezbet Abed Rabu.

Dans la pièce adjacente, Shrater indique plus loin à l’est par où plus de tanks étaient venus et étaient restés postés. « Mon épouse, mes enfants et moi-même étions dans cette chambre quand ils ont commencé à tirer. Nous avons couru à la pièce de derrière pour être plus en sécurité, espérant que cela donnerait une certaine protection. »

La pièce arrière est une autre tas de gravats et de débris d’explosions. Les tanks avaient entouré la zone entière d’Abed Rabu et à peine la famille a-t-elle voulu s’abriter dans la pièce arrière qu’un nouvel obus a frappé la maison, tiré par un tank depuis le côté sud. « Il a frappé à peine à un mètre de la fenêtre, » précise Shrater, se penchant par la fenêtre et montrant le trou laissé par l’obus tiré par le tank juste un mètre au-dessus. « S’il avait touché cette pièce, nous serions morts. »

Shrater explique comment les soldats israéliens ont forcé l’entrée de sa maison et ont ordonné à toute la famille de sortir, séparant des hommes et les femmes et les enfermant à clef dans une maison voisine avec d’autres habitants du quartier. Son père et sa mère qui vivent dans une toute petite maison juste à côté devaient bientôt les rejoindre. Les soldats israéliens ont alors occupé la maison pour la durée de l’offensive terrestre, comme ils l’ont fait dans toute la région d’Abed Rabu, et comme ils l’ont fait dans toute la bande de Gaza. Et comme les habitants des maisons dans tous les secteurs occupés, ils ont trouvé à chaque fois lorsqu’ils sont revenus chez eux un désastre de déchets, de vandalisme, de destruction, des déchets humains et beaucoup d’objets de valeur volés dont des téléphones portables, des bijoux en or, des dollars américains et des dinars jordaniens (JD), et dans certains cas même des meubles et des téléviseurs utilisés puis emportés dans les camps de soldats israéliens à l’extérieur des secteurs occupés. Shrater raconte que les soldats lui ont volé pour 1000 dolllars américains de colliers en or et d’autres colliers pour une valeur de 2000 dinars jordaniens (approximativement 830 dollars US).

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Le père de Youssef, qui souffre d’asthme

En arrière dans la pièce faisant le coin à l’est de la maison, Shrater s’approche d’un trou dans le plancher d’un mètre cinquante sur un mètre cinquante, percé pour ramener le sable qui se trouve dans les fondations. « Ils ont fait des sacs de sable pour employer les fenêtres comme positions de tireurs isolés [snipers]. » Les sacs sont toujours là, bourrés de vêtements et de sable. « Ils ont utilisé les vêtements de mes enfants pour leurs sacs, » déplore Shrater. « Les vêtements qu’ils n’ont pas mis dans des sacs de sable ils les ont jetés dans les toilettes, » ajoute-t-il.

Toute la maison a servi de position de tireurs isolés. Les trous percés dans les murs à cet effet se voient dans chacune des deux salles donnant à l’ouest sur les carrefours de Dawwar Zimmo, où des corps de gens abattus ont plus tard été trouvés et sans qu’ils soient accessibles pour les membres de leurs familles ou les équipes médicales de secours (dont les médecins du Croissant Rouge qui ont été pris pour cible, l’un d’entre eux étant touché à la cuisse le 7 janvier, alors qu’il essayait d’atteindre un corps étendu).

Du toit nous voyons plus clairement les abords où des tanks étaient positionnés, les innombrables maisons et les bâtiments démolis ou endommagés, et quelques éclats shrapnel d’obus tirés par les blindés. Le père de Shrater, âgé de 70 ans, est sur le toit et il commence à raconter le moment où il a été expulsé de sa maison et enfermé avec son épouse et d’autres personnes durant quatre jours. « Ils sont venus ici dans notre maison, » indiquant la petite maison [cabane] où il vit avec son épouse, et où se trouvent ses moutons et ses chèvres. « Les soldats israéliens sont venus à notre porte, hurlant que nous devions sortir, et ils ont tiré autour de nos pieds. Mon épouse était terrifiée. Ils ont pris tout notre argent puis nous ont menottés. Avant qu’ils nous aient bandés les yeux, ils ont laissé sortir nos chèvres et moutons de leur enclos puis les ont abattus. Ils en ont tué huit devant nous. »

Le père de Shrater, qui souffre d’asthme, et son épouse Miriam ont eu alors leurs yeux bandés et ont été poussés vers une autre maison où durant les quatre jours qui ont suivi les soldats israéliens lui ont refusé son inhalateur et à son épouse ses médicaments pour le diabète. La nourriture et l’eau étaient hors de question, et le père de Yousef Shrater raconte que leurs demandes entraînaient comme réponse de la part des soldats : « non, aucune nourriture. Donnez-nous le Hamas, et vous aurez de la nourriture. »

Le vieux monsieur nous amène en bas à l’arrière de la maison de Yousef Shrater, vers sa petite maison où une Miriam encore terrifiée se repose, observant toujours au loin avec inquiétude. « Nous avons vu des choses terribles, des choses terribles. J’ai vu des cadavres sur la rue, » dit-elle, penchant son corps en avant et en arrière dans son angoisse. Hadj Shrater confirme : « En 63 ans, je n’ai jamais rien vu de pareil. « L’insuline et les seringues qui avaient ét réfusées gisent sur le sol près de leur porte, avec divers comprimés. Vingt mètres plus loin, ont voit les restes du hangar pour l’alimentation des animaux rasé pendant l’invasion, mélange de roches et de décombres.

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Mariam Shrater, encore terrifiée par ce qu’elle a enduré

La maison placée entre celle de Yousef Shrater et celle de ses parents a été également endommagée. Les morceaux de toiture sont tombés en énormes débris sur les planchers des chambres à coucher et de la cuisine, sauf à quelques endroits où le toit s’accroche encore de façon instable avec des bâches en plastique d’imperméabilisation et les blocs de ciment employés pour peser sur les tuiles. La cuisine est noire avec la suie de ce qui doit avoir été un obus au phosphore blanc, et des obus vides se trouvent dans ce qui avait été un feu. Deux portes en métal de l’usine se trouvant dans la rue de la maison de Shrater et bombardée par un F-16, sont sur le sol près de la cuisine, ayant été de façon évidente soufflées à travers la rue et par-dessus le toit de la maison de Shrater.

Mahmoud Shrater, le frère de Yousef et également un des habitants de la principale maison, est chez lui, dégageant des décombres et faisant le tri. « Nous avons besoin de tentes pour vivre ici maintenant, » dit-il, se tenant debout dans les restes de ce qui avait été leur demeure.

* Eva Bartlett est une avocate canadienne indépendante, militante des droits humains et qui a passé huit mois en 2007 dans des communautés de Cisjordanie et quatre mois au Caire et au point de passage de Rafah. Elle est actuellement basée dans la bande de Gaza après être arrivée avec le troisième bateau de Free Gaza Movement en Novembre. Elle a travaillé avec le Mouvement de Solidarité Internationale [ISM] dans la bande de Gaza, accompagnant les ambulances tout en recueillant des témoignages et se documentant au sujet des frappes aériennes israéliennes en cours et de l’invasion terrestre de la bande de Gaza.

30 janvier 2009 - The Electronic Intifada - L’article original peut être consulté ici :
http://electronicintifada.net/v2/ar...
Photos : Eva Bartlett
Traduction de l’anglais par : Brigitte Cope




http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6115
Par noesam
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Mardi 10 février 2009

Entretien avec Mahmoud Al-Zahar

mardi 10 février 2009 - 06h:10

Al Jazeera.net



Dans ce qui est sa première interview après l’offensive israélienne contre la bande de Gaza, le Dr Mahmoud al-Zahar, un des premiers dirigeants du Hamas et membre du bureau politique du mouvement, s’exprime devant Al Jazeera depuis le Caire.
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Mahmoud Al-Zahar

Al Jazeera : Quelle est la signification politique de l’envoi d’une délégation du Hamas au Caire en ce moment ?

Zahar : Le principal problème à résoudre est de s’occuper de ce qui a été démoli par les troupes d’occupation — des crimes dont le monde entier a été le témoin avec un grave impact sur notre peuple.

La trêve doit être acceptée dans des conditions qui ne soient pas injustes au regard des droits du peuple palestinien. En particulier, en ce qui concerne la possibilité de reconstruire les maisons qui ont été démolies, les mosquées, les hôpitaux, les écoles et tout le reste.

Ma présence, avec une délégation de haut niveau [du Hamas] reflète la réelle volonté des dirigeants du Hamas de l’intérieur comme de l’extérieur des territoires palestiniens, de mettre fin à cette crise par le maintien d’une trêve dans des conditions qui garantissent les droits du peuple palestinien. Pour faire appliquer par l’intermédiaire d’un cessez-le-feu leurs droits à la reconstruction de ce que l’occupation a détruit.

Al Jazeera : Est-il réaliste de penser qu’une trêve puisse être bénéfique pour le peuple palestinien et le Hamas et puisse lever le siège imposé à la bande de Gaza ?

Zahar : Absolument. Notre objectif n’est pas « une action armée ». Les « actions armées » ne sont qu’un élément de la résistance.

Nous avons maintes fois expliqué le concept de résistance. La résistance, c’est d’abord le rejet de l’occupation et de l’injustice, la résistance est le rejet de l’abus de pouvoir. Cette idée a conduit à [la création] du Hamas, le mouvement de la résistance islamique, lequel s’est donné ce nom bien avant qu’une seule balle n’ait été tirée en direction des Juifs.

En conséquence nous voulons appliquer le programme complet de la résistance. Mais nous voulons aussi nous donner la possibilité de reconstruire ce que l’occupation a détruit — tant que la partie israélienne ne cessera pas son agression contre le peuple palestinien.

Al Jazeera : Pensez-vous que la direction du mouvement à Damas, qui regarde à distance ce qui se passe dans la bande de Gaza et n’est pas le témoin de la souffrance réelle de ceux qui sont dans leurs maisons, pensez vous que cette direction a la même vision des choses ?

Zahar : C’est leur idéologie, de fait. Je n’ai pas à défendre qui que ce soit, mais je connais mes frères, leur idéologie et leur vision des choses.

La première expérience [de la trêve] a été un échec. Nous n’avons pas à répéter une telle expérience malheureuse, parce que finalement, nous ne ferions qu’éliminer le principe même d’une trêve « librement consentie ».

Par conséquent, c’est une erreur de vouloir représenter la position de ceux [les membres du Hamas] qui vivent à l’extérieur de la bande de Gaza comme différente de ceux qui vivent dans la bande de Gaza. Le mouvement a toujours été unanime dans ses décisions : ceux de l’extérieur respectent le point de vue de ceux de l’intérieur et réciproquement. Et les décisions sont déterminées par des consultations des deux côtés.

Je crois que nous avons maintenu l’unité du mouvement pour une longue période et nous sommes à l’abri de toute division ; tout cela s’est passé aussi dans d’autres organisations.

Al Jazeera : N’est-il pas exact que votre vie quotidienne est limitée par la géographie de l’Égypte, alors que ceux de Damas sont confinés en Syrie ?

Zahar : J’espère que les pays arabes ne pousseront personne à prendre parti. J’espère que l’Egypte ne favorisera pas une faction en particulier ou ne repoussera pas le Hamas d’un côté ou de l’autre.

Ce qui a affaibli l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) est d’avoir expérimenté ce genre de jeux. Nous ne voulons pas renouveler cette expérience.

Nous sommes avec tous ceux qui soutiennent le programme de la résistance.

J’ai vu ce que le peuple égyptien a fait lors de cette crise. Le peuple égyptien, le peuple turque, le peuple arabe, tous où qu’ils soient dans le monde, les musulmans, les Européens dans les états pro-israéliens. Ils ont tous manifesté en faveur de la bande de Gaza et de ses droits.

Nous voulons que tous les états arabes adoptent l’attitude du Hamas, la position de la résistance, la position de l’unité du peuple palestinien.

Nous voulons que tous ces peuples à travers le monde se consacrent à notre cause, la cause alternative. Nous voulons que tous ces gens se tiennent à nos côtés et nous soutiennent non seulement financièrement, mais aussi par tous les moyens qui seront utiles à la cause palestinienne.

C’est pourquoi nous appelons à la réorganisation et à la restructuration de l’OLP pour qu’elle devienne plus forte et puisse parler au nom du peuple palestinien, à l’extérieur comme à l’intérieur [des territoires palestiniens].

Cette OLP dans son état actuel ne peut pas faire le moindre pas en avant. Ce qui est gelé ne peut pas bouger. C’est pourquoi nous voulons pousser l’OLP à relancer ses activités.

Et notre relation avec l’ensemble du monde islamique doit être bonne.

Al Jazeera : Peut-on s’attendre à l’annonce d’une trêve dans les prochains jours au Caire ?

Zahar : Nous représentons la vision de la direction du mouvement depuis l’intérieur des territoires palestiniens et nous avons pris connaissance maintenant de l’évolution récente [au Caire].

J’ai entamé des pourparlers avec de réelles intentions de mettre fin à cette crise.

Nous allons faire tous les efforts requis pour parvenir à un accord qui garantisse l’honneur du peuple palestinien, protège ses droits et sa dignité.

Al Jazeera : Qu’en est-il des divergences politiques apparues dans les déclarations faites par les dirigeants du Hamas plus âgés, et dans celles de ses jeunes militants, qui ont tendance à utiliser un langage plus modéré ?

Zahar : le Hamas est connu pour avoir un langage clair. Nous n’avons jamais joué le jeu de la distribution des rôles, parce que la distribution des rôles classe les individus et mène éventuellement à la division. Nous n’avons ni « faucons » ni « colombes ».

Le problème réside parfois dans la compréhension de la part des médias, et aussi dans les médias qui parfois, essayent à tort de détourner le sens des mots. Tout comme ce qui s’est passé avec Khaled Meshaal et ses récentes déclarations sur le programme de la résistance ; ceci a été interprété à tort comme une « alternative » à l’OLP.

Al Jazeera : Donc les déclarations de Meshaal ne se référaient pas à la structure de l’OLP ... ?

Zahar : Pour être concis, nous avons trois options stratégiques, nous avons atteint l’une d’entre elles, mais nous n’avons pas encore atteint les deux autres.

La première option est la suivante : nous avons adopté la légitimité du Jihad, nous avons été sollicités pour obtenir la légitimité constitutionnelle et nous l’avons fait par le biais d’élections législatives et municipales. L’institution est restée comme elle est, mais son contenu, qui est d’un type particulier, a changé.

Nous voulons gagner la légitimité internationale, la légitimité arabe et tout ce que l’OLP a obtenu par le biais d’élections ; nous voulons entrer dans l’OLP. Si nous sommes minoritaires, nous aurons à le respecter, et si nous avons une majorité, les autres devront le respecter.

C’est pourquoi nous nous engageons avec l’OLP, avec sa structure mais pas son programme dont 28 points ont été supprimés.

Al Jazeera : En tant que dirigeant du Hamas, pensez-vous qu’après la crise du poste frontière de Rafah et d’autres crises, les relations du Hamas avec l’Égypte vont s’améliorer ou au contraire ... ?

Zahar : Elles doivent s’améliorer. Il est contre l’intérêt de l’Égypte, du Hamas et du peuple palestinien qu’il y ait des relations tendues entre les organisations palestiniennes, en particulier le Hamas, et n’importe quel pays arabe.

Par conséquent, notre relation avec l’Egypte doit s’améliorer.

Ceux qui considèrent le Hamas comme un ennemi de l’Égypte ont tort. Ceux qui croient que le Hamas peut être dangereux pour la sécurité nationale de n’importe quel état arabe se trompent.

Al Jazeera : Présentez-vous votre mouvement comme une organisation de résistance ou comme une branche du mouvement des Frères musulmans ?

Zahar : Ce n’est pas la question. La Syrie a de très bonnes relations avec le Hamas mais de terribles relations avec le groupe des Frères musulmans. Plus de 24 000 personnes ont été tuées en 1982 par le régime syrien et le groupe des Frères musulmans.

Il est faux de se limiter à une expérience particulière. Nous ne sommes pas de ceux qui peuvent affaiblir les pays arabes ou la nation islamique. Notre vision est de maintenir la communauté islamique active et alerte.

Il doit être fait bon usage de cette vigilance islamique.

Al Jazeera : Est-ce que le Hamas va poursuivre ou demander des comptes à ceux dans ses rangs qui se révèlent impliqués dans des opérations contre le respect des droits de l’homme ?

Zahar : Premièrement, nous devons garder à l’esprit que le Hamas craint Dieu avant toute autre chose. Nous croyons fermement en Dieu, à ses lois sur l’injustice.

L’injustice est une question centrale pour nous. Toutefois, il convient de distinguer entre ... par exemple, au cours de la dernière période, quelques personnes ont écrit sur les murs de Gaza « bienvenue à l’armée de défense d’Israël ». Ceux qui écrivent ce genre de choses, comment le peuple palestinien peut-il les considérer ? D’autres se sont sentis obligés d’abattre ces murs, car c’était une véritable honte.

Certains de ces collaborateurs, qui étaient dans les prisons de Gaza, se sont échappés au cours de la guerre. Ces gens dont les intérêts sont liés à ceux d’Israël ont voulu contribuer à la réalisation des objectifs de la guerre [israélienne]. Nous avons été obligés de faire face à ce genre de tentatives
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6090
Par noesam
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Mardi 10 février 2009


Hamas : Son histoire de l’intérieur (16)
Dr. Azzam Tamimi

            L’ouvrage Hamas : Son histoire de l’intérieur de Dr. Azzam Tamimi s’inscrit dans une volonté de montrer au monde la vision du mouvement du Hamas et d’expliquer ainsi son développement. Le département français du Centre Palestinien d’Information (CPI) a donc jugé intéressant d’en présenter ici la traduction complète, diffusée régulièrement en de nombreuses parties.

 

Une guerre totale (1)

Nous devrions leur briser les mains et les jambes.

Ce gouvernement combattra toute manifestation de violence et de terreur, et ne permettra ni n’autorisera que le Hamas ou le Jihad Islamique fasse du mal aux citoyens de l’Etat d’Israël – et il prendra toutes les mesures légales à sa disposition, pour combattre les organisations terroristes meurtrières.

- Yitzhak Rabin

L’Intifada avancera et la souffrance du peuple palestinien continuera. Mais continuera aussi notre détermination absolue de poursuivre la lutte.

- Sheikh Ahmad Yassine

            Personne ne prit la décision de lancer l’Intifada le 8 décembre 1987 ; elle fut provoquée par un accident, qui à son tour alluma l’explosion de colère spontanée par les masses. Cependant, c’était une explosion anticipée par les Ikhwan palestiniens, pour laquelle ils s’étaient préparés au moins depuis 1983. Le jour où l’Intifada commença, les institutions créées par les Ikhwan à l’intérieur et à l’extérieur de la Palestine se mirent en action, chacune accomplissant les tâches qui lui étaient assignées. Les Ikhwan n’avaient d’autre option que de saisir l’occasion. Ils avaient besoin de l’exploiter jusqu’à la limite de leur capacité, afin de se rétablir en tant que leaders du djihad pour libérer la Palestine. S’ils n’avaient pas agi ainsi, cela aurait signifié le décès de leur mouvement. En outre, seuls les Ikhwan avaient l’intention, la volonté, l’infrastructure et le support logistique global pour garder en vie la flamme de l’Intifada aussi longtemps qu’elle pouvait être maintenue.

            Pour les Ikhwan, agissant maintenant sous le nom du Hamas, l’Intifada était un présent pour les cieux. Ils étaient déterminés à mettre fin à l’occupation et à s’assurer que ce ne soit que le début d’un djihad à long terme. Ils mobilisèrent leurs membres, employant le réseau de mosquées et d’autres institutions sous leur contrôle, dont surtout l’Université Islamique. Ils appelèrent à une désobéissance civile et organisèrent des rassemblements, qui se terminaient invariablement par des lancers de pierres sur des soldats israéliens ; le drapeau israélien était brûlé et on improvisait le blocage de routes avec des pneus en feu. L’Intifada était une explosion de colère au visage de l’occupation, causée par les conditions terribles et inhumaines qu’enduraient les Palestiniens depuis plusieurs années et par l’humiliation et la dégradation auxquelles ils avaient été sujets. Toutefois, les slogans des Ikhwan n’étaient pas limités à exiger la fin de l’occupation. Ils allèrent de l’avant, exigeant aussi l’abolition de l’Etat d’Israël. La plupart des manifestants avaient été réfugiés, et leurs véritables demeures n’étaient pas les camps sordides et misérables de l’ONU de Gaza ou de la Cisjordanie, mais les centaines de villes et villages qui se tenaient un jour là où existe Israël aujourd’hui.

            Ces Palestiniens étaient devenus des réfugiés lorsque les Sionistes avaient envahi leurs villes et villages. Ce que les Palestiniens appelaient la Nakba (la catastrophe) fait référence aux événements de 1948, qui avaient mené à leur expropriation et à la création de l’Etat juif sur leur terre. Entre 1947 et 1949, quelque sept cent cinquante mille Palestiniens devinrent réfugiés ; la plupart furent expulsés selon un plan sioniste de nettoyage du pays des non-juifs. La position officielle israélienne soutient que les réfugiés s’enfuirent sous les ordres de leaders politiques et militaires arabes. Toutefois, selon les renseignements militaires israéliens, au moins 75 pourcent des réfugiés partirent en conséquence d’actions militaires et de campagnes psychologiques sionistes ou israéliennes ayant pour but d’effrayer les Palestiniens pour qu’ils s’en aillent, et en conséquence d’expulsions directes. Des affaires d’expulsions massives durant et après les opérations militaires de 1948-49 sont bien documentées, ainsi que des massacres et des atrocités qui causèrent une fuite de Palestiniens à grande échelle.

            Lorsque l’Intifada commença, la direction de l’OLP à Tunis fut prise de court. Yasser Arafat et ses conseilleurs étaient engagés dans la promotion de leur image à travers le monde en tant que pacificateurs. Entre-temps, la puissance dominante du monde, les Etats-Unis, insistait qu’en pré-condition à la paix, l’OLP devait d’abord reconnaître le droit d’Israël à exister et renoncer à toutes formes de violence. Les leaders de l’OLP avaient de très bonnes raisons de miser sur l’Intifada, qui semblait fournir à l’OLP une opportunité. Leur objectif depuis le début était de prendre contrôle de l’Intifada et de récolter tout dividende que le soulèvement populaire pouvait leur rapporter pour aider à promouvoir leur propre projet. Ils désespéraient, au-dessus de tout, d’obtenir une reconnaissance des Etats-Unis du statut de l’OLP en tant que “seul représentant légitime” du peuple palestinien, pour qu’une paix ne puisse être négociée qu’avec elle. De là provint la décision de mobiliser les membres et supporters de l’OLP à l’intérieur de la Palestine pour concurrencer les Ikhwan dans l’alimentation de l’Intifada et dans l’entreprise de faire de l’occupation de Gaza et de la Cisjordanie un cauchemar pour les Israéliens.

            Israël fut elle aussi prise de surprise. Croyant tout d’abord que l’Intifada n’était qu’une expression de colère qui allait diminuer dans un jour ou deux, comme bien d’autres éruptions du genre qui l’avaient précédée, ils s’aperçurent rapidement qu’il en était autrement. Ils se retrouvèrent à combattre toute une population non-armée dans les rues et allées étroites de la bande de Gaza, le morceau de terre le plus densément peuplé de la surface de la terre. Clairement pris de panique et bouleversés, ils ordonnèrent la fermeture de l’Université Islamique à Gaza. Cependant, ils n’avaient pas compris que cela n’allait qu’enflammer davantage l’Intidada, étant donné que cela libéra plus de jeunes hommes, maintenant disponibles dans les rues pour lancer des pierres et s’engager dans d’autres formes de protestation. Pour les Israéliens, aucune tactique ne semblait fonctionner. Les actes de brutalité contre les manifestants, dont nombre étaient des femmes et des enfants, n’avaient pour effet que l’élargissement du cercle de colère et cela n’attirait que plus de manifestants. De nombreux ouvriers palestiniens travaillant dans des usines et fermes israéliennes commencèrent à répondre aux appels au boycott. En conséquence, soit ils restaient chez eux, soit ils rejoignaient les manifestants. Les haut-parleurs des minarets de mosquées remplissaient les airs de récitations coraniques et de nashid (une forme de chant patriotique sans accompagnement de musique), ainsi que d’annonces données pour alerter le public de l’existence d’activités ou de confrontations, et d’appels à l’aide d’une façon ou d’un autre. Après plusieurs jours, l’Intifada fut répandue de Jabalya à Khan Younis, puis au camp Al-Shati’ (plage) à Gaza, et puis aux autres camps, tout le long jusqu’à Rafah tout au sud. Rapidement, l’Intifada prit aussi place dans les camps de réfugiés de la Cisjordanie. Le premier camp de la Cisjordanie à se soulever était le camp de Balatah à Naplouse.

            A ce moment, les Ikhwan purent récolter les dividendes de sa décision dans le début des années 1980 d’unifier ses organisations tout autour du monde. Depuis les années 1980, les Ikhwan de la bande de Gaza et de la Cisjordanie avaient été localement sous le commandement d’un conseil de représentants élus provenant de la bande de Gaza et des régions nord, centre et sud de la Cisjordanie. Le conseil de la direction supérieure se réunit immédiatement après l’éruption de l’Intifada pour s’assurer de la gestion et de la coordination efficaces de ses activités à travers les territoires. L’état de siège imposé par les Israéliens sur les camps de réfugiés, où une grande partie de l’action avait lieu, poussa Sheikh Yassine à proposer des mesures pour restaurer un degré de calme, poussé par le sentiment que les gens ne pourraient pas endurer davantage de punition collective. Cependant, les mesures adoptées par les forces d’occupation israéliennes, dont une politique de tirs à mort contre des manifestants non-armés et les coups brutaux portés aux adolescents pris en train de lancer des pierres, ne firent qu’aggraver la colère des gens, les poussant à vouloir plus de confrontations avec les soldats de l’occupation israélienne plutôt que moins. L’Intifada commença avec des manifestations pacifiques dont les armes étaient symboliques : pas plus que des pierres et des poitrines exposées. Le spectacle de civils non-armés, dont des enfants et des femmes, se faisant tirer dessus, et le niveau de la brutalité israélienne croissante, apportèrent sur la scène les premiers cocktails Molotov et d’autres formes de réactions plus violentes.

            Au départ, les Israéliens ne savaient pas bien qui orchestrait l’agitation. Cependant, ils suspectaient que Sheikh Yassine et son organisation y étaient pour quelque chose. Israël lui donna un avertissement, et il fut menacé d’être déporté au sud du Liban. Il insista à dire qu’il ne portait aucune responsabilité pour ce qui se passait. Lorsqu’il fut convoqué à la Saraya (les quartiers généraux de l’autorité d’occupation israélienne à Gaza) pour être interrogé sur le rôle que les mosquées s’étaient mises à jouer dans l’agitation, il continua à maintenir sa totale innocence. Lorsque le premier communiqué du Hamas fut distribué le 14 décembre 1987, il n’était pas signé, portant seulement le nom de “Le Mouvement de Résistance Islamique”, réduit aux lettres arabes “h”, “m” et “s”. Les Israéliens prirent alors en cible des figures publiques et des personnes critiquant directement Israël au sein des Ikhwan. La première éminente personnalité des Ikhwan à être arrêtée, moins d’un moins après le début de l’Intifada, était Khalil Al-Quqa, directeur de l’Association Islamique du camp Al-Shati’ (plage). Dr. Abd Al-Aziz Al-Rantissi, un membre fondateur du Hamas, fut détenu le 15 janvier 1988. Les leaders de l’appareil de sécurité du Hamas, Majd, furent tous deux arrêtés peu après : Yahya Al-Sinwar le 20 janvier 1988 et Rawhi Mushtaha le 13 février 1988.

            Les Israéliens cherchaient une occasion pour imputer le blâme pour l’Intifada à la direction du Hamas. Une fenêtre d’opportunité semblait se présenter en août 1988, lorsque le Hamas publia sa charte, dans laquelle il déclarait un djihad qui allait continuer jusqu’à ce que la Palestine soit libérée dans sa totalité et que l’Etat d’Israël soit éliminé. Entre-temps, un individu de Jérusalem, détenu par rapport à une affaire sans lien aucun, avoua sous la torture qu’il avait envoyé de l’argent à Ibrahim Al-Yazuri, un co-fondateur du Hamas, pour financer les activités de l’Intifada. Al-Yazuri fut arrêté et il divulgua, sous davantage de torture, les noms des hauts leaders dans les diverses régions de la bande de Gaza qui recevaient des fonds. Comme l’image devenait plus claire, les Israéliens se préparèrent à agir. En août 1988, ils lancèrent leur première campagne massive de détention contre les leaders et activités du Hamas. La direction du mouvement avait anticipé qu’un tel enchaînement d’événements pouvait avoir lieu et elle avait pris certaines précautions. Une direction secrète avait été mise en place, afin qu’il n’y ait pas de vide au niveau de la direction si les Israéliens se mettaient à faire de nombreuses arrestations. En mois de deux mois, cent vingt figures clés étaient arrêtées, dont tous les membres fondateurs du Hamas, sauf Sheikh Yassine. Al-Rantissi fut maintenant rejoint en détention par ses collègues co-fondateurs du Hamas Salah Shihadah, Ibrahim Al-Yazuri, Muhammad Sham’ah, Abd Al-Fattah Dukhan, et ‘Issa Al-Nashar. En dépit d’aveux de la part de certains de ces détenus disant que Sheikh Yassine était le fondateur et le chef du mouvement, les Israéliens décidèrent de lui permettre de rester en liberté ; ils désiraient absolument en savoir plus sur ses activités et contrôler ses mouvements et communications. Ils le mirent sous surveillance, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, dans l’espoir de défaire le réseau qu’il avait construit avec succès dans les trois ans qui suivirent sa libération de prison.

            Par chance, ces arrestations massives coïncidèrent avec l’arrestation des membres de deux cellules militaires du Hamas qui avaient opéré à Jabalya et à Beit Hanoun. Ces deux cellules avaient visé quelques collaborateurs. Mais parmi eux, il y avait aussi des responsables de cinq attaques menées contre des patrouilles israéliennes en Cisjordanie et à Gaza, employant des engins explosifs de fabrication artisanale. Comme si cela venait en célébration, les opérations avaient été accomplies le jour de l’aïd Al-Adha, qui tombait cette année le 24 juillet 1988. Les membres des deux cellules furent identifiés, arrêtés et poursuivis, mais apparemment, aucun lien ne fut immédiatement fait entre eux et les leaders du Hamas détenus environ en même temps. Plus tard, Salah Shihadah semble avoir été suspecté d’avoir été responsable de l’organisation de ces cellules.


Mardi 10 Février 2009

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Par noesam
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