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Israèl est contre TORAH

*"Les sionistes me dégoûtent autant que les nazis."
(Victor Klemperer, philologue allemand d'origine juive, 1881-1960)

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L’initiative sioniste de proclamer l’État d’Israël constitue une révolte contre la volonté divine, contre la Torah, une révolte qui a engendré une vague interminable de violence et de souffrance. À l’occasion de la fondation de l’État hérétique, les juifs fidèles à la Torah pleurent cette tentative d’extirper les enseignements de la Torah, de transformer les juifs en une « nation laïque » et de réduire le judaïsme au nationalisme.......Nous déplorons les tragédies que la révolution sioniste a provoquées chez les Palestiniens, notamment des déportations, l’oppression et la subjugation..Que nous méritions que cette année toutes les nations, en acceptant la souverainet

é divine, puissent se réjouir dans une Palestine libre et dans une Jérusalem libre! Amen. Offert par Netouré Karta International : www.nkusa.orglink

                                               


   

 


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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 20:19

Main basse sur la mémoire, les pièges de la loi Gayssot


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clap36
Vendredi 27 Janvier 2012
http://www.dailymotion.com/video/xgvtlq_main-basse-sur-la-memoire-les-pieges-de-la-loi-gayssot_news?start=0#from=embedlink


Main basse sur la mémoire, les pièges de la loi Gayssot
Vingt ans après la création de la loi Gayssot, de nombreux historiens, philosophes, hommes politiques de tous bords, dénoncent les dérives qu'elle a engendrées. La « mère de toutes les lois mémorielles », votée en 1990, pénalise la contestation de l'existence des crimes contre l'humanité, tels que définis par le Tribunal de Nuremberg. Présentée à l'époque comme un rempart contre l'antisémitisme, son bilan est pourtant aujourd'hui désastreux : atteintes aux libertés, concurrence génocidaire, surenchère victimaire, renouveaux identitaires et racistes, gigantesques détournements financiers. Un film documentaire de Béatrice Pignède



DVD Main basse sur la mémoireSouscription / prévente

Pendant la période de souscription, le DVD de «Main basse sur la mémoire» est proposé au tarif de 20€ (frais de port inclus). Pour commander le DVD et le recevoir dès la 1ère semaine de mars 2012, cliquez ci dessous :


Esquisse du film

 


Synopsis

Notre mémoire collective est marquée par les images des atrocités commises pendant la Seconde guerre mondiale, en particulier par les nazis. Afin de garantir que « la bête immonde » ne puisse revenir, le législateur a produit des lois mémorielles dont la loi dite Gayssot de 1990, qui qualifie de délit la contestation de l'existence des crimes contre l'humanité, tels que définis par le Tribunal militaire international de Nuremberg.
Après vingt années de son application, nombreux sont les historiens, philosophes, hommes politiques de tous bords, et jusqu’au sein de l’appareil judiciaire, à dénoncer les dérapages qu’elle a engendrés. Concurrence génocidaire, surenchère victimaire, renouveaux identitaires et racistes, gigantesques détournements financiers : ce film pose la question de cet engrenage liberticide.
Quel sens donner à ce qui s’apparente à une véritable main basse sur notre mémoire ?


Intervenants

Paul Ricœur Paul Ricœur, philosophe français qui développa la phénoménologie et l'herméneutique, en dialogue constant avec les sciences humaines et sociales. Il s'intéressa aussi à l'existentialisme chrétien et à la théologie protestante. Son œuvre est axée autour des concepts de sens, de subjectivité et de fonction heuristique de la fiction, notamment dans la littérature et l'histoire.
Anne-Marie Le Pourhiet
Photo © B.Pignède - Clap36
Anne-Marie Le Pourhiet est juriste, professeur agrégé de droit public à l'Université de Rennes 1. Elle est vice-présidente de l'Association française de droit constitutionnel (AFDC) et de la Société des professeurs des facultés de droit. Elle s'intéresse notamment aux atteintes à la liberté d'expression que constituent la multiplication des délits d'opinion et des lois mémorielles. Elle a été auditionnée par la commission des Lois de l'Assemblée Nationale sur cette dernière question.
Norman Finkelstein
Photo © Flora Joly - Clap36
Enseignant à Brooklyn College, au Hunter College, à l'Université de New York puis à Université DePaul, Norman G. Finkelstein est fils de survivants du ghetto de Varsovie. Il est l'auteur d'une importante étude « L'industrie de l'Holocauste, réflexions sur l'exploitation de la souffrance des juifs ».
Annie Lacroix-Riz
Photo © B.Pignède - Clap36
Annie Lacroix-Riz est une historienne française, spécialiste des relations internationales dans la première moitié du XXe siècle et de la collaboration. Ses travaux portent sur l'histoire politique, économique et sociale de la Troisième République et de Vichy, les relations entre le Vatican et le Reich. Elle est également connue pour son engagement communiste.
Jean Bricmont
Photo © B.Pignède - Clap36
Jean Bricmont est Docteur en sciences, il a travaillé comme chercheur à l’Université Rutgers puis a enseigné à l’Université de Princeton aux États-Unis. Il est actuellement professeur de physique théorique à l'université catholique de Louvain, en Belgique. Figure du mouvement anti-impérialiste, il est l'auteur de nombreux articles sur le droit international et le sionisme.
alain_benajam2-180x120
Photo © B.Pignède - Clap36
Alain Benajam est membre fondateur du Réseau Voltaire.
Longtemps cadre du Parti Communiste Français, il est résolument activiste anti-impérialiste. Il anime sur internet le blog alain-benajam.com.
Jacob Cohen
Photo © B.Pignède - Clap36
Né en 1944 à Meknès, Jacob Cohen obtient une licence en Droit (Casablanca) et le diplôme de Sciences-Po (Paris). Il vit à Berlin et Montréal avant de revenir à Casablanca, où il est maître-assistant à la faculté de Droit, de 1978 à 1987. Il vit depuis à Paris. Il a déjà publié Les noces du commissaire; Moi, Latifa S.; Du danger de monter sur la terrasse; L’espionne et le journaliste et Le Printemps des Sayanim. Il anime le blog jacobdemeknes.blogspot.com.
Robert FaurissonPhoto © B.Pignède - Clap36

Enseignant de lettres, Robert Faurisson s'est d'abord interressé à la critique des œuvres de Rimbaud et Lautréamont. Ses thèses mettant en cause l'existence des chambres à gaz dans les camps de concentration nazis sont à l'origine de la loi Gayssot. C'est aujourd'hui l'une des figures du courant révisionniste.


Fiche technique

Réalisation

Béatrice PignèdeBéatrice Pignède

Journaliste et réalisatrice depuis 20 ans de films documentaires au cinéma et à la télévision française, notamment pour France3 et ARTE, dont un long métrage sur le philosophe Paul Ricoeur et un "grand format" sur la propagande au Kosovo (prix Europa 2000) ; journaliste d'investigation et animatrice de l’émission « Arrêt sur Images » (La Cinquième); intervenante spécialisée cinéma et éducation à l'image dans les écoles, collèges, lycées et associations de quartiers; membre de la télé libre Zalea TV; fondatrice de Clap 36, association de promotion du cinéma documentaire indépendant.

Parmi les films de Clap36, Béatrice Pignède a réalisé Dieudonné sans forme de politesse, Après l'hégémonie, État de guerre, Propagande de guerre propagande de paix, L'irak d'une guerre à l'autre et Chiapas : Voyage en utopie.

+ Interventions télévisées

 

Durée : 108mn
Format ; 16/9ème, HDV, stéréo
Année de production : 2012
Pays : France
Version originale : français
Date de sortie : 1er février 2012
Production / distribution : Clap 36
Écriture et réalisation : Béatrice Pignède
Prise de vues : Flora Joly, Béatrice Pignède, Amar Hamdani, Jean-Sébastien Farez, Christophe Del Debbio
Recherche documentaire : Christophe Del Debbio, Jean-Sébastien Farez, Vincent Frémont, Béatrice Pignède
Traduction : Hervé Duval
Graphisme : Jean-Sébastien Farez
Animation : Abdelhakim Zidouni
Musique originale : Thibault Renou (compositeur, contrebassiste), Misja Michel, guitariste
Mixage : Jean-Luc Lhoste
Montage : Béatrice Pignède

Kit de presse

Dossier de presse (Pdf, 380ko)
Affiche du film (Pdf, 5,42mo)
Photos des intervenants (Zip 9 photos - 26,6mo)

http://www.alterinfo.net/Main-basse-sur-la-memoire-les-pieges-de-la-loi-Gayssot_a70320.html

Par noesam - Publié dans : Dossiers
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 21:12

Un autre regard sur : Les cavaliers d'Allah, (et la conversion des peuples de l’Antiquité à nos jours.)


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Vincent Després Levard
Mercredi 25 Janvier 2012


Un autre regard sur : Les cavaliers d'Allah, (et la conversion des peuples de l’Antiquité à nos jours.)

Ils galopent sur la dune, le sable, la terre, les pierres. Tout jaillit en violentes bourrasques sous les coups des sabots. Ils sont cent, deux cent, trois cent cavaliers paraissant mille tant ils effraient, debout sur leurs étriers faisant tournoyer poussières, sabres, lances et étendards vers le ciel divin. Si rapides que celui qui les voit arriver à l’horizon ne leur échappe pas.

«Ô croyants! Combattez les incroyants qui vous entourent et qu’ils vous trouvent fermes. Et sachez qu’Allah soutient ceux qui le craignent» (Coran 9:123).
N'ont-ils pas écrasé, à 20 000 cavaliers, les 40 000 légionnaires de l’empereur byzantin Héraclius à la bataille de Yarmouk, rejoints par les 12 000 cavaliers légers arméniens et très bon chrétiens qui firent défection à Héraclius pour se ranger aux côtés des cavaliers d’Allah ? N’ont-ils pas à 30 000, disloqué en trois jours l’armée du Roi Perse Yadzgard III forte de 80 000 hommes ? N’ont-ils pas écrasé les Byzantins et les Vandales de Carthage, vaincu et converti les indomptables Berbères de L’Atlas ? N’ont-ils pas broyé l’empire Wisigoth ? N'ont-ils pas conquis Montpellier, Narbonne, Toulouse, tout bousculé jusqu’à Poitiers et au-delà jusqu’en Bourgogne ? N’ont-ils pas crevé l’Europe de Constantinople jusqu’aux portes de Vienne ? N’ont-ils pas régné de la Mecque à Jérusalem ? De Kaboul à Dakar ? Des Comores à Jakarta ? Leur Coran ne chante-t-il pas la guerre comme d’autres le font de l’amour ?

«Ô prophète! Lutte durement contre les mécréants et les hypocrites et sois inflexible avec eux. L’enfer sera leur demeure, un bien pauvre refuge, en vérité» (Coran 9:73).

L'on nous raconte à l'école que les cavaliers d'Allah pillaient tout, brûlaient tout, razziaient tout et convertissaient du tranchant de la lame… Pur fantasme transposant sur l’ennemi les pratiques de nos propres ancêtres d’alors ; les Gaulois, les Vandales, les Wisigoth, les Ostrogoth, les Vikings, les Bretons, les Burgondes, les Arvernes, les Francs, les Huns et les autres, hordes venues des steppes... Les cavaliers d’Allah semaient-ils la « terreur » comme le raconte les livres d’écoles? On a beau chercher des traces probantes, les preuves d’un grand carnage, l’histoire n’en conserve pas. Bien au contraire, semant leur culture, leur langage, leur civilisation scientifique partout aussi sûrement que le blé dans la plaine, faisant de chaque ville conquise un foyer et une nouvelle base de leur propre civilisation, rassemblant les peuples qu’ils libéraient de jougs barbares autour de l’idée d’un Dieu juste, libertaire, égalitaire et fraternel. Des révolutionnaires ! Le carnage et le pillage c’est une chose, La guerre de libération c’en est une autre.

« Ô les croyants! Lorsque vous sortez pour lutter dans le sentier d’Allah, voyez bien clair et ne dites pas à quiconque vous adresse un salut de paix : "Tu n’es pas croyant" convoitant les biens de la vie d’ici-bas. Or c’est auprès d’Allah qu’il y a beaucoup de butin. C’est ainsi que vous étiez auparavant; puis Allah vous a accordé Sa grâce. Voyez donc bien clair. Allah est, certes, Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. » (Coran 4 : 94)

Mais comment quelques dizaines de milliers de bédouins de l'an 700 auraient-ils pu convertir par la violence des millions d'hommes et de femmes et les maintenir sous leur joug aussi longtemps, à tel point qu'aujourd'hui les serviteurs d'Allah représentent le tiers de l'humanité ? Que reste-t-il des empires de Pharaon ? D’Alexandre ? De César ? De Napoléon et des empires coloniaux européens ?
Alors que l'immense empire spirituel du caravanier Mohamed et ses cavaliers perdure depuis 1400 ans, et résiste à tout au point de se développer encore aujourd'hui, nécessitant de nouvelles mosquées, dont certaines de 120 000 places ! Combien d'hommes pour une telle conquête en moins d’un siècle, à l’époque où la boussole n’existait pas car ils ne l’avaient pas encore inventée ? 20 000 contre l’empire Romain de Byzance, puis 30 000 contre l’Empire Perse, est-ce suffisant pour conquérir et dominer le monde connu ? Comment ont-ils fait ?
Si on remarque aujourd'hui que les États-Unis soutenus par une coalition mondiale ont fait se relayer plus d'un million cinq cent mille G.I pour conquérir et occuper l'Irak pendant dix ans, de terreur et de bombardements cruellement sophistiqués, avant d'en être éjectés, on est en droit de se demander comment quelques dizaines de milliers de bédouins ont fait pour tout conquérir et tout conserver à dos de chevaux et de dromadaires?

Quel est ce phénomène historique étrange, ce miracle, où un antique caravanier du 7ème siècle raconte un poème dans une nova-langue, l'arabe, puis l'impose de par le monde de manière rapide et immuable, produisant la première civilisation scientifique digne de ce nom, sur laquelle s’appuiera d'ailleurs la Renaissance occidentale ?

"Une lumière et un Livre explicite vous sont certes venus d'Allah"
(Coran 5:15).

« Recherchez la Science, jusqu'en Chine s’il le faut, car posséder la Science est un devoir qui incombe à tout musulman ».
(Hadith du prophète)

Ceux qui ont mécru, n'ont-ils pas vu que les cieux et la terre formaient une masse compacte? Ensuite Nous les avons séparés et fait de l'eau toute chose vivante. Ne croiront-ils donc pas ? (Coran 21:30)

Moïse ou Jésus ont-ils créé une langue civilisatrice et produit de la science profane avec ? Non, c'est absolument unique, au point qu'au 11ème siècle, les hordes Mongoles renversant tout de l'Orient musulman se convertirent à la religion du caravanier ! Ce qui bat en brèche la théorie de la conversion par l'épée pour expliquer le phénomène des conversions! L’Islam, combien de divisions ?

Pour tenter de comprendre le phénomène, il faut d’abord accepter de se débarrasser des mythes et des fantasmes véhiculés sur « l’ennemi, » depuis les antiques croisades jusqu’à l’actuelle guerre d’Afghanistan, en passant par le colonialisme et la guerre d’Algérie. Car la force, le courage, le nombre ou l’éventuelle cruauté des cavaliers d’Allah quels qu’ils furent n’expliquent pas comment cette religion sortie du désert s’est emparée et a unifié la moitié du monde. De leur cruauté supposée, au-delà du fantasme, l’histoire n’en trouve aucune trace sérieuse.
Bien au contraire… L'islam compte quatre types de « djihad » : par le cœur, par la langue, par la main et par l'épée. Le djihad par le cœur est appelé le « grand djihad » et celui par l’épée le « petit djihad. » en rentrant d’une victoire majeur et finale sur la Mecque, le prophète de l’islam a dit clairement.

« Nous rentrons du petit djihad pour entrer dans le grand djihad. »

Et c’est là une des clefs de la fulgurance et de la prégnance des ces conquêtes ; la « magnanimité » au vaincu doublé d’un système moral progressiste, libertaire, égalitaire et fraternel, universel en somme. Totalement révolutionnaire en ces temps où la barbarie et la razzia, la tuerie de masse, la destruction et le pillage aveugle prédominaient partout, même en Gaule et pour encore plusieurs siècles! « Malheur aux vaincus » criaient encore les romains en abaissant le pouce dans les « cirques » pour commander la mise à mort des gladiateurs blessés.
« Libérez les prisonniers qui auront appris à lire à dix de nos soldats » proclamait Omar, successeur de Mohamed, et conquérant à lui seul de Jérusalem, de Damas, de l’Iran, de l’Irak et de l’Egypte. Ou encore avant d’entrer sur une terre nouvelle :

« O Gens, quand vous faites la guerre ne trahissez pas, ne soyez pas assoiffés de vengeance, ne trompez point. Ne tuez ni enfant, ni vieillard, ni femme. Ne déracinez ni ne brûlez de palmiers, ne coupez pas d’arbres fruitiers. N’égorgez ni brebis, ni vache, ni chamelle que pour vous en nourrir. Et si vous passez près de gens occupés dans leurs églises, laissez les vaquer en paix à ce qu’ils font… » Omar.

«Nulle contrainte en religion: la vérité se distingue
clairement de l’erreur»
(Coran 2:256).

"Si ton Seigneur le voulait, sûr que les habitants de la terre croiraient tous jusqu'au dernier. Mais toi, peux-tu contraindre les gens à croire ?"  (Coran 10 :99) 

Ces troupes archaïques de bédouins magnanimes, emportées par une foi nouvelle et civilisatrice qui porte le nom de « Paix, » abattaient les sectes et les faux dieux, les clans, les tribus, les cités, les royaumes, les empires déliquescents, dans de terrifiantes charges et batailles rangées où ils rivalisaient de courage et de sacrifices pour plaire à Allah et apporter la victoire de « La Paix »  sans coup férir. La force ennemie écrasée et dispersée, ils entraient dans les villes sans violence, confiaient les affaires aux notables locaux, levaient un impôt plus léger que le joug précédent, et protégeaient la ville en retour. Il y eu bien sûr des excès et ce tableau idéal fut maintes fois corrompu, mais jamais de manière significative, et l’histoire ne garde pas mémoire de grands massacres du niveau des croisades très chrétiennes contre les mêmes musulmans, contre les cathares ou bien plus tard contre les protestants, les indiens d’Amérique ou les africains, où la conversion se fit souvent par le génocide barbare.
La prise de Jérusalem par Omar est en cela exemplaire d’humanité universelle, tandis que la prise de cette ville par nos ancêtres les croisés, trois siècles plus tard, se fit dans un grand carnage sans distinction entre musulmans, juifs et chrétiens, car tout ce qui était bronzé était passé au fil de l’épée !

Aucune conversions de masse par l’épée, car le musulman ne paye pas l’impôt de protection, et la conversion d’une seule ville faisait perdre des ressources importantes à la jeune armée en marche. Au point que certaines tribus nouvellement converties étaient maintenues dans l’impôt pour conserver la ressource qu’elles représentaient ! Il faut savoir aussi que les familles chrétiennes, juives ou autres qui donnaient un de leur fils aux cavaliers d’Allah, étaient exonérées de cet impôt, car prenant part à la défense de la cité et des marches du nouvel empire consacré au Dieu universel.

"Dieu a acheté des croyants leurs biens et leurs personnes pour qu'il leur donnât en retour le paradis ; ils combattront dans le sentier de Dieu, ils tueront et seront tués. La promesse de Dieu est vraie : il l'a faite dans le Pentateuque, dans l'Evangile, dans le Coran ; et qui est plus fidèle à son alliance que Dieu ? Réjouissez-vous du pacte que vous avez contracté, c'est un bonheur ineffable." (Coran 9 :112)

« Et ne discutez que de la meilleure façon avec les gens du Livre (Juifs et Chrétiens), sauf ceux d' entre eux qui sont injustes. Et dites: "Nous croyons en ce qu’on a fait descendre vers nous et descendre vers vous, tandis que notre Dieu et votre Dieu est le même, et c’est à Lui que nous nous soumettons ». (Coran 29 :29)

Au contraire des intérêts des conquérants magnanimes, les peuples soumis à ce maître libertaire, laissant pratiquer les cultes, incitant et innovant dans les sciences, protégeant les biens et les personnes et permettant leurs libres circulations sur un territoire immense et pacifié, se convertirent bien volontairement pour jouir du statut de citoyen assumé de cet empire autant temporel que spirituel, qui s’étendait sur le monde comme de l’huile renversée sur une table. Ainsi, à l’inverse de ce qui s’était fait dans toutes les civilisations précédentes, le statut de citoyen s’obtenait moins par la naissance et le privilège qu’il se décidait volontairement!

« Celui qui opprime un citoyen non musulman, qui lui retire ses droits, exige de lui plus qu’il ne peut supporter, et qui le contraint à une quelconque concession, je serai le défenseur de cet opprimé le jour du jugement dernier »
 (Hadith du Prophète)

«Dis: ô incroyants! Je n’adore pas ce que vous adorez. Et vous n’adorez pas ce que j’adore. Je n’adorerai pas ce que vous adorez. Et vous n’adorerez pas ce que j’adore. À vous votre religion, et à moi ma religion» (Coran 109:1-6)

«Et endure leurs paroles avec patience, et éloigne-toi d’eux avec noblesse et dignité. Puis laisse-Moi traiter seul avec ceux qui vivent dans l’aisance et nient la vérité – accorde-leur un bref répit»
(Coran 73:10–11)

La conversion forcée n’avait ni sens ni même intérêt pour les conquérants, mais imperturbablement les clans, les tribus, les cités se convertissaient par pans entiers, les uns après les autres au fur et à mesure que tombaient les despotes locaux. Ils soutenaient volontairement l’effort de guerre de ces cavaliers d’Allah que beaucoup considéraient comme de véritables libérateurs, des révolutionnaires faisant tomber les potentats barbares comme des dominos. Une sorte de révolution mondiale, ou de « printemps musulman ! ». Ce sont de ses proches Berbères qui livrèrent le repère de la Kahïna aux cavaliers d’Allah, Reine Berbère insaisissable et farouche résistante, leur faisant subir de lourdes pertes, empêchant leur pénétration en Afrique du Nord pour plusieurs années. Ce sont encore des Berbères devenus musulmans qui engagèrent de leur propre initiative la conquête de la péninsule ibérique tandis que les juifs qui y vivaient les accueillaient comme des libérateurs et s’engageaient à leurs côtés.

“ Vous venez tous d’Adam et Adam n’est que poussière: un Arabe n’a aucun mérite sur un non Arabe, de même un non-Arabe n’a de mérite sur un Arabe, ni un homme blanc sur un homme noir, ni un homme noir sur un homme de peau rouge, que par la piété. Le plus méritant auprès de Dieu est le plus pieux”.
(Hadith du Prophète)

"La piété ne consiste point en ce que vous tourniez vos visages vers le Levant ou le Couchant. Vertueux sont ceux qui croient en Dieu et au jour dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes, qui donnent pour l'amour de Dieu des secours à leurs proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l'aide, et pour délier les jougs, qui observent la prière, qui font l'aumône. Et ceux qui remplissent les engagements qu'ils contractent, se montrent patients dans l'adversité, dans les temps durs et dans les temps de violences. Ceux-là sont justes et craignent le Seigneur." (Coran 2 :177)

« Ô êtres humains, Nous vous avons crées d’un homme et d’une femme, et Nous vous avons désignés en nations et en tribus, pour que vous vous entre-connaissiez ! Le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, c’est le plus vertueux ». (Coran 49 :13)

Tout le monde voulait marier sa fille à un cavalier d’Allah, ou épouser une de leurs femmes, espérant atteindre la noblesse, la richesse et la science de la nouvelle élite, mais pour cela, il fallait se convertir… Les conversions par amour furent éminemment plus nombreuses que les conversions par le sabre, ce qui est encore totalement valable aujourd’hui…Les bédouins d’origines venus d’Arabie, ces cavaliers d’Allah qui auraient égorgé le monde pour qu’il se convertisse, ont été dilués et dépassés par la conversion de l’humanité que recouvraient l’étendue de leurs conquêtes, et par la première civilisation universelle qu’ils engendrèrent ainsi.

Il y eu bien sûr des révoltes contre ces nouveaux maîtres, contre des hommes corrompus et des dynasties décadentes qui commirent crimes et parjures ignobles, mais jamais contre l’Islam adopté et défendu par tous comme un bien commun naturel, servant au contraire d’étendard aux révoltés ! Devenus eux-mêmes serviteurs et cavaliers d’Allah, plus que d’un mauvais maître!

Nul besoin de convertir par le sabre courbe des cavaliers d’Allah, l’enseignement et la pratique de la Loi Universelle suffisait. Sabre courbe qui d’ailleurs sera adopté plus tard par la cavalerie française de Bonaparte, converti lui-même à l’Islam dés qu’il mit le pied en Egypte en vainqueur... Un peu comme les Mongols avant lui au 11ème siècle. Ce ne sont pas les cavaliers d’Allah qui sont irrésistibles, c’est l’Islam. Le Coran.

L’Occident qui voit ses enfants se convertir par milliers aujourd’hui devrait réfléchir sur ce point, plutôt que se retrancher derrière des fantasmes primaires et éculés, ne reposant sur rien d’autre que la propagande nécessaire aux guerres actuelles pour le pétrole. La force de l’Islam c’est la paix, et non la guerre. C’est ce qui fit son succès au milieu des temps barbares et qui lui garde toute sa vitalité parmi les peuples du 21ème siècle.

Faut-il donner un seul exemple de la révolution sociale qui permit cet engouement quasi universel ? Dans l’antiquité et depuis la nuit des temps, les femmes veuves des guerriers étaient, en Orient comme en Occident, éloignées de la communauté et abandonnées, cloîtrées ou exploitées, échangées, vendues…
Contre cette horreur et pour rétablir la dignité et la prospérité de ces femmes injustement sacrifiées et méprisées, le Coran permit aux « muslimin, » suivant leur richesse, de prendre en charge d’une à quatre épouses, avec toute la responsabilité familiale coranique que cela impose, dont des droits de la femme inaliénables, totalement révolutionnaires à l’époque, comme par exemple la propriété, l’héritage ou le divorce, et un devoir impérieux d’égalité de traitement entre les épouses. Ça n’avait rien à voir avec la sexualité. C’était un devoir humaniste et un progrès social pour l’ensemble de la communauté qui s’en trouva rapidement renforcée par des familles nombreuses, cohérentes et puissantes.

“Le plus parfait des croyants est celui qui a la meilleure conduite. Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui ont la meilleure conduite avec leurs femmes“ (Hadith du Prophète)

Il en était de même de la Loi coranique interdisant de tuer les filles à la naissance, pratique barbare courante dans toute l’humanité d’alors, ou encore, légiférant strictement sur le droit des orphelins, y compris à l’héritage. Des Lois aujourd’hui universelles, adoptées dans ses principes par l’ensemble de l’humanité.

"Et On demandera à la fillette enterrée vivante, pour quel péché elle a été tuée" (Coran 81 :8-9)

« Restituez aux orphelins leurs biens ; ne substituez pas le mauvais pour le bon. Ne consumez pas leur héritage en le confondant avec le vôtre ; c’est un grand péché ». (Coran 4 :2)

« Ceux qui mangent injustement des biens des orphelins ne font que manger du feu dans leurs ventres. Ils brûleront bientôt dans les flammes de l'Enfer. » (Coran 4 : 10)

« Il vous est interdit de recevoir en héritage des femmes contre leur gré. » (Coran 4 :19)

« …Epousez, comme il vous plaira deux, trois ou quatre femmes. Mais si vous craignez de ne pas être équitable, prenez une seule femme… ». (Coran 4/3)

Evidement que les femmes barbares poussaient les maris, les familles, les clans et les tribus à se convertir à l’Islam! Pas folles les guêpes !

Dis : "Venez, je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit : ne Lui associez rien ; et soyez bienfaisants envers vos père et mère. Ne tuez pas vos enfants pour cause de pauvreté. Nous vous nourrissons tout comme eux. N'approchez pas des turpitudes ouvertement, ou en cachette. Ne tuez qu'en toute justice la vie qu'Allah a déclarée sacrée. Voilà ce qu’Allah vous a recommandé de faire ; peut-être comprendrez-vous." (Coran 6 : 151)

Et ce n’est pas par hasard si ce sont encore aujourd’hui les femmes qui se convertissent en majorité, souvent par amour pour un descendant des cavaliers d’Allah!

Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable accomplissent la salât, acquittent la zakat et obéissent à Allah et à Son messager. Voilà ceux auxquels Allah fera miséricorde, car Allah est puissant et sage.
(Coran 9 :71)

« Ne convoitez pas ce qu'Allah a attribué aux uns d'entre vous plus qu'aux autres ; aux hommes la part qu'ils ont acquise, et aux femmes la part qu'elles ont acquise. Demandez à Allah de Sa grâce. Car Allah, certes, est omniscient. » (Coran 4 : 32)

Faut-il dire aussi que le Coran est le premier livre abolitionniste de l’histoire ? Appelant à l’affranchissement des esclaves, accordant des droits à la justice à ceux qui seraient maintenus sous le joug et imposant des devoirs encore une fois très strictes à leurs maîtres, mettant leur place au paradis dans la balance s’ils ne les respectaient pas ! Faut-il rappeler que le premier « Muezzin » de l’histoire fut un esclave fraichement affranchi par le prophète lui-même ? Plus qu’une révolution, une civilisation, une religion !

" Rédigez un contrat d'affranchissement pour ceux de vos esclaves qui le désirent, si vous reconnaissez en eux des qualités et donnez-leur des biens que Dieu vous a accordés " (Coran 24 : 33).

" Dieu... vous punira pour les serments prononcés délibérément. L'expiation en sera de nourrir dix pauvres - de ce que vous nourrissez normalement votre famille- ou de les vêtir, ou d'affranchir un esclave " (Coran 5 : 89).

On verra ainsi des esclaves, les Mamelouks, prendre le pouvoir en Egypte, et être acceptés par le peuple car plus justes et moins décadents que leur prédécesseurs. Ces même cavaliers Mamelouks qu’écrasait Bonaparte à la bataille des Pyramides, mais qui pourtant le convertirent à l’Islam, et enfin intégrèrent sa Garde Impériale, servant la France jusque sur les grands champs de bataille européens, Austerlitz, la campagne de Russie, Waterloo…. Le garde du corps personnel de l’empereur des français était un authentique Mamelouk…Qui sait que dans ses mémoires de Sainte Hélène, il confirme et explique sa conversion à l’Islam? « J’espère que le moment ne tardera pas où l’Islam prédominera le monde, car il prédominera le monde. » prophétisait-il comme le meilleur des cavaliers d’Allah…« Les forces de l’esprit sont supérieures aux forces de l’épée » concédait alors Napoléon Bonaparte, « Empereur musulman des français, » au soir de sa vie.

Les conversions des peuples antiques perclus dans des sociétés barbares et archaïques étaient inévitables, la diffusion de l’Islam fut permise comme une évidence compte-tenu de la révolution humaniste, politique, sociale, scientifique, culturelle et universaliste qu’elle proposait au monde grâce à la foi, à la vaillance et à la magnanimité des cavaliers d’Allah.

Le génie conquérant de l’Islam fut, et est encore malgré son inanité militaire face aux assauts ultra-violents de l’Occident, d’être porté par une foi en un Dieu unique, omniprésent et omniscient dont chaque lettre du message coranique fait Loi supérieure aux vils intérêts et appétits des hommes qui s’en recommandent.
 
« Ô les croyants! Observez strictement la justice et soyez des témoins (véridiques) comme Allah l’ordonne, fût-ce contre vous-mêmes, contre vos père et mère ou proches parents. Qu’il s’agisse d’un riche ou d’un besogneux, Allah a priorité sur eux deux (et Il est plus connaisseur de leur intérêt que vous). Ne suivez donc pas les passions, afin de ne pas dévier de la justice. Si vous portez un faux témoignage ou si vous le refusez, [sachez qu’] Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. » (Coran 4 :135)

Ainsi le faible devait pouvoir se plaindre au puissant de ne pas bénéficier de la justice coranique, la femme et l’esclave obtenaient le droit nouveau pour l’humanité d’avoir accès aux tribunaux, et si l’injustice était reconnue selon les principes coraniques supérieurs et intangibles, le Sultan lui-même devait s’amender et faire respecter cette loi pour ne pas perdre la face et son crédit devant sa cour. En plus d’être « loi » et « morale, » le Coran était « constitution, » valable pour tous les citoyens de Cordoue à Samarkand.

"Adorez Dieu ! Ne lui associez rien ! Vous devez user de bonté envers vos parents, vos proches, le client qui est votre allié et celui qui vous est étranger ; le compagnon qui est proche de vous; le voyageur et vos esclaves. Dieu n'aime pas celui qui est insolent et plein de gloriole "
(Coran 4 :36).

La nuit barbare s’effaçait alors doucement devant l’aurore de la civilisation coranique. La nouvelle civilisation promouvait les connaissances et la science universelle, le monde s’en ressentit totalement changé au point qu’à sa décadence, lot de toute civilisation humaine, la « Renaissance » occidentale reprit l’essentiel de son œuvre pour faire entrer l’humanité dans l’ère moderne.

« L’encre du savant est supérieure au sang du martyr »
(Hadith du Prophète)

"Il y a deux personne qui ne seront jamais rassasiés, celui qui est à la recherche de la science et celui qui est à la recherche de l'ici-bas."
(Hadith du Prophète)

« Nous avons certes créé l'homme d'un extrait d'argile, puis Nous en fîmes une goutte de sperme dans un reposoir solide.  Ensuite, Nous avons fait du sperme une alaqah (sangsue, chose suspendue, caillot de sang), et de la alaqah Nous avons créé une moudghah (substance mâchée)... »  (Coran, 23:12-14)

« N'avons-Nous pas fait de la terre une couche?  Et placé les montagnes
comme des piquets? »
(Coran, 78:6-7)

Il est à noter qu’aujourd’hui les seigneurs de guerres occidentaux, les « cavaliers du pétrole, » reprennent les usages de l’époque barbare en faisant exécuter les chefs vaincus et leurs familles, Saddam Hussein, Oussama Ben Laden, Kadhafi et leurs suites. Détruisant les pays et la population qu’ils conquièrent au bombardier lourd. Opprimant les non-combattants, humiliant les civils. La « magnanimité musulmane » libérant Saint Louis perçut pourtant comme un barbare incendiaire de ce qui restait de la bibliothèque d’Alexandrie, est bien loin…

L’armée de l’Occident moraliste, US, UE, Israël et Otan, nouveaux conquérants barbares en Orient, se mettent sciemment et cyniquement au-dessus des lois universelles qu’ils prétendent représenter : Bible et Charte des Droits de l’Homme. Interdisant aux faibles de demander justice contre les crimes qu’ils commettent eux-mêmes.

« Et quand on leur dit : "Ne semez pas la corruption sur la terre", ils disent : "Au contraire nous ne sommes que des réformateurs ! " Certes, ce sont eux les véritables corrupteurs, mais ils ne s'en rendent pas compte. Et quand on leur dit : "Croyez comme les gens ont cru", ils disent : "Croirons-nous comme ont cru les faibles d'esprit ? " Certes, ce sont eux les véritables faibles d'esprit, mais ils ne le savent pas. Quand ils rencontrent ceux qui ont cru, ils disent : "Nous croyons"; mais quand ils se trouvent seuls avec leurs diables, ils disent : "Nous sommes avec vous; en effet, nous ne faisions que nous moquer d'eux".
(Coran 2 : 11-14)

Et au final déguerpissant rapidement avec armes et bagages comme des voleurs de poules en laissant derrière eux un pays exsangue, ruiné et plongé dans d’horribles guerres civiles, car n’ayant su apporter la paix ni gagner la bataille des cœurs comme les cavaliers d’Allah le firent. Au lieu d’apporter une civilisation ou un progrès quelconque, ils répandent la décadence, la violence et la destruction que véhicule leur propre société.
S’étonnant ensuite que l’Islam politique et révolutionnaire, en sort renforcé dans les cœurs et les esprits…Combien de GI convertis à l’Islam au retour de leurs campagnes en Orient ? Certes, les forces de l’esprit sont supérieures aux forces de l’épée…

Bien sûr, l'angélisme n'a pas sa part dans l'Histoire de l'Humanité ou de la Umma musulmane, et le monde n’est pas manichéen. L’Islam tout comme le christianisme, la France ou la démocratie aujourd'hui, furent et sont servies tantôt par des héros, tantôt par des criminels, corrupteurs et corrompus. La violence la plus abjecte et le comportement le plus barbare firent et font encore de nombreuses victimes et de grands crimes. La piraterie des « barbaresques » convertissait bien par l’épée les marins qui lui tombaient entre les mains, mais là encore il ne faut en rien généraliser, la capture, le respect de la foi et la libération de Saint Vincent de Paul le démontre. A cette époque, dans un camp comme dans l’autre, les prisonniers étaient généralement jetés par-dessus bord ou réduit à l’esclavage.
Mais il faut alors avoir l’honnêteté de reconnaître que cette violence barbare n'est pas du fait intrinsèque d’Allah qui réclame la Paix, la justice et la liberté pour les peuples, mais tout au contraire de son ignorance, ou sa corruption par des hommes vulgaires... Les pirates étaient des barbares non dégrossis et non des musulmans. Idem pour les voyous sans foi ni loi des banlieues, ce n'est pas le signe de « trop d'Islam » dans les banlieues, mais de son « ignorance » et de son « absence. » Pas assez de paix dans les cœurs et les esprits, pas assez d’éducation à la morale civilisatrice du Coran conduit vers la délinquance.

« Allah commande l'équité, la bienfaisance et l'assistance aux proches. Et Il interdit la turpitude, l'acte répréhensible et la rébellion. Il vous exhorte afin que vous vous souveniez. » (Coran 16 : 90 )

« …Ceux qui ne suivent que leurs passions sont causes de leur égarement et du vôtre… » (Coran 4 : 27)

« Les croyants et les croyantes se soutiennent mutuellement, ils incitent à ce qui est convenable et condamnent le blâmable »
(Coran 9 :71)

« Entraidez-vous dans la pratique du bien et de la piété et non dans celle du pêché et de l’injustice… » (Coran 5 :2)

« …Dieu n'aime pas celui qui est insolent et plein de gloriole… "
(Coran 4 :36).

De même, malgré les lois de la République Française interdisant le vol et le crime, il y a toujours eu des voleurs et des assassins. Ce n’est pas le résultat de « trop de République » mais bien « d’absence » de sens et d’esprit civique chez certains. On ne peut faire le procès aux « écritures, » Saintes ou Constitutionnelles, d’être corrompues par ceux qui s’en autoproclament les adeptes. C’est une erreur intellectuelle très grave. De même pour les juifs, le judaïsme magistral des Tables de La Loi ; « Tu ne tueras pas, Tu ne voleras pas » n’a rien à voir avec les grands crimes des sionistes contre l’humanité palestinienne. Il ne faut pas confondre « le texte » avec ce qu’en font ses corrupteurs ; ni le Coran avec Ben Laden, ni la Bible avec Georges Bush, ni la Thora avec Sharon, ni La Charte des Droits de l’Homme avec Sarkozy.
"C'est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d'Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c'est comme s'il faisait don de la vie à tous les hommes" (Coran 5 :32)
« Commanderez-vous les bonnes actions aux autres pendant que vous vous oublierez vous-mêmes ? Vous lisez cependant le Livre ;
 ne comprendrez-vous donc jamais ?
(Coran 2 : 41)

Il faudrait que les citoyens d’ici et d’ailleurs prennent conscience que leurs valeurs et leurs systèmes de sociétés ne sont pas innés, et sans une défense stricte de la morale qui les ont bâtis, ils retourneront derechef à la barbarie d’où leurs aïeux les avaient sortis.

Halte au retour de la barbarie dont les « cavaliers du pétrole » sont aujourd’hui les meilleurs promoteurs, et dont les « cavaliers d’Allah » de jadis furent les meilleurs pourfendeurs. Que les corrupteurs du monde se méfient de les réveiller, et que les peuples sous le joug les rappellent !

« Et qu'avez vous à ne pas combattre dans le sentier d'Allah, et pour la cause des faibles : hommes, femmes et enfants qui disent : « Seigneur! Fais-nous sortir de cette cité dont les gens sont injustes, et assigne-nous de Ta part un allié, et assigne-nous de Ta part un secoureur. »
(Coran 4 : 71)

Faut-il conclure que cette extraordinaire diffusion de l’islam est moins du fait de la violence des cavaliers d’Allah que de leur bon comportement général généré par le pacifisme constitutionnel et universel du Coran, livre récité comme un poème par un incroyable caravanier ? Car il faut toujours le garder à l’esprit, ce ne sont ni la civilisation islamique ni les cavaliers d’Allah qui ont écrit le Coran, c’est tout l’inverse ! Par conséquent, du fait de l’immuabilité du Coran et de son message universel et intemporel, la conversions des peuples initiée il y a 1400 ans continueront avec ou sans cavaliers d’Allah.
Il semble que ce soit la conclusion qu’en tira l’illustre Lamartine, aussi je m’incline, et le laisse conclure cet essai que je vous remercie d’avoir lu jusqu’au bout !

"Jamais un homme ne se proposa, volontairement ou involontairement, un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : Saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l'homme et l'homme à Dieu, restaurer l'idée rationnelle et sainte de la divinité dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de l'idolâtrie... Jamais homme n'accomplit en moins de temps une si immense et durable révolution dans le monde, puisque moins de deux siècle après sa prédication, l’islamisme, prêché et armé, régnait sur les trois Arabies, conquérait à l'Unité de Dieu la Perse, le Khorasan, la Transoxiane, l'Inde occidentale, la Syrie, l'Egypte, l'Ethiopie, tout le continent connu de l'Afrique septentrionale, plusieurs iles de la méditerranée, l'Espagne et une partie de la Gaule.
Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l'immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l'homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l'histoire moderne à Mahomet ? Les plus fameux n'ont remués que des armes, des lois, des empires; ils n'ont fondé, quand ils ont fondés quelque chose, que des puissances matérielles, écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d'hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué, de plus, des idées, des croyances, des âmes. Il a fondé sur un Livre, dont chaque lettre est devenue une loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toutes les langues et de toutes les races, et il a imprimé, pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane, la haine des faux dieux et la passion du Dieu un et immatériel...
Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d'idées, restaurateur de dogmes rationnels, d'un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d'un empire spirituel, voilà Mahomet. A toutes les échelles où l'on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ?..." 
(Lamartine, Paris 1854)


Vincent Després Levard, le 16 janvier 2012.
Démocrate et Républicain, sans contrainte,
Converti à l’Islam en 1993, sans contrainte,
Élève en deuxième année de l’Université de l’Ignorance, sans contrainte !
fraternitesdesignorants@laposte.net

Bibliographie :
-« Les croisades vues par les arabes » d’Amin Malouf.
-« La Bible, le Coran et la Science » de Maurice Bucaille.
-« La lumière d’Allah brille sur l’occident » de Sigrid Hunk
-« La tradition chevaleresque chez les arabes » de Wacif Boutros Ghali.
-« Que dit vraiment le Coran » Dr Al Ajami
- Revue « Trois Mondes, » « Cours de l’Université de l’Ignorance, » et « Opinion amazigh » d’Abdelkader Rahmani
-« Le Coran » d’Allah !

http://www.alterinfo.net/Un-autre-regard-sur%C2%A0-Les-cavaliers-d-Allah-et-la-conversion-des-peuples-de-l-Antiquite-a-nos-jours_a70228.html

Par noesam - Publié dans : Religion et Croyance
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 21:07

LES MULTIPLES VISAGES DE LA COLONISATION ISRAÉLIENNE: L'apartheid de l'eau enfin reconnu


«J'ai vu l'humiliation des Palestiniens aux points de passage et aux barrages routiers, souffrant comme nous quand de jeunes policiers blancs nous empêchaient de circuler. Cela ressemble beaucoup à ce qui est arrivé aux Noirs de l'Afrique du Sud.»

Evêque Desmond Tutu Prix Nobel de la paix

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Professeur Chems Eddine Chitour
Mercredi 25 Janvier 2012


LES MULTIPLES VISAGES DE LA COLONISATION ISRAÉLIENNE: L'apartheid de l'eau enfin reconnu
Une information ignorée par les médias lourds en France est le rapport de mission du député socialiste Jean Glavany décrivant la situation de la répartition de l'eau en Palestine comme étant un apartheid exercé par la puissance occupante. Le rapport provoque un tollé en Israël. Il décrit la question de l'eau comme ´´révélatrice d'un nouvel apartheid au Moyen-Orient´´.

Sur la méthodologie, le député dit s'être rendu ´´une petite semaine´´ avec d'autres élus français dans la région - Liban, Jordanie, Israël, territoires palestiniens - et avoir rencontré ´´les ministres israélien et palestinien de l'eau, des diplomates et des ONG´´. (..) Sur place, précisément, loin des bureaux de l'Assemblée nationale, Gidon Bromberg, directeur israélien de Friends of the Earth Middle East - une ONG qui rassemble Jordaniens, Israéliens et Palestiniens pour la promotion de la paix et du développement durable dans la région - évoque la question ´´historique´´ de l'eau dans la région. ´´Israël ne partage pas l'eau de façon équitable avec les Palestiniens´´, commente ce spécialiste des questions d'eau.(1)

«Pour Mark Zeitoun, spécialiste des questions de gouvernance environnementale, ´´si l'on définit apartheid' comme une discrimination réalisée sur la base de la race, alors on peut parler d'apartheid de l'eau´´. ´´Il faut savoir, par exemple, que les 450.000 colons israéliens en Cisjordanie utilisent plus d'eau que 2,3 millions de Palestiniens´´, écrit le rapport de M.Glavany. Le rapport Glavany évoque ainsi un fonctionnement ´´sur le mode du consensus, ce qui donne de facto un pouvoir de veto à Israël´´. (...) Dans le détail, le rapport évoque la destruction ´´systématique´´ par l'armée israélienne des puits construits ´´spontanément´´ par les Palestiniens. (..)Face à l'absence de ressources, les Palestiniens doivent acheter de l'eau municipale qui ´´est bon marché mais limitée´´, explique l'expert sur les questions d'eau. Les habitants se tournent vers l'approvisionnement privé». (1)

«Selon la Banque mondiale, les Palestiniens vivant en Cisjordanie dépensent 8% de leur revenu en eau. Pour l'eau non municipale, ´´il n'existe pas de contrôle: [l'eau] peut être contaminée, avec les conséquences que l'on connaît: douleurs abdominales, diarrhées´´. De son côté, Stéphanie Oudot décrit cette image: ´´Des piscines et des jardins arrosés du côté des colons, tandis qu'à côté, les Palestiniens se rendent au puits avec un seau´´. Le partage des eaux, poursuit Flora Genoux, en Cisjordanie est déterminé par les accords d'Oslo II de 1995. L'accord ne tient en outre pas compte des besoins en eau d'une population qui a doublé depuis 1995, selon les estimations de la Banque mondiale. ´´A Ghaza c'est encore pire; la qualité de l'eau y est épouvantable´´, témoigne Gidon Bromberg.(...) Dans une région surpeuplée, où les habitants pompent de l'eau rare, c'est donc de l'eau salée qui sort de terre. ´´Les Ghazaouis ne peuvent plus boire de l'eau du robinet,´´ témoigne Stéphanie Oudot, qui alerte sur une ´´situation humanitaire d'urgence´´. Selon la Banque mondiale, à Gaza ´´seule 5% à 10% de l'aquifère correspond aux standards de qualité´´.(1)

Dans son rapport, M.Glavany, souligne que ´´la priorité est donnée aux colons en cas de sécheresse, en infraction au droit international´´, que ´´les puits' forés spontanément par les Palestiniens en Cisjordanie sont systématiquement détruits par l'armée israélienne´´ et qu'´´à Ghaza, les réserves d'eau ont été prises pour cible en 2008-2009 par les bombardements´´.´´Nous sommes étonnés et indignés par ce rapport de M.Glavany qui a introduit une terminologie extrême dans le document, au dernier moment, sans en informer ses collègues´´, s'insurge le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères Ygal Palmor, qui dénonce dans Haaretz un rapport ´´rempli d'un verbe emprunt de propagande vicieuse, bien éloignée de l'esprit critique professionnel´´. (2)


Les guerres de l'eau depuis la fondation du sionisme

Dès le départ, le sionisme a fait de l'accaparement de l'eau l'objectif principal des guerres avec les Arabes et on s'aperçoit que toutes les guerres se sont soldées par un fait accompli qui aboutit à la situation actuelle. L'étude suivante pose les termes de la problématique. «Le Proche-Orient, lit-on, est une zone géographique qui connaît ce que les experts appellent, une situation dite de «stress hydrique», c'est-à-dire un déséquilibre structurel entre son capital en eau limité et sa consommation, en très forte croissance compte tenu de son rythme démographique et de son développement économique. La question de l'eau a pris un caractère géopolitique évident dans les relations entre Israël et les Palestiniens de Cisjordanie et de Ghaza, où les tensions prennent leur origine dans une disparité flagrante de consommation entre ces deux communautés qui partagent les mêmes sources d'approvisionnement en eau. (...) On peut se demander alors quelle place occupe l'eau, dans la culture et dans la religion de l'Etat d'Israël. Comment l'Etat hébreu pourrait-il accepter de partager de manière plus équitable cette ressource si rare et risquer de se mettre en péril? (...) Dans ce contexte alarmant, Israël exploite la majeure partie des ressources en eau laissant les Palestiniens se contenter de la portion congrue.» (3)

L'étude décrit ensuite les étapes clés de ce hold-up. Il faut remonter lit-on, au début du XXe siècle pour saisir la complexité et la sensibilité du problème des frontières et celui de l'eau, au moment où commence la colonisation juive, lancée par Théodore Herzl, le théoricien du sionisme. (...) En1917, par la Déclaration Balfour, la Grande-Bretagne promet la «création d'un foyer national juif en Palestine». (...)Ce retour à la terre s'est immédiatement heurté à un obstacle majeur: le manque d'eau. La Palestine est une terre aride où la seule réserve d'eau douce importante est le lac de Tibériade qui fait frontière avec la Syrie et la Transjordanie. En 1919, le président de l'Organisation mondiale sioniste, adresse une lettre au Premier ministre Lloyd George, lui demandant d'étendre la frontière nord de la Palestine de manière à englober toutes les sources d'eau tenant ainsi compte au-delà des considérations historiques ou religieuses, des considérations hydrauliques». (3)

«C'est dans ce contexte, poursuit l'étude, qu'un hydrologue américain, Elwood Mead, sera invité par les sionistes à venir en Palestine, c'est chose faite en 1923 et en 1927. (...) Il donnera ensuite, des indications pour irriguer le Néguev, aride, en prélevant l'eau du Jourdain. Ses travaux inspirent le Plan Hayes du nom d'un ingénieur américain qui préconise «l'irrigation des terres de la vallée du Jourdain, la dérivation des eaux du Jourdain et du Yarmouk pour la création d'énergie hydraulique, le détournement des eaux du nord de la Palestine vers le désert du Néguev au sud et l'utilisation de l'eau du Litani au sud du Liban». Ceci confirme l'importance que revêt l'eau dans la construction et la viabilité de l'Etat d'Israël sur le plan humain, économique et sécuritaire. En 1953, Israël va mettre en pratique notamment les directives du plan Hayes et commencer à détourner les eaux du Jourdain. Il entreprend la construction du «National Water Carrier», colonne vertébrale à partir du nord du lac de Tibériade qui lui permet de détourner vers elle la majeure partie de l'eau».(3)

Que font les Arabes? Comme d'habitude ils se plaignent! «La Syrie et la Jordanie, lit-on dans le rapport, se plaignent et les Nations unies critiquent ces actions israéliennes. Le président Eisenhower décide d'envoyer en «médiateur» ou plutôt en conciliateur, Eric Johnston pour proposer un plan de répartition des ressources hydrauliques. Après plusieurs négociations, en 1955 il fait une proposition favorable aux Israéliens. Israël va donc poursuivre ses projets. En 1964. Israël a fini de réaliser à partir du lac de Tibériade, l'interconnexion des eaux sur l'ensemble du territoire jusqu'au désert du Néguev, mis en valeur par l'irrigation, réussissant ainsi à réaliser l'idéal sioniste qui consiste à «faire fleurir le désert». Les Arabes ripostent à plusieurs reprises, mais sans succès. En 1967. La «Guerre des Six-Jours» est d'une certaine manière une guerre pour l'eau puisque les territoires désormais dits «occupés» par Israël lui permettent de contrôler la totalité des ressources, c'est-à-dire: le Golan, véritable château d'eau; plus une partie du cours du Yarmouk; ainsi que les trois grandes nappes aquifères de Cisjordanie, ce qui lui permet donc le contrôle de tout le cours du Jourdain. Cette guerre lui permet d'achever la mise en oeuvre de ses plans hydrauliques et son emprise sur toute la Cisjordanie, Ghaza et les hauteurs du Golan».(3)

«Cette Guerre des Six-Jours sera suivie d'une politique de colonisation, c'est-à-dire d'implantations de juifs dans ces territoires conquis par la force. En 1978 elle occupe le Sud-Liban pour achever en quelque sorte cet approvisionnement - avec notamment l'usage et le détournement d'une partie du fleuve Litani par un système de pompage - Sud-Liban qu'elle ne libérera qu'en 2000, suite à une résistance acharnée du Hezbollah installé dans cette région. Israël contrôle tout le système de l'eau des territoires occupés de Palestine. Il organise un partage inégal et délibéré des ressources en eau: Israël détourne 75% des ressources en eau des territoires occupés, ne laissant que 25% aux Palestiniens. La consommation moyenne en eau par habitant d'un Israélien est 5 fois plus importante que celle d'un Palestinien. Outre le rationnement en eau, les Palestiniens sont victimes de destruction de puits, de canalisations d'eau et d'assainissement, par l'armée israélienne».(3)

Pour couronner le tout, l'étude nous apprend que «la 26e mission de protection du peuple palestinien, en juillet 2002 a relevé: La destruction des puits dans la bande de Ghaza et dans la région de Rafah, du système d'assainissement et des canalisations en eau, la destruction des citernes sur les toits, mitraillés par l'armée (à Ramallah, Jénine et Rafah), les vertes collines des colonies juives dans la vallée du Jourdain et leur arrosage incessant parfois inutile, à côté des espaces caillouteux et secs occupés par les Palestiniens. Aujourd'hui, les 2/3 des besoins d'Israël sont assurés par les ressources provenant de l'extérieur des frontières de 1948: 75% de l'eau des Territoires occupés est consommé par Israël et ses colonies. Le rapport de population entre Israël et les Territoires est de 2 à 1 et celui de la consommation d'eau de 11 à 1!» Tout est dit.(3)


L'apartheid structurel mis en place

On peut s'interroger si les termes du rapport du député français ne sont pas trop forts. Dans les faits il n'en est rien. Un apartheid - développement séparé- C'est ainsi, écrit Leila Farkash que l'évêque sud-africain Desmond Tutu, prix Nobel de la paix, décrivait-il sa visite en Terre sainte. On a souvent établi un parallèle entre l'apartheid sud-africain et la situation israélo-palestinienne, mais sans toujours clairement l'expliciter. Les deux conflits sont historiquement issus du colonialisme. Les colons blancs de l'Afrique du Sud, tout comme les pionniers du sionisme, se sont installés dans un pays où vivait déjà un autre peuple. Comme en Afrique du Sud, les colonisateurs de la Palestine vont expulser la population indigène arabe de sa terre, soit les deux tiers des Palestiniens vivant sur le territoire qui deviendra Israël en 1948, s'emparer de leurs terres et de leurs biens et faire longtemps subir à ceux qui restent dans ce qui est désormais défini comme un «Etat juif» une législation ségrégationniste. (...) En Palestine, le projet sioniste cherche à nier l'existence d'une population indigène non juive vivant sur ce territoire. Evoquant «un peuple sans terre pour une terre sans peuple».(4)

Pour nous rendre compte des multiples facettes au quotidien de - ce développement séparé- dans les 500 barrages érigés par Israël pour contrôler les Palestiniens et les maintenir dans un stress permanent, l'ambiance qui règne dans ces postes de contrôle a été vécue et décrite, admirablement, par le philosophe Régis Debray.

Il écrit: «Nous étions en voiture sur un chemin de terre, en plein midi, à la queue leu leu, escortés d'ânes, de carrioles et de gamins, lorsque des soldats ont arrêté la circulation. Nous sommes restés là à rôtir au soleil, assoiffés, poussiéreux, une petite demi-heure. Mes voisins résignés, sans souci apparent, et moi, intrigué, me demandant pourquoi cette halte. Un accident, sans doute. Jusqu'à voir majestueusement, à cent mètres de distance, sur une belle route asphaltée dite de contournement, un 4x4 véhiculant une radieuse famille de colons, toutes vitres ouvertes, enfants riant aux éclats, maman bronzée, épanouie, papa au volant, cheveux dans le vent. Le chemin des gueux jouxtait la route des seigneurs. Tout devait s'arrêter jusqu'à leur passage, sécurité oblige. Après cette vision quasi surréelle d'un bonheur familial et triomphant, d'un geste de la main, les troufions du check-point nous firent signe d'avancer, mais désirant sans doute s'amuser, ils pointaient du doigt l'une ou l'autre des voitures en convoi pour faire sortir les passagers du véhicule et les faire poireauter en pleine chaleur, for the fun of it. C'est sans doute grisant, ce pouvoir de se faire obéir au doigt et à l'oeil. Quand je suis passé à mon tour devant eux, le chauffeur palestinien m'a mis en garde dans un mauvais anglais: «Ne les regarde pas en face. Baisse la tête. Ce sont nos maîtres.»»(5)

Le professeur Haïdar Eid va plus loin, il pense que l'apartheid s'applique à la situation à Ghaza. Il en dégage des comparaisons révélatrices avec le combat contre l'apartheid en Afrique du Sud et soutient que le mouvement national palestinien en a ignoré les enseignements, à ses propres dépens. Actuellement, tant en Israël que dans les Territoires palestiniens occupés (TPO), il existe deux systèmes de routes, deux systèmes de logements, deux systèmes d'enseignement, et des systèmes judiciaires et administratifs différents selon que l'on est juif ou non juif. (..) A ces lois, correspondent des lois israéliennes, «la loi du Retour», les lois «temporaires» de 2003 sur l'Interdiction des mariages mixtes, les lois sur l'Enregistrement de la population, sur la Citoyenneté et l'Entrée en Israël, sur la Nationalité israélienne, et les lois sur la Terre et la Propriété. Comme en Afrique du Sud. Le type d'apartheid d'Israël se mêle à un colonialisme de peuplement»..(6)

Il semble que la vérité commence à émerger pour rendre justice au peuple palestinien harassé par un siècle d'injustice et qui aspire à vivre en paix, dans la dignité sur moins de 20% de la Palestine originelle. A quand un «Printemps palestinien»?


1. F. Genoux Israël-Palestine: Rapport explosif sur la question de l'eau Le Monde.fr 20.01.12

2. Des députés français dénoncent «un nouvel apartheid» dans la gestion de l'eau en Israël Le Monde 17.01.2012

3. La symbolique de l'eau:http://www.irenees.net/fr/fiches/analyse/fiche-analyse-531.html

4. http://www.monde-diplomatique.fr/2003/ 11/Farsakh/10683

5. Régis Debray: A un ami israélien, avec une réponse d'Elie Barnavi, Flammarion 2010

6. Haïdar Eid: Les multiples visages de l'apartheid israélien à Ghaza. Traduit de l'anglais par JPP: http://www.info-palestine.net/ article.php3?id_article=9239


Professeur Chems eddine Chitour
Ecole Polytechnique enp-edu.dz

 

http://www.alterinfo.net/LES-MULTIPLES-VISAGES-DE-LA-COLONISATION-ISRAELIENNE-L-apartheid-de-l-eau-enfin-reconnu_a70179.html

Par noesam - Publié dans : israèl régime d'aparthied
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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 20:29

Adelson un Juif sioniste qui a fait fortune à Las Vegas et Macao comme propriétaire de casinos est un ami de longue date de Gringrich. Adelson veut que les US attaquent l’Iran. Gringrich a critiqué les administrations Bush et Obama pour ne pas l’avoir fait de plus il a affirmé en Décembre que le peuple palestinien est un peuple « inventé ». Bingo !!! Il a reçu d’Anderson en récompense 5 millions de $ pour démolir son rival Romney. Re Bingo !!! Il vient de remporter le vote en Caroline du Sud. Acheter la «Démocratie» Made In USA est à la portée de n’importe quel milliardaire juif sioniste.

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Myriam Abraham
Lundi 23 Janvier 2012


Newt Gringrich Finançé Par Le Milliardaire Juif Sioniste Américain Sheldon Adelson Grand Ami De Netanyahou.

Un petit groupe de supporters de Newt Gringrich le candidat à l’investiture républicaine pour les prochaines élections présidentielles aux US - qui semblait distancé par les autres candidats Mitt Romney Ron Paul et Rick Santorum - a discrètement démarché l’un des Américains Juifs les plus riches le milliardaire juif sioniste Sheldon Adelson.

Gringrich qui avait adopté une position plutôt modérée sur le conflit israélo palestinien a durci le ton et Bingo !!!!!!! Un gros chèque de 5 millions de $ est arrivé juste à temps pour lancer une campagne de 3.4 millions de $ de publicité dans les médias en Caroline du Sud pour démolir son principal adversaire Romney qu’il a attaqué comme étant le candidat des riches. Il faut oser lui qui est- financé par la 8 ème plus grosse fortune américaine et 16ème plus grosse fortune mondiale : fortune estimée à environ 25 milliards de dollars !.

Re Bingo !!! Gringrich vient de remporter le vote républicain dans cet état.

C’est cela la « démocratie à l’américaine » : une loi votée par la Cour Suprême américaine en 2010 portant sur le financement de campagne à la présidentielle autorise un riche américain à acheter le prochain président américain en versant sa contribution (PAC) à une association - dans le cas de Gringrich « Winning Our Future « - qui peut être 1000 fois supérieure à celle versée légalement directement au candidat(5000$ x1000).

Plusieurs personnes de l’entourage de Gringrich ont elles-mêmes reconnues que ce joli pactole versé fort à propos est le résultat d’une amitié liant les deux hommes depuis plus de deux décennies parce qu’ils ont en commun une haine farouche des syndicats contre lesquels il sont agi à plusieurs reprises mais surtout leur soutien inconditionnel à Israël.

Les principales ressources de ce milliardaire juif sioniste américain Sheldon Adelson proviennent des casinos et hôtels qui lui appartiennent aux US à Las Vegas mais aussi en Chine à Macao. Pas sûr que ce soit du goût de tout le monde chez les Républicains puritains. Sa société Las Vegas Sands est sous le coup d’une enquête pour de possibles violations de la loi fédérale anti corruption pour ses activités à Macao via sa filiale Venetian Macao Limited.

Adelson, 78 ans, est devenu en 2006 le plus gros patron de Gringrich en donnant 7 millions de $ à une organisation politique crée par Gringrich « American Solutions » - devenue depuis décembre dernier « Winning Our Future » base du soutien de la campagne de Gringrich. Adelson a mis à la disposition de Gringrich son avion personnel et les deux se rencontrent fréquemment.

Mais ce qui les unit encore plus fort c’est leur soutien inconditionnel à l’actuel premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Andelson est propriétaire en Israël d’un journal gratuit Israel Hayom avec lequel il a aidé Netanyahou a revenir au pouvoir en 2009. En 2010 le journal a publié une photo de Gringrich sur fond de drapeau américain critiquant Obama parce que selon lui il ne menait pas une politique suffisamment agressive contre l e programme nucléaire iranien.

Gringrich est partisan d’une attaque militaire US contre les installations nucléaires iraniennes.

Utilisant le chantage favori à l’holocauste de Netanyahou Gringrich a déclaré :

« fuir la confrontation avec le diable pourrait provoquer un deuxième holocauste… Les erreurs de la Maison Blanche auront un terrible prix ».

On retrouve dans ces propos le chantage à l’Holocauste utilisé depuis des décennies par le régime sioniste pour commettre ses crimes de guerre en toute impunité.

Gringrich a critiqué les deux dernières administrations américaines celle de Bush et celle d’Obama les accusant de faiblesse vis-à-vis de l’Iran. Ces points de vue sont partagés par son financeur Adelson. Ce dernier fait également partie du comité directeur de la Republican Jewish Coalition chargée de collecter des fonds et de faire la promotion des candidats républicains à la Maison Blanche.

Adelson s’est empressé d’intensifier son financement de la campagne de Gringrich après que ce dernier ait déclaré en Décembre dernier que le peuple palestinien étai t un peuple « inventé » ce qui voulait dire pour lui qu’il ne pouvait avoir de prétention historique sur la Palestine pour créer son propre état et pour lui en plus les Palestiniens visaient la destruction d’Israël. Des propos applaudis par les Juifs néo cons sionistes américains et ceux qui comme Netanyahou propagent à longueur d’années ce négationnisme historique.

Lors d’une interview accordée au quotidien juif sioniste Haaretz quelques jours après ces déclarations négationnistes de Gringrich, Adelson a exprimé son approbation :

« Lisez l’histoire de ceux qui s’appellent eux-mêmes Palestiniens et vous comprendrez pourquoi Gringrich a dit récemment que les Palestiniens sont un peuple inventé ».

Gringrich n’est pas le seul candidat a bénéficié des largesses de riches juifs sionistes américains Romney en profite aussi. L’un d’entre eux, Fred Zeidman, directeur exécutif d’une importante compagnie texane productrice d’énergie, est également connu pour ses largesses en matière de dons aux hommes politiques et lui soutient Romney. Idem pour Obama.

Le prochain président américain qu’il soit démocrate ou républicain sera l’homme d’un richissime juif sioniste américain inféodé à Tel Aviv pour lancer une guerre contre l’Iran débouchant sur une IIIème Guerre Mondiale.

http://www.alterinfo.net/Newt-Gringrich-Finance-Par-Le-Milliardaire-Juif-Sioniste-Americain-Sheldon-Adelson-Grand-Ami-De-Netanyahou_a70115.html

Par noesam - Publié dans : Dossiers
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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 20:26
Lundi 23 Janvier 2012
http://www.alterinfo.net/Le-Sionisme-un-nationalisme-juif-a-l-epreuve-des-postcolonial-studies_a70113.html


Le Sionisme : un nationalisme juif à l’épreuve des postcolonial studies

Résumé : Nous verrons ici que ce qui distingue le mouvement nationaliste sioniste des autres formes d’expressions du nationalisme juif trouve sa source dans son caractère intrinsèquement colonialiste. Colonialiste, en ce sens où le sionisme est une doctrine qui légitime une entreprise de colonisation. En effet, si le sionisme regroupe lui aussi, à l’image du nationalisme juif, différents courants, tous ont pour plus petit dénominateur commun “le projet de donner à l’ensemble des juifs du monde un centre spirituel, territorial ou étatique”.

Par Céline Lebrun, étudiante en master de Science Politique à l’université Paris VIII.

 

« The choice that Herzl made and his successors endorsed was that of colonialism. Calling his and his movement’s decisions colonialist may seem trivial to an outsider. It is almost unthinkable for an Israeli Jew to describe the man or his project in such terms, unless one recognises it as the beginning of a tortuous trip outside the tribe and far away from its ideology. Long before I contemplated such a journey, brave Israelis had embarked on suh a road. Except for them, I would not have found the courage to start the journey myself. Their lives changed not so much as a result of their recognition of Zionism as a colonialist movement in its early years; it was rather their realisation that it has not ceased to be one in the present that led tem into direct confrontation with their society and quite often with their families. Once you have crossed that Rubicon, you can not engage any more in a ‘normal’ or conventional way with your society, be it family members, professional peers or the general public. »

Ilan Pappe, Out of the Frame. The Struggle for Academic Freedom in Israël.[[1]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn1

La seconde moitié du XIXe siècle, marquée par la montée des nationalismes européens, la xénophobie qui les accompagne et par l’essor “brutal” du capitalisme en Europe de l’Est, voit la dégradation de la situation des Juifs de cette région qui se retrouvent marginalisés. Comme l’explique Nathan Weinstock lorsqu’il revient sur le sens et l’origine du sionisme dans sa Genèse d’Israël , “victimes du nationalisme agressif de la bourgeoisie montante des pays d’Europe de l’Est, les classes moyennes juives adoptent tout naturellement à leur tour l’idéologie nationaliste de leur voisin”[[2]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn2 . Nathan Weinstock décrit la naissance d’un nationalisme juif “réflexe” et donne pour preuve de cette origine circonscrite du nationalisme juif à l’Europe de l’Est que celui-ci ne se retrouvait pas à l’époque dans les communautés juives arabes, asiatiques ou d’Amérique, ni même d’Europe occidentale. Sur ce point, il est rejoint par Shlomo Sand lorsque celui-ci affirme que :

Une civilisation “yiddishiste” laïque et moderne s’était développée dans ces régions [d'Europe de l'est]. Phénomène culturel inconnu parmi les communautés juives des autres parties du monde. C’est cette culture spécifique, et non pas la croyance religieuse, qui constitua l’incubateur principal de la fermentation protonationale et nationale.[[3]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn3

Le nationalisme juif qui s’étend suivant la trajectoire des centaines de milliers de juifs émigrants d’Europe orientale vers l’Europe de l’ouest accentuant une montée de l’antisémitisme[[4]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn4 donne naissance à divers courants nationalistes, parmi lesquels le sionisme.

Quelle est donc la spécificité de la doctrine nationaliste sioniste qui donnera naissance à un mouvement politique organisé, le sionisme politique ? Nous verrons ici que ce qui distingue le mouvement nationaliste sioniste des autres formes d’expressions du nationalisme juif trouve sa source dans son caractère intrinsèquement colonialiste. Colonialiste, en ce sens où le sionisme est une doctrine qui légitime une entreprise de colonisation. En effet, si le sionisme regroupe lui aussi, à l’image du nationalisme juif, différents courants, tous ont pour plus petit dénominateur commun “le projet de donner à l’ensemble des juifs du monde un centre spirituel, territorial ou étatique”.[[5]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn5

Nous verrons donc dans un premier temps que si beaucoup, notamment parmi les tenants de l’historiographie israélienne classique, continue de voir dans le nationalisme le meilleur cadre d’analyse du sionisme, une analyse en terme de colonialisme telle qu’adoptée par de nombreux historiens, entre autres par ceux que l’on nomme les “nouveaux historiens” israéliens, est certainement la plus adaptée. Pour saisir un peu plus la pertinence de l’approche du sionisme en terme de colonialisme, nous aborderons dans un second temps les manifestations actuelles du sionisme, bien après la création de l’Etat d’Israël, c’est-à-dire bien après que le sionisme ait atteint son but national revendiqué.

I) Le sionisme : nationalisme ou colonialisme ?

  • Les partisans de l’historiographie israélienne classique

Comme nous l’avons souligné en introduction, “le sionisme s’inscrivit en fait, malgré son caractère marginal, dans la dernière vague de l’éveil des nationalismes en Europe et apparut parallèlement à la montée des autres idéologies identitaires de la région.”[[6]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn6 Partant de cette réalité, beaucoup, à l’image de Gideon Shimoni dont nous discuterons ici les thèses soulevées dans son article “Postcolonial Theory and the History of Zionism”,[[7]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn7 décrivent le sionisme comme étant purement et simplement une doctrine nationale et critiquent la comparaison du sionisme à une forme de colonialisme. Divers arguments sont avancés, que nous retrouvons de manière non exhaustive mais condensée dans l’article de Gideon Shimoni, raison pour laquelle nous avons choisi de partir de ce texte pour ensuite le discuter à la lumière d’autres auteurs.

Dans son article, Shimoni commence par critiquer Edward Saïd lorsque celui-ci décrit le sionisme comme “un cas de colonialisme européen”, affirme que “tout ce que les sionistes ont fait en Palestine, ils l’ont fait en tant que participants d’une entreprise de colonialisme de peuplement” et que “le sionisme ne s’est jamais présenté sans ambiguïté comme un mouvement de libération juif, mais plutôt comme un mouvement juif pour une implantation coloniale en Orient”.[[8]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn8 La première critique formulée par Shimoni repose sur les représentations de la Palestine, et de l’Orient en général, au sein du mouvement sioniste. Il explique que l’on ne peut pas parler de colonialisme pour le sionisme car celui-ci ne reprenait pas systématiquement le discours colonial et ses représentations d’un autre – Arabe en l’occurrence – sous les traits de l’orientalisme, mais qu’il existait plutôt des tensions entre d’une part les sionistes “intégrationnistes”, ayant une vision idéalisée de l’Orient, affirmant les racines orientales du sionisme et des Juifs et d’autre part ceux qui, se pensant comme avant-poste de l’Europe – à l’image de Vladimir Jabotinsky qui affirmait : “Nous allons sur la terre d’Israël dans le but d’avancer les frontières morales de l’Europe jusqu’à l’Euphrate”[[9]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn9 – s’inscrivaient dans le discours colonial européen.

Les arguments soulevés ensuite par Shimoni s’attachent à l’incarnation pratique du sionisme politique. Si Shimoni reconnait l’existence d’une “praxis coloniale”, il développe l’idée qu’il s’agit d’une colonisation de fait, qui serait le produit d’un contexte, autrement dit, “une colonisation sans colonialisme” :

The colonizing praxis of Zionism was never an end in itself, it developed, alongside energetic political diplomacy and ramified cultural renascence, essentially as a strategy of nationalism, a tool rendered indispensable in the socioeconomic circumstances of the time and place in which Jewish nationalist aspirations were played out.[[10]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn10

Les arguments auxquels se réfèrent Shimoni s’appuient sur les formes classiques du colonialisme : Shimoni souligne ainsi que “la colonisation sioniste en Palestine ni n’émanait de, ou agissait dans les intérêts d’un Etat ou d’une métropole centre en dehors de la Palestine”, que celle-ci visait plus à investir en Palestine qu’à en extraire des profits ou des ressources et enfin que l’exploitation de la main d’oeuvre locale était évitée voire proscrite. Autant d’arguments qui font pour Shimoni que l’essence du sionisme est nationale plus que coloniale et que le cadre le plus pertinent pour l’appréhender est donc celui d’une “idéologie et d’un mouvement ethno-national.”

Shimoni conclut sur l’idée que la “praxis coloniale” du sionisme serait en quelque sorte une “conséquence” malheureuse du nationalisme juif mais il la légitime en la présentant comme un moindre mal, partant du postulat que les Juifs n’avaient pas d’autres opportunités ni d’autres endroits où aller et que le déni de l’autodétermination nationale en “Eretz Israël” aurait été une “blessure mortelle”, alors que pour les Arabes/Palestiniens, cela représentait juste une blessure (puisqu’ils avaient ailleurs où aller).[[11]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn11

La conclusion de Shimoni est que le conflit israélo-palestinien n’est donc pas un conflit colonial mais un conflit entre deux mouvements nationaux, juif et palestinien. Les perspectives des théories post-coloniales dans l’étude du conflit israélo-arabe n’auraient d’utilité que pour comprendre la perception subjective qu’ont les Arabes du sionisme :

So, other than gratifying those who seek to malign if not de-legitimize Israel, what does a post-colonial theory perspective contribute to comprehension of the nature of the conflict that developed between Jews and Arabs ? It does, of course, help us to understand the subjective Arab perception of Zionism. But, other than this, it has no explanatory value for comprehending the Jewish-Arab conflict.[[12]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn12

  • Le Colonialisme comme cadre d’analyse pertinent

La faiblesse de l’argumentation de Shimoni réside dans la dichotomie qu’il effectue entre nationalisme et colonialisme, expliquant qu’il y aurait d’une part ceux qui soutiennent la thèse que le sionisme est un nationalisme et d’autre part ceux privilégiant le prisme du colonialisme. Or, si l’on en revient au sens strict du colonialisme comme doctrine qui légitime le processus de colonisation, cela n’exclut pas le mélange des genres ni les spécificités propres à chaque situation coloniale. Nathan Weinstock, qui formule dès 1969 une analyse critique du sionisme en terme de colonialisme, l’explique parfaitement lorsqu’il revient sur les traits singuliers du sionisme qui le distingue de la colonisation courante :

Le schéma du colonialisme est un concept opératoire qui doit être enrichi et complété par l’analyse du phénomène particulier auquel on désire l’appliquer. Il n’existe pas de colonisation “chimiquement pure”. Au départ, les sionistes convenaient d’ailleurs volontiers du caractère colonialiste de leur entreprise. Cependant en 1931, Kisch[[13]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn13 note dans son journal qu’il s’efforce d’éliminer les expressions compromettantes (“colonie”, “coloniser”) du vocabulaire sioniste.[[14]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn14

Dans son article “Zionism as Colonialism: A Comparative View of Diluted Colonialism in Asia and Africa”[[15]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn15 , Ilan Pappe, qui décrit rapidement les débats entre les tenants de l’historiographie israélienne classique, comme Shimoni, et ceux d’une historiographie plus critique à l’image de Baruch Kimmerling et Gershon Shafir[[16]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn16 remet en cause cette dichotomie lorsqu’il explique que le sionisme est “un colonialisme non conventionnel, dilué par de fortes caractéristiques nationalistes” ou encore que “les colons sionistes [...] étaient motivés par un élan national mais agirent en purs colonialistes”[[17]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn17 .

Dans ce même article, Ilan Pappe explique que ce qui a transformé le sionisme d’un projet national en un projet colonial a été la “territorialisation” :

At first, these impulses to move had little to do with the wish to colonize but rather indicated a strong desire to build an ideal life. The territorialization, mainly the choice of Palestine, transformed Zionism from a national project into a colonialist one.[[18]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn18

Or, comme nous l’avons vu dans les différentes définitions données jusqu’ici du sionisme, cette territorialisation était inhérente au projet sioniste même s’il fallut attendre le sionisme politique pour sa mise en oeuvre. On retrouve en effet déjà cette idée chez Hess Moses, premier théoricien du sionisme, qui rédigea en 1867 un livre au titre explicite : Projet de colonisation de la Terre Sainte.[[19]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn19

Cette idée se retrouve formulée en 1896 par Theodor Herzl, dans son livre L’Etat des Juifs[[20]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn20 ,  dans lequel il formule quatre hypothèses : il existe un peuple juif, celui-ci ne peut être assimilé dans les sociétés où il est dispersé, il a un droit sur la “Terre promise”, où il n’y a pas d’autre peuple. C’est sur cette base qu’il fonde le sionisme politique, donne au mouvement sioniste une théorie et une organisation, l’Organisation sioniste et le Fonds National Juif. Ainsi, là encore dès le début, se retrouve formulée et légitimée la nécessité de l’entreprise coloniale, dans les termes même du discours colonial : “Pour l’Europe, nous constituerions là-bas un avant poste contre l’Asie, nous serions l’avant-garde de la civilisation contre la barbarie.”[[21]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn21 Theodor Herzl imagine d’ailleurs une matérialisation possible du projet national sioniste sur le modèle des compagnies à charte et orientera ses efforts diplomatiques dans le but d’en obtenir une des puissances coloniales européennes.

Parmi les grandes recommandations prises lors du premier congrès sioniste réunit à Bâle le 27 août 1897, trois illustrent la nature coloniale du projet national sioniste et permettent à nouveau de critiquer les thèses de Shimoni :

(1) L’encouragement systématique de la colonisation de la Palestine par l’établissement d’agriculteurs, d’artisans et d’ouvriers juifs. (2) L’organisation et la fédération de tout le judaïsme au moyen de sociétés locales et de fédérations générales dans la mesure permise par les lois du pays où elles sont fondées. [...] (4) Des démarches préparatoires afin d’obtenir des gouvernements le consentement nécessaire pour atteindre le but du sionisme.[[22]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn22

Ces recommandations, outre la référence explicite à une entreprise de colonisation, témoignent, tout comme les démarches diplomatiques d’Herzl, de la recherche d’une base métropolitaine, que ce soit à travers l’établissement de fédérations juives ou du soutien des gouvernements occidentaux, présenté comme “nécessaire pour atteindre le but du sionisme”. Ces recommandations et les évènements qui suivirent contredisent ainsi l’affirmation de Shimoni selon laquelle “la colonisation sioniste en Palestine ni n’émanait de, ou agissait dans les intérêts d’un Etat ou d’une métropole centre en dehors de la Palestine.”[[23]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn23

En effet, les intérêts sionistes rencontrent rapidement ceux des puissances européennes, notamment anglaise, à l’heure où la “Question d’Orient” sur le devenir des régions administrées par un Empire ottoman décadent constitue un enjeu majeur pour elles. Ainsi, bien que les sionistes n’aient pas attendu leurs accords pour entreprendre la colonisation de la Palestine, ceux-ci obtiennent en la déclaration Balfour du 2 novembre 1917, une “charte” tacite des Britanniques qui légalise la colonisation en déclarant envisager “favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et [employer à l'avenir] tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif.”[[24]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn24

Pour appuyer l’idée de l’existence d’une base métropolitaine à l’entreprise sioniste, on peut également se référer à Nathan Weinstock qui explique le rôle premier des financements extérieurs, notamment des barons Edmond de Rothchild et Maurice de Hirsch via l’Association de la Colonisation Juive (ICA), sans lesquels la première vague de colonisation de 1880 à 1900 n’aurait pu se faire. Quant à la seconde vague de colonisation qui survient après la formulation du sionisme politique en 1897, Nathan Weinstock souligne fort bien le rôle primordial des organisations de colonisation, principalement le KKL (“Fonds National Juif“, créé en 1901, faute de charte, pour acheter les terres et entreprendre la colonisation) qui permet l’achat et la redistribution de terres aux colons. Il faut noter que là encore les financements sont essentiellement le fait de la diaspora. On remarque donc l’existence d’une base métropolitaine réelle au colonialisme juif, bien que celle-ci ne se présente pas sous les traits classiques de la métropole.

De plus, on observe que les colons sionistes ne se naturalisent pas une fois installés en Palestine ottomane et ce pour se prévaloir le cas échéant de l’aide des consuls, notamment dans le cadre de la politique des puissances impérialistes européennes de “protection des minorités” au Proche-Orient ottoman. Nathan Weinstock observe qu’après la chute de ce dernier et l’octroi aux Britanniques d’un mandat sur la Palestine par la Société des Nations, “les caractéristiques propres du mouvement sioniste s’accentueront à partir de 1918 par le rôle particulier des institutions sionistes qui substituent ainsi des agences internationales et impersonnelles à la protection métropolitaine habituelle.”[[25]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn25

En ce sens, de nombreux historiens ont décrit dans la révolte du Yichouv[[26]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn26 contre la présence britannique, qui commence pendant la seconde guerre mondiale et dure jusqu’en 1948, une révolte des colons contre la métropole. Nathan Weinstock, qui parle d’une succession de “coups fourrés”, explique que “le conflit judéo-anglais de l’après-guerre présente ainsi certaines affinités avec la guerre des Boers.” Il va plus loin en intégrant la guerre de 1948 à cette période : “Plus déroutante encore est la guerre de 1948. En surface, le conflit se déroule entre juifs et arabes. Mais en réalité, la principale victime – le peuple arabe de Palestine – n’a guère participé aux combats. Quant aux armées arabes en général, loin de lutter contre le colonialisme britannique, elles sont dirigées en fait par le Colonial Office et ses agents.”[[27]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn27 Ilan Pappe observe ainsi que :

La guerre de libération sioniste contre l’empire, qui dura 3 ans, 1945–1948, était la même qu’avait combattu aussi les colons américains, australiens et néo-zélandais contre leur métropole (et récemment par Ian Smith en Rhodésie). Ce sont tous des exemples de colonialisme européen qui ont engendrés un nationalisme territorial local.[[28]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn28

La guerre de 1948 apparait bel et bien comme une guerre d’indépendance dirigée vers l’ancienne métropole, mais elle est également dirigée contre les indigènes et donc demeure une guerre coloniale.  Cette caractéristique se retrouve dans la préparation et la mise en oeuvre méthodique de la conquête du plus grand territoire possible accompagné du nettoyage ethnique de la Palestine. Ces deux logiques à l’oeuvre dans la guerre de 1948 s’incarnent dans le Plan Dallet, rédigé le 10 mars 1948 par Israël Ber et Moshe Pasternak, sous la supervision de Yigal Yadin, chef des opérations de la Haganah[[29]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn29 . Ce plan servit de base aux opérations des milices du Yichouv, et de l’armée israélienne qui les remplace après la déclaration d’indépendance le 15 mai 1948, opérations qui conduisirent à l’expulsion massive des Palestiniens. Selon les historiens et les rapports de l’ONU de cette époque, le 14 mai 1948, plus de 400 000 Palestiniens avaient déjà été chassés de leur maison. Entre 1947 et 1949, 531 villages ont été vidés de leur population et/ou rasés. On dénombre des massacres dans environ 70 villages – parmi lesquels, celui de Deir Yassin, le 9 avril 1948, 150 morts ou encore celui de Saliha, du 30 octobre au 2 novembre 1948, 80 morts. En tout, ce sont près de 800 000 Palestiniens qui se retrouvèrent expulsés et réfugiés, essentiellement en Cisjordanie, à Gaza ou dans les pays limitrophes, soit plus que l’ensemble de la population juive à l’époque (640 000).[[30]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn30

Le concept primordial pour comprendre ces évènements est celui de colonialisme de peuplement, et c’est là la seconde faiblesse des thèses de Shimoni qui ne voit pas la spécificité de ce colonialisme  par rapport au colonialisme classique.

Ainsi, lorsqu’il affirme qu’on ne peut pas appliquer le concept de colonialisme au sionisme en s’appuyant sur le fait que celui-ci visait plus à investir en Palestine qu’à en extraire des profits ou des ressources et enfin que l’exploitation de la main d’oeuvre locale était évitée voire proscrite, il ne voit pas que cela constitue les caractéristiques du colonialisme de peuplement. Patrick Wolfe, dans  un article consacré à ce colonialisme et à l’élimination des natifs explique comment le colonialisme de peuplement est par sa nature éliminatoire et ne cherche pas à exploiter mais à remplacer les indigènes :

Settler colonialism has both negative and positive dimensions. Negatively, it strives for the dissolution of native societies. Positively, it erects a new colonial society on the expropriated land base—as I put it, settler colonizers come to stay: invasion is a structure not an event. In its positive aspect, elimination is an organizing principal of settler-colonial society rather than a one-off (and superseded) occurrence. The positive outcomes of the logic of elimination can include officially encouraged miscegenation, the breaking-down of native title into alienable individual freeholds, native citizenship, child abduction, religious conversion, resocialization in total institutions such as missions or boarding schools, and a whole range of cognate biocultural assimilations. All these strategies, including frontier homicide, are characteristic of settler colonialism. [[31]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn31

De plus, Shimoni n’évoque pas la première phase de colonisation, entre 1880 et 1900, qui a reposé essentiellement sur l’exploitation de la main d’oeuvre arabe. Pourtant, ce n’est qu’après la naissance du sionisme politique et le début de la seconde colonisation que le sionisme opère véritablement sa transformation d’un colonialisme classique vers un colonialisme de peuplement.

Nathan Weinstock revient sur ce processus en montrant ce qui caractérisaient et opposaient les deux conceptions sionistes de l’époque. La première, correspondant à un type de colonialisme classique, de “planteurs”[[32]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn32 , intègre l’indigène arabe qui va être lié au système de production et à l’économie. La deuxième conception, celle d’une colonisation ouvrière, par la voie de la conquête du travail, sur le modèle des “pionniers” prône “le travail juif” et donc une économie séparée. Weinstock illustre les tensions qui se nouent alors :

Le sionisme ne désirait pas simplement les ressources de la Palestine [...] mais le pays lui-même qui devait servir à la création d’un nouvel Etat national. Cette nouvelle nation était destinée à avoir ses propres classes sociales y compris une classe ouvrière. Par conséquent, les arabes n’étaient pas destinés à être exploités mais à être remplacés dans leur totalité. [...] De ce fait, les sionistes entrèrent en conflit non seulement avec les paysans arabes expropriés, mais aussi avec les intérêts des colons du baron[[33]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn33 qui préféraient engager la main d’oeuvre arabe meilleur marché. Cette question se trouva au premier plan de la lutte interne de la communauté d’immigrants durant les trois premières décennies du siècle.[[34]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn34

Weinstock explique que, dans la recherche d’une “solution du problème conforme au colonialisme classique”, les fonds sionistes auront la principale fonction de suppléer aux différences de salaires entre les Juifs et les fellahs arabes et qu’apparaitra même l’idée de substituer des travailleurs juifs du Yémen aux arabes.[[35]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn35 Sur ce point, Ilan Pappe explique comment le mouvement sioniste

en vint à amener de la main d’oeuvre de l’extérieur qui était similaire à l’origine aux groupes natifs mais idéologiquement acceptable pour le monde colonial. (…) Les Juifs européens ont progressivement préféré les Juifs arabes aux Palestiniens et les ont inclus à la composition démographique du territoire.[[36]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn36

Dans son film “Jaffa, la mécanique de l’orange”, Eyal Sivan montre les conséquences de cette évolution du colonialisme juif en Palestine. Amnon Raz-Krakotzin, historien israélien y explique que :

paradoxalement le rêve colonial entretient la vision d’une certaine collaboration entre Juifs et Arabes. Il règne une égalité relative, au moins dans certains domaines. [...] Mais le sionisme, avec son “travail juif” à empêcher toute coexistence, même de type colonial. C’est le paradoxe, le colonialisme fait toujours une place aux indigènes, certes en les opprimant. [...] Mais le  sionisme condamne même l’emploi des arabes.[[37]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn37

Rona Sela, chercheuse en photographie, travaillant notamment sur l’iconographie sioniste, montre comment cette période a été complètement évacuée dans la conscience et la mémoire collective israéliennes et remplacée par les représentations sionistes.

Ce sont ces représentations sionistes que nous allons maintenant analyser pour montrer qu’elles s’inscrivent pleinement dans le discours colonial. Contrairement à ce que semble affirmer Gideon Shimoni, le discours colonial ne peut être réduit à un discours orientaliste. Comme le montrent Patrick Wolfe et Eyal Sivan, beaucoup d’autres représentations de type colonial se retrouvent dans le discours sionistes et caractérisent ici le colonialisme de peuplement.

Le premier de ces mythes est celui de la “Terra Nullius“, “une terre sans peuple pour un peuple sans terre”. Patrick Wolfe fait à ce sujet la comparaison avec la colonisation de l’Australie où la présence des Aborigènes fut totalement niée. Un second élément du discours colonial, corrélatif au premier est la doctrine de la découverte. Comme l’observe Wolfe, la doctrine de la découverte permet la déclaration d’un droit d’indigènes.[[38]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn38 Or, cet élément du discours est primordial et Wolfe l’explique :

On the one hand, settler society required the practical elimination of the natives in order to establish itself on their territory. On the symbolic level, however, settler society subsequently sought to recuperate indigeneity in order to express its difference—and, accordingly, its independence— from the mother country.[[39]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn39

S’appuyant là encore sur l’exemple australien et l’appropriation d’éléments de la culture aborigène par les colons, il observe que le sionisme :

still betrays a need to distance itself from its European origins that recalls the settler anxieties that characterize Australian national discourse. Yiddish, for instance, was decisively rejected in favour of Hebrew—a Hebrew inflected, what is more, with the accents of the otherwise derided Yemeni mizrachim.[[40]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn40

C’est ce processus de substitution aux indigènes et d’appropriation de leur culture qu’illustre Eyal Sivan dans “Jaffa, la mécanique de l’orange” où il met en exergue le processus d’appropriation de l’image de l’orange de Jaffa par le sionisme. Rona Sela y explique par exemple : “Nous leur avons d’abord pris l’idée, utilisé l’image, et après 1948, nous leur avons pris la terre, mais ça, c’est une autre histoire…”

Cela a été rendu possible par un autre élément essentiel dans le discours colonial : celui de la civilisation, du progrès et de la modernisation. Pour rester sur l’exemple de l’orange, bien que la production existait déjà bien avant le sionisme, le récit de la découverte, “du nouveau monde”, de la “terra nullius“, permet de développer la représentation du “progrès dans la désolation”. Les sionistes auraient ainsi fait “fleurir le désert”.

Quant à l’orientalisme que Shimoni évoque, il est bel et bien présent et s’impose dans la représentation sioniste, face aux représentations intégrationnistes pro-orientales. Ainsi pour la commercialisation des oranges, une représentation romantique de l’Orient est utilisée.[[41]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn41 Comme l’observe Amnon Raz-Krakotzin : “C’est le retour des Juifs en Orient qui a fait d’eux des Occidentaux. Et les Juifs apportent à l’Orient quelque chose qui en réalité lui appartient, l’orange. Mais c’est l’Orient vu de l’Occident, c’est exactement ça.”[[42]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn42

Si l’on en revient une fois de plus à ce qu’est le colonialisme, une doctrine qui légitime le fait colonial, nous venons de faire la démonstration – rapide – que c’est exactement à cela que s’emploient les éléments fondateurs du discours sioniste. Nous irons même plus loin en disant que c’est le développement du discours colonial sioniste qui a encouragé, a priori, celui de la colonisation et qu’il ne s’est pas contenté de venir la légitimer a posteriori, remettant ainsi en cause la thèse de Shimoni d’une “colonisation sans colonialisme”[[43]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn43 .

Pour conclure cette première partie, quand bien même les intentions et motivations premières du sionisme auraient été nationales, il convient de se rappeler, dans une démarche scientifique, à l’inverse de ce que pense Shimoni, que :

un processus ne se juge pas d’après l’idée que l’on s’en fait, mais bien à partir de son contenu effectif. Que les sionistes de la deuxième “alya” aient été sincèrement persuadés qu’ils allaient fonder une république communautaire juive, voilà qui est indiscutable. Pourtant, leur entreprise a été objectivement une expansion coloniale, comme Herzl l’avait instinctivement senti, lorsqu’il proposait de créer des compagnies de colonisation, projet qu’incarneront les fonds sionistes.[[44]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn44

II) L’Actualité du sionisme : entre colonialisme interne et poursuite de la colonisation

“Le colonialisme de peuplement a deux caractéristiques principales. Premièrement, il est gouverné par une logique d’élimination. Les colons viennent pour rester. Leur mission première n’est pas d’exploiter les autochtones mais de les remplacer. Deuxièmement, l’invasion n’est pas événementielle, mais structurelle. Au-delà de la violence fondatrice de l’expropriation territoriale, les autochtones qui ont survécu sont soumis à une variété de stratégies au moyen desquelles la société coloniale cherche à les éliminer”.[[45]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn45

Comme nous venons de le voir, l’Etat d’Israël, créé en 1948, n’est pas seulement l’aboutissement d’un mouvement national juif mais le produit d’une idéologie coloniale. Dans cette partie, il s’agira d’observer l’actualité de cette idéologie dans ses conséquences sur la structuration de la société israélienne et les politiques – notamment extérieures – de l’Etat. Du colonialisme interne à la poursuite de la colonisation, en passant par l’occupation, nous verrons que le sionisme continue de définir la nature de l’Etat d’Israël en “Etat colonial de fondation et de fondement”[[46]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn46 : Israël n’est pas seulement un “Etat juif” mais un Etat sioniste.

  • Israël : “l’Etat des Juifs”

L’Etat d’Israël qui se définit comme l’Etat des Juifs s’est appuyé et s’appuie encore sur la diaspora juive. Une des premières conséquences de cette définition a été la loi du retour : tout Juif, de quelque nationalité qu’il soit, peut devenir citoyen israélien. L’Etat d’Israël octroie ainsi la citoyenneté à des Juifs qui ne résident pas en Israël mais le perçoivent plutôt comme un “pays de réserve”[[47]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn47 , “au cas où”. Outre le fait que cette politique maintient la thèse d’une assimilation/intégration impossible des Juifs de la diaspora dans leur pays “d’accueil”, elle entraîne de fait une discrimination à l’égard des individus non juifs, notamment les indigènes dépossédés de leur droits, qui souhaiteraient acquérir la citoyenneté israélienne. Plus encore, comme le note à juste titre Weinstock : “Il n’est même pas certains qu’Israël soit l’Etat des Israéliens d’ascendance juive dans la mesure où l’Etat se réclame du mouvement sioniste mondial, les sionistes de New York ou de Johannesburg ont un droit de regard absolu sur les affaires israéliennes.”[[48]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn48

Ce premier élément témoigne du maintien dans la nouvelle société israélienne du discours sur l’essentialisme juif et donc du racisme.[[49]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn49 Le premier théoricien du sionisme, Hess Moses, “imprégné de l’état d’esprit “scientifique” de son époque, en particulier de l’anthropologie physique, dont l’influence se reflète dans sa nouvelle théorie identitaire”[[50]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn50 va fonder cette dernière sur la notion de “race”. La “race juive” qui était donc l’”axiome à partir duquel [les sionistes] pensai[ent], revai[ent]t, imaginai[ent] l’antique peuple juif”[[51]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn51 va ainsi nourrir l’imaginaire national israélien.

Comme l’explique Shlomo Sand :

Pour renforcer une identité juive laïque fragile, il n’[a] pas suffi d’écrire l’histoire des Juifs, qui était, comme on l’a vu, trop hétérogène sur le plan culturel et plutôt discontinue sur le plan chronologique. Le sionisme dut se nourrir d’une science supplémentaire : la biologie, mobilisée pour renforcer le concept de l’”antique nation juive”.[[52]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn52

Dans son livre, Sand montre comment après le positivisme anthropologique et la biologie, c’est la génétique qui a été mobilisée pour tenter d’alimenter la thèse sioniste d’un peuple-race juif : “La génétique, comme l’archéologie dans les années 50 en Israël, était une science biaisée entièrement dépendante d’une conception historique nationale qui s’efforçait de trouver une homogénéité biologique au sein des juifs dans le monde.”[[53]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn53 Les généticiens avaient ainsi intériorisé le mythe sioniste et cherchaient à y plier les résultats de leur recherche, le tout dans le cadre d’une nouvelle discipline,  “la génétique des juifs”, qui existe encore jusqu’à aujourd’hui.

Cette idée d’un peuple-race juif se retrouve traduite dans les politiques identitaires de l’Etat d’Israël, la première étant la question de la nationalité. En Israël, il existe une distinction entre “nationalité” et “citoyenneté”. En effet, vous pouvez être citoyen israélien, mais votre nationalité sera juive, arabe, druze… En 1972, un Israélien demande à ce que soit redéfini sa “nationalité juive” en “nationalité israélienne”.  La Cour Suprême israélienne répondra négativement en expliquant qu’”il n’existe pas de nationalité israélienne”. Il faut y voir ici le coeur de la politique identitaire : la reconnaissance d’une nationalité israélienne serait en effet contradictoire avec la définition de l’Etat d’Israël comme l’Etat-nation du peuple juif. En ce sens, elle participe, comme dans d’autres Etats issus de la colonisation, à la remise en question de l’Etat-Nation tel qu’il a été définit au cours des trois derniers siècle puisque de fait l’Etat d’Israël ne correspond pas à une nation israélienne mais à un regroupement de nations et/ou de peuples (juive, arabe, druze…)

On peut donner un autre exemple de politique identitaire avec les politiques en matière de mariage. En Israël, il n’existe en effet pas de mariages civils. En apparence, cela a été justifié par la nécessité de ne pas créer de fossé entre religieux et laïques (qui constituaient la majorité) mais il faut surtout y voir la crainte de l’assimilation et des mariages mixtes.

De tout ceci découle une série de discriminations à l’égard des minorités, à commencer par la minorité palestinienne mais également celle des juifs orientaux ou mizrahim.[[54]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn54 Par exemple, les Palestiniens d’Israël, qui constituent environ 20% de la population israélienne, comptent des Musulmans mais également 15% de Chrétiens, 10% de Druzes. Ces derniers, qui doivent faire leur service militaire contrairement aux Chrétiens et aux Musulmans palestiniens, illustrent, outre l’existence de discriminations, l’utilisation des divisions religieuses par l’Etat d’Israël. En 1998, un rapport de l’ONU pointe 17 lois discriminatoires en Israël, en matière de services publics, d’accès à l’éducation, à la santé, à l’emploi, aux logements sociaux.[[55]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn55

Aujourd’hui, le gouvernement israélien qui s’inquiète du faible taux de natalité juive et de la cessation de l’immigration juive cherche à se peupler de Juifs, les Arabes, indésirables dans l’Etat sioniste, constituant un “corps étranger”. Sur ce point, un sondage réalisé en octobre 2005 auprès de 1264 juifs israéliens par le Jaffee Center for Strategic Studies pour le journal israélien Haaretz est explicite : 46 % se prononcent pour le “transfert” (l’expulsion) des Palestiniens hors des territoires occupés, 31% pour celui des Palestiniens d’Israël. De plus, 61% pensent que les Arabes israéliens sont une “menace à la sécurité intérieure” et 72% se prononcent contre la présence de leurs partis dans la coalition gouvernementale.[[56]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn56

Sammy Samooha, qui associe le statut de la minorité arabe en Israël à celui des minorités dans une démocratie ethnique[[57]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn57 , fait ainsi d’Israël une démocratie incomplète ou de qualité inférieure, qui reprendrait le modèle étatsunien du “separate but equal“. Cependant, Shlomo Sand, revenant sur le cas des Etats-Unis qui a vu la démonstration que le “separate but equal” ne voulait pas dire “equal“, va jusqu’à remettre en cause le terme de “démocratie” appliqué à Israël. Selon lui, en effet, un Etat “juif et démocratique” est un oxymore et en ce sens, le modèle le plus approprié pour désigner l’Etat d’Israël est celui d’une ethnocratie : “un Etat dont la mission principale n’est pas de servir un demos civil et égalitaire mais un ethnos biologique et religieux entièrement fictif sur le plan historique mais plein de vitalité, exclusif et discriminant dans son incarnation politique.”[[58]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn58

Si l’on suit Sand, on peut ainsi voir, avec la structuration de l’Etat d’Israël en ethnocratie, sur la base d’une hégémonie juive, l’héritage de la période coloniale décrite en première partie. Cependant, plus qu’une structure coloniale, il faut y voir ce que Pablo Gonzalez Casanova désigne sous le terme de “colonialisme interne”, c’est-à-dire “une structure de relations sociales de domination entre des groupes culturels hétérogènes distincts.”[[59]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn59 Développé dans les années 1960 par Pablo Gonzalez Casanova lui-même et Rodolfo Stavenhagen, puis repris par Silvia Rivera Cusicanqui, ce concept de “colonialisme interne” est utilisé à l’origine pour désigner la domination de type colonial des nouvelles classes dominantes des nouvelles sociétés post-coloniales d’Amérique latine qui jouent ainsi un rôle similaire à celui des anciennes puissances coloniales.

À la lumière de ces analyses, on comprend mieux les paradoxes contenus dans la Loi fondamentale d’Israël, article 7A:

“Nulle liste ne pourra être présentée aux élections si, par ses objectifs ou par ses actes, elle implique, explicitement ou implicitement, l’un des faits suivants : (1) La négation de l’existence de l’Etat d’Israël en tant qu’Etat du peuple Juif. (2) Le rejet du caractère démocratique de l’Etat. (3) L’incitation au racisme.”[[60]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn60

Adopté un an après la création d’un nouveau parti politique, la Liste progressive pour la paix, qui se prononçait pour une “désionisation” de l’Etat d’Israël, cet article visait à protéger le caractère juif de l’Etat d’Israël face à la montée des critiques telles que le post-sionisme. Sur ce dernier, Shlomo Sand explique que :

Si le programme minimal qui réunissait encore tous les sionistes reposait sur l’idée de la nécessité pour Israël de continuer de servir d’Etat exclusif pour tous les juifs du monde, le post-sionisme, en revanche était défavorable à la pleine reconnaissance de l’Etat d’Israël dans ses frontières de 1967, mais y associait la revendication catégorique de sa transformation en une collectivité de tous ses citoyens.[[61]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn61

  • Israël : la poursuite du colonialisme de peuplement

Dans ses analyses du colonialisme de peuplement, Patrick Wolfe explique qu’une fois les frontières  fixées, les logiques d’élimination inhérentes à ce dernier ont deux développement possible : l’assimilation des indigènes restant[[62]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn62 ou l’apartheid. Cependant, dans le cas israélien, il convient de s’interroger sur l’étanchéité entre ces deux développements possibles. En effet, Israël n’ayant pas encore fixé ses frontières définitives, les logiques d’élimination qui caractérisent la première phase du colonialisme de peuplement, telle l’expulsion des indigènes, restent possibles. Et ce sont ces logiques que l’on retrouve à l’oeuvre par exemple lors de la guerre de 1967 lors de laquelle 250 000 Palestiniens sont expulsés, venant ainsi s’ajouter à la première vague de réfugiés de 1948.

Les conquêtes territoriales réalisées en 1967 marquent en effet une nouvelle étape dans la colonisation sioniste en lui ouvrant les portes de Gaza, de la Cisjordanie, de Jérusalem et des autres territoires alors occupés. Sur ce sujet, Nathan Weinstock observe que l’expansion territoriale après 1967 montre qu’Israël a « sacrifié l’acceptation de l’Etat juif par ses voisins – objectif traditionnel de la politique extérieure israélienne qui paraissait enfin près d’aboutir – à l’ambition du “Grand Israël.” »[[63]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn63 Le “nouvel” objectif de la politique extérieure israélienne semble donc être celui de l’expansion territoriale et de la poursuite de la colonisation – rendant caduque une fois de plus la thèse défendue par Shimoni de la colonisation comme stratégie pour les aspirations nationales puisque celles-ci sont satisfaites depuis 1948. Ce nouvel objectif se trouve confirmé par l’élaboration du Plan Allon, peu de temps après la guerre de 1967. Ce plan Allon, en écho au plan Dallet qui avaient permis l’expulsion des Palestiniens en 1948[[64]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn64 , consiste en une stratégie d’inclusion de terres /exclusion des Palestiniens.

Cette stratégie se retrouve encore aujourd’hui dans la politique de “facts on the ground”, politique du fait accompli, qui, dans une logique d’expansion territoriale, consiste à coloniser et à annexer le plus de territoire possible à Israël en développant pour cela toute une infrastructure autour des colonies, tels que les routes de contournement, le Mur de séparation, etc.[[65]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn65 Cette infrastructure qui morcelle le territoire vise à rendre impossible la création d’un Etat palestinien viable alors qu’elle participe du mythe du “Grand Israël”, qui s’étendrait du Nil à l’Euphrate.[[66]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn66

L’Etat encourage directement la colonisation des territoires occupés par des politiques d’aide à l’installation des colons (aide économique, sociale…). On distingue alors ainsi deux types de colons dans ces territoires : les colons “économiques” attirés par les politiques de l’Etat et les colons “idéologiques”, convaincus pour leur part de leur droit sur “la Terre promise”.

Outre la colonisation, un autre élément découle directement du caractère colonial de l’Etat d’Israël, à savoir l’occupation. Cette occupation, qui dure depuis 1967, n’est rien d’autre qu’une mise sous tutelle des indigènes, une mise sous tutelle qui constitue le plus petit dénominateur commun du colonialisme. Alors qu’en Israël c’est le droit commun qui prévaut, les Palestiniens des territoires occupés sont administrés selon la loi martiale et se voient ainsi privés de leurs libertés politiques[[67]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn67 .

Pour conclure, si nous venons de démontrer la pertinence du cadre conceptuel du colonialisme de peuplement dans une analyse du sionisme mais également de l’Etat israélien, il faut remarquer que  ce cadre est loin de s’imposer parmi les paradigmes dominants dans la recherche universitaire sur la question palestinienne, parmi lesquels on retrouve notamment l’approche en terme de “conflit de légitimité”, dans laquelle s’inscrit Shimoni, qui entend appréhender le “conflit” opposant Israël aux Palestiniens comme une lutte entre deux nationalismes représentant les aspirations de deux peuples. Or, comme nous l’avons vu dans la première partie de ce développement, cette approche ne résiste pas à une analyse plus approfondie. De même, comme le souligne Julien Salingue,

l’approche en terme de “peacebuilding”, qui s’est largement développée durant les années 90, dans la foulée de la signature des Accords d’Oslo, a montré ses limites : le “processus de paix” ne s’est avéré être, à l’épreuve des faits, que la poursuite de l’occupation et de la colonisation par d’autres moyens. Comment, dans de telles conditions, continuer à raisonner dans un cadre théorique qui se focalise sur la “résolution pacifique du conflit” sans reposer la question de la nature du conflit et de ses formes actuelles ?[[68]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftn68

La nature de ce conflit, nous venons de le voir, est coloniale et en cela il s’agit de le réintégrer au coeur d’une histoire universelle de la décolonisation, en commençant par reconnaitre les enjeux que représentent le post-sionisme mais surtout l’antisionisme, entendu comme anticolonialisme.


[[1]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Ilan Pappe, Out of the Frame. The Struggle for Academic Freedom in Israël, Pluto Press, Londres, 2010
[[2]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Nathan Weinstock, Le Sionisme contre Israël, François Maspero, Paris, 1969, p. 44.
[[3]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé. De la bible au sionisme, Fayard, Paris, 2008, p. 350.
[[4]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Selon Shlomo Sand (op. cit.), suite aux pogroms… il y a une émigration massive des juifs d’Europe de l’Est vers l’Europe de l’ouest, environ 2,5 millions entre 1880 et 1914. Toujours selon Shlomo Sand, moins de 3% iront vers la Palestine qu’ils quittent pour la plupart après.
[[5]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Maxime Rodinson, “Sionisme, esquisse de théorie d’une idéologie”, Entrée “Sionisme” in Encyclopaedia Universalis, Paris, 1985.
[[6]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Shlomo Sand, op. cit., p. 350.
[[7]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Gideon Shimoni, “Postcolonial Theory and the History of Zionism”, in Carl Salzman Philip, Divine Donna R.(ed.), Postcolonial Theory and the Arab-Israel Conflict, Routledge, Oxon, 2008.
[[8]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Edward Saïd, “Zionism from the Standpoint of its Victims”, in Anna Mc Clintock, Aamir Mufti et Ella Shochat (eds.), Dangerous Liaisons : Gender, Nation and Postcolonial perspectives, Minneapolis, 1997, pp. 15-38, cité par Gideon Shimoni, op.cit., p. 186.
[[9]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Vladimir Jabotinsky [1880-1940], leader de la droite sioniste, cité par Gideon Shimoni, op. cit.
[[10]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Gideon Shimoni, op. cit., p. 188.
[[11]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Gideon Shimoni, op. cit., p. 190. Reprenant à son compte l’argument de “the decisive terrible balance of need” du leader de la droite sioniste, Vladimir Jabotinsky, et faisant primer dans son analyse les fins sur les moyens, Shimoni fait prévaloir les intentions sur les conséquences, en reprochant l’inverse à ceux qu’il critique : “Thus, the colonialist-model exercise, exemplified by Gershon Shafir’s work, rests on a fallacy : denial at worst, or blurring at best, of the primacy of nationalist motivation and intention in Zionism. This results from tendentious structural analysis devoid of causality and deteched from historical context, and from an attendant preconceived theorical privileging of consequences over intentions.” (Gideon Shimoni, op. cit., p.189)
[[12]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Gideon Shimoni, op. cit.
[[13]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Frederick Kisch, leader sioniste.
[[14]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Nathan Weinstock, op. cit., p. 99. Sur ce point, voir également le film Jaffa, la mécanique de l’orange, réalisé par Eyal Sivan, 2009 qui montre que dans la propagande sioniste du début du Xxe siècle, notamment les chansons, reportages, etc., le terme de “colonie” est employé, n’étant pas encore connoté péjorativement.
[[15]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Ilan Pappe, “Zionism as Colonialism: A Comparative View of Diluted Colonialism in Asia and Africa”, in South Atlantic Quarterly, Volume 107, Numéro 4 “Settler Colonialism”, Automne 2008, pp. 611-633.
[[16]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref “Baruch Kimmerling and Gershon Shafir led the thinking in a new direction. Kimmerling saw Zionism as a mixture of territorial nationalism with colonialism, and Shafir depicted early Zionism as a clear variant of colonialism. Against them, the more established historians continue to argue that Zionism is a pure nationalist movement with no colonialist features.” Ilan Pappe, op. cit.
[[17]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Ilan Pappe, op. cit. La démarche comparative d’Ilan Pappe dans cet article s’appuie sur 2 exemples présentant des similarités : la colonisation chrétienne de la Palestine et la colonisation de l’Afrique de l’ouest par la Mission protestante de Bâle. Pappe observe trois choses : images de soi, discours, et pratique sur le terrain, analysés par rapport à la population locale et au pays mère adopté qui sert temporairement de métropole. Ses conclusions sont les suivantes : “In this essay, the similarity was found in the way land was taken over, the way the colonialist praxis was disguised with the similar discourses of modernization and religious morality, and later on even by the adoption of an anticolonialist self-image. As such these cases were quite exceptional in the colonial scene not only because the one was nationalist and the other missionary, but because the pure colonialist examples were mainly motivated by the economic considerations of loss and profit and were wholly dependent on the metropole. [...] Both [nationalism and colonialism] are relevant terms: none of them in the final analysis promises anything positive and promising for the original people of Palestine.”
[[18]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Ilan Pappe, op. cit.
[[19]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Cité par Shlomo Sand, op. cit.
[[20]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Theodor Herzl, L’État juif, recherche d’une réponse moderne à la question juive, 1896.
[[21]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Theodor Herzl, cité par Nathan Weinstock, op. cit.
[[22]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Israel Cohen, Le mouvement sioniste, Editions de la Terre Retrouvée, Paris, 1946, pp.70-71, cité par Nathan Weinstock, op. cit.
[[23]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref cf. supra p.3.
[[24]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Sur le rôle de l’Angleterre, voir Ilan Pappe, op. cit.: “[Zionist settlements] were not proper colonies of a mother country, Britain, but satellite movements. [...] Above all, it was British military might that enabled the “return” of the Jews to Palestine [...] The Jewish national homeland was built and survived due to British imperial support. Had London wished otherwise, the Jewish state would have been a fait accompli in 1917—or it would not have come into being at all. The strategy finally adopted by Britain was to endorse the slow construction of a Jewish community in Palestine, with the hope that it could be integrated into a new Anglo-Arab Middle Eastern political system. The British allowed the Zionist movement to establish not only an economic enclave but also a separate administrative infrastructure for a future state. This is a unique feature in the conventional British colonialist praxis.”
[[25]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Nathan Weinstock, op. cit., p. 98-99.
[[26]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Le Yichouv constitue “la communauté juive organisée en société en Palestine avant la naissance d’Israël”, Alain Gresh et Dominique Vidal, Les 100 clés du Proche-Orient, Hachette, 2008 (2006).
[[27]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Nathan Weinstock, op. cit., p. 224.
[[28]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Ilan Pappe, op. cit.
[[29]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref La Haganah est une organisation clandestine sioniste créée en 1920 avec pour objectif de  protéger les Juifs ayant émigré en Palestine. Après 1948, elle formera avec d’autres groupes armés et milices l’armée du nouvel Etat d’Israël.
[[30]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref A ce sujet, voir le travail des nouveaux historiens israéliens, notamment Ilan Pappe, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Fayard, Paris, 2008 et Benni Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem, 1947-1949, Cambridge University Press, 1989.
[[31]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Patrick Wolfe, “Settler colonialism and the elimination of the native”, in Journal of Genocide Research, Décembre 2006, pp. 387–409.
[[32]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Sur ce sujet, voir également Gershon Shafir, Land, Labor and the Origins of the Israeli-Palestinian conflict 1882-1914, Cambridge University Press, Cambridge, 1989 et Gershon Shafir, “Zionism and Colonialism : a comparative Approach”, in Michael Barnett (ed.), Israel in Comparative Perspective: Challenging the Conventional Wisdom, SUNY Press, New York, 1996, pp. 227-244.
[[33]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Il est fait référence ici au baron Edmond de Rothchild mais également au baron Maurice de Hirsch, dont nous avons vu le rôle premier dans l’entreprise coloniale. (cf. supra p. 7)
[[34]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref The Palestine Problem. Theses submitted for discussion to the Israeli socialist Organization, par des militants socialistes israéliens, aout 1966, cité par Nathan Weinstock, op. cit., p.82.
[[35]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Nathan Weinstock, op. cit, p. 81.
[[36]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Ilan Pappe, op. cit. On notera ici que cette politique se retrouve plus tard avec le recours à des travailleurs non juifs immigrés (environ 250 000 dans les années 1980) et qui vise à remplacer la main d’oeuvre palestinienne.
[[37]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Eyal Sivan, op. cit.
[[38]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Un fait renforcé par le mélange des discours sur la découverte et la mythologie du retour sur la terre ancestrale. Sur ce sujet, voir le témoignage d’Amnon Raz-Krakotzin, historien israélien, dans le film d’Eyal Sivan, op. cit. : “L’idée que les juifs ont été chassés n’est pas un mythe juif à la base mais chrétien car en soutenant que les juifs ont été chassés, ça prouve qu’ils ont perdu le droit d’ainesse et que la chrétienté est le vrai Israël.” Ce mythe a été intégré au sionisme : “chassés mais maintenant de retour”.
[[39]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Patrick Wolfe, op.cit.
[[40]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Ibid.
[[41]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Voir Eyal Sivan, op. cit.
[[42]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Amnon Raz-Krakotzin in Eyal Sivan, op.cit.
Comme le note Ilan Pappe, cet orientalisme se retrouvera plus tard : “[In] educational products in the early years of statehood in Israel in the 1950s [t]he image and perceptions of Islam and Muslims relied, in both cases, on scholarly Western Orientalism.” (Ilan Pappe, op.cit.)
[[43]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Cf. supra p.3
[[44]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Nathan Weinstock, op. cit., p. 100.
[[45]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Intervention de Patrick Wolfe à la 7e conférence annuelle de la SOAS (School of Oriental and African Studies) Palestine Society, “Past is Present : Settler Colonialism in Palestine”, SOAS, Londres, 5-6 mars 2011, cité par Julien Salingue, “Le sionisme : un colonialisme de peuplement. Retour sur une conférence universitaire à Londres”, publié sur www.juliensalingue.fr, 9 mars 2011.
[[46]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Jean-Loup Amselle, L’Occident décroché, enquête sur les post-colonialismes, Stock, Paris, 2008.
[[47]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Shlomo Sand, op. cit.
[[48]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Nathan Weinstock, op. cit., p. 312.
[[49]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref On notera sur ce point la résolution de l’Assemblée Générale de l’ONU de 1975 qui définissait le sionisme comme une forme racisme. Cette résolution fut annulée en 1991.
[[50]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Shlomo Sand, op. cit., p. 356.
[[51]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Ibid.
[[52]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Ibid.
[[53]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Ibid, p. 378.
[[54]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Les Juifs orientaux constituent ce qu’on a appelé “le problème noir” d’Israël qui verra l’apparition de mouvements sociaux revendicant  plus d’égalité, telles les “Panthères noires”. Pour donner un exemple des discriminations subies par cette minorité on évoquera ici un épisode survenu dans les années 1950 : des familles juives du Yémen perdent leurs enfants déclarés morts. En réalité, ces derniers sont confiés à des familles juives ashkénazes. On constate le parallèle avec la “Stolen Generation” aborigène en Australie. Aujourd’hui, la plaie des Juifs mizrahim est toujours ouverte, surtout avec l’augmentation de l’immigration russe askhénaze qui bénéficie de toutes les attentions gouvernementales, contrairement aux Mizrahim, et ce, bien que le rabbinat israélien affirme que 10 % d’entre eux ne sont pas juifs.
[[55]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Entrée “Arabes israéliens” in Alain Gresh et Dominique Vidal, Les 100 Clés du Proche-Orient, Hachette, 2008 (2006).
Sur ce point, on notera également la multiplication des analyses comparatives entre l’Etat d’Israël et le système d’apartheid Sud-Africain.
[[56]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Ibid.
[[57]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Sammy Samooha, “Minority Status in an Ethnic Democracy : the Status of the Arab Minority in Israël”, Ethnic and racial studies, 1990, pp. 389-413 cité par Shlomo Sand, op. cit.
[[58]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Shlomo Sand, op. cit., p. 425.
[[59]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Pablo Gonzalez Casanova, “Société plurale, colonialisme interne et développement”, in Revue Tiers-Monde,  Volume 5, Numéro 18, 1964, pp. 291-295.
[[60]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Loi fondamentale, Article 7A, La Knesset, 1985, cité par Shlomo Sand, op. cit. p. 347.
[[61]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Shlomo Sand, op. cit., p. 406.
[[62]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Une assimilation revenant selon Wolfe, qui prend l’exemple des Indiens d’Amérique et du vieux slogan colonial civilisationnel “Kill the Indian in him and save the man”, à une sorte de génocide.
[[63]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Nathan Weinstock, op. cit., p. 514.
[[64]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Cf. supra p. 8.
[[65]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Sur ce sujet, voir le film Iron Wall, de Mohammed Alatar, réalisé en 2006 et qui retrace l’histoire de la colonisation israéliene depuis 1967.
[[66]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Mythe qui se retrouve symbolisé sur le drapeau israélien par les deux bandes bleues qui sont une référence directe aux fleuves du Nil et de l’Euphrate.
[[67]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Sur ce point, on notera que les Palestiniens d’Israël seront eux-aussi soumis à la loi martiale jusqu’en 1966.
[[68]]url:http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/2012/01/12/le-sionisme-un-nationalisme-juif-a-lepreuve-des-postcolonial-studies/#_ftnref Julien Salingue, op. cit.

Source: http://cerclechercheursmoyenorient.wordpress.com/
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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 14:51
La guerre mondiale contre la démocratie

Résistance politique: Soyons ces graines sous la neige…

“C’est le refus d’abandonner que le pouvoir pourri craint par dessus tout, car il sait que c’est la graine plantée sous la neige.” ~John Pilger~
 
Nous avons traduit ici le dernier (et superbe) article en date de John Pilger. Un des tous derniers grand reporters indépendants nous démontre s’il en était encore besoin, la futilité et l’illusion d’un système politique corrompu et totalement déliquescent. Il nous sensibilise à la descente aux enfers totalitaires de l’occident dans sa folie dominatrice et

hégémonique.
Au sujet de l’histoire de Lisette et des habitants expulsés des îles Chagos dans les années 1960 (afin d’établir la base militaire américaine sur l’îlede Diego Garcia), Pilger a réalisé en 2004, un superbe reportage: “The Stealing of a Nation”  (“Le vol d’une nation” ) que l’on peut visionner sur son site internet, comme la quasi totalité de ses reportages du reste, disponibles gratuitement sur son site.
John Pilger est un grand monsieur du vrai journalisme documentaire, un journalisme qui n’existe plus. Son discours lors de la réception du prix de la paix dans sa ville de Sydney en 2009 est d’anthologie et devrait être traduit en toute les langues.
C’est toujours avec grand plaisir et émotion que nous traduisons ses textes simples, nobles et percutants.
Merci Mr Pilger !
– Résistance 71 –
 
La guerre mondiale contre la démocratie
 
Par John Pilger
http://www.johnpilger.com/articles/the-world-war-on-democracy
Lisette Talate est décédée l’autre jour. Je me rappelle d’une fine femme à l’intelligence aiguisée qui masquait sa peine avec une détermination qui était une présence en elle-même. Elle était la personnification de la résistance des peuples à la guerre contre la démocratie. Je l’ai d’abord entr’aperçu dans un film du bureau des colonies datant des années 1950, à propos des gens des îles Chagos, une petite nation créole vivant à mi-chemin entre l’Afrique et l’Asie dans l’Océan Indien. La caméra se déplaçait dans des villages fourmillant, une église, une école, un hôpital, construits dans un endroit phénoménal de beauté naturelle et de paix. Lisette se rappelle du producteur du film lui disant à elle et ses amies adolescentes: “Continuez à sourire les filles !”
Assise dans sa cuisine de l’île Maurice plusieurs années plus tard, elle dit: “On n’avait pas besoin de me demander de sourire. J’étais une enfant heureuse, parce que mes racines descendaient profondément dans ces îles, mon paradis. Mon arrière grand-mère était née là-bas, j’ai fait 6 enfants là-bas. Voilà pourquoi ils ne pouvaient pas nous jeter légalement en dehors de nos maisons; ils devaient nous terrifier pour que nous partions ou nous forcer à partir. Au début, ils ont essayé de nous affamer. Les vaisseaux de ravitaillement cessèrent de venir, ensuite ils ont répandu les rumeurs que nous serions bombardés, puis ils se sont retournés contre nos chiens.”
Au début des années 1960, le gouvernement travailliste (NdT: les “socialistes” britanniques) d’Harold Wilson acquiesça secrètement à une demande de Washington pour que l’archipel des Chagos, une colonie britannique, soit “nettoyée” et “aseptisée” de ses 2 500 habitants afin qu’une base militaire puisse être construite sur l’île principale de l’archipel, l’île de Diego Garcia. “Ils savaient que nous étions inséparables de nos animaux domestiques”, dit Lisette, “quand les soldats américains sont arrivés pour construire la base, ils firent reculer leurs gros camions jusqu’aux baraques de briques dont nous nous servions pour préparer les noix de cocos; des centaines de nos chiens avaient été emprisonnés dedans. Ils les ont gazé avec des raccords fait à leur pots d’échappement. On pouvait les entendre hurler.”
Lisette, sa famille et des centaines d’insulaires furent mis de force sur un vieux bateau à vapeur rouillé à destination de l’île Maurice, distante de 4 000 km. Ils devaient dormir dans les cales contenant du fertilisant: de la merde d’oiseaux. La météo était dure, tout le monde était malade; deux femmes firent des fausses-couches. Larguée sur les quais de Port Louis, les deux plus jeunes enfants de Lisette Jollice et Régis, moururent à une semaine d’intervalle. “Ils sont morts de tristesse”, dit-elle. “Ils avaient tout entendu et ont vu l’horreur du gazage de nos chiens. Ils savaient qu’ils quittaient leur maison pour toujours. Le médecin de Maurice nous a dit qu’il ne pouvait pas guérir la tristesse.”
Cet acte fut fait dans le plus grand des secrets. Dans un document d’archive officiel, sous le titre de “Maintenir la fiction”, le conseiller juridique du ministère des affaires étrangères exorte ses collègues de camoufler leurs actions en “reclassifiant” la population comme étant une population “flottante, nomade” et de “refaire les règles au fur et à mesure”. L’article 7 des statuts du TPI dit que “la déportation ou le transfert forcé de populations” est un crime contre l’humanité. Que la Grande-Bretagne ait commis un tel crime en échange d’une ristourne de 14 millions de dollars sur un sous-marin nucléaire américain Polaris, n’était pas dans l’agenda d’un groupe de correspondants de la “défense” qui furent envoyés aux îles Chagos par le ministère de la défense lorsque les travaux de la base américaine furent terminés. “Il n’y a rien dans nos dossiers”, dit un officiel du ministère, “à propos des habitants ou à propos d’une évacuation.”
Aujourd’hui, l’île de Diego Garcia est cruciale à la guerre contre la démocratie menée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Les plus gros bombardements qui ont eu lieu en Afghanistan et en Irak ont été lancés de cette base, au delà de laquelle le cimetière et l’église abandonnés par les insulaires se dressent comme des ruines archéologiques. Le jardin en terrasse d’où Lisette souriait à la caméra est maintenant un dépôt pour des bombes anti-bunkers transportées sur leurs lieux de bombardements sur deux continents par des bombardiers B-2 furtifs aux allures de chauve-souris. Une attaque sur l’Iran commencera de là. Comme pour compléter le blason du pouvoir criminel omni-présent, la CIA y a ajouté une prison du style de Guantanamo pour les victimes de son programme de “rendition”, appelé “Camp Justice”.
Ce qui fut fait au paradis de Lisette a une signification forte et universelle dans la mesure où cela représente la nature violente et sans pitié d’un système entier derrière sa façade démocratique et la mesure de notre propre endoctrination avec ses suppositions messianiques, décrites par Harold Pinter comme “de brillants numéros d’hypnose, spirituels même, qui fonctionnent”. Plus longue et plus sanglante que toute guerre depuis 1945, faite avec des armes démoniaques et un gangstérisme déguisé en politique économique, parfois connu sous le nom de mondialisme, la guerre contre la démocratie n’est pas mentionable dans les cercles de l’élite. Comme l’a écrit Pinter: “Cela ne s’est jamais produit et dans le même temps cela se produisait”. En Juillet dernier, l’historien américain William Blum a publié son sommaire mis à jour des statistiques de la politique étrangère américaine. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis ont:
1. Tenté de renverser plus de 50 gouvernements la plupart d’entr’eux démocratiquement élus.
2. Tenté de supprimer un mouvement populiste ou national dans 20 pays.
3. Interféré éhontement dans des élections démocratiques dans au moins 30 pays.
4. Bombardé les populations de plus de 30 pays.
5. Tenté d’assassiner plus de 50 leaders politiques étrangers.
Au total, les Etats-Unis ont commis une ou plus de ces actions dans 69 pays. Dans la plupart des cas, la Grande-Bretagne a été la complice et la collaboratrice. L’”ennemi” change de nom, de communisme à islamisme, mais le plus souvent c’est la montée de mouvement démocratique indépendant du pouvoir occidental ou une société occupant un territoire stratégiquement utile, jugée aléatoire, comme les îles Chagos.
La véritable échelle de la souffrance, sans parler de celle de la criminalité impliquée, n’est pas connue en occident, malgré la présence des systèmes de communication les plus avancés au monde, nominalement le journalisme le plus libre et l’académie la plus admirée. Que le plus grand nombre de victimes du terrorisme, du terrorisme occidental, soient les musulmans est quelque chose qu’on ne peut pas dire, si cela est seulement su. La mort d’un demi million d’enfants irakiens dans les années 90 suite à l’embargo imposé par la Grande-Bretagne et l’Amérique n’a absolument aucun intérêt. Que le djihadisme extrême, celui qui mena aux attentats du 11 Septembre, fut couvé et développé comme une arme par la politique occidentale (“Opération Cyclone”) est une information connue des spécialistes mais autrement complètement supprimée.
Alors que la culture populaire en Grande-Bretagne et en Amérique immerge la seconde guerre mondiale dans un bain éthique pour les vainqueurs, les holocaustes qui émergent de la domination anglo-américaine des régions riches en ressources naturelles sont consignés dans le tiroir de l’oubli. Sous le tyrant indonésien Suharto, adoubé “notre homme” par Thatcher, plus d’un million de personnes furent massacrées. Décrit par la CIA comme “le pire massacre de masse de la seconde partie du XXème siècle”, les estimations ne prennent même pas en compte le tiers de la population du Timor oriental qui fut affamé ou massacré avec la complicité de l’occident, des avions et des mitrailleuses britanniques.
Ces histoires vraies sont racontées dans des documents déclassifiés et archivés dans les archives publiques, néanmoins elles représentent une dimension entière de la politique et de l’exercice du pouvoir complètement exclu de la vie publique et de la considération du public. Ceci fut réalisé par un régime non-coercitif de contrôle de l’information, depuis le mantra évangélique de la publicité consumériste aux informations de la BBC en passant par les médias sociaux éphémères.
C’est comme si les écrivains faisant fonction de rempart n’étaient plus ou sont sous l’emprise d’un zeitgeist sociopathe, convaincus qu’ils sont trop intelligents pour être dupés. Voyez la ruée des sycophants en mal de déifier Christopher Hitchens (NdT: journaliste anglo-américain grand supporteur de la guerre d’Irak), un amoureux de la guerre qui s’est languit d’être autorisé à justifier les crimes du pouvoir prédateur. “Pour presque la première fois depuis deux siècles”, écrivit Terry Eagleton, “il n’y a pas de poète britannique éminent, de dramaturge ou de romancier, préparés à questionner les fondations même du mode de vie occidental”. Plus d’Orwell pour nous dire que nous ne devons pas nécessairement vivre en société totalitaire pour être corrompu par le totalitarisme. Plus de Shelley pour parler pour les pauvres, plus de Blake proférant une vision, plus d’Oscar Wilde pour nous rappeler que “la désobéissance, aux yeux de tous ceux qui ont lu l’histoire, est la vertu originelle de l’Homme.”
Et plus de Pinter rageant contre la machine de guerre comme dans American Football:
Hallelujah.
Praise the Lord for all good things … [Rendons grâce à Dieu pour toutes les bonnes choses...]
We blew their balls into shards of dust, [Nous leur avons explosé les couilles en débris de poussière,]
Into shards of fucking dust … [En débris de putain de poussière...]
En débris de putain de poussière s’en vont toutes les vies détruites là par Barack Obama l’Auguste du changement et de l’espoir de la violence occidentale. Quand un des drones d’Obama élimine une famille complète dans une région tribale lointaine du Pakistan, de Somalie, ou du Yémen, les contrôleurs du jeu américains devant leurs écrans de jeu vidéo, tapent sur leur clavier “insecte écrabouillé” (NdT: “bugsplat” en anglais). Obama aime les drones et a fait des plaisanteries à ce sujet avec les journalistes. Une de ses premières actions comme président des Etats-Unis fut d’ordonner une vague d’attaques de drones Predator sur le Pakistan, qui tua 74 personnes. Il a depuis tué des milliers de personnes, pour la plupart des civils. Les drones Predator tirent des missiles Hellfire “feu de l’enfer” qui vide les poumons des enfants de leur air et laissent des lambeaux de chair humaine sur le terrain.
Rappelez-vous des manchettes de journaux noyées de larmes lorsque la “marque” Obama fut élue: “Monumental, donne la chair de poule”, titra le Guardian. “Le futur américain”, écrivit Simon Schama “est fait de vision, sacré, léger…” Le chroniqueur du San Francisco Chronicle y vît “un éclairagiste spirituel qui peut pousser pour une nouvelle façon d’être sur la planète”. Au delà de ce radotage, comme l’avait prédit le grand lanceur d’alerte Daniel Ellsberg, un coup d’état militaire se déroulait à Washington et Obama était leur homme. Après avoir séduit le mouvement anti-guerre jusqu’à un silence virtuel, il donna à la classe des officiers militaires corrompue américaine des pouvoirs d’état et d’engagement sans précédent. Ceci inclut la possibilité de guerres en Afrique et des opportunités de provocations contre la Chine, le plus grand créditeur de l’Amérique et nouvel “ennemi” d’Asie. Sous le régime Obama, la vieille source de paranoïa officielle, la Russie, a été encerclée par un rideau de missiles ballistiques et l’opposition russe a été infiltrée. Des équipes d’assassins de la CIA et de l’armée ont été déplacées dans 120 pays, les attaques planifiées de longue date sur la Syrie et l’Iran laissent présager d’une guerre mondiale. Israël, le clone américain de la violence et de l’illégalité par proxy vient juste de recevoir son argent de poche annuel de 3 milliards de dollars avec la bénédiction d’Obama pour voler toujours plus de territoires palestiniens.
La réussite la plus “historique” d’Obama a été d’amener la guerre contre la démocratie sur le sol de l’Amérique. Au réveillon du nouvel an, il signa la loi du National Defense Authorization Act (NDAA), une loi qui donne le droit au Pentagone de kidnapper à la fois des étrangers et des citoyens américains, de les détenir de manière indéfinie, de les interroger, de les torturer et même de les tuer. Les victimes n’ont seulement besoin que d’être “associées” avec ceux qui sont en guerre contre les Etats-Unis. Il n’y aura aucune protection légale, aucun procès, aucune représentation légale. Ceci est la première législation qui abolit le Habeas Corpus (le droit a une procédure judiciaire légale) et réfute de facto les droits civiques de 1789.
Le 5 Janvier, dans un discours incroyable au Pentagone, Obama a dit que l’armée devra non seulement être prête “à sécuriser territoires et populations” à l’étranger, mais également à se battre ™à domicile” et “donner du soutien aux autorités civiles”. En d’autres termes, les troupes américaines seront déployées dans les rues des villes des Etats-Unis lorsque les troubles sociaux inévitables se déclancheront.
L’Amérique est aujourd’hui un pays de la pauvreté épidémique et de prisons barbares: la conséquence d’un extrémisme de marché, qui sous Obama, a favorisé le transfert de 14 000 milliards de dollars d’argent public aux entreprises criminelles de Wall Street. Les victimes en sont le plus souvent les jeunes chômeurs, sans abri, incarcérés afro-américains, qui ont été trahis par le premier président noir américain. Le corollaire historique d’un état de guerre perpétuel, ceci n’est pas le fascisme, pas encore du moins, mais cela n’est pas non plus la démocratie dans une forme reconnaissable, indépendemment de la politique placebo qui se déroulera juqu’à Novembre. La campagne présidentielle, dit le Washington Post va “mettre en scène le choc des philosophies enracinées dans des vues différentes de l’économie.” Ceci est faux. La tâche qui incombe au journalisme des deux côtés de l’Atlantique est de créer l’illusion d’un choix politique là où il n’y en a aucun.
La même ombre plane sur la Grande-Bretagne et la plupart de l’Europe où la social-démocratie, un article de foi il y a encore deux générations, a capitulé devant les dictateurs des banques centrales. Dans la “grande société” de David Cameron, le vol de 84 milliards de Livres en emplois et en services dépasse même le montant des impôts “légalement” évités par les entreprises pirates. Le blâme demeure non pas avec l’extrême-droite, mais avec une culture politique libérale couarde qui a permis à tout cela de se produire, ce qui, écrivit Hywel Williams juste après les attentats du 11 septembre 2001, “peut devenir en soi une forme de fanatisme de l’auto-satisfaction”. Tony Blair est un de ces fanatiques.. Dans sa gestion indifférente des libertés qu’il clame pourtant être chères, la Grande-Bretagne bourgeoise blairienne a créé un état policier avec plus de 3000 lois et actes délictuels nouveaux: plus que pour l’ensemble du siècle précédent. La police croit de manière évidente qu’elle a l’impunité totale de tuer. A la demande de la CIA, des cas juridiques comme celui de Binyam Mohamed, un citoyen britannique innocent, torturé puis emprisonné pour cinq ans à Guantanamo, seront traités dans des cours de justice spéciales et secrètes en Grande-Bretagne afin de “protéger les agences de renseignement”, les bourreaux.
L’état invisible a permis au gouvernement de Blair de lutter contre les habitants des îles Chagos alors qu’ils se levaient de désespoir depuis leur exil pour demander justice dans les rues de Port Louis et de Londres. “Seulement quand vous menez une action directe, face à face, et même que vous enfreignez la loi, alors on vous remarque”, a dit Lisette. “Et plus vous êtes petit, le plus grand est l’exemple pour les autres.” Une telle réponse éloquente donne de quoi réfléchir à ceux qui demandent toujours: “Que puis-je faire ?”
J’ai vu pour la dernière fois la fine silhouette de Lisette debout sous une pluie battante, aux côtés de ses camarades devant le parlement. Ce qui me frappa par dessus tout fut le courage endurant de leur résistance. C’est le refus d’abandonner que le pouvoir pourri craint par dessus tout, car il sait que c’est la graine plantée sous la neige.
 
For more information on John Pilger visit his website at www.johnpilger.com

http://www.alterinfo.net/La-guerre-mondiale-contre-la-democratie_a69972.html

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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 14:48
“Les secrets derrière le commerce israélien dans le monde islamique »

Les informations sur l’acheminement des produits israéliens via les marchés libres arabes ne surprennent plus personne. Mais un récent rapport publié par le quotidien israélien Haaretz semble plus alarmant encore, avec des révélations faites sur « le secret derrière le commerce israélien dans le monde islamique ».
Le Haaretz confirme en effet que des mercenaires israéliens participent à la protection des champs pétroliers arabes dans l’un des pays du Golfe, à la base de procédures presque légales entre les hommes d’affaires israéliens et des pays arabo-islamiques, qui ignorent ou feignent ignorer ces transactions. Une chose est sure : de telles transactions allègent l’isolement grandissant qui touche l’entité sioniste.
L’Arabie Saoudite et le Golfe
D’après le Haaretz, l’Arabie Saoudite est l’un des pays les plus équivoques sur le plan de ses relations avec Israël. « Un nombre important de sociétés israéliennes exportent leurs produits en Arabie Saoudite, dont des productions technologiques. Ceci se fait via des compagnies secondaires opérant aux Etats-Unis, grâce aux relations solides entre Ryad et Washington».
A titre d’exemple, la compagnie de fabrication des gilets-par-balles Rapintex a approvisionné les soldats américains présents en Arabie Saoudite de ses produits.
Le domaine des industries du plastique occupe le devant de la scène sur le plan des échanges israélo-saoudiens. « Israël reçoit les matières brutes pour ses productions en plastique, comme le polyéthylène et le polypropylène, de l’Arabie Saoudite et d’autres pays du Golfe », révèle le rapport précité.
En contrepartie, « l’industrie du plastique israélienne exporte ses productions, comme les couvertures plastiques des serres agricoles, les outils d’irrigation, les outils d’emballage des aliments et d’autres vers l’Arabie Saoudite via les industries des sociétés israéliennes basées en Turquie ».
L’ancien ambassadeur israélien en Turquie Alon Lipple confirme que « les chiffres des échanges commerciaux entre Israël et la Turquie sont aussi considérables  grâce au commerce indirect avec plusieurs pays qui interdisent publiquement tout lien avec Israël » !
Le Haaretz est allé encore plus loin dans ses révélations. Passons aux Emirats Arabes Unis, « Israël a contribué à la construction des îles des palmes à Dubaï via une compagnie italienne. De plus, un grand nombre de hautes sociétés techniques israéliennes opèrent dans les pays du Golfe, notamment dans le secteur de la sureté intérieure, qui s’est beaucoup développé avant l’assassinat du cadre du Hamas Mahmoud Mabhouh ».
Des mercenaires sionistes protègent les champs pétroliers arabes !
Mais l’information la plus dangereuse rapportée par le quotidien israélien est celle de « la protection des champs pétroliers d’un pays du Golfe par une société sécuritaire appartenant aux Israéliens ! ». Pis encore, des mercenaires sionistes sont employés par cette compagnie !
Par ailleurs, « Israël » exporte des techniques médicales, agricoles et aquatiques aux pays du Golfe, mais en Irak aussi. « Les hommes d’affaires arabes sont très intéressés par les technologies israéliennes. Ils les recherchent via internet et les réseaux de communications sociales », indique Aliral Malon, spécialiste des « marchés arabes », une compagnie chargée d’assurer des transactions avec les pays arabes.
Selon Nava Mashia, un Israélien vivant à Genève et chargé de liens avec les pays de la région, « la situation politique est primordiale. Parfois, nous arrêtons d’envoyer même un courrier électronique, mais les Israéliens ont repris effectivement leurs échanges commerciaux avec Dubaï, Abou Dhabi et le Qatar ».
Le Haaretz confirme enfin qu’ « Israël utilise les réseaux commerciaux pour des fins politiques… L’Etat contrôle les activités des hommes d’affaires arabes et aide les hommes d’affaires sionistes à accomplir des missions diplomatiques et secrètes », citant l’affaire de la compagnie israélienne Offer qui a « joué un rôle essentiel dans la protection de la sécurité d’Israël », indique entre autre le journal Haaretz.
Source: Assafir
http://www.alterinfo.net/Les-secrets-derriere-le-commerce-israelien-dans-le-monde-islamique_a69963.html

Par noesam - Publié dans : israèl régime d'aparthied
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 20:57

Les Etudiants Etrangers Courtisés Par L'UMPS La Dictature du Qatar Quadrille Les Banlieues Islamisantes

En 2007 c’était les sans papiers cette fois ce sont les étudiants étrangers et la «diversité» tous les ingrédients pour des retombées explosives dans les urnes car le souci principal de la majorité des Français reste l’emploi surtout pour certains dont les enfants et petits enfants y compris les jeunes diplômés français Bac + sont obligés de s’expatrier. De même inquiétude majeure les inégalités socio -économiques qui touchent de plein fouet la majorité dite invisible alors que sont mises en avant les minorités communautaristes dont certaines vont chercher des fonds auprès de la dictature monarchique esclavagiste du Qatar. Des élus locaux se vantent d’y avoir trouvé une reconnaissance de leur «identité». Quelle identité ? Islamiste Wahhabite ?



 Les Etudiants Etrangers Courtisés Par L'UMPS La Dictature du Qatar Quadrille Les Banlieues Islamisantes


Et les étudiants français font quoi ? S’expatrient ? Pointent au chômage ?

En 2007 la gauche incluse l’extrême gauche a joué la carte des sans papiers dont les manifestations pour une régularisation de tous sont allées en s’amplifiant au fur et à mesure que les campagnes électorales présidentielle et législatives avançaient.

Le vainqueur de cette campagne massive de régularisation des sans papiers a été Sarkozy qui a su manipuler ces manifestations et peut être même en coulisses ces manifestants - que ne ferait -on pas pour être régularisé surtout quand cela devient un enjeu aux élections ? - attirant à lui des électeurs dépités surtout chez les chômeurs ouvriers et employés.

Cette fois pour les élections législative et présidentielle, la gauche de Flamby et consorts recommence à avancer en terrain miné cette fois avec la défense des étudiants étrangers. Le Monarche de l’Elysée Sarkozy ne peut que se féliciter des bourdes politiques commises par ses adversaires de gauche tout aussi éloignés que le pauvre mec du Fouquet’s des préoccupations principales des Français ouvriers employés et même cadres.

A l’évidence les enfants de cette gauche n’ont pas de problème à trouver un emploi et pour cause : papa maman activent leurs réseaux comme on l’a vu avec la fille de José Bové placée par les réseaux de ce dernier au Conseil Régional Aquitaine alors même que le père avait lui choisit le parlement européen pour s’assurer une confortable retraite de parlementaire UE bien plus grasse à brouter que celle que lui vaut celle de gardien de moutons et fromager bobo du Larzac.

Pourtant de nombreux jeunes français des plus diplômés thésards doctorants post doctorants… ont de plus en plus de mal à trouver un CDI certains secteurs comme la recherche sont sinistrés ce qui les oblige à partir à l’étranger. Les jeunes expats français - qui ont parfois des difficultés à trouver un poste en France après leur séjour à l’étranger - vont voter pour la première fois et nul doute qu’ils sauront se souvenir de cette défense par les bobos gauchos des étudiants étrangers qui sans hypocrisie eux ont effectivement reconnus que leur objectif principal c’était de se faire embaucher en France.

De même que l’afflux massif de travailleurs étrangers en France à partir des années Mitterrand légaux ou clandestins a contribué à briser les revendications des ouvriers et employés les paupériser détériorer leurs conditions de travail face à une concurrence déloyale de personnes dont les exigences en matière salariale et de conditions d’emploi étaient bien plus modestes voire pour certains comme les clandestins inexistantes, il en va de même de l’afflux d’étudiants étrangers aux exigences elles aussi bien moindres : qui venant d’Afrique d’Asie d’Europe de l’Est ou du Sud ou d’ailleurs ne rêve pas d’un poste à Marie Curie, Pasteur où ailleurs dans un grand groupe pharmaceutique installé en France par exemple ou dans d’autres secteurs de pointe ?

Il ne s’agit pas là d’échanges internationaux entre pays ayant les mêmes capacités d’emploi mais bel et bien de débauchage de matière grise des pays sous développés ou en développement ou désindustrialisés ou en faillite (Grèce, Portugal, Espagne) et de pillage à terme de leurs cadres et techniciens.

En France il s’agit de mettre au pas les jeunes diplômés issus principalement des classes moyennes - peu d’enfants d’ouvriers d’employés font des études supérieures bac + 3 5 8… et de les obliger à accepter des conditions de travail infernales : 12 15 heures par jour si on comptabilise les « heures invisibles « = travail à la maison avec un risque accru de «burn out» = épuisement professionnel non reconnue comme maladie professionnelle par la Sécu.

De même ces jeunes diplômés contrairement à leurs aînés des générations précédentes devront se contenter de salaires moindres quand ils trouvent un emploi en CDI les entreprises ayant toujours la possibilité d’embaucher l’un de ces étudiants étrangers testés gratuitement lors d’un de ces multiples stages destructeurs d’emplois et ce pour un salaire moindre (carte de séjour + emploi en CDD contre petite rémunération avec turn over de ce type de main d’œuvre «étudiante» ).

Pour résorber le chômage des jeunes diplômés ou sans diplôme cela ne passe pas par l’embauche d’étudiants étrangers mais par celle d’étudiants français en fin d’études avec des conditions de travail convenables impliquant de ne pas regrouper par souci exclusif de productivité = dividendes accrus pour les actionnaires ou baisse de subventions dans le public - sous un seul profil plusieurs postes mais pour chaque poste embaucher un jeune. (Exemple dans la recherche scientifique les postes de techniciens sont peu à peu supprimés toutes les « manips » retombent sur les enseignants chercheurs dans le public et responsable de projet dans le privé).

De même si dans un secteur il y a pénurie de jeunes qualifiés la solution n’est pas non plus de faire appel à des étudiants étrangers mais de revoir les conditions de formation en France pour que les jeunes français puissent en bénéficier y compris après une remise à niveau quel que soit le temps et le coût de cette dernière. A long terme le pays est gagnant : moins de chômage chez les jeunes il y a urgence en France si on ne veut pas concurrencer l’Espagne avec ses 30% de jeunes chômeurs.

La défense des intérêts de l’état nation, des nationaux et de leur descendance est devenue taboue.

Il faut que cela cesse.

Que ceux qui ne sont pas prêts à défendre le pays son économie les intérêts de leurs concitoyens aillent voir ailleurs Outre Atlantique ou dans les Pays du Golfe où même en Norvège qui s’est bien gardée de rentrer dans l’UE et nous a refilé Eva Joly pour nous convaincre d’y sombrer corps et âmes un peu plus chaque jour. Cette invitation vaut pour certains élus de la «diversité» = discrimination à l’envers contre TOUS les Français.

Cette dérive raciale ethnique et communautariste ne peut être défendue par quiconque prétend occuper des fonctions que ce soit de simple élu local de parlementaire ou de président de la République car elle constitue en soi une violation flagrante de notre Constitution et des valeurs qui y sont inscrites telle l’EGALITE.

Les Bretons, Auvergnats, Alsaciens, Corses, doivent ils eux aussi revendiquer un pourcentage de cette «diversité« dans les instances politiques ?

Les chômeurs, ouvriers, employés, agriculteurs, directeurs de PME, artisans, commerçants, doivent-ils eux aussi revendiquer un pourcentage de cette «diversité« dans les instances politiques ?

Les handicapés, porteurs du VIH, malades longues durée, les retraités doivent-ils eux aussi revendiquer un pourcentage de cette « diversité » dans les instances politiques ?

« Identité » d’élus de banlieues : islamiste Wahhabite ?

Où est l’égalité de Tous Les Citoyens en France ? Où ? Qui la défend encore chez ces postulants carriéristes de droite comme de gauche issus ou pas de la "diversité" à des postes dans les instances politiques de la France ?

Certainement pas dans certaines banlieues quand on lit attentivement les déclarations de certains de leurs élus encouragés par le vote récent au Sénat dominé par la Gauche de Flamby et consorts - Gauche qui a toujours un train de retard Sarkozy ayant lui déjà utilisé en 2007 puis jeté la «diversité» voir le sort de Dati - pour le droit de vote des étrangers aux élections locales. On voit tout de suite où cela risque de nous mener avec un «droit» ouvrant les portes à la dictature Islamiste Wahhabite dans plusieurs localités.

En effet dans un article d’Arthur Frayer du 05/01/2012 intitulé « Après le PSG le Qatar au chevet des banlieues françaises » publié sur le site internet du quotidien Le Monde, Kamel Hamza, conseiller municipal UMP de la Courneuve et président de l’Association nationale des élus locaux de la diversité (Aneld) définit par le quotidien comme « Un collectif d'élus de droite et de gauche ayant en commun d'être fils ou petit-fils d'immigrés et qui constate l'impasse dans laquelle se trouvent les banlieues françaises depuis plusieurs années », en voyage au Qatar payé par le monarche dictateur l'émir cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, affirme :

« Pour une fois notre identité était valorisée et n’était plus un handicap ».

Quelle identité ?

Islamiste Wahhabite ?

Imaginez un peu si à l’époque de la « Guerre Froide » des élus communistes avaient été solliciter de l’argent à Moscou et s’en étaient vantés sur la place publique ? (Il se peut qu’ils en aient reçu clandestinement comme d’autres ont reçu des fonds des Américains)

Cette démarche de mendicité une initiative d’ »élus locaux de la diversité» - sous prétexte que l’état aurait abandonné les banlieues comme si l’état n’avait abandonné que les banlieues ? - auprès d’une monarchie dictatoriale sans instance représentative parlementaire ni autre en dit long sur la mentalité de ces élus et aussi sur celle du gouvernement actuel de Sarkozy puisque le ministre à la ville, Maurice Leroy, ancien président du groupe d'amitié France-Qatar à l'Assemblée nationale a applaudi cette initiative :

"Ce fonds d'investissement est un signe positif de reconnaissance des talents et capacités de création d'entreprises dans les quartiers populaires en France."

Toujours selon l’article du Monde :

« …L'initiative qatarie n'est cependant pas dénuée d'arrière-pensées politiques. "L'investissement dans les banlieues participe d'une stratégie globale", explique Nabil Ennasri, doctorant à l'université de Strasbourg et auteur d'un mémoire de DEA sur le Qatar. "En 2008, les élites qataries ont élaboré le 'Qatar national vision 2030 pour imaginer ce que sera la place du pays dans le monde d'ici vingt ans. Si le Qatar cible les banlieues et la communauté arabo-musulmane, c'est pour qu'elles soient, à terme, un relais de ses idées en France."

Mohamed Ali Adraoui confirme: "Le pays cherche surtout des relais d'influence dans la société française."


L’Emir du Qatar quand il les a reçu a été clair d’après un article publié par Le Parisien en ligne du 20/11/2011 intitulé : « des élus locaux reçus comme des chefs d’Etat DOHA (QATAR)

« Je suis prêt à contribuer dans les quartiers populaires français. Nous pouvons aussi intégrer des jeunes dans les entreprises que nous gérons, nous allons d’ailleurs prendre beaucoup de parts dans des sociétés françaises…
L’émir leur propose aussi d’être des relais pour trouver des régions où implanter des écoles d’apprentissage de l’arabe gratuit. « Nous avons déjà fait cela en Amérique latine et aux Etats-Unis. La langue doit être un pont entre tous les arabes. C’est l’esprit dans lequel j’ai créé la chaîne Al-Jazeera. »


Des écoles coraniques comme en Afghanistan et au Pakistan ?

Quand on sait ce qu’est devenu Al Jazeera un chaîne TV de propagande fomentant des guerres en Libye et en Syrie il y a de quoi s’inquiéter de toutes ses « réjouissances quataries » puant les pétro dollars.

Et le PS fait passer au Sénat une loi pour accorder le vote aux étrangers aux élections locales ?

Qui veut vendre la France au Qatar ?

L’UMPS ?

On parle beaucoup d’intégration mais est ce là une preuve d’intégration, Ou bien ne serait- ce pas plutôt une preuve que certains utilisent le système démocratique français à des fins autres que celle de respecter la République laïque et sa Constitution ?

La carte d’identité française en poche, l’allégeance elle est ailleurs.

Les élus locaux d’origine immigrée ne sont pas les seuls du reste à s’adonner à ce petit jeu les Juifs sionistes y excellent qui vont même jusqu’à convier tout le gratin politique français au fameux dîner de cons du CRIF l’ambassade israélienne n° 2 à Paris.

Désormais entre le Qatar et Israël - qui entretiennent des liens plus que cordiaux - des deux qui va le plus manipuler la politique et les politiciens affairistes français issus ou pas de la "diversité" ?

Les Français n'auront-ils plus bientôt qu'à choisir entre la kippa et la burqua ?



Dimanche 8 Janvier 2012
Mireille Delamarre

Dans la même rubrique :

Fascisme Juif Sioniste | Guerre De L'Information | Liban | Dictats UMPS | changements stratégiques géopolitiques | Mossad Cia et Cie | Boycott Israel | Collaborateurs Des Sionistes | Anti Sionisme | En Palestine | Totalitarisme Américain | Union Européenne | OTAN | Terrorisme D'Etat | Nucléaire | Iran | Asie | Medias Net Propagande | Pandemies | Sarkozie | EcoDictature Verte | Monde Arabe | Economie | Collaboration Au Sionisme Archives | archives Armement Sécurité Stratégies Militaires | archives Droit International ONU | archives histoire traditions 2004-2008 | archives sciences écologie 2004-2008 | archives société 2004-2008 | archives culture | archives Impérialisme Américain 2005-2008 | archives ressources educatives | archives humour | archives informations 1 | archives informations 2 | Special Marche Pour Gaza

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http://www.planetenonviolence.org/Les-Etudiants-Etrangers-Courtises-Par-L-UMPS-La-Dictature-du-Qatar-Quadrille-Les-Banlieues-Islamisantes_a2538.html


Par noesam - Publié dans : Dossiers
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 20:55

Le Dictateur Wahhabite Qatari Al Thani Pour Un Putsch Militaire En Syrie - Manipulation Honteuse De La Mort De Jacquier De FR2

Al Thani dictateur féodal qatari putschiste appelle au renversement par des « soldats arabes « - mercenaires islamistes et renégats syriens qu’il paie grassement - du régime de Bashar Al Assad en Syrie. En France Sarkozy et ses médias propagandistes ne reculent devant rien pour faire accepter par l’opinion publique une intervention militaire en Syrie en manipulant la mort du journaliste de France 2 Gilles Jacquier et en dissimulant les preuves . Ce qui est connu sur sa mort et que les médias va-t-en- guerre taisent.



Le Dictateur Wahhabite Qatari Al Thani Pour Un Putsch Militaire En Syrie - Manipulation Honteuse De La Mort De Jacquier De FR2


Le roi dictateur wahhabite du Qatar Al Thani pousse à un coup militaire en Syrie

Le Qatar actuellement à la tête de la Ligue Arabe sera bientôt remplacé par un autre membre de la LA. Comme il l’a déjà fait pour la Libye - mais aussi après avoir échoué à imposer son protégé, Saad Hariri, également chouchou des Saud wahhabites au Liban - le roi dictateur qatari putschiste Al Thani s’empresse donc d’appeler à une intervention militaire cette fois « arabe » en Syrie.

Al Thani avait déjà essayé d’infiltrer le groupe d’observateurs de la LA actuellement en mission en Syrie avec des agents des renseignements occidentaux et sionistes. Désormais en appelant à l’envoi de « troupes arabes » en Syrie c’est un putsch contre Bashar Al Assad qu’il veut organiser.

Le roi dictateur qatari, Al Thani, est lui- même un expert en putsch. En 1995, Hamad bin Khalifa Al Thani a renversé son père lors d’un putsch de palais. Il a été couronné en 2000.

Al Thani roi féodal dictateur règne sur 1.5 millions de sujets dont 200 000 seulement sont qataris les autres étant des immigrés travaillant sur des chantiers et ayant un statut guère plus élevé que celui d’esclaves (salaire entre 60 et 120 euros par mois). Les 200 000 Qataris quant à eux ont le revenu par tête le plus élevé de la planète ne payent pas d'impôts, disposent de transports et d'un système de santé gratuits pour la plupart ils n’ont pas besoin de travailler vivement grassement des rentes pétrolières.

Les étrangers représentent au moins 80 % de la population totale le roi féodal dictateur Al Thani féru de « liberté et de démocratie » pour les autres pays en particulier en Libye et en Syrie - mais surtout pas chez lui - n’autorise pas la divulgation des chiffres exacts. Ces esclaves étrangers représentent 90 % de la population active et 100 % des ouvriers. Ces esclaves sont principalement originaires d'Asie du Sud et du Moyen-Orient achètent souvent au prix fort - 800 à 1 500 euros - leur droit de venir travailler pour 3 ans renouvelables au Qatar auprès de trafiquants de main d’œuvre humaine installés à Katmandou - endroit privilégié pour le « repos du guerrier » sioniste après 3 ans passée dans l’armée coloniale de l’entité sioniste.

Sur cet esclavagisme moderne de la monarchie dictatoriale qatarie d’Al Thani lire l’article :

«Au Qatar, visages des soutiers de la croissance

Comme l’écrit Eric Leser sur Slate.fr dans un article intitulé« Comment le Qatar a acheté la France (et s'est payé sa classe politique) »

« …Le Qatar n'est pas vraiment un pays fréquentable. C'est une monarchie absolue construite sur une rente. Il n'y a pas de partis politiques et encore moins de démocratie. Le régime de l'émir est fragile même si les révolutions arabes semblent ne pas l'avoir affecté. Il est très difficile d'obtenir des informations sur la tentative de coup d'Etat de juillet 2009. Des militaires de haut rang alliés à une puissance étrangère auraient été arrêtés avant de passer à l'acte… »

Le monarche dictateur Al Thani est pourtant un proche de Sarkozy qui n’hésite pas à le recevoir et l’appeler fréquemment pour comploter au renversement de Bashar Al Assad comme il a comploté pour renverser Kadhafi et comme il complote pour réinstaller Saad Hariri au Liban.

Le Qatar ne dispose pas d’une armée - avec 200 000 habitants majoritairement des rentiers difficile de «mobiliser» - mais de mercenaires souvent des fanatiques islamistes whahhabites. Le Qatar comme l’Arabie Saoudite est sous domination féodale fondamentaliste wahhabite.

Le Qatar finance « l’Armée Libre Syrienne » des mercenaires islamistes et renégats de l’armée syrienne entraînés par des forces spéciales françaises anglaises US/Israël et stationnés en Turquie - avec l’accord du gouvernement turc d’Erdogan proche des Frères Musulmans - à Antakya dans la province d’Hatay prés de la Syrie d’où ils lancent leur opérations terroristes en territoire syrien.

L’appel du roi féodal dictateur qatari, Al Thani, à l’envoi de « troupes arabes » en Syrie est tout simplement un appel à l’envoi de mercenaires arabes islamistes et autres renégats syriens pour renverser par un putsch le régime de Bashar Al Assad. A l’évidence ce dernier n’acceptera pas une telle demande même sous la menace d’un chantage à l’envoi du dossier syrien au CSONU. Là la Syrie bénéficie du soutien de la Russie et de la Chine qui n’hésiteront pas à utiliser leur veto y compris pour une demande de l’envoi de « troupes arabes » - envoi qui serait d’ailleurs une première la LA n’ayant aucune accréditation internationale onusienne.

La Russie tout comme la Chine ont renouvelé leur opposition à une ingérence étrangère militaire en Syrie considérant d’autre part qu’une attaque contre la Syrie et l’Iran était une «menace pour leur sécurité nationale». Autrement dit ces deux puissances nucléaires sont prêtes à se mobiliser y compris en participant à un conflit qui de régional pourrait vite se transformer en IIIème Guerre Mondiale.

La Russie dont l’ambassadeur et des employés de son ambassade au Qatar ont été malmenés récemment à l’aéroport de Doha - les mercenaires du roi féodal dictateur Al Thani tentant de s’emparer de valises diplomatiques allant même jusqu’à frapper l’ambassadeur russe - sait à quoi s’en tenir sur les plans d’invasion militaire de la Syrie projetée par le Qatar les documents diplomatiques les détaillant précisément. D'où peut être l'empressement des Russes à livrer des armes à la Syrie au grand dam de Washington et Tel Aviv. Le port syrien de Tartous reste pour la Russie la seule ouverture sur la Méditerranée difficile de croire que Moscou va y renoncer.

En Tunisie «libérée» tout comme en Libye « libérée » certains commencent à manifester contre l’ingérence du roi féodal dictateur Al Thani dans les affaires de leur pays.

En Libye le Qatar pourtant riche en pétrole a obtenu gratuitement sa part du gâteau pétrolier libyen en participant à la guerre contre Kadhafi imitant en cela les pays membres de l’OTAN et volant ainsi le peuple libyen de sa principale ressource financière: le pétrole.

Ce n’est pas au roi féodal dictateur qatari Al Thani oeuvrant pour ses maîtres de Washington Tel Aviv et complotant avec le renégat actuel occupant de l’Elysée Sarkozy de décider à la place du peuple syrien. Ce dernier reste majoritairement fidèle à Bashar Al Assad pour le moment contrairement à la propagande de guerre diffusée non stop par les médias occidentaux inclus FR2.

Manipulation honteuse de La mort du journaliste Gilles Jacquier De FR2

A peine la mort du journaliste Gilles Jacquier de FR2 tué la semaine dernière à Homs en Syrie alors qu’il était en reportage pour la chaîne TV FR2 avait-elle été annoncée en France que déjà les loups politiques et médiatiques va t-en guerre commençaient -t-ils à déverser sur papier et sur la toile leurs rumeurs nauséabondes contre le régime de Bashar al Assad accusé de « manipulation » pour ne pas dire de meurtre du journaliste français.

Le directeur de l'information de FR2, Thierry Thuillier, repris en boucle par ses confrères hargneux du Monde Libération Le Figaro et consorts a lui estimé qu'il y a des éléments "troublants" entourant les circonstances de la mort du journaliste.

Thuillier avant de lancer de telles insinuations gratuites sans preuve ne s’est pourtant pas rendu en Syrie où il aurait pu à sa demande visiter l’endroit où a été tué Jacquier et demander à voir tous les documents vidéos à disposition relatifs aux évènements tragiques interrogés des témoins, bref faire sa propre enquête in situ immédiatement aprés.

Travail d'investigation "trop professionnel" sûrement !

Au lieu de cela lui et le gouvernement de Sarkozy se sont empressés de rapatrier la dépouille du journaliste ce qui constitue en droit pénal une appropriation frauduleuse d’un corps alors même que la justice syrienne avait été immédiatement saisie et une autopsie prévue dans le cadre de l’enquête syrienne sur les circonstances de sa mort. Cet acte de kidnapping de la dépouille du journaliste permet au gouvernement Sarkozy de faire disparaître des preuves et manipuler la vérité.

Encore une fois cela prouve hélas l’absence de professionnalisme de ceux qui occupent des postes clés dans les médias français et leur soumission totale au dictat de l’ Elysée qui supervise de toute façon leurs nominations aux postes qu'ils occupent.

Le site voltairenet.org publie deux articles à lire consacrés à la mort de Gilles Jacquier

Le journaliste français Gilles Jacquier meurt sous le feu des gangs armés à Homs

Décès du reporter d’Envoyé Spécial : la France dissimule les preuves

C’est à sa famille endeuillée mais aussi à ses collègues journalistes de conscience d’exiger par respect pour sa mémoire son professionnalisme par respect de la déontologie journalistique que toute la vérité soit faite sur sa mort sans se laisser manipuler par des va-t-en guerre politiques et médiatiques.




Dimanche 15 Janvier 2012
Mireille Delamarre

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Fascisme Juif Sioniste | Guerre De L'Information | Liban | Dictats UMPS | changements stratégiques géopolitiques | Mossad Cia et Cie | Boycott Israel | Collaborateurs Des Sionistes | Anti Sionisme | En Palestine | Totalitarisme Américain | Union Européenne | OTAN | Terrorisme D'Etat | Nucléaire | Iran | Asie | Medias Net Propagande | Pandemies | Sarkozie | EcoDictature Verte | Monde Arabe | Economie | Collaboration Au Sionisme Archives | archives Armement Sécurité Stratégies Militaires | archives Droit International ONU | archives histoire traditions 2004-2008 | archives sciences écologie 2004-2008 | archives société 2004-2008 | archives culture | archives Impérialisme Américain 2005-2008 | archives ressources educatives | archives humour | archives informations 1 | archives informations 2 | Special Marche Pour Gaza

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Par noesam - Publié dans : Collaborateurs des sionazis
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 20:51

Après lecture de cet article, on se dit que s’il y a un miracle réalisé par l’entité sioniste, ce n’est pas d’avoir fait « fleurir le désert » (les Palestiniens avaient cultivé l’essentiel des terres cultivables) mais d’être capable de nuire aussi bien à ses ennemis qu’à ses «amis» sans susciter une large coalition se donnant pour mission de l’éliminer.

Les drones israéliens Heron donnent des renseignements au PKK selon des officiers

Zaman (Turquie) 17 janvier 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Selon des rapports des services de renseignements turcs, les avions sans pilote [UAV] Heron exploités par Israël qui ont été observés dans les provinces de Hatay et d’Adana ces derniers mois espionnaient pour le compte du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

Après la détection de deux Herons israéliens à Hatay et Adana il y a environ deux mois, les services de renseignements turcs ont rédigé un rapport selon lequel les Herons collectent des renseignements sur le dispositif militaire turc afin d’aider les opérations du PKK dans ces régions.

Le rapport assure que les camps d’entraînement du PKK dans le nord syrien, près de la frontière turque de la province de Hatay « où les postes frontaliers de l’armée turque sont assez faibles » ont été installés dans ces endroits sur la base de renseignements rassemblés par les UAVs.

Le rapport soutient également que Kenan Yıldızbakan, un membre du PKK qui a commandé une attaque contre une base navale turque à Iskenderun en 2010, a fait plusieurs séjours en territoire israélien, renforçant les soupçons sur un lien possible entre Israël et le PKK.

Une attaque à la roquette menée par des terroristes du PKK contre la base navale avait tué sept soldats et en avait blessé six autres dans le district d’Iskenderun dans la province méridinale de Hatay.

Dans un développement associé, des conversations téléphoniques entre Mehmet Veysi Dilekçi et Mesude Yasak, récemment interceptées pendant l’enquête sur le KCK, comprenaient des discussions en relation avec le soutien israélien au PKK.  Dilekçi et Yasak, qui ont été arrêtés au cours d’une opération turque contre le KCKe en décembre à Siirt, ont mentionné un convoi de 400 camions d’aide en fournitures au PKK qui avaient été expédiés par une organisation non gouvernementale israélienne – qui a été identifiée comme étant Hae Anshei Targum par le quotidien Star – en 2010.

La Kurdish Communities Union (KCK) est une organisation politique de coordination à laquelle le PKK serait rattaché.

http://mounadil.wordpress.com/
 

Par noesam - Publié dans : Dossiers
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 20:45

La chose la plus difficile au monde est de suivre à la trace n'importe quelle idée jusqu'à sa source. " ( Edward Mandell HOUSE )

AUX SOURCES DU CHAOS MONDIAL ACTUEL, Aux sources du sionisme : X - La chimère du "Grand Israël"

" La violence ne vit pas seule, elle est incapable de vivre seule : elle est intimement associée par le plus étroit des liens naturels au mensonge. La violence trouve son seul refuge dans le mensonge, et le mensonge son seul soutien dans la violence."

Final du discours de remerciement écrit par Alexandre Soljenitsyne à l'occasion de la cérémonie au cours de laquelle devait lui être remis le prix Nobel.

 

Parmi les multiples couches de tuniques mythologiques qui se sont superposées au cours des siècles jusqu'à former l'oignon compact de la puissante fiction du sionisme, je vais essayer d'extraire et d'analyser la plus juteuse des volutes mensongères, la source de l'édifice sioniste et la cause principale de la violence inouïe exercée sur le terrain à l'encontre du peuple autochtone, à savoir le mythe d'un "grand Israël", gros cadeau de leur divinité personnelle et que les sionistes d'aujourd'hui rêvent de reconquérir en se ré - appropriant "leur" terre, "leur" patrie rêvée.

Jamais le jugement du grand écrivain russe n'a trouvé un plus juste terrain d'application que celui de l'idéologie sioniste et notamment dans la volute rappelée ci-dessus de la mythologie alliacée. C'est, en effet, dans le terreau du double mensonge historique d'une fiction déguisée en religion que le sionisme politique plonge de profondes racines auto-légitimantes. Les mensonges martelés dans toutes les langues de la terre par le groupe humain qui s'est auto-proclamé "peuple élu", ont fini par s'incruster dans les cervelles desdits "élus" et ont même fini par contaminer d'autres cervelles. Répétés de génération en génération, ils sont parvenus à en éliminer tout esprit critique sur les origines et l'incongruité de la mythologie fondatrice.

En effet, et parallèlement à ceux des "élus", ces pieux mensonges paralysent les neurones des "non-élus", lesquels, par ignorance, par esprit moutonnier, par intérêt, par peur des représailles, ont fini par intérioriser, eux aussi, la fiction biblique revue et appliquée aujourd'hui par les sionistes avec une violence délivrée de toute inhibition, de toute humanité et de toute retenue juridique ou politique, puisque jamais critiquée ou sanctionnée. Comme l'écrivait Mark Twain: "La vérité n'est pas difficile à tuer. Un mensonge bien présenté est immortel - A truth is not hard to kill. A lie told well is immortal." (écrivain américain, 1835-1910)

 

1- Quand et dans quelles circonstances est né le rêve du "Grand Israël"?
2 - Qu'est-ce qu'une "alliance"?
3 - Les coulisses du théâtre biblique
4 - Le rôle du principal rédacteur du scénario

5 - Comment ressusciter le dieu Jahvé?
6 - Les conditions de l'existence d'un dieu dans l'histoire
7 - Avantages et inconvénients politiques du fanatisme religieux
8 - Les créateurs de dieux
9 - Les héroïques explorateurs des coulisses du théâtre religieux
10 - Les frontières d u " Grand Israël "
11 - Israël , un Etat-Chimère

 
 
1- Quand et dans quelles circonstances est né le rêve du Grand Israël?
 

Lorsque les scribes judéens exilés au bord de l'Euphrate, après la conquête de la Judée par le roi Nabuchodonosor, imaginèrent l'épisode de leur fiction dans lequel un personnage mythique - Abraham - était le héros principal, ils lui prêtèrent un rêve fabuleux dans la narration intitulée Genèse. C'est ainsi qu'au cours d'un "profond sommeil" (Gn 15,12), le héros eut "une vision" (Gn 15,1). De plus, il entendit une voix, qu'il attribua à son dieu, laquelle lui proposait une "alliance" (Gn 15,18).

"Quand le soleil fut couché, il y eut une obscurité profonde; et voici, ce fut une fournaise fumante, et des flammes passèrent entre les animaux partagés. En ce jour-là, l'Eternel fit alliance avec Abraham." (Gn 15, 17-18)

Tous les hommes rêvent; pénétrer le sens des rêves a, depuis l'origine des temps, fasciné l'humanité, notamment, on le comprend aisément, ceux des puissants, en raison des conséquences politiques qui en résultaient. En effet, loin des interprétations sexuelles qui ont envahi un post-freudisme contemporain mal digéré, les humains y voyaient, dans l'antiquité, une forme de prémonition, d'irruption directe des dieux dans la politique. Ils utilisaient ce stratagème afin de délivrer incognito un message aux dirigeants du monde. C'est donc au moyen des rêves que les dieux dévoilaient aux vivants leur avenir. Mais comme ce message était rarement limpide, il s'agissait de le décoder. Cette activité capitale et subtile était confiée à des devins, dont le rôle politique qu'ils exerçaient auprès des rois en faisait les personnages les plus influents de la cour. De même, les Grecs de l'antiquité croyaient que l'éternuement signait la présence, à cet instant-là, d'un esprit divin.

Il n'est donc pas étonnant que les rédacteurs de la Genèse aient utilisé le stratagème d'un rêve comme véhicule de l'action de leur dieu, ce procédé, banal à l'époque, permettait de délivrer un message d'une manière jugée convaincante par tout le monde.

Si l'on s'en tient au contenu du texte de la Genèse, on apprend donc qu'un dieu venait d'intervenir dans les affaires d'un peuple qui n'existait pas, puisque le vieillard centenaire gratifié par ce rêve n'avait pas encore de descendants et que c'est à cette descendance potentielle et putative qu'était destiné le gros cadeau territorial.

Rembrandt, Portrait d'Abraham, détail.

2 - Qu'est-ce qu'une alliance?

Faire "alliance" avec un être supposé omnipotent est un ressort littéraire utilisé par de nombreux auteurs dans les fictions romanesques. Ainsi, dans La Guerre du feu, l'auteur nous fait assister à une sorte de voyage initiatique de trois messagers, partis affronter la fureur d'un monde sauvage, afin de reconquérir le précieux Graal de la tribu des Oulhamrs. En effet, les cages dans lesquels le feu était conservé avaient été détruites durant un sanglant affrontement avec une tribu voisine et les Oulhamrs vaincus et décimés, privés de leur source de vie, se trouvaient réduits à un sort pitoyable.

Lorsque, dans leur quête, les vaillants guerriers croisent un troupeau mammouths, l'astucieux Naoh et ses deux compagnons, poursuivis par un groupe de féroces humanoïdes auxquels ils ont réussi à voler les précieuses constructions de pierre plates, ils choisissent de se mettre sous la protection d'une sorte de dieu de la nature. Il s'agit, pour eux, de signer une manière de pacte d' alliance avec le grand mammouth en chef du troupeau, en lequel ils voient le maître de tout ce qui vit sur la terre, en d'autres termes, un dieu. En signe d'humble allégeance et de reconnaissance de son pouvoir, Naoh offre à la puissante divinité poilue un gros tas soigneusement lavé des délicieuses racines souterraines de nénuphars, dont il avait observé que la grosse bête en raffolait. Pour consolider l'alliance, il renouvelle chaque jour son hommage.

 

Grand mammouth laineux, représenté dans la grotte de Rouffignac en Dordogne

 

L'alliance est donc une sorte de pacte commercial établi, soit entre égaux, soit entre un féal et son seigneur. Dans toute alliance existe un échange: dans le roman de Rosny aîné, on comprend que, séduit par l'offrande quotidienne de racines de nénuphar, le dieu mammouth en vient à protéger les guerriers Oulhamrs et ira jusqu'à écrabouiller sous ses grosses pattes velues leurs cruels ennemis.

Quid de l'échange dans l'alliance proposée à un personnage nommé Abraham par le dieu Jahvé dans la fiction biblique? On voit que, dans le récit de la Genèse, l'initiative en revient au dieu, lequel choisit de se manifester pendant le sommeil du rêveur et alors que ce dernier, avant de s'endormir, avait bien procédé au classique sacrifice d'animaux rituellement coupés en deux par le milieu - "partagés", dit le texte - c'est-à-dire qu'il avait offert à sa divinité l'équivalent du gros tas de racines de nénuphars que les guerriers Oulhamrs offraient au dieu mammouth.

Lors de son apparition durant le rêve, le dieu prend la précaution de décrire minutieusement son cadeau afin d'en faire saisir toute l'importance au bénéficiaire, le tout soigneusement enveloppé dans le scientillant papier-cadeau, si je puis dire, du halo impressionnant d'une "fournaise fumante" et de "flammes", mise en scène aussi éblouissante que terrifiante, digne de tout dieu qui se respecte et soucieux de manifester sa puissance par des phénomènes météorologiques impressionnants.

"Je donne ce pays à ta postérité, depuis le fleuve d'Égypte jusqu'au grand fleuve, au fleuve d'Euphrate, le pays des Kéniens, des Keniziens, des Kadmoniens, des Héthiens, des Phéréziens, des Rephaïm, des Amoréens, des Cananéens, des Guirgasiens et des Jébusiens." (Gn 15,18).

 

Eretz Israël , carte de 1695

 

3 - Les coulisses du théâtre biblique

Pour comprendre le sens de la scène décrite ci-dessus, il faut s'arracher à l'avant-scène du grandiose spectacle de l'épopée et à la fascination qu'exerce sur les esprits le contenu du récit brillamment collationné et mis en forme à partir de bribes de légendes et de récits empruntés aux mythologies égyptienne et mésopotamienne. Réécrits, recomposés et globalement unifiés en dépit d'un certain nombres de contradictions résiduelles, les récits ont été adaptés à la mentalité et au type d'éloquence que permettait la langue sémitique, ainsi qu'au mode de fonctionnement psychologique de la population à laquelle il était destiné.

Ainsi, lorsque les documents existent, il est instructif d'observer la manière dont se fait le passage de la réalité historique à la fiction biblique. J'ai montré, par exemple, dans le chap. II ( L'invention des notions de "peuple élu" et de "terre promise" , § 3) comment un document assyrien (Cylindre de Taylor) concernant le siège de Jérusalem du temps du roi Ezéchias s'était trouvé transsubstantifié en termes bibliques dans 2R 18, 13-16 près de deux siècles plus tard par les rédacteurs lors de l'exil à Babylone. La métamorphose de la réalité historique est encore plus spectaculaire avec l'Edit de Cyrus, par le scribe Esdras dans Esdras, 1,1-5, que j'ai décrite dans le chap.IV, (Comment le cerveau d'un peuple est devenu un bunker , § 6-7). L'imaginaire à l'état pur est à l'oeuvre lorsqu'aucun document ne peut servir de point de départ à la métamorphose en texte théologique.

Or, dans la mesure où c'est sur la pierre d'angle de la fiction biblique interprétée dans le sens le plus concret et le plus grossier - à savoir la fiction de la propriété de la terre de Palestine attribuée à une tribu spécifique en vertu d'une décision de leur propre dieu - que le peuple autochtone est la victime d'une violence inouië depuis des décennies, il est capital de de tenter de déconstruire le mythe prétendument fondateur de la légitimité morale et politique des conquérants-colonisateurs accourus du monde entier.

Grâce la publication des travaux très importants d'audacieux exégètes, de linguistes et d'archéologues contemporains, cette entreprise est enfin devenue possible. Elle permet de plonger sans risques excessifs dans la fosse d'orchestre et d'explorer les coulisses du théâtre biblique à la recherche des cordes, des poulies, des jeux de lumière et de toute la machinerie sonore qui rendent la représentation tellement brillante et convaincante qu'elle semble plus vraie que le vrai. Il en est ainsi de toute représentation théâtrale réussie, dont on sait qu'au théâtre, la vérité est une vérité de théâtre.

4 - Le rôle du principal rédacteur du scénario

Il s'agit donc d'abord de rechercher les auteurs du récit, lequel n'est évidemment pas tombé de la stratosphère, et d'analyser les conditions dans lesquelles celui-ci a été rédigé, puis porté à la connaissance des fidèles de ce dieu.

J'ai décrit dans le chapitre IV ( Comment le cerveau d'un peuple est devenu un bunker (§ 10 à 14) le retour d'un Esdras pathétique rassemblant sur le parvis d'un temple grossièrement remis en état, la maigre population des exilés revenus en Judée, auxquels se sont joints des groupes de pauvres hères demeurés sur place et que Nabuchodonosor n'avait pas jugés dignes de figurer dans le groupe des déportés. C'est à ce public de gens simples et ignorants que le scribe Esdras a lu, pour la première fois, et à la suite, la totalité des cinq Livres du Pentateuque ou Thora, c'est-à-dire la Genèse, l'Exode, le Lévitique , les Nombres et le Deutéronome, seul livre dont certains Judéens connaissaient une première version depuis le règne du roi Josias.

Il est, en effet, désormais établi que la rédaction du texte de la Genèse est postérieure à la grande défaite l'armée judéenne à Meggido et à la mort du roi Josias, le grand réformateur du javhisme, qui avait imposé et codifié officiellement un premier état du culte de ce dieu à l'intérieur de son petit royaume.

Or, depuis le grand désastre de Meggido, le dieu Jahvé est en perdition. Conformément à l'esprit de l'époque, la déroute d'une armée était vécue comme le signe de l'impuissance du dieu, qui était censé combattre à sa tête. C'était donc, dans l'esprit des populations de l'époque, le dieu Jahvé lui-même qui, à la tête de l'armée de Josias, avait été vaincu par le dieu égyptien, lequel avait permis la victoire de l'armée du pharaon Nechao II sur les troupes de Josias.

A la suite de cette défaite, les Judéens dépités et furieux d'avoir un dieu aussi faible, aussi peu fiable et aussi ingrat à l'égard d'un roi qui avait tant fait pour son culte, étaient retournés au culte d' idoles multiples et le royaume de Juda, auquel le roi Josias avait donné un éclat et une unité politiques tels qu'il n'en connut plus jamais de semblables durant sa courte existence, était tombé, avec le règne des successeurs incapables de ce roi, dans une décrépitude politique de plusieurs décennies dont la puissance babylonienne a su profiter.

En effet, toute l'œuvre théologico-politique de Josias, le véritable instaurateur du jahvisme, était détruite, le temple inauguré par Ezéchias - et non par Salomon - et embelli par son arrière-petit fils, Josias, avait été mis à sac et son trésor avait pris, lui aussi, le chemin de Babylone. La destruction de Jérusalem signait la fin de l'indépendance du petit royaume de Juda qui devint la province perse de Yehoud, selon la terminologie araméenne et les Judéens furent désormais nommés Yehoudim, ce qui fut traduit par Juifs.

J'ai détaillé dans le chap. II ( L'invention du "peuple élu" et de la "Terre Promise" ) les circonstances de l'immense drame politique et théologique que fut la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor et le transport à Babylone de l'élite des habitants du royaume de Juda, à savoir le roi, sa famille, les fonctionnaires du temple et tous les artisans, notamment ceux qui étaient spécialisés dans la métallurgie et le travail des métaux, dont le nouvel empire avait un urgent besoin afin de renforcer son armée.

Le vide n'avait évidemment pas tardé à être comblé par une immigration de populations des cités environnantes, arrivées avec leurs dieux particuliers et qui ont ajouté, comme il était d'usage à l'époque, le culte du dieu local à leur panthéon, ce que a conduit la religion de la petite Judée à un polythéisme de fait, et l'a ramenée à une situation antérieure à la première réforme religieuse hénothéiste du roi Ezéchias.

 

Idole assise représentant sans doute la Grande Déesse Mère, Lac de Gennesareth (Tibériade) - 6000 av. JC

Durant cette période, le dieu Jahvé, noyé au milieu d'une foule d'autres collègues, avait bien failli se trouver relégué, à l'instar de ses célestes contemporains, dans les oubliettes de l'histoire. L'exil à Babylone signait l'acmé de sa déroute, puisque cette fois, Jérusalem était en ruines, le temple rasé et la société du petit royaume entièrement décapitée. C'était, pour les Judéens, une catastrophe équivalente à la perte des précieuses cages de pierres plates dans lesquelles les primitifs Ouhlamrs entretenaient les braises de leur source de vie.

5 - Comment ressusciter le dieu Jahvé?

Il s'agissait donc pour les scribes-lévites exilés à Babylone de rafistoler les cages de pierres plates, de ranimer les braises de la tribu et de tenter de ressusciter le dieu vaincu et moribond. Ils s'y employèrent avec ardeur et le succès que l'on sait. C'est à cette occasion que le Deutéronome, rédigé du temps de Josias, a subi une manière de toilettage théologique afin de l'intégrer aux quatre premiers livres du Pentateuque - ou Thora dans la terminologie du judaïsme - et que le Deutéronome rénové prit place en cinquième position.

De nombreux rédacteurs s'attelèrent à cette tâche, comme en témoignent les différents styles d'écriture dont on peut suivre la trace dans les chapitres successifs.

Ils entreprirent, dans le chapitre intitulé Genèse, de tout reprendre à zéro et se mirent en devoir d'expliquer l'origine de l'humanité, autrement dit, celle du peuple hébreu - ce qui, dans leur esprit, était une seule et même chose, puisque seuls les Hébreux étaient, à leur yeux, des "hommes". D'ailleurs, le Talmud l'exprime avec la délicatesse qui caractérise une multitude de ses jugements: "Les Israélites seuls sont appelés hommes, mais les idolâtres , auxquels appartiennent les chrétiens, qui adorent une idole, viennent de l'esprit impur et sont appelés cochons". (Jalqût Reûbeni, 10b.) Dans l'ensemble des recueils regroupés sous le nom de Thora, le destin du reste de l'humanité ne fait en aucune manière partie des préoccupations des scripteurs. Les peuples environnants ne sont cités qu'en tant qu'ennemis à vaincre, à exterminer, à piller ou à utiliser.

Dans l'Exode, les rédacteurs de l'exil babylonien reprirent le récit d'évènements qui figuraient déjà dans le texte rédigé par les lévites du temps du temps du roi Josias, mais ils y ajoutèrent des variantes, ce qui explique les innombrables doublons et les contradictions entre les récits d'un même évènement, comme par exemple le récit des rencontres de Moïse et de Jahvé ou des entretiens qui leur sont attribués.

Comme ces rédacteurs étaient des fonctionnaires du culte, ils s'employèrent, dans le Lévitique, à codifier leur propre rôle futur. C'est ainsi que figure dans ce texte une interminable et minutieuse énumération des actes sacerdotaux, des devoirs et des privilèges des prêtres - les lévites - ainsi que celle des obligations des fidèles. Afin de plaire au dieu Jahvé, tout le monde était contraint de se plier à un rituel soigneusement élaboré. En somme, il s'agissait de renouveler quotidiennement et selon des règles strictement établies, le gros tas de racines de nénuphars à offrir en hommage au céleste mammouth en chef et de bien préciser comment les laver et les présenter afin qu'elles fussent agréables aux papilles du maître du monde. Apprivoisé par les hommages de sa tribu bien-aimée, le dieu serait prêt, lorsque la nécessité se ferait sentir, à écraser de ses grosses pattes velues tous les ennemis de ses chouchous.

Dans le quatrième et dernier chapitre ajouté, les Nombres, les interminables listes généalogiques, les dénombrements et les recensements des Israélites de sang pur manifestent l'esprit de clan et de ségrégation d'une petite tribu exilée, repliée sur elle-même et obsédée par la non pollution des lignées. Le ver était introduit dans le fruit. La pulsion d'une mise en évidence de la nécessité de maintenir la pureté raciale des familles inaugurait la politique drastique de purification ethnique qui sera mise en application d'une main de fer par les grands épurateurs que furent Esdras et Néhémie lors de leur retour à Jérusalem, comme je l'ai décrit ci-dessus. Elle n'a jamais cessé d'obséder les fidèles de ce dieu.

Son application sur le terrain par Esdras et Néhémie a été d'autant plus facilement couronnée de succès que le petit peuple demeuré sur place, privé de ses cadres royaux et sacerdotaux, a vivoté misérablement pendant un demi-siècle et n'avait pas les moyens de résister psychologiquement à des lois présentées par des envoyés de l'empereur et des sortes de porte-parole de la divinité. Néhémie, devenu un important fonctionnaire à la cour de Babylone représentait officiellement l'empereur Artaxerxès. Il était ce qu'on appellerait aujourd'hui un "homme d'influence", comme le fut l'Attali de M. Mitterrand ou le Gaino de M. Sarkozy. Tel un envoyé de l'AIPAC américain ou des riches banquiers de la City de nos jours, il est arrivé dans la province misérable et ruinée les poches pleines d'argent, de cadeaux et de promesses. Les moyens financiers dont l'avait gratifié l'empereur Artaxerxes se sont révélés de nature à renforcer considérablement la puissance de conviction des arguments théologiques d' Esdras.

L'actuelle politique de ségrégation raciale de l'Etat d'Israël se situe donc dans continuité directe des écrits babyloniens et les Palestiniens en vivent quotidiennement les conséquences pernicieuses.

6 - Les conditions de l'existence d'un dieu dans l'histoire

Dans l'alliance dont les Judéens ont appris l'existence par la bouche d'Esdras - en même temps que celle du lointain ancêtre auquel ils devaient cette faveur - que recevait le dieu en échange de son cadeau territorial? Quel plat délectable les supposés descendants du dépositaire de la promesse surnaturelle faite au rêveur offraient-ils à leur dieu à ce moment-là de leur histoire?

Ils lui offraient l'essentiel, la condition absolue pour qu'un dieu puisse continuer à jouir d'une existence politique, donc historique, à savoir leur fidélité et leur adoration.

En effet, qu'est-ce qu'un tyran sans vassaux sur lesquels exercer sa tyrannie? Qu'est-ce qu'un dieu sans fidèles et sans manifestations concrètes de leur adoration? Lorsque plus personne n'a adoré Mardouk, Mardouk est mort. L'adoration des fidèles est l'oxygène des dieux. Lorsque le dieu chrétien a capturé les fidèles de Jupiter, Jupiter est mort, Isis, Osiris, Amon Râ n'ont plus de fidèles, Mardouk n'a plus d'adorateurs, Odin, Wotan, Frija, gisent au fond des mers glacées du septentrion, Camos, Melqarth, Hadad, Baal, tous ces collègues de Jahvé, qui régnaient en maîtres sur les cités voisines de la Judée, ont même totalement disparu de la mémoire des hommes. Les Cananéens n'ont pas eu l'imagination assez fertile pour se faire attribuer leur territoire par Camos.

C'est la foi des fidèles et l'organisation concrète du culte qui fournissent aux dieux les conditions de leur existence. C'est donc à Babylone que furent mises au point les conditions de la renaissance du dieu Jahvé et que les lévites-notaires rédigèrent les clauses du contrat de l'"alliance" renouvelée entre le dieu et les Judéens. Les rédacteurs de l'exil ont exprimé dans ces textes leur propre vision de l'avenir de la communauté judéenne et institutionnalisé les formes fondamentales du nouveau et véritable monothéisme juif. Le polythéisme qui sévissait encore avant l'exil fut définitivement banni. C'est à Babylone et durant le demi-siècle de l'exil que le groupe de Judéens semble avoir rompu de façon définitive avec le culte des cippes et des dieux locaux.

En revanche, l'organisation de la séduction - ou de la corruption - de la divinité fut, dans le nouveau jahvisme soigneusement organisée. En effet, les pactes ou les alliances étaient, dans toutes les religions, accompagnés d'offrandes ou de sacrifices solennels au cours desquels des animaux de boucherie en grand nombre était égorgés. Les Judéens ont maintenu cette tradition. Les animaux étaient coupés par moitié et l'on disposait les moitiés en face les unes des autres. Un feu mystérieux censé circuler au milieu des bêtes dépecées signalait l'acceptation par la divinité de l'offrande et du pacte. C'est ainsi que dans l'épisode de la Genèse cité ci-dessus et décrivant le songe d'Abraham, "des flammes passèrent entre les animaux partagés", ce qui signifiait donc que le dieu Jahvé avait agréé le sacrifice et en était satisfait. "Ce jour-là, l'Eternel fit alliance avec Abraham." (Gn 15, 17-18)

Mais on n'imaginait pas qu'il pût ne pas y avoir réciprocité et que le dieu serait assez méchant, assez intéressé et assez glouton pour dévorer la viande sans rien donner en échange. C'est pourquoi les scribes de l'exil babylonien avaient signifié que l'alliance avec leur dieu se trouvait scellée par l'octroi d'un gigantesque territoire. De même que pour un sans-abri avoir un toit à soi constitue le rêve le plus précieux, un groupe humain déraciné, déplacé de force, ne trouve rien de plus précieux à désirer qu'une patrie, et une patrie puissante, riche, capable de s'opposer aux empires environnants. On comprend donc aisément que les Judéens exilés se soient fait attribuer par leur dieu la propriété d'un vaste territoire, source de richesse et garant de leur sécurité future.

Le texte de la Genèse lu par Esdras au peuple rassemblé devant le Temple constituait en quelque sorte l'acte notarié officiel qui scellait à la fois la possession de la terre et la renaissance dans l'histoire d'un dieu qui avait failli disparaître corps et biens. Ce cadeau effaçait le handicap psychologique qu'avait représenté la défaite de Meggido, la mort du roi Josias, la destruction du temple et la déroute de l'exil. Tout en retrouvant le privilège de compter de nouveau des fidèles ardents, sans l'existence desquels il serait mort le dieu Jahvé les retrouvait enchaînés comme ils ne l'avaient jamais été auparavant par un câblage de règles et d'obligations impératives dont ce peuple ne devait plus jamais sortir.

7 - Avantages et inconvénients politiques du fanatisme religieux

Le fanatisme ritualiste instauré à Babylone fut, durant les cinq siècles qui suivirent, la source de la renaissance et de la cohésion de la société judéenne. Sans la poigne de fer des religieux, appelés zélotes ou pharisiens, l'exil en Babylonie aurait signé l'arrêt mort du dieu Jahvé et la disparition de la société judéenne qui se serait fondue dans les nombreuses ethnies voisines - les Cananéens, les Philistins, les Egyptiens, les Perses, les Assyriens, les Hyksos et plus tard les Grecs et les Romains qui avaient occupé le territoire durant plusieurs millénaires avant l'arrivée tardive - vers -1 100 - de tribus d'Hébreux. Les chaînes religieuses ont soudé l'ethnie reconstituée après le retour des exilés.

Mais l'expérience historique démontre que le fanatisme religieux fut la cause profonde de la décadence politique de la province et finalement de sa disparition comme acteur autonome dans l'histoire. Il fut, en effet, à l'origine de tous les grands malheurs qui, avec une régularité stupéfiante, frappèrent le groupe et empêchèrent ce peuple de prendre réellement racine en Palestine et d'habiter, au sens chtonien, la terre qu'il avait conquise environ un millénaire avant notre ère.

En effet, des révoltes périodiques des des fanatiques religieux émaillèrent à intervalles quasi réguliers l'histoire de la Judée, provoquant à chaque fois une catastrophe sociale et la destruction du pays. Les plus connues sont celles de Judas Maccabée en -162 contre les conquérants grecs à la suite de l'édification d'un autel dédié à Zeus au coeur du temple de Jérusalem.

Représentation de Judas Maccabée

 

Puis vint la grande révolte de 66 à 73 contre l'empire romain suscitée une fois de plus par les Pharisiens et qui aboutit à une guerre meurtrière de quatre années contre les légions de Titus qui assiégèrent, pillèrent puis détruisirent Jérusalem et le temple d'Hérode en 70, ainsi que les places fortes de Gamla et de Massada.

Malgré l'opposition du clergé officiel, une troisième révolte religieuse suscitée par le fanatique Simon Bar-Kokhba, un temps considéré par les juifs comme leur messie, souleva le peuple en 132 contre l’empereur romain Hadrien qui avait cru pouvoir construire un édifice dédié à Jupiter sur l'emplacement du temple. Il fallut deux ans de guerre acharnée et l'envoi de douze légions pour que les Romains parvinssent à venir à bout de la rébellion.

On pouvait appliquer à la capitale de la Judée la célèbre phrase de Caton l'ancien légèrement modifiée: Cartago delenda est (Carthage doit être détruite). Cette fois, Ierusalem deletta est, Jérusalem était détruite. Cette défaite signait la fin de la présence des juifs à Jérusalem, désormais interdits de séjour dans la ville, qui fut rasée sur ordre d'Hadrien. L'empereur fit édifier sur le site une ville romaine, Ælia Capitolina. Mais les juifs n'étaient pas chassés de l'ensemble de la province, seule la capitale leur était interdite. Néanmoins, c'est à partir de ce moment qu'est né le mythe d'un "peuple juif chassé de la totalité de sa patrie" et condamné à errer dans le monde.

Bas-relief romain représentant le pillage du temple de Jérusalem à la suite de l'écrasement de la révolte de Simon Bar Kochba

 

Je rappelle pour mémoire une guerre quasi oubliée de la mémoire des historiens, menée entre 115 et 117 par des juifs, mais en dehors du territoire de la Judée et appelée guerre de Kitos ou de Quiétus du nom du général romain chargé par l'empereur Trajan de mater les mutins. Des villes entièrement juives ou à forte majorité juive en Cyrénaïque, en Egypte, en Grèce, à Chypre, en Asie Mineure, en Arménie, en Mésopotamie, en Abiadène, se soulevèrent avec un ensemble qui prit de court les Romains. Des hordes fanatisées se répandirent dans les contrées comme une traînée de poudre et détruisirent tous les temples "païens" qu'ils rencontraient, ainsi que les thermes et tous les édifices civils symboles du pouvoir romain, tout en exterminant au passage la population grecque et romaine des villes ravagées.

La cavalerie maure du général Lusius Qietus représentée sur la Colonne trajane

La répression des Romains fut terrible et sanglante. La population des innombrables juifs qui s'étaient volontairement expatriés dans le bassin de la Méditerranée et qui avaient quasiment constitué des enclaves autonomes, fut décimée. Tout en prenant place dans la suite des révoltes récurrentes de la Judée, cet épisode prouve de plus qu'il a existé depuis les origines une très importante diaspora judéenne volontaire. La destruction des villes révoltées eut également des conséquences désastreuses pour le mouvement chrétien naissant qui, à l'origine, se développait principalement en milieu juif, les Romains ne faisant pas de différences entre ces deux mouvements religieux.

On ne peut comprendre ces révoltes qu'en ayant présente à l'esprit l'horreur des populations juives, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Judée, pour tout ce qui rappelait le polythéisme et le culte des idoles, dont ils s'étaient eux-mêmes débarrassés depuis le retour d'exil, ce qui ne les a pas empêchés de sacraliser leur propre lieu de culte, considéré comme la "maison de Jahvé". La présence de statues de dieux étrangers ou de conquérants foulant le parvis de leur temple représentait à leurs yeux une profanation insupportable. C'est pourquoi ces révoltes étaient aussi prévisibles qu'inexpiables face à des empires à la fois polythéistes et pour lesquels les divinités étaient si parfaitement incarnées dans le marbre des statues qu'il arrivait qu'une ville enchaîne son dieu afin de ne pas se le faire voler par une cité concurrente. Face à ce type d'idolâtrie, le monothéiste juif qui interdisait toute représentation de son dieu, témoignait d'un réel progrès spirituel.

Mais, on voit, de nos jours, qu'un vestige de maçonnerie, non pas du temple, c'est-à-dire de l'édifice abritant le "saint des saints" et de l'autel situé devant lui, sur lequel le prêtre sacrifiait les animaux de boucherie, ni même des bâtiments annexes rattachés au sanctuaire, mais d'un simple mur de soutènement d'une gigantesque terrasse destinée à accueillir la foule des riches pélerins accourus depuis la quasi totalité des villes du bassin de la Méditerranée et dont l'astucieux roi Hérode avait compris que les pélerinages etaient sa principale source de richesse, que ce vestige de fondations, dis-je, destiné à compenser la déclivité du terrain, est devenu un lieu de culte vénéré et quasiment idolâtré.

Prières au pied du mur d'Hérode

L''idolâtrie chassée par la porte trouve toujours le moyen de se faufiler par la fenêtre. Si le roi iduméen haï de son vivant par toute la population et notamment par les Pharisiens en raison de ses turpitudes, mais surtout parce qu'il n'était pas juif et qui, d'ailleurs, s'empressait d'oublier, lors de ses très nombreux séjours en Grèce et à Rome, la fine pellicule de judaïsme qu'il affichait à l'intérieur de son royaume, si ce roi bâtisseur hellénisé, passionné d'architecture qui, sacrilège des sacrilèges éleva un temple à l'empereur romain Auguste en Samarie, fit construire des théâtres, des amphithéâtres, des thermes à Sidon, à Damas, à Laodicée, un aqueduc à Ascalon, des gymnases dans des villes grandes et petites, dont on sait que la nudité des participants y était la règle au grand dam des Pharisiens, ce roi qui finança largement le renouveau des jeux olympiques en Grèce, qui gratifia Athènes, Lacédémone, Nicopolis, Pergame et d'innombrables autres cités du bassin méditerranéen de ses largesses, si ce roi-architecte revenait sur terre, il considèrerait probablement avec une stupeur ironique qu'un morceau de maçonnerie, fruit de sa mégalomanie architecturale, dont seules les sept premières rangées de pierres à partir du sol ont été mises en place par ses soins et qui n'avait aucune destination religieuse - le centre et le haut datant des omeyyades et des croisés - que ce reste de fondation, dis-je, est devenu l'objet d'une vénération passionnée de la part de religieux qu'il tenait de son vivant en si piètre estime.

voir V - La théocratie ethnique dans le chaudron de l'histoire, § 14-15.

Une expérience historique calamiteuse de nature apparemment semblable fut répétée au début du XXe siècle lorsque la puissante et riche colonie juive des Etats-Unis d'Amérique "déclara la guerre à l'Allemagne" en 1933, pour reprendre le titre des journaux de l'époque; mais cette insurrection était, en réalité, très différente en ce qu'il ne s'agissait nullement d'un soulèvement populaire d'origine religieuse, mais d'une décision politique et économique prise en toute connaissance de cause quant à ses conséquences prévisibles, par les décideurs financiers anglo-saxons. Un boycott sévère de ses exportations et un embargo sur ses importations accablèrent une Allemagne déjà exsangue après la défaite de 1918 et les conditions léonines qui lui avaient été imposées par le traité de Versailles.

Le mouvement sioniste était officiellement né à Bâle en 1897 et la lettre adressée à Lord Rotschild en 1917 et connue sous le nom de "Déclaration Balfour", lui avait donné des ailes. Ce n'étaient plus des décisions cultuelles qui mobilisaient les cerveaux des dirigeants du mouvement sis à Londres et à Washington, mais des motivations politiques beaucoup plus concrètes. J'y reviendrai ultérieurement.

J'ai d'ailleurs montré dans le texte sur l'analyse du destin et de l'action de l'homme de l'ombre - le Colonel House - qui dirigeait la tête et la politique du président Woodrow Wilson, comment les puissants banquiers et autres décideurs de la loge maçonnique B'nai Brith, ainsi que des nombreuses et puissantes organisations communautaires juives étaient déjà à la manoeuvre lors des négociations du traité de Versailles en 1919. Le boycott des produits allemands décrété en 1933 s'inscrivait dans la continuité de la polique anglo-saxonne amorcée au milieu du XIXe siècle .

Voir : Du Système de la Réserve fédérale au camp de concentration de Gaza - Le rôle d'une éminence grise: le Colonel House

En revanche, ce que cet évènement, que les historiens s'efforcent d'occulter avec un bel ensemble, eut de commun avec les précédentes insurrections, c'est qu'une fois de plus, c'est la population juive ordinaire qui eut à subir de terribles représailles d'un régime nazi rendu enragé.

Comment ne pas faire un parallèle avec la politique de pressions et de sanctions économiques ravageuses imposées aux populations civiles par les mêmes puissances financières, hier à l'Irak et aujourd'hui à l'Iran?

 

Vendredi 24 mars 1933: "La Judée déclare la guerre à l'Allemagne"

 

Pour plus de détails sur cet épisode, voir V - La théocratie ethnique dans le chaudron de l'histoire, §16: D'un désastre à l'autre

L'histoire se révèle un serpent qui se mord la queue. En effet, les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Depuis 1945, le balancier s'était hardiment élancé en direction d'un triomphe du sionisme à la fois au Moyen-Orient et dans tout l'Occident. Mais des signes de plus en plus nombreux, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Etat surgi en 1947, indiquent que le balancier de Chronos a amorcé - lentement - son mouvement en sens inverse. Alors que le messianisme religieux conquérant fut longtemps le moteur incontesté de la légitimité psychologique des colons qui affluaient en Palestine, l'Etat sioniste est en train de découvrir qu'il est sapé de l'intérieur par le développement exponentiel d'un fanatisme religieux qui mine la société et ruine l'image d'une démocratie moderne qu'il s'efforce d'imposer sur la scène internationale.

On a pu lire dans le Jérusalem Post du 4 novembre 2011 les propos alarmistes d'un ancien chef du Mossad, Efraim Halevy, lequel a déclaré qu'"Israel's true existential danger comes from within". M. Efraim Halevy a été rejoint à la fois par l'ancien chef d'Etat-major de la Tsahal piteuse de la deuxième guerre du Liban, Dan Halutz et par un autre ancien directeur directeur du Mossad, Meir Dagan. Ces ex-responsables des services secrets et de l'armée considèrent en coeur que, contrairement aux aboiements alarmistes de MM. Netanyahou et Lieberman, ce n'est pas l'Iran et y compris sa potentielle bombinette qui, face aux deux à trois cents missiles à tête nucléaire de l'Etat hébreu, représentent une "menace existentielle" pour cet Etat, mais la multiplication des fanatiques religieux dans tous les corps de l'Etat et notamment dans une armée en principe mixte, alors que tous ces hyper religieux et hyper fanatiques sont férocement misogynes et n'acceptent pas de combattre dans des régiments dans lesquels figureraient des femmes, pourtant elles aussi astreintes à un service militaire de deux ans et qui occupent également des postes de commandement .

Soldat de la secte haredim

L'histoire est facétieuse. L'Etat sioniste est peut-être en train d'être dévoré par le cancer de son propre mythe fondateur mensonger, à moins que son hubris le porte à une folie militaire qui, plus rapidement que le cancer du fanatisme religieux, l'entraînera - et le reste du monde avec lui - dans une nouvelle catastrophe inouïe.

8 - Les créateurs de dieux

Le cerveau des hommes est ainsi fait qu'ils se croient en permanence sous le regard ou en communication avec des forces mystérieuses, plutôt redoutables et méchantes, qu'il s'agit d'apprivoiser, de séduire ou de corrompre en leur offrant ce qu'on jugerait soi-même le plus précieux. C'est ainsi que les peuples anciens ont longtemps offert en sacrifice à leur dieu leur enfant premier-né. Puis, les humains ont sacrifié des animaux de boucherie, les plus beaux, les plus parfaits et les plus gras, dont on brûlait les parties qu'on trouvait soi-même les plus délicieuses. L'inauguration du temple par le roi Hérode fut accompagnée d'un sacrifice de trois cents boeufs. Les bouchers-sacrificateurs opéraient jour et nuit. Dans toutes les religions se trouve exposé, et conformément à la psychologie de chaque peuple, tout l'arsenal des rites et des prières par lesquels les humains établissent leurs relations privées ou collectives avec le surnaturel.

Naturellement, les scribes de l'exil babylonien n'étaient pas conscients en toute lucidité du mécanisme à la fois théologique et politique qu'ils avaient élaboré. Personne n'est en mesure d'éclaircir vraiment ce qui est conscient et ce qui ne l'est pas, de démêler le mélange de sincérité, de poésie, mais aussi d'esprit politique et même de rouerie qui habite les rédacteurs de textes religieux. Qu'est-ce que l'inspiration religieuse? La question est sans réponse, mais ce qui est certain, c'est qu'il s'agit toujours d'esprits politiques et même de très fins politiques et de connaisseurs des conditions de la vie en société. En général, le juge de paix est le succès ou l'échec. C'est lui qui décide de l'avenir de l'entreprise dans l'histoire, donc de la définition de ce qui sera tenu pour la vérité ou pour l'erreur.

Ainsi, pour les juifs, le christianisme est une secte qui a réussi à s'imposer et le Talmud n'a pas de jugements assez violents, méprisants et même carrément répugnants pour désigner Jésus et les chrétiens : Gittin 57a. dit que "Jésus est dans l'enfer, bouillant dans des excréments." Quant à Sanhedrin 43a. , il écrit que "Yeshu le Nazaréen a été exécuté parce qu'il a pratiqué la sorcellerie."

De nos jours, les temps sont devenus plus difficiles pour les créateurs de dieux. Alors que Jahvé est la divinité d'un petit peuple spécifique dont l'étroit champ d'action se résume à un seul groupe humain restreint et, à l'origine, à l'étroit territoire qu'il occupait, comme ce fut le cas pour tous les dieux locaux de l'époque, les deux monothéismes qui ont succédé à la religion de Jahvé à partir du bassin de la Méditerranée, ont élargi leur espace religieux, politique, psychique et géographique et se sont ouverts à la totalité du globe terrestre, car leur message concernait dorénavant tous les hommes de bonne volonté. Les adeptes d'une secte ésotérique qui a sévi dans les années 1980, et appelée Ordre du temple solaire (OTS), avaient cru qu'ils pourraient ouvrir davantage encore leur territoire mental, occuper l'espace intersidéral et délocaliser le centre de leur prédication sur Sirius. La tentative a échoué, mais il était logique qu'elle ait été tentée à l'heure où l'astronomie ouvre l'espace interstellaire aux rêves des hommes. Peut-être le temps des dieux extérieurs à la conscience des humains est-il en train de s'achever sous nos yeux.

9 - Les héroïques explorateurs des coulisses du théâtre religieux

Jusqu'à ces deux dernières décennies, tous les commentateurs des écrits fondateurs du judaïsme - mais également du christianisme ou de l'islam, nés du même terreau - étaient polarisés sur le contenu des textes du Pentateuque. Personne ne doutait que les récits relatés étaient véridiques au sens historique du terme, que les personnages avaient existé en chair en os, qu'ils s'étaient manifestés dans les circonstances décrites dans les textes bibliques et que l'histoire de la Judée se confondait avec celle de l'humanité. Bossuet avait la certitude que la Bible était un livre d'histoire et que Dieu avait bien créé le monde il y avait quatre millénaires.

Renan lui-même ne contestait pas la chronologie globale des évènements et l'existence historique des personnages rapportés dans la Bible. mais comme il était un philologue averti et professeur d'hébreu au Collège de France, il avait constaté, par exemple, que la deuxième partie du texte attribué à Isaïe n'était visiblement pas du même auteur que la première et que ces deux textes ne dataient pas de la même époque. Il avait également noté que la syntaxe et la grammaire des textes du Pentateuque ne pouvaient pas dater de l'époque à laquelle on s'imaginait que Moïse avait vécu et que le Livre attribué au prophète Daniel est un apocryphe. Bien que certaines parties de son Histoire du peuple d'Israël soient dépassées, son tome I, dans lequel il étudie les relations entre la géographie, la langue et la naissance progressive du jahvisme, sont irremplaçables. "Les racines sémitiques sont sèches, inorganiques, absolument impropres à donner naissance à une mythologie. [...] Chez les Sémites, ce n'est pas seulement l'expression, c'est la pensée même qui est profondément monothéiste. Les mythologies étrangères se transforment entre les mains des Sémites en récits platement historiques." (T.1, pp. 48-49) On comprend par quel processus linguistique la fiction ressemble à un exposé historique.

Or, une véritable révolution copernicienne est intervenue récemment dans notre compréhension des textes bibliques. Alors que les exégètes anciens se contentaient, soit de paraphraser les textes bibliques, soit de rechercher dans l'histoire évènementielle des éléments de confirmation des récits religieux, la prise à revers contemporaine, si je puis dire, qui a consisté pour les savants européens et anglo-saxons actuels à effectuer un véritable travail de critique des textes et à retrouver les traces qui permettent de les situer dans le contexte historique qui a présidé à leur rédaction, a permis de mettre en évidence les matériaux littéraires qui correspondent à l'époque à laquelle ils ont été rédigés. On peut dorénavant dater cette rédaction avec une quasi certitude.

L'extraordinaire travail d'érudition et de précision de Mario Liverani (La Bible et l'invention de l'Histoire), par exemple, aboutit à une remise en cause drastique de l'histoire antique de la Judée et, par voie de conséquence, conduit à une réécriture implacable de l'histoire de l'Israël moderne telle qu'elle a été imposée par David Ben Gourion depuis la création de cet Etat.

Voir : David Grün, alias Ben Gourion, et la naissance de l'"Etat juif"

Comme c'est sur l'arrière-monde mythologique dans lequel la fiction biblique s'est métamorphosée en religion, puis la religion en histoire, que repose la légitimation de la narration sioniste, il est évident que les analyses des exégètes contemporains ne pouvaient que susciter un rejet féroce de la part du personnel politique et religieux israélien, puisqu'il anéantit l'exceptionnalisme de type théologique qui fonde la légitimité morale de la création de leur Etat. "Si Dieu ne nous a pas donné cette terre, nous sommes des brigands", reconnaissent d'ailleurs les dirigeants israéliens.

Un bouleversement aussi radical de notre compréhension de l'histoire des textes bibliques, donc de l'histoire réelle de la région, rencontre également des oppositions vigoureuses en dehors du judaïsme. Par ricochet, la remise en question de la narration biblique et de certains de ses héros symboliques affecte les deux autres monothéismes qui en ont adopté certains épisodes et certains personnages. C'est ainsi que la traduction française de l'ouvrage du grand exégète et historien italien, Mario Liverani, cité ci-dessus et publié par un éditeur catholique - les éditions Bayard - s'est trouvée flanquée d'une préface prudentissime d'un tenant de l'ancienne école et spécialiste de l'analyse narrative du Pentateuque, le Père Jean-Louis Ska, Professeur d'Ancien Testament à l'Institut biblique de Rome: "Un historien critique peut, écrit-il, douter qu'Abraham ait eu un fils alors qu'il était centenaire. (…) Ce n'est pourtant pas une raison suffisante pour jeter au rancart les récits bibliques de la Genèse comme étant des tissus de mensonges…".

En somme, concède cet éminent ecclédiastique, l'esprit critique n'a le droit de s'exercer que dans les marges. Il se voit assigner des frontières à ne pas franchir: il s'agit de conserver l'essentiel de la narration, de ne rien bouleverser du fond tout en donnant magnanimement le droit d'aménager quelques détails qui sembleraient par trop invraisemblables aux contemporains. On pourrait par exemple rendre un peu plus vraisemblable l'âge auquel le vieux couple du patriarche aurait conçu un fils et excuser le péché véniel du rédacteur biblique qui a porté cet exploit à la centaine pour des deux époux.

En revanche, même si des découvertes archéologiques irréfutables démontrent le contraire, il serait interdit de nier que Salomon vivait dans un palais somptueux, qu'il aurait construit un temple mirifique ou que David régnait sur un immense royaume, car cela mettrait à bas des pans entiers de la fiction biblique et le désastre contaminerait les écrits des évangiles chrétiens qui ont essayé de faire bénéficier le fondateur du christianisme et sa mère du prestige mythique attaché à la mémoire de ce roi et en font des descendants de "la Maison royale de David".

Voir : 1 - La bible et l'invention de l'histoire d'Israël

C'est ainsi qu'en dépit de la "richesse foisonnante de détails" fournis sur les personnages de David et de Salomon, écrivent dans Les rois sacrés de la Bible (p.115), les archéologues juifs américains Finkelstein et Silberman - que personne ne saurait soupçonner d'être hostiles à Israël - la "Maison royale de David" n'a existé que dans l'imagination des scribes de l'exil. Dans La Bible dévoilée, les mêmes auteurs concluent que "l'image que l'on se fait de Jérusalem à l'époque de David, et davantage encore sous le règne de son fils, Salomon, relève, depuis des siècles, du mythe et de l'imaginaire romanesque. "(p.208) "Il s'agit de la peinture d'un passé idéalisé, d'une sorte d'âge d'or nimbé de gloire." (p.201)

Les deux personnages David et Salomon, si importants dans l'imaginaire des Israéliens d'aujourd'hui ont, certes, existé, mais plutôt comme chefs de bande ou chefs de villages, car "à l'évidence, la Jérusalem du Xe siècle était un petit village de montagne qui dominait un arrière-pays à l'habitat dispersé" (La Bible dévoilée, p.118) écrivent nos archéologues. D'ailleurs la totalité de l'Israël de l'époque (environ 1000 ans avant notre ère) ne comptait que quelques milliers de fermiers et d'éleveurs.

Mais pour autant, il ne s'agit nullement de "jeter au rancart les récits bibliques", comme le craint le Révérend Père Ska. Bien, au contraire, il nous faut essayer d'en comprendre la signification historique à un autre niveau et d'affiner l'interprétation anthropologique et psychanalytique de documents particulièrement révélateurs du fonctionnement du cerveau des concepteurs, de celui des fidèles et qui bouleversent de fond en comble notre ap-préhension de l'histoire d'un pays et d'une région dont la fiction biblique constitue la pierre d'angle et une manière fond de commerce politique.

En effet, l'arrière-monde religieux du discours sioniste repose sur une revendication littérale des mythes bibliques. Or, celle-ci induit la colonisation de la totalité de la terre de Palestine… pour commencer. Mais ce n'est là qu'un effet secondaire de la pathologie principale qu'est la croyance en la possession légitime de la terre par décret divin. C'est donc avant tout la déconstruction rationnelle de l'ensemble des mythes bibliques qui dynamitera les mythes sionistes et qui redonnera au peuple palestinien la légitimité historique sur la terre qu'il habite de génération en génération depuis toujours.

Que dire de la cohérence mentale des dirigeants de la classe politique mondiale qui se gargarisent d'idéalités universelles, d'invocations à la Liberté, à la Démocratie, au Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, tous principes applicables à tous les peuples de la terre, sauf aux possesseurs légitimes de la Palestine, priés de déguerpir et d'offrir leurs maisons et leurs propriétés à une foule d'immigrants se réclamant d'une "alliance" conclue en rêve avec un dieu par un personnage de fiction - le patriarche Abraham. Même ceux qui se déclarent athées ne veulent pas renoncer au bénéfice matériel de ce pacte. "Cette terre est à nous, clament-ils à tue-tête, c'est notre dieu qui nous l'a donnée".

C'est cette chimère auquel le sionisme est accroché qu'il cherche aujourd'hui à concrétiser et à mettre en application sur le terrain.

10 - Les frontières du " Grand Israël "

"Je donne ce pays à ta postérité, depuis le fleuve d'Égypte jusqu'au grand fleuve, au fleuve d'Euphrate" , dit le texte. Pourquoi avoir choisi les deux grands fleuves pour limites du territoire offert par le notaire céleste? Les Judéens des VIe et Ve siècles avant notre ère, date à laquelle à été inventée l'"alliance" et le cadeau, entretenaient évidemment des liens commerciaux avec les territoires voisins et notamment le royaume des Pharaons - naturellement, la fuite des esclaves hébreux relatée dans le livre de l'Exode est purement imaginaire et n'a jamais été confirmée par la moindre preuve historique. D'ailleurs les Cananéens, les plus anciens habitants de la région, ont entretenu, durant les nombreux siècles qui précédèrent l'arrivée dans la région des conquérants hébreux, des liens étroits économiques et politiques avec la terre des pharaons et connaissaient parfaitement la géographie de la région. En revanche, les scribes-rédacteurs du temps de l'exil babylonien, même s'ils avaient entendu parler de l'existence d'un "fleuve d'Egypte", mais ils n'ont pas été capables de le nommer.

 

La chimère du "Grand Israël"

En revanche, et par la force des choses, ils savaient qu'ils se trouvaient au bord du "fleuve Euphrate".

On comprend donc que, dans l'esprit des auteurs de la fiction littéraire, le "Grand Israël" correspondait à la totalité du monde qui leur était connu à l'époque et ils se sont mentalement installés entre les deux grands empires d'Egypte et de Babylone. Si Nabuchodonosor avait transplanté les Judéens au bord de la Mer Caspienne, le "Grand Israël" se serait étendu "du fleuve d'Egypte à la mer Caspienne".

C'est donc au nom du récit d'un rêve prêté au héros d'une fiction, dont on connaît la date, les circonstances de sa rédaction et la manière dont il a été porté à la connaissance du peuple par le scribe Esdras lors de son retour de Babylone en -459, que le mouvement politique sioniste poursuit aujourd'hui la chimère secrète de s'approprier l'est de l'Egypte, toute la Palestine, la Jordanie, le Liban, la Syrie, la moitié de l'Irak, le nord de l'Arabie saoudite et le Koweït.

11 - Israël , un Etat-Chimère

L'étymologie du mot chimère renvoie au grec KHIMAIRA et désigne la jeune chèvre d'un an qu'on immolait avant un combat en l'honneur d'Artemis Agrotera, "la déesse de la natutre inviolée, des corps intacts, des coeurs libres de passion". (André Bonnard, Les dieux de la Grèce).

Durant le Moyen-Age, la chimère était le symbole de désirs irréalisables, d'où le sens actuel de l'adjectif "chimérique". De nos jours, le mot chimère est utilisé dans son sens dérivé d'illusion. C'est d'ailleurs en ce sens que je l'ai sous-entendu dans le titre de ce texte. En effet, l'actuel Etat sioniste caresse une illusion, un rêve, un projet chimérique qu'il ne parviendra pas à concrétiser en dépit de tout son attirail nucléaire. Chacune de ses victoires est une victoire à la Pyrrhus. Telles les dents semées par le dragon, chacune donne naissance à des régiments d'ennemis.

Mais le mot "Chimère" - avec sa majuscule - désigne également un animal fantastique particulièrement méchant et imprévisible, de la mythologie grecque, qu'Homère a évoqué dans le Livre VI de l'Illiade. Monté sur le cheval ailé Pégase, le beau Bellérophon a réussi à vaincre ce monstre de Lycie, à corps de chèvre, à double tête de lion et de chèvre et dont la queue portait à son extrémité une tête de serpent - de dragon disent parfois les textes.

Chimère

Quel est le rapport entre ces trois sens du même mot? C'est d'abord la présence de l'image de la chèvre qui a donné son nom à la bête fantastique; mais cette bête est si bizarre qu'elle semble une illusion des sens. Cette irréalité matérielle, mais porteuse de sens, s'appelle un mythe.

Or, ce mythe représenté par l'étrange animal composite appelé Chimère, dont les têtes étaient dirigées en sens contraire - ce qui le rendait redoutable dans toutes les directions - était un monstre terrible qui crachait le feu et dévorait les humains. Il symbolisait la cruauté et le mal. Mais l'astucieux Bellérophon monté sur son cheval ailé, Pégase, a découvert le point faible de la bête: au moment où elle crachait ses flammes, il a jeté dans une de ses gueules grande ouverte un morceau plomb que son propre feu a fait fondre et qui a provoque sa mort en durcissant ses entrailles.

Voilà comment la monstrueuse Chimère de la mythologie grecque donne un rendez-vous symbolique à la dernière expédition meurtrière d'Israël contre les encagés de Gaza. La Chimère sioniste a eu beau cracher ses flammes meurtrières par toutes ses gueules et en tous lieux de Cisjordanie et de Gaza, c'est son propre feu, c'est-à-dire l'arrogance de son orgueilleuse puissance militaire, qui a révélé au monde entier de quelle cruauté et de quelle inhumanité elle était capable. C'est dans les entrailles de la Chimère sioniste que le plomb de son immoralité est en train de durcir.

*

Les nouveaux Bellérophon et les Pégase de l'exégèse scientifique moderne sont les alliés les plus précieux des Palestiniens. Ce sont leurs travaux qui permettront aux esprits éclairés de quitter le marécage mythologique dans lequel barbote la politique internationale - ou dans lequel elle feint de barboter.

Déshabiller l'hypocrisie politique, peler une à une les tuniques de l'oignon afin de révéler qu'en son coeur gît un Etat férocement colonialiste, au service de son idéologie messianico-impérialiste et des intérêts de l'empire américain, tel est le travail urgent à réaliser afin de neutraliser la nouvelle Chimère crachant le feu et dévoreuse d'enfants palestiniens qui s'est installée au coeur du Moyen-Orient. Toujours aussi benêts, les Européens commencent à peine à se rendre compte comment les financiers de la City et de Wall Street tirent les ficelles de la crise dans leur dos et agitent sous leurs yeux le chiffon rouge d'un dragon en carton peint, afin de leur faire oublier la menaçante bien réelle de la Chimère sioniste.

La destruction du camouflage religieux d'une politique devenue froidement impérialiste contraindra, dans la foulée, les serviteurs sincères du dieu Jahvé et leurs ouailles à interpréter leurs textes fondateurs dans un sens véritablement religieux, c'est-à-dire spirituel, et à retrouver la morale universelle qui, au plus profond, est commune à la quasi totalité des religions de la planète.

C'est donc au prix de l'anéantissement du mensonge historique fondateur que commencera enfin à se fissurer, le bouclier derrière lequel se tapit la violence politique sa compagne, qu'évoquait le grand Soljenitsyne dans son discours de remerciement à l'occasion de la remise de son prix Nobel, puisque mensonge et violence vont toujours de compagnie.

 

*

 
Bibliographie

Professor Abdel-Wahab Elmessiri:
The function of outsiders : http://weekly.ahram.org.eg/1999/435/op2.htm
The kindness of strangers: http://weekly.ahram.org.eg/1999/436/op2.htm
A chosen community, an exceptional burden : http://weekly.ahram.org.eg/1999/437/op5.htm
A people like any other : http://weekly.ahram.org.eg/1999/438/op5.htm
Learning about Zionism: http://weekly.ahram.org.eg/2000/476/eg6.htm

Mario Liverani, La Bible et l'invention de l'histoire, 2003, trad. Ed. Bayard 2008

André Bonnard, Les dieux de la Grèce

Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman,La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations de l'archéologie, 2001 ,trad. Ed. Bayard 2002

Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, Les rois sacrés de la Bible, trad.Ed.Bayard 2006

Arno J. Mayer, De leurs socs, ils ont forgé des glaives, Histoire critique d'Israël, Fayard 2009

Ernest Renan, Histoire du peuple d'Israël, 5 tomes, Calmann-Lévy 1887

Douglas Reed , La Controverse de Sion

Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, Fayard 2008, coll. Champs Flammarion 2010

Avraham Burg, Vaincre Hitler : Pour un judaïsme plus humaniste et universaliste , Fayard 2008

Ralph Schoenman, L'histoire cachée du sionisme, Selio 1988
Israël Shahak, Le Racisme de l'Etat d'Israël , Guy Authier, 1975

Karl Marx, Sur la question juive

SUN TZU, L'art de la guerre

Claude Klein, La démocratie d'Israël,1997

Jacques Attali: Les Juifs, le monde et l'argent, Histoire économique du peuple juif. Fayard, 2002

Le 18 janvier 2012



Mercredi 18 Janvier 2012
http://www.alterinfo.net/AUX-SOURCES-DU-CHAOS-MONDIAL-ACTUEL-Aux-sources-du-sionisme-X-La-chimere-du-Grand-Israel_a69790.html
Par noesam - Publié dans : Religion et Croyance
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 20:40

http://www.presstv.ir/detail/221741.htmllink

 

Emir du Qatar Sheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani a rendu une visite secrète en Israël, bien que Doha et Tel Aviv n'entretiennent pas de relations politiques, révèle une vidéo.
La chef du parti israélien Kadima, Tzipi Livni, a accueilli l'Emir et le Premier ministre qatari Sheikh Hamad Bin Jaber Al-Thani pendant la visite.

L'Emir qatari et sa délégation ont également rencontré plusieurs responsables israéliens haut placés.

Parmi les sujets discutés entre Sheikh Hamas et Livni, la signature d'un nouveau contrat d'exportation de gaz et la rédaction de manuels scolaires qatari par des experts israéliens.

Sheikh Hamad aurait souligné l'importance de relations politiques entre les deux côtés.

Livni a informé le Qatar de l'importance de son rôle dans les discussions entre les Arabes et Israël.

Le Qatar et Israël ont une convergence de points de vue au sujet du programme nucléaire de l'Iran. Doha a systématiquement soutenu Tel Aviv contre l'Iran. Le Qatar pourrait également aider Israël dans le cas d'une attaque militaire contre les installations nucléaires iraniennes.

Il est important de noter qu'en avril 2008, Livni, qui était Premier ministre d'Israël, rendait de fréquentes visites au Qatar pour pousser l'Etat arabe à s'opposer au programme nucléaire d'Iran.

AGB/HGH

Voir la vidéo de la rencontre ici.

Source : Press TV

Traduction : MR pour ISM

 

Par noesam - Publié dans : Collaborateurs des sionazis
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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 21:02

Hitler était-il juif? Et vit-il aujourd’hui à Jérusalem?

 

Franchement, je n’en sais rien et je m’en bats l’œil. La question est pourtant logique par rapport à ce dont je vais vous parler.
Car ce qui devait arriver est arrivé. A force de galvauder les persécutions subies par les Juifs sous le nazisme, en les affublant du nom incongru de «holocauste», les sionistes commencent à se renvoyer les un sur les autres le qualificatif de nazi ou à décrire en Hitler leurs adversaires dans leurs querelles internes.
On a beaucoup  parlé ces temps ci de ces Juifs ultra-orthodoxes qui ont «choqué»  en se déguisant  en prisonniers des camps de concentration avec des tenues marquées de l’étoile jaune. 

Ou encore en exhibant un gamin levant les mains en signe de reddition  à l’instar de ce  garçon qu’on voit dans une photo bien connue sur la répression de l’insurrection du ghetto de Varsovie

Quoique mon petit doigt me dise que les ultra-orthodoxes se sont en fait plus inspirés d’un rocker bien connu:

Quatre très bonnes interprétations

Simple conjecture…
Pourtant, ce ne sont pas les ultra-orthodoxes qui ont allumé la mèche mais les soi-disant « laïcs » sionistes (c’est-à-dire des fanatiques d’abord de la race et non de la religion) qui ont institué le culte de l’holocauste et sont même allés jusque à désigner comme antisémites les Juifs ou présumés tels qui s’aventurent à critiquer ou, pire, à rejeter le sionisme.
Ces fanatiques de la race ne récoltent donc que ce qu’ils ont semé à force d’abrutissement et à mon avis ce n’est qu’un début.
Tiens, maintenant les ultra dépeignent Niso Shaham, le chef de la «police» de Jérusalem, en Hitler dans une affiche retouchée qu’ils font circuler en ligne.
Comme l’antisémitisme n’est plus l’apanage des non Juifs, il est tout à fait normal que la comparaison avec Hitler ne soit plus réservée à ceux que les sionistes n’aiment pas, que ce soit Sadddam Hussein, le colonel Nasser ou le président Mahmoud Ahmadinedjad.
De quoi Idith Zertal  parlait-elle donc?

http://mounadil.wordpress.com/
Hitler était-il juif? Et vit-il aujourd’hui à Jérusalem?


Mercredi 4 Janvier 2012


 

http://www.alterinfo.net/Hitler-etait-il-juif-Et-vit-il-aujourd-hui-a-Jerusalem_a69089.html

Par noesam - Publié dans : médias et propagande
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 21:00

En 2012, les Palestiniens doivent se ressaisir


2011 n'a pas été une année particulièrement mauvaise pour la Palestine. Des centaines de prisonniers politiques et de la résistance palestinienne ont pu retrouver la lumière du jour après avoir été libérés des geôles et des camps de détention israéliens. Il est sûr que beaucoup de ces héros auraient passé le restant de leurs vies dans les prisons sionistes sans l'"accord Shalit" et la capitulation d'Israël aux conditions du Hamas pour la libération du soldat sioniste capturé. Grâce à l'accord, des centaines de familles palestiniennes, qui avaient perdu tout espoir de revoir leurs bien-aimés vivants, ont pu retrouver leurs enfants, frères, maris et filles.

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Khaled Amayreh
Dimanche 1 Janvier 2012


En 2012, les Palestiniens doivent se ressaisir