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Noesam@voila.fr

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  • : Tout Juif qui se respecte, religieux ou séculier, ne peut plus garder le silence, voir pire, soutenir le régime sioniste, et ses crimes de génocide perpétrés contre le peuple palestinien...La secte sioniste est à l’opposé du Judaïsme. .................... Mensonge, désinformation, agression, violence et désobéissance de la loi internationale sont aujourd’hui les principales caractéristiques du sionisme israélien en Palestine.
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Israèl est contre TORAH

*"Les sionistes me dégoûtent autant que les nazis."
(Victor Klemperer, philologue allemand d'origine juive, 1881-1960)

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L’initiative sioniste de proclamer l’État d’Israël constitue une révolte contre la volonté divine, contre la Torah, une révolte qui a engendré une vague interminable de violence et de souffrance. À l’occasion de la fondation de l’État hérétique, les juifs fidèles à la Torah pleurent cette tentative d’extirper les enseignements de la Torah, de transformer les juifs en une « nation laïque » et de réduire le judaïsme au nationalisme.......Nous déplorons les tragédies que la révolution sioniste a provoquées chez les Palestiniens, notamment des déportations, l’oppression et la subjugation..Que nous méritions que cette année toutes les nations, en acceptant la souverainet

é divine, puissent se réjouir dans une Palestine libre et dans une Jérusalem libre! Amen. Offert par Netouré Karta International : www.nkusa.orglink

                                               


   

 


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FATHER OF SIONAZISJACOB HITLER

La prétendue ascendance juive d'Hitler: Une "explication" par la haine de soi
Une publication parue cette semaine a attiré mon attention. Il s’agit ni plus ni moins de la généalogie d’Adolf Hitler qui aurait des ascendants juifs !! Dans son article, Gilles Bonafi présente une fiche des Renseignements généraux que le magazine Sciences et Avenir a publié en mars 2009, et où on peut clairement lire le deuxième prénom d’Hitler : Jacob. Adolf Jacob Hitler serait le petit-fils de Salomon Mayer Rothschild. Cette information a été divulguée par deux sources de très haut niveau : Hansjurgen Koehler officier d’Heydrich, qui était lui-même l’adjoint direct d’Heinrich Himmler et Walter Langer le psychiatre qui a réalisé le profil psychologique d’Hitler pour l’OSS, les services secrets US pendant la Seconde Guerre mondiale.
SOURCE ;alterinfo

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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 21:48

LES PROBLÈMES STRATÉGIQUES DU MOUVEMENT NATIONAL PALESTINIEN

Les caractéristiques essentielles du mouvement national palestinien de 1913 à 1977

Dès sa création et au cours de son évolution, le mouvement national palestinien est marqué par les caractéristiques suivantes :

-  Il se situe dans le cadre du mouvement national panarabe (l’aspiration à la grande nation arabe), mais avec une expression originale centrée sur la Palestine, très tôt dans son histoire, au début du XXe siècle avec des expressions de journalistes et d’intellectuels se référant à la Palestine comme entité distincte.

-  Le mouvement national palestinien a plus souvent réagi par rapport à une réalité imposée de l’extérieur, qu’il n’a agi (car il n’a guère pris l’initiative et en a encore moins eu la possibilité), que ce soit la politique de l’Empire ottoman par rapport aux vagues d’immigration sioniste, le jeu des puissances mandataires et la naissance d’Israël, la stratégie des États arabes. S’agissant de ces derniers, le mouvement national palestinien a été confronté à deux types d’États : les États arabes constitués de longue date comme l’Égypte qui avaient leur histoire et leur propre stratégie et les nouveaux États arabes en construction comme la Syrie et le Liban qui avaient leurs problèmes à résoudre.

-  Les Palestiniens ont été instrumentalisés par les États arabes (Égypte, Jordanie, Syrie, Irak...) aux profit des seuls intérêts de ces derniers.

-  Le mouvement national palestinien est hétérogène, traversé par de multiples courants facteurs de diversité mais aussi de tensions internes. Au début du XXe siècle, il serait plus juste de parler des identités palestiniennes, reflétant plus les affiliations locales, régionales et religieuses qu’une seule identité nationale, selon l’avis même de l’historien palestinien Issam Nassar. C’est d’ailleurs le cas de nombreuses nations qui se sont constituées et se sont dotées d’un État. En face des Palestiniens, on peut aussi légitimement parler des identités juives et israéliennes, loin de former un tout homogène.

Les constantes dans les problèmes à résoudre

Ce qui caractérise la question palestinienne, c’est la persistance de problèmes récurrents :

-  le combat contre la colonisation et pour la préservation de sa terre ;
-  la démographie ;
-  les réfugiés ;
-  quel type de souveraineté, de pouvoir, pour quel(s) État(s) ?
-  quelle légitimité internationale (cf. les résolutions de l’ONU) ?
-  quelle autonomie par rapport au mouvement panarabe ?

Rien n’est encore réglé après un siècle d’histoire. Les problèmes essentiels subsistent même quand ils sont posés en de nouveaux termes. Exemple : le combat contre la dépossession de la terre, dont la construction du Mur et la procédure engagée devant la Cour internationale de justice ne sont que la plus récente expression du même problème depuis l’origine de la colonisation sioniste. Ces sujets n’ont jusqu’à présent jamais été définitivement réglés, ni par les deux protagonistes, le mouvement national palestinien et Israël, ni par la communauté internationale. Même la légitimité reconnue aux revendications des Palestiniens par le droit international, par les résolutions de l’ONU et par les accords directs avec Israël n’a encore réglé de manière définitive une seule de ces questions. Ceci explique à lui seul le caractère laborieux du processus de formation du mouvement national palestinien et de la maturation de sa stratégie.

Le laborieux processus de formation du mouvement national palestinien et de l’élaboration de sa stratégie

Il subsiste un singulier contraste entre :

-  la revendication simple dont le mouvement national palestinien est porteur : sauvegarder le territoire qu’il considère comme le sien pour instaurer un État souverain ;
-  et des cadres d’action et de prise de position complexes. La question posée au mouvement national palestinien est de savoir comment passer de la révolte spontanée, de la colère, de l’indignation devant l’injustice subie à une résistance organisée, fondée sur une seule ligne stratégique ?

La révolte, souvent spontanée, a toujours été le soubassement du mouvement national palestinien. Encore était-il nécessaire de lui fournir un cadre d’action, parfois derrière les chefs traditionnels (les deux grandes familles), des formes de représentation pour fixer les orientations du mouvement national palestinien, d’élaborer une stratégie et se doter d’une organisation permanente pour sa mise en oeuvre.

De leur côté, le FPLP et le FDPLP prétendaient participer à l’avant-garde du mouvement révolutionnaire mondial qui, avec le recul du temps, apparaît comme ayant été un mythe.

Le processus de maturation du mouvement national palestinien a été long, parsemé d’hésitations, d’erreurs, d’impasses, de souffrances et d’autocritiques. Fondé par des exilés représentant plutôt la population des réfugiés, il véhiculait le mythe de la révolution (FPLP et FDPLP), le peuple palestinien participant à l’avant-garde de la révolution mondiale. Confronté au mouvement des nationalismes,

il a forgé laborieusement sa dynamique politique et sa rencontre avec le mouvement social interne à la population palestinienne en Cisjordanie occupée dans les années 1970 (au sein des élites politiques rurales et urbaines). La confrontation des mythes (révolution, nation arabe) avec la réalité fut une douloureuse mais indispensable épreuve pour le mouvement national palestinien.

Le mouvement national palestinien a été tiraillé entre deux démarches opposées : l’utopie, notamment du retour de tous sur la Palestine dans ses limites territoriales antérieures à 1947, et le réalisme. Or, un mouvement de ce type a besoin des deux, mais de manière raisonnée et équilibrée. De plus, le mouvement national palestinien est riche d’un grand nombre d’intellectuels. Ceux-ci ont été à l’école de la diaspora, de l’UNRWA, des universités des pays étrangers. Deux revendications ont dominé les débats du mouvement national palestinien au long de son histoire : la préservation de sa terre et la souveraineté.

Les principaux problèmes à résoudre

Dès 1948, le mouvement national palestinien a été confronté :

-  à une réalité qui s’est imposée à lui, contre lui et la population palestinienne : l’État d’Israël, un fait accompli sur son propre territoire ;
-  à la dispersion et la fragmentation de la population et donc du mouvement lui-même, aggravées par l’évolution de l’occupation israélienne ;
-  et à la lutte contre un occupant qui s’installe « chez nous » et « nous expulse ». Or c’est un cas très rare dans l’histoire mondiale (différent des cas algérien ou vietnamien, car l’occupant avait dans ces deux conflits une métropole de repli et l’occupé vivait sur son propre territoire alors qu’une bonne partie de la population palestinienne a dû s’exiler).

Cette situation pose des problèmes spécifiques :

-  quel territoire revendiquer pour un État palestinien ?
-  quel type d’État ?
-  que faire de l’occupant et des colons juifs ? La lutte d’indépendance de l’Algérie aurait pu servir de référence puisqu’il y avait également une colonie de peuplement française, mais avec des différences majeures notables : en Israël, la communauté nationale juive israélienne dispose d’une certaine autonomie économique, politique et militaire.

Au début, pour les Palestiniens en exil ou réfugiés, la question se posait en termes simples : l’occupant qui nous a expulsés doit être chassé à son tour de notre territoire pour que nous puissions faire prévaloir notre droit au retour. Le mouvement national palestinien, difficilement ancré dans une population dispersée et politiquement divisée a dû passer du refus total de « l’entité sioniste » et de l’appel à la destruction de l’État hébreu, à l’idée d’un État palestinien sur seulement une partie du territoire d’origine avec l’instauration d’une démocratie où coexisteraient musulmans, juifs et chrétiens, à l’acceptation de facto de l’État d’Israël. Ce fut une longue marche douloureuse.

Entre 1968 et 1970, l’OLP est confrontée à un débat idéologique interne sur le type d’État à créer. Ce débat sur l’instauration d’un État démocratique est théorique, sans portée pratique.

Puis ce fut le débat sur le devenir des colons juifs. Les Palestiniens avaient une perception très différente de la réalité israélienne, selon qu’ils étaient réfugiés au Liban, dans les pays du Golfe ou en Jordanie, vivant en Cisjordanie ou à Gaza ou encore en territoire israélien.

Le rapport entre la lutte de libération de la Palestine et la lutte arabe fut aussi difficile que confus.

Après 1973, l’OLP participe, dans les coulisses jusqu’en 1991, aux discussions internationales. Le débat au sein du mouvement devient alors plus précis et concret, mais entre temps, la réalité a bougé avec l’incrustation d’Israël sur les territoires palestiniens occupés et son processus d’expansion-annexion.

Quelle stratégie possible ?

Le Fatah de Yasser Arafat se prononce pour un État palestinien, indépendamment du préalable de la constitution de la nation arabe, dès 1968 et l’inscrit dans sa charte (modifiée par rapport à l’option panarabe de la charte d’origine de 1964). C’est un des grands mérites de Yasser Arafat et du Fatah d’avoir fait prévaloir la ligne de l’autodétermination.

Ce débat entre nationalisme arabe et nationalisme palestinien n’était pas évident à trancher, car au départ, la tactique adoptée a été de faire cause et lutte communes avec la Syrie contre l’immigration sioniste. Dans un passé encore proche, le roi Fayçal, installé en Irak, essayait de mener une stratégie de lutte arabe contre les occupants britannique et français et contre la colonisation juive de la Palestine. Les Palestiniens, dans leur combat contre l’occupant britannique et contre la colonisation sioniste, étaient forcément alliés au mouvement arabe dans lequel ils étaient insérés. Cette lutte et cette pression du mouvement arabe, avec les Palestiniens en première ligne, auraient pu porter leurs fruits sans la survenue de la Seconde Guerre mondiale et le génocide des Juifs.

De 1920 à 1940 la question palestinienne a donc été principalement une question arabe. Et la direction politique du mouvement national palestinien, qui commençait à avoir une dynamique autonome, a été décapitée par la répression britannique au cours de la révolte de 1935 à 1939.

Abou Iyad, grand stratège palestinien et ami de Yasser Arafat avec lequel fut créé le Fatah, s’est interrogé : pourquoi n’a-t-on pas accepté un État palestinien provisoire sur le territoire laissé aux Palestiniens par le plan de partage de 1947 ? Mais, à cette époque, la tête du mouvement national palestinien étant décapitée depuis 1939, seules émergent les rivalités inter-arabes. Le Haut Comité arabe est totalement incapable de définir une ligne de conduite. Alors le mouvement national palestinien va bientôt manifester une adhésion enthousiaste au « nationalisme révolutionnaire arabe anti-impérialiste ».

Suivant la Syrie déjà engagée dans la « révolution arabe antiimpérialiste », en Irak, le général Kassem en 1960, successeur de la monarchie renversée, s’engage dans un grand mouvement pour la création d’une union arabe révolutionnaire anti-impérialiste. Il monte une « armée de libération de la Palestine » (ALP) avec les réfugiés palestiniens volontaires. Il imagine une autonomie politique en Cisjordanie et à Gaza et la constitution d’un gouvernement palestinien. Mais tout ceci, non pas par amour pour la Palestine et les Palestiniens, mais pour contrer Nasser. Pour les Palestiniens, il s’agit alors de se servir des contradictions entre les dirigeants arabes pour tenter de mener à bien leur propre projet de libération.

En 1963, les velléités des dirigeants arabes sont mises en échec avec la chute de Kassem en Irak et avec la Syrie qui ne peut empêcher le détournement des eaux du Jourdain par Israël. Ces échecs successifs, depuis 1949, pèsent beaucoup sur l’évolution de la stratégie du mouvement national palestinien.

Le 11 janvier 1964, Nasser crée son propre mouvement de libération de la Palestine : l’OLP, avec à sa tête un ami, Ahmed Choukeiri. Cela donne la Charte de l’OLP de 1964 qui ne parle pas de souveraineté du peuple palestinien et qui met en avant la grande nation arabe.

De son côté, inspiré par l’expérience du mouvement de libération nationale de l’Algérie, à l’opposé du panarabisme et du projet nassérien, le Fatah considère que la question palestinienne est avant tout un problème palestinien et non pas une affaire des États arabes. Il mène sa première opération armée début 1965. Le Fatah va ainsi s’autonomiser par rapport au mouvement national arabe, mais non sans difficultés. Car la Cisjordanie et Gaza sont alors sous contrôle des États arabes (Jordanie et Égypte).

Le Fatah est exclusivement composé de Palestiniens. Au sein de l’OLP, beaucoup de Palestiniens sont plutôt issus de la bourgeoisie sunnite qui a fait ses études en Égypte et qui se sont retrouvés dans la Gups, Union générale des étudiants palestiniens. Les affrontements entre commandos égypto-palestiniens et l’armée d’Israël mais aussi la répression nassérienne exercée sur le mouvement va conduire cette partie du mouvement national palestinien à chercher à prendre de la distance puis à se trouver en conflit avec le mouvement nassérien. Certains se retrouvent en prison en Égypte ou en exil. Yasser Arafat est parti au Koweït. Il ne faut donc pas confondre le Fatah avec l’OLP ni avec le mouvement national palestinien dans son ensemble. La Fatah a progressivement investi l’OLP et le mouvement national palestinien.

Un tiers des dirigeants du Mouvement national arabe (MNA) de Georges Habache ne sont pas des Palestiniens. Une vision très différente de la stratégie à mener est portée par cette partie pro-nassérienne du MNA (comme Hawatmeh). Tous issus de la même couche sociale (bourgeoisie urbaine), ils veulent l’unité du monde arabe, la grande nation arabe souhaitée par Nasser, et considèrent que les régimes syrien, libanais, irakien et jordanien sont des obstacles à ce projet porteur de la libération de la Palestine. Il s’agit d’une vision idéologique de la nation arabe.

Après la guerre des Six-Jours de 1967, on assistera au recul du nationalisme panarabe au profit du nationalisme palestinien, pour l’indépendance et l’autonomie de décision du peuple palestinien.

Alors se pose une série d’autres questions à résoudre par le mouvement national palestinien : la patrie palestinienne d’accord, mais quelle patrie ? Avec quel type d’État ? Avec quelles étapes ? Par quels moyens y parvenir ? Avec quels rapports avec le « fait israélien » ?

Le mouvement national palestinien commence à répondre en 1968 dans sa charte modifiée et ajustera progressivement sa stratégie.

Une construction progressive

PREMIER ACQUIS : l’option d’un État indépendant et non inféodé aux États arabes en place implique l’option de la lutte armée menée par le seul peuple palestinien, garantie de son droit à l’autodétermination et de sa souveraineté future.

Dans la foulée se pose immédiatement la question : un État d’accord, mais d’abord sur une partie du territoire ou faut-il attendre d’avoir libéré tout le territoire ?

Farouk Khaddoumi, un dirigeant fondateur du Fatah, avance l’idée d’un État même sur une partie seulement du territoire libéré (Cisjordanie-Gaza) en référence au cas du Vietnam (Vietnam Nord puis Vietnam Sud) mais les esprits ne sont pas mûrs et surtout personne ne veut s’affronter avec le régime hachémite sur le devenir de la Cisjordanie.

DEUXIÈME ACQUIS : un État, oui, mais le Fatah prône un État démocratique palestinien.

Qualifier l’État de « démocratique » au lieu « d’arabe » est mal perçu par les dirigeants des États arabes. Cette idée heurte les partisans du nationalisme panarabe, comme les tenants du Baas syrien ou irakien ou encore les pronassériens.

Le Fatah et le FDPLP sont donc dans une ligne de conduite de rupture avec le nationalisme panarabe, pour des motifs différents. Ils se retrouvent pour soutenir la thèse d’un État démocratique, qui pose autant de problèmes qu’elle prétend en résoudre mais a au moins le mérite de mettre au point une théorie nationale propre et surtout distincte de celle du panarabisme.

L’OLP se prononce donc massivement pour :

-  l’autodétermination du peuple palestinien ;
-  une organisation propre de la lutte de libération dirigée par les Palestiniens eux-mêmes ;
-  une autonomie par rapport au projet de grande nation arabe, mais pas totale du fait des sensibilités et contradictions internes au mouvement national palestinien.

Les massacres de Septembre noir en 1970 vont affaiblir et mettre le courant panarabe durablement minoritaire au sein de l’OLP. L’idée de la création d’un État palestinien démocratique révolutionnaire est désormais mise ouvertement en débat. Le mot « révolutionnaire » est dans l’air du temps de nombre de mouvements de libération nationale.

TROISIÈME ACQUIS : l’acceptation de la présence juive en Palestine, vers une perspective internationaliste ?

Sur le devenir des Juifs en Palestine, le mouvement national palestinien est passé successivement par trois phases :

-  les Juifs à la mer (« phase chauvine ») ;
-  leur intégration dans un État démocratique multiconfessionnel ;
-  un État palestinien indépendant avec acceptation de la présence juive et de son rôle avec les mêmes droits et devoirs, d’où la nécessité du dialogue avec les socialistes israéliens et le Rakakh. Parler d’État démocratique conduit donc à admettre la coexistence de confessions multiples (musulmane, juive, chrétienne). Mais alors que faire si une majorité de Juifs refusent leur intégration dans ce futur État démocratique palestinien et revendiquent l’autodétermination ?

Grâce aussi à l’apport du FDPLP, le Fatah va réussir à promouvoir l’acceptation de la présence juive dans la construction de la Palestine future.

Le FDPLP est partisan de la coexistence des religions mais préfère parler du problème à résoudre entre les Arabes et les Juifs en tant que peuples empreints de leur culture respective et donc des Juifs comme identité culturelle et non pas religieuse.

Le FDPLP se réfère aux droits nationaux et culturels du peuple palestinien. Il reconnaît des droits nationaux et culturels au peuple juif d’Israël. D’où la reconnaissance de deux peuples, de deux nationalismes vivant sur un même territoire mais sans droit des juifs à se constituer en État distinct. Telle est la contradiction inhérente à cette reconnaissance du fait juif israélien. Si on reconnaît aux Juifs israéliens le droit de rester en Palestine, d’y disposer des mêmes droits et devoirs que le reste de la population, comment peut-on dans le même temps décider sans eux la structure étatique ? N’y a-t-il pas acceptation alors de l’idée de l’autodétermination des Juifs israéliens ? Le FDPLP inscrit sa réflexion dans le courant léniniste : or, pour Lénine, reconnaître l’existence d’une nation, c’est reconnaître le droit à l’autodétermination, à se constituer en État distinct et indépendant. Pour sortir de cette contradiction, d’autant plus difficile à admettre par des Palestiniens qui ne conçoivent les Juifs que comme appartenant à une religion et non pas à un peuple, le FDPLP entend promouvoir un autre mythe, celui de l’unité socialiste arabe car, pour eux, seul le socialisme permet, par le principe de l’égalité des citoyens de résoudre la question juive  [1]. D’où un dialogue amorcé avec le Matzpen, mouvement socialiste israélien antisioniste d’inspiration trotskiste et avec le Rakakh, parti communiste israélien, puis avec des « sionistes de gauche » de référence socialiste.

En 1969, le Parti communiste jordanien accepte le plan de partage de la Palestine de 1947. Vers 1969-1970, le Parti communiste israélien se rallie à l’application de ce Plan et à la résolution 242 de l’ONU et il se prononce pour la coexistence des deux peuples palestinien et israélien.

Se pose alors la question suivante : peut-on envisager l’instauration d’un pouvoir politique palestinien, comme embryon d’État, sur seulement une partie du territoire d’origine, la partie libérée ? Que faire pour le reste ? N’est-ce pas renoncer au projet initial de libérer toute la Palestine ?

Jusqu’en 1973, le mouvement national palestinien, toutes tendances confondues, s’est refusé à envisager une telle hypothèse. Le mouvement est alors soumis à un ensemble de pressions :

-  pression diplomatique américaine du plan Rogers poussant à une résolution politique du conflit ;
-  pression militaire jordanienne de Septembre noir qui affaiblit considérablement la résistance armée de l’OLP ;
-  initiative des désespérés de Septembre noir qui se lancent dans le terrorisme en vue d’internationaliser le conflit avec les attentats de Munich (aux Jeux olympiques de 1972), les détournements d’avions. Or, ceci aboutit au contraire à l’isolement du mouvement national palestinien de la communauté internationale. D’où la nécessité d’un retour à la politique ;
-  organisation politique de la résistance à l’intérieur des territoires occupés en Cisjordanie ;
-  tentative d’alliance des Palestiniens réfugiés au Liban avec les forces progressistes libanaises.

1973-1974 : le grand tournant

Une autorité nationale sur la partie libérée du territoire palestinien

L’OLP, dont l’état-major s’est replié sur le Liban, finit par admettre la création d’une autorité nationale sur une partie seulement du territoire libéré, mais comme étape intermédiaire de la lutte pour la libération du pays. Le mouvement national palestinien parle alors d’« autorité nationale » pour évier le terme d’État qui signifierait l’acceptation claire et nette du partage de la Palestine rejeté en 1947.

Le FPLP projetait le renversement du régime royal hachémite en Jordanie. La prise de pouvoir aurait permis d’avoir la Jordanie et la Cisjordanie comme base de reconquête de la Palestine. Du fait de l’échec militaire de Septembre 1970, cette perspective n’existe plus. Il faut donc envisager de mettre en place ce pouvoir politique seulement en Cisjordanie et à Gaza, et donc avoir désormais pour premier objectif de libérer les territoires occupés depuis 1967. Outre la force des événements en Jordanie, le FDPLP est le principal artisan de l’évolution des idées à l’intérieur du mouvement national palestinien. Il différencie la réponse à apporter à l’occupation de 1948, qui a provoqué l’expulsion de la société palestinienne et sa dispersion, et celle qu’il faut apporter à l’occupation par Israël des territoires, comme la Cisjordanie en 1967 où la population palestinienne de ces territoires est en grande majorité restée sur place sous un régime d’occupation.

Il convient donc de combattre d’abord là où est regroupée la plus forte population palestinienne, c’est-à-dire en Cisjordanie et à Gaza. C’est une nouvelle rupture dans la stratégie du mouvement national palestinien qui, précédemment, dans ses textes officiels, ne parlait pas de la Cisjordanie ni de Gaza mais des « territoires libérés ou évacués ». Seul le PC palestinien évoquait la Cisjordanie et Gaza comme axe stratégique de reconquête.

L’OLP revendique désormais l’instauration d’une « autorité » nationale sur la partie des territoires occupés qui sera libérée. Il s’inspire de l’expérience de la résistance vietnamienne à l’occupant américain, qui s’est appuyée sur le Vietnam du nord. Mais on ne parle toujours pas d’État.

La voie diplomatique à l’extérieur et la voie politique à l’intérieur

En pleine guerre israélo-arabe de 1973, Yasser Arafat envoie un message à Henry Kissinger (secrétaire d’État = ministre des Affaires étrangères des États-Unis) pour lui exprimer l’accord de l’OLP de participer à des négociations. L’OLP adopte ainsi ouvertement la voie de la diplomatie internationale pour résoudre le conflit. Mais l’option de l’État démocratique palestinien incluant même de manière implicite la disparition de l’État d’Israël n’offre pas suffisamment d’ouverture à une négociation. Il faut donc envisager une étape transitoire ; c’est le programme politique de l’OLP défini lors du douzième Conseil national de juin 1974. Par contre, le mouvement national palestinien est opposé à la logique des négociations qui se déroulent sans lui à la conférence de Genève, mais avec des nuances et hésitations...

Une autre question est soulevée : la montée en puissance du mouvement populaire dans les territoires occupés, en Cisjordanie. Or, le régime jordanien a toujours des visées sur la Cisjordanie dont il entend garder la maîtrise. Alors, faut-il laisser la Cisjordanie sous la coupe de la Jordanie dans l’attente de la libération totale de la Palestine, ou la résistance palestinienne doit-elle en prendre la maîtrise elle-même ? Le Front national palestinien (FNP) veut la souveraineté palestinienne sur la Cisjordanie contre le régime hachémite, si possible par des moyens politiques et diplomatiques, ce qui implique de se rendre à Genève pour obtenir le pouvoir (ce qui ne signifie pas État) sur la Cisjordanie et sur Gaza, et surtout pour obliger Israël à définir ses frontières. Cette position du FDPLP est soutenue par le Fatah et par la Saïka prosyrienne. Cette position doit aussi beaucoup à la prise de position antérieure de Saïd Hammami, représentant de l’OLP à Londres et proche de Yasser Arafat, qui s’est prononcé pour la coexistence des deux peuples et leur reconnaissance mutuelle (article dans le Times à Londres en 1973).

En 1973, Nayef Hawatmeh, le leader du FDPLP, dans une interview à Yediot Aharonoth, le grand quotidien israélien, déclare renoncer à faire de la disparition de l’État d’Israël un préalable à une négociation et il opère une distinction entre gouvernement et peuple israélien et entre sionisme de droite et sionisme de gauche. Sous la pression des critiques internes au mouvement national palestinien, il dira par la suite que ses propos ont été déformés et remettra en question la démarcation entre ceux qui acceptent le droit des Palestiniens à un État et ceux qui le refusent en reprenant la vieille distinction entre sionistes et non-sionistes.

La reconnaissance du fait israélien

Comment s’opère le passage de la reconnaissance théorique du fait israélien à sa reconnaissance pratique ? Comment se développe le dialogue (ne pas confondre avec négociation) entre Palestiniens et Israéliens ?

De 1967 à 1973, le dialogue entre forces politiques s’opère essentiellement d’une part entre les partis communistes israélien, palestinien et jordanien et d’autre part entre le FDPLP et le Matzpen.

Le 11 mai 1973, se tient à Bologne une conférence pour la paix et la justice au Proche-Orient. La délégation du PC palestinien reste bloquée au Liban. La délégation du côté israélien comprend le délégué du PC israélien et un petit groupe sioniste avec Uri Avnery et des personnalités comme Nathan Yalin Mor, un ancien du groupe Stern. Cette conférence débouche sur l’expression de la volonté de dialoguer avec les forces démocratiques en Israël. Or ceci implique la reconnaissance d’une réalité nationale et de dégager des principes d’entente pour aller vers une réalité binationale en Palestine.

En 1974, Hawatmeh et Saïd Hammami, en accord avec Yasser Arafat, proposent une rencontre entre Yasser Arafat et Nahum Goldman, président de l’organisation sioniste mondiale. Cette rencontre est finalement annulée du fait de l’opposition d’Itzhak Rabin.

Le 3 mai 1975, à la conférence de Paris sur la paix et la justice au Proche-Orient, les Palestiniens dont Ezzedine Kallak, représentant de l’OLP à Paris, et des Israéliens se rencontrent mais sans réel dialogue. Mais c’était un début considéré comme encourageant.

En juin 1976, les Palestiniens alliés aux forces progressistes libanaises sont en position d’influencer le cours des événements au Liban et, avec le soutien des forces islamo-progressistes, de prendre le dessus sur les forces chrétiennes. Profitant de cette situation de force, le comité central de l’OLP, réuni à Damas en décembre 1976 substitue à la notion ambiguë « d’autorité nationale combattante », celle « d’État national indépendant ».

Pendant ce temps, par l’entremise d’Henri Curiel, des Palestiniens de l’OLP ont engagé un dialogue secret avec des Israéliens et en particulier avec des sionistes de gauche. Du côté palestinien, c’est Issam Sartaoui, envoyé spécial de Yasser Arafat, et Sabri Geries, intellectuel, auteur d’un livre important sur les Arabes israéliens (Maspéro). Du côté israélien, l’interlocuteur est le Conseil israélien pour une paix israélopalestinienne fondé en 1975 à l’initiative d’Uri Avnery et la délégation est composée de Matti Peled, ex-général de réserve, Lova Eliav, ex- secrétaire du Parti travailliste, Jacob Arnon, économiste, et Meir Pail, secrétaire d’un petit parti sioniste de gauche, le Moked, sans oublier Uri Avnery. Des personnalités d’envergure internationale comme Willy Brandt, Pierre Mendès-France, le chancelier autrichien Bruno Kreisky, facilitent cette démarche de dialogue. Les discussions se poursuivent de décembre 1976 à mai 1977 et aboutissent à un communiqué du Conseil israélien pour une paix israélo-palestinienne qui officialise les contacts et qui propose des bases pour une solution du conflit acceptables par les deux parties.

Le treizième Conseil national palestinien, de mars 1977, se prononce en faveur d’un État palestinien indépendant sur la partie libérée des territoires palestiniens et adopte une résolution prônant « le dialogue et la coopération avec les forces démocratiques et progressistes juives, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la patrie occupée, qui luttent contre le sionisme en tant qu’idéologie et en tant que pratique ». Yasser Arafat commente cette résolution en élargissant la notion de « Juif contre le sionisme », « à ceux qui acceptent le retrait israélien des territoires occupés et l’établissement d’un État palestinien sur ces territoires ». Cette définition constitue une ouverture par rapport à la sécheresse du texte. Il a fallu calmer les remous suscités au sein du mouvement national palestinien par une telle prise de position.

La conférence des partis communistes à Prague, le 4 mai 1977, est la première occasion de rencontre officielle entre l’OLP et le PC israélien. L’objectif d’un seul État est maintenu en théorie, mais faute de perspectives de le concrétiser, le mouvement national palestinien reconnaît le peuple israélien et l’existence d’un État israélien pour un temps donné dans l’attente de la négociation d’un accord entre les deux parties pour l’avenir. Il y a donc reconnaissance de l’existence d’un peuple israélien et reconnaissance de fait pour ce peuple du droit de disposer d’un État pendant un temps donné après accord des deux peuples.

En 1978, Anouar el Sadate conclut un accord séparé de paix bilatérale Égypte-Israël, sous la tutelle des États-Unis à Camp David. Le but de cet accord, pour le président égyptien, est de couper tout lien stratégique avec la démarche du mouvement national palestinien de libération de la Palestine. Le but pour Israël est de déconnecter l’Égypte du conflit israélo-palestinien. En façade, l’Égypte continue à soutenir la cause palestinienne. L’OLP est évidemment opposée à cet accord et à la démarche diplomatique qui le sous- tend. Cet accord intervient au moment où l’Europe introduit l’OLP dans le jeu diplomatique, notamment à l’ONU, alors que les Palestiniens ont été exclus des négociations de Camp David. En parallèle, les discussions se poursuivent entre Palestiniens et Israéliens du camp de la paix, alors que la résistance s’affirme davantage en Cisjordanie. Une scission se produit dans le Parti communiste jordanien pour donner naissance au Parti communiste de Cisjordanie. C’est une nouvelle manifestation de l’autonomisation croissante du mouvement palestinien en Cisjordanie par rapport à la Jordanie. Parallèlement, l’Irak radicalise sa position et, avec l’aide du groupe Abou Nidal, élimine les cadres « modérés » du Fatah, dont Saïd Hammami et Ezzedine Kallak.

En 1982, ayant neutralisé l’Égypte par l’accord bilatéral, Israël s’attaque à son front nord au Liban et tente de liquider la structure militaire de l’OLP et y parvient presque totalement. Mais l’OLP acquiert alors une reconnaissance internationale, comme mouvement de résistance représentatif du peuple palestinien. Au contraire, l’image d’Israël en sort ternie, notamment après les massacres de Sabra et de Chatila, y compris au sein de l’opinion publique israélienne.

En 1982, la Ligue arabe, réunie en sommet (le douzième) à Fès, propose un plan de paix demandant au Conseil de sécurité des Nations unies de garantir « la paix entre les États de la région, y compris l’État palestinien indépendant » et le respect des principes qu’il énonce, notamment « le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à l’exercice de ses droits nationaux imprescriptibles et inaliénables sous la conduite de l’OLP, son représentant unique et légitime ».

En 1983, des délégations palestinienne (présidée par Yasser Arafat) et israélienne (le Conseil israélien pour la paix de Avnery, Peled), réunies à Tunis où l’état-major de l’OLP s’est replié, proposent des initiatives et actions communes pour promouvoir une solution politique du conflit. Cette déclaration provoque un tir groupé des opposants des deux bords. En décembre 1987, c’est le déclenchement dans les territoires occupés de l’Intifada, soulèvement populaire non-armé qui permet de démontrer à l’opinion internationale et israélienne la détermination palestinienne de construire son État en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est à côté de l’État d’Israël. La suite est connue, avec les pas accomplis de part et d’autre sous la pression diplomatique internationale et leur débouché sur la conférence de Madrid de 1991 et les accords d’Oslo. À partir de 1974, la stratégie du mouvement national palestinien est désormais tracée et, à travers des péripéties, des avancées et des reculs, sera mise en oeuvre jusqu’à maintenant.

En résumé, le mouvement national palestinien est passé par les phases suivantes :

-  avant 1967, la stratégie du mouvement national palestinien est centrée sur la perspective d’un retour à une Palestine mythique impliquant la disparition de l’État d’Israël et l’expulsion des colons qui s’opposeront à ce retour à la Palestine d’origine ;
-  après 1967, la question du retour à la Palestine d’origine passe par une phase transitoire de la création d’un État démocratique où coexisteraient musulmans, juifs et chrétiens, l’avenir des juifs étant fonction de leur choix de soutenir ce processus démocratique ou de poursuivre la démarche de l’occupant sioniste ;
-  à partir de 1970, se développe un processus d’insertion, très progressif, de l’OLP, jusqu’alors composé d’exilés, dans le jeu international, allant de pair avec la montée en puissance des forces de résistance en Cisjordanie et à Gaza et au sein du mouvement national palestinien ;
-  à partir de 1974 et à la suite de la guerre de 1973, le mouvement national palestinien s’oriente, par nécessité, vers la voie diplomatique et celle d’un compromis le conduisant à accepter le plan de partage de 1947 et l’instauration d’un État sur une partie seulement de la Palestine. Ce choix suppose de fait la reconnaissance d’Israël comme communauté nationale ayant droit à une structure propre au peuple israélien d’origine juive et de langue hébraïque, c’est-à-dire à un État.

Ainsi, la formation d’un État pour les Arabes est désormais demandée par la direction de l’OLP comme couronnement du nationalisme palestinien et remède « souverain » (c’est le cas de le dire...) à l’oppression et aux injustices insupportables de l’occupation. Et comme l’État palestinien devra naître à côté de l’État d’Israël sur une partie de la Palestine et non en lieu et place d’Israël, on peut dire qu’implicitement l’objectif avancé est une sorte de réhabilitation du partage qu’à la fin du mandat les Arabes ont refusé en tournant le dos aux résolutions de l’ONU qui instituaient deux États avec un statut spécial pour Jérusalem. En outre, sur la question guerre-paix, il y a eu une évolution remarquable : on est passé de la priorité à la lutte armée à la priorité à la politique.

Comme mouvement de guérilla, l’OLP a été régulièrement défaite et elle n’a aucune possibilité de menacer sérieusement Israël. Tous ses efforts militaires, surtout ceux menés au Liban, ont eu seulement pour objectif de tenir en vie une structure organisationnelle pour donner aux Palestiniens de la Cisjordanie et de Gaza un point d’appui politique. Le choix de l’Intifada non armée en 1987 avait pour objectif d’articuler initiative diplomatique et mouvement politique de masse pour ouvrir enfin une négociation. La bataille pour permettre à l’OLP de réaliser ses objectifs est fondamentalement articulée sur la perspective d’une solution négociée. Avec l’unité et l’autonomie du mouvement auxquelles il a tout subordonné (objectifs, formes de luttes et alliances), Yasser Arafat a pu ainsi revendiquer la tenue d’une conférence internationale qui se tiendra finalement à Madrid en 1991. Sans garantir cependant les résultats parce que l’opposition de ceux qui ne veulent pas faire passer la confrontation au niveau de la politique reste diffuse et vigoureuse. Parce que aussi, sur le plan des négociations, les propositions avancées par Israël et les États-Unis sont très loin de donner les garanties nécessaires à la réalisation des droits des Palestiniens tels qu’ils sont fixés par le droit international.

Après une telle évolution et dans un contexte de tensions internes au mouvement, au sein d’une population palestinienne dispersée qui ne vit pas les mêmes problèmes, dans un environnement arabe chaotique, avec la pression constante de la stratégie de conquête et d’annexion israélienne, il s’avère particulièrement difficile de préserver l’unité du mouvement national palestinien et de sa ligne stratégique. Pourtant l’unité a été préservée et cette stratégie reste toujours à l’oeuvre aujourd’hui.

Épilogue

Aujourd’hui, après la disparition de Yasser Arafat, on peut dire que ce qui a caractérisé sa pensée et son action aura été à la fois la complexité et les tournants parfois improvisés et simplificateurs avec lesquels il a voulu et pu régler des problèmes stratégiques apparemment inextricables et les urgences continuelles quasi quotidiennes pour une des situations les plus dramatiques qu’un peuple ait subie au XXe siècle.

Peu comme lui, dans la vie ou dans la mort, ont représenté et reflété les conditions de leur peuple. Ses oscillations, entre silences et longues déclarations, entre lutte armée et lutte politique, entre succès remarquables et échecs cuisants, entre rigueur et concessions, entre poussée révolutionnaire et aspiration à fonder un État, décrivent le caractère général de la question palestinienne comme problème incontournable et non comme obstacle comme on a voulu le faire croire, pour faire sortir la région de la phase post-coloniale.

Sa disparition ne crée pas mais au contraire met au premier plan tous les problèmes que le mouvement national palestinien affronte avec les circonstances aggravantes d’une occupation de plus de trente-sept ans et d’une transformation historique du scénario international : un monde monopolaire où la guerre préventive « contre le terrorisme » a remplacé brutalement toute référence au droit international. Dans le groupe dirigeant palestinien installé depuis dix ans sur le territoire palestinien occupé et non plus en exil, l’après Arafat réouvre le débat et remet au centre les choix politiques à faire sous la pression militaire de l’ennemi. Une situation qui pèse lourdement sur l’autonomie réelle à un moment où le peuple palestinien n’est plus disposé à déléguer ses pouvoirs à Abou Mazen, le nouveau chef élu de l’Autorité palestinienne, comme il l’a fait pour Yasser Arafat du fait de son statut spécial.

[1] Comme le relève Olivier Carré dans son ouvrage sur L’idéologie politique de la résistance palestinienne - 1972 : « En fait, une contradiction ne sera jamais résolue : il s’agit du respect total de la nationalité juive dans la future Palestine en même temps que son intégration dans la nation arabe. Le nationalisme, voire le chauvinisme, arabe remplace le nationalisme et le chauvinisme juifs alors qu’on prétend abolir tout chauvinisme dans la Palestine idéale » p. 105.

Bernard Ravenel, historien est président de l’AFPS (Association France Palestine solidarité) et membre du comité de rédaction des revues Confluences Méditerranée et Damoclès.
http://www.france-palestine.org/article1875.html

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